31 Oct

« Chéri, tu fais la même chose ce soir? »

 

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« LIBÉRÉE, DÉLIVRÉE » ♪♫ — Une fois par an, le salon de l’érotisme s’installe le temps d’un week-end au parc des expositions de Toulouse. L’événement attire plus de 8 000 personnes à chaque édition. 

 

Pour trouver l’entrée, il faut avoir de bons yeux. Une petite affiche annonce sobrement « Salon de l’érotisme dans votre ville ce week-end ». Là, deux agents de sécurité inspectent visuellement les sacs. Pour entrer dans les lieux, il faut s’acquitter d’un billet d’entrée à 19€. Surprise, le premier stand ne vend pas de godemiché mais … des bonbons ! Il faut se faire une raison, encore un sale coup mené par le lobby d’Halloween. Quelques pas plus tard, c’est une ribambelle d’objets sexuels en vente. Pêle-mêle, on y trouve des godes de toutes les tailles, couleurs et textures mais aussi des objets aussi improbables que drôles. On y découvre aussi de la lingerie féminine comme cette « combi hyper sexy » et très moulante. Le 16ème salon Kamasou se divise en 2 parties et plusieurs autres sous-parties, le premier est celui avec les stands et le second avec « le village ». Au centre de cet espace, une scène rectangulaire permet de rendre visible des shows à 360° pour les visiteurs. A proximité, on peut zyeuter un spectacle lesbien ou encore une scène X à condition de sortir encore le portefeuille. Seul l’espace réservé à la gente féminine est gratuit. « Ce qui se passe à l’intérieur du Toy Boy Show reste dedans », explique avec rire Jérémy, l’animateur-micro sur le salon.

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« On nous pose souvent la question mais je vous assure, son érection est naturelle »

En ce dimanche après-midi, il y a peu de monde. À 14h30, un premier show érotique attire moins d’une centaine de personne. Une femme et son homme s’offrent une coupe de champagne quand d’autres jeunes se contentent d’une pression. Histoire de rien louper de la performance, deux photographes appuient frénétiquement sur le bouton du déclencheur de leur appareil photo. On rencontre beaucoup de couples et de tous les âges. Si le public reste majoritairement masculin, on peut croiser des groupes d’amies venues « faire quelques achats et rire un bon coup », explique une jeune trentenaire au fort accent toulousain. Sur la scène, le show féminin s’achève et les applaudissements retentissent. Au micro, on annonce le début du show X dans la zone interdite au moins de 18 ans. Deux acteurs feront leur prestation devant environ cinquante personnes après être passé à la caisse en s’acquittant de 10€. Kelly Pix et Tony Caliano sont deux hardeurs qui forment dans la vie un véritable couple. S’il est possible de photographier et de filmer, il est demander « de ne pas diffuser » sur Internet le spectacle X.

Le show commence, après un rapide strip-tease de madame, monsieur se fait baisser la braguette et laisse sortir un sexe déjà turgescent d’une taille à faire écarquiller les yeux des spectatrices. « Vous verrez, ce sont les meilleures positions de pénétration pour le face-cam au cinéma », explique de manière clinique un réalisateur de film porno au micro. La musique diffusée est inconnue au bataillon mais correspond bien à l’univers du monde de la pornographie. Transgressive en temps normal mais en symbiose avec l’acte. Aux premiers rangs, plusieurs hommes filment allègrement et n’hésitent pas zoomer sur les parties génitales des deux protagonistes. Un jeune couple assis sur des chaises se blottit l’un contre l’autre. Pénétration vaginale, sodomie, changement de positions pour le public. Quinze ou vingt minutes plus tard, une dernière fellation fini par faire éjaculer l’acteur, s’en suit une salve d’applaudissement. Là, une femme dit à son homme « chéri, tu fais la même chose ce soir? ». Avant que le public ne se dirige vers la sortie, l’homme au micro explique que l’érection de Tony Caliano « est naturelle ». Autrement dit, même s’il y a plusieurs dizaines de personnes devant lui, le hardeur sera toujours en érection.

Sur la scène 360, Jérémy le speaker demande à une volontaire de s’installer sur le siège. Soudain, un personnage d’Assasin’s Creed débarque d’un chapiteau. Il danse près du corps d’une demoiselle amusée venue avec son copain. Des sourires se dessinent sur les visages des spectateurs. Quoi que l’on puisse penser moralement de ces shows érotiques réalisés par des hommes ou des femmes, ce sont des performances qui peuvent susciter une certaine admiration sur le plan physique. Là où le commun des mortels serait tenter de reproduire les mêmes chorégraphies, certaines manœuvres se solderaient par une luxation musculaire. L’industrie du sexe a encore de beaux jours devant elle.

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