23 Fév

L’Occitanie expérimente la « transparence » des élus au Conseil Régional

L’expérience est unique en France. Le Conseil Régional d’Occitanie va publier les revenus, les moyens matériels et humains dont bénéficient les élus régionaux. Cette initiative remonte à la signature dun accord de mandature. Un accord signé en décembre 2015, aux moment des régionales, entre Carole Delga et l’actuel président du bureau de l’assemblée régionale, Gérard Onesta. En plein déballage autour de l’affaire Pénélope Fillon, l’opération transparence menée en Occitanie prend une autre dimension. Détails.

Hôtel de Région - Toulouse

Hôtel de Région – Toulouse

« On n’a rien à cacher. On dit tout ». Gérard Onesta relativise : « il ne s’agit pas de demander aux élus si leur grand-mère a un hors-bord ». Mais pour le président du bureau de l’assemblée régionale, le fait d’envoyer aux élus des formulaires retraçant le montant de leurs indemnités et détaillant leurs ressources humaines et matérielle est de salubrité publique :

C’est le hasard de l’histoire si cela tombe maintenant (ndlr : en pleine affaire Fillon). Mais la transparence que nous mettons en place permettra de montrer que dans le troupeau des élus, l’essentiel du cheptel est sain. Contrairement à ce que peut laisser à penser toute ce que l’entend à la radio et à la télé.

Le dispositif inauguré par le Conseil Régional d’Occitanie n’est pas équivalent aux déclarations obligatoires imposées, par la loi, aux députés. Les représentants de la Nation doit déposer auprès de la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Politique (HATVP) des déclarations retraçant l’intégralité de leurs revenus : honoraires liées à une profession libérale exercée en marge du mandat de député, revenus fonciers et immobiliers… L’opposition de droite et le Front National ont voté contre l’innovation menée par Gérard Onesta et Carole Delga. Une conseillère régionale d’opposition, Elisabeth Pouchelon, justifie (précisément) ce vote négatif par la différence entre le régime (contraignant) prévu pour les parlementaires et la version « light » adopté en Occitanie. Pour Elisabeth Pouchelon, la transparence introduite au conseil régional est un « trompe l’oeil » et même un « alibi » car elle ne permet pas d’aller au fond des choses.

Concrètement, la transparence made In Occitanie passe par un formulaire. Selon nos informations, il est en cours de réalisation et il sera envoyé aux élus afin la fin février. Les conseillers régionaux devront le signer, éventuellement le corriger (des cases sont pré-remplies par l’administration régionale) et le renvoyer courant mars. Le document comporte trois volets.

Un volet financier

Le premier volet du document (accessible au public) comportera le montant des indemnités nettes. Une case est également prévue pour les indemnités perçues au titre de la représentation du Conseil Régional dans des organismes extérieurs. Le montant s’élève à quelques centaines d’euros. Mais cela permettra de connaître le détail et la totalité des sommes versées à chaque élu par l’institution région. Une case est également prévue s’agissant des prêts bancaires à taux zéro. Ce type d’emprunt (très favorable à l’emprunteur) est courants à l’Assemblée Nationale. Mais ils sont inconnus au Conseil Régional. La case « non » sera donc forcément cochée. Ce détail montre que les concepteurs du formulaire ne souhaitent pas seulement établir des « parois de verre ». Ils souhaitent communiquer en affichant une certaine « exemplarité » et en allumant des contre-feux.

Les moyens matériels

Quels élus disposent d’un téléphone portable fournit par le conseil régional ? Quels sont les conseillers régionaux bénéficiant d’un ordinateur portable ou d’une tablette, d’une voiture et d’un chauffeur, d’un bureau particulier ? Le second volet retrace les moyens matériels dont disposent les conseillers régionaux.

Les moyens humains

Cette semaine, l’Assemblée Nationale a publié la liste des collaborateurs parlementaires. Cette publication est directement liée au soupçon d’emploi fictif visant Pénélope Fillon.Il s’agit de rendre public les éventuels liens familiaux entre les député(e)s et leurs assistants. Le Palais-Bourbon n’a pas poussé la transparence jusqu’à publier les salaires et la nature du contrat de travail (temps partiel ou temps complet). Mais un cap est franchi. Le conseil régional d’Occitanie ne va pas aussi loin. Les élus ne vont pas devoir déclarer le nom des collaborateur de groupes ou l’identité des assistants (individuels) rattachés aux vice-présidents. Mais les sommes allouées à chaque groupe pour recruter des collaborateurs va être publique.

