10 Fév

Florian Bouquet a été président de Département et assistant parlementaire de Damien Meslot pendant près d’un an

Florian Bouquet (©f3fc)

Florian Bouquet (©f3fc)

Le lièvre a été soulevé en plein débat sur les orientations budgétaires au conseil départemental du Territoire de Belfort. Bastien Faudot, élu d’opposition (MRC) demande au président Florian Bouquet (LR) s’il a cumulé son mandat de patron du Département et son emploi d’assistant parlementaire auprès du député et maire de Belfort Damien Meslot. Si la réponse fut alambiquée lors de la séance publique, elle est claire aujourd’hui: « Ma démission a été effective au 1er mars 2016 », nous révèle le président Florian Bouquet, qui est donc resté 11 mois assistant parlementaire après son élection. Il s’en explique.

« Il n’y a rien d’illégal, rien d’immoral là-dedans », lâche Florian Bouquet.

Oui, il a cumulé, entre début avril 2015 et début mars 2016, le mandat de président de collectivité, très prenant, avec son emploi d’assistant parlementaire.

« On ne démissionne jamais avant d’avoir de nouvelles responsabilités, nous explique-t-il ce vendredi par téléphone. J’ai assuré une continuité, achevé mes dossiers, accueilli et formé mon successeur, pris mes congés. Ma démission a été effective au 1er mars 2016″. Soit onze mois après son élection à la tête du Département.

Deux charges de travail difficiles à concilier

« Quelqu’un peut-il croire qu’il a eu le temps de faire son travail d’assistant parlementaire », s’interroge de son côté Bastien Faudot. Au téléphone, l’élu d’opposition s’engouffre dans la brèche de l’affaire Penelope Fillon, suspectée d’emploi fictif: « Comment pourrait-il continuer à affirmer qu’il est pleinement investi dans son mandat de Président du Conseil départemental alors qu’il aurait été à la fois, pendant plusieurs mois, vice-président de la CAB (communauté d’agglomération de Belfort ndlr) et assistant parlementaire de M. Meslot ? ».

« Je suis plus travailleur que lui, répond du tac au tac Florian Bouquet quand on lui relaie les questions de l’élu MRC. Je suis un lève-tôt et un couche-tard. Ma capacité de travail est bien supérieure à la sienne ». Et le désormais ex-assistant d’ajouter: « Mon employeur, Damien Meslot, est le seul à juger de mon travail ».

« Il n’y a pas de hiérarchie entre Damien Meslot et moi »

Dans un communiqué conjoint, Bastien Faudot (MRC) et Samia Jaber (PS) jugent ce cumul « indéfendable au regard d’une exigence pratique : l’autonomie politique du Conseil départemental oblige à rompre toute relation hiérarchique avec M. Damien Meslot, député et maire de Belfort. Les politiques publiques départementales ne peuvent être soumises à un système féodal ».

« Il n’y a pas de hiérarchie entre Damien Meslot et moi. Nous sommes un vieux couple, né d’une vieille amitié politique qui remonte à 1994, assure de son côté Florian Bouquet. Je suis heureux d’avoir travaillé pour Damien Meslot sur une aussi longue période ».

Une fidélité politique qui se retourne aujourd’hui contre lui.

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  • <span class="author">Serge Houssard</span>

    Oui, c’est autorisé.

    Ce qui serait interdit, ce serait de donner à ce président de CD un
    emploi fictif d’assistant parlementaire (et de faire faire le boulot
    d’assistant parlementaire par un agent d’une collectivité, cas hélas
    fréquent).

    De plus, Florian BOUQUET a bien fait sa déclaration des revenus sur le site de HATVP, le 02/06/2015 et cela correspond à ce qui a été déclaré dans l’Est républicain.

    La question que l’on peut poser est la capacité d’une personne de pouvoir cumuler ainsi tant de fonctions. Il est grand temps d’appliquer la loi sur le cumul des mandats, même si celle-ci est imparfaite, car en fin de compte, cela va entraîner plus d’élus alors que nous avons déjà beaucoup et renforcer les dépendances entre ceux qui seront bénéficiaires de ces mandats abandonnés.

    Ce qui se passe dans le 90 est le reflet parfais de ces baronnies, qui sont légion dans nos territoires, empêchant le renouvellement de la classe politique et « ficelant » les pouvoirs et générant des « dépendances » entre élus.

    Respectueusement

    S. HOUSSARD, administrateur ANTICOR et référent local 90-70
    E-mail : sos.paie-dsn@orange.fr

    • <span class="author">CEDEBE</span>

      Bonjour,
      Que compte faire ANTICOR ou quelle est sa capacité d’action pour dénoncer une pratique qui semble réelle (dépendances) et, peut-être, le financement d’un emploi fictif ?
      * Je vous invite également à reprendre sa déclaration HATVP : il apparaît que la Haute Autorité a du faire l’effort de notifier précisément les dates de ces mandats et de sa période salariée en tant qu’assistant parlementaire.

      • <span class="author">Serge Houssard</span>

        Sa déclaration d’intérêt est très détaillée et relativement bien renseignée à la différence d’autres, comme celle de Damien MESLOT qui frise la négligence volontaire. Reste que les déclarants ne font pas ou presque jamais l’actualisation de la fiche, alors qu’ils ont deux mois pour le faire. Notre association qui ne reçoit pas de subvention (indépendance) n’a comme ressources que les adhésions et les dons, et ne peut être partout. la loi sur la transparence a été une avancée incomplète car si les déclarations d’intérêts sont remplies dès le début du mandat, elles ne sont presque jamais actualisées. Et la HATVP n’a certainement pas les moyens de demander les actualisations, sauf à être au courant de celles-ci. Désolé, de ne pas satisfaire totalement vos attentes.

        • <span class="author">CEDEBE</span>

          Merci de votre réponse et de vos précisions. Bonne journée.