18 Avr

Présidentielle et sécurité des candidats : un cran au-dessus ?

Avant même l’interpellation à Marseille de deux hommes suspectés de préparer un attentat pendant la campagne, l’entourage des candidats avait senti que la sécurité autour de leurs chefs de file avait été renforcée. Alors qu’en est-il maintenant avec notamment deux meetings à Toulouse ce mardi soir ?

Jean-Luc Mélenchon, dimanche à la Prairie des Filtres à Toulouse. Photo Eric Cabanis AFP

Jean-Luc Mélenchon, dimanche à la Prairie des Filtres à Toulouse. Photo Eric Cabanis AFP

« Oui, on a bien senti que les mesures de sécurité se sont renforcées ces derniers jours » confie un représentant régional de Debout La France, également porte-parole national de la campagne de Nicolas Dupont Aignan. Là où les « petits » bénéficiaient souvent d’un seul agent de sécurité, ils sont désormais plusieurs. « De toute façon, la sécurité a été renforcée depuis le début de la campagne. Nous sommes en Etat d’urgence » rappelle Manuel Bompard, directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon.

« Non, non, pas plus que ça, d’autant que  nous ne voulions pas de grand barnum ». Pour les organisateurs de la venue de Benoît Hamon dans le Gers ce lundi de Pâques, pas question d’en faire plus que d’habitude. D’autant que la visite du candidat socialiste doit se faire sans chichis. Au programme : courses landaises à Aignan et visite du château de D’Artagnan, en plein cœur du Gers.

Vigilance mais effectif normal

Mais pour ce mardi soir, et avec ce nouveau coup de filet antiterroriste, le ton a peut-être changé dans le staff socialiste. Retour dans une métropole pour un meeting, le tout dans un imposant Zénith. Côté police c’est « dispositif habituel, vigilance mais effectif normal, ni plus, ni moins ». De source policière, 35 hommes de la direction départementale de la sécurité publique sont entre autre sur le pont.

La salle est régulièrement sécurisée tout au long de l’année pour des concerts, elle l’a été encore la semaine dernière pour la venue de François Fillon, avec notamment la présence discrète que quelques policiers en civil, bref beaucoup plus simple à gérer qu’une grande place extérieure.

Dimanche Dernier, plusieurs dizaines de milliers de personnes s’étaient réunies Prairie des Filtres pour venir écouter Jean-Luc Mélenchon. Là encore ambiance décontractée pour les Insoumis, avec pique-nique sur site dès midi. Mais la zone est plus que fréquentée en ce week-end de Pâques. Deux autres évènements d’ampleur s’y déroulent : la Foire au Parc des Expos et à 17h un match du Stade Toulousain au Stadium.

Des militants aussi mobilisés

« Nous ne sommes venus en appui que pour fluidifier certains points de circulation. Pour ce type d’évènement, c’est la Préfecture et la Police Nationale qui pilotent, pas nous » explique Olivier Arsac, adjoint au maire de Toulouse en charge de la sécurité.

Malgré tout un dispositif policier conséquent aux abords de la Garonne soit une quarantaine de policiers nationaux, une cinquantaine de CRS et près de 70 gendarmes. Un déploiement qualifié de « normal » nous dit-on.

Du côté de l’équipe de Jean-Luc Mélenchon, on est rôdé à l’exercice. Le candidat de « La France Insoumise » est un spécialiste des grands meetings en extérieur. Il y a 5 ans il était venu place du Capitole et en septembre dernier dans les jardins de  l’observatoire de Jolimont.  « Pour la Prairie des Filtres ce dimanche, nous avions deux-cents militants mobilisés pour la sécurité. Comme à chaque fois, nous établissons une relation très étroite avec les services de la Préfecture » explique Manuel Bompard, le toulousain directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon.

La sécurité, les équipes des candidats composent avec depuis longtemps. Mais une campagne restera toujours une arène avec un minimum d’ouverture sur le public, risque terroriste ou pas.

Patrick Noviello (@patnoviello)

Investiture retirée au profit d’EELV : la candidate PS Sandrine Floureusses va « continuer »

Le Bureau National du Parti Socialiste a confirmé l’accord avec les écologistes, qui porte sur 42 circonscriptions pour les élections législatives. Dans la 5ème circonscription de la Haute-Garonne, la candidate PS investie est donc détrônée au profit d’une candidate EELV. Mais elle continue sa campagne, coûte que coûte.

