13 Mai

Boudu, le nouveau mensuel toulousain, cherche encore son public

Après 6 mois d’existence, retour sur le démarrage du nouveau magazine de société toulousain dont la diffusion en kiosque est en deçà des espoirs de l’équipe qui a fondé Boudu. Une levée de fonds devrait avoir lieu au second semestre 2016 pour développer l’entreprise et booster la communication.

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Boudu vient déjà de sortir début mai son 7ème numéro. Ce nouveau mensuel toulousain est arrivé sur la place en novembre 2015, avec l’ambition de devenir LE magazine des Toulousains. Six mois après, le bilan est mitigé. « Concernant les ventes en kiosques, reconnaît le rédacteur en chef Jean Couderc, on est en deçà de ce que l’on espérait. Le démarrage est plus lent que prévu même si on est sur la pente ascendante. Mais il faut que ça s’accélère. Heureusement, nous avons une communauté d’abonnés croissante et fidèle ».

Une levée de fonds pour développer l’entreprise

L’équipe de Boudu l’affirme : ce démarrage difficile « n’est pas de nature à remettre en cause la vie de Boudu, car nous avions configuré l’entreprise (NDLR : une scop) pour faire face à ce type de situation ». Il faut cependant revoir certaines choses.

« L’enquête qui a été menée par des étudiants de la Toulouse Business School, explique Jean Couderc, auprès d’environ 800 personnes, montre que nous avons un large déficit de notoriété. Mais c’est un élément qui nous rend confiants car cela montre que nous avons une importante marge de progression ».

Se faire connaître des Toulousains, ce sera donc l’objectif de Boudu dans les mois qui viennent. Pour cela, une nouvelle levée de fonds devrait être menée dans le second semestre 2016, pour, cette fois, accroître les moyens notamment en matière de communication ou encore de démarchage d’annonceurs publicitaires. Selon nos informations, cela ne se fera pas, comme lors du lancement, par une opération de financement participatif mais auprès de partenaires financiers.

Coller davantage à l’actualité et être en phase avec la ville

Au fil des numéros, la rédaction de Boudu a fait évoluer très légèrement le projet. L’ambition, elle, reste la même : s’adresser à « une communauté de curieux » avec un magazine « qui réfléchit » au risque parfois de se voir reprocher son élitisme. Et toujours avec une grand soin apporté aux articles et à la politique iconographique.

Les évolutions éditoriales se sont donc faites à la marge. « On a vu qu’il fallait que nous collions davantage à l’actualité, rappelle Jean Couderc. Qu’on se nourrisse de l’actualité pour la mettre en perspective mais sans avoir trop de distance sinon on risquait, comme dans les tous premiers numéros, d’être hors-sol et hors-temps ». L’équipe veut aussi être « plus en phase avec la ville » et remplir son rôle de prescripteur : d’où la création d’une rubrique agenda, toujours à la sauce Boudu, pour tourner davantage le magazine vers l’avenir.

L’interview de Clément Poitrenaud, dans le numéro de mai, qui annonce son départ du Stade Toulousain est en cela un « bon coup ». Une interview où le joueur se livre aussi en profondeur. « C’est un long entretien, précise Jean Couderc, mais cela montre aussi, concernant l’annonce de son départ, qu’il faut compter sur nous parmi les médias toulousains ».

« Nous ne sommes pas le GQ toulousain »

L’équipe entend aussi les critiques qui trouvent le magazine un petit peu trop.. masculin. « On s’adresse au plus grand nombre, dit Jean Couderc, et nous ne voulons pas être le GQ toulousain mais c’est vrai qu’on nous dit parfois que nous avons un côté trop masculin. Il est vrai que nous n’avons pas encore fait de une avec une femme. Mais nous sommes le reflet de notre époque et de notre ville, où les hommes trustent les postes à responsabilité ». L’équipe se refuse à considérer que c’est en traitant des sujets « légers » qu’elle touchera un public plus féminin et rappelle que le dossier de la une sur les cantines scolaires était un sujet « familial ».

Mais c’est promis des efforts seront entrepris contre ce ressenti, bien involontaire. Exemple : le grand entretien du prochain numéro sera… celui d’une femme (vous n’en saurez pas plus, à découvrir en juin !)

« C’est dur mais on se régale »

Alors oui, lancer un nouveau média indépendant, en province, ce n’est pas simple. Les fondateurs de Boudu le savaient et ne tombent pas des nues. Mais ils ont aussi de grandes satisfactions. « Déjà, dit Jean Couderc, on se régale à le faire, même si c’est dur. C’est une aventure formidable et nous recevons plein de messages d’encouragement qui fond chaud au coeur ».

Il y a aussi des projets dont celui d’augmenter progressivement la pagination (actuellement de 84 pages). Pour cela, il faut aussi compter sur les rentrées publicitaires, qui sont encore trop faibles. Chez Boudu, on préfère que les lecteurs lisent tous les articles et restent un peu sur leur faim, plutôt qu’ils se contentent de « survoler » un gros catalogue.

Une politique éditoriale ambitieuse et jusqu’à présent particulièrement réussie qui n’attend plus qu’une chose : rencontrer son public. Ce serait mérité.

