30 Jan

Après la primaire : rassemblement, attentisme ou départ annoncé ?

Manuel Valls, Jean-Christophe Cambadélis et Benoît Hamon (@CHRISTOPHE PETIT TESSON/EPA/MaxPPP)

Manuel Valls, Jean-Christophe Cambadélis et Benoît Hamon (@CHRISTOPHE PETIT TESSON/EPA/MaxPPP)

Seule la députée du Doubs Barbara Romagnan avait misé sur le cheval gagnant, Benoît Hamon. Le député de Haute-Saône, Jean-Michel Villaumé, soutenait, lui, Manuel Valls. Sinon, les autres parlementaires de gauche s’étaient montrés… discrets, voire prudents. Aujourd’hui que la victoire de Benoît Hamon est incontestable, comment réagissent les uns et les autres ?

On commence notre tour des grands élus avec Martial Bourquin, sénateur du Doubs. Il note :  » Une grande volonté de changement dans l’électorat de gauche. On doit tous être unis derrière Benoît Hamon. Franchement, une nouvelle page s’ouvre pour la gauche. Cette page, il faut qu’on l’ouvre ensemble et qu’il n’y ait pas de volonté de ne pas respecter ce verdict. En ce qui me concerne, je serai derrière le candidat choisi par la primaire. » (son interview en longueur plus bas)

« Faire l’union sur une ligne qui convienne à tout le monde. »

Frédéric Barbier, le député de la 4ème circonscription du Doubs, souhaite également une union : « J’espère que nous allons être capable de faire l’union sur une ligne qui convienne à tout le monde. » (Pour cette synthèse, il faudrait appeler… non, non, ce n’est pas une bonne idée. François Hollande a jeté l’éponge.)

Marc-Henri Duvernet, premier secrétaire fédéral du Jura, a soutenu Arnaud Montebourg au premier tour puis il a voté Benoît Hamon au second. Lui aussi appelle au rassemblement derrière le vainqueur. Il affirme que ce « score net et incontestable lui donne une véritable légitimité. Les gens ne veulent pas d’un discours basé sur la peur, comme ceux tenus par Trump ou Poutine. Ils souhaitent de l’espoir, de la solidarité. Benoît Hamon propose un futur désirable. Il faut se rassembler derrière lui pour une transition démocratique, écologique et sociale. »

Beaucoup moins enthousiaste, Nicolas Bodin, premier secrétaire fédéral du PS du Doubs, se pose de nombreuses questions pour « l’après », c’est à dire pour maintenant et pour les campagnes présidentielle et législative. Lui, il s’interroge tout haut : «Quelle ligne politique sera défendue pendant la campagne de la présidentielle ? Celle du PS ou celle de Benoît Hamon ? » Oui, quelque part, il y aurait « incompatibilité, comme dirait l’autre…

« Je ne peux pas soutenir le revenu universel »

L’un des parlementaires a tranché : Jean-Michel Villaumé, député PS de Haute-Saône qui ne se représente pas (ce détail n’en est pas un…). Dès les résultats du premier tour favorables à Hamon, il avait annoncé dans un communiqué :  » Si Benoît Hamon est désigné pour être le candidat des socialistes, je ne me sentirai pas lié par ce choix et soutiendrai le candidat qui sera en mesure d’éviter aux Français d’avoir à choisir, au second tour, entre Marine Le Pen et François Fillon. »

Ces propos avaient au moins le mérite de la clarté, même s’ils ont été jugés inapropriés avant le deuxième tour par certains responsables socialistes. Aujourd’hui, Jean-Michel Villaumé « récidive » : « Je suis un social-démocrate ou un réformiste. Alors, pour moi, en ce moment, c’est douloureux. Je suis un député légitimiste. J’ai soutenu le pacte de responsabilité et la loi travail. Faut tout jeter aujourd’hui ? Je ne peux pas soutenir le revenu universel moi qui défend les valeurs du travail et du courage. » Et il ajoute que :

« Je serai demain à Paris avec les 30 députés du Pôle Réformateur et nous publierons une tribune sur notre position. D’ici quelques semaines, j’étudierai une autre offre politique, celle d’Emmanuel Macron. »

Pas la première scission

Entre volonté de rassemblement, questionnement et départ quasi annoncé, les positions des socialistes sont très variables.

