24 Mai

Législatives – Lot : quand l’utilisation du label Macron conduit devant les tribunaux

Revendiquer l’étiquette Macron (sans avoir l’investiture En Marche !) peut conduire devant les tribunaux. La preuve dans le Lot.

Photo MaxPPP/Morissard

Photo MaxPPP/Morissard

La campagne des législatives ne passe pas vraiment par la confrontation des programmes. Il faut avoir une oreille sérieusement affutée pour entendre les différences et les divergences. Les débats de fond sont (furieusement) absents. En revanche, une question de forme prend le dessus et agite les esprits.

Dans plusieurs départements d’Occitanie, le label « macroniste » fait l’objet d’une (véritable) foire d’empoigne.

Dans le Tarn, un candidat revendique les valeurs du nouveau président. Pierre Laporte « barre » ses affiches électorales d’un slogan sans équivoque : une majorité pour Emmanuel Macron.

Pierre Laporte n’a pas été investi par le mouvement En Marche ! Peu importe. Le candidat tarnais place sa candidature sous les couleurs « macronistes ». Les instances départementales d’En Marche ! lancent un rappel à l’ordre.

Contacté par France 3 Occitanie, Clément Baller déclare :

Nous ne pouvons accepter qu’une confusion puisse s’instiller dans l’esprit des concitoyens. Seuls les candidats investis par La République En Marche ! peuvent légitimement faire référence à notre mouvement ou à Emmanuel Macron.

Dans le Tarn-et-Garonne, le climat est à l’apaisement. Pas de contre-attaque.

La députée sortante, Sylvia Pinel, utilise les logos du PS, du PRG et l’expression « majorité présidentielle ». La présidente des radicaux de gauche place sa campagne sous un arc-en-ciel allant de Benoît Hamon en passant par Yannick Jadot et Emmanuel Macron. Les  militants d’En Marche ! n’apprécient pas. Mais les instances départementales restent l’arme au pied.

En revanche, dans le Lot, le représentant d’Emmanuel Macron sort l’artillerie lourde. Sébastien Maurel prépare un référé devant les tribunaux. La députée (PRG) sortante, Dominique Orliac, est visée. Juridiquement le recours va faire « pschittt ». La bannière « majorité présidentielle » n’est pas une marque déposée ou un label protégé.

Tous les candidats peuvent se l’approprier. Mais le message (politique) est clair. Pas question de laisser faire un « hold-up ».

La députée En Marche ! de la Haute-Garonne, Monique Iborra, défend la ligne « lotoise » :

En Haute-Garonne, nous n’avons pas encore toutes les affiches électorales. Je ne pense pas que cela figure (ndlr l’expression majorité présidentielle). Mais quand cela se produit, il faut dénoncer une malhonnête politique et intellectuelle. C’est fait pour tromper les gens.

Le dernier sondage en date ne va pas calmer les tentatives de « captation » du label Macron. Une étude Ifop-Fiducial pour Paris-Match, Sud Radio et C News dessine une large majorité pour le nouveau locataire de l’Elysée.

De quoi rendre encore plus populaire les couleurs « macronistes ». Surtout auprès des candidats qui ne portent pas officiellement le dossard   d’En Marche !

Laurent Dubois (@laurentdub)

107 ans de mandats pour le champion du cumul dans le temps en Haute-Garonne

Le site d’investigation Médiacités a publié le palmarès des cumulards dans le temps en additionnant la totalité des mandats d’une quinzaine d’élus de Haute-Garonne. Edifiant !

Photo : Philippe Turpin / MaxPPP

Photo : Philippe Turpin / MaxPPP

Quel élu a cumulé le plus de mandats dans le temps en Haute-Garonne ? Selon Médiacités, nouveau site d’investigation qui a débuté la publication de ses enquêtes mardi 23 mai à Toulouse il s’agit de… Gérard Bapt, actuel député PS et candidat à sa propre succession. Conseil municipal de Toulouse, député, conseiller général, maire de Saint-Jean… Gérard Bapt cumule, selon les calculs de Médiacités, 107 ans de mandat à lui-tout seul.

