21 Juil

La démobilisation des adhérents d’En Marche en Haute-Garonne

Couacs et grincements de dents. Au niveau national, le nouveau parti d’Emmanuel Macron traverse ses premières turbulences. En Haute-Garonne, pas de tangage ouvert. Et pour cause. Les adhérents « sèchent » les réunions et désertent les comités locaux.

Photo : MaxPPP

Photo : MaxPPP

Le groupe LREM à l’Assemblée est à la peine. Les nouveaux députés sont peu actifs en commission et commettent des faux pas. Le tangage prend parfois une tournure surréaliste avec un parlementaire La République En Marche qui s’oppose à l’établissement de notes de frais. Motif : il redoute de manger au…Mac Do.

Les turbulences ne se limitent pas à l’Assemblée Nationale. Dans certaines régions, les mouvements locaux sont frappés par une désertion des troupes. La principale force LREM en Occitanie est concernée. L’ancien référent départemental, Michaël Nogal, revendiquait, avant la victoire d’Emmanuel Macron, 12 000 adhérents. Visiblement, ils sont en vacances et font relâche. Le 19 juillet dernier, des comités toulousains veulent se réunir. Un responsable écrit :

Personne de mon comité. J’ai eu une réponse pour s’excuser de ne pas venir ! Pas facile de motiver les adhérents

Un organisateur a une solution :

Pourquoi ne pas se regrouper autour d’un événement festif. Cela peut se faire sous forme d’auberge espagnole

Un autre responsable toulousain préfère jouer sur l’appât du gain :

Peut-être faudrait les payer (ndlr : les adhérents) maintenant que LREM a un trésor !

Le parti d’Emmanuel Macron a effectivement les caisses pleines. Son succès aux législatives lui permet d’obtenir 20,5 millions d’euros de financement public annuel. Un financement qui va se renouveler tous les ans durant les 5 années du quinquennat Macron. Mais La République En Marche est surtout « riche » de projets. Réforme du Code du Travail. Décisions fiscales. Loi organique sur la confiance publique. L’été 2017 est une plage…de travail pour le nouveau Pouvoir. Les responsables LREM de la Haute-Garonne ont compris qu’ils doivent occuper le terrain. Un des organisateurs de la réunion du 19 juillet écrit dans un mail adressé à ses camarades :

Il y a du pain sur la planche, si nous voulons nous approprier les décisions pour les porter. 2 thèmes emblématiques de la campagne doivent être abordés rapidement…la réforme du dialogue social…celle qui se révèle sans doute la plus difficile à conduire…les décisions concernant le gel du point d’indice des fonctionnaires et autres mesures d’économie envisagées dans la fonction publique

Les responsables locaux de LREM ne se préoccupent pas uniquement des réformes en cours. Ils sont également attentifs aux deux affaires qui marquent le début de la présidence Macron : les déboires  judiciaro-immobiliers de Richard Ferrand et la mise en cause de la ministre du Travail dans l’organisation d’une soirée à Las Vegas.

Nos adversaires vont déclencher des campagnes de dénigrement en prenant appui sur les enquêtes concernant la « French Tech Night » et les Mutuelles de Bretagne

Cet appel à la vigilance a perdu de son actualité. Les révélations du Canard Enchainé se sont calmés depuis une dizaine de jours. Le feuilleton des affaires Ferrand et Pénicaud est loin d’être terminé. Le 2 juin dernier, la justice a ouvert une enquête visant l’ancien ministre et actuel président du groupe LREM à l’Assemblée.

Mais, en attendant, la fin juillet apporte un répit aux soutiens locaux d’Emmanuel Macron.

Laurent Dubois (@laurentdub)

13 Juil

Fête du 14 juillet au Conseil départemental à Toulouse : « Macron, touche pas à mon département »

Le conseil départemental de la Haute-Garonne organise une fête républicaine pour le 14 juillet. Discours officiel : fêter la République. Version officieuse : exister et se montrer pour parer à une suppression du département par Emmanuel Macron.

Georges Méric (Photo : Michel Viala / MaxPPP)

Georges Méric (Photo : Michel Viala / MaxPPP)

Orgue de barbarie et accordéon. Discours de Jaurès et activités ludiques pour les enfants. Les habitants de la Haute-Garonne sont gracieusement invités dans la cour de l’hôtel du département ce 14 juillet. Les boissons et le repas sont offerts. Coût de l’opération : environ 50 000 euros.

Cette somme correspond uniquement aux festivités. À noter que le conseil départemental communique ce seul montant.

Mais, selon nos informations, Il faut ajouter 35 000 euros pour la location de structures mobiles. La facture totale approche donc les 90 000 euros. Avec les dépenses de publicité, le budget global s’élève à 200 000 euros.

Enfin, il faut intégrer la comptabilité dite fonctionnelle c’est-à-dire le surcoût des charges pour un personnel contraint de travailler un jour férié.

Mais cet événement inédit n’a pas de prix. Le président de la Haute-Garonne, Georges Méric, justifie l’opération par la défense des valeurs républicaines.

