12 Sep

Comment expliquer le succès des Journées du Patrimoine ? Une ethnologue nous répond

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C’est devenu une tradition. Voilà 33 ans que les Journées Européennes du Patrimoine s’inscrivent dans le calendrier de la rentrée. En 2016, 12 millions de Français (120 000 à Bordeaux) ont pris d’assaut les musées, les monuments et autres édifices, anciens ou contemporains, désireux de connaitre l’envers du décor.

Pour tenter de comprendre cet engouement, l’ethnologue bordelaise Marie-Dominique Ribéreau-Gayou nous éclaire sur le sujet en 4 questions.

Comment interprétez-vous ce succès populaire ?

On peut penser que le patrimoine joue un rôle analogue à celui que représente, à l’échelon de la famille, la maison héritée des générations précédentes : fournir des repères stables quand tout bouge autour de soi…

Mais je pense que cela ne suffit pas à expliquer cet engouement. Le patrimoine, c’est aussi un miroir de nos sociétés et de l’humanité en général.

Dans ce qui se discute autour du patrimoine – les palombières, par exemple, sont-elles des objets patrimoniaux ?–, j’entends aussi des questions philosophiques fondamentales : que devons-nous conserver comme trace à la fois de notre humanité commune et de nos différences locales ?  D’où venons-nous, en tant que membres d’une société et d’une culture ? Qu’est-ce qui fait que nous sommes devenus ce que nous sommes aujourd’hui ? Et là-dedans, qu’est-ce qui est commun aux 7 milliards d’êtres humains : des objets matériels, des objets culturels, des valeurs, des symboles, l’eau, l’air ?  Dans ce que nous faisons aujourd’hui, qu’est-ce qui, pour les générations futures, aura suffisamment de sens pour leur servir à se sentir membres d’une seule humanité par-delà leurs différences ? Et bien d’autres questions encore.

En somme, il y a une dynamique de réflexion sur soi et sur l’humanité dans son ensemble. Et ça, c’est extrêmement intéressant : c’est quand même la première fois dans l’histoire de l’humanité que les hommes ont l’envie et les moyens techniques de débattre ensemble de ce qui a un sens, une valeur pour eux. On constate le même phénomène à propos du changement climatique.

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Comment en est-on venu à parler de « patrimoine mondial » ?

A l’origine, le mot « patrimoine » désignait uniquement les biens que le père de famille transmettait à ses descendants. Aujourd’hui, mon patrimoine inclue aussi  la ravissante église romane de mon village qui est un patrimoine que je partage avec le reste de l’humanité. C’est-à-dire qu’on est passé d’une idée individuelle du patrimoine à une idée collective.

La mondialisation a provoqué une modification importante du sens donné à « patrimoine ». Cette première ouverture a permis toutes les autres. En fait, depuis qu’elle s’est émancipée du cercle de la famille, la notion de patrimoine n’a pas cessé de s’élargir, de s’enrichir – ou de se diluer un peu trop selon le point de vue !–. Elle a évolué à la fois dans sa nature et géographiquement : patrimoine local/national/universel mais aussi patrimoine culturel (langues, traditions), patrimoine naturel (à toutes les échelles, du village à la stratosphère) et, tout récemment, patrimoine génétique.

Attention, quand on parle de « patrimoine génétique« , aujourd’hui on ne désigne plus seulement ce qui se manifeste dans les maladies héréditaires ou la fossette au menton que se transmettent les descendants de tel ancêtre. On ne parle pas, non plus, seulement des caractéristiques d’une population, comme le taux exceptionnellement élevé de gens du groupe sanguin O négatif chez les Basques. « Patrimoine génétique », ça désigne aussi maintenant l’ensemble des caractéristiques des plantes et des animaux  qui constituent des ressources qui devraient permettre à l’humanité, entre autres, d’adapter l’agriculture et l’élevage aux besoins qu’on ne connaît pas encore.

A ce propos, il faut noter que, au cours de son évolution, l’idée de patrimoine a embarqué un certain nombre de principes et de valeurs comme celle de « devoir » (devoir de préserver pour transmettre en bon état), celle de « respect des générations futures » (plus ou moins associé au principe de précaution), celle de « bien commun » ou encore celle d' »identité ». Cette dernière idée sert parfois d’ailleurs des projets idéologiques plutôt troubles pour ne pas dire malsains !