Le podium est complété par le député PS sortant (qui ne se représente pas) Patrick Lemasle, avec 92 ans de mandats, et par Georges Méric (président PS du Conseil départemental), 85 ans. La totalité du hit-parade est à consulter sur le site de Médiacités.

La loi sur le non-cumul, mise en place sous François Hollande et qui entre en vigueur en 2017, ne concerne que le cumul des mandats simultanée (par exemple parlementaire et membre d’un exécutif local). La loi de moralisation de la vie politique voulue par Emmanuel Macron et que doit porter le Garde des Sceaux François Bayrou doit prévoir de limiter également dans le temps certains mandats, notamment parlementaires.

FV (@fabvalery)

 

22 Mai

Pourquoi Benoît Hamon soutient le candidat écolo face au socialiste Gérard Bapt à Toulouse #circo3102

L’ex-candidat PS apporte son soutien à Salah Amokrane et se justifie de ne pas soutenir le sortant socialiste Gérard Bapt aux législatives des 11 et 18 juin prochains.

Photo : AFP

Photo : AFP

C’est un communiqué de quelques lignes envoyé lundi 22 mai aux rédactions toulousaines. Le comité local d’Europe Ecologie Les Verts (EELV) indique que « Benoît Hamon soutient la candidature Salah Amokrane » sur la deuxième circonscription de la Haute-Garonne.

Une phrase entre guillemets y reprend les propos de l’ex-candidat PS à la présidentielle :

Salah Amokrane a accepté de m’apporter ses idées et ses convictions en faveur de l’égalité et de la justice sociale lors des élections présidentielles.
Il incarne le renouvellement véritable dont notre assemblée a besoin : des femmes et des hommes forgés par les combats de terrain.
Il a toute ma confiance. Benoit Hamon ».
« Il a toute ma confiance »… Si on joue sur les mots (c’est important les mots en politique), la « confiance » n’est pas tout à fait synonyme du « soutien » lors d’une échéance électorale.
Nous avons donc pris le temps de contacter Benoît Hamon et la réponse permet d’y voir plus clair.
Oui, Benoît Hamon apporte bien son soutien à Salah Amokrane et ce soutien est motivé par plusieurs points, indique-t-on dans l’entourage de Hamon :
  • d’abord parce que le candidat n’est pas n’importe qui : Salah Amokrane était le conseiller de Benoît Hamon sur les questions d’égalité pendant la campagne présidentielle. Les deux hommes s’apprécient. Candidat à la mairie de Toulouse en 2001 avec le mouvement (inédit en France) des « Motivés », Salah Amokrane refait ainsi un pas dans la politique et incarne, aux yeux de Benoît Hamon, des valeurs humanistes, de terrain et un renouvellement de la classe politique.
  • Et justement, face à lui, le candidat « officiel » du PS, Gérard Bapt, incarne l’inverse du renouvellement. Dans l’entourage de Benoît Hamon on rappelle qu’il brigue là son 9ème mandat de député (élu depuis 1978, à l’exception de la période 1993-1997).

N’en jetez plus ! Le choix de Benoît Hamon est fait, au prix de laisser de côté les investitures de son parti ou les habitudes partisanes. Il faut dire que lui-même a été lâché pendant la campagne par certains de ses « amis » socialistes, au premier rang desquels Manuel Valls !

Décidément cette année électorale n’est pas, mais alors pas du tout comme les précédentes. Au point d’avoir, en Haute-Garonne un candidat PS lâché par le représentant de son parti à la présidentielle, au profit d’un écologiste. Inédit !

FV (@fabvalery)

20 Mai

Le PS a ouvert un guichet pour dénoncer ses dissidents

Les Premiers secrétaires fédéraux du PS sont priés de dénoncer leurs camarades dissidents.

Photo MaxPPP

Photo MaxPPP

La circulaire interne date du 14 avril 2017. Le texte émane de la commission nationale des conflits (CNC) et son objet est surprenant. Les instances nationales du PS demandent aux responsables départementaux du PS de ficher les militants, cadres et élus du parti. Une adresse électronique est indiquée et doit servir à monter des dossiers :

Je te remercie de bien vouloir adresser dans les plus brefs délais tout élément factuel qui indiquerait la manifestation d’un soutien d’un camarade du Parti quel qu’en soit la forme à un autre candidat que celui du parti.