Grandes questions : qui va rester au PS ? Qui va en partir ? Le PS va-t-il exploser ?

Habituellement, c’est l’aile gauche qui quitte le navire. Sans remonter au Congrès de Tours de 1920, deux exemples récents : Jean-Pierre Chevénement qui part du PS en 1993 pour fonder le MDC (Mouvement Des Citoyens) et Jean-Luc Mélenchon qui s’en va du PS pour créer le Front De Gauche en 2008.

Jean-Pierre Chevénement, s’il représente une référence à gauche, n’a réussi qu’un petit 5 % à la présidentielle de 2002.

Dix ans plus tard, Jean-Luc Mélenchon, lui, a totalisé 11 % des voix à la présidentielle. Il est encore en course pour le 23 avril de cette année. Mais c’est lui, en fait, qui est certainement le plus gêné par la victoire de Benoît Hamon : il commence à y avoir beaucoup de candidats à la gauche du Parti Socialiste.


Martial Bourquin: « on doit tous être unis derrière Benoît Hamon »

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Partisan de Manuel Valls, le député Jean-Michel Villaumé ne soutiendra pas Benoît Hamon s’il gagne la primaire

23 Jan

Partisan de Manuel Valls, le député Jean-Michel Villaumé ne soutiendra pas Benoît Hamon s’il gagne la primaire

Jean-Michel Villaumé (DR)

Jean-Michel Villaumé (DR)

Il est le seul parlementaire PS de Franche-Comté à soutenir Manuel Valls. Pour Jean-Michel Villaumé, les résultats du premier tour sont « une grosse déception » et constitue « un coup dur » pour l’ancien Premier ministre. Pour le député de Haute-Saône, « les électeurs auront le choix entre deux gauches : la gauche du réel, celle de Manuel Valls ; la gauche du rêve, celle de Benoît Hamon, qui brandit des mesures aussi spectaculaires qu’inapplicables ». En cas de défaite de Manuel Valls, Jean-Michel Villaumé prévient: « Si Benoît Hamon est désigné pour être le candidat des socialistes, je ne me sentirai pas lié par ce choix ». Continuer la lecture

17 Jan

Législatives, 2ème de Haute-Saône : c’est reparti pour un tour !

Edwige Eme, candidate dans la deuxième circonscription de Haute-Saône ?

Edwige Eme, candidate dans la deuxième circonscription de Haute-Saône ?

Le Parti Socialiste a tenu un conseil fédéral en Haute-Saône hier soir à propos des élections législatives. C’est la deuxième circonscription qui pose problème depuis plusieurs mois. Une chose certaine : ceux qui souhaitent « y aller » ont jusqu’au 15 février pour déposer leur candidature, dixit Loïc Niepceron, n° 1 du PS du département. Pour le reste, tout reste ouvert…Ou presque !

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L’UDI veut présenter cinq candidats aux législatives en Franche-Comté

Nathalie Bertin et Annick Jacquemet (©f3fc)

Nathalie Bertin et Annick Jacquemet (©f3fc)

Il y aura des primaires à droite au premier tour des législatives. L’UDI a investi ses candidats aux législatives ce week-end. Ils seront cinq en Franche-Comté. En plus du sortant Michel Zumkeller, le parti de centre-droit présentera des candidats dans les quatre circonscriptions où le sortant n’est pas de droite, provoquant autant de duels LR-UDI au premier tour. Continuer la lecture

18 Déc

Primaire de la gauche: qui soutient qui en Bourgogne Franche-Comté ?

Manuel Valls, Arnaud Montebourg, Benoît Hamon, Vincent Peillon, Sylvia Pinel, Jean-Luc Bennhamias et François de Rugy (AFP / FRANCEINFO)

Manuel Valls, Arnaud Montebourg, Benoît Hamon, Vincent Peillon, Sylvia Pinel, Jean-Luc Bennahmias et François de Rugy (AFP / FRANCEINFO)

Au lendemain du lancement officiel de la campagne de la primaire de la Belle Alliance populaire, on connaît quels parlementaires ont parrainé les quatre candidats PS (les trois autres, issus de partis politiques partenaires, n’en ont pas besoin). Sans surprise, c’est le régional Arnaud Montebourg qui a le plus de soutiens en Bourgogne Franche-Comté. Vincent Peillon est le seul candidat à ne pas avoir de parrain en BFC. Le détail: Continuer la lecture

14 Déc

Qui sont les députés de Franche-Comté qui ont voté la 5e prolongation de l’état d’urgence ?

