13 Mar

On peut tous s’offrir la Une de La Dépêche… sauf Jean-Michel Baylet !

Le groupe Dépêche du Midi vient de lancer un service pour personnaliser la une de ses journaux et permettre ainsi de l’offrir à des proches, pour un anniversaire ou un départ à la retraite. Mais on ne peut pas y mettre tous les noms.

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On a testé pour vous ! Ma-une.fr est un nouveau site lancé par le groupe Dépêche du Midi. Comme c’est déjà le cas pour bon nombre de journaux régionaux ou nationaux, vous pouvez sur ce site personnaliser à outrance la une pour en faire un objet offert à vos amis, vos proches, votre famille à n’importe quelle occasion.

Un cadeau personnalisé…

Il suffit pour cela de choisir de quel journal vous voulez reproduire et personnaliser la une, d’entrer le nom, le prénom, la date de naissance, les centres d’intérêts et la photo de la personne ou du groupe concerné. En quelques secondes vous recevez votre « Une » (gratuitement) par email et vous pouvez aussi la recevoir imprimée par les soins du journal !

…sauf pour Jean-Michel **** !

Mais, à La Dépêche du Midi, tout n’est pas possible ! Nous avons essayé de faire une une non pas à la gloire d’un ami ou d’un collègue de travail mais de… Jean-Michel Baylet, le ministre propriétaire du groupe La Dépêche.

Et là, surprise, notre une est censurée ! Impossible de faire apparaître son nom sur le site mis en place par le journal : à la place, quatre petites étoiles.

Un petit exercice de censure fait maison, sans doute pour éviter que des petits plaisantins ne composent des une gênantes pour des personnalités en vue ? Alors nous avons essayé d’autres noms :

  • François Hollande ? OK
  • François Fillon ? ça fonctionne
  • Emmanuel Macron ? c’est bon
  • Donald Trump ? It’s OK !

En revanche, ça ne fonctionne pas pour… Jean-Nicolas et Jean-Benoît Baylet, les deux fils du ministre, respectivement directeur général et directeur délégué du groupe.

Une censure qui ne s’applique donc pas aux personnalités publiques mais… juste à la famille propriétaire du journal !

FV (@fabvalery)

07 Mar

Pluralisme des médias : quand la droite dépose un amendement « Baylet »

Jean-Michel Baylet (photo AFP)

Jean-Michel Baylet (photo AFP)

Quatorze députés de droite, dont Lionel Tardy (Haute-Savoie) ou Jacques Myard (Yvelines) avaient déposé le 4 mars un amendement à la loi « Liberté, indépendance et pluralisme des médias », qui, s’il ne cite pas nommément Jean-Michel Baylet, le vise directement.

Cet amendement souhaitait que lorsqu’un média est détenu par une personne qui a des fonctions politiques nationales ses lecteurs en soient informés.

Afin de renforcer la transparence, comme le veut cette proposition de loi, il faudrait que les lecteurs d’un titre de presse soient pleinement informés lorsque le propriétaire de l’entreprise éditrice, son dirigeant ou l’un de ses principaux actionnaires a des fonctions exécutives nationales. C’est d’ailleurs le cas depuis le dernier remaniement, malgré l’indifférence générale relative » (exposé sommaire de l’amendement).

Un amendement « anti-Baylet », Jean-Michel Baylet étant devenu lors du dernier remaniement ministre de l’aménagement du territoire, de la ruralité et des collectivités locales. S’il a quitté la présidence du groupe La Dépêche du Midi au profit de son ex-femme Marie-France Marchand-Baylet, Jean-Michel Baylet et sa famillle restent cependant actionnaires majoritaires du groupe.

Lors de la discussion sur le projet de loi en première lecture le 8 mars à l’Assemblée Nationale, cet amendement à été rejeté. Sans surprise.

FV

22 Fév

Marie-France Marchand-Baylet remplace son ex-mari à la tête de La Dépêche

Quelques jours après la nomination de Jean-Michel Baylet au gouvernement au poste de ministre de l’aménagement du territoire, de la ruralité et des collectivités locales, le nouveau ministre a officiellement quitté ses fonctions de président du groupe La Dépêche, remplacé à ce poste par son ex-femme Marie-France Marchand-Baylet. Elle a été nommée suite à un conseil d’administration qui s’est tenu vendredi dernier.

