20 Sep

Sénatoriales Lot et Hautes-Pyrénées : les candidates En Marche face à la colère des maires

Face à la grogne des élus locaux, les candidates En Marche aux sénatoriales tentent une parade : la pédagogie.

Sénat. Photo MaXPPP/Lafite

Sénat. Photo MaXPPP/Lafite

Suppression de la taxe d’habitation. Fin des emplois aidés. Baisse des dotations. Les élus locaux sont en colère. Le mécontentement risque de peser sur les urnes, dimanche 24 septembre.  Les maires et conseillers municipaux fournissent les gros bataillons du corps électoral sénatorial. Le 1er test « post-présidentielle » peut mal tourner pour Emmanuel Macron et ses candidats. Les ténors de La République En Marche anticipent et font profil bas.

La République En Marche est un parti nouveau, sans assise locale. Par nature, les sénatoriales sont compliquées pour les « macronistes ».

Après une série d’annonces qui fâchent, le challenge se transforme en parcours du combattant.

Dans le Lot et les Hautes-Pyrénées, les deux représentantes d’En Marche reconnaissent que le climat est hostile. Virginie Siani avoue :

« c’est vrai. Ils (ndlr : les élus locaux) sont en colère. »

Même constat du côté de Cahors. Agnès Simon-Picquet déclare :

C’est certain. Il y a un besoin d’explication. A cause d’une certaine désinformation. Peut-être aussi à cause d’un manque communication.

La candidate lotoise estime, toutefois, qu’elle est très bien accueillie. Même ressenti pour Virginie Siani. Cette dernière est vice-présidente du conseil départemental et maire d’une commune. Elle connait et fréquente les élus locaux. Virginie SIani fait la tournée d’une quinzaine de mairies par jour. Les élus sont au rendez-vous. Les réunions sont également ouvertes aux non-électeurs c’est-à-dire aux citoyens. Certains se déplacent.

Parmi les dossiers chauds, la candidate du Lot cite les dotations « qui reviennent souvent dans les discussions« . En revanche, Agnès Simon-Picquet estime que la polémique autour de la suppression des emplois aidés n’impacte pas vraiment sa campagne :

Des maires nous disent directement que nous n’allons pas parler des emplois aidés que ce n’est pas un sujet car ils savent que des communes ont abusé. Ils sont d’accord avec la politique d’Emmanuel Macron

Dans le Lot comme dans les Hautes-Pyrénées, les deux candidates adoptent le même « parapluie » face au gros temps : la pédagogie. Rencontres et explications. Virginie Siani présente également sa vie du mandat sénatorial :

J’ai voté pour les sénatoriales et pendant 6 ans (ndlr : durée du mandat), je n’ai pas vu une seule réunion. Si je suis élue, je ferai un travail d’information des élus avec des réunions sectorielles. Des remarques pourront remonter. Je me tiendrai également informée des amendements ou des propositions de loi que je pourrai déposer. Sur les lois déjà votées, applicables, et qui concernent les Hautes-Pyrénées, les élus pourront également faire remonter des améliorations ou des demandes d’explications.

Les 854 Grands Électeurs des Hautes-Pyrénées diront, dimanche prochain, s’ils sont sensibles à la méthode.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

 

 

Le maire (LR) de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, critique la méthode Macron

Absence de concertation. Rupture de confiance. Décisions abruptes. Le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc critique la méthode Macron.

Jean_Luc Moudenc et Emmanuel Macron Photo : AFP/Pavani

Jean_Luc Moudenc et Emmanuel Macron à Toulouse. Septembre 2017 Photo : AFP/Pavani

La 17e Conférence des Villes est organisée ce mercredi 20 septembre. Elle se déroule à l’Hôtel de Ville de Paris en présence du premier ministre, Edouard Philippe. Le maire de Toulouse et président de France Urbaine, Jean-Luc Moudenc, a prononcé un discours d’accueil. L’élu toulousain n’a pas contesté les coupes  budgétaires annoncées par le gouvernement. « Je ne demande pas plus de crédits. Je sais que vous n’en disposez pas » a déclaré fe maire de Toulouse face au premier ministre. Jean-Luc Moudenc s’est contenté de solliciter plus d’autonomie. Notamment fiscale.