A suivre : le taux d’assiduité

En mars prochain, lors d’une prochaine commission permanente (CP), l’opération transparence va être complétée par un second étage. Le taux d’assiduité des conseillers régionaux sera rendue publique. Au delà d’un pointage, cette comptabilité permettra de calculer d’éventuelles retenues. Le principe est simple : sauf excuse valable, 10% d’absence = 10% de retenue sur les indemnité, 30% = 30% de retenues…

Ce dispositif n’est pas nouveau. En ex-Midi-Pyrénées, sous la présidence de Martin Malvy, des absences non excusées étaient sanctionnées financièrement. Mais, dans les faits, la menace restait purement virtuelle. Cela permettait (notamment) à l’actuelle 1er vice-présidente de Carole Delga, Sylvia Pinel, de toucher l’intégralité de ses indemnités tout en multipliant les absences excusées.

Les prochaines semaines diront si le système Delga-Onesta est plus vertueux.

Laurent Dubois (@laurentdub)

22 Fév

La députée du Tarn-et-Garonne, Valérie Rabault consacrée « pilier de l’Assemblée ».

La XIVe législature est terminée. Les travaux de l’Assemblée sont suspendus jusqu’à l’élection d’un nouveau chef de l’Etat et de nouveaux député(e)s. Rendez-vous en juin prochain. Mais c’est le temps du bilan. Une parlementaire d’Occitanie, la députée tarn-et-garonnaise Valérie Rabault, décroche le titre de « pilier de l’Assemblée ». Explication.

Valérie Rabault, députée du Tarn-et-Garonne

Valérie Rabault, députée du Tarn-et-Garonne

Le classement des député(e)s est quasiment un sport national. L’exercice vire régulièrement au jeu de massacre. Généralement, c’est l’occasion de pointer l’absentéisme des représentants de la Nation. Mais, pour une fois, le podium ne ressemble pas à un échafaud. Une agence spécialisée dans la communication et l’influence a couronné les députés les plus influents.

L’idée d’influence est subjective. Néanmoins, le palmarès est établi sur la base de trois critères. Le premier concerne le nombre d’amendements déposés et adoptés ainsi que les rapports réalisés. C’est un paramètre fiable car il est, par définition, quantifiable. De plus, les données sont accessibles facilement et vérifiables sur le site de l’Assemblée Nationale.

Trop souvent les classements des député(e)s retiennent la signature d’amendements. Mais ce critère est très fragile. En effet,  c’est un acte quasi-automatique (une simple formalité accomplie par les secrétariats des groupes parlementaires). Il ne traduit pas forcément un véritable travail législatif. L’Agence Rumeur Publique a choisi une approche plus fine et précise : l’adoption des amendements déposés.

Le second critère concerne les références dans la presse locale et nationale.

Enfin, troisième pièce du puzzle, le suivi sur les réseaux sociaux, Twitter et Facebook.

Ces trois critères correspondent à trois profils de député(e)s : les « stars des médias », les « pros de l’influence  » et les « piliers de l’Assemblée ».

C’est dans cette dernière catégorie que Valérie Rabault arrive largement en tête. Son statut de rapporteure du budget explique ce classement. Valérie Rabault reconnait elle même que cette fonction lui fournit une véritable force de frappe. La préparation de la loi des finances et du budget place Valérie Rabault au coeur du travail parlementaire.

Mais son influence ne se limite pas à son statut. Dotée d’une forte personnalité, Valérie Rabault n’a pas hésité à faire entendre sa voix. Y compris contre son camp. En 2015, Valérie Rabault a chiffré les cadeaux fiscaux fait aux entreprises par le gouvernement Valls. Un an plus tard, en 2016, la députée socialiste a même entamé un véritable bras de fer autour d’une augmentation la taxe audiovisuelle et a obtenu (au forceps) une exonération de CSG pour les retraités les plus modestes.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

 

20 Fév

Emmanuel Macron dans le Lot

Emmanuel Macron. Photo MaxPPP

Emmanuel Macron. Photo MaxPPP

Ce vendredi 24 février, Emmanuel Macron sera dans le Lot. Le candidat à la présidentielle animera, à 18 heures, une réunion publique au palais des Congrès de Souillac. Ce n’est pas le premier déplacement d’Emmanuel Macron dans le département. En août 2016, l’initiateur du mouvement En Marche ! a fait une visite axée sur l’emploi industriel en zone rurale.  Emmanuel Macron a notamment visité l’entreprise phare, Figeac Aéro. Mais, il s’agissait d’une visite ministérielle.

