31 Jan

Professeur Cylcope à Angoulême : interview de Fabien Vehlmann

Couvs-FIBD2014 1500 pxLe Festival International de la BD d’Angoulême a commencé ce jeudi. Des milliers de visiteurs, auteurs, éditeurs, journalistes et de héros sont attendus pour cette grande messe annuelle. Et parmi eux, l’équipe nantaise de la revue de bandes dessinées numériques Professeur Cyclope…

La révolution numérique aura-t-elle la peau de nos héros de papier ? C’est la question qu’un bon nombre d’acteurs du secteur se posent depuis maintenant plusieurs années, scrutant ici les nouvelles habitudes des lecteurs, testant là de nouvelles offres sur le web… des offres souvent hésitantes, imparfaites, copiées-collées de ce qui existe en album.

Mais pendant que les uns s’interrogent, d’autres ont pris le parti de foncer dans le numérique, de creuser, d’explorer, d’expérimenter, de se planter, de recommencer… Sans pour autant parier sur la mort du papier, bien au contraire, mais en recherchant les points de convergence, de complémentarité entre les deux supports.

C’est le cas de l’équipe du Professeur Cyclope, un mensuel de bandes dessinées et fictions numériques lancé en mars 2013 du côté de l’Ile de Nantes, oui oui pas très loin de notre fier éléphant et surtout de la Spirou Factory, l’atelier d’un certain Yoann, dessinateur des aventures de Spirou.

Et si je parle de Spirou, ce n’est pas pour faire bien et faire du clic ! Fabien Vehlmann est le scénariste de ses aventures et surtout l’un des fondateurs de Professeur Cyclope avec Gwen de Bonneval, Brüno, Cyril Pedrosa et Hervé Tanquerelle, un auteur qui sait autant animer les héros d’hier que ceux de demain. Avant son départ pour Angoulême, nous nous devions de l’interviewer.  Une interview à lire ici

30 Jan

Une nouvelle école de bande dessinée bientôt à Paris

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Profitant du festival d’Angoulême, le Groupe Delcourt Soleil et l’école Brassart ont annoncé la création d’une « grande école parisienne » dédiée à l’art de la bande dessinée.

L’Académie Brassart Delcourt, l’ABD, ouvrira ses portes en octobre 2014 et accueillera 25 étudiants pour sa première promotion qui sera parrainée par Zep !

L’école proposera à ces étudiants de devenir de véritables auteurs de bande dessinée par l’acquisition de qualités fondamentales : maîtrise des techniques graphiques et narratives, affirmation d’un style, exploration des outils et supports de création (notamment informatiques), sensibilisation aux dimensions culturelles, technologiques, économiques et juridiques du 9e Art.

Eric Guillaud

 

Angoulême 2014 : le palmarès des Prix Découvertes

Le 41e Festival international de la bande dessinée d’Angoulême a ouvert ses portes ce matin et les premiers prix ont été décernés ce soir à l’occasion de la cérémonie Découvertes. Les heureux élus et les heureuses élues sont…

  • Prix d’Angoulême de la BD Scolaire, décerné à Noé GARCIA, âgé de 15 ans, du Collège Jean Bène de Pézenas (34) dont les planches « Il était une fois, Bob… » ont fait l’unanimité au sein du jury ;
  • Prix du Graphisme, décerné à Louis PELOSSE, âgé de 17 ans, élève du lycée Ampère Bourse de Lyon (69) pour ses planches « L’Inconnue du métro » ;
  • Prix Scénario, décerné à Emilie DARET, 17 ans, élève de lycée du Clos Maire de Beaune (25) pour ses planches« Un héros pas comme les autres »;
  • Prix Humour, décerné à Martin ROBIC, 16 ans, élève au lycée Brequigny de Rennes (35) pour ses planches« Western Cafouillis ». Ce prix est parrainé par la Caisse d’Epargne et par Fluide Glacial, qui invitera le lauréat à une journée de découverte de la rédaction du célèbre magazine de BD ;
  • Prix Coup de Cœur du Jury décerné à Tristan COTTREAU, 17 ans, élève au lycée Albert Chatelet de Douai (59) pour ses planches « la déclaration d’amour à l’art séquentiel d’un jeune présomptueux » ;
  • Le Prix Jeunes Talents, qui distingue un auteur n’ayant jamais été publié, est parrainé par la Caisse d’Epargne. Cette année, il a été décerné à Gabrielle ROQUE, âgée de 26 ans pour ses planches « Léa ». Celles-ci relatent, de manière originale et sensible, la vie de Léa, depuis ses 16 ans jusqu’à ses 72 ans