Sandrine Floureusses en campagne sur le marché de Saint-Alban

Sandrine Floureusses en campagne sur le marché de Saint-Alban

Sandrine Floureusses est en colère. La candidate PS sur la 5ème circonscription de la Haute-Garonne (et vice-présidente du Conseil départemental) s’est vue retirer son investiture aux élections législatives par le bureau national du Parti Socialiste, en raison d’un accord portant sur 42 circonscriptions avec EELV, suite au retrait de la candidature à la présidentielle de Yannick Jadot au profit de Benoît Hamon.

Comme nous le révélions sur ce blog en février dernier, la 5ème circonscription est la seule concernée par cet accord dans l’ex-région Midi-Pyrénées. Cette décision a été officiellement notifiée à la fédération PS de Haute-Garonne, selon son premier secrétaire fédéral Sébastien Vincini.

« Je n’ai pas été informée officiellement, remarque Sandrine Floureusses. J’ai la confiance et l’investiture des militants. Quand je vois la mobilisation autour de ma candidature, la dynamique n’est pas du côté des appareils politiques parisiens mais des militants et des sympathisants sur le terrain. Je continue donc ma campagne comme avant, jusqu’au 18 juin ».

Une candidature « dissidente » donc ? La candidate, qui se maintient, ne prononce pas le mot. « On verra bien ce que le parti décidera ».

Après l’ébauche de cet accord national en février, le PS de la Haute-Garonne avait prudemment dénoncer le manque de concertation entre Solférino et les instances locales.

Officiellement désormais, les socialistes de la 5ème circonscriptions doivent soutenir la candidature de l’écologiste Clémentine Renaud, dont nous vous donnions le nom ici-même dès fin février. 

Mais l’accord PS/EELV comporte une « clause de revoyure » (SIC) après l’élection présidentielle indique Sébastien Vincini, le patron du PS de Haute-Garonne. Donc, rien n’est encore gravé dans le marbre. Pendant ce temps, l’ex-candidate socialiste continue sa campagne. Sous la menace d’une éventuelle exclusion du PS. Mais tout le monde préfère rester prudent. Il est urgent d’attendre les résultats de la présidentielle.

FV (@fabvalery)

14 Avr

Expulsés du meeting (toulousain) de François Fillon pour cause de… « manque d’enthousiasme »

Des participants au meeting de François Fillon ont été reconduits vers la sortie. Motif invoqué par le service de sécurité du candidat : « pas assez d’applaudissements ».

François Fillon au meeting de Toulouse; Photo : M.Labonne/MaxPPP

François Fillon au meeting de Toulouse; Photo : M.Labonne/MaxPPP

C’est vraiment une drôle de campagne. Jeudi 13 avril, François Fillon a tenu un meeting au Zénith de Toulouse. Quelques minutes après le début, un groupe de trois personnes quitte le bâtiment et traverse le parking. Sur leur route, ils croisent une équipe de France 3 Occitanie et racontent une histoire étonnante. Ils viennent d’être expulsés du Zénith. Selon leur témoignage, la sécurité leur a demandé de quitter les lieux. Pour les 3 « indésirables », c’est l’organisation du Zénith (sur ordre de l’équipe de François Fillon) qui a demandé leur expulsion.

Avant d’être raccompagnés vers la sortie, les 3 compagnons d’infortune ont demandé une explication. Elle a fini par tomber : « pas d’assez d’applaudissements« .

Les 3 expulsés reconnaissent eux-mêmes qu’ils ne débordaient pas d’enthousiasme. Simples curieux, ils souhaitaient simplement se faire un avis.  Au moment de leur « interpellation », la sécurité a demandé si les 3 « trublions » sont encartés chez Les Républicains. Ce n’est pas le cas. Il s’agit de 3 curieux, professions libérales dans la vie et à la ville. Ils souhaitaient juste « voir et écouter ».

Visiblement, ce n’est pas suffisant.

Le père de l’un des « refoulés » était présent dans la salle du meeting. Il confirme les faits et il ne cache pas sa colère.

Comme son fils, il n’a pas souhaité témoigner à visage découvert, face caméra.

