30 Mar

L’ancien président (PS) de Midi-Pyrénées, Martin Malvy, prend ses distances avec Benoît Hamon

Une figure historique du PS d’Occitanie, l’ancien président de région Martin Malvy prend ouvertement ses distances avec Benoît Hamon.

Martin Malvy ancien président de la Région Midi-Pyrénées et président du Grand Figeac; Photo Max PPP

Martin Malvy ancien président de la Région Midi-Pyrénées et président du Grand Figeac; Photo Max PPP

Le Lot est une terre socialiste. Mais la présidentielle de 2017 bouleverse cet ancrage historique. Le département de Maurice Faure est au hit parade des parrainages Macron. Et les parrains ont du poids : le sénateur Gérard Miquel, le député Jean Launay, le président du conseil départemental Serge Rigal.

Mais ce n’est pas tout. Une figure (historique) du socialisme lotois (et en Occitanie) prend ses distances avec le candidat du PS à la présidentielle. Ancien ministre, ex-député et président (emblématique) du conseil régional de Midi-Pyrénées, Martin Mavy a traversé les septennats de François Mitterrand, la cohabitation de Lionel Jospin, les quinquennats de Nicolas Sarkozy et de François Hollande.  Pour la présidentielle de 2017, Martin Malvy n’a parrainé aucun candidat.

L’ancien président de Région préside toujours une importante communauté de communes, le Grand Figeac. A ce titre, le compagnon de route de François Mitterrand aurait pu donner sa signature. Mais ce n’est pas le cas.

Cette abstention était un signe. « Fabiusien » de souche, Martin Malvy partage avec l’ancien premier ministre une ligne « sociale-démocrate« . Une ligne qui ne cadre pas avec le positionnement de Benoît Hamon.

A la tête (pendant 18 ans) de Midi-Pyrénées, le Lotois a érigé ses qualités gestionnaires en véritable marque de fabrique et en marqueur politique. Obsession permanente de l’investissement. Volonté de maintenir une matelas budgétaire. A droite comme à gauche, le style Malvy était salué.

Avec un tel profil, Martin Malvy pouvait difficilement se retrouver dans la candidature de Benoît Hamon pour la présidentielle de 2017. Ses réserves n’étaient pas un mystère. Mais elles demeuraient discrètes et étaient confinées dans le cénacle politique.

Comme le précise, un vieux routier de la politique lotoise :

Le plus surprenant c’est qu’il (ndlr Martin Malvy) le dise. Mais qu’il le pense c’était connu.

Désormais, le jugement de Martin Malvy sur Benoît Hamon est mis sur la place publique :

S’il continue (ndlr Benoît Hamon) avec son revenu universel je ne suis pas sûr de le suivre jusqu’au bout.

Martin Malvy, à la différence de plusieurs personnalités lotoises, ne basculent pas chez Emmanuel Macron. Mais le président du Grand Figeac justifie, ou du moins explique, l’adhésion de la gauche lotoise au candidat d’En Marche !

 Le ralliement à Macron, c’est la volonté ne pas suivre Hamon. Le Lot n’est pas pour les extrêmes.

Les instances nationales du PS rejettent, en dehors du parti socialiste, le soutiens d’Emmanuel Macron. Des voix demandent même l’exclusion de Manuel Valls.

Martin Malvy ne risque rien. Il se contente d’une critique ouverte de Benoît Hamon;

C’est (probablement) encore plus percutant.

Laurent Dubois (@laurentdub) avec AFP

Des écologistes « insoumis » lâchent Hamon et appellent à voter Mélenchon

« Europe-Ecologie » soutient la candidature de Benoît Hamon. Mais des écologistes de la Haute-Garonne prennent leurs distances et appellent à voter pour Jean-Luc Mélenchon.

Jean-Luc Mélenchon Photo MaxPPP

Jean-Luc Mélenchon Photo MaxPPP

Patrick Jimena lance un appel à voter pour Jean-Luc Mélenchon. Cette initiative est contraire à l’accord (national) conclu entre l’écologiste Yannick Jadot et le socialiste Benoît Hamon. Mais le trublion de Colomiers, Patrick Jimena, assume parfaitement.