Généralement, ce genre de référence est réservé aux soirées électorales. La défense de la République est habituellement brandie pour faire barrage au Front National. Pas en Haute-Garonne. Le conseil départemental fait de Marianne un étendard du quotidien. La République guide les pas de Georges Méric et constitue la raison d’être de son institution. Pas un discours ou une déclaration sans référence au modèle républicain. C’est devenue une marque de fabrique.

Dans les départements voisins du Tarn ou du Gers, les présidents appartiennent à la même famille politique que Georges Méric. Thierry Carcenac et Philippe Martin sont socialistes et authentiquement républicains. Mais, sans garder leur étendard dans la poche, ils n’ont pas le mot République en permanence à la bouche.

Dans ce contexte, une fête nationale toulousaine aux couleurs de la République, c’est presque une évidence. S’il doit y en avoir qu’une, c’est en Haute-Garonne qu’elle va se dérouler. Seulement voilà la statue de Marianne cache également une opération… domestique.

Selon nos informations, la fête républicaine du 14 juillet version Conseil Départemental a été présentée, en interne, comme un bouclier anti-Macron. Des agents se sont interrogés sur les raisons de la manifestation. La réponse a été donnée par un responsable de l’administration : il faut exister car le département est en danger.

Ce n’est pas « aux armes, citoyens » mais « haut-garonnais à vos assiettes et à vos fourchettes« . Une grande fête populaire doit montrer que le conseil départemental est une institution proche des citoyens.

Dans son programme, le candidat Macron prévoit effectivement la fin des départements. Tous ne sont pas visés. Uniquement dans les territoires ou existent des Métropoles. Depuis son installation à l’Elysée, le nouveau président n’a pas ressorti, ou simplement évoqué, le sujet.

Mais, en Haute-Garonne, le principe de précaution s’applique. Une fusion-acquisition au profit de Toulouse-Métropole plane.

Face au péril, l’idée d’organiser une fête populaire a été vendue par le cabinet de Georges Méric. Selon une source, le président du Département n’était pas enthousiaste. Et pourrait même demander des comptes à son directeur de cabinet si l’opération fait « pschitt ».

Le président du département n’est pas le seul sceptique. Selon nos informations, le préfet apprécie modérément l’initiative du conseil départemental. Le représentant de l’Etat organise également une réception à l’occasion de la fête nationale. Il voit d’un mauvais œil la concurrence de l’hôtel du département.

Paradoxalement, l’autorité organisatrice ne déborde pas non plus d’enthousiasme. Georges Méric s’est laissé convaincre par son cabinet. Mais il traine les pieds. Non sans raison. Une grande fête cela pose toujours la question du coût. Mais, surtout, l’utilité du procédé est discutable. Si le projet de la suppression des départements se concrétise, c’est plutôt le lobbying auprès de Matignon et de l’Elysée qui peut payer.

Les citoyens invités à la fête du 14 juillet vont probablement repartir ravis et repus. Mais ils ne vont pas dresser des barricades pour défendre le conseil départemental face au péril Macron. Les gouvernements reculent parfois face à la rue. Pas évident que les Français sortent les fourches pour défendre les châteaux départementaux. Les habitants de la Haute-Garonne comme ceux de l’Ariège ou des Hautes-Pyrénées connaissent les prestations fournies par les conseils départementaux : RSA, APA…

Mais ce ne sont pas les cotillons du 14 juillets qui vont transformer les invités du conseil départemental en manifestants de rue.

Si Emmanuel Macron décide de faire sa fête au département de la Haute-Garonne, il restera toujours le souvenir d’un banque offert.

Laurent Dubois (@laurentdub)

L’étonnante générosité de l’aéroport Toulouse-Blagnac envers les député(e)s

Vous voulez utiliser gratuitement les parkings de l’aéroport de Toulouse-Blagnac ? Devenez député. Une générosité étonnante.

Photo : Rémy Gabalda / AFP)

Photo : Rémy Gabalda / AFP)

Prendre l’avion, ça commence par la voiture et des frais de parking. Avant de s’envoler vers leur destination, les usagers de l’aéroport de Blagnac mettent la main à la poche pour garer leur véhiculer. La facture peut s’avérer saler. Pour 3 jours, dans le parking de le plus proche de l’aérogare, cela coûte 56,20 euros.

Mais, grâce à la générosité de la société Aéroport de Toulouse-Blagnac (ATB), c’est gratuit pour les parlementaires. Les voyages des député(e)s et sénateurs sont financés par les assemblées. Les élus de la Nation disposent d’une indemnité mensuelle pour régler les dépenses courantes. C’est la fameuse Indemnité Représentative de Frais de Mandat. Elle s’élève à 5770 euros pour un député.

Mais la société ATB a décidé d’économiser les deniers des représentants de la Nation. Avant sa privatisation partielle, ATB était gérée par la Chambre de Commerce et d’Industrie. L’institution consulaire offrait déjà des cartes de parking. Les nouveaux gestionnaires de l’entreprise perpétuent la tradition.