Mais, quelques minutes après l’incident, le père a bombardé son entourage de sms rageurs.

Du côté de l’équipe toulousaine de François Fillon, la première réaction est : « c’est du délire« . La seconde est : « aucun écho de cette affaire. Faut voir avec l’équipe nationale« .

Contacté par France 3 Occitanie, l’entourage de François Fillon reconnait avoir procéder à l’exfiltration de 3 participants. L’attitude des expulsés et une question de sécurité sont invoquées :

Les 3 personnes se trouvaient dans un endroit dangereux pour la sécurité du candidat. Ils avaient effectivement une attitude de neutralité qui pouvaient les rendre suspects.

Les futurs participants aux meetings de François Fillon sont prévenus. Pour leur tranquillité, il est préférable d’applaudir et évidemment des deux mains.

Laurent Dubois (@laurentdub)

13 Avr

François Hollande dans le Lot : retour vers le Futur

François Hollande doit se rendre, avant le 1er tour de la présidentielle, dans le Lot. A quelques jours de la fin du quinquennat, cette visite du président sortant n’est pas une simple tournée d’adieu. Ce retour en terre lotoise va se faire au milieu d’un paysage politique bouleversé par Emmanuel Macron.

François Hollande en visite dans le Lot, photo Max PPP

François Hollande en visite dans le Lot, photo Max PPP

Le détail n’est pas connu mais l’annonce circule. L’Elysée ne confirme pas la date exacte et le programme. Mais, dans le Lot, la venue de François Hollande est attendue. Le président de la République devrait se rendre, jeudi 20 avril, à Biars-sur-Cere dans les locaux de l’entreprise Andros. L’inauguration d’un groupe scolaire à Luzech est également mentionnée.

Ce déplacement réveille, dans le département, le souvenir d’une étape gastronomique. En décembre 2014, deux ans après son installation à l’Elysée , François Hollande a profité d’une venue dans le Lot pour déguster les saveurs locales. Autour de la table, parmi les convives, se trouvaient les figures du PS lotois : le sénateur Gérard Miquel, le député Jean Launay et le président du département Serge Rigal.

Il manquait à l’appel (de la fourchette) une seule personnalité : Martin Malvy.

Au moment de ces joyeuses agapes, François Hollande n’imaginait pas vivre son premier et dernier mandat présidentiel. Depuis le 26 août, le chef de l’Etat disposait d’un nouveau ministre de l’Economie : Emmanuel Macron.

Mais, l’hiver 2014, le Grand Argentier de Bercy est un simple ministre.

Trois ans plus, en avril 2017, la tablée lotoise est complètement chamboulée.

Gérard Miquel, Jean Launay, Serge Rigal ont changé d’auberge. Ils soutiennent un Emmanuel Macron propulsé (en moins d’un an) présidentiable.

Quelques jours avant la fin de son mandat, François Hollande pourra retrouver les charmes gastronomiques du Lot.

Mais, s’agissant du panorama, tout a changé et le président sortant appartient, déjà, au passé.

Dans un département traditionnellement de gauche et devenu Macronien, François Hollande aura un avant-goût du futur.

Surtout en cas de victoire, en mai prochain, de son ancien ministre de l’Economie.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

Soupçons d’emplois fictifs au FN : Louis Aliot ironise et contre attaque sur le terrain judiciaire

Le Nouvel Ob’s révèle l’existence d’une enquête visant l’assistant parlementaire de Louis Aliot. Entre juillet 2014 et février 2015, le député européen a échangé un seul sms avec son collaborateur de l’époque. Les policiers soupçonnent un emploi fictif. Louis Aliot porte plainte pour violation du secret de l’instruction et ironise.

Louis Aliot, député européen et numéro 2 du FN. Photo : MaxPPP

Louis Aliot, député européen et numéro 2 du FN. Photo : MaxPPP

C’est le dernier avatar de l’enquête concernant de présumés emplois fictifs au Front National. Le compagnon de Marine Le Pen et numéro 2 du FN, Louis Aliot est mis en cause. Le Nouvel Ob’s publie des faits nouveaux. Citant une source policière, l’hebdomadaire révèle que le député européen a échangé un seul sms avec son collaborateur parlementaire, Laurent Salles. Un collaborateur rémunéré 31 000 euros pour un emploi qui a duré de juillet 2014 à février 2015.

