06 Juil

Hausse de la CSG : 8 millions de retraités frappés par une baisse de revenus selon la députée (PS) Valérie Rabault

La députée (PS) du Tarn-et-Garonne, Valérie Rabault, a chiffré l’impact d’une hausse de la CSG. Selon la parlementaire du Tarn-et-Garonne, 8 millions de retraités vont perdre du pouvoir d’achat.

Valérie Rabault, députée de la Tarn-et-Garonne; Photo MaxPPP

Valérie Rabault, députée du Tarn-et-Garonne; Photo MaxPPP

Première séance de questions au gouvernement et première passe d’arme. Mercredi 5 juillet, la députée (PS) Valérie Rabault a interpellé le nouveau ministre des Comptes Publics, Gérald Darmanin, au sujet de la hausse de la CSG. La parlementaire a chiffré le nombre de français qui vont passer à la caisse. Valérie Rabault justifie son calcul par le soucis d’être concret :

Je chiffre toujours pour me rendre compte de l’ampleur des choses. Sur la CSG, je trouve le débat hypocrite. Le gouvernement parle toujours de 1,7% (ndlr : de hausse), c’est un chiffre qui donne l’impression que cela n’aura pas d’impact. La seule façon de prendre conscience des choses est de regarder ce que cela donne en euros sonnants et trébuchants

Durant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron a promis un « donnant-donnant » : plus de CSG mais la suppression de la taxe d’habitation. Par un effet de vases communicants, les contribuables devaient récupérer du pouvoir d’achat. Lors de son discours de politique générale, ce mardi 4 juillet, le premier ministre a annoncé un maintien, pour une durée indéterminée, de la taxe d’habitation. Pour Valérie Rabault, cet absence de compensation va se traduire par une perte nette :

Au moins 8 millions de retraités, sur près de 14 millions, vont payer plus de CSG. Pour une retraite à 1300 euros par mois cela donne une hausse sur l’année de 265 euros, soit l’équivalent d’une facture d’eau à payer en plus. Pour 2000 euros de retraite, cela donne 408 euros de plus en payer

Selon les chiffres de l’ancienne rapporteure du Budget, plus de la moitié des retraités français sont concernés par une ponction de leur pouvoir d’achat. En Occitanie, 1,1 millions de personnes ont fait valeur leur droit à la retraite.

En revanche, les fonctionnaires et les salariés doivent échapper au coup de guillotine fiscal. Le gouvernement prévoit une réforme des cotisations sociales. Pour les « actifs » du secteur public et privé, la hausse de la CSG sera contrebalancée.

Le député (LREM) du Tarn, Jean Terlier, insiste sur ce point :

La suppression des cotisations salariales sur l’assurance maladie et l’assurance chômage, financée par un transfert sur la CSG, redonnera dès 2018 du pouvoir d’achat à plus de 20 millions d’actifs. Cela représente 250 euros par an au niveau du SMIC

S’agissant des retraités, le représentant tarnais d’Emmanuel Macron conteste l’analyse de Valérie Rabaut :

Une concertation sur la réforme de la taxe d’habitation aura bien lieu dans le cadre du quinquennat. Cette réforme compensera très largement la hausse de la CSG

En attendant une remise à plat, Valérie Rabault et Jean Terlier sont au moins d’accord sur un point : la hausse c’est maintenant.

Laurent Dubois (@laurentdub)

03 Juil

Mouvement du 1er juillet : Philippe Martin et Pierre Cohen, proches de Benoît Hamon, ne vont pas quitter le PS

Benoît Hamon, en lançant samedi son Mouvement du 1er juillet, a annoncé qu’il quittait le PS. Dans la région, ses proches, notamment Philippe Martin ou Pierre Cohen, vont adhérer au mouvement tout en restant au Parti Socialiste. Explications.

Benoît Hamon le 1er juillet. (Photo : Jacques Demarthon/AFP).

Benoît Hamon le 1er juillet. (Photo : Jacques Demarthon/AFP).