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Pour quelle raison cette notion de « patrimoine » ne cesse-t-elle de s’élargir ?

En fait, dans les sociétés occidentales, Le cheminement suit, avec un certain décalage, les évolutions sociales, techniques, scientifiques et philosophiques. Par exemple, la modification de l’importance de la famille dans la société a favorisé le glissement de l’individuel au collectif. Le développement de l’éducation grâce à l’école obligatoire, libre et gratuite annonçait l’idée de « patrimoine culturel ». Les progrès scientifiques qui montrent qu’il n’existe pas de races mais une seule et unique race humaine en même temps que le développement de la connaissance du monde, des transports, du tourisme et des outils virtuels, tout cela déroule le tapis rouge au « patrimoine universel« . La prise de conscience des problèmes environnementaux, des limites des ressources naturelles a fait le lit du « patrimoine naturel ». Les craintes suscitées par l’appauvrissement des ressources dû, notamment, à l’excès de sélection sur la faune et la flore ouvrent maintenant la porte au « patrimoine génétique ». Bref, l‘idée de patrimoine s’élargit, en fait, au fur et à mesure que notre conscience et notre connaissance du reste du monde s’enrichissent.

Il serait donc illusoire de faire « comme si » le patrimoine était une réalité objective, fixe, immuable !

Ce n’est pas la peine d’essayer de dresser une liste  de ce qui est patrimoine en pensant que cette liste sera définitive, au moins pour ce qui concerne le passé et qu’il suffira de rallonger la liste avec les nouveaux patrimoines qui apparaîtront dans les siècles à venir pour définir le patrimoine. En fait, aussi surprenant que cela puisse paraître, le patrimoine nous parle moins du passé que du présent et de notre vision du futur.

En  résumé, je dirais que le patrimoine ce n’est pas une réalité en soi, ferme et définitive, c’est une interprétation, toujours remise en cause. C’est un miroir, un reflet du monde et c’est pour ça que son contenu est intangible, qu’il bouge tout le temps. C’est pour ça aussi qu’il est si riche en significations, en symboles. Mais aussi en idéologies et en intentions politiques.

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L’UNESCO défend le repas gastronomique français, la cuisine mexicaine ou le pain d’épices de Croatie du Nord… Certaines pratiques sociales, traditions orales et événements festifs sont désormais inscrits sur la liste du patrimoine immatériel.  Pourquoi est-ce si important ?

Le patrimoine est désormais un ensemble évolutif de biens collectifs matériels et immatériels, hérités des générations précédentes. Il peut s’agir de biens appartenant à un groupe (cabanes de pêcheurs de l’estuaire de la Gironde; pratiques thérapeutico-religieuses des chamans amérindiens, etc.), ou à une nation (monuments historiques, langue, traditions, héros, etc.) ou, plus récemment, à l’humanité entière (patrimoine mondial de l’Unesco, ressources naturelles, biodiversité, etc.). On a l’impression que tout et n’importe quoi peut devenir patrimoine au gré des intérêts des nations et des groupes de pression alors que tous les objets patrimoniaux n’ont pas la même importance, c’est-à-dire pas la même valeur d’incarnation d’une identité spécifique ou de symbole. Ce n’est pas totalement faux et cela dévalorise un peu les classements.

Mais cet inventaire à la Prévert, certes un peu déroutant, ne doit pas masquer l’essentiel : dans le grand fourre-tout du patrimoine s’élabore aussi, par tâtonnements, le sentiment d’une appartenance à la même humanité, celle qui a décoré la grotte de Lascaux et fait le premier pas sur la lune. Il s’y amorce aussi, on peut l’espérer, le dessin à grands traits d’un futur partagé sinon commun.

Personnellement, j’ai l’impression d’être plus profondément citoyenne du monde depuis que les manuscrits de Tombouctou,  les temples de Palmyre, la forêt amazonienne et les pandas géants sauvages de Chine font parti de mon patrimoine de française au même titre que la Tour Eiffel, la gastronomie, la laïcité, le festival d’Avignon ou le Provençal ! C’est important ça, non ?!