En dehors de ce sms (dont on ignore le contenu), les enquêteurs n’auraient pas trouvé trace de courrier ou d’email.

Toujours selon le Nouvel Ob’s, les enquêteurs estiment que ces faits sont « susceptibles de caractériser une activité fictive« .

Contacté par France 3 Occitanie, Louis Aliot relativise les sommes publiés dans la presse :

Les 31 000 euros, c’est sur sept mois et deux périodes d’essai et il s’agit de salaires chargés, avec les charges. En net cela doit faire dans les 2 200 net.

Sur le fond et l’existence d’un seul échange par Sms, Louis Aliot ironise :

Maintenant dans les échanges professionnels, la voix ne suffit plus. C’est connu, dans une même entreprise, on s’envoie des sms entre les bureaux. C’est assez rigolo. Les salariés français doivent être prévenus. Dans les entreprises, ne pas oublier d’envoyer des sms à des employeurs et en nombre suffisant ! Sinon c’est considéré par les médias comme un sous emploi. C’est une plaisanterie mais c’est pour faire remarquer que conditionner un emploi à des sms c’est extravagant. Honnêtement, avec ces titres tapageurs la presse se décrédibilise.

Dans l’entourage de Louis Aliot, ce ne sont pas seulement les médias qui sont ciblés. Un proche s’interroge sur le fait que le dossier des enquêteurs se retrouve dans la presse. La réponse de Louis Aliot prend la forme d’un dépôt de plainte pour violation du secret de l’information.

Laurent Dubois (@laurentdub)

12 Avr

Législatives Tarn : la députée (sortante et Frondeuse) Linda Gourjade investie par le PS national

Les instances nationales du PS ont officiellement investi la députée du Tarn, Linda Gourjade. Les militants ont voté pour une autre candidate, soutenue par l’ancien 1er fédéral du PS 81. Mais la rue de Solférino a préféré reconduire la sortante.

Linda Gourjade, députée du Tarn. Photo : Max PPP

Linda Gourjade, députée du Tarn. Photo : Max PPP

Lors d’un vote interne, les militants tarnais ont préféré une autre candidate à la « sortante » Linda Gourjade. Une « sortante » qui a, d’ailleurs, refusé de se soumettre à la procédure d’investiture en arguant de sa qualité de députée de la 3ème circonscription.

Avant même d’attendre la décision des instances de son parti, Linda Gourjade a annoncé sa candidature à sa propre succession. Avec ou sans étiquette socialiste, la députée sortante affichait son intention d’être candidate.

Tout au long du quinquennat de François Hollande, Linda Gourjade s’est positionnée en « Frondeuse ». La parlementaire tarnaise a notamment signé la fameuse motion de censure visant Manuel Valls. Au moment des investitures pour les législatives, la fronde a viré à la sécession face aux procédures internes du parti socialiste.

Finalement, les instances nationale du PS « régularisent » la situation et investissent Linda Gourjade. Le 6 avril dernier, le bureau national du parti socialiste a officiellement attribué le dossard PS à Linda Gourjade.

Dans l’entourage de la députée, ce n’est pas une surprise. Cette décision était prévisible et même prévue. Le conseiller parlementaire de la députée, Marc Gauché, précise :

C’est conforme aux statuts. Je ne dis pas que cela arrive souvent. Mais dans les cas litigieux, c’est la national qui décide.

En juin prochain, Linda Gourjade retrouvera donc son concurrent de 2012 : le maire (LR) de Lavaur, Bernard Carayon.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

Enquête sur l’emploi familial de la députée (PRG) du Lot, Dominique Orliac

La députée (PRG) du Lot, Dominique Orliac a employé son fils en tant qu’assistant parlementaire. Cet emploi a laissé une seule trace tangible : une déclaration (obligatoire) auprès de la Haute Autorité pour la Transparence de la vie publique (HATVP). Et c’est une trace troublante. Dominique Orliac a (volontairement) omis de préciser la profession de son fils : pharmacien.

