12 Juil

Parti Socialiste : les priorités selon Carole Delga

La Présidente de région Occitanie a donc intégré ce week-end la direction du Parti Socialiste à l’issue du congrès national. Elle revient pour nous sur ce qui l’a poussée à cette décision, nous livre sa vision du PS aujourd’hui et nous explique en quoi les territoires peuvent aussi aider à porter cette nouvelle  politique de gauche.

Carole Delga, lors de son arrivée samedi au Conseil National du PS à Paris. Photo AFP Jacques Demarthon.

Carole Delga, lors de son arrivée samedi au Conseil National du PS à Paris. Photo AFP Jacques Demarthon.

« Quand les temps sont difficiles, c’est là qu’il faut démontrer son attachement aux valeurs, sa loyauté vis-à-vis des idées de gauche, et je souhaite donc prendre toute ma part de responsabilité, c’est pourquoi j’ai répondu positivement à la participation à cette direction collégiale de seize personnes ». Voilà comment Carole Delga justifie son implication désormais nationale dans la reconstruction du PS.

Seulement, est-ce que ça ne va pas être compliqué de décider à seize de l’avenir du parti ? « On va organiser la prise de décision. Nous allons mettre en œuvre une nouvelle façon de diriger le Parti Socialiste avec les valeurs dont j’ai toujours fait preuve sur l’engagement politique, c’est-à-dire une grande proximité avec le terrain et aussi un sens du collectif ».

Le retour des frondeurs »

Mais avant toute chose, c’est sans doute une ligne politique que va devoir se fixer le PS. Comme d’autres socialistes, Carole Delga a été pour le moins agacé ce samedi à Paris de l’attitude d’anciens frondeurs, toujours présents et toujours aussi critiques. « S’ils sont à ce point mal avec nous, pourquoi veulent-ils rester ? » s’interroge-t-elle. Quant à la future ligne politique du PS, voilà comment elle en dessine les contours.

« C’est une gauche qui est au centre, c’est une gauche de responsabilité, c’est une gauche progressiste qui doit remettre en place un débat d’idée, être force de proposition, démontrer que l’éducation nationale est une priorité, que sur la fiscalité, on ne peut pas par exemple être d’accord avec l’augmentation de la CSG. Par rapport également au service public, aux fonctionnaires, reconnaître que le service public c’est ce qui est indispensable pour qu’il y ait une égalité Républicaine ».

Politique de gauche aussi à l’échelle des territoires »

Certains prêtent déjà à la Présidente de Région des ambitions nationales, et donc personnelles. Carole Delga s’en défend : « Non, moi mon ambition elle est très forte pour la Région Occitanie, je travaille pleinement avec l’ensemble de ma majorité, avec l’ensemble de mes équipes pour créer cette région de l’innovation, que ce soit notamment dans le cadre de l’innovation citoyenne et pour incarner aussi les politiques de gauche. A la Région la gratuité des manuels scolaires, la gratuité des équipements professionnels pour les apprentis, c’est à la rentrée, et ça c’est une politique de gauche ».

Alors justement que peuvent faire les « territoires » comme elles les appellent dans la reconstruction d’un parti national ? « Il est bien entendu qu’on doit démontrer qu’il y a cette gauche qui est pro-européenne clairement, qui est aussi dans une dynamique auprès des entreprises mais qui met en avant l’égalité d’accès à l’éducation, à la santé, également être dans la complémentarité des territoires, c’est-à-dire on ne peut pas être sur le tout-métropole ou sur le tout-urbain mais de démontrer qu’il faut plus investir dans les territoires ruraux, dans les territoires de montagne et c’est pourquoi au sein du Parti Socialiste, je prône des assises citoyennes de la gauche qui partent de la base, il faut arrêter avec les querelles d’égo, il faut avoir le sens du collectif »

Ces assises devraient se tenir à la rentrée. En attendant, la nouvelle direction nationale du PS, dans laquelle figure aussi la députée de Tarn et Garonne Valérie Rabault, devrait se réunir à Paris lundi prochain. Une direction de seize personnespour l’instant mais qui pourrait être resserrée vers quatre membres plus décisionnaires.