Compréhensif sur le fond, Jean-Luc Moudenc est, en revanche, critique sur la forme. Le maire de Toulouse dénonce une certaine précipitation et surtout une absence de concertation :


JL Moudenc et méthode Macron

La critique du maire de Toulouse est directe. Mais cela n’empêche pas Jean-Luc Moudenc de vouloir « aider » Emmanuel Macron. Et, pour cela, il a besoin de la « collaboration » du président de la République. En effet, lors d’une rencontre en terre toulousaine, le maire de la Ville Rose a demandé au Chef de l’Etat de « l’aider à convaincre mes collègues élus locaux de la sincérité de la démarche de l’exécutif« .

Laurent Dubois (@laurentdub)

19 Sep

Et François Hollande fut intronisé dans la confrérie du melon de Lectoure !

L’ancien président de la République a eu droit à son intronisation dans la confrérie gersoise lors de l’opération des marchés flottants du sud-ouest le week-end dernier à Paris.

(Photo : CDT du Gers/Twitter)

(Photo : CDT du Gers/Twitter)

Que c’est dur la vie d’ex ! Ex-Président de la République, François Hollande, après quelques semaines de congés suivant son départ des l’Elysée, est de retour et ça carbure ! Ce week-end, lors des Marchés flottants du sud-ouest à Paris, l’ancien chef de l’Etat a été ni plus ni moins qu’intronisé dans la célèbre confrérie du melon de Lectoure dans le Gers.

Une initiative de son ami et ex-éphémère ministre de l’écologie, le président PS du Conseil départemental du Gers, Philippe Martin.

Voilà donc, l’ancien Président membre éminent de la confrérie et désormais promoteur du melon gersois sur toute la planète. Notons cependant que sur la photo de l’événement (ci-dessus), il n’y a pas que du melon sur la table, mais aussi des toasts au foie gras… du Gers.

Il faut dire que le Gers n’est pas terra incognita pour François Hollande. Il y séjourne en effet régulièrement dans le château que possèdent les parents de Julie Gayet à Berrac, près de…Lectoure !

Avec régulièrement, du melon au menu.

FV (@fabvalery)

08 Sep

L’enquête sur les activités de voyance de la députée Corinne Vignon classée sans suite

Le parquet classe sans suite l’enquête préliminaire visant la députée (LREM) Corinne Vignon pour « absence d’infraction ». C’est l’épilogue d’une affaire hors norme.

Corinne Vignon (Photo : Vincent Isore/MaxPPP)

Corinne Vignon (Photo : Vincent Isore/MaxPPP)

L’enquête aura duré un peu moins de 3 mois. Le SRPJ a mené des auditions et examiné des comptes. Sur la base de ces investigations, le procureur de la République de Toulouse vient de prononcer un classement sans suite. Le  dossier Vignon est atypique en raison des faits en cause : une activité de voyance. Mais c’est également un dossier sensible, politique, en raison de la personnalité de Corinne Vignon : une candidate en campagne devenue députée de la majorité. Les particularités de l’affaire ne s’arrêtent pas là. Le timing de l’ouverture de la procédure et les conditions de la clôture du dossier posent questions.

Une enquête ouverte 3 jours avant une élection

Le parquet de Toulouse rédige rarement des communiqués de presse. Mais le 15 juin dernier, les rédactions reçoivent un texte indiquant qu’une enquête préliminaire est ouverte à l’encontre de Corinne Vignon. La date de cet envoi est en soi remarquable. Une candidate aux législatives est visée par une procédure 72 heures avant un second tour. Ce télescopage entre le calendrier judiciaire et l’agenda politique est, en soi, remarquable. Généralement, la Justice ne veut pas donner l’impression d’interférer avec un scrutin. L’ouverture d’une enquête influence forcement les électeurs. Bref, les magistrats évitent d’entrer dans l’arène électorale.