Le départ de Benoît Hamon du PS ne va pas s’accompagner d’une hémorragie de militants ou élus locaux socialistes. A la question allez-vous vous aussi quitter le Parti Socialiste, deux grands élus et proches de l’ex-candidat à la présidentielle, donnent la même réponse : non ! Il s’agit de Philippe Martin, président du conseil départemental du Gers, ancien député et ancien ministre et de Pierre Cohen, ancien maire de Toulouse, conseiller municipal et communautaire d’opposition.

« Benoît Hamon nous a réuni, explique Pierre Cohen, avant de faire cette annonce dans son discours samedi pelouse de Reuilly. Il ne demande pas que l’on quitte nous aussi le parti. Et pour une bonne raison : lui a besoin de sa liberté. Il ne veut pas créer un courant de plus au PS ou seulement rénover le parti. Il veut la reconstruction de toute la gauche. Et le PS doit y participer, de l’intérieur ».

En d’autres termes, les élus hamonistes restent au PS pour être des leviers pour l’ex-candidat qui veut recomposer la gauche. Surtout, c’est sous-entendu, en quittant le navire ils laisseraient les clés du camion à la frange la plus centriste du PS. Ce serait jeter le parti dans les bras d’Emmanuel Macron et là, toute recomposition de la gauche, avec les écologistes, les Insoumis de Jean-Luc Mélenchon, le PS et une partie de la gauche serait impossible.

Les adhérents du futur Mouvement du 1er juillet auront donc la possibilité de garder leur carte dans un autre parti. Pour l’instant le mouvement n’en est qu’à ses balbutiements. Il lui faut trouver un statut juridique compatible avec l’appartenance à un parti politique, créer des émanations locales, trouver des référents départementaux. Un travail de longue haleine.

FV (@fabvalery)

30 Juin

Que devient l’ex-députée (LR) de la Haute-Garonne Laurence Arribagé ?

Laurence Arribagé a perdu son siège de députée dans une circonscription jugée imperdable pour la droite. Sa réaction face à un échec brutal et imprévu ?

Laurence Arribagé. Photo AFP J.Demarthon

Laurence Arribagé. Photo AFP J.Demarthon

C’est la première sortie de Laurence Arribagé. Après 10 jours de black-out et de spleen, l’ex-députée de la Haute-Garonne renoue avec son agenda d’élue locale. Jeudi 29 juin, Laurence Arribagé a participé à un conseil communautaire à Toulouse Métropole. En marge de la réunion, l’adjointe au Capitole a confié « aller mieux ». Cet aveu traduit la violence du choc.

Laurence Arribagé a été battue au terme de son premier mandat. Mais, surtout, sa défaite a été une vraie surprise.

Beaucoup pensaient que la circonscription était imperdable. En plus, En Marche ! a mis en face de Laurence une candidate que l’on disait faible. A droite, on pensait même que c’était un cadeau d’En Marche!

Les propos d’un responsable de la droite toulousaine explique la sidération de Laurence Arribagé. Son entourage politique tablait sur une circonscription en « béton armée ». Une circonscription découpée par un ministre de droite, Alain Marleix, pour un candidat local, Jean-Luc Moudenc. Mais Alain Marleix n’avait pas prévu une chose : la vague Macron. Une vague qui a submergé les clivages traditionnels et la vieille distinction entre la droite et la gauche.

Un cadre LR résume parfaitement la situation :

Laurence a fait une belle remontée, de plus de 7000 voix entre le 1er et le 2nd tour. Cela veut dire que notre électorat s’est remobilisé et a essayé de la sauver. Mais ça ne suffisait pas. Corinne Vigon (ndlr concurrente de Laurence Arribagé) a profité à fond de son étiquette et d’une dynamique nationale

Ce dernier point est essentiel et explique la coup de blues (post défaite) de Laurence Arribagé. L’ex-députée a dû céder son siège à Corinne Vignon. La « tombeuse » de Laurence Arribagé a été élue dans un drôle de contexte. Juste avant le 2nd tour des législatives, l’actuelle députée de la 3ème circonscription a fait l’objet d’une procédure judiciaire. Pour un cadre LR, « perdre son siège, c’est dur mais ce faire éliminer par Vignon pour Laurence, c’est juste insupportable« .

