18 Oct

« Italiens, 150 ans d’émigration en France et ailleurs »

Copyright Sébastien Soulié

Leur voyage est aussi le nôtre
« Italiens, 150 ans d’émigration en France et ailleurs »

A travers une vingtaine de chansons traditionnelles issues de l’art populaire et un spectacle d’une heure et demi, la troupe toulousaine In Canto, raconte l’épopée de ces hommes et femmes partis d’Italie chercher une vie meilleure. Au départ en tournée dans le sud-ouest, elle va désormais sillonner la France entière et effectuera même un périple transalpin dans les mois qui viennent. Quel joli pied de nez à l’histoire que celle de ces émigrés de retour dans leur pays pour lui faire découvrir son passé.
La salle Georges Brassens d’Aucamville se remplit peu à peu, très lentement, comme un cérémonial inconscient. Ce soir (comme à chaque fois), on affiche complet soit plus de 400 personnes. On y parle italiens bien entendu mais surtout français. Pas de nostalgiques dans l’assistance mais plutôt des curieux. Curieux dans le bon sens du terme, j’entends. Ils sont là, des anciens beaucoup mais aussi des plus jeunes parfois, à vouloir retrouver ce que les livres d’histoire leur ont si longtemps caché : comment 27 millions d’individus ont quitté leur pays, leur terre natale, dans un arrachement parfois insoutenable, pour chercher une existence vivable ailleurs ou plus prosaïquement pour faire manger leur famille.
Il y a ceux que l’eldorado américain a fait rêver. Mais pour cela il fallait endurer « 30 giorni di nave a vapore » (30 jours de bateau à vapeur), la plupart du temps entassés, dormant à même le sol, avec parfois la mort au bout du voyage. Ce fut le cas des naufragés du Sirio qui quitta Gênes en 1906 pour s’échouer près des côtes espagnoles. Plus près de nous mais non moins dramatique, il y a aussi ceux qui ont voulu rejoindre la France, la Suisse ou la Belgique en traversant les Alpes.
Sur l’écran des images en noir et blanc de familles entières, des hommes et des femmes portant parfois des bébés, progressant difficilement, de la neige jusqu’aux hanches. Combien ont échoué ? Pas besoin de s’attaquer à de hauts sommets, beaucoup sont morts aux pieds des falaises de Menton, si près de leur rêve azuréen… Des images terribles portées par des voix : celles du groupe In Canto. Chanteurs et musiciens sont habillés comme ces migrants, robes noires pour les femmes, pantalons à l’étoffe dure et chemises blanches ou marinières pour les hommes.
Ces chants ne sont pas patriotes ou plaintifs. Au contraire, ils sont une ode au monde et le dernier rempart d’une fierté bafouée : celle qui a vu les « ritals » traités de voleurs voire de dangereux assassins comme les anarchistes Sacco et Vanzetti, condamnés injustement à la chaise électrique. Une ballade leur est dédiée. Elle est scandée avec l’âme mais surtout avec les tripes : « Addio amici, in cor la fé, viva Italia e abasso il re ».
Et puis cette déferlante émigrante s’est tarie en 1976. L’Italie, à son tour, est devenue terre d’accueil, ni mieux ni moins bien que le furent les pays rejoints par ses enfants. Le noir et blanc des images anciennes s’est changé en noir et blanc des visages, ceux des africains face à leur hôtes de la péninsule. Aujourd’hui il y a Lampedusa en lieu et place de New-York, alors il ne faut pas oublier.
Pour cela, le spectacle s’achève sur un texte projeté rendant hommage à nos ancêtres migrants. Je pense à ma famille, des chemisiers de Naples partis en Algérie alors française chercher du travail. Je revois mon grand-père, tour à tour pompiste, camelot sur les marchés ou encore coiffeur. C’est leur histoire, c’est notre histoire, une histoire universelle amenée à se répéter sans cesse tant que l’humanité vivra.
Information sur le spectacle et la tournée sur www.radici-press.net

