17 Juil

Le maire de Balma Vincent Terrail-Novès prend ses « distances » avec Les Républicains

Vincent Terrail-Novès, maire de Balma élu sous l’étiquette LR et conseiller régional, ne se reconnaît plus dans sa famille politique et le fait savoir.

Vincent Terrail-Novès (Photo : T. Bordas / MaxPPP)

Vincent Terrail-Novès (Photo : T. Bordas / MaxPPP)

Officiellement, il n’a pas démissionné. Mais il n’a pas renouvelé non plus son adhésion. Et s’en explique (presque) sans détours. « Mes idées sont toujours à droite et au centre mais je n’ai plus envie de cautionner ce parti » a-t-il indiqué à France 3.

Pour Vincent Terrail-Novès, il manque un projet au parti Les Républicains. « La droite est à court d’idées, de propositions. Elle n’a pas assez travaillé le projet présidentiel. Il faut maintenant des choses nouvelles et ambitieuses ».

Et qui donc pour porter ce projet ? Pas l’équipe en place en tout cas, selon le jeune maire de Balma, dans la banlieue de Toulouse.

« Il faut surtout une nouvelle équipe. Ce ne sont pas des Hortefeux, des Morano qui peuvent porter un nouveau projet. J’ai beaucoup de respect pour ces personnes mais c’était il y a vingt ans ».

Vincent Terrail-Novès va plus loin : « Ce n’est pas étonnant qu’Edouard Philippe et Gérald Darmanin aient quitté le parti ».

Est-ce à dire que lui-même serait prêt à franchi le pas et rallier le parti présidentiel ?

Pas du tout ! « Je fais mon mandat local et je n’ai pas besoin d’une étiquette. Je ne rejoins pas la République en Marche car pour moi, c’est trop flou. Ni droite, ni gauche, ok, mais qu’est-ce qu’il y a derrière ? C’est trop flou », répète-t-il, « je ne connais pas les valeurs de La République en Marche. Et pour moi, elle n’a pas d’idéologie. Donc, c’est non ».

Concrètement, la « prise de distance » de Vincent Terrail-Novès ne change rien à sa position au Conseil régional. En effet, précise le maire de Balma, il n’y a pas de groupe LR à la région mais une union des élus de la droite et du centre, qui lui « correspond tout à fait ».

Marie Martin

06 Juil

Trois nouveaux adjoints à la mairie de Toulouse pour cause de cumul des mandats

Pour cause d’entrée en vigueur de la loi anti-cumul des mandats, 3 adjoints au maire devenus parlementaires ont démissionné de leur fonction. Trois nouveaux adjoints ont été élus ce jeudi soir.

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Les élus du conseil municipal de Toulouse qui ont l’habitude depuis 3 ans de séances marathon de plus de 10 ou 12 heures d’affilées, ont fait une simple apparition ce jeudi 6 juillet. La séance n’a duré que quelques dizaines de minutes, le temps de voter sur la nomination de trois nouveaux adjoints au maire.

Car pour cause d’entrée en vigueur de la loi anti-cumul, la sénatrice LR Brigitte Micouleau et les deux nouveaux députés LREM Elisabeth Toutut-Picard et Jean-Luc Lagleize ont démissionné de leurs responsabilités d’adjoints au maire (mais restent simples conseillers municipaux).

Pour les remplacer, petit jeu de chaises musicales… glissantes : du 1er adjoint au 7ème, pas de changement. A partir de la 8ème place, celle qu’occupait Elisabeth Toutut-Picard, tout le monde monte d’un cran. Les nouveaux venus dans l’équipe occupent donc les 3 dernières places : 24, 25 et 26ème adjoints au maire.

Le casting a été soigneusement choisi (même si c’est officiellement sur candidature) : Bertrand Serp (LR), Christine Escoulan (société civile) et Jacqueline Winnepenninckx-Kieser (MoDem) sont les 3 nouveaux adjoints.

Un dosage méticuleux au sein de la majorité de Jean-Luc Moudenc. Ils conservent leurs anciennes délégations.

Quant à la répartition des délégations des anciens adjoints, elles sont à la seule discrétion du maire. C’est donc Jean-Luc Moudenc, qui, sans doute à la fin de l’été, avant la rentrée, définira les nouvelles attributions au sein de son équipe. Dans son entourage, on affirme qu’il n’y aura pas de « révolution ».

Sans doute, mais la réorganisation d’une équipe municipale est toujours un levier important pour le maire : tel(le) ou tel(le) élu(e) en difficulté sur un dossier peut être discrètement exfiltré. Tel autre promu pour bons et loyaux services.

Réponse sans doute au coeur de l’été. Mais en douceur.