Patrick Jiména est un habitué des pétitions et des manifestes. Le texte appuyant et motivant le ralliement à Jean-Luc Mélenchon est dans la même veine. Les propos sont cash :

Hamon est cadenassé par une logique d’appareil. Il aurait du s’émanciper de l’appareil socialiste après la primaire. Il ne l’a pas fait. Mélenchon élève le débat et bénéficie d’une dynamique. Y’a pas photo.

Les chiffres des sondages appuient les propos de Patrick Jiména. Les études d’opinions restent de simples études d’opinions. Mais les dernières livraisons profitent à Jean-Luc Mélenchon. Inversement, Benoît Hamon, « dévisse » et se retrouve au niveau de la barre fatidique des « 10% ».

Mais l’affaiblissement de Benoît Hamon n’est pas la seule justification de l’appel à voter Mélenchon. Patrick Jiména et ses cosignataires (un élu de Plaisance-du-Touch, deux adhérents d’EELV et des représentants de la société civile) mettent en avant un argument qui ne déplairait pas à Emmanuel Macron :

Nous assistons à une recomposition du paysage politique. Il convient de bâtir les fondations d’un renouveau citoyen et écologiste. Pour nous, le mouvement des Insoumis (NDLR mouvement de Jean-Luc Mélenchon) à dessiner les contours d’une nouvelle maison.

En toile de fond, les écologistes Insoumis « placent » ouvertement la perspective des législatives :

Nous soutiendrons la candidature de Jean-Luc Mélenchon dès le premier tour des élections présidentielles et nous nous engageons dans un processus de recomposition politique dès les élections législatives sur la base d’un programme partagé.

Patrick Jiména n’a jamais caché son intention de se présenter aux législatives. La signature de l’accord Hamon-Jadot et la réservation d’une circonscription (haute-garonnaise) au profit des écologistes pouvaient brider ou du moins compliquer une candidature. Les instances locales du PS demandent une réciprocité et donc l’absence de candidat EELV face aux candidats PS sur les circonscriptions non réservées. La circonscription de Patrick Jiména est concernée.

Cette demande (formalisée par le vote d’une motion des instances fédérales du PS31) risquait de conduire à un « retrait » de la candidature de Patrick Jiména.

La question ne se pose plus.

Il reste deux inconnues : le nombre de signataires de l’appel et la réaction des instances nationales d’Europe Ecologie. S’agissant des signatures, la marge de progression est importante. Elles sont 11 pour le moment. En revanche, l’avenir des écologistes Insoumis au sein d’EELV est beaucoup moins « ouvert ».

Des sanctions risquent de tomber.

Petite consolation, pour d’autres raisons (le soutien à Emmanuel Macron, les camarades socialistes des écologistes Insoumis sont également sur la sellette.

Laurent Dubois (@laurentdub)

29 Mar

« Ne vous prétendez plus socialistes » : des militants PS d’Occitanie fustigent les soutiens de Macron

Peut-on à la fois être membre du PS et soutenir Emmanuel Macron à l’élection présidentielle ? Non répondent des socialistes de la région Occitanie qui ont signé à ce sujet une tribune, que nous publions en exclusivité sur ce blog.

Photo d'illustration MaxPPP

Photo d’illustration MaxPPP

C’est une tribune inspirée par la lettre ouverte des jeunes socialistes du Finistère, envoyée au ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, après l’annonce de son ralliement à Emmanuel Macron. Une lettre avec cette punchline : « La gauche vivante préfère les éoliennes aux girouettes ».

L’initiative vient de Rémi Demersseman, entrepreneur toulousain, secrétaire national adjoint du Parti Socialiste. Elle intervient le jour où Manuel Valls annonce qu’il va voter Emmanuel Macron dès le premier tour.

L’idée en question : faire entrer dans les esprits de gauche qu’on ne peut pas rester membre du parti socialiste en ayant choisi de soutenir Emmanuel Macron à la présidentielle. Le PS a son candidat, Benoît Hamon ; si un socialiste veut soutenir un autre candidat, il doit se mettre en congé du parti.