6075 euros de cadeau par parlementaire

La société aéroport de Blagnac n’a pas perdu de temps et visiblement elle suit l’actualité politique régionale. Dix-sept jours après son élection, la députée du Tarn-et-Garonne, Valérie Rabault a reçu une carte nominative (n°192 733) lui permettant de stationner gratuitement au Proxiparc P1. C’est le parking le plus proche des guichets d’embarquement : 1 minute à pied.

Cette proximité et cette facilité d’accès a évidemment un coût. Le « P1 » est le plus cher des parkings ouverts aux usagers. La carte d’abonnement est facturée 1215 euros par an. Dans le courrier envoyant la carte d’abonnement, la société Aéroport de Toulouse-Blagnac précise :

Pendant toute la durée de votre mandat, la société Aéroport de Toulouse-Blagnac a le plaisir de mettre à votre disposition une carte nominative permettant de stationner votre véhicule

La durée du mandat est de 5 ans. Le montant total du service offert est donc de 6075 euros.

Les député(e)s sont tenu(e)s de déclarer les cadeaux dont le montant dépasse 150 euros. Le Déontologue de l’Assemblée est censé avoir une trace des cartes d’abonnements de l’aéroport Toulouse-Blagnac. Le Déontologue s’est fait lui-même épinglé pour des problèmes de… déontologie. Mais, normalement, il existe des règles s’agissant de la générosité des entreprises envers les député(e)s.

Une facture globale de 115 425 euros

L’aéroport de Blagnac est le passage quasi obligé pour  tous les député(e)s de la Région. Gersois ou Ariégois, de Haute-Garonne ou du Tarn, les parlementaires transitent par la zone aéroportuaire de Blagnac pour se rendre à Paris. En dehors d’une liaison à Castres, à Rodez et à Tarbes-Lourdes, les trajets passent par la capitale régionale.

Sur la zone « commerciale » de Toulouse-Blagnac on compte 19 député(e)s sur les 26 parlementaires d’ex-Midi-Pyrénées. Ce chiffre est à relativiser. Des parlementaires (Rodez, Castres, Tarbes-Lourdes) disposent d’un aéroport de proximité. C’est le cas, notamment, de Philippe Folliot dans le Tarn. Mais la fréquence des vols peut drainer des Tarnais ou des Aveyronnais vers Toulouse-Blagnac.

Si on reste sur l’hypothèse « basse » (le nombre de député(e)s pouvant utiliser exclusivement Toulouse-Blagnac), on arrive à une dépense de 115 425 euros sur 5 ans.

L’assemblée générale de la société Aéroport de Blagnac a versé 15 millions d’euros de dividendes. Ce coup de canif dans la trésorerie a été perçu comme un pillage organisé par les nouveaux actionnaires chinois. Malgré cela, la générosité envers les parlementaires reste une goûte d’eau pour le budget du 5ème aéroport de France.

Un soupçon de « trafic d’influence »

Une parlementaire n’apprécie pas du tout la générosité de la société aéroport de Blagnac. Valérie Rabault a renvoyé la carte de parking mise gracieusement à sa disposition. Et elle a accompagné ce retour à l’expéditeur d’une lettre au président du Directoire de Toulouse-Blagnac. L’ancienne rapporteure du Budget et actuelle membre de la commission des Finances ne mâche pas ses mots.

Valérie Rabault évoque un « trafic d’influence » :

J’avoue être très choquée au regard de la nécessaire déontologie qui s’applique aux parlementaires. J’ignore la motivation qui a guidé votre envoi (ndlr d’une carte gratuite de parking). J’espère seulement qu’elle n’interfère en aucune manière avec les futures discussions qui pourraient avoir lieu entre l’Etat Français et les actionnaires chinois de la Société de l’aéroport de Blagnac, sur les 10,1% de la société encore détenus par l’Etat français et qui font l’objet d’une option de vente

Depuis le début de la législature, Valérie Rabault  porte le fer contre la politique fiscale du gouvernement. La députée du Tarn-et-Garonne est montée au créneau face au ministre des Comptes Publics s’agissant de la hausse de la CSG pour les retraités. Nouvelle membre de la direction nationale du PS,  Valérie Rabault a compris que derrière l’affaire de la générosité de l’aéroport de Blagnac se trouve un vrai dossier politique. Celui d’une privatisation décidée par… Emmanuel Macron.

Laurent Dubois (@laurentdub)

10 Juil

Et le remplaçant de Mickaël Nogal à la tête de LREM en Haute-Garonne est…

La République En Marche se dote d’un nouveau référent départemental en Haute-Garonne. Pierre Castéras succède à Mickaël Nogal.

Le Premier ministre Edouard Philippe à la convention de La République en Marche (Photo : AFP)

Le Premier ministre Edouard Philippe à la convention de La République en Marche (Photo : AFP)

Samedi 8 juillet, La République En Marche a tenu sa première convention. Le mouvement ayant permis l’élection d’Emmanuel Macron se structure. Parmi les premières mesures figurent l’adoption de nouveaux statuts et la nomination de responsables locaux. En Haute-Garonne, la règle de base est respectée. Les nouveaux députés ne peuvent pas être des référents départementaux.

