12 Oct

La télé locale de Toulouse attribuée à TV Sud

Sans surprise, le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) a sélectionné ce mercredi le dossier de TV Sud pour exploiter la fréquence TNT locale disponible à Toulouse depuis la disparition de TLT en juillet 2015. La chaîne compte BFM TV comme associée.

La régie de TV Sud à Montpellier (Photo : MaxPPP)

La régie de TV Sud à Montpellier (Photo : MaxPPP)

Le pseudo-suspens n’aura pas duré bien longtemps. TV Sud a été « sélectionnée » ce jour par le CSA pour monter sa version toulousaine de chaîne de télé locale. Une semaine après l’audition des patrons de la chaîne devant les sages de la tour Mirabeau, la décision est tombée.

Le dossier de TV Sud Toulouse a donc été « sélectionné » par les membres du CSA à la vitesse de l’éclair. Il faut dire qu’il n’y avait plus… qu’un seul candidat, BFM TV ayant retiré son propre dossier à la faveur d’une association dans celui de TV Sud à hauteur de 19,9 %  (via sa maison-mère le groupe d’Alain Weill, Next RadioTV). Un mariage de raison, dont nous avions expliqué ici même le déroulement, qui, d’après nos informations, avait été en partie soufflé aux deux concurrents par le CSA lui-même, pas mécontent de trouver un projet local soutenu par un groupe national. Le pire scénario aurait été de déclarer l’appel d’offres infructueux ou d’accorder l’autorisation à une chaîne aux reins financiers peu solides. Là, finalement, tout était décidé d’avance. Il ne restait plus qu’à conclure la procédure.

La procédure suit donc son cours, désormais sur un volet plus administratif : TV Sud doit fournir au CSA dans les semaines qui viennent des documents importants comme le contrat d’objectifs et de moyens (COM) avec le Conseil régional ou encore les termes de l’accord avec le financier des médias Bruno Ledoux ou de celui avec BFM TV. Dans la foulée, il faudra rédiger la convention d’autorisation d’exploitation de la fréquence signée entre le CSA et la chaîne.

TV Sud Toulouse va donc pouvoir passer à la phase active de son installation. Le patron Christophe Musset et son directeur de la rédaction et des programmes Jean Brun prévoient de recruter une quinzaine de personnes, majoritairement des journalistes. La grille sera en grande partie mutualisée, comme les services supports, avec les autres chaînes du groupe. TV Sud espère démarrer son antenne toulousaine au printemps 2017.

Sur le plan éditorial, Christophe Musset a affirmé devant le CSA que BFM TV n’aurait pas d’influence sur la ligne éditoriale de la chaîne. 

Fabrice Valéry (@fabvalery)

05 Oct

Associée à BFM, TV Sud veut une télé du « bien vivre ensemble » à Toulouse

Après le coup de théâtre du retrait du dossier de BFM TV qui entre finalement au capital de son ex-concurrent (à hauteur de 19,9 %), on en sait un peu plus sur l’unique projet de chaîne de télé locale pour Toulouse.

Les porteurs du projet de TV Sud devant le CSA (Photo : F . Valéry / France 3)

Les porteurs du projet de TV Sud devant le CSA (Photo : F . Valéry / France 3)

« Nous voulons mettre en place une télé du bien vivre ensemble, n’a cessé de marteler Christophe Musset, le patron de TV Sud, devant les sages du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel qui l’auditionnaient ce mercredi 5 octobre. Une chaîne qui aide à la compréhension de ce nouveau territoire qu’est la région Occitanie ». Le patron de TV Sud parle même de « servir ce territoire », des propos qui se rapprochent de ceux de la présidente PS de Région Carole Delga qui appelle de ses voeux une télé qui « mettent en valeur le territoire de la nouvelle région ».

Bruno Ledoux, le soutien de poids

Face au CSA, Christophe Musset était entouré par Jean Brun, le directeur des rédactions de TV Sud, Jean-Nicolas Baylet, le directeur général de La Dépêche du Midi (partenaire à 10 %) et le millionnaire Bruno Ledoux qui s’engage à prendre 25 % de la holding Médias du Sud (MDS) si le groupe remporte la fréquence de Toulouse, pour mettre en place un réseau régional puis national de télés locales.

Les porteurs du projet ont insisté sur le fait que la fréquence de Toulouse est « vitale » pour les autres télés locales du groupe. « Les autres chaînes du groupe ont besoin de Toulouse, et Toulouse aura besoin des autres chaînes ».

BFM n’aura pas d’influence sur l’éditorial

Sur le plan économique, le capital de TV Sud Toulouse sera constitué à 80,1 % par TV Sud Languedoc-Roussillon et 19,9 % par le groupe Next Radio TV (propriétaire de BFM TV) représenté par Alain Weill. L’accord avec BFM a été conclu lundi soir, soit quelques heures seulement avant les auditions publiques devant le CSA. Christophe Musset a indiqué que BFM TV n’aurait « pas d’influence sur l’éditorial ». 