Le second déplacement d’Emmnanuel Macron dans le Lot revêt une autre dimension. A moins de 60 jours du 1er tour de la présidentielle, l’ancien ministre abordera forcément la question de l’emploi en milieu rural. Le Lot est une tribune (taillée sur mesure) pour ce thème. Mais le département de Gaston Monnerville et de Maurice Faure (deux figures du Radicalisme) sera également une étape test.

Lors du dernier grand meeting de Toulon, ce week-end, le FN a perturbé la « fête ». La presse a également insisté sur les chaises vides et les travées clairsemées. Le Lot peut offrir un…lot de consolation avec une salle pleine et une bonne ambiance.

A voir.

Laurent Dubois (@laurentdub)

Les députés qui ne soutiennent pas Benoît Hamon « exclus » du groupe PS à l’Assemblée

Cette semaine, c’est la fin. Dernière réunion de groupe et clôture de la session parlementaire. Mais, au PS, les député(e)s vont continuer à se réunir. Le président du groupe PS à l’Assemblée, Olivier Faure l’annonce dans une lettre. Mais, attention, l’accès est réservé aux soutiens de Benoît Hamon. Les Réformateurs (proche de Manuel Valls) et les « macronistes » sont priés de rester chez eux.

Assemblée Nationale. Photo MaxPPP

Assemblée Nationale. Photo MaxPPP

Les député(e)s d’Occitanie ne sont pas les plus nombreux. Mais ils sont visés. Le président du groupe PS à l’Assemblée demande aux « non-Hamonistes » d’oublier le traditionnel rendez-vous du mardi après-midi. En Occitanie, deux parlementaires sont expressément concernés : la députée de la Haute-Garonne, Monique Iborra, et le représentant de l’Hérault, Patrick Vignal. Depuis sa démission du PS, un autre parlementaire est également dans le viseur : l’Audois Jean-Marc Perez.

Ces trois parlementaires ne sont pas sur la même ligne. Monique Iborra soutient ouvertement Emmanuel Macron. Patrick Vignal est le signataire d’un appel de 19 député(e)s revendiquant un droit de retrait vis-à-vis de la campagne de Benoît Hamon. Jean-Claude Perez est un électron libre.

Malgré des profils différents, le sort est identique. Ce mardi 21 février est la dernière réunion pour Monique Iborra, Patrick Vignal et Jean-Claude Perez. Le président de leur groupe est catégorique :

La session se termine mais nous continuerons de nous réunir chaque semaine tous les mardis à 15 heures…désormais seuls les parlementaires ne soutenant aucun autre postulant à l’élection présidentielle que le candidat du Parti Socialiste, y assistent.

C’est clair. La porte est fermée. Mais le verrou saute si une session extra-ordinaire est ouverte :

Si notre Assemblée venait à être re-convoquée en session extraordinaire, sur un ordre du jour intéressant l’ensemble des membres du groupe, chacun-e serait évidemment invité à y participer.

Sur le fond, la décision du président du groupe PS à l’Assemblée n’a rien de choquant. Les socialistes du Palais-Bourbon veulent se réunir pour soutenir et accompagner la campagne du candidat du parti. Il est parfaitement normal que seuls les soutiens de Benoît Hamon participent à cette mobilisation. Depuis plusieurs semaines, les député(e)s socialistes ne se bousculent pas au portillon : moins de 50 présents à la réunion du 14 février. Il n’est pas certain que la « task-force » de l’Assemblée soit puissante. Mais, sur le principe, c’est normal que les parlementaires basculent en mode « campagne ».

En revanche, sur la forme, l’annonce du patron des député(e)s PS est franchement surprenante. La fin de la session parlementaire marque la fin du groupe PS à l’Assemblée. Sa vocation n’est pas de mener de campagne. Le groupe PS (comme les autres groupes des autres partis) dispose d’un local, de moyens humains et matériels pour participer à l’action législative : préparation de texte, rédactions d’amendements…Bref, plus de travail législatif  = plus de réunion de groupe.

Le principe (juridique) est clair : les moyens de l’Assemblée ne doivent pas servir à faire campagne. L’utilisation des permanences parlementaires est réglementée. L’organisation d’une réunion politique dans les murs d’une permanence doit donner lieu à une évaluation financière, au prorata du loyer payé ou en fonction du prix du marché s’agissant d’une location de salle. Cette évaluation doit être intégrée dans le compte de campagne.

