25 Juin

Les belles transhumances de la vallée de l’Isle

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Loin des Pyrénées, il existe des transhumances plus discrètes mais tout aussi impressionnantes. Dominique Sancier Trèmoureux, la bergère de la ferme du Paillot, change régulièrement ses brebis de pâturages. Le jour où nous l’avons rencontrée, par une matinée écrasée de soleil, elle conduisait un troupeau de 400 brebis pressées de déguster l’herbe fraîche.

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C’est du sport ! On est toujours en forme… Il faut avoir l’oeil sur le troupeau, sur les chiens, sur les voitures éventuelles…

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Toutes ces brebis appartiennent à la race des « Blanc du Massif Central ». Elles sont nées à la ferme du Paillot à Saint-Antoine sur l’Isle, nourries avec le fourrage produit sur place, élevées en bio pour leur viande. L’agnelage a lieu toute l’année. Une éclosion à chaque saison.

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Les brebis ne sont pas toutes de la même couleur, crème ou noires. Ces différences intéressent beaucoup Dominique qui souhaite utiliser leur laine plutôt que de la jeter comme le font aujourd’hui tous les éleveurs.

Elle expérimente actuellement un manteau protecteur sur Noisette, l’une de ses protégées. Un manteau venu de Nouvelle-Zélande pour garantir la qualité de la matière.

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Bientôt, une centaine de bêtes sera équipée pour relancer une fabrication artisanale oubliée : la confection du feutre, que l’on obtient en mélangeant les fibres avec de l’eau et du savon.

Progressivement, la laine devient tissus et peut servir de base à beaucoup de créations : tapis de yoga et tapis de jeu pour enfant 100% naturel, tapis de selle pour chevaux…

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De quoi ouvrir de nouveaux horizons à la ferme du Paillot pour continuer à cultiver un mode de vie hors des sentiers battus…


Une bergère en vallée de l’Isle

Les Landes, voyage à travers la gravure

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C’est un beau voyage dans le temps que proposent Jean-Jacques Taillantou et Gilles Kerloc’h dans cet ouvrage qui vient de paraître aux Editions Cairn (Pau). Un panorama à partir de gravures et de dessins signés notamment Paul Kauffmann et Camille Bonnard.

Loin de l’image d’Epinal des bergers sur échasses et des résiniers perchés dans les pins, les auteurs nous dévoilent des aspects plus méconnus des villages, des bords de rivières, des embouchures de courant, du littoral et des scènes de la vie quotidienne. On y voit les premiers trains surgir dans le désert ou des dunes de sable se perdre dans une mer de nuages, comme le montre le graveur Jean-Edouard Dargent et l’écrit Arthur Mangin en 1866 dans un livre intitulé Le désert et le monde sauvage :

On a comparé avec raison l’aspect général des dunes à celui des vagues de l’Océan ; ce sont bien des ondulations, des flots de sable soulevés par le vent, comme les flots de la mer, et participant de leur mobilité. Il faut voir ces contours si moelleux qu’on dirait des montagnes de plâtre polies par la main de l’ouvrier, et dont la surface est si mobile qu’un petit insecte y laisse sa trace très visible.

L’auteur semble fasciné par « cette éternelle nudité, sans un brin d’herbe, sans un atome de végétation ; cette solitude moins imposante que celle des montagnes, mais plus sauvage encore ».

Une vision aux accents romantiques, empreints de cette époque du XIXème siècle où les Landes apparaissaient comme une terra incognita. Nul doute que ce voyage à travers la gravure permettra à tous les amoureux du pays landais de se plonger dans les mystères de ses jardins secrets.

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24 Juin

Le château de la biodiversité

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C’est un domaine où le printemps éclate de tous côtés. Sous un grand ciel bleu, la vigne inondée de soleil vit dans un milieu semi-naturel où fleurit une biodiversité inattendue. Nous sommes au château d’Esther à Saint-Loubès en Gironde.

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Ici, on ne visite pas tout de suite le chai… On prend le temps de s’attarder sur une vieille barrique récupérée pour servir d’abri aux hérissons, « l’ami du jardin » bienvenu dans le vignoble. A quoi servent-ils ? La réponse contient en elle-même toute une philosophie.

Nous protégeons les hérissons… pas seulement parce qu’ils mangent les insectes !  Nous apprécions juste leur présence, ce que nous appelons ici la vie, nous sommes dans une ferme vivante.

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Voilà 15 ans qu’Eva et Thomas Fabian se sont lancés dans cette aventure exigeante. Oubliée, la monoculture qu’ils ont trouvée en arrivant.

Ils ont planté 200 arbres fruitiers qui ponctuent les rangs de vigne.