Le groupe Dépêche du Midi reste à hauteur de 10 % du capital de TV Sud Languedoc-Roussillon. La nouvelle chaîne, si elle obtient l’autorisation du CSA, table sur l’apport d’argent public (par l’intermédiaire de Contrat d’objectifs et de moyens notamment avec la Région) à hauteur d’un tiers de ses ressources, au moins la première année.

JT, réactivité et télé-achat de produits régionaux

Quant aux programmes, TV Sud Toulouse prévoit un journal télévisé local de 10 minutes à 19h30 et des émissions locales mais surtout table sur une forte mutualisation de ses moyens et de ses programmes avec les autres chaînes existantes (à Nîmes, Montpellier et Toulouse) pour créer un réseau de télés locales en Occitanie. Elle prévoit aussi de prendre l’antenne à tout moment de la journée en cas d’actualité importante : faits-divers, intempéries, etc. Enfin, il existe un projet d’émission de télé-achat de produits régionaux.

15 personnes recrutées

15 personnes seraient recrutées à Toulouse. C’est moins que TLT avant sa disparition mais TV Sud dispose déjà d’une équipe de direction, de gestion, de diffusion technique, qui sera commune à toutes les chaînes. Il n’est pas exclu non plus de travailler avec les journalistes de La Dépêche du Midi qui fabrique déjà des reportages vidéos.

Après délibération du CSA, qui pourrait prendre entre 2 et 3 mois pour délibérer, et si les « sages » ne déclarent pas l’appel d’offres infructueux, TV Sud Toulouse pourrait démarrer à l’antenne fin mars 2017.

Fabrice Valéry (@fabvalery).

26 Sep

Télé locale à Toulouse : Bruno Ledoux, la botte secrète de TV Sud

Depuis que l’on connaît les deux dossiers candidats à la reprise de la fréquence hertzienne locale de Toulouse, TV Sud (groupe Médias du Sud) fait figure de « PME » face à BFM TV porté par le mastodonte Next-Radio/SFR/Numéricable. Mais un atout dans la manche de Christophe Musset change un peu la donne.

Bruno Ledoux (Photo : AFP)

Bruno Ledoux (Photo : AFP)

Dans le dossier remis par TV Sud au Conseil supérieur de l’audiovisuel, figure un courrier qui est loin d’être anodin. Une letter of intention (LOI) qui fait de son signataire, Bruno Ledoux, un partenaire de poids de TV Sud dans la course à la fréquence télé toulousaine.

Un des grands argentiers des médias

Bruno Ledoux est peu connu du grand public. C’est pourtant lui qui a sauvé le journal Libération de la faillite, un journal dont ce jeune quinquagénaire est depuis 2014 le président du conseil de surveillance et surtout l’actionnaire à 50 % (après l’avoir été à 100 %, mais ça on vous l’explique plus bas, ne ratez rien, c’est croustillant !). Bruno Ledoux, richissime industriel, est aussi collectionneur de tableaux et mécène d’artistes, propriétaire du golf de Saint-Tropez ou encore du château d’Ilbarritz au Pays Basque. Il est surtout très impliqué dans les médias (L’Express, L’Expansion, Le Nouvel Economiste, L’Etudiant…). Continuer la lecture

22 Sep

Des professionnels de l’audiovisuel s’engagent contre le projet de BFM TV à Toulouse

La riposte ne s’est pas faite attendre. Dix jours après la révélation sur ce blog de la candidature de BFM TV à l’appel du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) pour la fréquence de télé locale à Toulouse, une cinquantaine de professionnels de l’audiovisuel signent une charge contre le projet toulousain de la chaîne info.

Crédit photo : MaxPPP

Crédit photo : MaxPPP

Ils sont producteurs, réalisateurs, techniciens ou patrons de société de production : 50 signataires viennent d’adresser un courrier au président du CSA (avec copie au maire de Toulouse, à la présidente de la Région et au président du Conseil départemental) dans lequel ils « flinguent » BFM TV. Continuer la lecture

12 Sep

BFM TV est candidate à la télé locale de Toulouse

Crédit photo : MaxPPP

Crédit photo : MaxPPP

INFO LE BLOG MEDIAS D’ICI – C’est la surprise du jour. Alors que Médias du Sud (MDS) et sa chaîne TVSud semblaient être les seuls à avoir déposé un dossier auprès du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) pour reprendre la fréquence TNT disponible à Toulouse depuis la disparition de TLT, on a appris ce lundi 12 septembre qu’un deuxième opérateur avait candidater et pas des moindres : BFM TV ! Cette information devrait être confirmée dans les heures qui viennent, le CSA se réunissant en séance plénière mercredi 14 pour arrêter la liste officielle des candidats. Continuer la lecture

11 Jan

Journalistes, soyons à la hauteur !