La semaine dernière, Laurence Arribagé et son équipe ont passé trois jours dans les cartons pour libérer son bureau parisien. La permanence toulousaine a également dû être vidée. Ces moments ont été éprouvants selon son plus proche collaborateur, Yoan Rault-Wita. Un collaborateur qui, d’ailleurs, envoie des CV pour retrouver un emploi dans le privé.

S’agissant de l’avenir, c’est d’abord un retour à la normale. Après un conseil communautaire ce 29 juin et un conseil municipal, Laurence Arribagé renoue avec la politique. L’élue toulousaine va participer, la semaine prochaine, à un bureau national des Les Républicains. Un bureau national au cours duquel Laurence Arribagé compte « faire entendre sa petite voix ». L’ex-députée se projette également vers la rentrée. Laurence Arribagé va lancer, en septembre, des Etats Généraux. Le but est de préparer… 2020 et les prochaines municipales. Découverte de nouveaux talents et conquête de nouvelles communes.

Laurence Arribagé est touchée. Elle confesse même avoir « beaucoup pleurer » après sa défaite. Mais elle ne sombre pas. Laurence Arribagé veut s’investir à fond dans sa présidence départementale de LR et son mandat municipal.

Laurent Dubois (@laurentdub)

Mickaël Nogal, un ex-lobbyiste vice-président de la commission économique de l’Assemblée Nationale

Mickaël Nogal, député LREM de la Haute-Garonne, est un ancien lobbyste pour le groupe Orangina Suntory France. Il vient d’être élu vice-président de la commission des Affaires Economiques de l’Assemblée.

Michaël Nogal. Député de la Haute-Garonne. Photo AFP/Samson

Mickaël Nogal. Député de la Haute-Garonne. Photo AFP/Samson

Mickaël Nogal est un des benjamins de l’Assemblée Nationale. Mais le jeune député de 26 ans a une autre spécificité. De décembre 2015 à janvier 2017, c’est-à-dire pendant 1 an et 2 mois, le nouveau député de la Haute-Garonne a défendu les intérêts du groupe Orangina Suntory France. Sur son profil Linkedln, Mickaël Nogal précise sa fiche de poste : stratégie d’influence, représentation auprès des pouvoirs publics, communication corporate.

En soi cette expérience professionnelle n’est pas gênante. Un géant des boissons gazeuses a parfaitement le droit de se dépenser tous azimuts pour écouler sa marchandise. Rencontre avec des élus locaux. Calinothérapie pour écouler du soda. Le lobbying est une activité qui n’a pas bonne publicité. Les lobbyistes sont généralement présentés comme des mercenaires, prêts à tout pour leur business. Mais le lobbying existe et il a même ses entrées dans les palais nationaux.

L’Assemblée et le Sénat prévoient une réglementation « draconienne » pour éviter le trafic d’influence. Les lobbyistes sont priés de porter un badge lorsqu’ils déambulent dans les couloirs ou sont attablés avec un parlementaire. Mickaël Nogal va probablement croiser ses anciens collègues dans ses nouveaux locaux.

Le député de la Haute-Garonne a même toutes les raisons de revoir son ancien employeur… en matière de santé publique. La consommation de sodas joue notamment un rôle dans l’épidémie de diabète qui frappe la population française. Mickaël Nogal peut être amené à voter des textes portant sur la santé publique et ces textes peuvent concerner Orangina Suntory France. Mais Orangina c’est surtout un mastodonte économique. En 2015, l’entreprise a dégagé un chiffre d’affaires de 20 milliards d’euros. Le groupe emploie 42 000 collaborateurs sur les 5 continents. Orangina a toutes les raisons d’apparaître sur l’écran radar des Affaires Economiques de l’Assemblée. Des textes peuvent concerner le groupe multi-national.