Encensée

Catherine Lemorton

Encensée Catherine Lemorton dans les pages du Monde. Le quotidien national consacrait dans son édition de dimanche-lundi, une page aux lobbyistes de l’Assemblée Nationales. A cet article était joint un portrait de la présidente de la commission des affaires sociales qui débute sur les chapeaux de roue : « A l’écouter raconter son histoire, on se la figure un peu en Erin Brockovich de l’Assemblée Nationale » écrit Hélène Bekmézian. Et la députée haut-garonnaise de poursuivre en expliquant qu’elle était « seule » jusqu’à l’affaire du Médiator et qu’elle est devenue « le porte-drapeau de ce combat ». C’est Gérard Bapt qui va être content…
Dans la suite de l’article, l’élue socialiste rentre dans le vif du sujet et relate le travail qu’elle effectue au quotidien et depuis des années contre les lobbies « qu’il faut rencontrer dans des salles de la démocratie à l’Assemblée(…) et jamais seul à seul ». Catherine Lemorton se livre un peu plus en suggérant les pressions qu’elle a subies : « il y a eu pire que ça(…) C’est derrière moi je ne veux plus en parler ». Puis la pharmacienne toulousaine conclut en parlant d’elle à la troisième personne : « Tous les gens qui criaient dans le désert sur la prégnance de l’industrie pharmaceutique ont trouvé une voix et elle s’appelle Lemorton ».

Encensée

Catherine Lemorton

Encensée Catherine Lemorton dans les pages du Monde. Le quotidien national consacrait dans son édition de dimanche-lundi, une page aux lobbyistes de l’Assemblée Nationales. A cet article était joint un portrait de la présidente de la commission des affaires sociales qui débute sur les chapeaux de roue : « A l’écouter raconter son histoire, on se la figure un peu en Erin Brockovich de l’Assemblée Nationale » écrit Hélène Bekmézian. Et la députée haut-garonnaise de poursuivre en expliquant qu’elle était « seule » jusqu’à l’affaire du Médiator et qu’elle est devenue « le porte-drapeau de ce combat ». C’est Gérard Bapt qui va être content…
Dans la suite de l’article, l’élue socialiste rentre dans le vif du sujet et relate le travail qu’elle effectue au quotidien et depuis des années contre les lobbies « qu’il faut rencontrer dans des salles de la démocratie à l’Assemblée(…) et jamais seul à seul ». Catherine Lemorton se livre un peu plus en suggérant les pressions qu’elle a subies : « il y a eu pire que ça(…) C’est derrière moi je ne veux plus en parler ». Puis la pharmacienne toulousaine conclut en parlant d’elle à la troisième personne : « Tous les gens qui criaient dans le désert sur la prégnance de l’industrie pharmaceutique ont trouvé une voix et elle s’appelle Lemorton ».

Christophe Borgel, « le PS doit pouvoir dire au gouvernement : attention « 

Photo AFP/Pascal Pavani

Dernière ligne droite pour le principal parti de la Gauche. Dans quelques jours le PS va tenir son Congrès dans la ville Rose. Derrière la place des Carmes, dans un restaurant bien connu des toulousains, Christophe Borgel évoque cet événement. Nouveau député de la Haute Garonne, il est un vieux « briscard » de l’appareil socialiste. Jusqu’en juillet dernier, Christophe Borgel était secrétaire national en charge de la vie des fédérations. Il reste responsable, rue de Solferino, des élections. Après le Congrès de Toulouse, il sera, très probablement, renouveler dans ses fonctions. La carte électorale et la galaxie socialiste n’ont pas de secret pour lui. En 2008, aux  cotés de Martine Aubry, il a vécu le Congrès  de Reims.  Autre lieu. Autre époque. « Le Congrès de Reims a été le congrès de l’éclatement. Il a fallu six mois pour recoudre, apaiser, rassembler au plan national comme au plan local ». « Le Congrès de Toulouse est (au contraire) un congrès de rassemblement ». Les petits meurtres entre « camarades », la lutte fratricide entre Martine Aubry et Ségolène Royal appartiennent au passé. Le PS ne se cherche plus – dans le « sang » et les grincements de dents – un présidentiable. Il a un président à l’Elysée. Pour Christophe Borgel, « le Congrès de Toulouse doit répondre à une interrogation majeure : quel est le rôle du parti quand la Gauche est au Pouvoir ? ». Dans son esprit, ce rôle est essentiel. Christophe Borgel garde en mémoire le précédent Jospin. Entre 97 et 2002, le PS s’est assoupi. Le parti gouvernemental s’est endormi sur ses lauriers. Pour le député haut-garonnais, ce scénario ne doit pas se reproduire. « Le gouvernement a le nez dans la gestion. Le parti majoritaire doit assumer un rôle de soutien, d’explication, de défrichage. Mais il doit y avoir une part critique dans le soutien. Il doit pouvoir dire publiquement : attention !!! ».