Rapidement, la tribune rédigée par le Toulousain (et que vous pouvez lire en intégralité sous cet article) a fait tâche d’huile en Occitanie, même si les auteurs reconnaissent qu’aucune personnalité de premier plan au PS, issue de la région, n’a franchi le rubicon. Parmi les personnalités d’Occitanie qui ont rejoint le candidat d’En Marche !, le maire de Rodez Christian Teyssèdre est fâché avec le PS depuis les élections régionales, la députée de Haute-Garonne Monique Iborra en a été exclue ainsi que le maire de Montpellier, Philippe Saurel, qui se dit socialiste mais hors du PS.

Dans cette tribune les mots sont forts : selon les signataires la décision de socialistes de soutenir Macron « insulte les centaines de milliers de citoyens qui se sont déplacés lors de la primaire de la gauche ».

Voici leur texte :

[TRIBUNE] : « Soutiens occitans à Emmanuel Macron, soyez cohérents, ne vous prétendez plus socialistes » (par un collectif)

« Cette tribune se base sur celle adressée par les jeunes socialistes du Finistère à Jean-Yves Le Drian. Elle s’adresse à tous ceux, élus ou non, militants socialistes, qui soutiennent la candidature de Macron au 1er tour de la Présidentielle. Vous avez fait le choix de soutenir Emmanuel Macron.

Cette décision foule aux pieds nos valeurs, notre engagement. Elle insulte les centaines de milliers de citoyens qui se sont déplacés lors de la primaire de la gauche et ont exprimé leur désir d’une gauche vivante.

Au sein des socialistes, élus, militants ou sympathisants, nous avons fait campagne pour des idées communes, avec et parfois pour vous, car nous pensions naïvement qu’en dépit de désaccords ponctuels, nous avions des valeurs communes et faisions partie de la même famille.

Vous avez aujourd’hui fait le choix de quitter cette famille socialiste et sociale-démocrate, de vous tourner vers les solutions du passé. La gauche vivante préfère les éoliennes aux girouettes, ne comptez plus sur nous. Ne vous prétendez plus socialistes.

Pas uniquement par déloyauté aux statuts d’un parti : la politique ce ne sont pas des règles, mais ce sont des principes. Non, ne vous prétendez plus socialistes car au lieu de défendre les services publics qui sont le seul patrimoine de ceux qui en sont dépourvus, vous soutenez la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires.

Vous n’êtes plus socialistes car au lieu de vouloir un Etat qui protège ceux qui sont frappés par la mondialisation, vous proposez de réduire son périmètre et de couper 60 milliards dans son budget. Ne vous prétendez plus socialistes car vous préférez la suppression de l’ISF à une réforme visant plus de justice fiscale. Ne vous prétendez plus, non plus, sociaux-démocrates, puisque la démocratie vous est étrangère, que vous êtes prêts à bafouer les résultats des urnes lorsque ceux-ci ne vous conviennent pas. Comme si les mêmes causes n’allaient pas produire les mêmes effets !

En soutenant Emmanuel Macron au premier tour, vous renforcez l’image déplorable que les Français se font de notre personnel politique. Par ricochet, c’est l’engagement que vous insultez car ce sont les militants de terrain, comme nous, qui chaque jour payons vos reniements.

Le vote utile c’est le vote en cohérence L’argument du vote utile face au Front national tient au mieux du manque d’honnêteté intellectuelle, au pire d’un aveuglement mortifère. Vous en êtes les marchepieds. En reniant votre parole, vous alimentez le «tous pourris». En ralliant En marche et les ministres de droite qui en font partie, vous incarnez l’«UMPS».

En prétendant éviter la «catastrophe», vous la préparez avec opportunisme et cynisme.

Militants de la gauche vivante, nous continuerons d’inventer la gauche de demain, à innover dans nos territoires, avec les militants de l’écologie, les militants associatifs, les forces vives qui, elles, ne sont pas résignées. Partout en France, des initiatives fleurissent, elles essaiment et montrent qu’il existe un autre chemin, que les mêmes causes ne doivent pas fatalement produire les mêmes effets.

