09 Oct

Laurence Arribagé, présidente des Républicains 31 : « Il faut redonner envie ! »

Dans une tribune parue ce lundi 9 octobre dans le quotidien « Le Monde », sept personnalités appellent la droite «  à agir en équipe », y compris une fois leur futur leader élu. Parmi elles : Laurence Arribagé, présidente de la Fédération Les Républicains de Haute-Garonne et ex-députée. Elle décrypte pour nous le message qu’ont voulu envoyé ces « nouveaux visages de la droite » aux militants, à leur futur chef mais aussi à Emmanuel Macron.

Laurence Arribagé, Présidente de la fédération Les Républicains de Haute-Garonne. Photo AFP Pascal Pavani.

Laurence Arribagé, présidente de la fédération Les Républicains de Haute-Garonne. Photo AFP Pascal Pavani.

Le Blog politique : Dans votre tribune vous écrivez : « le futur dirigeant des Républicains devra incarner une opposition intelligente ». Ça veut dire quoi ? Rejoindre « les constructifs » ?

Laurence Arribagé : « Les constructifs », je n’y crois pas. Je ne sais pas ce qu’ils veulent et ce que ça veut dire. On peut très bien rester chez Les Républicains et être constructifs. Les réformes actuelles, notamment celle sur le code du travail, si j’étais encore à l’Assemblée Nationale, je les voterai. Il y pas mal de choses qu’on préconisait.

Le Blog politique : « Gouverner seul au XXIème siècle est un contre-sens » dites-vous également dans cette tribune. Ce message s’adresse à votre futur leader ou à Emmanuel Macron ?

Laurence Arribagé : Non, ça ne s’adresse pas à notre futur leader. Nos candidats ne sont pas dans cette posture. Cette tribune n’est pas une pression à leur encontre. Aujourd’hui parler de Sarkozystes, Fillonistes ou autres est dépassé. On est plus fort ensemble, c’est tout. Pour en revenir à Emmanuel Macron, je n’ai jamais cru à l’homme providentiel mais on ne peut pas faire comme si rien ne s’était passé.

Je n’ai jamais cru à l’homme providentiel »

Le Blog politique : Soutenez-vous un candidat en particulier pour cette élection à la Présidence de L.R ?

Laurence Arribagé : Non. Je n’en ai que trop soutenus… Mais c’est ce que nous disons dans la tribune, certains soutiendront Wauquiez, certains les autres candidats, et certains comme moi, personne. Mais comme on se respecte, ça se passe bien. Moi j’ai reçu Florence Portelli, je vais recevoir Daniel Flasquelle, et je suis prête à recevoir les autres personnalités en lice.

Le Blog politique : Toujours dans cette tribune vous déclarez : « le nouveau président élu des Républicains devra permettre l’émergence de profils différents qui construiront progressivement à plusieurs et en équipe, une vision commune aux Républicains. » Ça veut dire quoi ? Que les militants ne vont pas voter pour une ligne mais simplement pour une femme ou un homme ?

Laurence Arribagé : J’aurais préféré qu’on fasse l’inverse : qu’on définisse une ligne d’abord et qu’on élise un Président ou une Présidente après. Mais ce parti a besoin d’un chef. Nos militants sont déboussolés. Il faudra, à l’issue de cette élection, que tout le monde se sente bien. Il faut qu’on soit tous représentés dans nos diversités et je ne doute pas que Laurent Wauquiez mais aussi tous les autres candidats soient dans cette disposition.

On est loin d’être morts ! »

Le Blog politique : Mais les affrontements sont rudes durant cette campagne. Cela ne risque-t-il pas de laisser des traces, une fois l’élection passée ?

Laurence Arribagé : Ce sera la responsabilité de celui ou celle qui va prendre la tête du parti. Moi je fais partie de la famille de la droite et du centre. On est beaucoup dans cette démarche. Je suis d’accord avec Valérie Pécresse quand elle dit qu’il faut « redonner envie de droite ». Et ça passe par le plus haut niveau de direction de notre formation.

Le Blog politique : Comment ça se passe en ce moment sur le terrain avec les militants ?