LD

15 Oct

Duel à l’UMP, samedi 20 octobre dans la Voix est libre

Qui pour succéder à Nicolas Sarkozy comme leader de l’UMP ?
Les 18 et 25 novembre, les militants éliront leur président. D’ici là, le débat s’anime à droite entre les deux prétendants Jean-François Copé et François Fillon.

Nous irons en reportage à Albi à la fédération du Tarn assister à une soirée de discussion. Un échange d’idées qui se poursuivra en plateau avec nos invités :

Nous… La cité

Nous…La Cité

« Quand quatre jeunes de banlieue se prennent d’écrire leur quotidien avec un de leurs éducateurs, ça envoie du lourd »

Ainsi est présentée sur la couverture cette œuvre si précieuse et tellement utile au regard de notre actualité. L’histoire de Joseph Pontus, éducateur, et de quatre jeunes de cité qu’il accompagne dans leur réinsertion, est rare car peu souvent racontée. Elle est également renforcée en authenticité par le fait que ce sont ces jeunes, eux-mêmes, qui se racontent, sans fausse pudeur, sans orgueil et surtout sans fioritures.

Preuve pour débuter du portrait que dresse Rachid, un de ces jeunes, de leur compagnon d’écriture :

–         Joseph, je sais pourquoi t’as fait éducateur comme métier. T’aurais jamais eu les couilles de devenir un voyou et surtout t’aurais jamais pu être flic. Du coup, comme ça, t’es entre les deux.

L’ouvrage se décline ensuite en thématique.

Ecole

Sylvain raconte sa sixième dans un internat de province installé dans un château.

« Le premier pote que je me fais là-bas, c’est Alain, il est dans ma classe et toutes les filles sont en sang sur lui. Il ne fait pas son âge, il est très grand à côté de mon mètre soixante et un. Moi je suis tout petit, je suis même le plus petit de ma classe en âge et en taille, même les filles me dépassent. Tout le monde m’appelle Kirikou. »

Avant même la fin de l’année, Sylvain craquera et fera la suite de sa scolarité dans un collège public de Suresnes.

Rachid, lui, écrit de la prison où il est incarcéré.

« Au début de ma première sixième, y’avait un mec avec qui je traînais dehors. Comme on le sait, un arabe et un gitan, si on les met ensemble, ça peut faire que des conneries ! On a même vendu de la drogue dans le collège, on en a vendu à tout le monde, mais surtout aux troisièmes et aux quatrièmes. »

« Par contre, j’ai jamais volé de meufs-enfin, si, deux fois-mais je le regrette encore. Déjà, parce qu’elles crient, ça ameute tout le monde et puis, on ne sait jamais, si ça tourne mal et que t’es obligé de mettre une baffe…Non, franchement, pas les femmes. Pareil pour les magasins. J’ai toujours eu honte de voler pendant les heures d’ouverture. Y’a des heures pour acheter et des heures pour voler. Moi, je ne suis pas un voleur  de magasins ouverts. »

Ce même Rachid écrit également son journal de mitard, autrement dit de quartier disciplinaire, quand il est une fois de plus sanctionné, au sein même de la prison.

« Promenade, en même temps que Choukette. Lecture, prières, gamelle, prières, galère !!! J’écris à mon avocat et au chef du bâtiment. Je repense à mon passé. A ma famille, aux morts de ma famille, je pense à mon avenir et je ne vois rien. J’ai vingt-deux ans ! »

A lire également la rencontre avec un surveillant que le jeune homme découvre humain et dont il aurait pu peut-être se faire un ami, en d’autres circonstances.

Les émeutes de 2005.

« En tout cas pendant les émeutes, la plupart des portes, elles, étaient ouvertes, les gens t’accueillaient, te donnaient à manger. C’est normal, même si t’es vieux, quand tous les jours, tu vois les flics qui humilient tout le monde, c’est une façon d’être solidaire (…)

On voyait bien que l’Etat avait peur, mais ce qui a vraiment manqué chez nous, c’est une organisation. Y avait pas de réunion, on faisait ça à l’improviste. Chaque cité faisait son truc dans son coin. Si il y avait eu des contacts avant, des vrais chefs, ça aurait été vraiment fumant ! (…)

Après, je ne sais pas si j’y retournerais aujourd’hui. Ça dépend mis c’est vrai que l’envie, elle est là. J’ai toujours une petite haine des keufs et elle peut vite devenir une grosse flamme. Si un jour faut faire la guerre aux keufs, je la ferai. Si faut aller place de la Concorde comme à la place Tahrir, j’irai, et même s’il faut s’armer de Kalach et de gilets pare-balles ».