Marie-Dominique Ribereau-Gayon est Docteure en Anthropologie sociale et culturelle. Ses recherches portent sur l’évolution des relations à la nature, des traditions et des identités culturelles liées au territoire.    
Bibliographie 
« Prenez la vie côté cabane ! » : les cabanes landaises dans les stratégies commerciales et publicitaires », in B.Brun, A-H. Dufour, B.Picon, M-D. Ribereau-Gayon (eds.),Cabanes, cabanons et habitats temporaires, 2000, Editions de Bergier : 71-88. Accès gratuit : http://www.ecologie-humaine.eu/documents/seh_cabane/cabane_09_ribereau-gayon.pdf

Chasseurs de traditions – l’imaginaire contemporain des Landes de Gascogne, 2001, Paris, Editions du Comité des Travaux Historiques et Scientifiques, 380 p.

« La Rosière, incarnation et médiatrice d’une nouvelle ruralité », Norois, 2007/3, n°204 :53-65. Accès gratuit : https://norois.revues.org/1440

« La légitimité de la forêt des Landes de Gascogne du XIX ème siècle à la tempête de 2009 », in Tempêtes sur la forêt landaise- histoires, mémoires, 2011, Mont-de-Marsan :L’Atelier des Brisants: 165-181. https://www.lu-et-cie.fr/livre/9782846231084-tempete-sur-la-foret-landaise-histoires-memoires-collectif/

« Qu’est-ce qu’une « race animale pure » ? La fabrication de la race bovine bordelaise », avec Patricia Pellegrini, revue d’Ethnoécologie, 2014. Accès gratuit :https://ethnoecologie.revues.org/1680

« Les nouveaux jardins publics de Bordeaux- La construction d’une culture de la nature », avec Dominique Prost, in Menozzi M.-J (ed.), Les jardins dans la ville, entre nature et culture, 2014, Collection « Espaces et Territoires », Presses Universitaires de Rennes : 107-123. http://www.ecologie-humaine.eu/fr/fichiers/PubPFR_JARDINS.htm

08 Sep

La renaissance du château-fort de Langoiran, l’oeuvre de toute une vie

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A l’approche des Journées Européennes du Patrimoine qui auront lieu les 16 et 17 septembre prochain, partons à la découverte d’un château méconnu qui vaut vraiment le détour : la forteresse médiévale de Langoiran, construite dans l’Entre-Deux-Mers à la fin du XIIIème siècle. Sa restauration force l’admiration.

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Voilà 44 ans que Robert Bibonne, professeur d’histoire et propriétaire du château, s’évertue à le remettre debout, réalisant chaque jour un rêve d’enfant.

C’est à l’âge de 7 ans qu’il tombe sous le charme du château-fort, représenté sur une carte postale qui déclenche en lui un attrait irrésistible. Le petit garçon habite alors Talence et, sans doute poussé par un élan chevaleresque, prend son vélo pour rejoindre la forteresse par des chemins caillouteux. C’est l’éblouissement devant une ruine, l’édifice étant inoccupé depuis 350 ans.

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Ce souvenir ne le quittera plus, à tel point que devenu jeune homme, il n’hésite pas à l’acheter lorsque l’opportunité se présente en 1972, se lançant dans une folle aventure.

L’accès au château se fait alors par une simple passerelle, il faut commencer par construire un pont et déblayer des tonnes de remblais. La lutte contre la végétation est un combat qui va durer des années. Une centaine d’arbres sont arrachés dans l’enceinte même de la forteresse.

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Les travaux sont titanesques. Sans fortune et sans subvention, Robert Bibonne et son épouse décident de créer une association, les Amis du château, pour recueillir des fonds et organiser des chantiers de bénévoles. Pendant 20 ans, 2500 personnes de toutes nationalités se sont ainsi relayées pour faire revivre le château.

Revivre est bien le mot. Le château est habité par les propriétaires qui, par leur seule présence, lui donnent un supplément d’âme. On y entre un peu comme dans une belle demeure, accueilli par des fleurs élégamment mêlées à la rocaille. Pas banal dans une forteresse !