Laurence Arribagé : Ce mercredi soir, je vais faire ma 10ème et dernière réunion de circonscription sur la Haute-Garonne. Jusqu’à présent, entre 50 et 100 personnes sont venus à chaque fois. On a parlé du passé, on a fait une sorte de « thérapie collective ». Mais on a aussi parlé de la suite. Le débat est là. Par exemple, certains ne veulent plus jamais entendre parler de Primaires, d’autres au contraire en souhaitent à nouveau. En reparlant de fond, il faut redonner envie. Et puis les Municipales c’est demain. Rien que sur la Haute-Garonne, nous avons accueillis 300 nouveaux militants. On est loin d’être morts.

Propos recueillis par Patrick Noviello (@patnoviello)

PS : Découvrez comment la jeune génération Les Républicains souhaite se faire entendre dans cette deuxième tribune à laquelle Laurence Arribagé a aussi contribué.

Jean-Luc Moudenc marche sur les plates-bandes du département de la Haute-Garonne

Toulouse Métropole a signé, en juillet dernier, un partenariat avec des communes gersoises. Jean-Luc Moudenc souhaite étendre le dispositif.

Jean-Luc Moudenc (Photo : MaxPPP)

Jean-Luc Moudenc (Photo : MaxPPP)

Samedi 7 octobre, l’association des maires de la Haute-Garonne a tenu son Assemblée Générale. La fiscalité et les annonces budgétaires du gouvernement se sont invitées à la tribune. Mais un autre sujet, moins brûlant mais hautement stratégique, a alimenté les discussions. Le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, a évoqué une expérience pilote menée dans le Gers. Toulouse Métropole a signé le 10 juillet dernier un partenariat avec une structure intercommunale gersoise, le Pôle d’Équilibre Territorial et Rural (PETR) Pays Portes de Gascogne.

Cette structure regroupe notamment les communes de Gimont, L’Isle Jourdain, Samatan, Lectoure, Saint Clar.

La convention entre Toulouse Métropole et Portes de Gascogne est unique en France. Elle permet une collaboration sur l’agriculture raisonnée, la mobilité, la transition énergétique, l’action culturelle ou l’économie.

Jean-Luc Moudenc a ouvert les bras à d’autres partenariats. Les communes de la Haute-Garonne sont les bienvenues pour une initiative à la Gersoise. Cet appel remet en cause les « potentats » départementaux. En ouvrant les portes aux maires de la Haute-Garonne, Jean-Luc Moudenc « concurrence » le conseil départemental de la Haute-Garonne. Mais la quasi totalité des autres départements sont potentiellement concernés.

L’aire urbaine toulousaine s’étend dans le Tarn-et-Garonne, le Tarn, le Gers et l’Ariège. Des travailleurs toulousains vivent à Montauban, Saint Sulpice, Rabastens, Pamiers ou Saverdun. Des coopérations peuvent se justifier. Mais il existe une différence de taille entre la Haute-Garonne et ses voisins : Emmanuel Macron envisage de supprimer les départements qui cohabitent avec une métropole. Dans toute l’Occitanie, il en existe deux : l’Héraut et la Haute-Garonne.

Selon une source proche du gouvernement, il n’existe pas de calendrier. Mais le chantier reste d’actualité.

Dans ce contexte, le discours de Jean-Luc Moudenc prend une résonance particulière. Celle d’un démembrement anticipé.

Laurent Dubois (@laurentdub)

Grogne des Elus Locaux : « on ne baisse pas les dotations » pour le député En Marche Jean-René Cazeneuve

Face à la grogne des élus locaux, le député gersois (La République En Marche) réagit et dénonce une « vraie posture politique ».

Jean-René Cazeneuve, député (LREM) du Gers et le premier ministre, Edouard Philippe. Photo : MaxPPP

Jean-René Cazeneuve, député (LREM) du Gers et le premier ministre, Edouard Philippe. Photo : MaxPPP

Samedi 7 octobre, les maires de la Haute-Garonne se sont réunis en présence du préfet de Région. Le représentant de l’Etat a essayé de répondre à la colère des élus locaux. Mais le mécontentement est toujours aussi vif. Parmi les participants, le maire et conseiller régional, Thierry Suaud, a une nouvelle fois dénoncé une mise au pain sec de la Région Occitanie. Cette nouvelle manifestation de mauvaise humeur est le énième épisode du feuilleton sur la suppression de la taxe d’habitation et le gel des dotations locales.