Patrick Noviello (@patnoviello)

11 Juil

LGV Toulouse-Paris : Mézard temporise

Jacques Mézard, hier, dans le Gers. Photo MaxPPP

Jacques Mézard, lundi, dans le Gers. Photo MaxPPP

Jacques Mézard, ministre de la Cohésion des Territoires, était lundi en visite dans le Gers et en Haute-Garonne. Au programme : l’équilibre entre les territoires avec des « accords de réciprocité entre le pays de Gascogne et la métropole toulousaine » ainsi que la politique de la ville concernant les quartiers dits « prioritaires. Même s’il n’est pas Ministre des Transports, l’occasion était trop belle de lui poser une question sur la LGV, et sa vocation d’aménagement du territoire.

Il va falloir prioriser »

Le Ministre le reconnaît volontiers, cette question « préoccupe beaucoup de monde ». « Des arbitrages devront être faits parce que l’Etat n’a pas les possibilités financières de dire oui à tous les projets sur tous les territoires. Il va falloir prioriser ».

Jean-Luc Moudenc était également associé à la visite ministérielle d’hier. A-t-il eu le temps de discuter du dossier LGV avec Mézard ? En tout cas, sur cette priorisation, il n’y a pas de doute pour le maire LR de Toulouse qui ne cesse de répéter ces derniers jours que l’Etat s’est déjà engagé et qu’il ne doit pas oublier que les collectivités de la Région ont financé le tronçon Tours-Bordeaux.

Des assises de la mobilité à la rentrée »

Argument massue opposé par le chef de l’Etat, « ne pas oublier les trains du quotidien ». Le Ministre de la Cohésion des Territoires abonde dans ce sens. « Nous avons aussi un objectif, c’est de faire en sorte que les lignes ferroviaires non LGV puissent être entretenues. Il y a un équilibre à trouver et cet équilibre nous sommes en train de les chercher et de travailler là-dessus ».

Alors à quand les premières conclusions et donc les « priorités » ? « Des assises de la mobilité sont programmées à la rentrée » explique Jacques Mézard. Quant à la LGV Toulouse-Paris, « cette question n’est pas encore tranchée » insiste-t-il, comme pour laisser une porte encore ouverte.

Patrick Noviello (avec Delphine Gérard)

10 Juil

Et le remplaçant de Mickaël Nogal à la tête de LREM en Haute-Garonne est…

La République En Marche se dote d’un nouveau référent départemental en Haute-Garonne. Pierre Castéras succède à Mickaël Nogal.

Le Premier ministre Edouard Philippe à la convention de La République en Marche (Photo : AFP)

Le Premier ministre Edouard Philippe à la convention de La République en Marche (Photo : AFP)

Samedi 8 juillet, La République En Marche a tenu sa première convention. Le mouvement ayant permis l’élection d’Emmanuel Macron se structure. Parmi les premières mesures figurent l’adoption de nouveaux statuts et la nomination de responsables locaux. En Haute-Garonne, la règle de base est respectée. Les nouveaux députés ne peuvent pas être des référents départementaux.

Suite à son entrée au Palais-Bourbon, Mickaël Nogal laisse sa place à Pierre Castéras.

L’ancien maire PS de Mazères-sur-Salat n’est pas un inconnu. Pierre Castéras a été une figure du parti socialiste. Mais le nouveau référent de La République En Marche doit également sa « notoriété » publique à une affaire : le naufrage financier de la Confédération Pyrénéenne du Tourisme.

Un dossier qui a refait surface lors du retour de Pierre Castéras sur la scène politique, en mai dernier.

A cette occasion, le Blog Politique de France 3 Occitanie a, notamment, révélé la teneur d’un audit. Un audit mené par l’ex Conseil Régional de Midi-Pyrénées et qui pointe de graves dysfonctionnements dans ce satellite de la Région. L’auteure de l’expertise est une magistrate administrative qui occupait la fonction de Direction Générale de l’Administration à l’Hôtel de Région.

La haut-fonctionnaire pointait, notamment, une forte suspicion de « travail dissimulé » et de fraude à l’Urssaf. Pierre Castéras a, en effet, recruté un directeur payé sur la base de factures et pour un montant important, 15 000 euros mensuels correspondant à trois jours et demi de travail hebdomadaire.