Dominique Orliac, députée (PRG) du Lot. Photo MaxPPP

Dominique Orliac, députée (PRG) du Lot. Photo MaxPPP

La déclaration a été signée le 31 janvier 2014 par Dominique Orliac. Comme tous les parlementaires, la députée du Lot a dû remplir une déclaration d’intérêt et d’activités. Dans la rubrique « les noms des collaborateurs et les activités déclarées par eux », Dominique Orliac mentionne son fils et indique « néant » s’agissant d’un éventuelle activité. Cet « oubli » occulte un fait : le fils de la députée est étudiant en pharmacie de 2005 et 2013 avant de devenir pharmacien.

Un oubli volontaire : le statut de pharmacien du « fils-assistant parlementaire »

Contactée à plusieurs reprises par France 3 Occitanie, Dominique Orliac refuse de s’exprimer sur l’emploi de son fils. Même mur du silence du côté de l’ex assistant parlementaire. Mère et fils ne souhaitent pas donner de précision sur la nature du contrat du travail (temps partiel ou complet), le montant de la rémunération et la durée de l’emploi.

En revanche, un point est indiscutable. La déclaration (remplie de la main de la parlementaire lotoise) comporte une omission. Et cette omission est volontaire. Dominique Orliac ne peut pas ignorer les études de pharmacie et le parcours professionnel de son propre fils.

France 3 Occitanie s’est procuré un CV du fils de la députée. Pierre Orliac débute ses études de pharmacie en 2005. En décembre 2013, il soutient une thèse : « la pharmacie à l’ère de la dématérialisation ». A partir de 2012, le jeune pharmacien débute des remplacements dans différentes officines toulousaines et une pharmacie de Cahors. Il s’agit de remplacements de pharmaciens titulaires. A ce titre, il perçoit une rémunération.

Dans son entourage professionnel et universitaire, Pierre Orliac a fait preuve d’une totale discrétion. Sur les bancs de la faculté ou derrière le comptoir des officines, le jeune pharmacien n’a jamais évoqué une quelconque activité d’assistant parlementaire. Ce que, d’ailleurs, son CV ne mentionne pas non plus. Pierre Orliac n’a même pas évoqué le statut de députée de sa mère. En dehors de quelques propos sur son père ou sur sa sœur (médecin) et de sa passion pour la pêche, le jeune pharmacien ne s’est jamais livré à la moindre confidence auprès de ses employeurs ou de ses enseignants.

Cette discrétion ne remet pas en cause une évidence. Au moment de remplir sa déclaration d’intérêt Dominique Orliac aurait dû mentionner le statut de son fils. Pourquoi une telle omission ?

Contactée par France 3 Occitanie, la Haute Autorité n’a pas répondu à une question : les conséquences (juridiques) d’un tel oubli. En tout cas, avant de signer une déclaration (qualifiable au mieux d’incomplète et au pire de mensongère), Dominique Orliac pouvait lire (juste l’espace réservé à la signature) une mise en garde : « le fait de ne pas communiquer les informations et les pièces utiles est puni d’une peine d’un an de prison et de 15 000 euros d’amende ».

Dominique Orliac est peut-être informée sur le manque (cruel) de moyens de la Haute Autorité et le caractère (trop souvent) virtuel de son contrôle. Mais le fait d’occulter des faits faciles à vérifier n’est pas vraiment prudent. C’est même franchement imprudent lorsque, dans le même temps et sur le même document, Dominique Orliac n’oublie pas de mentionner l’activité d’un autre de ses assistants parlementaires.

En pleine affaire Fillon, la députée du Lot applique toutefois un principe de précaution. Le grand déballage autour des emplois familiaux alimente la suspicion et les soupçons autour d’éventuels emplois fictifs. Dans ce contexte tendu, Dominique Orliac a pris le soin de s’exprimer pour justifier le travail de son fils. La parlementaire évoque la rédaction de rapports parlementaires.

La rédaction d’un rapport : une justification contestable

A Cahors, le travail d’assistant parlementaire de Pierre Orliac n’a pas marqué les esprits. Aucun appel à une rédaction, pas de communiqué de presse ou simplement de présence à la permanence de la députée. Plusieurs témoignages concordent. Pierre Orliac aime pêcher le brochet dans le Lot. Il a découvert sa passion pour son métier de pharmacien dans une officine de Cahors. Mais, dans le milieu politico-mediatique lotois, l’assistant de la députée Orliac est un illustre inconnu.