S’agissant des locaux de l’Assemblée (qu’ils se trouvent dans l’enceinte du Palais-Bourbon ou dans les annexes), c’est la même chose. Les réunions politiques sont encadrées. Le président du groupe PS à l’Assemblée peut difficilement ignorer ce B.a.-ba.

Ce n’est pas évident.

Dans son courrier, Olivier Faure ne précise pas l’adresse des réunions du groupe des « hamonistes ».

Cette absence de précision peut laisser à penser que les « hamonistes » vont se retrouver tous les mardis dans la salle réservée au groupe PS.

C’est peut être un oubli. Pas forcément un détail.

Depuis quelques semaines, les Français sont (particulièrement) sensibles à la gestion des moyens publics.

Laurent Dubois (@laurentdub)

18 Fév

Le 1er fédéral du PS 31, Sébastien Vincini, nommé directeur de campagne de Benoît Hamon

Samedi 11 février, Benoît Hamon a dévoilé son équipe (nationale) de campagne. Une semaine après, moins de 70 jours avant le 1er tour, le candidat socialiste à la présidentielle a désigné son directeur de campagne en Haute-Garonne. Il s’agit du 1er fédéral du PS 31, Sébastien Vincini.

Sébastien Vincini, 1er fédéral du PS31

Sébastien Vincini, 1er fédéral du PS31

Pendant la campagne des primaires, Sébastien Vincini a soutenu Vincent Peillon. « Montebourgeois » de souche, le patron de la plus importante fédération socialiste d’Occitanie était en charge de l’organisation dans le staff de l’ancien ministre de l’Education.

La victoire (surprise) de Benoît Hamon rebat les cartes. La nomination de Sébastien Vincini ne revêt pas véritablement de sens politique. Par principe, les 1er fédéraux sont en charge (au niveau départemental) de la campagne du candidat du parti.

Sur le fond, cette responsabilité est symbolique. Par définition, une campagne présidentielle est gérée au niveau du candidat, au sein de l’équipe nationale. Néanmoins, l’échelon départemental peut être un relais utile pour organiser un déplacement. Traditionnellement, les présidentiables socialistes clôturent leur campagne dans la Ville Rose. Benoît Hamon respectera probablement ce rite. Et, de toute manière, le vainqueur de la primaire pourra difficilement trapper la 4eme ville de France et le département d’Airbus.

Dans les prochaines semaines, le directeur de campagne haut-garonnais de Benoît Hamon aura l’occasion de justifier son titre. Sur le plan (purement) politique, le bilan sera forcément moins visible et probablement plus « léger ». En dehors de la distribution de tracts et de quelques réunions, l’agenda de Sébastien Vincini ne va pas exploser à cause de Benoît Hamon.

Mais, s’agissant, de créer une dynamique « hamoniste » en Occitanie, le conseiller départemental d’Auterive devra compter avec son influente voisine de Martres-Tolosane. La présidente de Région a soutenu Manuel Valls pendant la campagne des primaires. Mais, depuis la victoire de Benoît Hamon, Carole Delga tente d’unifier les socialistes d’Occitanie derrière le vainqueur de la primaire.

Laurent Dubois (@laurentdub)

17 Fév

La conférence de Pénélope Fillon à Toulouse le 28 février est finalement annulée

L’épouse de François Fillon devait participer à une conférence de l’Université du 3ème âge à la fac de droit de Toulouse. Le thème : « L’éducation tout au long de la vie et la santé« . En pleine « affaire », la prise de parole de Pénélope Fillon n’est cependant pas confirmée. Finalement, la conférence est annulée.

Pénélope et François Fillon (Photo : MaxPPP)

Pénélope et François Fillon (Photo : MaxPPP)

L’université du 3ème âge de l’université Toulouse 1 Capitole aurait pû être le mardi 28 février prochain entre 15h30 et 16h30 prise d’assaut par des dizaines de journalistes et de curieux alors que ses conférences s’y déroulent habituellement dans le plus grand calme et la plus grande sérennité.

Car ce jour-là, comme l’avait remarqué Le Canard Enchaîné, devait se dérouler une conférence sur le thème « L’éducation tout au long de la vie et la santé ». Parmi les conférenciers annoncés : Pénélope Fillon.

Rompre le silence ?