Suite à son entrée au Palais-Bourbon, Mickaël Nogal laisse sa place à Pierre Castéras.

L’ancien maire PS de Mazères-sur-Salat n’est pas un inconnu. Pierre Castéras a été une figure du parti socialiste. Mais le nouveau référent de La République En Marche doit également sa « notoriété » publique à une affaire : le naufrage financier de la Confédération Pyrénéenne du Tourisme.

Un dossier qui a refait surface lors du retour de Pierre Castéras sur la scène politique, en mai dernier.

A cette occasion, le Blog Politique de France 3 Occitanie a, notamment, révélé la teneur d’un audit. Un audit mené par l’ex Conseil Régional de Midi-Pyrénées et qui pointe de graves dysfonctionnements dans ce satellite de la Région. L’auteure de l’expertise est une magistrate administrative qui occupait la fonction de Direction Générale de l’Administration à l’Hôtel de Région.

La haut-fonctionnaire pointait, notamment, une forte suspicion de « travail dissimulé » et de fraude à l’Urssaf. Pierre Castéras a, en effet, recruté un directeur payé sur la base de factures et pour un montant important, 15 000 euros mensuels correspondant à trois jours et demi de travail hebdomadaire.

Pour Pierre Castéras, tout cela appartient au passé :

On a tous un passé. Je suis nickel et je dors très bien. C’est une méprise et j’estime être victime d’un règlement de compte entre grandes collectivités. Je n’ai jamais été inquiété par la justice. Cela remonte à 7 ans et j’ai fermé ma g… parce que je suis loyal. Si vous avez des questions, je vous invite à les poser à Martin Malvy (ndlr président de la Région au moment des faits) ou à Carole Delga qui était ma collaboratrice (ndlr actuelle présidente d’Occitanie et directrice administrative au moment des faits

S’agissant de ces nouvelles fonctions, Pierre Castéras, précise :

C’est un honneur. Je vais jouer un rôle de transmission entre les comités locaux et le national. C’est un rôle de coordination et de travail de l’ombre au quotidien. Je suis totalement dans la ligne de notre mouvement.

Quant au calendrier politique, Pierre Castéras, ne se projette pas dans les prochains scrutins locaux :

On est en marche et on ne cours pas

A la différence de la Haute-Garonne, les autres départements d’Occitanie ne sont pas  concernés par un remaniement des référents départementaux. Ainsi, dans le Tarn, c’est la stabilité et la continuité qui l’emportent. Clément Baller reste à la tête de LREM 81.

Laurent Dubois (@laurentdub)

08 Juil

Valérie Rabault élue à la direction nationale du PS

La députée du Tarn-et-Garonne, Valérie Rabault, vient d’être élue à la direction nationale du PS.

Valérie Rabault. Photo AFP Eric Piermont

Valérie Rabault. Photo AFP Eric Piermont

Ce samedi 8 juillet, le conseil national du PS a élu une nouvelle direction nationale. Une direction collégiale composée de 16 membres et dans laquelle figure Valérie Rabault. La députée du Tarn-et-Garonne a été la première femme a occuper le poste de rapporteure du Budget à l’Assemblée. Elle appartient au petit groupe des sortants PS qui ont été réélus lors des dernières législatives.

Sous le quinquennat de François Hollande, Valérie Rabault a été pressentie pour un poste ministériel. Mais c’est du Palais Bourbon qu’elle a imprimé sa marque sur les dossiers financiers et les orientations budgétaires. L’ancienne banquière d’affaires a notamment infléchi les ultimes arbitrages du gouvernement Valls s’agissant de la fiscalité des retraités.

Sous la nouvelle législature, Valérie Rabault se positionne clairement dans l’opposition. Mercredi 5 juillet, lors de la 1ère séance des questions au gouvernement, la députée d’Occitanie a interpellé le ministre des Comptes Publics, Gérald Darmanin, sur la hausse de la CSG. La même semaine, en commission, Valérie Rabault a profité d’une audition du président de la Cour des Comptes pour passer au scalpel la ligne économique du nouveau premier ministre, Edouard Philippe.

Membre de la commission des Finances, Valérie Rabault a profité des premiers pas de l’Assemblée version Macron pour faire entendre sa voix. La députée du Tarn-et-Garonne est connue pour son acharnement et son investissement dans le travail parlementaire. Valérie Rabault a d’ailleurs reçu le titre, décerné par la presse spécialisée, de « Pilier de l’Assemblée »

Valérie Rabault pourrait incarner l’opposition socialiste à la politique économique d’Emmanuel Macron et d’Edouard Philippe.

Une autre personnalité d’Occitanie intègre la direction nationale du PS. Il s’agit de Carole Delga. Ce n’est pas une surprise. Avant la réunion du conseil national, la présidente d’Occitanie a sollicité le secrétaire national (démissionnaire) du PS.  Objet de la demande : obtenir une place dans le nouvel organigramme. Selon nos informations, Jean-Christophe Cambadélis a donné une réponse positive avant le vote du conseil national.