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Je ne sais pas vous mais moi je me dis que malgré le malheur qui a frappé des dizaines de familles cette semaine, les journalistes ont une occasion inédite de redorer leur blason auprès des Français et de prendre le temps de réfléchir à leurs pratiques professionnelles. Mais serons-nous à la hauteur de cet enjeu ?

Parce que les terroristes s’en sont pris à des journalistes, des caricaturistes (et nous n’oublions pas les policiers et les juifs victimes de ces attentats), la France a vécu ces derniers jours un sursaut incroyable en faveur de la liberté de la presse, de la liberté d’expression.

Pourtant, les Français n’aiment pas les journalistes. Année après année, des sondages nous indiquent qu’ils ne font pas confiance à la presse. Les symptômes différent d’un avis à l’autre : trop dépendants de leurs actionnaires, trop proches des politiques, trop imprudents, trop ceci ou pas assez cela… Mais la maladie est la même : une faible confiance dans les grands médias traditionnels (lire ci-dessous le baromètre 2014 TNS-Sofres) qui s’accélère avec l’accès de nos concitoyens à des sources d’informations sans intermédiaires via notamment les réseaux sociaux.

Alors que peuvent apporter les journalistes ? L’information n’a d’intérêt que lorsqu’elle est contextualisée, expliquée. Dans une période de crise comme celle que nous venons de vivre, l’information brute, voire parcellaire, peut être diffusée, mais avec une grande prudence.

Tout va vite, parfois trop vite. Cette semaine, nous avons vu du bien et du moins bien. Audrey Goutard, journaliste spécialisée police-justice de France 2 incarne à mon sens le journalisme responsable. Pendant des heures d’antenne sur le plateau de la chaîne, cette journaliste très informée n’a cessé d’être en relation avec ses sources policières. Mais jamais les infos qu’elle a données à l’antenne n’ont mis en danger la vie des otages ou n’ont pu livrer des données essentielles des enquêtes aux terroristes qui auraient pu s’en servir.

La journaliste Audrey Goutard de France 2

La journaliste Audrey Goutard de France 2

Bien d’autres médias et journalistes ont continué cette semaine, malgré l’émotion, malgré le stress et l’incroyable et tragique feuilleton à rebondissements, à faire leur travail consciencieusement, c’est à dire littéralement : avec conscience.

Mais dans la course à l’info, certains médias ont aussi déversé un flot d’informations, parfois invérifiables et quelquefois dangereuses pour des vies humaines. Certes il n’y a eu aucun dérapage grave mais la profession ne s’est pas forcément grandi de ces attitudes irresponsables.

Pourtant, jamais les Français, assommés par la tuerie de Charlie Hebdo, ne se sont sentis aussi proches de la presse, de leur presse. Alors, soyons à la hauteur.

Les journalistes français ont là une occasion unique de réfléchir à l’exercice de leur métier. De se rapprocher aussi de la population, de ces centaines de milliers de Français qui sont descendus dans la rue. Il faudra pour cela abandonner le sensationnalisme, expliquer notre travail à nos lecteurs/auditeurs/téléspectateurs, assumer nos choix rédactionnels (dire par exemple haut et fort qu’une rédaction a choisi de ne pas traiter tel ou tel sujet), ne plus regarder les chiffres d’audience…

Sans doute ne serons-nous pas totalement à la hauteur, mais si nous progressons, même un peu, individuellement dans nos pratiques et collectivement dans nos choix éditoriaux, alors tout n’aura pas été perdu.

Je ne crois pas que les journalistes et dessinateurs de Charlie Hebdo auraient aimé ces vagues d’hommages et ces mobilisations populaires en leur honneur. Mais ils auraient sans doute souri de savoir que leur journal, financièrement mal en point et qui ne respectait rien ni personne, soit devenu brutalement le symbole mondial de la liberté d’expression, d’opinion et de la liberté de la presse. Et pourquoi pas, l’objet d’un rapprochement entre les Français et leurs journalistes.

FV

22 Nov

Le correspondant de BFM à Toulouse cible d’un projectile en direct pendant la manifestation anti-Sivens

Lors de la manifestation anti-sivens et contre les violences policières à Toulouse, le journaliste Jean-Wilfried Forquès, correspondant sur place de la chaîne d’info en continu BFM, a reçu en direct un projectile sans toutefois être blessé.

Le journaliste que nous avons contacté a indiqué ne pas avoir été blessé par le projectile dont il ignore la nature. En revanche, peu avant ce direct, vers 17h35, il a « esquivé » un autre projectile.

Au cours des différentes manifestations qui se sont déroulées à Toulouse depuis le décès de Rémi Fraisse sur le site de Sivens le 26 octobre, plusieurs journalistes ont été pris à partie ou cible de projectiles lancés par des manifestants. Parallèlement, certains journalistes sont parfois bousculés ou même molestés par les forces de l’ordre alors qu’ils font simplement leur travail.