Face à ce mouvement de fond et profond, le député gersois, Jean-René Cazeneuve se lance dans une campagne d’explication. Une explication de texte (la future loi de Finances) mais surtout de chiffres, en avançant une série d’arguments chiffrés.

Le membre de la commission des Finances « comprend le mécontentement« . Même s’il regrette une « vraie posture politique« . Le député de la majorité rappelle que « c’est la gauche qui a fait baisser les dotations et dans le programme de François Fillon, sans parler de la suppression des postes de fonctionnaires, la baisse était encore plus drastique. Nous on ne baisse pas ».

Jean-René Cazeneuve estime que le procès fait par les régions est un « procès d’intention » :

Le gouvernement s’est engagé à verser, à titre exceptionnel, 450 millions. Les régions savaient parfaitement que ce versement allait s’interrompre. Et, en plus, sur les 450 millions on maintient 250 millions d’euros

Pour le représentant d’Emmanuel Macron, les finances régionales ne sont pas ponctionnées de manière brutales. Elles sont même renforcées :

On remplace une dotation générale de fonctionnement qui baisse depuis des années par le transfert d’une portion de la TVA. C’est une nouvelle ressource fiscale dynamique et qui va rapporter au moins 100 millions la première année aux régions.

Jean-René Cazeneuve déplore une « mauvaise foi » et une malhonnêteté intellectuelle :

Certaines lignes budgétaires montent et d’autres baissent. On peut toujours prendre un chiffre qui baisse. Pour 1 chiffre qui baisse, je peux en prendre 10 qui montent. Je le dis et je le répète. Les transferts ne baissent pas. Pour la première fois depuis longtemps on ne vas pas baisser. Au niveau des régions, ça va augmenter.

Lors de la 17eme conférence des villes, le premier ministre a également tenté de calmer les esprits. Edouard Philippe a notamment expliqué que les 13 milliards d’économies demandées aux collectivités ( sur la durée du quinquennat) ne sont pas des baisses de crédits. Il s’agit de maîtriser la hausse des dépenses. Ce discours n’a pas réussi à éteindre l’incendie.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

 

 

Financement de la LGV : l’improbable écotaxe de Carole Delga

Pour financer la LGV, la présidente (PS) d’Occitanie, Carole Delga, reprend une promesse de campagne : la création d’une écotaxe sur le transport routier international.

Carole Delga, présidente de la Région Occitanie Photo MaxPPP

Carole Delga, présidente de la Région Occitanie Photo MaxPPP

Le voile se lève progressivement. La présidente de Région et le maire de Toulouse affirment pouvoir réunir entre 60 et 75% du financement pour la LGV. Mais le détail de l’équation financière restait vague. Les propositions mises sur la table de la ministre des Transports sont restées confidentielles. Depuis la fin de la semaine dernière, les choses se précisent. Dans un mail adressé à France 3 Occitanie, le Conseil Régional annonce que la taxe foncière, prévue dans le modèle du Grand Paris, est écartée.

La piste d’une taxe sur les bureaux et locaux commerciaux est sortie, dans la presse, peu de temps après la rencontre entre les élus d’Occitanie et la ministre des Transports. En revanche, l’hypothèse d’une écotaxe n’était pas publique. C’est désormais le cas. Jean-Luc Moudenc annonce l’existence de cette proposition, formulée auprès des services de l’Etat. Le Conseil Régional confirme.

L’Hôtel de Région précise : une taxe sur le transport routier en transit européen. Entre 20 et 30 000 camions prennent, tous les jours, la direction de l’Espagne. Ce sont eux qui sont visés.

L’écotaxe a laissé une trace dans les mémoires. Mesure phare du Grenelle 2007, l’instauration de cette nouvelle taxe a été suspendue puis définitivement abandonnée en 2013. Cet échec a coûté 10 milliards d’euros. Malgré ce passé tumultueux, l’écotaxe est revenue dans le débat public en 2015. Pendant la campagne des Régionales, en 2015, la future présidente de Région a défendu une taxe sur les camions :

Il ne s’agit pas de pénaliser nos PME, mais les camions qui traversent notre Région, pour aller de l’Allemagne à l’Espagne abîment nos routes et sont sources de pollution.