FV (@fabvalery)

03 Juil

Mouvement du 1er juillet : Philippe Martin et Pierre Cohen, proches de Benoît Hamon, ne vont pas quitter le PS

Benoît Hamon, en lançant samedi son Mouvement du 1er juillet, a annoncé qu’il quittait le PS. Dans la région, ses proches, notamment Philippe Martin ou Pierre Cohen, vont adhérer au mouvement tout en restant au Parti Socialiste. Explications.

Benoît Hamon le 1er juillet. (Photo : Jacques Demarthon/AFP).

Benoît Hamon le 1er juillet. (Photo : Jacques Demarthon/AFP).

Le départ de Benoît Hamon du PS ne va pas s’accompagner d’une hémorragie de militants ou élus locaux socialistes. A la question allez-vous vous aussi quitter le Parti Socialiste, deux grands élus et proches de l’ex-candidat à la présidentielle, donnent la même réponse : non ! Il s’agit de Philippe Martin, président du conseil départemental du Gers, ancien député et ancien ministre et de Pierre Cohen, ancien maire de Toulouse, conseiller municipal et communautaire d’opposition.

« Benoît Hamon nous a réuni, explique Pierre Cohen, avant de faire cette annonce dans son discours samedi pelouse de Reuilly. Il ne demande pas que l’on quitte nous aussi le parti. Et pour une bonne raison : lui a besoin de sa liberté. Il ne veut pas créer un courant de plus au PS ou seulement rénover le parti. Il veut la reconstruction de toute la gauche. Et le PS doit y participer, de l’intérieur ».

En d’autres termes, les élus hamonistes restent au PS pour être des leviers pour l’ex-candidat qui veut recomposer la gauche. Surtout, c’est sous-entendu, en quittant le navire ils laisseraient les clés du camion à la frange la plus centriste du PS. Ce serait jeter le parti dans les bras d’Emmanuel Macron et là, toute recomposition de la gauche, avec les écologistes, les Insoumis de Jean-Luc Mélenchon, le PS et une partie de la gauche serait impossible.

Les adhérents du futur Mouvement du 1er juillet auront donc la possibilité de garder leur carte dans un autre parti. Pour l’instant le mouvement n’en est qu’à ses balbutiements. Il lui faut trouver un statut juridique compatible avec l’appartenance à un parti politique, créer des émanations locales, trouver des référents départementaux. Un travail de longue haleine.

FV (@fabvalery)

29 Juin

Tarn : le cadeau de départ de Thierry Carcenac à l’une de ses fidèles

Avant son départ de la présidence du départ du Tarn, Thierry Carcenac tente de promouvoir une proche. Mais cela fait grincer des dents dans l’institution départementale. Explications.

Thierry Carcenac (Photo : Rémy Gabalda / AFP)

Thierry Carcenac (Photo : Rémy Gabalda / AFP)

Dans deux mois, Thierry Carcenac abandonnera pour de bon la tête du Conseil départemental du Tarn. En raison de la loi sur le non-cumul des mandats, l’élu socialiste devrait laisser son siège le 15 septembre 2017 comme président du département à l’albigeois Christophe Ramond, après 26 ans de bons et loyaux services.

Mais avant de s’envoler définitivement vers Paris pour se consacrer pleinement à son mandat de sénateur, Thierry Carcenac a décidé de laisser quelques cadeaux de départ à sa garde rapprochée, qui l’a accompagné tout au long de ces années.

Parmi ces proches, une certaine Cécile Jouffron. Fidèle parmi les fidèles, cette ingénieure de formation occupe le poste de directrice du développement économique du Conseil départemental.

Le futur ex-président a choisi de la récompenser en offrant une belle promotion à celle qui s’est notamment occupée du Schéma directeur territorial d’aménagement numérique du Tarn. Mais selon nos informations, une petite difficulté est apparue. Cécile Jouffron n’aurait pas le diplôme administratif et les années d’ancienneté nécessaires pour monter en grade.

Qu’à cela ne tienne ! Il y a toujours une solution aux problèmes. Thierry Carcenac a choisi de nommer Cécile Jouffron comme Directrice générale adjointe (DGA) du Conseil départemental. Un emploi fonctionnel dont la nomination est à la discrétion du président du département, sans autres conditions. Simple et efficace.

Cette désignation, dont les syndicats ne sont même pas au courant, fait grincer des dents dans les rangs même de la majorité départementale. La pilule est d’autant plus difficile à avaler que Thierry Carcenac est habitué à ces nominations pour « services rendus » ou à l’attention de ses proches (comme ce fût le cas pour Samuel Cèbe après que ce dernier a perdu son poste de 1er secrétaire de la fédération socialiste du Tarn ou lorsqu’il a engagé sa femme comme attachée parlementaire au Sénat).