Socialistes, nous continuerons de porter en étendard des valeurs d’égalité, de justice sociale. Nous portons une volonté de respiration démocratique et écologique dans toutes les sphères de la société. C’est également combattre les déterminismes sociaux afin que chaque citoyen puisse avoir les moyens de son émancipation. À gauche par conviction.

Etre de gauche, c’est œuvrer pour que chacun puisse se réaliser, en dehors de la sphère marchande et d’une société régie par l’unique principe de compétition. Notre vision de l’engagement, c’est le renouvellement des idées, du personnel politique, pour adapter notre logiciel au présent, comprendre le réel avec justesse, et ainsi aller vers l’idéal en le transformant.

Cette gauche se fera sans vous. Contrairement à vous, elle est cohérente avec ses convictions et n’a aucune place, aucun poste à défendre. Nos convictions, c’est qu’il n’y a pas de fatalité, qu’il n’y a pas de raison de voter par dépit, par déprime.

Nous, nous militons pour un projet. Nous, nous militons pour des solutions nouvelles qui permettent de préparer la France de demain. Nous militons pour plus de justice, plus d’écologie, plus de fraternité. Nous sommes engagés pour un futur désirable, celui que vous défendiez et que désormais vous reniez ».

Premiers signataires :

Abadie-Trumpfs Muriel, Gers

Bellaredj Fatima, Herault

Berges Francoise, Haute-Garonne

Bousquet Stéphane, Aude

Calvo Michel, Herault

Castel Jean-Claude, Aude

Cathala Pierre, Aude

Charron Dominique, Haute-Garonne

Clarac Sylvie, Haute-Garonne

Cohen Pierre, Haute-Garonne

Colas Valat, Hérault

Cote Sébastien, Hérault

Courtial Isabelle, Aveyron

Dadi Najiha, Hérault

Delafosse Mickaël, Hérault

Delpech Pierre, Aude

Demersseman Rémi, Haute-Garonne

Dubois Léone, Aude

Dubois Pascal, Aude

Duchan Madeleine, Aude

Garbay Jacques, Haute-Garonne

Grandjean Cassandra, Aude

Grandjean Ludovic, Aude

Grandjean Nathalie, Aude

Guerra Philippe, Haute-Garonne

Guerra Nadine, Haute-Garonne

Linarès Loïc, Hérault

Marc Virginie, Aude

Meunier-Poche Marie, Hérault

Morin Etienne, Haute-Garonne

Pagès Fabrice, Hérault

Pham-Baranne Michele, Haute-Pyrenees

Pichounel Jean-Pierre, Haute-Garonne

Provent Denis, Aude

Ramuscello Dominique, Tarn

Roux Alain, Aude

Schanen Pierre-Yves, Haute-Garonne

Stebenet Christine, Haute-Garonne

Taffin Brigitte, Haute-Garonne

Ziani Fatima, Hérault

28 Mar

Le meeting de Jean-Luc Mélenchon à Toulouse se tiendra à la Prairie des Filtres

Le candidat de la France Insoumise a confirmé ce mercredi la tenue de son meeting du 16 avril sur cet espace ouvert en bord de Garonne.

Jean-Luc Mélenchon à Toulouse en août 2016 (photo : AFP)

Jean-Luc Mélenchon à Toulouse en août 2016 (photo : AFP)

Décidément après la place du Capitole en 2012, l’observatoire de Jolimont en août dernier pour sa rentrée politique, Jean-Luc Mélenchon, le candidat de la France Insoumise, continue son tour des sites de Toulouse ! Il a officialisé ce mercredi 28 mars sur sa page facebook le lieu de son prochain meeting à Toulouse, dans le cadre de la campagne présidentielle : ce sera la Prairie des Filtres !

La prairie des Filtres ? Un lieu ouvert, en bord de Garonne, où se déroule chaque année le festival Rio Loco, au mois de juin. Le lieu aussi, du premier match de rugby à Toulouse, au début du XXIème siècle !

Jean-Luc Mélenchon y sera donc le dimanche 16 avril, à 15 heures. La veille, samedi 15 avril, Marine Le Pen aura tenu meeting au Zénith. Au même endroit, deux jours plus tard, le 18 avril, c’est Benoît Hamon qui investira la salle de spectacles. Semaine chargée en perspective !