Fabrice Valéry (@fabvalery)

03 Nov

Le N°1 de Boudu, le « magazine de société toulousain », débarque en kiosques

La une du N°1 de Boudu

La une du N°1 de Boudu

Il a failli s’appeler « Saucisse » en référence à la célèbre toulousaine. Mais il se nomme finalement « Boudu » et c’est vraiment mieux ! Le numéro 1 du nouveau magazine de société toulousain, porté par quatre journalistes associés en SCOP, sort en kiosques mercredi 4 novembre. En couverture, Omar Hasan, l’ancien rugbyman du Stade Toulousain devenu chanteur lyrique. Un décalage qui colle bien avec l’esprit du magazine.

« On veut, explique Jean Couderc, le gérant et rédacteur en chef, susciter comme l’expression Boudu de la surprise, de l’étonnement. Être sérieux, sans l’être et proposer quelque chose qui n’existe pas à Toulouse ».

L’équipe de Boudu a choisi une maquette moderne enrichie d’un vrai travail iconographique, que ce soit par des illustrations ou les images concoctées par le rédacteur en chef photo, Matthieu Sartre.

L'équipe fondatrice de Boudu (Photo : F.Valéry)

L’équipe fondatrice de Boudu (Photo : F.Valéry)

« Ce que l’on souhaite, indique Philippe Salvador, l’un des journaliste associés, c’est mettre en avant les contenus ». « Il n’y a pas à Toulouse de magazine qui propose une approche sociétale, renchérit Jean Couderc, et on pense que la sauvegarde de la presse passe par les contenus car les lecteurs sont devenus plus exigeants ». 

Au sommaire du N°1, Omar Hassan donc, mais aussi une longue « conversation » avec le maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc, un récit de ce projet fou de bétonner le canal du Midi qui finalement n’a jamais vu le jour ou un touchant portfolio sur ces pères « à plein temps » ! Pour le reste, surprise, on ne vous dit pas tout, à vous de le découvrir en kiosque ou sur abonnement. En tout, 84 pages dont (seulement) 11 de pub.

Le reportage phot sur les pères à temps plein.

Le reportage photo sur les pères à temps plein.

L’équipe travaille déjà sur le N°2, prévu en décembre, et se donne 6 mois pour voir si la greffe a pris avec le public toulousain et plus largement de la région (tiré à 12.000 exemplaires Boudu est distribué dans 600 points de vente dans l’aire toulousaine mais aussi à Foix, Auch, Carcassonne, Albi, Castres et Montauban).

Boudu ne cherche pas à être comparé à son prédécesseur Toulouse Mag, dont la parution a été stoppée il y a un an par le groupe La Dépêche du Midi. D’ailleurs ses « parents » indiquent avoir réfléchi à ce projet bien avant l’annonce de la fermeture de Toulouse Mag.

Enfin, les fondateurs espèrent mettre sur pied une communauté de lecteurs. L’objectif est de voir les Toulousains s’approprier le magazine. Une version numérique sur tablettes et smartphones ainsi qu‘un site internet avec des versions enrichies du magazine sont lancées conjointement à la version papier. Et puis, il y a le succès de l’opération de financement participatif qui dure encore une vingtaine de jours.

Vendu 4,5 € Boudu a désormais besoin de ses lecteurs pour vivre. En ces temps difficiles pour la presse et particulièrement à Toulouse, la naissance d’un nouveau titre est une bonne nouvelle pour le pluralisme. Longue vie à Boudu !

FV

14 Oct

« Boudu », le nouveau magazine de société toulousain

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Un an après la disparition de Toulouse Mag (groupe Dépêche du Midi), une petite équipe indépendante va lancer en novembre un nouveau magazine à Toulouse, opportunément dénommé Boudu. Une opération de crowdfunding est lancée pour financer ce projet.

Ça cale mal, mais ça se lit bien »

Une scop (« Editions 31 ») a été fondée par quatre associés, des journalistes qui se sont rencontrés il y a une quinzaine d’année à l’Ecole de Journalisme de Toulouse. Parmi les fondateurs, leurs associés et leur équipe, on retrouve des anciens de Toulouse Mag. Mais l’esprit est nouveau. L’équipe veut insufler au magazine tout ce que véhicule son nom : « Dans le midi toulousain, Boudu est une expression que l’on prononce sans même s’en rendre compte, à tout âge. C’est de la surprise, de l’émotion, de la stupéfaction. »

A l’image de ce court message vidéo de lancement et du slogan qui l’accompagne : « Ça cale mal mais ça se lit bien ! ».

Surprise, émotion et stupéfaction devraient donc être au menu de ce mensuel, attendu dans les kiosques début novembre. A l’heure d’internet et des formats courts et rapides, l’équipe du magazine prend le pari des formats longs, « des interviews fleuves », du travail d’enquête…

Pour assurer son indépendance et son développement (campagne de publicité, site internet, etc), le magazine lance une opération de financement participatif sur internet.

En ces temps difficiles pour la presse et particulièrement à Toulouse, nous souhaitons la bienvenue et surtout longue vie à Boudu !

FV

MISE A JOUR DU 16 OCTOBRE : après seulement trois jours de mise en ligne, l’équipe de Boudu a déjà atteint le premier palier de son appel de fonds auprès des internautes (8000 euros et plus de 120 participants). Mais l’opération de crowfunding continue pendant plus d’un mois avec de nouveaux paliers à atteindre qui permettront à l’équipe de ce nouveau magazine de se développer plus rapidement.