Pour Pierre Castéras, tout cela appartient au passé :

On a tous un passé. Je suis nickel et je dors très bien. C’est une méprise et j’estime être victime d’un règlement de compte entre grandes collectivités. Je n’ai jamais été inquiété par la justice. Cela remonte à 7 ans et j’ai fermé ma g… parce que je suis loyal. Si vous avez des questions, je vous invite à les poser à Martin Malvy (ndlr président de la Région au moment des faits) ou à Carole Delga qui était ma collaboratrice (ndlr actuelle présidente d’Occitanie et directrice administrative au moment des faits

S’agissant de ces nouvelles fonctions, Pierre Castéras, précise :

C’est un honneur. Je vais jouer un rôle de transmission entre les comités locaux et le national. C’est un rôle de coordination et de travail de l’ombre au quotidien. Je suis totalement dans la ligne de notre mouvement.

Quant au calendrier politique, Pierre Castéras, ne se projette pas dans les prochains scrutins locaux :

On est en marche et on ne cours pas

A la différence de la Haute-Garonne, les autres départements d’Occitanie ne sont pas  concernés par un remaniement des référents départementaux. Ainsi, dans le Tarn, c’est la stabilité et la continuité qui l’emportent. Clément Baller reste à la tête de LREM 81.

Laurent Dubois (@laurentdub)

08 Juil

Valérie Rabault élue à la direction nationale du PS

La députée du Tarn-et-Garonne, Valérie Rabault, vient d’être élue à la direction nationale du PS.

Valérie Rabault. Photo AFP Eric Piermont

Valérie Rabault. Photo AFP Eric Piermont

Ce samedi 8 juillet, le conseil national du PS a élu une nouvelle direction nationale. Une direction collégiale composée de 16 membres et dans laquelle figure Valérie Rabault. La députée du Tarn-et-Garonne a été la première femme a occuper le poste de rapporteure du Budget à l’Assemblée. Elle appartient au petit groupe des sortants PS qui ont été réélus lors des dernières législatives.

Sous le quinquennat de François Hollande, Valérie Rabault a été pressentie pour un poste ministériel. Mais c’est du Palais Bourbon qu’elle a imprimé sa marque sur les dossiers financiers et les orientations budgétaires. L’ancienne banquière d’affaires a notamment infléchi les ultimes arbitrages du gouvernement Valls s’agissant de la fiscalité des retraités.

Sous la nouvelle législature, Valérie Rabault se positionne clairement dans l’opposition. Mercredi 5 juillet, lors de la 1ère séance des questions au gouvernement, la députée d’Occitanie a interpellé le ministre des Comptes Publics, Gérald Darmanin, sur la hausse de la CSG. La même semaine, en commission, Valérie Rabault a profité d’une audition du président de la Cour des Comptes pour passer au scalpel la ligne économique du nouveau premier ministre, Edouard Philippe.

Membre de la commission des Finances, Valérie Rabault a profité des premiers pas de l’Assemblée version Macron pour faire entendre sa voix. La députée du Tarn-et-Garonne est connue pour son acharnement et son investissement dans le travail parlementaire. Valérie Rabault a d’ailleurs reçu le titre, décerné par la presse spécialisée, de « Pilier de l’Assemblée »

Valérie Rabault pourrait incarner l’opposition socialiste à la politique économique d’Emmanuel Macron et d’Edouard Philippe.

Une autre personnalité d’Occitanie intègre la direction nationale du PS. Il s’agit de Carole Delga. Ce n’est pas une surprise. Avant la réunion du conseil national, la présidente d’Occitanie a sollicité le secrétaire national (démissionnaire) du PS.  Objet de la demande : obtenir une place dans le nouvel organigramme. Selon nos informations, Jean-Christophe Cambadélis a donné une réponse positive avant le vote du conseil national.

A noter que l’ancien député de l’Hérault, Sébastien Denaja, est membre de droit de la direction collégiale et temporaire du PS. Sébastien Denaja occupera la fonction de porte-parole du parti. Un autre montpelliérain, Hussein Bourgi, est chargé, avec 4 autres élus, de la « coordination des territoires ».

Au final, ce sont 4 personnalités d’Occitanie qui représentent la nouvelle gouvernance du PS.

Laurent Dubois (@laurentdub)

07 Juil

Carole Delga va intégrer la direction nationale du PS

La présidente du conseil régional d’Occitanie va intégrer, ce samedi 8 juillet, la direction nationale collégiale du parti socialiste.