Mais, visiblement, ce principe de précaution n’a pas joué dans l’affaire Vignon. C’est d’autant plus étonnant que les faits « incriminés » ne constituaient pas un trouble à l’ordre public. Ils remontaient à la période 2012-2014. Où était l’urgence ? De plus, dans la hiérarchie des infractions, le dossier Vignon n’est pas au sommet. La gravité des soupçons ne justifiait pas de frapper vite et fort. Dans son communiqué de presse, le parquet mentionnait un « travail dissimulé lié à une activité de voyance ». Ce n’est pas du « stup » ou de « la bande organisée ». Dans ces domaines, pour préserver les preuves et les témoins, il est souvent nécessaire de lancer rapidement la machine judiciaire.

S’agissant de Corinne Vignon, il s’agissait d’un signalement du fisc au sujet de sommes liées à une activité de voyance. Le parquet pouvait attendre, sans compromettre l’efficacité de l’enquête.

Un choix a été fait. C’est celui de confier, de manière express, une enquête au SRPJ. Evidemment, ce qui était prévisible s’est produit. Les derniers jours de campagne de Corinne Vignon se sont transformés en « tsunami » médiatique. La candidate LREM a dénoncé une « machination politique ». Elle peut, en tout cas, éprouver un légitime sentiment de gâchis. Tout ce « tohu-bohu », pour un classement sans suite. Bien évidemment, seule une enquête pouvait lever les soupçons. Mais le bilan est sombre si on met en proportion la rapidité de l’intervention de la justice et le résultat de l’action judiciaire.

Un résultat qui prend la forme d’un non lieu au motif que l’infraction n’est pas constituée. Un non lieu qui intervient aussi rapidement que l’enquête a été lancée.

Un classement sans suite express

Le dossier Vignon arrive sur le bureau du Procureur par les services fiscaux. En amont de l’enquête judiciaire, la direction des Finances Publiques de la Haute-Garonne a déjà « scanné » les revenus de la future députée. Le « fisc » s’est livré à une expertise. Il a estimé que les soupçons étaient suffisamment lourds pour justifier la saisine de la justice. Le classement sans suite est, d’ailleurs, un camouflet pour les « impôts ». Leur analyse n’est donc pas suivie par le parquet.

Mais, surtout, cela signifie que les enquêteurs du SRPJ ne partaient pas complètement de zéro. Un certain balisage pouvait accélérer le mouvement et l’enquête. Néanmoins, la période n’était pas vraiment propice. L’ouverture de l’enquête date du mois de juin. En juillet et surtout au mois d’août difficile de mener des auditions. Les témoins éventuels sont à la plage ou à l’autre bout de la France.

Mais, selon nos informations, mercredi 6 septembre, les enquêteurs cherchaient toujours à contacter des témoins. 48 heures avant le classement sans suite, le SRPJ continuait donc ses investigations. Cela laisse peu de temps pour faire la synthèse des procès-verbaux, les transmettre au Parquet, que ce dernier prenne connaissance du rapport et se prononce.

Les magistrats sont les premiers à déplorer la lenteur de la Justice. Dans l’affaire Vignon, cela n’a pas traîné.

Laurent Dubois (@laurentdub)

Louis Aliot et la LGV : « la gauche régionale se couche »

Pour le député (FN) des Pyrénées-Orientales, la gauche régionale capitule sur le dossier de la LGV. Louis Aliot lance un appel pour relancer le projet.