Eric Guillaud

29 Jan

Angoulême J-1 : 24 planches en 24h, le défi BD

 

Notes 8. Les 24 heures par Boulet - Delcourt

Notes 8. Les 24 heures par Boulet – Delcourt

Les 24 heures de la Bande Dessinée à Angoulême en est a 8ème édition. Inspiré d’un défi qui existe aux États-Unis (The 24 Hour Comics Day, lancé par Nat Gertler d’après une idée initiée par Scott McCloud), cette épreuve a été créée par Lewis Trondheim. A la veille de l’ouverture du festival, les 24 h s’achèvent. Ils étaient plus de 600 sur leur table à dessin au départ. Le plus connu de ses forçats, c’est Boulet. Il a publié, il y a peu,  le 8e tomes de ses Notes avec les 7 histoires produites dans les précédentes éditions.

C’est le dessinateur Lewis Trondheim (Lapinot, Ralph Azham) qui donne une fois de plus la contrainte pour ce défi. Cette année, Boulet (l’auteur de La Page Blanche) a été très surpris par le choix de son ami, car il s’agit d’utiliser ses 90 dernières photos postées sur compte Instagram. Le principe est pourtant on ne peut plus simple : 24 planches (dont la couverture et la 4ème de couverture) dessinée en 24 heures non-stop.Ce marathon graphique est ouvert à tous : auteurs, amateurs et élèves d’école d’art.

Les images à la disposition des auteurs - Boulet

Les images à la disposition des auteurs – Boulet

 « Je ‘n’étais pas au courant. Cette consigne est un cauchemar », a précisé l’intéressé au journal Sud-Ouest. Ce cauchemar, il le revit en fait chaque année dans la Maison des Auteurs à Angoulême et il le raconte dans son dernier album de la série Notes. C’est drôle et c’est un régal pour nous lecteur de suivre les pérégrinations du forçat du dessin Boulet pendant 1 440  minutes et ce sur 7 années. Comme quoi la contrainte est créative, car il sait avec humour jouer avec des consignes toujours plus loufoques au fil des éditions (une boule de neige, des pirates, Popeye …)

Didier Morel

Notes 8. Les 24 heures par Boulet - Delcourt

Notes 8. Les 24 heures par Boulet – Delcourt

Notes 8. Les 24 heures par Boulet – Delcourt

Pour lire les histoires de chacun des participants, c’est ici.

L’histoire créée par Lewis Trondheim (« C’est trop facile, j’ai terminé 10 minutes avant la fin », affirme-t-il !!!) et celle de Boulet

Pour aller plus loin, revivez les 24 heures de 2013 filmées par France 3 Poitou-Charentes

27 Jan

Seules contre tous et Lâcher prise, deux récits autobiographiques de Miriam Katin chez Futuropolis

Capture d’écran 2014-01-26 à 20.26.21Dans les ténèbres ! C’est ainsi que commence Seules contre tous. Dans les ténèbres de la seconde guerre mondiale et de la shoah. Miriam n’est alors qu’une petite fille de trois ans. Elle vit avec sa mère, Esther, à Budapest jusqu’au jour où les persécutions nazies contre les Juifs les obligent à fuir sous une fausse identité. Seules contre tous raconte cette terrible petite histoire de la grande histoire. De village en village, de ferme en ferme, Miriam et Esther vont trouver de l’aide mais aussi beaucoup de lâcheté, de l’amour et bien sûr de la haine, elles vont échapper au pire, survivre à la guerre, retrouver Budapest et finalement tenter de reprendre une vie normale.

Installée aujourd’hui à New York, Miriam Katin est encore profondément marquée, on s’en doute, par cette sombre période au point de haïr tout ce qui touche de près ou de loin à l’Allemagne. Et quand son propre fils lui annonce qu’il veut s’installer à Berlin et qu’il a besoin pour cela d’acquérir la nationalité hongroise de sa mère, alors tous les traumatismes, tous les souvenirs de Miriam remontent d’un coup à la surface.

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Impossible pour elle d’accepter ce qu’elle considère comme une trahison. Elle ira jusqu’à détruire les formulaires de naturalisation de son fils avant de finalement les remplir. Plus tard, elle se rendra au musée juif de Berlin pour le vernissage d’une expo du fiston. C’est précisément ce que raconte ce deuxième album de Miriam Katin, Lâcher prise, édité lui aussi chez Futuropolis. Au noir et blanc mélancolique de Seules contre tous succède un graphisme au crayon de couleur forcément plus joyeux et un ton beaucoup plus léger et drôle. Miriam Katin ironise sur ses préjugés, finit par lâcher prise et apprécier le pays, ses infrastructures, sa nourriture, sa culture…

Seules contre tous et Lâcher prise sont deux ouvrages étonnants et émouvants qui offrent un témoignage précieux et différent de ce qu’on a pu avoir précédemment sur ce thème.