En octobre 2015, l’écotaxe de Carole Delga est déjà associée au financement de la LGV. Deux ans plus tard, face à la nouvelle ministre des Transports, la présidente de Région s’est donc contentée de réactiver une proposition déjà dans les tuyaux. Les doutes juridiques qui entouraient la promesse de campagne de Carole Delga n’ont pas disparu avec l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron.

Une taxation des poids lourds en transit européen concerne les transporteurs polonais, allemands ou espagnols. Cette fiscalité est, par nature, discriminatoire. Elle se heurte à un principe fondamental de l’Union Européenne : la libre circulation des biens et des personnes. Seule une taxe visant l’ensemble des poids lourds – français et étrangers – est juridiquement envisageable.

Politiquement, la porte est ouverte. Selon une source proche du gouvernement, le ministre des Comptes Publics, Gérald Darmanin, dit « pourquoi pas » à une écotaxe. Mais cela reste très vague. De son côté, la ministre des Transports n’est pas hostile au fait de faire payer les camions. Une telle mesure pourrait être inscrite dans la future loi Mobilité, prévue au 1er semestre 2018. Mais Elisabeth Borne estime que « ce ne serait pas une bonne idée » de relancer un projet d’écotaxe.

S’agissant du chiffrage de l’écotaxe-LGV et de sa part dans le financement du projet, le conseil régional précise qu’il n’existe pas encore. Un groupe de travail doit affiner l’épure.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

 

06 Oct

Les écologistes toulousains réclament le dossier financier de la LGV à Jean-Luc Moudenc

Les écologistes toulousains veulent avoir accès au plan de financement de la LGV. Un plan de financement présenté par la mairie de Toulouse et le conseil régional d’Occitanie auprès du ministère des Transports. Jean-Luc Moudenc refuse de communiquer le document réalisé par un cabinet d’experts internationaux.

Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse. Photo : MaxPPP

Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse. Photo : MaxPPP

Mardi 5 septembre, le maire de Toulouse et la présidente d’Occitanie ont rencontré la ministre des Transports, Elisabeth BorneJean-Luc Moudenc et Carole Delga ont mis sur la table un plan de financement innovant. Un plan qui, selon le maire de Toulouse, permet d’assurer « 77% du financement de l’annuité de l’emprunt ». Quelques détails se sont retrouvés dans la presse. Il s’agit de transposer le système du « Grand Paris ». Des ressources fiscales nouvelles sont également évoquées : taxes sur les bureaux et sur les produits énergétiques. Dans le modèle « francilien », il existe une taxe foncière sur la cession de terrains par les particuliers et les entreprises. Selon les services de l’Hôtel de Région, Carole Delga exclut de recourir à cette recette fiscale. Une source confirme. La taxe foncière ne fait pas partie des propositions soumises au ministère des transports. Cette même source précise, en revanche, que le principe d’une « éco-taxe » (prélevée sur le transport routier) a été défendu par le maire de Toulouse et la présidente de Région auprès de la ministre des Transports.

Contacté par France 3 Midi-Pyrénées, le conseil régional précise qu’il s’agit de ‘ »la création d’une taxe poids lourds en transit européen« .

Les « écologistes » ne veulent pas se satisfaire de ces quelques d’informations. Dans un courrier en date du 15 septembre, la présidente du groupe écologiste à Toulouse Métropole, Michèle Bleuse demande communication de l’expertise à l’origine du plan « innovant » défendu par la mairie de Toulouse :

Je vous demande de bien vouloir communiquer à l’ensemble des élus métropolitains et municipaux l’étude que vous avez présentée (ndlr à la ministre des transports), afin qu’il puisse juger de la pertinence et des implications du schéma proposé et d’organiser à brève échéance à l’occasion d’un Conseil de la Métropole.

Huit jours après le courrier de l’écologiste, le 22 septembre, Jean-Luc Moudenc oppose une fin de non recevoir :

Aucune décision n’engageant notre collectivité n’a été formulée et ll ne s’agit donc que d’une étude réalisée par le Cabinet International Ernst & Young, commanditée et financée par les régions Nouvelles Aquitaine et Occitanie et qui contribue à la réflexion du gouvernement.