Silencieuse depuis la révélation, le 25 janvier, par Le Canard de ses émoluments d’assistante parlementaire de son mari puis de son suppléant, les doutes sur la réalité du travail effectué et l’ouverture dans la foulée d’une enquête du parquet national financier (PNF) pour détournement de fonds publics et abus de biens sociaux, Pénélope Fillon serait donc venu s’exprimer sur l’éducation et la santé devant des tempes grises dans un amphi toulousain ? En plein #Penélopegate ? Rien n’était moins sûr. Au moment où nous publiions cet article, un cadre des Républicains de Haute-Garonne résumait ainsi la situation : « A sa place… ». Comprenez : « je n’irai pas me mettre dans cette galère ».

Finalement annulée

Mais après la parution de cet article, la direction de l’université Toulouse Capitole, jusqu’alors injoignable et silencieuse, a annoncé dans un tweet que la conférence était finalement annulée.

L’autre conférencière est… la suppléante de François Fillon

Le professeur François Vellas, qui dirige l’université du 3ème âge, n’a pu être joint. On ignore pour quelles raisons il avait été demandé à Pénélope Fillon de venir s’exprimer sur la formation et la santé. Elle devait d’ailleurs pour cette conférence être accompagnée d’une spécialiste : le docteur Dominique Stoppa-Lyonnet dirige le département génétique de l’Institut Curie. C’est une sommité dans son domaine. Mais c’est aussi… la suppléante du député François Fillon dans la 2ème circonscription de Paris !

FV (@fabvalery)

16 Fév

Des assistants « familiaux » au Conseil Régional d’Occitanie ?

Dimanche 12 février, le magazine Dimanche En Politique a posé à ses invités (Gérard Onesta et Myriam Martin du groupe Nouveau Monde, Thierry Viallon du Front National)  une question : existe-il au Conseil Régional des collaborateurs ayant des liens familiaux avec leur employeur, les conseillers régionaux ? Les trois élus ont répondu par la négative. Info ou Intox ?

Hôtel de Région Occitanie à Toulouse. Photo MaxPPP

Hôtel de Région Occitanie à Toulouse. Photo MaxPPP

Les députés et les sénateurs ne sont pas les seuls à disposer des collaborateurs. L’affaire Fillon jette une lumière crue sur les assistants parlementaires. L’emploi de membres de la famille et un soupçon d’emplois fictifs suscitent un trouble profond dans l’opinion publique. Mais, loin des palais nationaux, il existe des assistants qui, comme leur collègue de l’Assemblée Nationale et du Sénat, travaillent au quotidien aux côtés des groupes politiques et des élus régionaux.

Les assistants régionaux de vrais assistants même si…

Le statut de ces assistants régionaux n’est pas comparable à celui des assistants parlementaires. Il existe deux catégories d’assistants régionaux : auprès des groupes et auprès des vice-présidents. Ils exercent leur fonction sur la base d’un contrat de droit public. Leur rémunération est calquée sur la grille de la fonction publique territoriale et calculée sur la base d’une enveloppe déterminée en fonction d’un seuil (30% des indemnités additionnés de l’ensemble des élus).

De plus, selon nos informations, des contrôles de CV et de diplômes sont effectués. Bref, au Conseil Régional d’Occitanie (comme dans les autres conseils régionaux de France et de Navarre) on est loin du flou artistique qui règne au Palais Bourbon. Cela n’empêche pas les zones d’ombre. A Toulouse, les assistants doivent « bagder ». Pas de « pointeuse » à Montpellier. Mais, pour les toulousains, il existe une « tracabalité » des horaires de travail. Néanmoins, selon nos informations, il existerait un moyen simple pour passer entre les mailles du filet. Des personnes badgent à la place d’autres collègues indélicats. Une source interne au Conseil Régional précise également : « je ne garantirai pas que des assistants ne vont pas chercher des affiches pour les législatives et ne bossent pas pour le parti. Je ne dirai pas qu’il s’agit d’emplois fictifs mais des personnes qui bossent en même temps pour le parti ».

Malgré quelques points noirs, le bilan est globalement positif. Selon les invités de Dimanche En Politique, l’exemplarité des assistants régionaux s’étend également à une absence de « consanguinité ». Interrogés, en plateau, Myriam Martin, Gérard Onesta et Thierry Viallon ont répondu d’une même voix : aucun emploi familial.

Vérification faite, le représentant du Front National a été victime d’une amnésie volontaire. Le secrétaire général du groupe FN est marié avec une élue régionale.