Louis Aliot, député (FN) des Pyrénées-Orientales; Photo : MaxPPP

Louis Aliot, député (FN) des Pyrénées-Orientales; Photo : MaxPPP

Cela n’arrive pas tous les jours. Louis Aliot, Jean-Luc Moudenc et Carole Delga sont sur la même ligne. Pas question de lâcher le projet LGV. Le maire (LR) de Toulouse et la présidence (PS) d’Occitanie refusent d’enterrer un dossier vieux de plus de 20 ans.ce mardi 5 septembre, les élus d’Occitanie ont défendu, auprès de la ministre des Transports, un modèle de financement calqué sur celui du Grand Paris.

Pour le maire de Toulouse et la présidente de Région, l’annonce estivale de Nicolas Hulot (« on n’a pas les moyens ») ne signe pas un arrêt de mort. Louis Aliot est sur le même registre. Le député des Pyrénées-Orientales estime que la déclaration du ministre de la Transition Ecologique se résume à un abandon de la LGV : « Adieu la ligne Toulouse-Bordeaux. Mais aussi à l’axe majeur européen Madrid-Barcelone-Perpignan-Montpellier-Paris ! Et Toulouse-Madrid« .

Mais le représentant du Front National affirme ne pas « tolérer cet abandon car c’est un déclassement territorial qui accentuera notre retard en matière de création d’emplois et de dynamisme européen« .

Louis Aliot n’aborde pas la question centrale du financement. Le député des PO se contente de poser une question : « où sont passés les fameux crédits européens auxquels la France contribue pourtant largement, très largement ? ». La gauche régionale propose des solutions alternatives et se projette dans l’après-TGV. La France Insoumise propose un doublement des lignes et l’écologiste Gérard Onesta plaide pour un abandon du fétiche des 320 km/h.

Mais, pour Louis Aliot, « les rouges-verts imaginent déjà des scénarios qui ne verront pas plus le jour que le reste« .

Laurent Dubois (@laurentdub)

07 Sep

Emmanuel Macron en visite à Toulouse, lundi 11 septembre, sur le thème du logement

Le président de la République sera à Toulouse lundi 11 septembre.

Emmanuel Macron lors de sa visite en région toulousaine. avril 2017; Photo : Max PPP

Emmanuel Macron. Visite en région toulousaine. avril 2017 (Photo : MaxPPP)

La dernière visite remonte à avril 2017. A l’époque, Emmanuel Macron était un candidat en campagne. Lundi 11 septembre, ce sera dans le costume de président de la République que le nouveau locataire de l’Elysée reviendra en région toulousaine. Le contenu du déplacement n’a pas été encore communiqué aux député(e)s LREM de la Haute-Garonne. Mais, selon nos informations, cette visite se déroulera de 9 heures à 15 heures et sera consacrée à la thématique du logement.

Trois rendez-vous sont à l’agenda. Un centre d’accueil de femmes. Une réunion au Capitole et une autre à la Préfecture de Région.

En pleine polémique sur la baisse de 5 euros des APL et suite à l’appel du Président de la République aux propriétaires de baisser en compensation leurs loyers de 5 euros également, le thème du logement ne manquera pas de faire réagir.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

L’épouse de Jean-Luc Moudenc va quitter son poste à Toulouse Métropole

Blandine Moudenc, cheffe de cabinet de son mari à Toulouse Métropole, est touchée par la nouvelle loi Belloubet de moralisation de la vie publique qui interdit les emplois familiaux. Elle va démissionner.

Blandine et Jean-Luc Moudenc (Photo : Xavier de Fenoyl / MaxPPP)

Blandine et Jean-Luc Moudenc (Photo : Xavier de Fenoyl / MaxPPP)

L’affaire Pénélope Fillon a des effets jusqu’à Toulouse. A la suite de l’affaire Fillon, nombre de candidats à l’élection présidentielle avaient promis de légiférer sur le sujet. Emmanuel Macron élu, c’est l’éphémère garde des Sceaux François Bayrou qui s’est attelé à l’écriture du texte. Après son départ du ministère de la Justice, le texte de loi a échu à la Toulousaine Nicole Belloubet. Après les aller-retours de l’été entre Assemblée Nationale et Sénat, la loi organique « pour la confiance dans la vie politique » a été adoptée le 9 août dernier. Dans la foulée, le Conseil constitutionnel a été saisi par le groupe Les Républicains. La haute-juridiction, dont est d’ailleurs issue Nicole Belloubet, doit se prononcer dans les jours qui viennent.

