25 Mai

Mobilisation anti Loi Travail : quand le PS devient une cible

Midi Pyrénées : terre de majorité socialiste. Les élus et militants de ce parti actuellement au pouvoir paient un lourd tribut à leur étiquette. Demain, nouvelle journée d’action contre la loi travail, risque de voir encore certains de leurs locaux occupés ou dégradés en signe de protestation.

Le 17 mai dernier, la permanence de la députée socialiste Catherine Lemorton est recouverte d'affiches. Photo MaxPPP

Le 17 mai dernier, la permanence de la députée socialiste Catherine Lemorton est recouverte d’affiches.
Photo MaxPPP

Si à Grenoble, le paroxysme a été atteint avec une fédération PS de l’Isère criblée de douze impacts de 9mm, dans notre région c’est l’effigie de François Hollande brûlée en place publique, celle du Vigan à Albi en l’occurrence, jeudi dernier, qui a fait grand bruit. « On n’a pas vraiment brûlé l’effigie du Président. On a brûlé quatre personnages, c’est pas comme quand on brûle le drapeau français, ce qui est d’ailleurs encore interdit dans notre pays et heureusement » se défend Michel Bélières le secrétaire départemental de la CGT dans le Tarn.

L’image du drapeau Thierry Braillard, le secrétaire d’état au sport la reprend en direct sur le plateau de notre journal de midi, vendredi dernier, provoquant l’ire d’autres représentants syndicaux. « La dernière fois que j’ai vu quelque chose brûler, c’est un drapeau français qui l’était par l’Etat Islamique ». Pour lui, il est clair qu’il y a délit d’outrage. « On ne peut pas s’en prendre à des policiers, on ne peut pas s’en prendre à des permanences parlementaires comme celles du député socialiste de Haute-Garonne Christophe Borgel. On ne peut pas s’en prendre ni au Premier Ministre, ni au Président de la République quel qu’il soit d’ailleurs car ce sont les fondamentaux de notre République, de notre état de droit ».

Le « quel qu’il soit » est important car la majorité à l’image du premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, a écrit « à tous les partis pour leur demander de réagir ». Invité sur le plateau de « La Voix est Libre » samedi, Vincent Terrail Novès l’a fait, toujours au sujet de cette « effigie » de François Hollande brûlée. Pour le conseiller régional Les Républicains « c’est toujours regrettable et c’est quand même le signe qu’il y a un malaise très profond ».

Demain est annoncée une nouvelle journée d’action contre la loi travail. Les socialistes redoutent-ils d’être pris pour cible une fois encore ? Catherine Lemorton a vu sa permanence parlementaire visée à plusieurs reprises. « C’est honteux qu’une quarantaine de manifestants se ruent sur deux salariés ». Demain ses assistants resteront chez eux. « Hier encore, deux ou trois militants de la CGT tournaient autour de mes locaux. Ils ont même alpagué un voisin pour lui demander si j’étais là » raconte la présidente de la commission des affaires sociales de l’Assemblée Nationale. « Si ça continue, il va vraiment falloir qu’ils oublient ma permanence, mais pour tout alors ! Quand je vois comment je me suis battue dans le dossier Sanofi et que c’est si ce n’est être remerciée, je ne suis même pas respectée…. » La seule sortie du conflit qu’envisage la députée socialiste passe par la deuxième lecture du texte de la loi travail à l’assemblée. Mais d’ici là, combien de journées de mobilisation ?

 

Patrick Noviello