Pas d’assistant « familial » ? Ben si

En mai 2012, Le Monde publie un article intitulé : « Dans l’Hérault, les Jamet, l’autre famille régnante du Front National« . Au détour d’un paragraphe, on peut lire l’expression « la PME Jamet-Vouzellaud« . Le nom de Jamet renvoie à celui de la présidente du groupe FN au conseil régional et celui de Vouzellaud au secrétaire général du groupe FN au…conseil régional. Le tandem politique entre la présidente et son secrétaire général n’est pas un simple tandem politique. Depuis la publication de l’article du Monde, la situation a évolué.

Le secrétaire général du groupe FN est toujours secrétaire général du groupe. Mais sa situation personnelle a changé. Sur le site du Front National, Guillaume Vouzellaud précise : vie maritale. Mais cette mention ne concerne plus la présidente du groupe. Elle renvoie implicitement (sans donner de nom) à une conseillère régionale FN.

En répondant « non » à la question « existe-t-il des assistants « familiaux ? », Thierry Viallon occulte donc un fait indéniable : le secrétaire général du groupe FN a bien une relation familiale avec une conseillère régionale de ce même groupe FN.

En soi ce mensonge par omission est véniel. Guillaume Vouzellaud n’est pas un emploi fictif.  Selon nos informations, il gère les 7 collaborateurs du groupe. Candidat à une vingtaine d’élections, le secrétaire général du groupe FN peut justifier d’une expérience et d’un parcours politique. De plus, le recrutement d’un collaborateur ayant des liens familiaux avec une élue est parfaitement légal.

L’attitude de Thierry Viallon est maladroite. Nier les évidences est toujours improductif. Mais elle traduit le profond malaise suscité par la polémique autour de l’affaire Fillon. Les emplois familiaux ne sont pas simplement devenus suspects. Ils sont condamnables et mêmes condamnés par l’opinion publique.

Dans ce contexte, le représentant du FN a préféré masquer la vérité ; ça pouvait passer. Enfin presque.

Laurent Dubois (@laurentdub)

13 Fév

Jacques Mézard, chef de file des sénateurs RDSE, « Macron est le plus proche de valeurs radicales »

Jacques Mézard s’exprime rarement. Le président du groupe RDSE au Sénat est un pilier du PRG et un soutien fort d’Emmanuel Macron. Mais il intervient peu dans les medias. Dans une interview exclusive, Jacques Mézard explique pourquoi il s’est mis En Marche avec Emmanuel Macron. Le patron des sénateurs radicaux de gauche évoque également les réactions de la direction de son parti à son ralliement.

Jacques Mézard, président du groupe RDSE au Sénat et soutien d'E Macron. Photo MaxPPP

Jacques Mézard, président du groupe RDSE au Sénat et soutien d’E Macron. Photo MaxPPP

Le Blog Politique. Vous êtes ce soir, en Haute-Garonne, pour animer une réunion du mouvement d’Emmanuel Macron, En Marche ! Pourquoi ?

Jacques Mézard. Deux raisons. J’ai été invité par la députée de la Haute-Garonne, Monique Iborra. Mais En Marche m’a également identifié pour venir parler de la question de la ruralité. En tant que sénateur du Cantal, je suis censé pouvoir en parler (rire).

Le Blog Politique. Pourquoi avez-vous rejoint Emmanuel Macron ?

Jacques Mézard. Depuis l’été, je marche aux côté d’Emmanuel Macron. Je souhaite qu’une nouvelle génération prenne les commandes. Et pour ça on peut faire confiance à Emmanuel. Il incarne une révolution du bon sens et chaque jour j’en suis de plus en plus convaincu.

Emmanuel Macron incarne une révolution du bon sens

Le Blog Politique. Une révolution du bon sens ? C’est-à-dire ?

Jacques Mézard. Nous avons besoin de rassembler les sensibilités et de dépasser les fractures qui passent au milieu des deux grands courants que sont la droite et la gauche. Des fractures qui se situent au niveau de la fiscalité, de l’Europe, des questions sociales. Au Sénat, je préside un groupe dans lequel on sait ce que veut dire la liberté de vote. Je suis bien placé pour savoir ce qui se passe quand Les Républicains ou les socialistes refusent de voter ou s’opposent alors qu’ils d’accord sur le fond. Nous avons un besoin impérieux de dépasser les clivages. Le danger c’est le vote des extrêmes ; 40% des français sont prêts à voter pour l’extrême gauche ou l’extrême droite. Nous sommes face à une véritable urgence.

40% des français sont prêts à voter pour les extrêmes. Nous sommes devant une urgence.