Marie-France Marchand-Baylet (Photo MaxPPP)

Marie-France Marchand-Baylet (Photo MaxPPP)

Une histoire de famille

Déjà directrice générale déléguée de l’Occitane de Communication, actionnaire majoritaire (environ 65 %) du groupe La Dépêche du Midi, mais aussi présidente de la Fondation La Dépêche, Marie-France Marchand-Baylet prend donc la présidence du 4ème groupe de presse régionale en France.

Elle a aussi créé, du temps où son compagnon Laurent Fabius était au ministère des Affaires Etrangères, « Flag France Renaissance« , une association qu’elle préside, qui s’occupe de mécénat et de valorisation du patrimoine du château de la Celle-Saint-Cloud, propriété du ministère que vient de quitter son compagnon.

Côté famille Baylet, le fils Jean-Nicolas, pourtant directeur général du groupe depuis le rachat des Journaux du Midi (Midi-Libre, l’Indépendant, etc) en 2015, devra donc attendre encore un peu avant de prendre les rênes du groupe, comme avant lui son grand-père, sa grand-mère, son père et désormais sa mère. Il reste directeur de la publication mais sera aussi « responsable de la rédaction ».

Jean-Michel Baylet toujours actionnaire

En quittant la présidence du groupe, Jean-Michel Baylet, répond donc par la négative à la question que beaucoup se posaient dès le remaniement jeudi : peut-on être ministre et patron de presse ? 

Pour autant, s’il quitte ses fonctions exécutives, lui et sa famille restent propriétaires de la majorité des parts dans le groupe de presse et à ce titre, intéressés à sa bonne santé financière.

Des liens avec les collectivités locales… dont il a la large au gouvernement

Comme nous le rappelions dans un article précédent, le groupe La Dépêche, par l’intermédiaire de ses journaux ou de ses filiales, traite financièrement avec les collectivités locales : achat d’espaces publicitaires, organisations d’événements, gestion de lieux publics… La Dépêche Events, par exemple, gère le centre de congrès et d’expo d’Agen, organise des salons de l’habitat, de l’immobilier ou de l’auto dans plusieurs villes du sud-ouest, ou accompagne les collectivités « dans l’organisation, la communication et la commercialisation (des) événements culturels, sportifs, corporate, économiques et promotionnels » comme Jazz In Marciac, le festival Pause Guitare à Albi ou le marathon de Carcassonne.  Or, les collectivités locales, cela fait justement partie des attributions du nouveau ministre.

FV (@fabvalery)

17 Fév

« Le maire de Toulouse » : bras de fer entre Jean-Luc Moudenc et La Dépêche du Midi

Jean-Luc Moudenc (Photo : AFP)

Jean-Luc Moudenc (Photo : AFP)

Jean-Luc Moudenc, maire LR de Toulouse, a décidé ce mercredi 17 février de renommer son compte sur twitter « le maire de Toulouse », « par souci de cohérence avec les articles du quotidien régional qui bannissent mon nom ». 

Cette décision, empreinte d’ironie et d’opportunisme de la part de l’équipe de communication qui entoure Jean-Luc Moudenc et gère ses comptes sur les réseaux sociaux, intervient au lendemain de la diffusion d’un reportage sur le système Baylet et La Dépêche du Midi par l’émission Le Petit Journal sur Canal +, réalisé après la nomination au gouvernement de Jean-Michel Baylet.

Dans ce reportage, Jean-Luc Moudenc indique lui-même qu’il est victime d’un oukaze émanant de Jean-Michel Baylet, qui aurait demandé de retirer son nom et sa photo des éditions de La Dépêche du Midi après la décision de la ville et de la métropole qu’il préside de réduire considérablement les achats d’espaces publicitaires dans le titre de presse.

Le bras de fer est donc engagé désormais sur le place publique entre la mairie de Toulouse et le quotidien du désormais ministre Jean-Michel Baylet, qui n’a toujours pas officialisé son remplacement à la tête du groupe de presse par son ex-épouse Marie-France Marchand-Baylet.