FV (@fabvalery)

27 Mar

Le dernier meeting de Benoît Hamon aura bien lieu à Toulouse… mais pas au stade Ernest Wallon

Changement de programme pour le candidat socialiste. Le dernier meeting de sa campagne devait se tenir au Stade Ernest Wallon à Toulouse le 21 avril. Il aura finalement lieu le 18 avril, sans doute au Zénith.

Benoît Hamon

Benoît Hamon (Photo : Pascal Pavani / AFP)

Antre du Stade Toulousain, le stade Ernest Wallon ne connaîtra finalement pas son premier meeting électoral. Le dernier meeting de la campagne présidentielle de Benoît Hamon devait s’y dérouler le 21 avril prochain, 48 heures avant le premier tour.

Une volonté de l’équipe nationale du candidat qui souhaitait un lieu emblématique tout en maintenant la tradition « mitterrandienne » de terminer la campagne à Toulouse. Un « événement » avait même été créé sur facebook, avant d’être effacé, et des invitations envoyées.

Mais les choses se sont compliquées : la protection de la pelouse du stade avait un coût, la date du 21 avril (qui rappelle 2002 et trop près de la fin de campagne) posait aussi quelques questions…

Finalement, selon la Fédération de Haute-Garonne du PS, la date du mardi 18 avril a été choisie. « Il s’agira bien du dernier meeting du candidat, explique-t-on au PS 31. Le 21 avril, il y aura un rassemblement à Paris, un événement pour marquer la fin de campagne, mais pas de meeting ». 

La tradition est sauve. Quant au lieu, ce soir-là, contrairement au 21 avril, le Zénith de Toulouse est libre. Plus pour très longtemps apparemment.

FV (@fabvalery)

22 Mar

Haute-Garonne : le maire (PRG) de Blagnac, Bernard Keller, en marche vers Macron

Les ralliements des radicaux de gauche à Emmanuel Macron continuent. C’est au tour du maire (PRG) de Blagnac, Bernard Keller, de se rapprocher du mouvement En Marche !

Bernard Keller, maire PRG de Blagnac (31) et conseiller régional. Photo Max PPP

Bernard Keller, maire PRG de Blagnac (31) et conseiller régional. Photo Max PPP

Lors du dernier comité directeur du PRG, Sylvia Pinel a laissé la liberté de choix aux membres de son parti. Certain(e)s n’ont pas attendu ce feu vert pour rejoindre Emmanuel Macron. C’est le cas, notamment, de la sénatrice de la Haute-Garonne, Françoise Laborde. Mais, depuis l’ouverture de la frontière par Sylvia Pinel, les soutiens PRG d’Emmanuel Macron peuvent se déclarer sans risquer de sanction.

Une des figures radicale d’Occitanie, le maire de Gruissan Didier Codroniou, a profité de cette ouverture. Son collègue haut-garonnais, Bernard Keller va prochainement faire de même. Selon nos informations, le maire de Blagnac et conseiller régional doit officialiser la semaine prochaine son soutien à Emmanuel Macron.

Contacté par France 3 Occitanie, Bernard Keller précise :

Je n’ai signé aucun parrainage et le positionnement politique de Benoît Hamon me parait difficilement compatible avec le programme et les valeurs du PRG.

L’absence d’un parrainage en faveur de Benoît Hamon est conforme à la ligne de Sylvia Pinel. La présidente du PRG n’a pas (non plus) parrainé le candidat socialiste. En revanche, à la différence de la présidente de son parti, Bernard Keller ne cache pas son incompatiblité avec Benoît Hamon.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

21 Mar

Législatives Tarn : qui pour remplacer Philippe Folliot ?

INFO Le Blog Politique. Philippe Folliot a perdu son investiture LR-UDI suite à son ralliement à Emmanuel Macron. Le nom du remplaçant du député (sortant) du Tarn est déjà connu.