Le Blog Politique. Au delà du contexte politique, qu’est ce qui vous a poussé à rejoindre Emmanuel Macron ? Comment êtes vous passé du PRG à Emmanuel Macron ?

Jacques Mézard. Je ne me voyais pas voter pour un socialiste ou un candidat de droite. Emmanuel Macron est le plus proche des valeurs radicales qui sont les miennes depuis toujours. Il faut libérer la société et libérer l’économie. Mais il faut également un Etat protecteur et régulateur. Un Etat qui protège les plus faibles.

Emmanuel Macron est le plus proche des valeurs radicales.

Le Blog Politique. Comment se passe les relations avec votre parti. Un parti qui a participé à une primaire organisée par le PS et qui doit donc soutenir le vainqueur, Benoît Hamon ?

Jacques Mézard. Je n’ai strictement aucune agressivité contre l’exécutif du PRG. D’ailleurs je ne me suis jamais exprimé sur les positions de l’exécutif. Je dis simplement que de très nombreux élus nationaux, locaux et militants PRG ont rejoint le PRG et c’est une bonne chose. Par ailleurs, je précise que personne ne peut mettre en doute ma fibre radicale. Une fibre qui est la mienne depuis ma jeunesse.

Jacques Mézard et Jean-Michel Baylet, ancien président du PRG dans la cour de l'Elysée. Photo AFP/Bertrand Langlois

Jacques Mézard et Jean-Michel Baylet, ancien président du PRG dans la cour de l’Elysée. Photo AFP/Bertrand Langlois

Le Blog Politique. Existe-t-il des négociations entre le PRG et Emmanuel Macron ? Travaillez-vous à un rapprochement entre le PRG et le mouvement En Marche ?

Jacques Mézard. J’ai l’habitude d’être clair et Emmanuel l’a dit de manière catégorique. Il n’y aura pas d’accord avec quelque parti que ce soit. Les soutiens se font à titre individuel.

Les soutiens à titre individuel.

Le Blog Politique. Une critique revient en boucle. Emmanuel Macron n’aurait pas de programme. Votre réaction ?

Jacques Mézard. C’est l’argument numéro 1 des adversaires de notre mouvement. Mais il suffit d’aller sur le site En Marche ! ou il suffit de lire les discours de Lyon, Clermont ou Quimper. Emmanuel Macron a des idées et fait des propositions. Nous avons des bases fortes et des éléments programmatiques. Je peux parler pendant des heures de nos propositions. Mais le but n’est pas de faire un catalogue de 50 ou 130 mesures. Les français savent bien que les catalogues tiennent uniquement le temps de la campagne. En réalité, ce qu’il faut, c’est un socle très net, sur le fondamental.

Propos recueillis par Laurent Dubois (@laurentdub)

11 Fév

Le député de l’Hérault, Sébastien Denaja, porte parole de Benoît Hamon

Ce samedi 11 février, Benoît Hamon a dévoilé son équipe de campagne. Un Occitanien intègre le staff des porte-paroles. Le nom du président de l’Aude, André Viola, a circulé. Le gersois Philippe Martin pouvait également figurer dans le casting. Mais, finalement, le député de l’Hérault, Sébastien Denaja, est le seul « régional » a figuré dans l’organigramme.

Sebastien Denaja, député de l'Hérault. Photo : Patrick Kovaric/AFP

Sebastien Denaja, député de l’Hérault. Photo : Patrick Kovaric/AFP

Après sa victoire à la primaire, François Fillon a constitué une équipe de campagne pléthorique. Le candidat de la droite a voulu respecter les équilibres internes de sa famille politique. Cette intention a débouché sur un organigramme impressionnant : 200 personnalités. Benoît Hamon a été confronté au même problème que François Fillon. Le socialiste a dû jongler avec les courants et les écuries du parti. Mais le résultat est moins « massif » que pour son concurrent de droite.

L’équipe de campagne de Benoit Hamon est ramassée. Néanmoins, elle respecte le principe d’une synthèse. L’équilibre est loin d’être parfait. Les proches d’Arnaud Montebourg sont largement représentés. Un seul « Vallsiste ». Il s’agit du sénateur-maire, Luc Carnouvas. Enfin, un soutien de François Hollande.


La large part de « Montebourgeois » et la présence, dans la catégorie société civile, de l’économiste Thomas Piketty, donne une coloration (très nette) à l’équipe de campagne de Benoît Hamon. Thomas Piketty a régulièrement critiqué la politique économique de François Hollande et les amis d’Arnaud Montebourg se sont frontalement opposés au gouvernement Valls. Notamment au sujet de la loi Travail et du « 49-3 ».