Si les juges suprêmes ne voient pas d’inconstitutionnalité dans cette loi, elle sera rapidement promulguée. Dès lors, la partie du texte de loi organique sur les emplois « familiaux » s’appliquera : interdiction des emplois familiaux de collaborateurs « pour la famille proche » (c’est à dire conjoints, partenaires de Pacs, concubins, parents et enfants mais aussi ceux du conjoint, partenaire de Pacs ou concubin) pour les ministres, parlementaires et  exécutifs locaux, sous peine de trois ans de prison et 45 000 euros d’amende, avec restitution des sommes versées.

Avant d’être élu maire LR de Toulouse en 2014, Jean-Luc Moudenc avait déjà embauché son épouse comme collaboratrice parlementaire. Arrivé au Capitole, il l’a d’abord nommée cheffe de cabinet adjointe à la Métropole puis cheffe de cabinet.

Dans l’entourage de Jean-Luc Moudenc on fait savoir que la nouvelle loi sera « bien évidemment respectée et appliquée par Blandine Moudenc ».

Une démission de son épouse qui va imposer une réorganisation de ses services à Jean-Luc Moudenc.

FV (@fabvalery)

05 Sep

Pour la gauche régionale, l’après LGV Paris-Toulouse a commencé

Pour les écologistes et le Parti de Gauche, la LGV Toulouse-Bordeaux est morte. Il faut rapidement un nouveau projet.

Photo MaxPPP

Photo MaxPPP

Le ministre de la Transition Ecologique, Nicolas Hulot a enterré la ligne à grande vitesse (LGV) Toulouse-Bordeaux. Une évaluation doit être menée au niveau national s’agissant des infra-structures de transport. Mais un représentant de la majorité présidentielle précise que « de toute manière cela ne changera rien. Les collectivités favorables au projet nous parle de financement innovant. On ne voit pas ce que cela veut dire; Il n’y a pas d’argent et Toulouse est la seule ville en France dont décolle un avion pour Paris toutes les 20 minutes ».

Chez les amis écologistes de Nicolas Hulot, l’officialisation de la fin de la LGV n’est pas une surprise. Pour le président (EELV) du Bureau de l’Assemblée Régionale, Gérard Onesta, c’est une évidence :

Le projet est mort parce qu’il n’est pas finançable. Cela fait 15 ans qu’on répète que le projet est un fantasme. Si on nous avait écoutés, cela ferait des années qu’un train à grande vitesse serait arrivé à Matabiau ».

Gérard Onesta estime que le projet de LGV était compromis dès le départ. Le vice de conception se situe dans un financement improbable et les milliards d’euros nécessaires. Mais l’ancien vice-président du Parlement Européen va plus loin et met en cause le concept même de Grande Vitesse :

Toute l’Europe de la grande vitesse roule à 220-230 kilomètres heures et on voulait nous vendre un TGV qui roule à 330 kilomètres heures. Si on accepte une grande vitesse conforme à la norme européenne, cela change le prix. Si on met 3 heures 20 au lieu de 3 heures, la belle affaire !

Gérard Onesta critique également un projet qui transformait Toulouse en terminus. L’élu écologiste estime que cela n’avait pas de sens d’oublier un prolongement vers Montpellier. Maintenant que le requiem est dit, la principale question est la suite des événements. Sur ce point Gérard Onesta est pragmatique :

On peut continuer à faire des manifestations pour une LGV. Mais, dans 20 ou 30 ans, on continuera à attendre un TGV. Des gens ont fait des promesses. Mais politiquement on a le droit de se tromper et de le dire, ce n’est pas grave. On doit trouver une porte de sortie honorable.