Assemblée Nationale Photo MAXPPP

Assemblée Nationale Photo MAXPPP

Philippe Folliot n’est plus le candidat LR-UDI pour les législatives de juin prochain. Le député du Tarn va (très probablement) endosser l’étiquette du mouvement En Marche ! d’Emmanuel Macron. Mais s’agissant des couleurs de la droite et du centre c’est fini. Ce n’est pas surprise.

Le parti présidé par Philippe Folliot, Alliance Centriste, a annoncé (officiellement) son soutien à Emmanuel Macron samedi 18 mars. Quelques heures après cette annonce, les instances des Les Républicains ont prononcé son « limogeage ». Dans la foulée, le président de LR 81, Bernard Carayon, précise que son remplacement va intervenir rapidement. Le maire de Lavaur a déjà une idée sur le nom du successeur.

Désormais, c’est acté. C’est une femme, Anne-Michèle Bianchi (cadre dans un organisme de protection sociale agricole) qui est investie par LR. Cette investiture a été décidé en accord avec l’UDI. Les instances LR insistent sur ce point.

C’est une investiture LR-UDI. Anne-Michèle Bianchi a été pressentie pour être candidate sur la 2ème circonscription.

Elle représentera (finalement) la droite et le centre sur la 1er circonscription du Tarn.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

Jean-Christophe Lagarde : « L’UDI cherchera toujours des accords de programme avec Les Républicains »

En visite de soutien en Haute-Garonne à ses candidats pour les Législatives mardi 21 mars, le patron de l’UDI revient pour nous sur le départ de Philippe Folliot vers Macron. Il décrypte aussi cette campagne Présidentielle dans le sillon houleux de François Fillon.

Jean-Christophe Lagarde. Photo AFP

Jean-Christophe Lagarde. Photo AFP

Le blog Politique : Emmanuel Macron a fait imploser le PRG. Il crée également des dissensions chez vous avec le ralliement du député sortant, Président de l’Alliance Centriste, Philippe Folliot à l’ancien Ministre de l’Economie ?

Jean-Christophe Lagarde : On regrette le départ d’un de nos candidats sortant pour les Législatives. Mais c’est assez marginal. L’Alliance Centriste a 5 candidats en France. Quatre d’entre eux dont Patrice Gausseran à Gaillac et Jean-Marc Dumoulin à Villemur-sur-Tarn restent à l’UDI. L’UDI compte 30 000 militants dans le pays. L’alliance Centriste 400 dont 300 dans le Tarn. Pour la très grande majorité, pas question de suivre cette dérive.  Je prends donc acte du choix de Philippe Folliot.

Le blog Politique : Il va donc être radié de l’UDI et perdre son investiture. Qui pour le remplacer ?

Jean-Christophe Lagarde : Une commission d’investiture aura lieu demain à Paris. C’est une candidate Les Républicains qui va être investie. Nous perdons donc une circonscription qui nous était attribuée car celle d’un sortant UDI.

On aurait souhaité un changement de candidat pour la Présidentielle

Le blog Politique : Alors justement, vous avez des accords avec Les Républicains dans certaines circonscriptions comme à Villemur-sur-Tarn ou Gaillac et pas dans d’autres comme à Saint-Orens avec Dominique Faure. Comment expliquez-vous cela ?

Jean-Christophe Lagarde : Sur toute la France, nous avons 91 candidatures communes avec Les Républicains et 45 « Primaires » où les candidats LR et UDI vont s’affronter au premier tour. Pour Dominique Faure, c’est le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, qui a souhaité lui opposer un candidat Les Républicains (N.D.R : Arnaud Lafon, maire de Castanet).

Le blog Politique : Pour revenir à la campagne de la Présidentielle, n’est-elle pas plus difficile qu’à l’accoutumée pour vous après l’affaire Fillon ?

Jean-Christophe Lagarde : On aurait souhaité un changement de candidat. On l’a dit, moi le premier. Mais Les Républicains ne l’ont pas voulu. Nous avons souhaité malgré tout conservé notre alliance avec LR pour faire face à Marine Le Pen et Emmanuel Macron. Il nous reste trente jours pour gagner. C’est plus difficile mais bon… Et puis il y a également, derrière la Présidentielle, les Législatives à emporter pour pouvoir gouverner. C’est ça le risque que fait courir Emmanuel Macron, ne pas avoir de majorité qui lui permette de diriger le pays s’il est élu.