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Un verger qui profite des alluvions de la Dordogne. Une terre riche faisant l’objet de tous les soins, ignorant la moindre chimie. Chaque année par exemple, Thomas Fabian plante de l’avoine pour aérer la terre et l’enrichir naturellement en minéraux. Il concocte également des tisanes pour soigner le raisin bio, évidemment.

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Eva et Thomas ont également installé des ruches et 140 nichoirs pour accueillir les oiseaux.

Le château d’Esther est même devenu refuge de la Ligue de Protection des Oiseaux ! Au total, une vingtaine d’espèces ont élu domicile, attirés par les abricots, pêches et autres prunes.

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Bref, rien d’étonnant si l’on ressent un sentiment d’harmonie dans ce décor où tout respecte l’environnement.

Aujourd’hui, un paysan, on l’appelle un exploitant agricole… Moi, je préfère dire que je suis agriculteur car je n’exploite rien…

Hélas, depuis la réalisation de ce reportage, ce spectacle rayonnant a été anéanti par l’épisode de gel qui compromet toute production de vin en 2017.

Un printemps qui rappelle cruellement la force de la nature dans ce domaine où tout est fait pour la protéger.

Le château d’Esther organise régulièrement des expositions et des rendez-vous culturels… A déguster sans modération !

 

 

01 Juin

Bordeaux Jardins, l’histoire secrète des parcs de la Métropole

Que diriez-vous d’une longue balade de parcs en jardins dans Bordeaux et la Métropole ?  C’est ce que nous propose Philippe Prévôt. Un guide documenté et illustré, rempli d’anecdotes, qui tombe à pic (Editions le festin), à la veille des Rendez-vous aux jardins qui se tiennent ce week-end partout en France.

Au fil des pages, on y aborde le jardin comme un souvenir de paysage, belle expression reflétant bien l’importance du passé dans ces lieux que nous traversons tels des évidences, sans nous poser trop de questions…

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Peixotto, Bourran, Majolan, Laurenzanne, autant de noms familiers synonymes d’évasion loin de la foule et du bruit de la ville…

Des orangeries en passant par les serres, des gloriettes aux kiosques romantiques, des courbes délicatement tracées aux fleurs toujours bien sélectionnées, l’auteur nous emmène dans les secrets de ces espaces verdoyants et de leurs créateurs, les plus célèbres étant Louis-Bernard Fischer, qui réalisa notamment le Jardin public, et les Frères Bülher qui signèrent une vingtaine de parcs.

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Au Jardin public, un jour de pluie…

Pour accompagner la lecture, retrouvez notre série de reportages sur le Jardin public en cliquant ici.

Bonne lecture et bonne balade !

26 Mai

Les amoureux de l’Estuaire

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C’est l’histoire d’un sacré petit bonhomme sur le plus grand Estuaire d’Europe. Un ancien pêcheur qui raconte l’histoire des gens d’ici comme personne. Christian Sanchez a vécu sur toutes les îles et même sur l’eau, dans son bateau pendant dix sept ans. Avec Carmen, son épouse, ils sont devenus les gardiens de la mémoire.

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C’était l’époque pas si lointaine où les îles étaient habitées. On y trouvait alors des vignobles, des cultures, des villages avec leurs écoles. Tout un monde déjà presque oublié que Christian et Carmen nous font partager.

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On n’a pas de vent aujourd’hui… On est les rois, comme on dirait, on est les rois du pétrole. Christian

Les amoureux de l’Estuaire, reportage de Nathalie Pinard de Puyjoulon, Gladys Cuadrat.

Verrou Vauban : l’Estuaire imprenable

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C’est une ligne de défense comme un fil invisible sur l’Estuaire lancé depuis la citadelle de Blaye. Un complexe militaire de 38 hectares imaginé par Sébastien Vauban sur ordre du roi Soleil.

Nous sommes en 1685 lorsque l’ingénieur imagine un triptyque unique en France, situé sur les deux rives et au milieu de l’Estuaire, sur l’île de Fort Paté. Au départ, un simple banc de sable qu’il a fallu endiguer pour le protéger de l’érosion. Pari audacieux : le Fort fut construit sur une simple grille de bois de pin posé sur des pieux…

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Un dispositif essentiellement dissuasif. Les 600 hommes qui occupaient les lieux n’eurent guère l’occasion de faire parler la poudre. Le verrou Vauban été classé au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2008. La citadelle de Blaye est l’un des monuments les plus visités de la Nouvelle-Aquitaine, accueillant chaque année 345 000 personnes. Des visiteurs venus imaginer des combats qui n’ont jamais vraiment troublé les eaux de l’Estuaire…

Voyez le reportage de Nathalie Pinard de Puyjoulon, Olivier Prax et Boris Chague.