Yougataga ! (NDR :  l’équivalent d’une « année Rock’n Roll)

La cité est dure et ses narrateurs aussi parfois, comme l’est Rachid quand il décrit le profil de ses anciens acheteurs.

« Les clients tu vois de tout, de toutes les couches sociales. Ça va du petit de douze ans au tellement vieux qu’on dirait qu’il a fait le Hadj (Pèlerinage à la Mecque), soixante-cinq, soixante-dix ans. Tu vois des riches, des junkies, des gens que t’as vu à la télé. Tu vois toute la France »

Plus réaliste encore, le point de vue de ce même Rachid sur la loi et la politique à mener en termes de lutte contre la drogue.

« Sinon en ce moment, ça parle beaucoup de légalisation. La légalisation, c’est une connerie. C’est l’Etat qui va vendre, déjà qu’il y a de la violence, ça va être encore pire. Ils vont vendre quoi, les gars, après ? Non, ce qu’il faut, c’est ouvrir des écoles, des gymnases, créer des emplois, faire partir les gens en vacances. C’est comme ça que tu inciteras les gens à ne plus dealer »

La religion

A l’heure où l’on parle recrudescence des intégristes radicaux dans les cités, d’islamistes prêts à tout sur notre propre territoire, là aussi le regard de ces jeunes est des plus clairvoyants.

(…) Après, dans le Livre, il est dit qu’il est important de respecter les autres religions. Moi j’en veux pas aux juifs mais aux israéliens ou pour être encore plus précis, à l’Etat hébreu. Et il y a des trucs que je ne comprends vraiment pas… Comment des gens qui ont connu des camps de concentration peuvent en fabriquer à leur tour ? Comment ils peuvent faire souffrir des gens alors qu’eux ont déjà souffert ?

Dans quarante ans on sortira les photos de Gaza et celles des camps, on aura quoi comme différences ? Une elle est en couleurs et l’autre en noir et blanc. Des mères derrière des barbelés.

Mais attention, les mecs dans la cité, ils disent : « La Palestine ! La Palestine !!! » C’est un beau combat mais il y en a d’autres aussi. Et le Darfour ? Et le Soudan ? Le problème c’est qu’on ne peut pas se battre pour tout ni pour tout le monde. Moi le premier. »

Sylvain, lui, est plus direct mais non moins pragmatique : « Comment font les gens pour ne pas croire en Dieu ? Comment est-on là, tout simplement ? Il y a bien un commencement… »

Alex est pas mal non plus dans le genre.

« La religion, ça m’aide dans la façon d’être avec les autres et aussi dans la façon d’être avec moi-même. Je ne doute absolument pas du choix que j’ai fait. J’ai encore des tonnes de trucs à apprendre, j’en aurai jamais fini ».

Vient se greffer à ces témoignages à vif, celui, non moins poignant et impliqué de leur éducateur, Joseph Pontus, le maître d’œuvre de ce livre. Un regard vif et à fleur de peau, notamment quand il décrit l’appareil judiciaire dans lequel ses ouailles se retrouvent plus qu’à leur tour empêtrées.

« L’avocat de Toufik est vraiment de cette race de truands qui s’acoquine avec le milieu, c’était le même qui avait défendu Rachid pour le bris de la porte de sa chambre d’isolement à l’hosto. Il est toujours aussi poseur, infatué, irritant. Semble lire avec mépris la note que je lui tends. Et si c’est comme la dernière fois, il fera style qu’il ne plaide même pas et ne reprendra que nos mots. Mais bon, on verra bien ».

Juges et policiers ne sont pas non plus épargnés, les premiers par l’éducateur, les seconds par les jeunes.  JAP, présidents de tribunaux, policiers de la BAC,  ne sont pas forcément montrés sous leur meilleur jour mais ce n’est pas là le but de ce livre. La vérité est parfois difficile à entendre.

Post-scriptum

Le livre se clôt sur un post-scriptum où Joseph Pontus cite notamment Pierre Michon et « ses vies minuscules » parues chez Gallimard.