Les instances nationales du PS dressent une liste des pièces à fournir :

Articles de presse, interviews, mails, tracts, expressions sur les réseaux sociaux. Ces éléments doivent être transmis exclusivement en forme numérique (scans, capture d’écrans). Les coordonnées de camarades concernés devront être expressément mentionnées.

La surveillance et la collecte des infos a un relent de « flicage ». Pour ne pas dire d’espionnage. Mais, surtout, elle montre que la Commission Nationale des Conflits a quelques lacunes en matière juridique. Les tracts, les articles de presses, les publications sur Facebook et Twitter relèvent d’une expression publique. En revanche, les mails sont des correspondances privées. A ce titre, ils bénéficient d’une protection juridique. La Commission Nationale des Conflits (CNC) veille au respect des statuts du parti.

La circulaire rappelle cette fonction et insiste sur la régularité de la procédure. La CNC veut éviter que « les décisions soient entachées d’un vice de forme opposable devant les tribunaux civils ». L’intention est louable. Mais les « gardiens du Temple » socialistes oublient un « détail » : le Code Pénal. La violation d’une correspondance privée (par un 1er fédéral du PS ou un voisin de palier) peut mener devant le tribunal correctionnel.

L’unité du parti mérite (visiblement) un fichage des militants. Pas évident que cela justifie un passage devant un juge d’instruction.

L’ouverture d’un guichet anti-dissidents remonte avant le 1er tour de la présidentielle. Selon nos informations, aucune nouvelle circulaire est intervenue pour abroger le dispositif. Il est donc toujours potentiellement actif.

Mais le contexte politique a complément changé. La défaite de Benoît Hamon et la victoire d’Emmanuel Macron modifie la ligne du PS. Les socialistes soutenant En Marche ! n’ont plus de raison de redouter un fichage.

Jeudi 18 mai, Bernard Cazeneuve est venu, dans l’Aude, soutenir les candidats (socialistes) aux législatives en Occitanie. L’ancien premier ministre est sur la ligne de la présidente (PS) de Région, Carole Delga, et d’autres socialistes : une majorité constructive avec Emmanuel Macron.

Les « macronistes » du PS peuvent se rassurer. Malgré la compétition des législatives, la hache de guerre est enterrée. La Commission Nationale des Conflits n’a plus besoin d’agents de surveillance.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

 

 

 

19 Mai

Législatives, Tarn-et-Garonne : l’addition de candidatures face à Sylvia Pinel

Sylvia Pinel a évité la concurrence d’un candidat En Marche ! Mais deux candidatures viennent troubler le jeu. La députée sortante va devoir affronter le conseiller municipal (DVG) de Labastide Saint Pierre, Thierry Hamelin. Un ex-PRG, Frédéric Jean-Avalonne, entre également en piste.

Meeting of former French prime minister and candidate in the left-wing primary for the 2017 French presidential election, Manuel Valls, in Alfortville

Dans le Tarn-et-Garonne, le dépôt des candidatures en préfecture n’a rien d’une formalité. Les guichets viennent de fermer et on assiste à une véritable coup de théâtre. Un candidat chamboule la donne sur la 2ème circonscription. Le conseiller municipal de Labastide Saint Pierre, Thierry Hamelin entre en piste et concurrence (à gauche) Sylvia Pinel.

Un accord entre En Marche ! et le PRG a libéré la députée sortante d’une concurrence avec un candidat « macronien ». Cette entente cordiale limitait le match à une confrontation entre Sylvia Pinel et le FN. Cette configuration était « confortable ». L’ancienne ministre pouvait compter sur un front républicain. C’était une vraie sécurité et l’assurance de faire le plein des voix de gauche.

Mais, depuis ce vendredi 19 mai, ce schéma appartient au passé. Une offre alternative à gauche existe.

Selon nos informations, cette offre se prépare depuis plusieurs jours. L’absence d’un candidat En Marche ! face à Sylvia Pinel a suscité un vent de révolte chez les « macronistes » du Tarn-et-Garonne.