Des fêtes médiévales y sont également organisées et plus de dix mille visiteurs y viennent chaque année, dont de nombreux écoliers. Deux chambres d’hôtes ont été aménagées pour offrir aux amateurs d’histoire un voyage dans le temps et parfois, des baptêmes et des mariages sont organisés dans la chapelle.

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Bref, ce château au riche passé, autrefois propriété de grands seigneurs, continue à écrire son histoire, une histoire vivante qui illustre à merveille la passion du patrimoine.

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La forteresse médiévale sera bien sûr ouverte à la visite lors des Journées du Patrimoine.

Amis du château de Langoiran
Château de Langoiran
33550 Langoiran

Tel : 05 56 67 12 00

chateaudelangoiran@hotmail.fr

26 Mai

Verrou Vauban : l’Estuaire imprenable

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C’est une ligne de défense comme un fil invisible sur l’Estuaire lancé depuis la citadelle de Blaye. Un complexe militaire de 38 hectares imaginé par Sébastien Vauban sur ordre du roi Soleil.

Nous sommes en 1685 lorsque l’ingénieur imagine un triptyque unique en France, situé sur les deux rives et au milieu de l’Estuaire, sur l’île de Fort Paté. Au départ, un simple banc de sable qu’il a fallu endiguer pour le protéger de l’érosion. Pari audacieux : le Fort fut construit sur une simple grille de bois de pin posé sur des pieux…

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Un dispositif essentiellement dissuasif. Les 600 hommes qui occupaient les lieux n’eurent guère l’occasion de faire parler la poudre. Le verrou Vauban été classé au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2008. La citadelle de Blaye est l’un des monuments les plus visités de la Nouvelle-Aquitaine, accueillant chaque année 345 000 personnes. Des visiteurs venus imaginer des combats qui n’ont jamais vraiment troublé les eaux de l’Estuaire…

Voyez le reportage de Nathalie Pinard de Puyjoulon, Olivier Prax et Boris Chague.

07 Avr

Mussidan : le Périgord à travers les objets anciens du quotidien

De l’aiguière au zinzolin, c’est le curieux titre d’un ouvrage qui présente 1600 objets du quotidien en Périgord (Editions Perce-Oreille). Une encyclopédie réalisée par Monique Bourgès-Audivert qui a patiemment collecté outils et instruments oubliés.

L’auteur donnera une conférence le vendredi 14 avril à 18h au Musée des arts et traditions du Périgord, où se trouvent de nombreux objets anciens.

Ce sera l’occasion de découvrir ce musée, fondé par le Docteur Voulgre. Un médecin bordelais qui a passé sa vie à collectionner des objets communs qui n’intéressaient personne. Il ne jetait rien, convaincu de la valeur qu’ils prendraient avec le temps.

@muséevoulgre.fr

@muséevoulgre.fr

Très attaché au Périgord, c’est dans sa maison paternelle de Mussidan qu’il a choisi d’exposer tous ces petits témoignages du quotidien, permettant aujourd’hui de retracer l’évolution de la société périgourdine à travers les tâches domestiques, les travaux des champs, les arts et les techniques…

©commons.wikipedia

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En 1971, le médecin passionné de patrimoine légua sa « Chartreuse », son domaine et sa collection à sa ville natale de Mussidan, devenu selon sa volonté, le Musée des Arts et Traditions Populaires du Périgord du Docteur André Voulgre.

19 Mar

Le moulin à vent de Vensac retrouve ses ailes en Médoc

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Il fait partie du paysage de Vensac, non loin de l’océan, depuis 1858. Un vestige que ses propriétaires, Fabienne et Roland Piquemal, ont à coeur de restaurer depuis plus de trois décennies. Fils et petit-fils de meunier, Roland est né dans la maison d’à côté et le moulin a été remis en état pour son mariage. Et depuis, pas question de le laisser tomber…

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En ce jour de mars, sous une pluie battante, Roland a mobilisé les grands moyens : une grue et plusieurs copains pour hisser l’axe maître, la pièce centrale sur laquelle viennent se fixer les armatures des ailes. La manoeuvre est délicate et périlleuse : tout se joue au millimètre près !

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L’axe maître est une bille de chêne de 2 tonnes que Roland a façonné lui-même. Il l’avait acquis voilà huit ans, pour que le bois sèche, en prévision d’une restauration survenue plus tôt que prévu car l’été dernier, la bille s’est fendue. Le moulin est privé. Tous les financements sont assurés par la famille Piquemal.