Sans parler d’un aspect plus prosaïque mais hautement stratégique. Avoir un ancien directeur des relations publiques au cœur du réacteur économique de l’Assemblée peut faciliter les contacts. Et ouvrir des portes. Juridiquement, rien n’empêche à un ancien lobbyste de devenir vice-président de commission. Mais, politiquement, cela pose question.

Les députés sont tenus de faire une déclaration d’intérêts. Mickaël Nogal va devoir mentionner son ancien employeur et son activité de lobbyiste pour le compte d’Orangina. Cette transparence élémentaire reste toutefois symbolique. En revanche, le signal politique n’est pas anecdotique.

Emmanuel Macron et sa nouvelle Garde des Sceaux, la Toulousaine Nicole Belloubet, vont présenter, dans les prochains jours, un projet de loi pour renforcer la confiance entre les politiques et les citoyens.

En terme d’image, la nomination d’un ancien lobbyste comme numéro 2 de la commission des Affaires Economiques de l’Assemblée Nationale, ça peut étonner et détoner.

Laurent Dubois (@laurentdub)

29 Juin

Valérie Rabault et le « bateau ivre » de l’Assemblée Nationale

Elle est l’une des rares députées sortantes socialistes de Midi-Pyrénées à être retournée à l’Assemblée Nationale cette semaine. Valérie Rabault, députée socialiste du Tarn et Garonne et ancienne rapporteure du budget revient pour nous sur cette folle semaine au Palais Bourbon.

Valérie Rabault. Photo AFP Eric Piermont

Valérie Rabault. Photo AFP Eric Piermont

Le Blog politique : Revenons tout d’abord sur votre candidature à la Présidence de la Commission des Finances où vous avez échoué ce jeudi. Pourquoi cette candidature ?

Valérie Rabault :Ma démarche reposait sur l’article 39 qui stipule que la présidence de cette commission doit revenir à un membre de l’opposition. Il n’y pas de règlement écrit mais la Vème République a toujours tenu à respecter l’opposition, par son temps de parole et sa représentativité.

Or certaines candidatures étaient plus vicieuses que d’autres à l’image du groupe des « constructifs » qui sur sa déclaration explique pourtant être « dans l’opposition ». Peut-on être « constructifs » et « dans l’opposition » face au gouvernement et à Emmanuel Macron ?

LBP : Mais ce vote était-il biaisé dès le départ ?

V.R : Je ne dirai pas ça… Tout est parti du désordre sans nom au moment de l’élection du poste de questeur hier soir. Au lieu d’élire un Républicain, l’Assemblée a choisi un « constructif », en l’occurrence Thierry Solère. Initialement Les Députés La République En Marche devait participer à cette élection pour la Commission des finances mais suite au pataquès d’hier soir, ils y ont renoncé. En 2012, la majorité (NDR : Socialiste) avait tenu à participer au vote.

Certains ont bien su exploiter les failles »

LBP : Et ça a donc donné le résultat qu’on connaît : l’élection comme président de la Commission des Finances du Républicains « non-constructif » Eric Woerth. Comment avez-vous vécu cette première semaine ?

V.R : Franchement ? J’ai eu l’impression d’être dans un bateau ivre sans commandant à bord. Nous sommes pour l’instant assis par ordre alphabétique et non par groupes politiques. Hier soir, mes voisins, nouveaux députés LREM étaient pour la plupart inquiets et ne comprenaient pas ce qui se passait pendant la suspension de séance de plus de deux heures. Ce n’est peut-être que le début, et il faut leur laisser le temps. Mais hier soir, tout a dérivé. Et puis certains ont bien su exploiter les failles comme Jean-Luc Mélenchon. Il a été malin. D’autres chefs de groupes  expérimentés comme Christian Jacob (LR) sont aussi capables de s’emparer de ces moments de flottement. Quand Claude Bartolone était au perchoir, il avait cette capacité à percevoir quand il fallait s’arrêter ou suspendre. Hier, je le répète, ça a dérivé.