Photo : MaxPPP

Photo : MaxPPP

Contacté par France 3 Occitanie, l’entourage de Carole Delga déclare :

Elle (ndrl : la présidente de Région) est très sollicitée tant localement que nationalement pour intégrer la direction collégiale

Un responsable du PS livre une autre version des faits  :

Carole Delga est candidate. Elle a même envoyé un courrier aux 1ers fédéraux pour qu’ils appellent à sa candidature.  Elle sera très probablement élue. Il faut assurer une représentation des territoires

Qu’il s’agisse d’une sollicitation ou d’une candidature spontanée, une chose est certaine. L’élection de Carole Delga à la tête du PS intervient dans un contexte très particulier.

A situation exceptionnelle, solution extra-ordinaire. Ce samedi 8 juillet, le conseil national du PS va élire une direction collégiale. C’est totalement inédit. La déroute historique aux législatives a conduit à la démission de Jean-Christophe Cambadélis. Pour la 1ère fois de son histoire, le parti né en 1971 à Epinay se retrouve sans secrétaire national. Face à cette « vacance » du PS, un collège de personnalités va assurer l’intérim. Cette formule est non statutaire. Mais elle n’est pas non plus contraire aux statuts. Elle va permettre d’attendre le prochain Congrès.

La date sera, d’ailleurs, fixée par la nouvelle direction collégiale. Plusieurs socialistes plaident pour le printemps prochain.

Selon nos informations, la direction du PS pourrait être composée de 14 personnes. La répartition des « portefeuilles » n’est pas encore définie.

Une intention prédomine. La volonté de faire « monter » une nouvelle génération et de renouveler les pratiques.

C’est d’ailleurs dans cette optique que le vote de ce samedi 8 juillet doit bousculer une tradition aussi vieille que le PS : la proportionnelle et la représentation des courants.

Selon un responsable socialiste, « toutes les personnalités intéressées et motivées doivent trouver leur place« .

Ce critère de sélection peut paraître étonnamment large. Mais, en pleine tempête, les volontaires ne se bousculent pas au portillon.

Du côté de Carole Delga pas d’état d’âme. La présidente de Région s’est fortement engagée dans la campagne des primaires et celle des présidentielles.  Carole Delga n’a jamais mis son drapeau PS dans sa poche. Elle le prouve une nouvelle fois en prenant des responsabilités nationales au sein du PS.

Et ce n’est peut-être qu’un début. Le prochain Congrès du PS devra élire un nouveau patron des socialistes.

Carole Delga pourrait briguer l’ancien fauteuil de Jean-Christophe Cambadélis.

Laurent Dubois (@laurentdub)

Législatives : un second recours contre l’élection du seul député PS de la Haute-Garonne, Joël Aviragnet

Le dernier député socialiste de la Haute-Garonne, Joël Aviragnet, est la cible d’un second recours visant à l’annulation de son élection

Joël Aviragnet (Photo : Vincent Isore / MaxPPP)

Joël Aviragnet (Photo : Vincent Isore / MaxPPP)

Un premier recours a été rendu public fin juin. Le mois dernier, France 3 Occitanie a relevé l’existence d’un procédure visant l’élection de Joël Aviragnet. Ce vendredi 7 juillet, le Conseil constitutionnel publie la liste des contentieux s’agissant des législatives 2017 et une seconde saisine apparaît. Elle a été déposée par l’ancien concurrent de Joël Aviragnet, Jean-Luc Rivière.

Contacté par France 3 Occitanie, Jean-Luc Rivière précise que le recours porte notamment sur des affiches électorales jugées litigieuses. Toutes les affiches doivent être soumises à une commission de propagande. Cette intervention n’est pas une simple formalité. Selon nos informations, dans le Tarn-et-Garonne, les affiches de l’ancienne ministre Sylvia Pinel ont été retoquées et ont fini au panier. Elles comportaient un code couleur qui est prohibé : le fameux tricolore « Blanc, Blanc, Rouge ». Un tricolore qu’aucun candidat ne peut s’approprier et réserver aux documents officiels de la République.