Certains interlocuteurs aperçoivent derrière ce choix la « main invisible » du conseiller de l’ombre de Thierry Carcennac, Marc Gauché, en raison des liens personnels entre Cécile Jouffron et l’ancien attaché parlementaire de l’ex-députée socialiste, Linda Gourjade.

Sûrement conscient du mécontentement que peut soulever cette décision, le cabinet du président a décidé de garder l’information secrète. Le rapport actant la décision de Thierry Carcenac et devant être présenté, vendredi 30 juin en assemblée, n’était toujours pas diffusé au moment de la publication de cet article.

Contacté, le service communication du département a répondu n’avoir rien à déclarer à ce sujet

Sylvain Duchampt (@duchampt)

Battu de 91 voix, Michel Montsarrat (LREM) dénonce la campagne « bizarre et choquante » du PS de Haute-Garonne

Dans la 8ème circonscription de la Haute-Garonne, largement devancé au premier tour, le candidat socialiste Joël Aviragnet l’a emporté de justesse au second. Le candidat battu de la République en Marche dénonce les méthodes du PS dans l’entre-deux tours : « on continue à subir leur loi ».

Michel Montsarrat (Photo : France 3)

Michel Montsarrat (Photo : France 3)

Pendant la campagne de l’entre-deux tours des législatives, certains militants socialistes toulousains ont découvert que le département de la Haute-Garonne ne s’arrête pas au périphérique toulousain. A l’issue du premier tour, après la déroute qui a coûté leur place à 9 des 10 candidats socialistes, le PS de Haute-Garonne a sonné la mobilisation générale sur la 8ème circonscription, la seule où il restait un candidat PS. Et pas n’importe lequel : Joël Aviragnet, celui choisi pour succéder à Carole Delga qui ne se représentait pas.

Les socialistes ont donc sillonné, labouré, le Comminges et le Savès et ça a fonctionné ! Joël Aviragnet l’a emporté face au candidat d’En Marche! Michel Montsarrat qui disposait pourtant au premier tour de près de 7000 voix d’avance. Aviragnet l’a emporté avec 91 voix d’écart sur son adversaire. La « Remontada » ont dit les militants PS, euphoriques. « Une vague arrivée en travers », estime le candidat vaincu Michel Montsarrat.

« Je suis surpris, moi qui débute en politique, a confié le candidat battu. J’ai vu arriver une machine de guerre, des cohortes. C’est impressionnant. Mais finalement, c’est de bonne guerre ».

Mais Michel Montsarrat est aussi plus incisif :

Je trouve bizarre et choquant cette façon de faire. Jusqu’au premier tour c’était une campagne normale. Ensuite j’ai été battu par des candidats, pas par un candidat. Je suis tombé sur les poids-lourds »

Il faut dire que le PS a mobilisé pour garder l’ex-circonscription de Carole Delga : la présidente de région n’a pas compté son temps et son énergie aux côtés du candidat, le président du conseil départemental Georges Méric s’est mobilisé, le premier fédéral du PS Sébastien Vincini a mouillé le maillot.

Un  bon connaisseur du Comminges expliquait l’autre jour sur notre blog politique : « Si Aviragnet gagne on dira Carle a gagné et si Aviragnet perd on dira Carole a perdu ». Carole Delga a donc pesé de tout son poids de présidente de Région pour éviter la bascule du Comminges. 

L’opération « il faut sauver le soldat Aviragnet » a marché. Elle ferait presque oublier que le PS de Haute-Garonne a perdu 7 de ses 8 députés dans le département.

FV (@fabvalery)

18 Juin

Le patron du PS de Haute-Garonne Sébastien Vincini réclame la démission de Cambadélis

Sébastien Vincini n’a pas attendu que la soirée électorale du second tour des législatives s’achève. Dès 20 heures, il a réclamé la démission du numéro 1 du PS Jean-Christophe Cambadélis et l’arrivée d’une nouvelle majorité. Quelques minutes après, le patron du PS s’est mis « en retrait »

Sébastien Vincini (Photo : Mathieu Delmestre)

Sébastien Vincini (Photo : Mathieu Delmestre)

Secoué par la déroute aux législatives, le PS entre dans une période où tous les coups sont permis. Dimanche soir 18 juin, ce n’est pas l’appel du Général de Gaulle qui a été commémoré mais celui de… Sébastien Vincini qui a été lancé ! Le secrétaire fédéral du PS de Haute-Garonne, qui a perdu la plupart de ses députés dans la bataille électorale, a réclamé dès 20 heures la tête du numéro 1 du PS Jean-Christophe Cambadélis.