A noter que l’ancien député de l’Hérault, Sébastien Denaja, est membre de droit de la direction collégiale et temporaire du PS. Sébastien Denaja occupera la fonction de porte-parole du parti. Un autre montpelliérain, Hussein Bourgi, est chargé, avec 4 autres élus, de la « coordination des territoires ».

Au final, ce sont 4 personnalités d’Occitanie qui représentent la nouvelle gouvernance du PS.

Laurent Dubois (@laurentdub)

07 Juil

Législatives : un second recours contre l’élection du seul député PS de la Haute-Garonne, Joël Aviragnet

Le dernier député socialiste de la Haute-Garonne, Joël Aviragnet, est la cible d’un second recours visant à l’annulation de son élection

Joël Aviragnet (Photo : Vincent Isore / MaxPPP)

Joël Aviragnet (Photo : Vincent Isore / MaxPPP)

Un premier recours a été rendu public fin juin. Le mois dernier, France 3 Occitanie a relevé l’existence d’un procédure visant l’élection de Joël Aviragnet. Ce vendredi 7 juillet, le Conseil constitutionnel publie la liste des contentieux s’agissant des législatives 2017 et une seconde saisine apparaît. Elle a été déposée par l’ancien concurrent de Joël Aviragnet, Jean-Luc Rivière.

Contacté par France 3 Occitanie, Jean-Luc Rivière précise que le recours porte notamment sur des affiches électorales jugées litigieuses. Toutes les affiches doivent être soumises à une commission de propagande. Cette intervention n’est pas une simple formalité. Selon nos informations, dans le Tarn-et-Garonne, les affiches de l’ancienne ministre Sylvia Pinel ont été retoquées et ont fini au panier. Elles comportaient un code couleur qui est prohibé : le fameux tricolore « Blanc, Blanc, Rouge ». Un tricolore qu’aucun candidat ne peut s’approprier et réserver aux documents officiels de la République.

Jean-Luc Rivière ne vise pas un problème d’affichage et de couleurs. Il cible le contenu des affiches. Selon l’ancien candidat (LR-UDI) aux législatives, les affiches soumises à la commission de propagande ne sont pas celles qui ont été exposées au regard des électeurs. Dans leur « vraie » version, les affiches comportaient un bandeau « avec Carole Delga« . La mention du nom de la présidente de la Région aux côtés du nom du candidat n’aurait pas été soumis au contrôle de la commission de propagande. Ce contrôle est une question de principe. Mais c’est également une question de fond. L’utilisation du nom des soutiens est réglementée. De plus, le nom de la suppléante était absent. Tout cela pouvait brouiller les pistes et induire les électeurs en erreur.

Dans l’autre recours visant Joël Aviragnet, le requérant vise des soupçons de fraude. Jean-Luc Rivière se situe sur un autre terrain. C’est l »influence de la présidente de Région et son impact sur le scrutin qui sont au cœur de la saisine du conseil constitutionnel. Le témoignage d’électeurs incités à « voter Delga » alors que la présidente de Région n’était pas candidate sont notamment versés au dossier.

Le verdict ne tombera pas avant plusieurs mois. Le délai peut même atteindre 1 an.

Laurent Dubois (@laurentdub)

06 Juil

Collaborateurs parlementaires : la moralisation, c’est presque ça

Depuis l’affaire Fillon, les collaborateurs parlementaires sont sous les projecteurs. Une liste doit être publiée par l’Assemblée. Mais, en Occitanie, des député(e)s ont fait leur choix.

Photo MaxPPP

Photo MaxPPP

Soupçon d’emplois fictifs. Recrutement d’enfants ou de conjoint(e)s. Les collaborateurs parlementaires ont défrayé l’actualité ces derniers mois. L’affaire Fillon est à l’origine d’un grand déballage. L’Occitanie n’a pas échappé à cette « lessiveuse » avec, notamment, des doutes sur l’assistant familial d’une ancienne députée du Lot. Pour lutter contre des dérives, Emmanuel Macron a promis, pendant la campagne présidentielle, d’interdire les emplois familiaux. Le texte est actuellement en discussion au Sénat.

Des interrogations autour des recrutements en amis

Sans attendre une réforme législative, l’Assemblée a rendu public, en plein Pénélope Gate, les noms des collaborateurs de la XIVe législature. S’agissant des nouveaux député(e)s et de la nouvelle législature, il va falloir attendre quelques semaines. Les noms des assistants seront mis en ligne avant la fin de l’été. Autrement dit, la transparence interviendra plusieurs mois après l’élection de l’Assemblée 2017-2022. Cela peut paraître long. Mais, comme le précise, un député de la majorité, « les services sont débordés et justifient un certain flottement par l’arrivée massive de nouveaux députés ».

Une autre source parlementaire estime que la divulgation du nom des collaborateurs est « noyée » sous des problèmes pratico-pratiques : l’attribution des bureaux.

