24 Nov

[Sondage] Les lignes bougent et la tendance perdure

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Un sondage qui ressemble aux précédents. Mais un sondage très différent. L’enquête Ipsos/Sopra Steria pour France Télévisions et Radio France confirme une tendance lourde, présente dans toutes les études publiées depuis la fin juillet. Le vainqueur du scrutin (Carole Delga) et les vaincus (Dominique Reynié, Louis Aliot, Philippe Saurel, Gérard Onesta) restent les mêmes. Mais l’ordre d’arrivée et les scores bougent.

Le Front National creuse l’écart et renforce son statut de favori du 1er tour

Tous les commentateurs pronostiquaient une poussée. Les chiffres de l’IPSOS confirment une percée. Louis Aliot gagne 3 points par rapport au dernier « IFOP » du 19 novembre. Le leader régional du FN bénéficie d’une évolution nationale perceptible dans plusieurs Régions. Les attentats de Paris profitent nationalement au FN. En moyenne 3 à 4 points. Louis Aliot est dans ces « eaux ». Il obtient son plus haut score depuis le début des sondages « Régionales 2015 ». Au-delà des chiffres, Louis Aliot franchit la barre symbolique des « 30 points ». Il bénéficie d’une solide avance sur ses adversaires : 11 points sur Dominique Reynié et 9 points devant Carole Delga. Louis Aliot compte sur ce capital pour créer une dynamique et inverser un 2nd tour sur lequel il butte toujours et encore.

Louis Aliot bénéficie d’un affaiblissement de Dominique Reynié.

Les reports de voix établis par l’Ipsos pour France Télévisions et Radio France montrent une porosité très faible entre l’électorat de Dominique Reynié et celui de Louis Aliot (2%). Mais, en revanche, il existe un effet de « vases communicants » au 1er tour. La baisse de Dominique Reynié (1,5 point par rapport au « IFOP » du 19 novembre) peut expliquer une partie de la hausse de Louis Aliot.

L’érosion de Dominique Reynié est constante (4 points en moins depuis un IFOP du 15 octobre). Elle n’est pas corrélée sur une augmentation de Louis Aliot (+5 points en 5 mois). Mais le FN participe d’un affaiblissement du candidat de la droite et du centre. Un affaiblissement qui inquiète non seulement à droite mais aussi à gauche.

Philippe Saurel en zone « rouge »

Autre candidat en difficulté, Philippe Saurel.

Christophe Cavard (tête de liste « Bien Commun ») ou Jean-Claude Martinez (tête de liste « France Force Sud ») sont carrément sous la ligne de « survie » : 0,5 points.

Mais Philippe Saurel est en « zone rouge ». Le maire de Montpellier a décroché un « 11% » prometteur dans le premier sondage des « Régionales 2015 ». Mais, sondage après sondage, le leader des « Citoyens du Midi » ne cesse de perdre des points. Il était à « 6% » dans le dernier IFOP-Fiducial pour Sud Radio et Paris-Match du 19 novembre. Il est désormais sur la ligne (fatidique) des « 5% ». C’est très loin de son objectif (affiché et répété) des 10 points. Mais, surtout, un risque de non-remboursement des frais de campagne plane désormais.

Gérard Onesta « sauvé » d’un reflux

Dans l’entourage de Gérard Onesta, on redoutait un reflux suite aux attentats. Certains de ses soutiens craignaient une chute dans la zone des « 5 à 6 % ».

« Nouveau Monde » se maintient à son précédent niveau : 11%.

Le lancement de deux listes concurrentes et « cousines » (« Bien Commun » et « Nouvelle Donne » estampillées « Ecolos-Citoyennes ») ont fait descendre Gérard Onesta de l’Olympe des 16 % d’intentions de vote. Mais l’union d’Europe-Ecologie, le Front de Gauche, du PS et des Occitanistes évite un retour de bâton. Autre motif de consolation : la liste Cavard (accusée par Gérard Onesta d’être instrumentalisée par le PS) ressort abimée de la première enquête post-attentats.

Carole Delga : une bouffée d’oxygène.

Pour la première fois, Carole Delga (23%) passe devant Dominique Reynié (21%) au 1er tour. La candidate PS-PRG augmente ses scores (au 1er comme au 2nd tour). Mais surtout elle inverse une tendance lourde.

Depuis le premier sondage (en juillet dernier), Carole Delga est donnée gagnante au 2nd tour. Mais ses scores de 1er tour (avec un plancher à 19%) posaient problème. Ils étaient trop bas.

Tous les sondeurs le disent et le répètent : les enquêtes de 2nd tour ne sont pas probantes. Elles ne tiennent pas compte des dynamiques ou au des coups de « bleues » issus des urnes.

En dessous des 20 points, Carole Delga était sur une mauvaise pente. Les 23 % de l’Ipsos permettent d’éloigner ce spectre. Il reste maintenant à transformer le résultat en tendance. A suivre. A voir.

Prochain sondage : un BVA vendredi 27 novembre.

Laurent Dubois