Il faudra maintenant voir comment vont être abordés les dossiers de fond. Mélenchon veut s’imposer comme le seul opposant à Macron, mais ce n’est pas le cas. C’est aussi pour ça que j’ai tenu à me présenter à la Commission des Finances.

On peut encore faire bouger les lignes »

LBP : Dans ces conditions et dans l’opposition, quels sont justement vos objectifs sur cette mandature qui débute ?

V.R : Tout d’abord les volets de fond comme l’augmentation de la CSG. Je pense que sur ce dossier on peut encore faire bouger les lignes. Il y a 55000 retraités en Tarn et Garonne.

Ensuite, il y a les dossiers locaux comme la Ligne Grande Vitesse Toulouse-Paris. Je suis affligée par l’annulation de la déclaration d’utilité publique. Il est indispensable qu’en juillet-août des personnes sérieuses refassent une étude sur l’impact économique de cette ligne. Et puis la SNCF bloque également. Elle devait rendre ses études relatives au projet en janvier pour que nous puissions affiner le coût de la réalisation. Nous les attendons toujours. J’ai écrit à Guillaume Pepy pour le lui dire. Il faut maintenant que le gouvernement s’empare de ce dossier. Nous ne pouvons pas ne pas avancer sur ce projet et laisser pendant que les autres villes et métropoles déjà desservies par le TGV prospèrent.

Propos recueillis par Patrick Noviello (@patnoviello)

Le maire de Beaucaire, Julien Sanchez, futur président du groupe FN au Conseil Régional ?

La présidente du groupe FN au Conseil Régional, France Jamet, va siéger au Parlement Européen. Le nom de son successeur circule : Julien Sanchez.

Julien Sanchez. Conseiller Régional (FN) d'Occitanie; Photo : MaxPPP/Isorel

Julien Sanchez. Conseiller Régional (FN) d’Occitanie. Photo : MaxPPP

Le succès des uns fait le bonheur des autres. Lors des dernières législatives, Louis Aliot a été élu dans les Pyrénées-Orientales. Mais le numéro 2 du Front National disposait déjà d’un mandat parlementaire européen. Ce cumul est impossible et Louis Aliot doit laisser son siège strasbourgeois à sa suppléante. France Jamet va donc connaître prochainement les délices de la ligne Montpellier-Strasbourg. Mais la future députée européenne est elle même en situation de cumul. L’élue frontiste dispose de mandats locaux : la mairie de Montpellier et le Conseil Régional.

France Jamet va devoir démissionner du conseil municipal montpelliérain ou de l’assemblée régionale. Contactée par France 3 Occitanie, France Jamet affirme ne pas avoir fait de choix. L’élue frontiste précise surtout qu’elle a encore du temps pour réfléchir. L’interdiction de cumul intervient 30 jours après l’installation dans le nouveau mandat. France Jamet n’a pas reçu de notification de la part du ministère de l’Intérieur concernant son remplacement de Louis Aliot au Parlement Européen.

La conseillère régionale FN aura, au minimum, jusqu’au mois d’août pour trancher. L’échéancier peut même enjamber la trêve estivale et se clôturer en septembre prochain.

Cela convient parfaitement à France Jamet. « Il est urgent de ne pas se précipiter » déclare la future députée européenne.

Montpellier ou le Conseil Régional, ce n’est pas encore d’actualité. Mais, en revanche, la question de la succession à la présidente du groupe est posée.

Ce jeudi 29 juin doit se tenir la dernière Assemblée Plénière avant les vacances d’été. Le dernier rendez-vous institutionnel est fixé pour la première semaine de juillet.

Mais, selon nos informations, France Jamet doit laisser sa place à Julien Sanchez. 