Néanmoins, un soutien de François Hollande, « cohabite » avec Aurélie Filipetti dans le groupe des porte-paroles. Sébastien Denaja a soutenu Vincent Peillon lors de la primaire. Le parlementaire de l’Hérault a même été le porte-parole de l’ancien ministre de l’Education Nationale. Néanmoins, ce ralliement était lié à l’abandon (en rase campagne) du président de la République (sortant).

Historiquement, Sebastien Denaja se définit comme un pro-Hollande. Après avoir été proche de Ségolène Royal, le député de l’Hérault a soutenu l’action et même une candidature de François Hollande pour 2017. Désormais, il porte la parole de Benoit Hamon. Il partage au moins une chose avec le candidat de la présidentielle : les coups de griffe de Manuel Valls.

Pendant la campagne de la primaire, Benoît Hamon a subi les critiques acerbes de l’ancien premier ministre. En février 2016, en plein hémicycle, le député de l’Hérault a subi une attaque mordante de la part de Manuel Valls.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

 

 

10 Fév

Le député de l’Aude, Jean-Claude Perez, ironise sur le ralliement de Carole Delga à Benoît Hamon

Carole Delga appelle à un rassemblement autour du vainqueur de la primaire, Benoît Hamon. Dans l’Aude, un député (ex socialiste) ironise. Jean-Claude Perez rappelle que la présidente de Région a soutenu François Hollande puis Manuel Valls avant de rejoindre le candidat à la présidentielle.

Jean-Claude Perez, député de l'Aude. Photo MAxPPP

Jean-Claude Perez, député de l’Aude. Photo MaxPPP

Les signatures s’accumulent. 82 parlementaires, présidents de départements et responsables socialistes rejoignent l’appel initié par Carole Delga. Le rassemblement réunit des « vallsistes », des « hamonistes » et des « montebourgeois ». Cette synthèse ne convainc pas le député de l’Aude, Jean-Claude Perez. Le démissionnaire du PS transforme l’appel de Carole Delga en interpellation :

 Main sur le cœur, avec force, détermination et enthousiasme vous venez de signer une tribune…appelant à voter pour Benoît Hamon. Respectant vos convictions, je ne doute pas de la sincérité de votre engagement. Je voudrais simplement savoir si ce dernier est durable ou instantané ?

Jean-Claude Perez doute de la sincérité du ralliement de Carole Delga (et du président de l’Aude, André Viola). Le parlementaire n’utilise pas les mots qui fâchent et les expressions qui font tache. Jean-Claire Perez ne parle pas de rassemblement de façade, de ralliement de circonstance ou de retournement de vestes. Mais derrière l’ironie, c’est très clairement la tonalité générale de ses propos.

Il y a quelques mois vous étiez signataires d’une tribune nous expliquant que le seul a même de sauver la gauche était François Hollande…Vous nous expliquiez alors qu’il fallait absolument qu’il se représente à l’élection présidentielle car personne d’autre n’était digne d’occuper cette fonction…Quelques jours après son renoncement, vous nous avez expliqué que le nouveau sauveur de la gauche n’était autre que son premier ministre, Manuel Valls car il avait les dispositions d’un homme d’état, la compétence et l’autorité nécessaire…et que Benoît Hamon ne pouvait pas, lui, disputer la même division.

Jean-Claude Perez termine son « appel » à Carole Delga (et André Viola) par une demande d’information.

Si vous deviez confirmer votre choix définitif sur Benoît Hamon ou si Emmanuel Macron devait être le « chouchou » de votre cœur, il me serait particulièrement agréable que vous puissiez me l’indiquer rapidement pour que je puisse mener campagne avec celui qui pourrait être en mesure de battre la droite et l’extrême droite en mai prochain.

Il n’est pas évident que la présidente de Région apprécie l’ironie mordante de Jean-Claude Perez. Le téléphone du député de l’Aude risque de sonner. Mais ce ne sera pas forcément pour livrer les informations espérées par Jean-Claude Perez. Sur le fond, Carole Delga a déjà répondu aux interrogations du parlementaire audois. Lors de la réunion (préparatoire) à l’appel de Carcassonne, la présidente d’Occitanie a justifié son ralliement à Benoît Hamon : les électeurs se sont prononcés et les socialistes d’Occitanie doivent soutenir Benoît Hamon parce que c’est le vainqueur de la primaire.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

 

 

 

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