La colère s’est rapidement muée en tractations et en démarchages. Plusieurs personnalités départementales ont été approchées.

Finalement, c’est un élu socialiste qui a franchi le pas.

Thierry Hamelin est secrétaire de section à Grisolles et membre du conseil fédéral du PS 82.

Du côté de la fédération socialiste du Tarn-et-Garonne, un élu affirme avoir découvert la candidature de Thierry Hammelin après le dépôt des candidatures en préfecture. Selon cette source, Thierry Hamelin n’a pas informé son parti.

Sylvia Pinel bénéficie d’un pacte de non agression avec Emmanuel Macron. Mais la présidente du PRG a également signé un accord (pour les législatives) avec le PS. Cette signature pouvait conduire à l’exclusion de Thierry Hamelin.

Le candidat aux législatives a anticipé. Thierry Hamelin a déposé son dossier en préfecture sous l’étiquette Divers Gauche.

Cette précaution ne changera rien au fond. La situation de Sylvia Pinel se complique. Mais ce n’est pas forcément la candidature Hamelin qui va peser le plus symboliquement. Un autre candidat jette un plus gros pavé dans la marre.

Il s’agit de Frédéric Jean-Avallone. Ex-PRG, ce candidat sous l’étiquette « La France qui ose » a été un proche de Sylvia Pinel.

A la division de la gauche (déjà présente avec un candidat France Insoumise, deux candidats Ecologistes et la candidature d’un ex-PS), Frédéric Jean-Avallone ajoute la brûlure d’un schisme au sein de la famille radicale de gauche.

L’addition commence à être lourde.

Laurent Dubois (@laurentdub)

Législatives : fronde anti-Folliot chez les « macronistes » tarnais

Dans le Tarn, l’absence de candidat « macroniste » en face du député (centriste) Philippe Folliot suscite une véritable fronde dans les rangs d’En Marche !

Philippe Folliot, député du Tarn. Photo : MaxPPP/V.Isorel

Philippe Folliot, député du Tarn. Photo : MaxPPP/V.Isorel

Emmanuel Macron réveille deux spécialités que l’on croyait réserver au Vatican et au Kremlin : l’interprétation savante de la parole officielle. Le nouveau président communique peu. La moindre déclaration est soigneusement scénarisée et la communication élyséenne est totalement cadenassée. Dans le département du Tarn, le mouvement d’Emmanuel Macron respecte scrupuleusement la ligne.

Jeudi 18 mai, En Marche ! 81 a publié un communiqué de presse. A première vue, c’est un non-événement. Les « macronistes » tarnais rappellent qu’ils soutiennent leurs candidats dans le département. C’est la moindre des choses. Le contraire serait étonnant et même détonnant. Dans le même communiqué de presse, En Marche 81 ! précise également :

Nous prenons acte de la décision de la CNI de ne présenter aucun candidat représentant notre mouvement sur la 1ère circonscription du Tarn

Cette déclaration est dans le veine du reste du communiqué de presse. Une belle Lapalissade. Le mouvement En Marche ! se transforme tout juste en véritable parti. Mais, parti ou mouvement, En Marche ! reste une structure avec une hiérarchie et une organisation verticale. Les « macronistes » du Tarn respecte les décisions du national. Là encore, c’est normal et banal. Mais attention, les apparences sont trompeuses. C’est une vieille règle de la rhétorique et de la communication politique : soulignez les évidences montre qu’il y a un loup dans la bergerie.

C’est exactement ce qui passe dans le Tarn. En Marche ! 81 affiche et affirme que l’absence d’un candidat face à Philippe Folliot est intégré. Mais, en réalité, les dents grincent. Avant la proclamation des investitures, une pétition a été adressée aux instances nationales d’En Marche ! Les signataires exprimaient leur défiance envers Philippe Folliot. Une fois les candidatures connues, une nouvelle mobilisation s’est organisée. Des adhérents d’En Marche ! se sont adressés au référent départemental du mouvement, Clément Baller, pour soutenir sa candidature face à Philippe Folliot.