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Cette fois, l’axe et les ailes devraient tenir cinquante ans… Il ne reste plus qu’à mettre les voiles. Elles seront installées juste avant l’ouverture de la saison, le premier dimanche d’avril. Le moulin de Vensac pourra alors recommencer à fabriquer de la farine proposée à la vente à chaque visite.

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Regardez le reportage de Nathalie Pinard de Puyjoulon, Thierry Julien, Olivier Pallas et Véronique Lamartinière

18 Mar

La Grotte de Lourdes et Bernadette Soubirous vues par les photographes du XIXème siècle

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C’est une exposition originale à Beautiran, en Gironde. Elle présente différents paysages de Lourdes mais aussi des portraits de Bernadette Soubirous, réalisés par des photographes du XIXème siècle. On peut y découvrir des plaques de verre témoignant des regards et des techniques de l’époque.

La Grotte de Lourdes en 1858©collection privée Pascal Peyrot

La Grotte de Lourdes en 1858©collection privée Pascal Peyrot

Une photographie mystérieuse

Au fil de la visite, une plaque de verre attire l’attention. On peut y lire l’inscription : « Première photographie de la Grotte de Lourdes en 1858 ».  Au creux de la cavité, se devinent un petit groupe de femmes en robe noire et, sur le côté droit, un long voile blanc évoquant le capulet blanc que portait la jeune voyante Bernadette Soubirous.

L’imaginaire se met en route : serait-ce possible que cette prise de vue montre la sainte priant à la Grotte, dans la période des Apparitions de la Vierge Marie reconnues par l’Eglise Catholique ? C’est impossible, selon les spécialistes du service des Archives et Patrimoine du Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes.

On y voit en effet un muret de pierres le long du gave, construit bien après les Apparitions, mais aussi les fondations de la future crypte au-dessus de la Grotte qui est par ailleurs moins végétalisée qu’à l’origine.

©Pascal Peyrot

©Pascal Peyrot

Bernadette Soubirous se prêtait difficilement à cet exercice photographique, ne recherchant ni reconnaissance ni gloire.

Un jour, lorsqu’un photographe insiste pour reproduire son extase quand elle voit la Dame, elle répond : « c’est qu’elle n’y est pas ! ». Refusant tout artifice ou mise en scène, elle accepte simplement de tenir son chapelet et de porter le long capulet blanc qu’elle revêtait lorsqu’elle se rendait à la Grotte.

Il faudra attendre 1861 pour obtenir ses premiers portraits. Au total, 75 ont été répertoriés, effectués par six photographes différents.

Une exposition qui sera aussi l’occasion de visiter le Musée de la Photographie pour découvrir une importante collection d’appareils anciens, à la Villa Maglya, Musée des Techniques de Beautiran.

09 Fév

Ils croisent le fer et le feu : rencontrez les derniers ferronniers d’art de Bordeaux

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Depuis plus de deux siècles, le fer forgé fait partie du paysage bordelais. Broderie de fer ornant les balcons ou grilles monumentales entourant les parcs verdoyants. Un patrimoine à part entière, qui a l’art de souligner le charme des vieilles pierres et l’élégance des jardins.

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Pierre Guillebeaud et ses deux fils sont les derniers ferronniers d’art de Bordeaux. Ils ont notamment réparé les dégâts causés par les tempêtes au Parc Bordelais et au Jardin Public.

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Au XVIIIème siècle, la ville comptait une soixantaine d’ateliers. La technique est restée la même. Il faut chauffer le fer à 1450 degrés avant de pouvoir l’étirer et le courber, selon des plans au départ imaginés par des dentellières. Un mètre de balcon orné de volutes demande 30 à 40 heures de travail !

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Il faut commencer par ramollir le fer, qu’il devienne comme du nougat, pour pouvoir lui donner la forme voulue entre le marteau et l’enclume. Charly Guillebeaud

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Envie d’un peu de chaleur ? Entrez dans l’atelier Fer Emeraude, dans le quartier des Chartrons, avec ce reportage de Nathalie Pinard de Puyjoulon, Dominique Mazères (images), Robin Nouvelle (montage) et Christian Arliguié (mixage).