Rien de bien nouveau sous le soleil toulousain, mais la nomination de Jean-Michel Baylet au gouvernement a braqué les projecteurs parisiens vers le microcosme médiatico-politique de Toulouse. Parfois avec acuité.

FV

Mise à jour du 18 février : La Dépêche du Midi a répondu aux accusations de Jean-Luc Moudenc en publiant ce 18 février dans ses colonnes un article indiquant que le nom du maire de Toulouse a été cité 5506 fois dans le journal. La rédaction s’appuie sur le moteur de recherches de son site internet. En vérité, si l’on en croit ce moteur, l’occurence « Moudenc » sort bien 5606 fois mais « Jean-Luc Moudenc », 4779 fois exactement. Le journal ne précise cependant pas que ce « score » s’étale sur… presque 20 ans, le premier article en ligne remontant au 2 mars 1998 !

Mais ne mégotons pas sur les chiffres.

Car une cinquantaine d’articles citent le nom de Jean-Luc Moudenc depuis le 1er janvier 2016. Il n’y aurait donc pas de « censure » du nom du maire. Dans l’entourage du maire, on reconnait ces citations mais on insiste sur le fait que dans la plupart des cas, ce sont des articles « à charge » ou négatifs sur l’action municipale.

Reste en tout cas l’affirmation du délégué syndical SNJ qui s’exprime dans le reportage du Petit Journal et qui indique que consigne à été donnée en début d’année 2016 de ne pas citer le nom du maire de Toulouse.

12 Fév

Ministre, Jean-Michel Baylet peut-il rester patron de presse ?

Jean-Michel Baylet, président du PRG, a pris ce vendredi 12 février ses fonctions de ministre de l’aménagement du territoire, de la ruralité et des collectivités locales. Il rejoint ainsi, à 14 mois de la présidentielle, l’équipe gouvernementale de Manuel Valls et retrouve un portefeuille ministériel 23 ans après sa dernière expérience de ministre.

Jean-Michel Baylet (photo : AFP)

Jean-Michel Baylet (photo : AFP)

Mais les temps ont changé. Les médias, les politiques et les citoyens sont aujourd’hui beaucoup plus attentifs et beaucoup plus sensibles au mélange des genres. Or Jean-Michel Baylet est aujourd’hui ministre ET patron d’un groupe de presse régionale, qui couvre Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées et déborde même sur l’Aquitaine. Une puissance de tir dans le sud-ouest qui peut être utile à François Hollande mais une situation qui attire les critiques.

Le remaniement éreinté par (presque) toute la presse !

Au lendemain du remaniement, la presse n’est pas tendre avec François Hollande et son remaniement. L’entrée d’écologistes franc-tireurs, le retour de Ayrault, celui de Jean-Michel Baylet. Dans l’ensemble, la presse française éreinte cette recomposition gouvernementale davantage tournée vers l’élection présidentielle de 2017 que vers le règlement des dossiers sensibles. « Monsieur Bricolage » pour Le Parisien-Aujourd’hui en France, « Derniers replâtrages » pour Le Figaro, etc.

Toute la presse ? Ce vendredi, La Dépêche du Midi est elle-aussi aussi la cible des internautes sur les réseaux sociaux et même des éditorialistes. On reproche au journal régional sa position sur le remaniement et son engagement sans mesure derrière François Hollande. En d’autres termes : le journal de Jean-Michel Baylet soutient le gouvernement dans lequel figure Jean-Michel Baylet. L’entrée au gouvernement de son patron tourne les projecteurs vers La Dépêche.

Au-delà de la une du journal, c’est l’éditorial en page 2, signé Jean-Claude Soulery, qui a beaucoup retenu l’attention. Le journaliste y signe un plaidoyer pro-Hollande :

Par son ampleur et son habile dosage politique, le nouveau gouvernement constitue un « pari raisonnable » sur l’avenir. Nous pourrions dire que François Hollande réussit la meilleure synthèse à gauche possible – en intégrant, non seulement son ancien premier ministre Jean-Marc Ayrault, mais encore deux chefs de partis, l’écologiste Emmanuelle Cosse et le radical Jean-Michel Baylet, autant dire deux symboles forts du rassemblement à gauche ».