Autre fait, autre signe d’une fronde, un adhérent d’En Marche ! veut se présenter contre le centriste Folliot. Lors de la conférence officialisant cette dissidence, un représentant d’En Marche ! était dans la salle. Le signal est clair. Des « macronistes » du Tarn refusent d’entériner l’accord Macron-Folliot. Un accord en forme de pacte de non agression : pas de candidat en face du député sortant.

Selon nos informations, une procédure est en cours pour couper les ponts entre En Marche ! et le candidat anti-Folliot. Ce n’est pas simple. Il faut trouver une base statutaire pour mettre hors jeu le trublion. Mais le message est clair : pas question de laisser prospérer une dissidence.

En attendant, le mal est fait. En Marche ! 81 (à la différence d’autres départements) évite un schisme sur la place publique. Mais, en coulisse et en OFF, les « macronistes » du Tarn ne cachent pas leur déception.

Une déception (souvent) teintée de colère.

Laurent Dubois (@laurentdub)

En Occitanie, votre bulletin de vote aux législatives va faire un aller-retour… à Bordeaux ou Lyon !

Tous les candidats aux législatives sont obligés de le faire : fournir avant le 29 mai tout le matériel électoral (bulletins de vote et profession de foi). La nouveauté cette année : il faut les faire parvenir (aux frais des candidats) à Bordeaux ou à Lyon, afin qu’ils soient livrés… en Occitanie. Explications.

(Photo : MaxPPP)

(Photo : MaxPPP)

On ose même pas imaginer l’empreinte carbone de cette opération. D’ici au 29 mai, des tonnes de papier vont prendre la route direction Mérignac dans la banlieue de Bordeaux (pour les départements de l’ex-région Midi-Pyrénées) ou de Lyon (pour ce qui concerne ceux de l’ex-Languedoc-Roussillon). C’est là que se trouve l’entreprise qui va distribuer les bulletins de vote et les profession de foi des candidats aux législatives à votre domicile et dans votre bureau de vote.

Mais pourquoi Bordeaux et Lyon ?

Pour ce marché public concernant la propagande électorale (libellé des enveloppes et mises sous plis ou sous film des bulletins de vote et professions de foi destinés aux électeurs et des bulletins de vote pour les communes), un appel d’offre avait été lancé en 2015 par le préfet de Région Midi-Pyrénées (pour les périodes 2015 à 2018) concernant les élections nationales.

L’Etat avait ventilé cet appel d’offres en lots départementaux pour « permettre aux PME locales de candidater ». Finalement, c’est la société Koba qui a remporté l’ensemble des lots. Quand la région Occitanie est née, les départements de Languedoc-Roussillon ont été intégrés à ce processus. 

Pour les législatives, les candidats en Midi-Pyrénées doivent donc faire parvenir tout leur matériel électoral à Bordeaux. Ceux de Languedoc-Roussillon, à la plateforme logistique de l’entreprise à Lyon.

C’est un dispositif très contraignant, explique le responsable de la campagne d’une candidate en Haute-Garonne. Nous imprimonsdes dizaines de milliers de bulletins de vote et de professions de foi dans une PME toulousaine. Il faut ensuite se charger de les envoyer à Bordeaux et ce transport à un coût qui pèse dans les comptes de campagne ».

La difficulté est encore plus grande pour les candidats désignés à la dernière minute, notamment ceux de la République en Marche, même si un kit est mis en place par le mouvement, ou deux du PCF investis tardivement. Il faut en quelques jours constituer une équipe, préparer les documents électoraux afin de les soumettre à la commission départementale de propagande, les faire imprimer puis les envoyer à Bordeaux ou à Lyon…

Selon la préfecture de Région Occitanie, « l’externalisation de ce type de prestation s’inscrit dans une politique nationale volontariste en la matière dans un souci d’efficience. La grande majorité des préfectures a recours à ce type de prestataire dans le plein respect des règles du code des marchés publics ».

En ce domaine, l’efficience n’est ni synonyme de simplicité ni d’écologie !

FV (@fabvalery)

Après l’hologramme de Mélenchon, le photomaton de Macron

Pendant la présidentielle, un hologramme a permis à Jean-Luc Mélenchon de tenir un meeting dans 7 villes différentes. Pour les législatives, Emmanuel Macron fait encore plus fort : projeter son image sur les murs de plus de 500 circonscriptions grâce à une seule photo.