 

30 Jan

Le Musée de la machine à coudre à Bordeaux

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C’est un endroit unique qui, de fil en aiguille, vous emmène dans l’histoire de la machine à coudre

Tout se passe dans les coulisses d’une boutique ouverte en 1860 sur la rive droite bordelaise, où se cache un musée offrant des pièces exceptionnelles exposées par un réparateur passionné.

Des petits bijoux qui répondent aux doux noms d’Aurore, Tourterelle ou Voyageuse n°7.

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Une machine à coudre, c’est beaucoup plus compliqué qu’une horloge. Chaque pièce doit être réglée au millimètre près…

Tout dans la tête !

L’invention est française… mais ce sont les Suisses qui ont créé la « Rolls » des machines, la Bernina, pourtant moins connue que la célèbre Singer de nos grand-mères.

Jean-Loup Nonet, rare Français formé par l’ingénieur de l’usine helvétique, est capable de démonter et de remonter sans aucun plan les machines modernes les plus complexes, mais aussi de remettre en état des machines de collection désormais introuvables.

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L’activité n’a rien de passéiste. La machine à coudre redevient tendance et offre de belles perspectives au Bordelais qui n’a désormais plus qu’un espoir : trouver le successeur qui, à son tour, se passionnera pour ces mécaniques de précision…

Un univers que nous vous invitions à partager le temps d’un reportage…

Rejoignez-nous sur facebook…

30 Oct

L’étonnant patrimoine du cimetière de la Chartreuse à Bordeaux

La Toussaint est le moment de l’année où il accueille le plus de visiteurs. Construit au XVIIIe siècle dans l’enclos d’un ancien couvent, le cimetière de la Chartreuse à Bordeaux est le plus grand cimetière urbain de France après celui du Père-Lachaise à Paris, couvrant 29 hectares.

Un témoignage particulièrement riche sur les traditions funéraires, avec ses petites chapelles et ses tombes souvent originales et  surprenantes.

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Ce musée à ciel ouvert n’est pas fait que de pierres : la végétation y est désormais tolérée, offrant un décor paysagé entretenu par les équipes de la ville de Bordeaux.

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C’est Cathy Foucher qui est en charge de la conservation de ce cimetière historique. Elle exerce son métier avec un certain état d’esprit, comme elle l’explique :

J’ai beaucoup de plaisir à travailler dans les cimetières. C’est un lieu où il y a de la vie après la mort. On doit respecter les morts mais on doit penser avant tout aux vivants qui viennent visiter leurs défunts.

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Le cimetière de la Chartreuse se visite avec un guide, parfois même la nuit… Petit aperçu de ce patrimoine particulier avec notre reportage.

17 Oct

Malagar : contemplez l’automne depuis la terrasse de François Mauriac

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Dans la foulée de la remise du Prix François Mauriac, nous vous emmenons au Domaine de Malagar, dans la propriété qui a tant inspiré l’auteur, sur les hauteurs de Saint-Maixant en Gironde.

Sa « maison des champs transformée en manoir » comme il l’écrivait…

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Tant qu’il restera sur la Terre un ami de mes livres, Malagar palpitera d’une sourde vie…

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La vigne, les pins, les cyprès qu’il avait lui-même plantés en rentrant de Toscane, son salon, son bureau, l’odeur de la cire présente dans les pièces comme dans les pages… Mille et un détails nous racontent son passage dans ce décor et  les correspondances dans ses romans.

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Une visite littéraire que l’on peut faire et refaire, en rêvant sur le banc de la terrasse ouverte sur les coteaux… Cette terrasse au panorama infini, où François Mauriac allait aborder les longs moments muets.

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Venez avec nous dans ce cadre enchanteur où règne une ambiance si particulière, à la fois champêtre et littéraire… 

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Infos pratiques :

Du 1er avril au 30 septembre
Ouvert tous les jours
De 10h à 13h et de 14h à 18h.

En octobre – novembre, février – mars
Ouvert tous les jours sauf le mardi
De 10h à 13h et de 14h à 17h30.

** Fermeture du domaine :
Décembre et janvier, ainsi que le 1er mai.