Le charme de l’île Margaux

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C’est la plus romantique des îles de l’Estuaire, petit bijou discret de l’archipel. Tout droit sortie du XIXème siècle, cette propriété privée, toujours habitée, accueille un vignoble qui s’épanouit au gré des vents et des marées.

Un confetti qui se trouve à un jet de pierre de Lamarque. Cinq minutes de traversée et nous voilà hors du continent, dans cette ambiance insulaire si particulière, comme coupés du monde.

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Ce jour-là, il régnait une paix, une douceur inoubliables face à la vigne en fleurs, parmi les roses éclatantes et les arbres fruitiers. 365 arbres plantés tout autour de l’île…

Les îles, c’est la chasse au trésor. Les gens s’imaginent qu’il n’y a rien dessus… alors que…

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Venez partager avec nous ces moments magiques. Reportage de Nathalie Pinard de Puyjoulon et Jean-Michel Litvine.

Serres du Bourgailh : Pessac sous les tropiques

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Lorsqu’on entre dans une serre, on s’imagine toujours être accueilli par un bouquet de fleurs… Ce n’est pas vraiment le cas, ce jour-là, à Pessac. C’est une cage aux fauves qui nous attend, remplie de prédateurs immobiles qui répandent leur nectar fatal.

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Vous l’aurez compris :  nous sommes cernés par les plantes carnivores, comme ces sarracénias qui attirent des mouches en sursis. Avec leurs pièges à tubes, elles sont beaucoup plus voraces qu’on le pense. Après autopsie, on découvre à l’intérieur des dizaines de mouches, une guêpe et même… un frelon asiatique.

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C’est l’une des parties seulement d’une importante collection qui compte plus de 3000 plantes. Le don d’un Pessacais à sa ville. Aujourd’hui, les serres tropicales sont ouvertes au public. Elles se trouvent sur  l’écosite du Bourgailh. Un espace verdoyant qui propose de nombreuses visites sur le thème de l’environnement.

Envie d’en savoir plus ? Regardez notre reportage…

18 Mai

Trésors et Pépites fête son premier printemps et son centième article : le patrimoine en partage !

Le Jardin des Nénuphars, l'un de mes plus belles découvertes...

Le Jardin des Nénuphars, l’une de mes découvertes préférées

Voilà déjà un an que le blog est ouvert pour vous offrir portraits et paysages, balades et découvertesUn espace où vous retrouvez tous les reportages sur le patrimoine et la culture régionale diffusés le dimanche soir dans le 19-20 de France 3 Aquitaine, mais aussi régulièrement exposés dans l‘émission 9h50 le matin, animée par Christophe Zirnhelt sur notre antenne.

Le patrimoine en partage !

Des reportages également  relayés sur les réseaux sociaux où vous êtes nombreux à les regarder et à les commenter. Cette saison, trois sujets ont particulièrement fait le buzz, réunissant à eux seuls un million de vues : la famille (presque) zéro déchets (474 000 ), Will Harppeur, le trappeur landais (192 000) et Arcachon sous la neige (240 000).

Sur le blog, vous avez beaucoup partagé la dune du Pilat à vol d’oiseau, le courant d’Huchet, Arcachon hors saison, le Jardin des Nénuphars, le Château aux assiettes, Harry Potter en Lot-et-Garonne et le château Malromé… 

Vous pouvez également retrouver l’ensemble des reportages des rédactions de la Nouvelle-Aquitaine sur la chaîne You Tube Trésors et Pépites.

Un grand merci pour votre fidélité !

05 Mai

Le peintre en lettres, un équilibriste de l’alphabet

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Nous l’avons rencontré au détour d’une rue de Bordeaux, comme un funambule suspendu à son pinceau…

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Jean Bataille est peintre en lettre, l’héritier direct des équilibristes de l’alphabet, tous ces artisans qui ont réalisé à main levée des publicités murales bientôt toutes effacées.

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Un peintre concentré. Le dérapage incontrôlé est redoutable surtout lorsqu’il s’agit de vieilles pierres. Il faut être précis car ensuite… le nettoyage de la moindre tache est difficile, voire impossible !

Mon pinceau, c’est sacré, un peu comme le sabre du samouraï ! Jean Bataille

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Avec toutes ces lettres patiemment tracées, on pourrait écrire tout un roman, celui de la famille Bataille, peintre depuis cinq générations. Et Jean, l’un des derniers à pratiquer le métier, compte bien défendre cet artisanat devenu confidentiel, convaincu de donner à la calligraphie d’aujourd’hui ses vraies lettres de noblesse…

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Un portrait de Nathalie Pinard de Puyjoulon, Pascal Lécuyer, Inès Cardenas et Véronique Lamartinière