 La vertu du programme Fillon, c’est qu’il ne raconte pas de bobards

Le blog Politique : C’est donc quand même plus difficile avec François Fillon ?

Jean-Christophe Lagarde : Oui c’est plus dur que si nous avions changé de candidat. Mais je vois beaucoup de gens qui disent aujourd’hui que de toute façon c’est le seul choix qui nous reste et que son programme est le meilleur. Il est le seul à ne pas vouloir faire payer les retraites à nos enfants. La vertu du projet Fillon, c’est qu’il ne raconte pas de bobards.

Le blog Politique : Et une fois ces scrutins passés, quel avenir pour l’UDI et le centre ? N’auriez-vous pas dû avoir un candidat à la Présidentielle ?

Jean-Christophe Lagarde :  Oui, personnellement, je pense qu’on aurait dû avoir un candidat. Mais la majorité dans notre camp croyait en la victoire d’Alain Juppé. Pour l’avenir de l’UDI, notre ambition c’est d’avoir la représentativité la plus forte possible.

Le blog Politique : Quel nombre de députés visez-vous ?

Jean-Christophe Lagarde : Difficile à dire. Tout dépendra de la Présidentielle. Nous avons également beaucoup d’espoirs pour les Sénatoriales. Mais quoi qu’il arrive, l’UDI cherchera toujours des accords de programme avec Les Républicains. Quand je vois ce qui est arrivé aux Verts et au PRG qui ont disparu de la représentation nationale… C’est en restant dans les assemblées que nous pouvons porter nos idées. Regardez notre TVA Sociale que nous avons présentée à l’Assemblée Nationale, aujourd’hui tout le monde l’a reprend.

Propos recueillis par Patrick Noviello (@patnoviello)

Législatives : les candidats Macron aux investitures en Haute-Garonne priés d’être discrets

Pas de promotion sur Facebook, Twitter ou dans la presse. Les candidats Macron aux législatives sont interdits de publicité. Ils sont prévenus : Emmanuel Macron est allergique aux campagnes d’auto-promotion.

Emmanuel Macron. Photo : MaxPPP

Emmanuel Macron. Photo : MaxPPP

Le document est intitulé « note de service ». Malgré son appellation, il n’est pas diffusé dans une entreprise ou administration. La note est signée par le référent d’Emmanuel Macron en Haute-Garonne, Mickaël Nogal. Aucun doute. Il s’agit d’un texte politique. D’ailleurs, son objet ne laisse aucune place au doute. La note est consacrée aux législatives.

Sa vocation est tout aussi évidente. Ce n’est pas de la discipline de parti. En Marche ! est un mouvement. Il n’a pas les statuts et les structures d’un PS ou des Les Républicains. Mais la note du référent en Haute-Garonne d’Emmanuel Macron vise le silence dans les rangs et le bon ordre des troupes :

Toutes les actions de promotion personnelle pour les candidats à l’investiture (en particulier sur les réseaux sociaux, dans la presse) sont perçues très négativement par Emmanuel Macron, son équipe, la commission nationale d’investiture et l’équipe départementale

Le message est clair. La menace est explicite. Les candidat(e)s qui veulent conserver une chance pour les investitures sont prié(e)s de se déconnecter de Facebook ou de Twitter. Les contacts avec les journalistes sont proscrits. En Marche ! est confronté à une vague de candidatures. Il s’agit d’éviter la multiplication des déclarations sauvages.

Pour adhérer à En Marche !, il suffit de quelques clics. Inutile, comme pour les partis traditionnels, de sortir une carte bleue. L’adhésion est gratuite. Toute le monde peut constituer un groupe local. Cette grande liberté peut être source d’une belle anarchie. Aussi, pour éviter les dérapages incontrôlés d’adhérents incontrôlables, les responsables d’En Marche ! brandissent le bâton. Et utilisent la carotte : les investitures aux législatives.

C’est un management éprouvé. La carotte au bout du bâton est aussi vieux que la première manufacture.