Dominique Orliac a (en quelque sorte) anticipé ce constat.

Interrogée par la presse régionale le 15 février 2017, la députée du Lot déclare :

J’ai eu l’occasion de faire travailler, entre autres, mon fils et ma fille, pharmacien et médecin, ils m’ont aidé pour la santé; mon suppléant Bernard Choulet est intervenu sur l’agriculture et la viticulture. Dans tous les cas, ces collaborations font l’objet de rapports qui ne permettent pas de douter du travail qu’ils ont fourni

Effectivement, la rédaction d’un rapport ne suppose pas de présence physique à Cahors ou dans le Lot. Elle n’impose pas de contact avec la presse locale ou les élus du département. Pierre Orliac a pu parfaitement rédiger (après une journée de travail dans une pharmacie toulousaine) un rapport parlementaire pour sa mère. Seul problème. Cette pratique n’est pas conforme aux usages de l’Assemblée Nationale.

La rédaction d’un rapport parlementaire : « ça ne fonctionne pas comme ça ».

Le contrat de travail liant un(e) député(e) est un contrat de droit privé. Le parlementaire définit librement son contenu. Il peut parfaitement confier la rédaction d’un rapport à son collaborateur ou lui demander (simplement) d’ouvrir le courrier. Mais, dans les faits, le recrutement d’un assistant pour rédiger un rapport est hors norme.

Un parlementaire, auteur de plusieurs rapports, est formel :

La rédaction d’un rapport n’impose absolument pas de recruter quelqu’un. Dès qu’un député est désigné, l’administrateur (ndlr haut fonctionnaire de l’Assemblée) se rapproche de lui. Il l’aide. Y compris pour prendre des rendez-vous et organiser des tables rondes. Les équipes de l’Assemblée font les recherches documentaires. L’Assemblée dispose assez de ressources intellectuelles et humaines sans avoir besoin d’embaucher un assistant

Un député est beaucoup plus cash :

Je ne connais pas d’exemple, on embauche pas quelqu’un pour écrire un rapport. Ou alors il faudrait un sujet super important et recruter quelqu’un d’hyper pointu. Encore une fois, je n’ai pas d’exemple. Si ça se produit ça sent le pipeau, c’est histoire de filer de l’argent de poche à un copain ou au fiston.

Contacté par France 3 Occitanie, les services de l’Assemblée confirment la procédure normale (ou du moins habituelle) des rapports : les techniciens hautement qualifiés de l’Assemblée que sont les administrateurs suivent et appuient les député(e)s. Inutile, pour le député rapporteur, de renforcer son équipe d’assistants « personnels ».

Une seule hypothèse est donc a priori défendable. Un besoin exceptionnel, un assistant ultra-compétent et un rapport hautement spécialisé. Un rapport sur lequel les administrateurs de l’Assemblée, les services du Palais-Bourbon où les assistants des groupes parlementaires ne seraient pas suffisamment compétents.

Pierre Orliac, un « super assistant » sur les questions santé : pas vraiment de rapport !

Pierre Orliac est pharmacien de formation et de profession. Ce profil de professionnel de la santé peut être utile dans le domaine de la…santé. Problème. La députée Orliac est médecin et s’intéresse aux questions de santé. Mais, dans le cadre de son activité de rapporteur, la parlementaire lotoise n’a pas produit beaucoup de rapports sur les questions médicales. Un seul et il ne mobilise pas vraiment des connaissances d’un pharmacien d’officine.

Entre mars 2013 et octobre 2016, la députée du Lot a rendu 3 rapports pour avis sur des lois de finances. S’agissant des rapports d’information, la députée a rédigé 2 textes. Parmi ces 2 rapports un seul est directement lié au domaine médical. Le premier concerne « la période légale d’interdiction de rupture du contrat de travail à l’initiative de l’employeur pour les femmes à l’issue de leurs congés liés à la grossesse et à la maternité ».

Le second porte sur la recherche sur l’embryon. Ce rapport a été rendu en mars 2013. A l’époque Pierre Orliac vient juste de soutenir sa thèse, en décembre de la même année. Le jeune pharmacien n’est pas un spécialiste des cellules souches ou de la bioéthique. Son apport essentiel au rapport (justifiant un recrutement pour renforcer l’équipe parlementaire de sa mère) est loin d’être évident.