Le maire de Beaucaire aura en charge la gestion et l’animation du principal groupe d’opposition au Conseil Régional.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

 

 

 

Que vont devenir les « éléphants » du PS de Haute-Garonne après leur défaite aux législatives ?

Un ancien ministre, Kader Arif, le numéro 3 du PS Christophe Borgel et l’ex-présidente de la commission des affaires sociales Catherine Lemorton ont été battu(e)s aux législatives. Ils sont à la recherche d’un emploi ou d’une nouvelle vie.

Catherine Lemorton (Photo : AFP)

Catherine Lemorton (Photo : AFP)

La casse est lourde au PS. Plusieurs personnalités n’ont pas résisté aux législatives et ont été battu(e)s dès le 1er tour. En Occitanie, c’est en Haute-Garonne qui concentre le plus grand nombre de « blessés ». Un ancien ministre, Kader Arif, la présidente de la commission des Affaires Sociales de l’Assemblée, Catherine Lemorton, et le responsable national des élections, Christophe Borgel sont au tapis. La rentrée parlementaire est en cours. Les nouveaux députés intègrent les groupes et les commissions. Une sortante-réélue a tenté de décrocher la présidence des Affaires Sociales. Mais tout ce tohu-bohu se déroule sans Kader Arif, Christophe Borgel et Catherine Lemorton.

Quels sont les projets de ces ex député(e)s ?

Christophe Borgel : une reconversion dans le privé

Les séances de nuit et les réunions rue de Solférino, c’est terminé. Christophe Borgel a perdu son siège de député de la Haute-Garonne. Mais il a également démissionné de ses responsabilités au sein du PS national. Christophe Borgel a anticipé sa défaite aux législatives. Avant le premier tour, le futur ex-parlementaire a demandé à ses collaboratrices de chercher un emploi. Cette anticipation a probablement limité le choc du résultat. Cela explique le rebond quasi-immédiat de Christophe Borgel.

Moins d’une semaine après le 2nd tour, Christophe Borgel a lancé sa reconversion. Dans une autre vie, l’ancien n°3 du PS a été nommé inspecteur général de l’Education Nationale. Mais le corps a été dissous et, depuis 2011, Christophe Borgel n’appartient plus à l’administration. C’est vers le secteur privé que se tourne donc l’ancien député.

Spécialiste de la carte électorale, Christophe Borgel peut difficilement monnayer son expertise auprès d’une entreprise. En revanche, l’ex « Monsieur Election » du PS a un joli carnet d’adresse.

Un poste de directeur des relations publiques est jouable. Même chose s’agissant de la communication. Christophe Borgel est un habitué des médias. Il maîtrise cet univers en tant que « client », face à un micro ou une caméra. Mais il dispose également d’entrées dans les rédactions.

Christophe Borgel ne donne pas de détails sur ses recherches d’emploi. Mais une chose est certaine. Pour Christophe Borgel, c’est une nouvelle vie professionnelle mais aussi personnelle qui commence.

Loin de la politique. Même si le business et la politique ne sont jamais très éloignés.

Kader Arif : « il faut bosser »

Ancien ministre et, depuis le 18 juin, ex-député. Kader Arif a passé 7 ans au Parlement Européen, 2 ans au Palais Bourbon et 22 mois au gouvernement. Mais, désormais, il se retrouve sans mandat et sans emploi. Comme tous les député(e)s battu(e)s, il va percevoir, pendant 6 mois, 100% de son ancienne indemnité parlementaire. Une indemnité qui s’élève à 5 999,80 euros brut par mois. Malgré une confortable assurance chômage, Kader Arif va devoir trouver un emploi :

Il faut rebosser. Je repars à la recherche d’un emploi. Je ne pleure pas. Je ne me plains pas. Beaucoup de gens sont plus en galère que moi. Mais il me reste 5 ans avant de pouvoir faire valoir mes droits à la retraite

Kader Arif reste un militant socialiste. L’ancien ministre précise qu’il participera « à la reconstruction de la famille socialiste ». Mais sa priorité du moment est de trouver un emploi. En Haute-Garonne, une collectivité est particulièrement attentive à la situation professionnelle des « camarades de parti ». Selon nos informations, le conseil départemental du socialiste Georges Méric pourrait « récupérer » les anciens collaborateurs de Kader Arif. En revanche, comme le précise une source, « ce n’est pas vraiment ce que cherche et veux Kader Arif le concernant. En plus ce serait un peu gros ».