Jean-Luc Rivière ne vise pas un problème d’affichage et de couleurs. Il cible le contenu des affiches. Selon l’ancien candidat (LR-UDI) aux législatives, les affiches soumises à la commission de propagande ne sont pas celles qui ont été exposées au regard des électeurs. Dans leur « vraie » version, les affiches comportaient un bandeau « avec Carole Delga« . La mention du nom de la présidente de la Région aux côtés du nom du candidat n’aurait pas été soumis au contrôle de la commission de propagande. Ce contrôle est une question de principe. Mais c’est également une question de fond. L’utilisation du nom des soutiens est réglementée. De plus, le nom de la suppléante était absent. Tout cela pouvait brouiller les pistes et induire les électeurs en erreur.

Dans l’autre recours visant Joël Aviragnet, le requérant vise des soupçons de fraude. Jean-Luc Rivière se situe sur un autre terrain. C’est l »influence de la présidente de Région et son impact sur le scrutin qui sont au cœur de la saisine du conseil constitutionnel. Le témoignage d’électeurs incités à « voter Delga » alors que la présidente de Région n’était pas candidate sont notamment versés au dossier.

Le verdict ne tombera pas avant plusieurs mois. Le délai peut même atteindre 1 an.

Laurent Dubois (@laurentdub)

LGV Toulouse-Bordeaux : les député(e)s LREM de la Haute-Garonne entre silence gêné et mobilisation

Dimanche 1er juillet, Emmanuel Macron a annoncé la fin des grands chantiers ferroviaires. La LGV Toulouse-Bordeaux semble condamnée. Les député(e)s LREM de la Haute-Garonne réagissent.

Photo MaxPPP/De Fenoy

Photo MaxPPP/De Fenoy

L’inauguration de la LGV Bordeaux-Rennes résonne comme un requiem. La SNCF a sorti le caviar et explosé la facture des festivités. Mais le président de la République a mis les pieds dans les plats en déclarant : « l’Etat ne prendra plus de grands engagements, ne lancera plus de nouveaux grands projets ». Cette annonce a résonné comme un requiem du côté de Toulouse. 100 millions d’euros ont été dépensées en études. 15 millions d’euros ont été investis en foncier. Mais la déclaration d’Emmanuel Macron a été interprétée comme une remise en cause du chantier.

La présidente de Région Carole Delga le maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc et le président du Département Georges Méric sont montés au créneau pour défendre le projet. France 3 Occitanie a contacté les 8 député(e)s « macronistes » de la Haute-Garonne pour connaître leur position. Tous n’ont pas répondu. Mais un parlementaire s’est exprimé avant d’être interrogé. Pendant dans la campagne des législatives, Jean-François Portarieu a affirmé et affiché son soutien à la LGV. La Grande Vitesse entre Toulouse et Bordeaux était dans son programme.

S’agissant des 7 autres député(e)s de la majorité présidentielle, deux se mobilisent. Jean-Luc Lagleize est clair :

Je ne veux pas interpréter (ndlr la déclaration d’Emmanuel Macron) comme un coup d’arrêt. On conçoit mal que Toulouse reste à l’écart du TGV

Le député de la 2ème circonscription siège également au conseil municipal de Toulouse. Jean-Luc Lagleize a du démissionner de son poste d’adjoint au maire en charge du développement urbanistique. Mais le nouveau député conserve sa délégation. A ce titre, il est directement impliqué dans la création de la 3ème ligne de métro et le projet LGV. Jean-Luc Lagleize ne veut pas se contenter de regarder passer (ou plutôt trépasser) la LGV sans rien faire. Le député toulousain a sollicité auprès du groupe parlementaire LREM le droit de poser une question à la ministre des Transports. Jean-Luc Lagleize ne sait pas encore si la question pourra être posée lors de la prochaine séance, mercredi 12 juillet. Mais une interpellation est dans les tuyaux.

L’autre députée LREM qui porte le dossier LGV est Monique Iborra. La représentante de la 6ème circonscription a vu la ministre des Transports, Elisabeth Borne. Un rendez-vous avec le cabinet de la ministre est prévu dans les prochains jours. Monique Iborra a également rencontré le président du Conseil Economique Social et Environnemental, Jean-Louis Chauzy. La députée, vice-présidente de la commission des Affaires Sociales, est formelle : « la LGV est un dossier que je porte« .