A priori, l’identité des assistants parlementaires est moins sensible qu’autrefois. Le vote imminent d’une loi anti-emploi familiaux rend la transparence moins stratégique. Après l’affaire Fillon et avant l’élection d’Emmanuel Macron, le patronyme permettait d’identifier « la femme ou le mari de…. », la fille ou le fils. La pratique du fiston ou de la conjointe doit être prochainement encadrée.

Dans ce contexte, la publicité autour des assistants parlementaires semble perdre de son intérêt. Mais ce n’est pas évident.

La loi n’est pas encore votée et des pratiques peuvent perdurer. Mais, surtout, l’adoption de la loi peut laisser en suspens des problèmes. C’est notamment le cas des « emplois croisés ». Le  » tu emploies ma fille, j’embauche ta femme » peut être un moyen de contourner la future barrière juridique. Dans le projet gouvernemental, les recrutements croisés sont encadrés. Un encadrement relatif. Les conjoints ou enfants d’un(e) député(e) employé(e) par un(e) autre parlementaire doivent simplement figurer dans la déclaration d’intérêt déposée auprès de la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique.

Le problème des beaux-fils ou des belles filles est également en suspens. S’agit-il d’emplois familiaux et qui, à ce titre, sont interdits ou seuls les liens du sang sont-ils visés ?

Il faut attendre la fin des travaux législatifs pour connaître la réponse. Mais le projet de loi ne prévoyait rien s’agissant des belles familles. Seuls les descendants, les ascendants et les conjoints sont visés.  Les parlementaires vont-ils durcir le cadre ?

En attendant la loi, des recrutements dans le Tarn et Haute-Garonne

En attendant ces éclaircissements, la connaissance de l’identité des collaborateurs parlementaires permettrait de savoir si les nouveaux député(e)s ont « intériorisés » les leçons de l’affaire Fillon. En l’absence de communication officielle de l’Assemblée, France 3 Occitanie a contacté plusieurs député(e)s d’Occitanie pour leur demander le nom et le profil de leurs assistants.

La députée (LREM) de la Haute-Garonne, Monique Iborra précise qu’elle a recruté 3 emplois à temps complet. Une secrétaire et une assistante en circonscription, une collaboratrice à Paris. Députée sortante, Monique Iborra a reconduit son équipe. Peu de temps avant la fin de son précédent mandat, Monique Iborra a arrêté sa collaboration avec sa fille. C’est le staff issu de ce remaniement qui rempile. La député du Tarn-et-Garonne, Valérie Rabault a également bouclé son équipe. Elle continue avec les mêmes collaborateurs.

En revanche, les nouveaux élus sont toujours en recherche de collaborateurs. Les candidatures ne manquent pas. Elles sont nombreuses et correspondent, selon une députée, à des profils. Mais ce vivier ne suffit visiblement à boucler les recrutements. Dans le Tarn, Marie-Christine Verdier-Jouclas (LREM) déclare :

Pour l’instant, je n’ai contractualisé qu’avec la personne sur Paris. Pour les deux autres sur ma circonscription, je suis en train de finaliser et ne peux donc rien avancer

Toujours dans le Tarn, le député (LREM) Jean Terlier est également en train de boucler son staff  et joue la transparence :

Je n’ai pas encore finalisé le recrutement de mes collaborateurs. Je communiquerai leur CV dès que cela sera fait

Selon nos informations, plusieurs nouveaux député(e)s envisageraient de recruter comme assistant leur suppléant. Ce serait notamment le cas de trois député(e)s LREM de la Haute-Garonne, Sandrine Mörch, Mickaël Nogal et Corinne Vignon Cette formule pourrait se heurter à la loi sur le rétablissement de la confiance publique. Ce jeudi 6 juillet, le groupe LR au Sénat vient de déposer un amendement afin d’interdire le recrutement des suppléants.

Laurent Dubois (@laurentdub)

29 Juin

Le maire de Beaucaire, Julien Sanchez, futur président du groupe FN au Conseil Régional ?

La présidente du groupe FN au Conseil Régional, France Jamet, va siéger au Parlement Européen. Le nom de son successeur circule : Julien Sanchez.

Julien Sanchez. Conseiller Régional (FN) d'Occitanie; Photo : MaxPPP/Isorel

Julien Sanchez. Conseiller Régional (FN) d’Occitanie. Photo : MaxPPP

Le succès des uns fait le bonheur des autres. Lors des dernières législatives, Louis Aliot a été élu dans les Pyrénées-Orientales. Mais le numéro 2 du Front National disposait déjà d’un mandat parlementaire européen. Ce cumul est impossible et Louis Aliot doit laisser son siège strasbourgeois à sa suppléante. France Jamet va donc connaître prochainement les délices de la ligne Montpellier-Strasbourg. Mais la future députée européenne est elle même en situation de cumul. L’élue frontiste dispose de mandats locaux : la mairie de Montpellier et le Conseil Régional.

France Jamet va devoir démissionner du conseil municipal montpelliérain ou de l’assemblée régionale. Contactée par France 3 Occitanie, France Jamet affirme ne pas avoir fait de choix. L’élue frontiste précise surtout qu’elle a encore du temps pour réfléchir. L’interdiction de cumul intervient 30 jours après l’installation dans le nouveau mandat. France Jamet n’a pas reçu de notification de la part du ministère de l’Intérieur concernant son remplacement de Louis Aliot au Parlement Européen.