Un éloge qui n’a pas échappé à Hélène Jouan, ce vendredi matin dans la revue de presse de France Inter :

Un ministre à la tête d’une holding de presse, c’est « exotique »

Jean-Michel Baylet et sa famille détiennent la holding Occitane de Communication, actionnaire majoritaire du groupe de presse. Il n’y a pas dans l’histoire récente d’autres exemples de ministre propriétaire de journaux.

« C’est une situation pour le moins exotique, souligne l’universitaire toulousain Franck Bousquet, spécialiste des liens entre médias et politique. Cela fait un peu troisième République. Dans les années 20-30, et surtout à la fin du XIXème siècle, presque tous les patrons de la presse régionale étaient des politiques. Mais la situation était bien différente : il y avait partout un pluralisme de titres que l’on ne connaît pas aujourd’hui. Le groupe La Dépêche, après le rachat de Midi Libre, est en situation de quasi-monopole de Toulouse à Montpellier ».

Pour l’universitaire, il n’y a pas d’autres exemples dans les démocraties contemporaines. Le seul en Europe ces dernières années, ce fut en Italie, un certain… Sylvio Berlusconi ! La comparaison s’arrête là.

Des contrats avec… les collectivités locales

Les journaux de Jean-Michel Baylet sont aussi en lien avec les collectivités locales, dont le ministre Jean-Michel Baylet a désormais la charge. Contrats publicitaires, annonces légales ou événements. Mais le groupe La Dépêche du Midi ce n’est pas que des journaux.

Comme beaucoup de groupe de presse ces dernières années, il s’est diversifié pour élargir ses sources de revenus. La Dépêche Events, notamment, est un « créateur d’événements » ou un gestionnaire de lieux publics. La société était notamment candidate à la gestion du futur Parc des expos géant de Toulouse. Mais l’ancien maire PS Pierre Cohen l’avait attribué à un concurrent, GL Events, ce qui avait suscité à l’époque la colère de Jean-Michel Baylet.

Des relations financières avec les collectivités locales alors que le patron a justement cette compétence dans ses attributions ministérielles ? « Pour le moins étrange », souligne un fin connaisseur de la politique nationale. L’Elysée aurait, ces derniers jours, consulté la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique (HATVP), qui ausculte les activités professionnelles des élus et ministres et traque les conflits d’intérêts. On ignore si la HATVP a donné son feu vert, mais la nomination de Jean-Michel Baylet est désormais effective.

Un ou une Baylet à la place d’un autre ?

On ne sait donc si Jean-Michel Baylet, ministre, quittera la présidence de son groupe de presse. Il était ce vendredi matin, l’invité de l’émission « Les 4 Vérités » sur France 2. Le sujet n’a pas été évoqué.

Jean-Nicolas et Jean-Michel Baylet (Photo : AFP)

Jean-Nicolas et Jean-Michel Baylet (Photo : AFP)

François Hollande demandera-t-il à son ami de prendre ses distances avec son groupe de presse ? La solution pourrait alors être de nommer à sa place son fils Jean-Nicolas, déjà directeur général du groupe La Dépêche et véritable dirigeant du journal. En prenant la direction de la holding familiale qui détient la majorité du groupe, Jean-Nicolas libérerait ainsi son père de cette charge et de ce lien entre fonction gouvernementale et direction d’un groupe de presse. Sans pour autant faire sortir le journal de la famille.

Marie-France Marchand Baylet et son compagnon Laurent Fabius à Paris le 12 février. (Photo : AFP)

Marie-France Marchand Baylet et son compagnon Laurent Fabius à Paris le 12 février. (Photo : AFP)

Une autre option est envisagée : celle de Marie-France Marchand-Baylet, présidente de la Fondation La Dépêche, ex-femme de Jean-Michel Baylet et compagne de Laurent Fabius. Selon le site spécialisé PressNews, elle pourrait prendre les rênes du groupe dès le lundi 15 février. 

« Symboliquement, conclut l’universitaire Franck Bousquet, il peut effectivement quitter la présidence. On demande aux ministres de ne plus diriger d’exécutifs locaux, alors pourquoi rester à la tête d’une grande société, qui plus est une entreprise de presse ? ».