Assemblee nationale 2014-10-28

Les députés ont largement voté dans la nuit de mardi à mercredi une cinquième prolongation de l’état d’urgence jusqu’au 15 juillet, au motif d’une menace terroriste aiguë en période électorale, mais plusieurs ont appelé à préparer la sortie de ce régime. Adoptée par 288 voix contre 32, et cinq abstentions, elle devrait être votée conforme jeudi au Sénat afin d’éviter une interruption automatique de l’état d’urgence le 22 décembre, quinze jours après la démission du gouvernement Valls. La très grande partie de la majorité et de l’opposition ont voté pour. Seuls les députés Front de gauche, les écologistes contestataires et une poignée de députés LR ont voté contre. Le détail pour nos députés de Franche-Comté: Continuer la lecture

La députée socialiste Barbara Romagnan n’accorde pas sa confiance au gouvernement de Bernard Cazeneuve

Barbara Romagnan (DR)

Barbara Romagnan (DR)

Bernard Cazeneuve a obtenu mardi une large confiance de l’Assemblée, s’engageant dans son discours de politique générale devant les députés à faire que chaque journée de son court bail à Matignon soit « utile » pour « préparer l’avenir ». La déclaration du nouveau Premier ministre a été approuvée par 305 voix contre 239 et dix abstentions, parmi lesquelles figure la députée socialiste du Doubs Barbara Romagnan. Il s’agit de la seule membre du groupe PS à ne pas avoir voté la confiance au nouveau premier ministre. Continuer la lecture

01 Déc

François Hollande renonce: les réactions en Franche-Comté

François Hollande (DR)

François Hollande (DR)

Le président de la République a annoncé ce soir qu’il ne serait pas candidat à sa succession. La décision de François Hollande, quelques jours après la désignation de François Fillon lors de la primaire de la droite et le jour où débute le dépôt des candidatures pour la primaire de la gauche, a été très commentée. Voici quelques-unes de ces réactions de nos élus. Continuer la lecture

13 Oct

Le gouvernement sonne le glas de la prééminence du diesel en France, PSA s’inquiète

Ségolène Royal va étendre à l'essence les avantages fiscaux du diesel pour les véhicules d'entreprise (©f2)

Ségolène Royal va étendre à l’essence les avantages fiscaux du diesel pour les véhicules d’entreprise (©f2)

Déjà en perte de vitesse, les voitures diesel devraient perdre leur statut de modèles préférés des Français avec la décision gouvernementale de mettre l’essence sur un pied d’égalité avec le gazole pour les flottes professionnelles, soit la moitié des ventes neuves. Les entreprises pourront déduire 80% de la TVA appliquée sur l’essence, comme c’est le cas actuellement pour le gazole, a expliqué jeudi la ministre de l’Energie, Ségolène Royal, évoquant sur France 2 une mesure qui se fera de façon progressive « en deux ans ». Trois députés de Franche-Comté ont participé à la mission d’information qui préconisait cette mesure. Continuer la lecture

03 Août

Les députés de Franche-Comté les plus assidus… et les autres !

Les douze députés de Franche-Comté (©f3fc)

Les douze députés de Franche-Comté (©f3fc)

Nos députés sont en vacances. L’Assemblée nationale a suspendu ses travaux jeudi 21 juillet, après l’adoption définitive du projet de loi Travail via l’article 49-3. Cette année parlementaire fut la 4e du mandat de cinq ans qu’ont reçu nos élus en 2012. Alors les députés de Franche-Comté ont-ils bien travaillé? Grâce au site nosdeputes.fr, nous pouvons établir l’activité de chaque élu: son assiduité en séance, en commission, le nombre d’amendements… Sur le podium des députés les plus actifs, on retrouve le même trio que l’an passé. Voici le détail. Continuer la lecture