La réflexion gouvernementale ne va, d’ailleurs, pas se limiter à une expertise internationale. Des Assises Nationales de la Mobilité sont lancées depuis septembre dernier. Elle vont se dérouler jusqu’en décembre prochain. Une loi d’orientation sera présentée au cours du 1er semestre 2018. Mais, selon une source proche du gouvernement, la LGV n’est pas au programme. La préfecture de Région Occitanie aurait même reçue une consigne : éviter que le sujet s’invite à la table des concertations.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

 

 

 

Bernard Carayon : « la gauche et les macronistes ont fait le choix des riches et des immigrés »

Candidat à la présidence du parti Les Républicains, Laurent Wauquiez est dans le Tarn ce vendredi 6 octobre. A cette occasion, le président de LR81, Bernard Carayon livre son analyse sur la situation de la droite française, la présence au gouvernement de Bruno Le Maire et Edouard Philippe. Deux personnalités issus des rangs LR. Le maire de Lavaur donne également son point de vue sur les premiers pas du député « macroniste », Jean Terlier.

Bernard Carayon, maire de Lavaur.

Bernard Carayon, maire de Lavaur.

Le Blog Politique. Vous recevez, ce vendredi 6 octobre, Laurent Wauquiez dans votre ville de Lavaur. Quel est le sens politique de cette venue ?

Bernard Carayon. Le choix d’une petite ville du Tarn de 11 000 habitants, comme Lavaur, n’est pas innocent : c’est celui de la France des terroirs où l’on aime son pays comme sa famille, la France des gens qui se lèvent tôt pour gagner souvent peu, la France des « territoires oubliés de la République », mais c’est aussi la ville qui a su attirer le groupe Pierre Fabre, un groupe industriel à la fois enraciné et ouvert sur le monde.  C’est aussi une marque d’encouragement et d’amitié pour celui qui coordonne avec bonheur la campagne d’un homme remarquable dans les départements de l’ancienne région Midi-Pyrénées…

Le Blog Politique. Laurent Wauquiez est accusé par La République En Marche de pousser à un rapprochement entre Les Républicains et Marine Le Pen.

Bernard Carayon. C’est le procès d’intention classique et malhonnête de la gauche à l’égard d’une droite qui veut et doit renouer avec ses racines populaires comme avec le bon sens : l’autorité de l’État, la lutte contre les communautarismes, en particulier islamique, le choix du peuple contre les pseudo-autorités morales qui croient, avec arrogance, incarner l’intelligence, la raison, l’ouverture ; l’affranchissement, enfin, de la tutelle qu’exercent sur notre pays, technocrates bruxellois et financiers sans patrie. La gauche et les « macronistes » ont fait le choix des immigrés et des riches : la droite doit incarner le peuple français, l’espoir de ceux qui l’ont perdu, le progrès dans le respect de l’éthique, et des travailleurs.

La tutelle qu’exercent sur notre pays, technocrate bruxellois et financier sans patrie

Le Blog Politique. Quel diagnostic faites-vous au sujet de la droite française, après la double défaite des législatives et de la présidentielle ?

Bernard Carayon. La droite – de droite -, pas celle qui est « à droite » par commodité, c’est celle qui a une vision gaulliste de l’Histoire et de l’avenir de notre pays. Elle s’est laissée tétaniser depuis 30 ou 40 ans par les mots et les anathèmes de la gauche ; elle s’est laissée absorber par le discours lénifiant et gestionnaire de ceux qui, chez nous, dans le fond, s’intéressent plus au sort de ceux qui payent l’ISF qu’à ceux qui n’ont plus rien le 20 de chaque mois ! La droite ne peut plus laisser s’abîmer la France sur de seuls objectifs, économiques et budgétaires, déterminés par Bruxelles. La droite doit incarner une vision pour notre pays, ni mercantile ni mondialiste : patriote, conquérante, souveraine dans ses choix essentiels.

Depuis 30 ou 40 ans, la droite s’est laissée tétaniser par les mots et les anathèmes de la gauche

Le Blog Politique. Quelle est votre réaction en voyant des représentants de votre famille politique au gouvernement ?