Fabrice Valéry (@fabvalery)

09 Nov

Une motion de défiance votée par les journalistes de La Dépêche du Midi

FRANCE-MEDIAS-PRESS-LA DEPECHE

Réunis en assemblée générale à Toulouse samedi 7 novembre, les journalistes des quotidiens de La Dépêche du Midi ont voté trois motions dont une motion de défiance concernant Bernard Maffre, le directeur général du groupe qui est aussi Pdg de Midi Libre depuis le rachat des Journaux du Midi par La Dépêche.

Un audit sur l’emploi

Au-delà de la défiance envers la direction, la rédaction, en plein questionnement après l’annonce de 350 suppressions de postes dans les titres du groupe, s’interroge aussi sur la situation de l’entreprise et sur la stratégie menée par La Dépêche. Ainsi, les journalistes demandent-ils qu’un audit, mené par un organisme extérieur et indépendant, sur la rédaction puisse faire le point de la situation de l’emploi. « La situation est alarmante, explique un délégué syndical. Chaque mois, un à deux journalistes quittent l’entreprise sans être remplacé. Nous estimons à 45 le nombre de postes perdus ainsi depuis 2010. Nous réclamons donc rapidement un audit, avec un moratoire sur l’emploi durant cette période d’analyse ». 

Nous estimons à 45 le nombre de postes perdus depuis 2010″ Un délégué syndical

L’ouverture de négociations ?

Les journalistes demandent aussi une concertation sur les projets multimédia, le rattachement du site internet La Dépêche.fr à la rédaction, celui aussi des journalistes qui travaillent sur le flash vidéo, etc. L’ouverture enfin de négociations sur la réalisation de vidéos par les reporters sur le terrain.

La mutualisation et les droits d’auteurs en question

En filigrane de toutes ses questions, c’est la manière dont La Dépêche va s’organiser dans son nouveau périmètre après le rachat des Journaux du Midi. Bernard Maffre, dans une récente interview à La Lettre M, expliquait : « On réfléchit à une organisation intelligente qui permette de maintenir la diversité de l’information dans l’ADN de chacun des titres. Mais pour la diffusion, on va fusionner tout ça. Je n’ai pas besoin de deux chefs des ventes, de deux logisticiens, de deux responsables de la promotion. On va donc faire de l’optimisation, dans les zones de concurrence, des moyens logistiques, tout en maintenant une organisation qui permette de maintenir une identité et une initiative rédactionnelle »

On va faire de l’optimisation » Bernard Maffre (in La Lettre M)

Mais les journalistes s’inquiètent pour le maintien de cette « identité » par titre, notamment dans les départements où plusieurs titres du groupe sont en concurrence (Aveyron et Aude) mais pas seulement.

Les droits d’auteurs des journalistes face aux bénéfices de la holding familiale

Lors de l’opération de « groupe » sur la dénomination de la future région, les contenus éditoriaux ont été repris par les différents titres. Dans un tract du 13 octobre, l’intersyndicale expliquait alors que la direction s’était assise sur les droits d’auteurs des journalistes et rapportait les propos de Jean-Nicolas Baylet, le directeur général délégué du groupe, qui aurait indiqué devant le CE que cette question était « scandaleuse ». Opportunément, dans ce tract dont nous avons eu connaissance, les syndicats rappelaient les règles en matière de droits d’auteurs et fustigeait l’attitude de la direction : « Pour ramasser le maximum à son seul profit et sans rien payer, écrivaient-ils, elle tente de culpabiliser les journalistes pour les pousser à renoncer à leurs droits. Pourtant, la direction, elle, ne se prive pas : sans se soucier du déficit de 2014 (NDLR : 1,9 million d’euros) les dirigeants familiaux de la holding financière ont augmenté leurs salaires de 400.000 euros. On peut juger que c’est scandaleux, mais c’est leur droit. Comme c’est le droit des journalistes de se faire payer la reprise (NDLR : par d’autres titres du groupe) de leur travail ».

Jean-Michel Baylet interpellé par les journalistes ?