La conseillère régionale FN aura, au minimum, jusqu’au mois d’août pour trancher. L’échéancier peut même enjamber la trêve estivale et se clôturer en septembre prochain.

Cela convient parfaitement à France Jamet. « Il est urgent de ne pas se précipiter » déclare la future députée européenne.

Montpellier ou le Conseil Régional, ce n’est pas encore d’actualité. Mais, en revanche, la question de la succession à la présidente du groupe est posée.

Ce jeudi 29 juin doit se tenir la dernière Assemblée Plénière avant les vacances d’été. Le dernier rendez-vous institutionnel est fixé pour la première semaine de juillet.

Mais, selon nos informations, France Jamet doit laisser sa place à Julien Sanchez. 

Le maire de Beaucaire aura en charge la gestion et l’animation du principal groupe d’opposition au Conseil Régional.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

 

 

 

Que vont devenir les « éléphants » du PS de Haute-Garonne après leur défaite aux législatives ?

Un ancien ministre, Kader Arif, le numéro 3 du PS Christophe Borgel et l’ex-présidente de la commission des affaires sociales Catherine Lemorton ont été battu(e)s aux législatives. Ils sont à la recherche d’un emploi ou d’une nouvelle vie.

Catherine Lemorton (Photo : AFP)

Catherine Lemorton (Photo : AFP)

La casse est lourde au PS. Plusieurs personnalités n’ont pas résisté aux législatives et ont été battu(e)s dès le 1er tour. En Occitanie, c’est en Haute-Garonne qui concentre le plus grand nombre de « blessés ». Un ancien ministre, Kader Arif, la présidente de la commission des Affaires Sociales de l’Assemblée, Catherine Lemorton, et le responsable national des élections, Christophe Borgel sont au tapis. La rentrée parlementaire est en cours. Les nouveaux députés intègrent les groupes et les commissions. Une sortante-réélue a tenté de décrocher la présidence des Affaires Sociales. Mais tout ce tohu-bohu se déroule sans Kader Arif, Christophe Borgel et Catherine Lemorton.

Quels sont les projets de ces ex député(e)s ?

Christophe Borgel : une reconversion dans le privé

Les séances de nuit et les réunions rue de Solférino, c’est terminé. Christophe Borgel a perdu son siège de député de la Haute-Garonne. Mais il a également démissionné de ses responsabilités au sein du PS national. Christophe Borgel a anticipé sa défaite aux législatives. Avant le premier tour, le futur ex-parlementaire a demandé à ses collaboratrices de chercher un emploi. Cette anticipation a probablement limité le choc du résultat. Cela explique le rebond quasi-immédiat de Christophe Borgel.

Moins d’une semaine après le 2nd tour, Christophe Borgel a lancé sa reconversion. Dans une autre vie, l’ancien n°3 du PS a été nommé inspecteur général de l’Education Nationale. Mais le corps a été dissous et, depuis 2011, Christophe Borgel n’appartient plus à l’administration. C’est vers le secteur privé que se tourne donc l’ancien député.

Spécialiste de la carte électorale, Christophe Borgel peut difficilement monnayer son expertise auprès d’une entreprise. En revanche, l’ex « Monsieur Election » du PS a un joli carnet d’adresse.

Un poste de directeur des relations publiques est jouable. Même chose s’agissant de la communication. Christophe Borgel est un habitué des médias. Il maîtrise cet univers en tant que « client », face à un micro ou une caméra. Mais il dispose également d’entrées dans les rédactions.

Christophe Borgel ne donne pas de détails sur ses recherches d’emploi. Mais une chose est certaine. Pour Christophe Borgel, c’est une nouvelle vie professionnelle mais aussi personnelle qui commence.

Loin de la politique. Même si le business et la politique ne sont jamais très éloignés.

Kader Arif : « il faut bosser »

Ancien ministre et, depuis le 18 juin, ex-député. Kader Arif a passé 7 ans au Parlement Européen, 2 ans au Palais Bourbon et 22 mois au gouvernement. Mais, désormais, il se retrouve sans mandat et sans emploi. Comme tous les député(e)s battu(e)s, il va percevoir, pendant 6 mois, 100% de son ancienne indemnité parlementaire. Une indemnité qui s’élève à 5 999,80 euros brut par mois. Malgré une confortable assurance chômage, Kader Arif va devoir trouver un emploi :

Il faut rebosser. Je repars à la recherche d’un emploi. Je ne pleure pas. Je ne me plains pas. Beaucoup de gens sont plus en galère que moi. Mais il me reste 5 ans avant de pouvoir faire valoir mes droits à la retraite

Kader Arif reste un militant socialiste. L’ancien ministre précise qu’il participera « à la reconstruction de la famille socialiste ». Mais sa priorité du moment est de trouver un emploi. En Haute-Garonne, une collectivité est particulièrement attentive à la situation professionnelle des « camarades de parti ». Selon nos informations, le conseil départemental du socialiste Georges Méric pourrait « récupérer » les anciens collaborateurs de Kader Arif. En revanche, comme le précise une source, « ce n’est pas vraiment ce que cherche et veux Kader Arif le concernant. En plus ce serait un peu gros ».