Monique Iborra refuse de parler d’un coup d’arrêt définitif au projet. Mais la parlementaire insiste sur un point :

Le financement n’est pas bouclé et la présidente de Région veut un financement exclusivement public. Il y a un vrai problème de financement. Il va falloir réunir les différentes acteurs et se poser la question du coût-efficacité. Une chose est certaine, il ne sera pas possible de tout financer, les déplacements du quotidien, une 3ème ligne de métro et une nouvelle rocade

L’évaluation et la mise à plat défendue par Monique Iborra va pendre du temps. Le temps, c’est bien la seule chose dont ne manque pas la LGV Toulouse-Bordeaux. En 2004, le maire de Toulouse de l’époque, Philippe Douste-Blazy promettait le TGV pour…2015.

Laurent Dubois (@laurentdub)

06 Juil

Trois nouveaux adjoints à la mairie de Toulouse pour cause de cumul des mandats

Pour cause d’entrée en vigueur de la loi anti-cumul des mandats, 3 adjoints au maire devenus parlementaires ont démissionné de leur fonction. Trois nouveaux adjoints ont été élus ce jeudi soir.

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Les élus du conseil municipal de Toulouse qui ont l’habitude depuis 3 ans de séances marathon de plus de 10 ou 12 heures d’affilées, ont fait une simple apparition ce jeudi 6 juillet. La séance n’a duré que quelques dizaines de minutes, le temps de voter sur la nomination de trois nouveaux adjoints au maire.

Car pour cause d’entrée en vigueur de la loi anti-cumul, la sénatrice LR Brigitte Micouleau et les deux nouveaux députés LREM Elisabeth Toutut-Picard et Jean-Luc Lagleize ont démissionné de leurs responsabilités d’adjoints au maire (mais restent simples conseillers municipaux).

Pour les remplacer, petit jeu de chaises musicales… glissantes : du 1er adjoint au 7ème, pas de changement. A partir de la 8ème place, celle qu’occupait Elisabeth Toutut-Picard, tout le monde monte d’un cran. Les nouveaux venus dans l’équipe occupent donc les 3 dernières places : 24, 25 et 26ème adjoints au maire.

Le casting a été soigneusement choisi (même si c’est officiellement sur candidature) : Bertrand Serp (LR), Christine Escoulan (société civile) et Jacqueline Winnepenninckx-Kieser (MoDem) sont les 3 nouveaux adjoints.

Un dosage méticuleux au sein de la majorité de Jean-Luc Moudenc. Ils conservent leurs anciennes délégations.

Quant à la répartition des délégations des anciens adjoints, elles sont à la seule discrétion du maire. C’est donc Jean-Luc Moudenc, qui, sans doute à la fin de l’été, avant la rentrée, définira les nouvelles attributions au sein de son équipe. Dans son entourage, on affirme qu’il n’y aura pas de « révolution ».

Sans doute, mais la réorganisation d’une équipe municipale est toujours un levier important pour le maire : tel(le) ou tel(le) élu(e) en difficulté sur un dossier peut être discrètement exfiltré. Tel autre promu pour bons et loyaux services.

Réponse sans doute au coeur de l’été. Mais en douceur.

FV (@fabvalery)

Collaborateurs parlementaires : la moralisation, c’est presque ça

Depuis l’affaire Fillon, les collaborateurs parlementaires sont sous les projecteurs. Une liste doit être publiée par l’Assemblée. Mais, en Occitanie, des député(e)s ont fait leur choix.

Photo MaxPPP

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Soupçon d’emplois fictifs. Recrutement d’enfants ou de conjoint(e)s. Les collaborateurs parlementaires ont défrayé l’actualité ces derniers mois. L’affaire Fillon est à l’origine d’un grand déballage. L’Occitanie n’a pas échappé à cette « lessiveuse » avec, notamment, des doutes sur l’assistant familial d’une ancienne députée du Lot. Pour lutter contre des dérives, Emmanuel Macron a promis, pendant la campagne présidentielle, d’interdire les emplois familiaux. Le texte est actuellement en discussion au Sénat.

Des interrogations autour des recrutements en amis

Sans attendre une réforme législative, l’Assemblée a rendu public, en plein Pénélope Gate, les noms des collaborateurs de la XIVe législature. S’agissant des nouveaux député(e)s et de la nouvelle législature, il va falloir attendre quelques semaines. Les noms des assistants seront mis en ligne avant la fin de l’été. Autrement dit, la transparence interviendra plusieurs mois après l’élection de l’Assemblée 2017-2022. Cela peut paraître long. Mais, comme le précise, un député de la majorité, « les services sont débordés et justifient un certain flottement par l’arrivée massive de nouveaux députés ».