Bernard Carayon. Ce sont des hommes de qualité intellectuelle qui ne peuvent ignorer que saisir une opportunité, même flatteuse en apparence, ne suffit pas à répondre aux défis de la France : tenir notre place diplomatique et économique parmi les grandes puissances, éradiquer de notre sol le salafisme, inspirer l’Europe dans sa reconstruction politique et morale, rendre à chaque Français l’espoir d’une vie meilleure et la fierté d’appartenir à un pays singulier.

Le Blog Politique. Comment jugez-vous les premiers pas du député En Marche, Jean Terlier, sur votre circonscription ?

Bernard Carayon. Il est la preuve que la fonction ne crée pas l’organe ! Autrement dit, que gagner au loto n’a pas de conséquences sur le code génétique.

Propos recueillis par Laurent Dubois (@laurentdub)

05 Oct

Financement LGV : quels contribuables concernés par la taxe défendue par Jean-Luc Moudenc et Carole Delga ?

Financer la LGV en dupliquant le modèle fiscal du « Grand Paris », c’est la solution défendue par la présidente de Région, Carole Delga, et le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc. Dans le « Grand Paris », les entreprises et les particuliers sont taxés. Quelles sont les contribuables concernés ? C’est une question sans véritable réponse.

Photo : Facebook/CDelga

Photo : Facebook/CDelga

Le financement de la LGV est estimé à 9 milliards d’euros. Pour boucler le budget, le conseil régional et la mairie de Toulouse proposent un « financement innovant ». Une innovation relative puisqu’il s’agit de transposer le modèle du « Grand Paris ». Un « modèle » qui fait l’objet de nombreuses critiques. Une  dérive budgétaire et la création d’une véritable « usine à gaz » sont pointées. L’expérience risque de tourner court. Emmanuel Macron souhaite réformer une structure qui a réalisé, en matière de transport, 22 milliards d’euros d’investissements.

Une loi nécessaire

Initié par Nicolas Sarkozy, le « Grand Paris » est né d’une loi du 3 juin 2010. L’article 9 du texte (chapitre V) détaille les ressources : dotation en capital de l’Etat, emprunts sur les marchés financiers. Mais, c’est surtout l’article 10 qui est le plus important s’agissant d’une éventuelle transposition à l’Occitanie.

La loi modifie le code général des impôts et attribue une taxe. Il s’agit d’une taxe spéciale d’équipement. Elle est acquittée par les particuliers et les sociétés. Elle est due par les contribuables soumis à l’impôt sur le revenu et l’impôt sur les sociétés. Elle s’applique aux cessions de terrains à titre onéreux. Au niveau du « Grand Paris », cette recette fiscale représente 117 millions d’euros par an.L’existence d’un tel levier fiscal suppose le vote d’une disposition législative. Il faut une majorité parlementaire et l’accord du gouvernement pour adosser la LGV à la taxe dont bénéficie le « Grand Paris ». C’est un sérieux obstacle. Les élus d’Occitanie espèrent qu’un rapport de force permettra de faire plier Emmanuel Macron. Comme le précise une source proche du gouvernement , « pour le moment, il n’en est pas question ». En réalité, l’obstacle politique n’est pas le plus compliqué.

Un obstacle technique : qui va être taxé ?

Il existe un véritable problème technique. Le « Grand Paris » bénéficie d’une fiscalité particulière au travers d’un établissement public : « Société du Grand Paris ». C’est lui qui perçoit les recettes fiscales. Un tel établissement n’existe pas pour la LGV. Mais, surtout, le périmètre de la taxe pose question. Dans le « Grand Paris », tous les contribuables des communes membres sont assujettis à la taxe d’équipement. S’agissant de la LGV, quels sont les contribuables soumis à contribution ? Les habitants des communes sur le tracé ? Tous les habitants de tous les départements d’Occitanie ?

Juridiquement, la création d’un établissement public semble évidente. Mais sa composition est problématique. Des communes peuvent, pour différentes raisons, refuser d’intégrer la structure. L’instauration d’un nouveau prélèvement est rarement accueilli par des cris de joie. Une rupture d’égalité devant la taxe risque de faire grincer des dents. Pour contourner les éventuelles résistances locales, il est possible d’asseoir l’établissement publique sur un périmètre départemental. Mais, là encore, l’option « contribuable départemental » est un terrain meuble. La LGV Toulouse-Paris traverse deux départements (Haute-Garonne et Tarn-et-Garonne). L’ex Midi-Pyrénées n’existe plus. Mais que se passe-t-il si des départements de l’aire toulousaine refusent d’intégrer l’établissement public LGV.