« A leur recherche, pourtant, dans leur conversation qui n’est pas du silence, j’ai eu de la joie, et peut-être fut-ce aussi la peur ; j’ai failli naitre souvent de leur renaissance avortée, et toujours avec eux mourir ; j’aurais voulu écrire du haut de ce vertigineux moment, de cette trépidation, exultation ou inconcevable terreur, écrire comme un enfant sans parole meurt, se dilue dans l’été : dans un très grand émoi peu dicible ».

Et l’éducateur de reprendre ses propres pensées alors qu’il sait qu’il va changer d’affectation et que son travail avec ses protégés est terminé.

« Comme un parent qui voit ses enfants partir du foyer. Le cœur se serre. Déjà penser aux retrouvailles. On sortira la meilleure bouteille, ce sera dimanche, la table de fête sera mise juste ce qu’il faut de nostalgie pointera le bout de son museau. On se rappellera des beaux moments avec ce rien de pudeur qui sait que nos vies sont désormais plus liées, plus tant que ça. »

« Nous…La cité » Rachid Ben Bella, Sylvain Erambert, Riadh Lakhéchène, Alexandre Philibert et Joseph Pontus, Label « Zone », éditons La Découverte.

11 Oct

La voix est libre du 13 octobre : Quel pouvoir en région ?

Décentralisation : Acte III. C’est sous ce symbole qu’ont été placés les Etats généraux de la démocratie territoriale qui se sont tenus la semaine dernière au Sénat.

Voir l’émission

François Hollande a voulu que chaque grande politique corresponde désormais à une seule collectivité (ex : l’emploi aux régions »).

Oui mais voilà,

  • les collectivités locales en ont-elles les moyens ?
  • Comment faire pour que les citoyens s’y retrouvent ?
  • Paris ne restera-t-elle pas quoi qu’il arrive le centre des décisions politiques ?

Avec nous pour en débattre, Elisabeth Pouchelon, conseillère régionale UMP et Jean-Jacques Mirassou sénateur PS de Haute-Garonne.

10 Oct

Jacques Thouroude : « on ne fait rien pour le Sud du Tarn »

Jacques Thouroude, maire adjoint de Castres et conseiller régional dans une salle de réunion à l'Hotel de Région

72 km entre la mairie de Castres et l’Hôtel de Région, à Toulouse. Jacques Thouroude effectue ce trajet d’1 heure 20 toutes les semaines. Il le trouve bien trop long. L’élu attend toujours une autoroute reliant la sous préfecture tarnaise à la capitale régionale. Il est impatient. « Depuis 1994, le dossier est sur la table et tout le monde a dit, y compris le CESER (Conseil Economique, Social et Environnemental Régional) qu’il y a urgence ». Malgré ce coup de klaxon , Jacques Thouroude regrette un coup de frein. « Depuis quelques temps, (il) observe un changement de position ». Au lieu d’accélérer le dossier, certains sont tentés par une voie de garage. Jacques Thouroude vise Thierry Carcenac. D’après lui, le président du Conseil Général du Tarn veut abandonner le projet autoroutier au profit d’un aménagement de la RN 126. Ce « torpillage » passe par une manœuvre financière. « Thierry Carcenac va limiter au maximum l’apport du Conseil Général. Cela va conduire, par un effet de vase communiquant, à un tarif de péage insupportable. Avec un tarif à 14 ou 15 euros, on dira : bien trop cher, l’autoroute ne sera jamais rentable. On ne la fait plus ». Pour Jacques Thouroude, cette attitude est inadmissible. « On a dépensé 48 millions d’euros pour la rocade d’Albi. La déviation de Carmaux a couté 77 millions d’euros. Le Conseil Général du Tarn a trouvé des millions pour le gouffre de Cap Découverte ». En revanche, « s’agissant de Castres – second bassin d’emploi de Midi Pyrénées – on ne fait rien ». Jacques Thouroude dénonce « un déséquilibre entre ce qui a été distribué au Nord du département et le traitement réservé au Sud ». Au-delà d’une fracture territoriale, Jacques Thouroude pointe directement du doigt Thierry Carcenac. Le conseiller régional UMP estime que le président socialiste du département veut privilégier d’autres chantiers. Le désenclavement de Castres n’est pas, pour lui, une priorité. « Carcenac a envi d’un contournement de Réalmont. Il ne peut pas financer ce projet et affecter les sommes nécessaires au projet autoroutier ». Cette utilisation sélective des deniers départementaux n’est pas forcément étrangère à un chantier très politique : une candidature Carcenac aux prochaines sénatoriales.