Kader Arif a eu une existence professionnelle avant son long parcours politique. Avant d’être repéré par Lionel Jospin, il a travaillé dans un cabinet d’architecte et a été voyagiste.

Catherine Lemorton : le choc

Pendant 5 ans, Catherine Lemorton a présidé la commission des Affaires Sociales de l’Assemblée. Ce poste stratégique lui a assuré une vraie visibilité. Fer de lance de la lutte anti-lobby, Catherine Lemorton a arpenté les plateaux de télévisions et trusté les colonnes des journaux. Localement, le nom de la députée toulousaine circulait pour une éventuelle reconquête du Capitole. Mais cette période d’exposition et cette phase d’ascension ont été brisées nettes.

Le choc a été brutal et, surtout, inattendu. Avant les législatives, Catherine Lemorton était confiante. Preuve de cet optimiste, l’ex-député a vendu les parts de sa pharmacie à son associé. une vente qui, selon Catherine Lemorton, a juste permis de souscrire à deux assurances vies. Pas de quoi vivre de placements. Catherine Lemorton ne se plaint pas et ne parle absolument pas de difficultés matérielles. Son mari travaille et elle bénéficie, comme tous les battus, d’une assurance chômage.

Catherine Lemorton tablait sur une réélection et voulait couper court à toute suspicion. Connue nationalement et localement comme la « députée-pharmacienne », Catherine Lemorton voulait mettre en ordre ses affaires avant un nouveau mandat.

La vague Macron des législatives a  fissuré cet édifice. Catherine Lemorton ne se plaint pas. Mais, pour elle, ce n’est pas encore le moment d’un rebond.

Laurent Dubois (@laurentdub)

Tarn : le cadeau de départ de Thierry Carcenac à l’une de ses fidèles

Avant son départ de la présidence du départ du Tarn, Thierry Carcenac tente de promouvoir une proche. Mais cela fait grincer des dents dans l’institution départementale. Explications.

Thierry Carcenac (Photo : Rémy Gabalda / AFP)

Thierry Carcenac (Photo : Rémy Gabalda / AFP)

Dans deux mois, Thierry Carcenac abandonnera pour de bon la tête du Conseil départemental du Tarn. En raison de la loi sur le non-cumul des mandats, l’élu socialiste devrait laisser son siège le 15 septembre 2017 comme président du département à l’albigeois Christophe Ramond, après 26 ans de bons et loyaux services.

Mais avant de s’envoler définitivement vers Paris pour se consacrer pleinement à son mandat de sénateur, Thierry Carcenac a décidé de laisser quelques cadeaux de départ à sa garde rapprochée, qui l’a accompagné tout au long de ces années.

Parmi ces proches, une certaine Cécile Jouffron. Fidèle parmi les fidèles, cette ingénieure de formation occupe le poste de directrice du développement économique du Conseil départemental.

Le futur ex-président a choisi de la récompenser en offrant une belle promotion à celle qui s’est notamment occupée du Schéma directeur territorial d’aménagement numérique du Tarn. Mais selon nos informations, une petite difficulté est apparue. Cécile Jouffron n’aurait pas le diplôme administratif et les années d’ancienneté nécessaires pour monter en grade.

Qu’à cela ne tienne ! Il y a toujours une solution aux problèmes. Thierry Carcenac a choisi de nommer Cécile Jouffron comme Directrice générale adjointe (DGA) du Conseil départemental. Un emploi fonctionnel dont la nomination est à la discrétion du président du département, sans autres conditions. Simple et efficace.