La rédaction n’est pas la seule à vivre une période de tension. Une grève a eu lieu récemment à la comptabilité où les salariés ont obtenu l’ouverture de négociations sur l’emploi. Les services expédition, abonnements ou même la régie publicitaire sont également sous pression actuellement.  Les représentants du personnel ont obtenu de la rédaction lors de l’assemblée générale, à laquelle assistaient également des délégués de Centre Presse Aveyron, de Midi Libre et de L’Indépendant, qu’ils saisissent le plus vite possible la direction. Samedi 14 novembre, à 11 heures, Jean-Michel Baylet, le Pdg du groupe, doit réunir tous les personnels pour expliquer sa stratégie. Une réunion au cours de laquelle les syndicats de journalistes ont prévu de l’interpeller sur la situation de l’entreprise.

FV

25 Juin

Rachat de Midi Libre par La Dépêche du Midi : c’est signé !

© AFP

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Le rachat du groupe Journaux du Midi (Midi Libre, l’Indépendant, etc) par La Dépêche du Midi a été signé ce jeudi 25 juin à 10 heures au siège de La Dépêche à Toulouse, selon nos informations.

Il s’agit donc de l’ultime étape de cette acquisition, le groupe toulousain dirigé par Jean-Michel Baylet achetant les Journaux du Midi au groupe Sud-Ouest.

Quelques heures après cette signature, Jean-Nicolas Baylet, directeur général du groupe et fils de Jean-Michel, a célébré cette acquisition sur son compte Twitter :

Fin août 2014, les deux groupes avaient indiqué être en négociations exclusives pour cette cession. Le projet a ensuite été confirmé par Jean-Michel Baylet au personnel de La Dépêche du Midi. La cession devait être finalisée fin juin. C’est fait !

Auparavant, La Dépêche avait présenté son projet de réorganisation des deux groupes devant les Comités centraux d’entreprises, qui avaient donné un avis (consultatif) négatif en raison de son impact sur l’emploi, 346 emplois devant être supprimés (191 aux Journaux du Midi et 155 à la Dépêche).

Dernièrement, l’autorité de la concurrence avait donné son feu vert à cette cession, Jean-Michel Baylet ayant donné des garanties par rapport à la nouvelle situation de monopole notamment dans l’Aude et dans l’Aveyron.

Avec cette acquisition, Jean-Michel Baylet réalise un vieux rêve : constituer un groupe de presse régionale de grande taille, qui plus est qui colle quasiment avec le territoire de la future région administrative issue de la fusion de Midi-Pyrénées et de Languedoc-Roussillon.

FV

04 Juin

L’autorité de la concurrence autorise le rachat de Midi Libre par La Dépêche du Midi

© AFP

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L’autorité de la concurrence a autorisé ce jeudi le rachat des Journaux du Midi par La Dépêche du Midi, soulevant au passage quelques points qui pourraient distordre la concurrence et donc la pluralité de la presse mais que le groupe dirigé par Jean-Michel Baylet s’est engagé à régler.

Une situation de monopole

Dans son avis, l’Autorité de la Concurrence constate que cette opération « placerait le Groupe La Dépêche du Midi en situation de monopole sur les marchés de la presse quotidienne régionale dans les départements de l’Aude et l’Aveyron » ce qui risquerait « de conduire à une homogénéisation du contenu des titres, au détriment des lecteurs qui subiraient une réduction de la qualité et de la diversité des journaux de presse quotidienne régionale ».

Des engagements à tenir

Selon l’Autorité de la Concurrence, le groupe La Dépêche du Midi s’est engagé :

  • à ne pas procéder à l’harmonisation des contenus de ses titres,
  • à maintenir des rédactions en chef distinctes et dédiées aux différents titres,
  • à poursuivre la diffusion de l’ensemble de ses titres de presse quotidienne régionale dans l’Aude et l’Aveyron.

Ces engagements pris vont donc à l’encontre d’une fusion des titres ou des rédactions de La Dépêche et de Midi Libre dans l’Aude ou de Centre-Presse dans l’Aveyron. Un mandataire indépendant, agréé par l’Autorité de la concurrence, sera nommer pour veiller au respect des engagements pris.