LD

09 Oct

Nom de Nom !

Le village de Laguiole dans l'Aveyron - Photo de Pierre Lesage

Quand nos villages ne s’appartiennent plus… Dernier exemple en date, la commune de Laguiole en Aveyron Le village a perdu l’usage commercial de son nom. Ainsi en a décidé, le 13 septembre dernier, le tribunal de grande instance de Paris. Un petit entrepreneur du Val de Marne peut ainsi commercialiser sous l’intitulé Laguiole des produits fabriqués en Chine. Il est en effet détenteur officiel du nom « Laguiole ». Thierry Moysset, gérant de la forge aveyronnaise, ne peut lui, en revanche commercialiser aucun autre produit que ses couteaux sous le nom de sa commune. Ubuesque ? Non, légal.
Lundi, Sylvia Pinel est donc allée soutenir les artisans locaux en leur promettant une IGP (Indication géographique Protégée). Aujourd’hui cette certification ne vaut qu’en agriculture ou viticulture, la ministre déléguée à l’artisanat souhaite l’étendre aux produits manufacturés.
Son objectif : « protéger nos savoir-faire et nos emplois ». Les 1300 habitants de Laguiole pourront ainsi, d’ici quelques mois voire années, commercialiser sous le nom de leur commune des produits certifiés.
Mais cette IGP n’empêchera en rien l’entrepreneur du Val de Marne de continuer à vendre sous la marque Laguiole des produits fabriqués en Chine ! Et le cas se présente également, sous des modalités différentes certes, mais dans le même (mauvais) esprit, sur une marque de préservatifs estampillés « Condom » jouant sur le nom de la commune du Gers.
Alors à quand un « Gaillac » ou un « Roquefort » made in China ? La France n’est pas le seul pays dépossédé, l’Italie avec son jambon de Parme a du, elle aussi en son temps, défendre son bout de gras. Et il y aura à Laguiole, comme ailleurs, encore bon nombre de batailles de nom…à couteaux tirés.

Patrick Noviello

05 Oct

Lettre à François…

François, Jean-Marc, Martine, qu'allons-nous faire de notre victoire ? par Christian Picquet

« Une lettre ouverte » c’est ainsi que Christian Picquet qualifie son ouvrage « François, Jean-Marc, Martine, qu’allons-nous faire de notre victoire ? » (Editions Arcane17). Un ouvrage qui sort quarante ans après la signature du Programme Commun de la Gauche, une date-clé que rappelle en introduction le co-fondateur du Front de Gauche. Très vite également, le conseiller régional fait aussi référence à 1983 et «le tournant de la rigueur » comme un effet miroir à notre actualité politique et économique.
Même si actuellement, le Front de Gauche ne se veut nullement dans l’opposition mais dans la proposition, Christian Picquet fait valoir deux gauches, l’une gouvernante « tenaillée par la tentation permanente du renoncement », l’autre « de radicalité, campée sur l’attente de l’alternative ». Pour l’auteur, la gauche au pouvoir n’a pas d’autres choix que « le suicide ou l’audace ». Et au leader de la Gauche Unitaire d’exposer son grief principal contre le programme de François Hollande« Nous aurions aimé un projet plus ambitieux ».
Ainsi est dénoncée « une politique d’austérité » menée notamment par Didier Migaud, président de la Cour des Comptes, « politique qui va mener à l’anéantissement de la Gauche ». Christian Picquet pointe également du doigt le pacte européen de stabilité budgétaire « qui condamne l’Europe à subir le même sort que la Grèce ». Il faut donc selon lui « changer de logiciel ». Augmenter le smic de 0,6% ne suffit pas, explique l’ancien de la LCR, il faut redistribuer les richesses.
Quelques pistes sont données en fin d’ouvrage, comme une « révolution fiscale » qui s’attaquerait plus aux bénéfices et aux dividendes, et n’hésiterait pas à faire appel à des « dispositions confiscatoires ». Dans le collimateur également, les licenciements boursiers qui doivent être supprimés. Enfin, « une augmentation des salaires et pensions » est préconisée. Dans « Changer de destin », François Hollande avait qualifié le programme du Front de Gauche « d’idées généreuses sur les salaires et une prodigalité dans la dépense publique ». A voir cette divergence d’opinion, on peut se demander si cette lettre ouverte ne restera pas lettre morte ?

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