Kader Arif a eu une existence professionnelle avant son long parcours politique. Avant d’être repéré par Lionel Jospin, il a travaillé dans un cabinet d’architecte et a été voyagiste.

Catherine Lemorton : le choc

Pendant 5 ans, Catherine Lemorton a présidé la commission des Affaires Sociales de l’Assemblée. Ce poste stratégique lui a assuré une vraie visibilité. Fer de lance de la lutte anti-lobby, Catherine Lemorton a arpenté les plateaux de télévisions et trusté les colonnes des journaux. Localement, le nom de la députée toulousaine circulait pour une éventuelle reconquête du Capitole. Mais cette période d’exposition et cette phase d’ascension ont été brisées nettes.

Le choc a été brutal et, surtout, inattendu. Avant les législatives, Catherine Lemorton était confiante. Preuve de cet optimiste, l’ex-député a vendu les parts de sa pharmacie à son associé. une vente qui, selon Catherine Lemorton, a juste permis de souscrire à deux assurances vies. Pas de quoi vivre de placements. Catherine Lemorton ne se plaint pas et ne parle absolument pas de difficultés matérielles. Son mari travaille et elle bénéficie, comme tous les battus, d’une assurance chômage.

Catherine Lemorton tablait sur une réélection et voulait couper court à toute suspicion. Connue nationalement et localement comme la « députée-pharmacienne », Catherine Lemorton voulait mettre en ordre ses affaires avant un nouveau mandat.

La vague Macron des législatives a  fissuré cet édifice. Catherine Lemorton ne se plaint pas. Mais, pour elle, ce n’est pas encore le moment d’un rebond.

Laurent Dubois (@laurentdub)

Tarn : le cadeau de départ de Thierry Carcenac à l’une de ses fidèles

Avant son départ de la présidence du départ du Tarn, Thierry Carcenac tente de promouvoir une proche. Mais cela fait grincer des dents dans l’institution départementale. Explications.

Thierry Carcenac (Photo : Rémy Gabalda / AFP)

Thierry Carcenac (Photo : Rémy Gabalda / AFP)

Dans deux mois, Thierry Carcenac abandonnera pour de bon la tête du Conseil départemental du Tarn. En raison de la loi sur le non-cumul des mandats, l’élu socialiste devrait laisser son siège le 15 septembre 2017 comme président du département à l’albigeois Christophe Ramond, après 26 ans de bons et loyaux services.

Mais avant de s’envoler définitivement vers Paris pour se consacrer pleinement à son mandat de sénateur, Thierry Carcenac a décidé de laisser quelques cadeaux de départ à sa garde rapprochée, qui l’a accompagné tout au long de ces années.

Parmi ces proches, une certaine Cécile Jouffron. Fidèle parmi les fidèles, cette ingénieure de formation occupe le poste de directrice du développement économique du Conseil départemental.

Le futur ex-président a choisi de la récompenser en offrant une belle promotion à celle qui s’est notamment occupée du Schéma directeur territorial d’aménagement numérique du Tarn. Mais selon nos informations, une petite difficulté est apparue. Cécile Jouffron n’aurait pas le diplôme administratif et les années d’ancienneté nécessaires pour monter en grade.

Qu’à cela ne tienne ! Il y a toujours une solution aux problèmes. Thierry Carcenac a choisi de nommer Cécile Jouffron comme Directrice générale adjointe (DGA) du Conseil départemental. Un emploi fonctionnel dont la nomination est à la discrétion du président du département, sans autres conditions. Simple et efficace.

Cette désignation, dont les syndicats ne sont même pas au courant, fait grincer des dents dans les rangs même de la majorité départementale. La pilule est d’autant plus difficile à avaler que Thierry Carcenac est habitué à ces nominations pour « services rendus » ou à l’attention de ses proches (comme ce fût le cas pour Samuel Cèbe après que ce dernier a perdu son poste de 1er secrétaire de la fédération socialiste du Tarn ou lorsqu’il a engagé sa femme comme attachée parlementaire au Sénat).

Certains interlocuteurs aperçoivent derrière ce choix la « main invisible » du conseiller de l’ombre de Thierry Carcennac, Marc Gauché, en raison des liens personnels entre Cécile Jouffron et l’ancien attaché parlementaire de l’ex-députée socialiste, Linda Gourjade.

Sûrement conscient du mécontentement que peut soulever cette décision, le cabinet du président a décidé de garder l’information secrète. Le rapport actant la décision de Thierry Carcenac et devant être présenté, vendredi 30 juin en assemblée, n’était toujours pas diffusé au moment de la publication de cet article.

Contacté, le service communication du département a répondu n’avoir rien à déclarer à ce sujet

Sylvain Duchampt (@duchampt)