Ce sont les deux seuls albums de Miriam Katin. La septuagénaire a travaillé comme graphiste et chef décorateur pour différents studios d’animation avant de se lancer dans la bande dessinée. Seules contre tous dont c’est ici une réédition a reçu le Grand prix de la critique 2008 et l’Inkpot Award au Comic-Con International de San Diego. Certains critiques relèvent dans son travail les influences d’Art Spiegleman (Maus…) ou de Raymond Briggs, une chose est sûre, Miriam Katin a d’ores et déjà marqué le Neuvième art de sa propre sensibilité.

Eric Guillaud

Seules contre tous et Lâcher prise de Miriam Katin aux éditions Futuropolis. 20 et 22 euros

Pour en savoir plus, une interview de Miriam Katin qui date de 2009 mais qui reste très intéressante sur le site du9 l’autre bande dessinée.

 

26 Jan

Les Légendaires fêtent leurs dix ans au festival d’Angoulême

LesLégendairesExpo201412 600 000 albums vendus, un seizième tome tiré à 200 000 exemplaires, un spin-off intitulé Les Légendaires Origines lancé en 2012… à moins de revenir d’un stage de survie en Sibérie centrale, impossible d’ignorer cette série lancée en 2004 par Patrick Sobral. C’est aujourd’hui l’une des séries de bande dessinée jeunesse les plus vendues en France. Un énorme succès dû à son univers très manga, habité de Trolls, d’Elfes, de jaguarians et autres créatures du même acabit. 10 ans d’aventure, 10 ans de succès et une exposition programmée au prochain festival de la bande dessinée d’Angoulême, du 30 janvier au 2 février, une exposition coproduite par les éditions Delcourt et le Festival.

Conçue comme un voyage au coeur des mondes des Légendaires, l’exposition retracera l’histoire de la série depuis ses débuts à travers une mise en scène des personnages mais aussi des objets emblématiques de la série. Elle proposera également un aperçu des techniques et de étapes du travail de Patrick Sobral ainsi que des jeux, un cosplay et, nous promet-on, pas mal d’autres surprises…

Eric Guillaud

Plus d’infos ici

© Editions Delcourt - 2013 - Patrick-Sobral

© Editions Delcourt – 2013 – Patrick-Sobral

23 Jan

Aaarg! déboule à Angoulême et ça va faire mal

Capture d’écran 2014-01-23 à 21.16.50Expositions, stands, concerts, séances de dédicaces et même une remise de prix, les Aaaarg d’or, prix destinés à la bande dessinée indépendante. Voilà le programme fièrement affiché et annoncé par l’équipe du magazine Aaarg! dont le deuxième numéro devrait sortir pour le Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême avec au menu des gens comme Bouzard, Riff Reb’s, Witko, Douay… ah oui quand même !

160 pages de polar, de SF et de fantastique rien que pour ceux qui aiment ça et pour les autres. Et si vous ne connaissez pas encore le magazine, alors c’est le moment de découvrir !

Toutes les infos utiles et mêmes inutiles ici

Eric Guillaud

22 Jan

Totoro : un Miyazaki de papier

Mon Voisin Totoro par Hayao Miyazaki - p’titGlénat

Mon Voisin Totoro par Hayao Miyazaki – p’titGlénat

Mon Voisin Totoro est un des premiers films du maître japonais de l’animation. Réalisé en 1988, c’est seulement en 1999 que nous avons pu le découvrir en France en même temps que Princesse Mononoké, dessin animé qui a révélé Hayao Miyazaki en occident. Les éditions p’titGlénat ont la bonne idée de proposer une variante en livre de ce premier chef d’œuvre. Résultat : une réussite version papier.

Satsuki est au collège et sa jeune sœur Mei encore en maternelle. Leur mère est malade depuis longtemps et leur père décide de déménager à la campagne pour se rapprocher d’elle. C’est dans la forêt à coté de leur nouvelle maison que la plus jeune des deux sœurs fait la découverte de Totoro, un monstre étrange à fourrure.

A l’affiche dès aujourd’hui, Le Vent se lève est annoncé comme le film testament et l’ultime réalisé par Hayao Miyazaki. Mon Voisin Totoro ressort également sur les écrans. Deux occasions d’offrir aux plus jeunes lecteurs, cet album bien écrit pour prolonger le plaisir de lire et relire cette ode à la nature et à la tolérance.