Il existe une solution pour résoudre toutes ces questions : une réforme nationale de la fiscalité.

L’hypothèse d’une réforme national de la fiscalité régionale

Le ministre des comptes Publics a indiqué une éventuelle porte de sortie. Gérald Darmanin a évoqué la possibilité d’une taxe régionale. Cette proposition et de portée nationale. Dans l’esprit du ministre, elle est indépendante du projet LGV. C’est une hypothétique recette à disposition des conseils régionaux. Elle permettrait à la région Occitanie d’augmenter sa participation au financement de la LGV. Fini le « casse-tête » juridique de la taxe « Grand Paris » version Toulousaine.

La formule suggérée par Gérald Darmanin reste totalement dans les limbes. Rien n’indique qu’elle se traduira par un projet de loi. Mais elle lèverait l’énorme doute qui entoure la « taxe » défendue par Jean-Luc Moudenc et Carole Delga.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

Un tract de La France Insoumise épinglant la politique de Macron diffusé aux lycéens d’Occitanie

La France Insoumise organise une campagne auprès des lycéens et des étudiants. Une opération d’envergure qui passe par la distribution d’un tract. Un tract épinglant la politique d’Emmanuel Macron et appelant la jeunesse à se mobiliser. Le Toulousain Manuel Bompard ancien candidat aux législatives en Haute-Garonne et directeur des campagnes européennes et présidentielles de Jean-Luc Mélenchon explique les raisons de cette opération.

Manuel Bompard. France Inoumise. Photo : MaxPPP

Manuel Bompard. France Inoumise. Photo : MaxPPP

Le Blog Politique. La France Insoumise lance une campagne dans les lycées. Quel est l’objectif de cette opération ?

Manuel Bompard. La France insoumise lance une campagne dans la foulée de l’appel à la jeunesse formulé par Jean-Luc Mélenchon lors de la marche du 23 septembre dernier. Elle s’adresse aux étudiants, aux lycéens ou aux jeunes travailleurs et les invite à se mobiliser contre la politique du président Macron. Elle passe notamment par la distribution d’un tract à 500 000 exemplaires à partir de la fin de la semaine.En effet, les jeunes font partie des premières victimes des mesures annoncées par le gouvernement. La baisse annoncée des APL – 5 euros cette année et jusqu’à 60 euros d’ici à 2018 – va amplifier par exemple les difficultés d’accès au logement. Au lieu de donner à l’Université les moyens de fonctionner, le président de la République veut installer une sélection à l’entrée, compliquant la possibilité d’avoir le droit aux études supérieures. Il méprise l’enseignement professionnel et promeut une école à la carte qui va augmenter encore les inégalités face à l’éducation.Enfin, la suppression brutale des contrats aidés va toucher notamment les jeunes dans leur accès à l’emploi. Et la réforme du code du travail va conduire à davantage de précarité, par exemple en permettant la multiplication des CDD et en instaurant un nouveau contrat de chantier encore plus précaire. Bref, il y’a de nombreuses raisons pour les jeunes de se mobiliser. Certains jeunes ont d’ailleurs lancé un appel détaillant ces motifs et qui a déjà été signé par près de 10 000 jeunes.

Emmanuel Macron méprise l’enseignement professionnel et promeut une école à la carte qui va augmenter encore les inégalités

Le Blog Politique. Les activités politiques sont interdites dans les lycées. Vous franchissez une ligne rouge ?

Manuel Bompard. Bien évidemment, il ne s’agit pas de ne pas respecter la loi. Mais la politique est nécessaire partout, notamment à proximité des lycées et des universités. C’est la confrontation des idées qui permet à chaque citoyen de se forger une opinion.Pour notre part, nous ne considérons pas que les lycéens ou les étudiants ne sont pas en capacité de participer à la vie démocratique du pays. Dans le programme « L’avenir en commun », nous proposons d’instaurer le droit de vote à partir de 16 ans pour étendre la sphère de la citoyenneté. Notre campagne, en contribuant au débat démocratique, s’inscrit dans cette même démarche.