Cette désignation, dont les syndicats ne sont même pas au courant, fait grincer des dents dans les rangs même de la majorité départementale. La pilule est d’autant plus difficile à avaler que Thierry Carcenac est habitué à ces nominations pour « services rendus » ou à l’attention de ses proches (comme ce fût le cas pour Samuel Cèbe après que ce dernier a perdu son poste de 1er secrétaire de la fédération socialiste du Tarn ou lorsqu’il a engagé sa femme comme attachée parlementaire au Sénat).

Certains interlocuteurs aperçoivent derrière ce choix la « main invisible » du conseiller de l’ombre de Thierry Carcennac, Marc Gauché, en raison des liens personnels entre Cécile Jouffron et l’ancien attaché parlementaire de l’ex-députée socialiste, Linda Gourjade.

Sûrement conscient du mécontentement que peut soulever cette décision, le cabinet du président a décidé de garder l’information secrète. Le rapport actant la décision de Thierry Carcenac et devant être présenté, vendredi 30 juin en assemblée, n’était toujours pas diffusé au moment de la publication de cet article.

Contacté, le service communication du département a répondu n’avoir rien à déclarer à ce sujet

Sylvain Duchampt (@duchampt)

28 Juin

Monique Iborra a 2 voix de la présidence des Affaires Sociales

La députée (LREM) de la Haute-Garonne, Monique Iborra, était candidate à la présidence de la commission des affaires sociales. Ça s’est joué à 2 voix près.

Monique Iborra, députée (LREM) de la Haute-Garonne. Photo : MaxPPP/Isorel

Monique Iborra, députée (LREM) de la Haute-Garonne. Photo : MaxPPP/Isorel

Pendant le quinquennat de François Hollande, la Haute-Garonne « détenait » la présidence de la commission des affaires sociales. La députée toulousaine Catherine Lemorton  a occupé la fonction pendant 5 ans. Malgré le chamboule-tout d’Emmanuel Macron, le département d’Airbus et de Nougaro a manqué conservé ce bastion du Palais-Bourbon. Deux candidates de la ville Rose ont essayé de décrocher la présidence des Affaires Sociales.

Elisabeth Toutut-Picard a tenté sa chance. L’élue municipale toulousaine n’a pas passé le 1er tour de scrutin. En revanche, Monique Iborra a loupé le coche de deux petites voix. Dans l’Assemblée version Macron, les candidats aux postes clés sont priés de faire des lettres de motivations et de « vendre » leur candidature.

Cette méthode managériale a réussi à François de Rugy. Le député écologiste de la Loire-Atlantique est devenu, grâce à un vraie démarche marketing, le plus jeune président de l’Assemblée Nationale. Démarchage des députés. Mails personnalisés et programme sur Facebook. Tout cela à payé.

Monique Iborra n’est pas allée aussi loin. Mais elle s’est présentée devant ses pairs avec une feuille de route. La députée de la Haute-Garonne a plaidé pour une marche sur deux jambes. Monique Iborra estime que La République En Marche est bien identifiée et parfaitement identifiable sur le volet économique. Mais il faut ajouter à ce pilier les affaires sociales. Selon nos informations, Monique Iborra a également insisté sur le fait que la réforme du travail peut soulever des vagues. Dans ce contexte, la commission des affaires sociales peut servir de pare-feu.

Ces arguments ont permis à la candidate toulousaine de décrocher des voix. Mais c’est Brigitte Bourguigon qui finalement à décrocher le poste.

Candidate au « Perchoir », la députée du Pas-de-Calais n’a pas réussi à devenir la 1ère présidente de l’Assemblée.

Brigitte Bourguigon a vécu difficilement cet échec. Selon nos informations, le président du groupe LREM, Richard Ferrand, a du intervenir pour éviter que Brigitte Bourguigon jette complètement l’éponge.

Mais, finalement, c’est la parlementaire du Nord qui est la nouvelle présidente des Affaires Sociales.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

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