J’appelle la direction actuelle de Solférino à démissionner et à passer la main à une nouvelle génération. Il est urgent de refonder réellement pour faire vivre les valeurs d’une gauche sociale-démocrate et écologiste assumée. Cette refondation doit partir de la ‘’base’’, de la vie réelle des gens, des citoyens, des militants et des élus locaux qui sont les « bénévoles’’ de la République.

Le secrétaire fédéral du PS 31 passe donc à l’offensive avant, afin, peut-être d’être lui-même emporté par la rébellion.

Dans la foulée, vers 20h20, Jean-Christophe Cambadélis a annoncé son « retrait » de la direction du PS.

Vous trouverez l’intégralité de l’appel de Sébastien Vincini ci-dessous.

FV (@fabvalery)

Le texte intégral de Sébastien Vincini ! 

« Le Parti Socialiste doit faire face à son destin-Monsieur CAMBADELIS doit démissionner

Ce soir, nous connaissons la plus lourde défaite de l’Histoire du Parti Socialiste sous la Vème République. Les élections législatives, qui n’ont été qu’une confirmation et une ratification de la présidentielle, ont été marquées par la volonté des électeurs de renouvellement profond de la classe politique. Nous devons en prendre la mesure et en tirer toutes les conséquences.
Notre formation politique s’est effondrée au terme d’une mandature chaotique. Notre action gouvernementale et notre projet n’ont pas suffisamment répondu aux attentes et aspirations de nos concitoyens. Certaines mesures, comme la déchéance de nationalité et la loi travail, ont dérouté et détourné de nous ceux-là même qui constituaient le cœur de notre électorat.
Nous avons échoué à améliorer la vie du plus grand nombre de nos concitoyens. Pire, les pratiques politiciennes critiquables, que les citoyens ne supportent plus, d’un personnel politique trop éloigné de la vie réelle, ont provoqué une grande défiance à notre égard. Dès demain nous devrons faire l’inventaire du quinquennat passé, sans complaisance, sans tabou.

Ainsi s’achève le cycle d’Epinay. Un nouveau doit commencer.

J’appelle la direction actuelle de Solférino à démissionner et à passer la main à une nouvelle génération. Il est urgent de refonder réellement pour faire vivre les valeurs d’une gauche sociale-démocrate et écologiste assumée.
Cette refondation doit partir de la ‘’base’’, de la vie réelle des gens, des citoyens, des militants et des élus locaux qui sont les « bénévoles’’ de la République.
Il est urgent de faire naître un collectif pour travailler sur les idées, avec les syndicats, les associatifs, les intellectuels, pour penser et nourrir un projet socialiste d’aujourd’hui, démocrate, progressiste, écologiste et européen.
J’appelle à un véritable renouvellement doctrinal, philosophique, politique et géopolitique.
Il est urgent de s’ouvrir à toutes celles et ceux qui veulent bâtir à gauche. L’avenir de la gauche est dans le collectif. Nous devons recréer avant tout des lieux de débats et des espaces d’échanges.
J’appelle à des assises de la gauche et de la refondation qui devront s’appuyer sur ce travail de réflexion et d’échange.

En Haute-Garonne, notre fédération forte de ses militants et de ses élus locaux prendra pleinement part à ce processus. C’est pourquoi, je vais proposer dès cette semaine aux instances fédérales d’engager ce chantier de la refondation.
Ce travail ne doit pas se faire en conclave depuis Paris, ni depuis la fédération du Parti Socialiste de la Haute-Garonne, mais sur le terrain, en allant à la rencontre des citoyens, en ouvrant des outils de collaboration numérique, en lançant une grande enquête auprès des territoires.
Je souhaite que les élus locaux, les militants, les sympathisants, les acteurs associatifs, les citoyens engagés puissent débattre de notre avenir politique, construire un nouveau projet et renouer le lien avec les habitants de notre territoire.
Cette période nous permettra d’entendre leurs espoirs et leurs peurs; leurs attentes et leurs reproches; de rebâtir une relation de proximité et de confiance, ciment d’un pacte démocratique renouvelé.
C’est par ce travail, dans tous les territoires de France, que nous pourrons redonner du sens à notre engagement politique et à une gauche refondée.
Durant cette phase de refondation, nous devons mettre de cotés les questions d’égos, les initiatives individuelles, les esprits de chapelle, pour retrouver le sens de l’intérêt général, de la gauche, de la république.

J’en appelle à la responsabilité de chacune et de chacun pour en permettre la pleine réussite.
Un nouveau cycle s’ouvre, il doit être celui du renouvellement, du travail, de l’humilité et du collectif.

Sébastien Vincini 1er Secrétaire fédéral du PS 31