Dominique Orliac refuse catégoriquement de s’exprimer sur l’emploi de son fils. Un emploi qui, selon la députée du Lot, aurait cessé en mars 2014. Mais les quelques bribes qui sont distillées dans la presse régionale sont loin d’éteindre les questions.

Au contraire.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

07 Avr

Législatives : le maire de Gaillac (Tarn) Patrice Gausserand renonce à cause de… François Fillon

La valse des étiquettes et des investitures continue dans le Tarn. Après Philippe Folliot sur la 1ère circonscription, c’est au tour du maire de Gaillac de renoncer à un dossard LR-UDI pour les législatives.

François Fillon en meeting. Photo MaxPPP

François Fillon en meeting. Photo MaxPPP

Dans le Tarn, les législatives de 2017 ne ressemblent à aucune autre. A gauche, les cartes sont rebattues suite au départ d’une figure du PS départemental (Jacques Valax) et à l’arrivée d’une nouvelle génération (Patrice Bédier, Claire Fita). A droite, ce n’est pas la sortie des sortants qui modifie le paysage. C’est l’entrée en scène d’Emmanuel Macron qui secoue le navire. Philippe Folliot a perdu son investiture LR-UDI aux législatives suite à son ralliement au candidat d’En Marche ! Ce coup d’éclat a obligé LR a changé de candidat(e) sur la 1ère circonscription.

Le même scénario se reproduit sur la 2ème circonscription. En vertu des accords LR-UDI, le maire centriste de Gaillac, Patrice Gausserand, a obtenu l’investiture pour les législatives. Mais, finalement, suite à son désistement, c’est un autre candidat, Pascal Grandin, qui portera les couleurs de la droite et du centre.

Les raisons de ce changement de casting n’est pas lié (comme sur la 1ère) à un ralliement à Emmanuel Macron. Selon nos informations, Patrice Gausserand n’a pas contacté le responsable départemental d’En Marche ! De plus, lors d’une réunion de l’UDI à Castres, fin mars, le maire centriste de Gaillac a exprimé ses réserves sur Emmanuel Macron. Le sénateur du Tarn, Philippe Bonnecarrère a plaidé, aux côtés de Philippe Folliot, pour un ralliement de l’UDI 81 à la candidature Macron. Mais, selon une source, Patrice Gausserand était hostile à cette option.

En réalité, c’est François Fillon qui pousse Patrice Gausserand à claquer la porte.

Contacté par France 3 Occitanie, le maire de Gaillac n’a pas souhaité s’exprimer. Mais, selon nos informations, Patrice Gausserand a informé les instances LR qu’il ne voulait pas soutenir François Fillon. Le maire de Gaillac redoute un échec aux législatives en cas de défaite (à la présidentielle) du candidat de la droite. La conséquence inévitable est le retrait de l’investiture LR-UDI pour les législatives. Pas de soutien. Pas d’investiture.

Pendant plusieurs semaines, Patrice Gausserand a été injoignable. Il ne répondait plus aux sollicitations des Les Républicains. Il a brisé le silence uniquement pour informer de sa décision le président départemental de LR, Bernard Carayon.

Laurent Dubois (@laurentdub)

Législatives : 2 premières candidates investies par Macron en Haute-Garonne

Emmanuel Macron annonce les 14 premier(e)s candidat(e)s investie(s) pour les législatives. Dans la liste, deux femmes en Haute-Garonne. Une journaliste et une élue de la mairie de la Toulouse.

Emmanuel Macron (Photo : AFP)

Emmanuel Macron (Photo : AFP)

C’est la première vague nationale. Un deuxième doit intervenir avant le 1er tour de la présidentielle. Entre les deux tours, une troisième série d’investitures est prévue. Les dernières désignations se dérouleront après le second tour, début mai. Ces échéances sont scrutées de près. Emmanuel Macron promet de « nouveaux visages et de nouveaux usages ». Les candidats aux législatives sont censés incarner un renouvellement. Les commentateurs et les adversaires d’Emmanuel Macron attendent de voir si les actes seront à la hauteur des promesses.