Une autre source parlementaire estime que la divulgation du nom des collaborateurs est « noyée » sous des problèmes pratico-pratiques : l’attribution des bureaux.

A priori, l’identité des assistants parlementaires est moins sensible qu’autrefois. Le vote imminent d’une loi anti-emploi familiaux rend la transparence moins stratégique. Après l’affaire Fillon et avant l’élection d’Emmanuel Macron, le patronyme permettait d’identifier « la femme ou le mari de…. », la fille ou le fils. La pratique du fiston ou de la conjointe doit être prochainement encadrée.

Dans ce contexte, la publicité autour des assistants parlementaires semble perdre de son intérêt. Mais ce n’est pas évident.

La loi n’est pas encore votée et des pratiques peuvent perdurer. Mais, surtout, l’adoption de la loi peut laisser en suspens des problèmes. C’est notamment le cas des « emplois croisés ». Le  » tu emploies ma fille, j’embauche ta femme » peut être un moyen de contourner la future barrière juridique. Dans le projet gouvernemental, les recrutements croisés sont encadrés. Un encadrement relatif. Les conjoints ou enfants d’un(e) député(e) employé(e) par un(e) autre parlementaire doivent simplement figurer dans la déclaration d’intérêt déposée auprès de la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique.

Le problème des beaux-fils ou des belles filles est également en suspens. S’agit-il d’emplois familiaux et qui, à ce titre, sont interdits ou seuls les liens du sang sont-ils visés ?

Il faut attendre la fin des travaux législatifs pour connaître la réponse. Mais le projet de loi ne prévoyait rien s’agissant des belles familles. Seuls les descendants, les ascendants et les conjoints sont visés.  Les parlementaires vont-ils durcir le cadre ?

En attendant la loi, des recrutements dans le Tarn et Haute-Garonne

En attendant ces éclaircissements, la connaissance de l’identité des collaborateurs parlementaires permettrait de savoir si les nouveaux député(e)s ont « intériorisés » les leçons de l’affaire Fillon. En l’absence de communication officielle de l’Assemblée, France 3 Occitanie a contacté plusieurs député(e)s d’Occitanie pour leur demander le nom et le profil de leurs assistants.

La députée (LREM) de la Haute-Garonne, Monique Iborra précise qu’elle a recruté 3 emplois à temps complet. Une secrétaire et une assistante en circonscription, une collaboratrice à Paris. Députée sortante, Monique Iborra a reconduit son équipe. Peu de temps avant la fin de son précédent mandat, Monique Iborra a arrêté sa collaboration avec sa fille. C’est le staff issu de ce remaniement qui rempile. La député du Tarn-et-Garonne, Valérie Rabault a également bouclé son équipe. Elle continue avec les mêmes collaborateurs.

En revanche, les nouveaux élus sont toujours en recherche de collaborateurs. Les candidatures ne manquent pas. Elles sont nombreuses et correspondent, selon une députée, à des profils. Mais ce vivier ne suffit visiblement à boucler les recrutements. Dans le Tarn, Marie-Christine Verdier-Jouclas (LREM) déclare :

Pour l’instant, je n’ai contractualisé qu’avec la personne sur Paris. Pour les deux autres sur ma circonscription, je suis en train de finaliser et ne peux donc rien avancer

Toujours dans le Tarn, le député (LREM) Jean Terlier est également en train de boucler son staff  et joue la transparence :

Je n’ai pas encore finalisé le recrutement de mes collaborateurs. Je communiquerai leur CV dès que cela sera fait

Selon nos informations, plusieurs nouveaux député(e)s envisageraient de recruter comme assistant leur suppléant. Ce serait notamment le cas de trois député(e)s LREM de la Haute-Garonne, Sandrine Mörch, Mickaël Nogal et Corinne Vignon Cette formule pourrait se heurter à la loi sur le rétablissement de la confiance publique. Ce jeudi 6 juillet, le groupe LR au Sénat vient de déposer un amendement afin d’interdire le recrutement des suppléants.

Laurent Dubois (@laurentdub)

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