Emmanuel Macron. Photo MaxPPP/CMorin

Emmanuel Macron. Photo MaxPPP/CMorin

Le procédé a fait le buzz pendant la présidentielle. Jean-Luc Mélenchon a utilisé un hologramme pour être simultanément en meeting à Dijon, Nancy, Clermont-Ferrand, Montpellier, Nantes et Grenoble. Trois mois après cette innovation technologique et politique, un autre « candidat » fait dans le High tech. Il s’agit d’un candidat vraiment particulier : le nouveau Président de la République. Emmanuel Macron ne brigue pas un mandat. Il a décroché le Saint-Graal d’un quinquennat. Mais il « candidate » au travers de plus de 500 candidatures aux législatives.

Pour faire campagne, il utilise un procédé original : le photomaton virtuel. Tous les représentants d’Emmanuel Macron peuvent s’afficher avec le Chef de l’Etat. Mais sans avoir pris une photo avec… Emmanuel Macron. Samedi 13 mai, tous les candidats aux législatives ont fait à Paris un shooting. Un shooting avec maquilleuse et sur fond blanc.

Pour les affiches électorales, il suffit d’incruster Emmanuel Macron dans l’image ainsi obtenu. Du fin fond du Tarn aux tréfonds de la Lozère, tous les candidats aux législatives pourront faire un montage. L’illusion sera (quasiment) parfaite et seuls les initiés décrypteront l’astuce.

Cette communication par l’image (quitte à tricher un peu) constitue un véritable enjeu. C’est un syndrome aussi vieux que l’élection présidentielle : il est toujours bon de s’afficher aux côtés du monarque Républicain. Mais, surtout, Emmanuel Macron a investi de nouveaux visages. C’est l’image du nouveau Président qui va permettre de les identifier et qui doit servir de levier électoral.

Sur le fond, le photomaton (virtuel) d’Emmanuel Macron est basique. Dans le hall de la gare Matabiau, à Toulouse, ou les galeries marchandes des supermarchés d’Occitanie, des photomatons permettent d’incruster le visage de Zizou, des petits cœurs ou des ballons roses. La véritable innovation (technologique) du kit de campagne d’Emmanuel Macron se trouve du côté d’une plateforme informatique permettant de télécharger des professions de foi prêtes à l’emploi, des tracts ou des conseils juridiques et en communication.

Mais le photomaton Macron rappelle une parfaite évidence : pour Emmanuel Macron, les législatives sont uniquement la continuation de la présidentielle.

Laurent Dubois (@laurentdub)

18 Mai

Législatives : dans les Hautes-Pyrénées, la droite retire son candidat en faveur de celui d’En Marche !

Le candidat UDI investi par Les Républicains explique qu’il est en phase avec le nouveau gouvernement. Un boulevard pour Jean-Bernard Sempastous (En Marche !) face au PS Sortant Jean Glavany ?
Jean-Bernard Sempastous avec Emmanuel Macron (Photo : Eric Fefenberg AFP)

Jean-Bernard Sempastous avec Emmanuel Macron (Photo : Eric Fefenberg AFP)

Gilles Craspay, adjoint au maire de Tarbes et président de l’UDI des Hautes-Pyrénées choisit finalement de ne pas présenter sa candidature dans la 1ère circonscription des Hautes-Pyrénées, alors qu’il avait l’investiture de l’UDI et des Républicains.
L’élu s’explique :
J’ai attendu la composition du gouvernement et je me sens complètement en phase avec l’équipe présentée. Jean-Bernard Sempastous, le candidat En Marche ! maire de Bagnères-de-Bigorre, est un ami personnel et politique. C’est un candidat avec une étiquette que je souhaite soutenir. Je partage les valeurs, les convictions et le programme et je n’ai donc pas de raison de présenter ma candidature.
Cette non-participation d’un candidat de droite et du centre est un sacré coup de main pour Jean-Bernard Sempastous face au sortant, le député PS Jean Glavany.
Régis Cothias

RSS