En Haute-Garonne, Emmanuel Macron mise sur deux femmes ayant une expérience locale. Sandrine Mörch est journaliste de profession. Mais elle a eu un mandat municipal (entre 2008 et 2014) dans une petite commune, Roquettes.

Elisabeth Toutut-Picard a été élue sur la liste du maire (LR) de Toulouse, Jean-Luc Moudenc. Les deux candidates ont un autre point commun. Elles ne sont pas « encartées » dans un parti.

Elisabeth Toutut-Picard appartient à la majorité municipale toulousaine. D’ailleurs, on imagine mal que Jean-Luc Moudenc n’ait pas été informé (au minimum) d’un dépôt de candidature et (éventuellement) de l’investiture de son élue. Malgré cet ancrage politique à droite Elisabeth Toutut-Picard n’est pas membre de Les Républicains. Même chose du côté de Sandrine Mörch. Membre d’un conseil municipal, la journaliste n’a jamais été membre du PS.

Contacté par France 3 Occitanie, les instances fédérales du PS 31 ne connaissent pas Sandrine Mörch et n’ont jamais entendu parler de la nouvelle candidate d’Emmanuel Macron.

En revanche, le PS de la Haute-Garonne a bien identifié Elisabeth Toutut-Picard. Son investiture sur la 7ème Haute-Garonne (une circonscription un temps visée par le 1er fédéral socialiste) n’inquiète pas. Un cadre du parti déclare : « une élue de Moudenc sur une circonscription rurale, bonjour le renouvellement ».

Du côté de Sandrine Mörch, le terrain d’élection est également compliqué. La « 9ème » est la circonscription de deux poids lourds de la gauche irréconciliable : le numéro 3 du PS et député sortant, Christophe Borgel et le directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon, Manuel Bompard.

Laurent Dubois (@laurentdub)

06 Avr

Appel à l’unité autour de Benoît Hamon : des socialistes d’Occitanie parmi les signataires

Le 1er secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, se mobilise derrière Benoît Hamon et lance un appel à l’unité et à la loyauté. Parmi les 100 premiers signataires figurent plusieurs socialistes d’Occitanie.

Benoît Hamon et Jean-Christophe Cambadélis; Photo AFP/Bureau

Benoît Hamon et Jean-Christophe Cambadélis; Photo AFP/Bureau

L’initiative est inédite. Ce n’est pas la première fois que le PS lance un appel à l’unité. Benoît Hamon a jeté (sans succés) plusieurs filets du côté de Jean-Luc Mélenchon. Mais, trois semaines avant le 1er tour, un appel à l’unité derrière le candidat (officiel) du PS, c’est du jamais vu. A situation exceptionnelle, mesure extra-ordinaire. Plusieurs personnalités socialistes de premier rang ont basculé chez Emmanuel Macron. Après le ralliement de Jean-Yves Le Drian et Manuel Valls, Stéphane Le Foll laisse planer, ce jeudi 6 avril. la possibilité de ne pas voter Hamon.

Le risque d’une élimination du socialiste (dès le 1er tour) est réel. Mais, surtout, une possible victoire d’Emmanuel Macron peut conduire à une explosion du parti de Jaurès.

C’est dans ce contexte, face à une fragilisation du PS et de son candidat à la présidentielle, que Jean-Christophe Cambadélis demande à ses camarades de serrer les rangs :

Par la primaire citoyenne, ce sont plus de deux millions de nos concitoyens qui se sont prononcés pour désigner le candidat de la gauche et des écologistes, Benoît Hamon. Cette légitimité qui dépasse le Parti socialiste, nul ne peut la nier ni la renier. C’est une légitimité démocratique qui impose la loyauté. Et qui nous engage tous.

100 premiers signataires soutiennent cet appel. Parmi eux, on compte le député de la Haute-Garonne, Christophe Borgel, le 1er fédéral de l’Hérault, Hussein Bourgi, le député européen, Eric Andrieu. La présidente de région, Carole Delga, a également signé le texte de Jean-Christophe Cambadélis. La participation de la présidente d’Occitanie n’a rien de surprenant. Carole Delga était présente aux côtés de Benoît Hamon lors de son meeting à Montpellier, le 30 mars dernier. Elle a affirmé et affiché, à la tribune, son soutien envers le candidat du PS.

Laurent Dubois (@laurentdub)

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