Sur le plan social, le rachat des Journaux du Midi devraient conduire à de nombreuses suppressions d’emplois : 346 postes doivent être supprimés (191 aux Journaux du Midi et 155 à La Dépêche).

FV

05 Mar

346 emplois supprimés à La Dépêche du Midi et à Midi Libre ?

FRANCE-MEDIAS-PRESS-LA DEPECHE

Selon une source syndicale de Midi Libre, citée par l’AFP, le projet de rachat des journaux du Midi (Midi Libre, L’Indépendant, etc) par La Dépêche du Midi prévoit la suppression de 191 emplois dans le groupe et de 155 autres à La Dépêche du Midi à Toulouse d’ici 2018.

Les élus du personnel au Comité central d’entreprise de Midi Libre, consulté mercredi sur ce sujet, ont voté contre. Cet avis n’est que consultatif.

C’est une véritable « saignée dans les effectifs » a réagit cette source syndicale qui affirme que cela va concerner 20 % des effectifs. Les élus du personnel dénoncent « le coût social (…) démesurément lourd, inacceptable, préambule à d’inévitables tensions ».

Les élus du CCE des Journaux du Midi ont également déploré le flou sur sur le plan de rachat du groupe à Sud-Ouest par La Dépêche du Midi (prix, identité des actionnaires minoritaires). Le président de La Dépêche Jean-Michel Baylet, par ailleurs président du Parti radical de gauche (PRG), a simplement précisé que son groupe « devait détenir 51% du nouvel ensemble et La Montagne quelques pour cent », a indiqué une source syndicale à l’issue de la réunion. Quant aux actionnaires minoritaires « rien n’est encore
sûr, nous dit-on », a ajouté cette source.

Le CCE a réclamé qu’une seconde consultation ait lieu sur l’identité de « tous les actionnaires » et sur leur part dans le capital, ainsi qu’un engagement écrit garantissant l’indépendance des rédactions vis à vis des actionnaires.

D’après nos informations, un comité d’entreprise se tient vendredi 6 mars à La Dépêche du Midi à Toulouse.

FV (avec AFP)

27 Jan

Rachat de Midi Libre par La Dépêche : ça se précise !

© AFP

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Le groupe La Dépêche du Midi a réalisé une percée dans ses « négociations exclusives » avec le Groupe Sud Ouest (GSO) pour devenir « l’actionnaire de référence » et « l’opérateur » du groupe Midi Libre, que GSO cèdera finalement en totalité, a-t-on appris mardi de source proche du dossier.

Les comités d’entreprise de La Dépêche et du Pôle des Journaux du Midi, qui publie notamment Midi Libre, Centre Presse Aveyron et L’Indépendant de Perpignan, doivent être informés vendredi 30 janvier (14H30) de l’avancée des négociations. Annoncées le 28 août 2014, elles pourraient, après l’accord des banques et l’avis de l’Autorité de la Concurrence, être finalisées vers la mi-avril.

Si tel devait être le cas, ce serait la naissance d’un nouveau poids lourd dans la presse quotidienne régionale (PQR), le groupe Centre France (La Montagne) étant aussi partie prenante dans l’opération comme actionnaire minoritaire (95% pour la Dépêche et 5% pour Centre France). De plus, le nouveau groupe anticiperait la création de la future Région Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon.

Le groupe La Dépêche du Midi, présidé par Jean-Michel Baylet, est associé dans ces négociations à Centre France et à des actionnaires minoritaires locaux de la région de Montpellier, siège de Midi Libre. Au sein du Pôle des Journaux du Midi, La Dépêche était déjà actionnaire minoritaire (moins de 30%) des Gazettes Associées qui publient les hebdomadaires La Gazette de Montpellier, la Gazette de Sète et la Gazette de Nîmes. Parmi ces actionnaires très minoritaire figurerait notamment Louis Nicollin.

Aucune information n’a pour le moment filtré sur le montant de l’opération. Les Journaux du Midi avaient été acquis par le Groupe Sud Ouest en 2007 pour 90 millions d’euros. Depuis, un plan de départs volontaires a entraîné la sortie d’un peu plus d’une centaine de salariés. Selon GSO, les trois principaux titres de journaux du Midi vendent au total près de 220.000 exemplaires par jour.

FV (avec AFP)