Didier Morel

Mon Voisin Totoro par Hayao Miyazaki - p’titGlénat

Mon Voisin Totoro par Hayao Miyazaki – p’titGlénat

Mon Voisin Totoro par Hayao Miyazaki – p’titGlénat

21 Jan

Stefano Ricci débarque chez Futuropolis avec L’histoire de l’ours

9782754801515_cgL’Italien Stefano Ricci n’est pas tout à fait un inconnu. Son approche graphique, très singulière, picturale et toute en épaisseur, lui a même assuré une notoriété immédiate en France lors de la publication de son premier album, Tufo. C’était en 1996.

L’album fut d’ailleurs nominé pour le prix du meilleur album au Festival d’Angoulême. Mais quoiqu’on en dise, cette notoriété n’a jamais dépassé le cercle restreint des passionnés d’un Neuvième art tendance expérimental, matière première des maisons d’éditions indépendantes que sont Fréon et Amok où ses livres ont été publiés. Pour ce nouvel album intitulé L’Histoire de l’ours, Stefano Ricci rejoint un grand éditeur français, en l’occurrence Futuropolis, dont le catalogue, même s’il s’est toujours affiché exigent, est ouvert à un plus large public.

L’auteur n’a pas pour autant vendu son âme aux déesses de la facilité, L’Histoire de l’ours est un album rare et précieux, une oeuvre de plus 400 pages qui met en scène le voyage d’un jeune gars parti effectuer son service civil en tant que secouriste quelque part entre les Apennins et la Poméranie. Page après page, il raconte à sa dulcinée, qu’il appelle ici Petitétoile, les différentes étapes de son parcours, décrit les paysages et les saisons, évoque ses rêves et ses rencontres, avec en fil rouge ce fait divers que l’auteur a découvert dans un journal slovène, la traque d’un ours sauvage entre l’Allemagne et l’Italie.

Un ouvrage impressionnant où chaque double page forme un tableau à part entière, des planches à découvrir en vrai jusqu’au 8 février à la galerie Martel à Paris.

Eric Guillaud

L’Histoire de l’ours, de Stefano Ricci aux éditions Futuropolis. 30 euros

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Starfuckeuse : Hélène Bruller en est une vraie

Starfuckeuse par Hélène Bruller - Delcourt

Starfuckeuse par Hélène Bruller – Delcourt

Elle a de l’humour et l’a déjà prouvée avec son Guide du Zizi sexuel avec Zep (celui qui a raconté Une Histoire d’Hommes). Hélène Bruller revient avec un brulot féministe assumée. Elle nous invite dans son lit avec toutes les stars masculines que compte la planète ou presque, toutes celles qu’elle a rêvé de rencontrer entre ses draps. La Starfuckeuse couche planche après planche ses fantasmes.

Vous avez toujours voulu savoir comment ce serait d’être au lit avec Stevie, George, Will, Brad, Mick ou Justin. En 2008, la dessinatrice inclassable affirmait dans un précédent album : Hélène Bruller est une vraie salope. Elle nous confirme dans celui ci qu’elle aime les hommes, les vrais. Sauf que mis à part son vibromasseur, prénommé Robert (devinez à qui elle pense), en voilà un qui ne l’a jamais déçu, aucune star ne s’en sort indemne. Enfin presque puisqu’elle confesse que le seul acteur qui l’a fasse vibrer, c’est Harrison Ford, mais elle ne l’a pas encore rencontrée. Elle confie aussi à son éditrice que toutes ses aventures dessinées « sont presque toutes authentiques, mais aucune n’a été réellement vécue avec des stars. En revanche, (elle) a eu des aventures avec des stars, mais qui ne sont pas dans l’album. »

Starfuckeuse par Hélène Bruller - Delcourt

Starfuckeuse par Hélène Bruller – Delcourt

A ne pas manquer le meilleur sa nuit avec Dieu lui-même, une nuit dans laquelle tout est affaire de position. Après Love et Je veux le prince charmant, Hélène Bruller reprend son alter ego de BD. Alors même si ce n’est pas toujours facile de reconnaitre le sex-symbol dessiné, et si d’autres penseront « encore un album où le trait n’est pas génial, les couleurs criardes », ce serait dommage de s’arrêter à cela. Pour les autres, et vous mesdames et aussi messieurs, découvrez son humour décapant aux dessins faussement enfantins pour amplifier le mordant de ses traits.

Didier Morel

Starfuckeuse par Hélène Bruller - Delcourt

Starfuckeuse par Hélène Bruller – Delcourt

Starfuckeuse par Hélène Bruller – Delcourt

La BO à se glisser entre les oreilles pour prolonger le plaisir :

Colette Renard – Les nuits d’une Demoiselle