Nous proposons d’instaurer le droit de vote à 16 ans

Tract France Insoumise ©France Insoumise

Tract France Insoumise
©France Insoumise

Le Blog Politique. Quels sont vos relais dans les lycées ?

Manuel Bompard. La France insoumise est organisée en groupe d’appui sur l’ensemble du territoire. Certains de ses groupes se sont constitués à l’échelle d’un lieu d’étude ou de travail. Ainsi, de tels groupes existent dans des lycées (par exemple à Chalon-sur-Saône, à Montreuil, à Bobigny ou à Orléans) et dans toutes les villes universitaires. Ce sont ces groupes d’appui qui vont décliner localement la campagne que nous lançons. Mais nous invitons aussi les membres de ces groupes d’appui à participer aux initiatives qui ont lieu dans les établissements pour décider avec les autres étudiants ou lycées des modalités d’action.

Propos recueillis par Laurent Dubois (@laurentdub)

04 Oct

Valérie Rabault remet un contre-budget au Premier Ministre

Lors des questions au gouvernement cet après-midi, la députée socialiste de Tarn et-Garonne a présenté ses propositions budgétaires à Edouard Philippe. Peu de probabilité qu’elle soit entendue mais sa sortie a fait son effet.

Valérie Rabault, députée Nouvelle Gauche de Tarn et Garonne. Photo AFP Jacques Demarthon

Valérie Rabault, députée Nouvelle Gauche de Tarn et Garonne. Photo AFP Jacques Demarthon

Derrière le micro doré de l’hémicycle du Palais Bourbon, la voix est assurée et il vaut mieux, tant l’attaque d’intervention est brutale : « Vous êtes en train de fabriquer un méga-bouclier fiscal ». Comme à chaque fois qu’il réfléchit ou qu’il encaisse, Edouard Philippe mordille ses branches de lunettes et se gratte le front.

Et Valérie Rabault d’enchaîner : « Vous êtes en train de faire des chèques en blanc (NDLR : aux patrimoines les plus hauts) sans mettre aucunes conditions ». La Nouvelle Gauche, par la voix de l’ancienne rapporteuse du budget, présente donc ses propositions : correction de la CSG pour les retraités, création d’un plan de 500 000 euros pour Saint-Martin et Saint-Barthélemy et mise en place d’un taux réduit d’impôt sur les sociétés pour les PME.

Vous êtes en train de faire des chèques en blanc »

« Il y a un homme qui a écrit ceci : « la vie politique est ainsi faite qu’elle oblige à choisir entre des éléments qui n’ont de sens que parce qu’ils se complètent » » lance pour terminer la députée d’Occitanie. « « Cet homme politique Monsieur le Premier Ministre, c’est vous ! Notre contre-budget a un sens parce que toutes nos propositions se complètent ».

Et la Tarn et Garonnaise de remettre son contre-budget à Edouard Philippe pour qu’il lui dise « quelles sont les propositions qu’il demandera à sa majorité de soutenir ». Un coup d’éclat qui restera sans doute un coup d’épée dans l’eau.

Patrick Noviello (@patnoviello)

Haute-Garonne : Pierre Castéras reconduit à la tête du mouvement En Marche !

Pierre Castéras est l’actuel référent de La République En Marche en Haute-Garonne. Il va le rester pendant les 3 prochaines années.

Photo : MaxPPP/Tanguy

Photo : MaxPPP/Tanguy

L’annonce va être officialisée demain, jeudi 5 octobre. La direction nationale de LREM va installer les référents départementaux pour la période 2017-2020. Ces nominations interviennent au terme d’une consultation interne. En Haute-Garonne, le sortant est reconduit. Pierre Castéras va être reconduit dans ses fonctions.  L’ancien élu PS est contesté par plusieurs animateurs locaux. Mais l’évaluation était simplement consultative. Paris décide et, selon nos informations, Pierre Castéras est reconduit

Vendredi 6 octobre, une conférence nationale présentera à la presse l’ensemble des référents départementaux.

Des référents dont l’agenda comporte une échéance électorale : la préparation des élections locales.

Laurent Dubois (@laurentdub)

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