Dans les rangs du Front de Gauche, des propositions alternatives sont mises en avant. Elles seront défendues dans l’hémicycle du conseil régional. Guillhem Seyriès déclare :

La LGV c’était une chimère et ceux qui l’ont défendu becs et ongles ont simplement réussi à nous faire perdre du temps. Ce qu’il faut c’est doubler certains tronçons pour améliorer le temps de  trajet. Si on met 3 heures 40 au lieu de 3 heures 15, avec les économies réalisées on pourrait maintenir des trains de nuit, développer la ligne POLT (ndlr Paris Orléans Limoges Toulouse) dont le devenir est en danger

La LGV aura tout de même réussi un petit exploit politique. Celui de mettre sur les mêmes rails, la gauche régionale. Gérard Onesta et Guilhem Seyriés siègent dans le même groupe, Nouveau Monde. Mais l’écologiste et l’élu du France Insoumise votent rarement ensemble et s’opposent quasi-systématiquement. S’agissant de la LGV Toulouse-Bordeaux, les deux voix convergent. Mais elles vont fatalement se heurter à la détermination et à l’engagement pro-TGV de la présidente d’Occitanie, Carole Delga.

Laurent Dubois (@laurentdub)

01 Sep

Radicaux de Gauche et Valoisiens : la fusion des « frères ennemis » est… en marche

Les radicaux de gauche et le parti Radical se mettent autour de la table pour fusionner. Un déjeuner s’est déroulé ce mercredi 30 août à Toulouse.

Jean-Jacques Bolzan et Didier Codorniou à Toulouse (photo : JJBolzan/twitter)

Jean-Jacques Bolzan et Didier Codorniou à Toulouse (photo : JJBolzan/twitter)

Après 45 ans de séparation, la ré-union avance. A Toulouse, le rapprochement se prépare activement. Mercredi 30 août, des élus radicaux se sont retrouvés à l’occasion d’un déjeuner. La délégation « Valoisienne » était représentée par son président départemental. Jean-Jacques Bolzan était accompagné par le 1er adjoint du maire de Toulouse, Jean-Michel Lattes. Du côté des radicaux de gauche, le maire de Gruissan et conseiller régional, Didier Codorniou était présent avec le futur ancien maire de Blagnac, Bernard Keller.

Ce casting résume, à lui seul, la nature de la fusion. Jean-Jacques Bolzan siège dans l’opposition au sein de l’assemblée régionale. Bernard Keller et Didier Codorniou sont membre de la majorité et soutiennent la présidente d’Occitanie, Carole Delga. Que ce soit en Haute-Garonne ou ailleurs en France, c’est la même chose.

Depuis 1972, les radicaux ne sont pas simplement divisés. Ils ont des parcours opposés. En 2002, les « Valoisiens » soutiennent Jacques Chirac. Pendant ce temps, leurs « camarades » du PRG sont derrière l’adversaire de l’ancien maire de Paris, Lionel Jospin. Les « Valoisiens » ont participé à tous les gouvernements de droite : 1986, 1995, 2002. Les radicaux de gauche ont eu des ministères sous des présidents socialistes.

Lors de la dernière présidentielle, Sylvia Pinel a participé à la primaire organisée par le parti socialiste. Après son élimination, la présidente du PRG a soutenu Benoît Hamon. En revanche, l’UDI à laquelle appartient le parti Radical a oscillé entre Macron et Fillon.

Au niveau local, on retrouve le même « schisme ». Jean-Jacques Bolzan a été élu au Capitole grâce à la défaite du socialiste Pierre Cohen. L’élu toulousain a également obtenu un mandat régional en étant sur la liste concurrente à celle de la socialiste Delga. Un liste soutenue par ses « camarades » radicaux de gauche. Dans le Tarn, les Hautes-Pyrénées ou le Lot on peut multiplier les exemples dans lesquels les « frères » radicaux ont été « ennemis ».