Mais le contexte est totalement nouveau. En Marche ! doit inventer son mouvement en avançant. La procédure d’investiture est, elle même, en cours d’invention. Au bout du processeur se trouve le fondateur de la marque : Emmanuel Macron. Mais il a fallu instaurer une commission nationale d’investiture.

Mais sans parler des tuyaux, En Marche ! découvre un aspect (aussi essentiel que rudimentaire) de la vie politique : le calendrier.

Dans la note de service d’En Marche 31 ! les candidats sont appelés à la patience :

Je vous invite à la plus grande retenue ainsi qu’à la patience étant donné que l’annonce des investitures interviendra tardivement, certainement après le 1er tour de la présidentielle.

Après la diète numérique et médiatique, les macroniens sont invités à cultiver une autres qualité : laisser du temps au temps. Le régime peut paraître sévère. Mais il existe toutefois une consolation. La note de service annonce la venue d’Emmanuel Macron avant le 1er tour de la présidentielle. Pour l’occasion, les comptes Facebook et Twitter pourront « chauffer ». Enfin, pour poster les messages et les images d’Emmanuel Macron uniquement.

Laurent Dubois (@laurentdub)

Les macronistes du Tarn saluent le ralliement de Philippe Folliot mais…

Le président d’Alliance Centriste, le député du Tarn Philippe Folliot, a rejoint Emmanuel Macron. En Marche ! 81 salue ce ralliement. Mais le mouvement d’Emmanuel Macron précise que le parlementaire va devoir suivre la procédure du mouvement pour obtenir une investiture aux législatives.

Philippe Folliot, député du Tarn et président d'Alliance Centriste

Philippe Folliot, député du Tarn et président d’Alliance Centriste

L’annonce a été suivie (quasi-immédiatement) d’une réplique.

Samedi 18 mars, le comité exécutif d’Alliance Centriste a voté (à une large majorité) en faveur d’un soutien à Emmanuel Macron. A peine connue la nouvelle a fait l’effet d’une bombe. Des centristes tarnais ont réagit négativement sur Twitter. Mais, surtout, le parti Les Républicains (signataire d’un accord électoral avec une UDI à laquelle appartient Alliance Centriste) a retiré son investiture à Philippe Folliot.

Du côté des macronistes tarnais, la réaction est évidemment positive. Le responsable départemental d’Emmanuel Macron, Clément Baller, déclare :

En Marche ! 81 accueille le soutien de l’Alliance Centriste, composante de l’UDI, avec bienveillance et souligne le courage politique dans le démarche de Philippe Folliot dénonçant la désastreuse situation politique de François Fillon. Ce soutien est un soutien de raison, Emmanuel Macron étant le seul aujourd’hui en capacité de faire barrage au Front National. C’est surtout un soutien de conviction.

Clément Baller insiste sur l’absence de tractation entre Philippe Folliot et le mouvement d’Emmanuel Macron.

Le représentant d’Emmanuel Macron précise que Philippe Folliot doit suivre la procédure de droit commun  :

En ce qui concerne les législatives, Philippe Folliot devra, s’il le souhaite, proposer sa candidature auprès de la commission nationale d’investiture indépendante de notre mouvement, comme sont invités à le faire tous les citoyens désireux de défendre les idées progressistes et le programme de notre candidat.

Ce rappel des règles de base est rhétorique. Il est évident que le président d’Alliance Centriste n’est pas un citoyen « normal ». Philippe Folliot doit respecter le process d’En Marche ! Mais c’est formel. Député sortant, figure (nationale et locale) du centrisme, le parlementaire tarnais bénéficiera forcément d’un traitement à part. Son investiture est acquise d’avance.

En réalité, le représentant tarnais d’En Marche ! suit la ligne d’Emmanuel Macron. Face à un afflux de ralliements, le candidat à la présidentielle a déclaré : « je n’ai pas fondé une maison d’hôte« . Les propos de Clément Baller sont une déclinaison tarnaise des paroles d’Emmanuel Macron. Pas question de donner l’impression que la porte est ouverte à tous à tout.

Philippe Folliot est le bienvenu. Mais il est prévenu.

Laurent Dubois (@laurentdub)