Le PRG et le parti Radical ont bien saisi cette évidence historique et politique. Les appareils nationaux et les fédérations départementales repoussent les conséquences locales à plus tard. Pour Jean-Jacques Bolzan l’essentiel est ailleurs : « Il ne faut arrêter. Nous avons plus de choses en commun que de choses qui nous séparent« . Un responsable local des « Valoisiens » est plus prosaïque. Jean-Luc Rivière invoque une raison d’opportunité ou du moins le contexte politique : « Les gens œuvraient dans l’ombre depuis un moment et cherchaient une solution pour ne pas être absorbé par En Marche ».

Au sein du PRG, un cadre évoque des motivations encore plus pragmatiques : « les Valoisiens sont propriétaires de leur siège alors que nous sommes locataires. Il n’y a plus de fric au PRG. En revanche que ce soit en terme de militants ou d’élus, les radicaux de gauche sont les plus nombreux. Après sur le plan idéologique, on peut vraiment dire qu’il y a un projet idéologique. Ce qui sert de prétexte c’est le fait que nous sommes tous européens ». 

Quelles que soient les raisons officielles ou officieuses, la fusion est en marche. Samedi 2 septembre, la secrétaire générale du parti Radical, Nathalie Delattre, organisera une réunion à Toulouse. Une semaine plus tard, lors d’une université d’été commune, les deux présidents des deux mouvements radicaux, Sylvia Pinel et Laurent Hénart, vont prononcer des discours.

En décembre, un congrès devrait consacrer la réapparition du plus vieux parti de France.

Une première conséquence pratique sera la constitution de groupes parlementaires au Sénat et l’Assemblée.

Laurent Dubois (@laurentdub)

17 Juil

Le maire de Balma Vincent Terrail-Novès prend ses « distances » avec Les Républicains

Vincent Terrail-Novès, maire de Balma élu sous l’étiquette LR et conseiller régional, ne se reconnaît plus dans sa famille politique et le fait savoir.

Vincent Terrail-Novès (Photo : T. Bordas / MaxPPP)

Vincent Terrail-Novès (Photo : T. Bordas / MaxPPP)

Officiellement, il n’a pas démissionné. Mais il n’a pas renouvelé non plus son adhésion. Et s’en explique (presque) sans détours. « Mes idées sont toujours à droite et au centre mais je n’ai plus envie de cautionner ce parti » a-t-il indiqué à France 3.

Pour Vincent Terrail-Novès, il manque un projet au parti Les Républicains. « La droite est à court d’idées, de propositions. Elle n’a pas assez travaillé le projet présidentiel. Il faut maintenant des choses nouvelles et ambitieuses ».

Et qui donc pour porter ce projet ? Pas l’équipe en place en tout cas, selon le jeune maire de Balma, dans la banlieue de Toulouse.

« Il faut surtout une nouvelle équipe. Ce ne sont pas des Hortefeux, des Morano qui peuvent porter un nouveau projet. J’ai beaucoup de respect pour ces personnes mais c’était il y a vingt ans ».

Vincent Terrail-Novès va plus loin : « Ce n’est pas étonnant qu’Edouard Philippe et Gérald Darmanin aient quitté le parti ».

Est-ce à dire que lui-même serait prêt à franchi le pas et rallier le parti présidentiel ?

Pas du tout ! « Je fais mon mandat local et je n’ai pas besoin d’une étiquette. Je ne rejoins pas la République en Marche car pour moi, c’est trop flou. Ni droite, ni gauche, ok, mais qu’est-ce qu’il y a derrière ? C’est trop flou », répète-t-il, « je ne connais pas les valeurs de La République en Marche. Et pour moi, elle n’a pas d’idéologie. Donc, c’est non ».

Concrètement, la « prise de distance » de Vincent Terrail-Novès ne change rien à sa position au Conseil régional. En effet, précise le maire de Balma, il n’y a pas de groupe LR à la région mais une union des élus de la droite et du centre, qui lui « correspond tout à fait ».

Marie Martin