16 Fév

« Dis-leur ! », le nouveau média contre la « bfmisation des esprits » en Occitanie

Deux anciens journalistes de Midi-Libre ont créé le site « Dis-leur ! » qui propose une info détachée de l’actualité en Occitanie. A découvrir.

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C’est une info qui veut prendre son temps et lutter contre la « bfmisation des esprits » comme en plaisante l’un des deux créateurs. Philippe Mouret et Olivier Schlama sont deux anciens journalistes de Midi-Libre, qui ont quitté le journal après son rachat par Jean-Michel Baylet et La Dépêche du Midi. « En tant que journaliste politique, je n’étais pas à l’aise dans un journal dirigé par un ministre« , explique Philippe Mouret. 

Surtout, les deux journalistes avaient envie de traiter l’information autrement, « d’aborder d’autres sujets que ceux que la presse traditionnelle publie en permanence ».

D’où l’idée de « Dis-leur ! », un titre retenu pour son homophonie avec « dealer », car « les journalistes sont des dealers d’infos ». Le site est d’ailleurs espièglement sous-titré « votre dose d’info en Occitanie » !

Installé sur la couveuse de jeunes entreprises du Grand Biterrois, le nouveau site régional d’info a vu le jour mardi 14 février, jour de la Saint-Valentin.

« On ne s’interdit rien, explique Philippe Mouret, mais on ne traitera les faits-divers ou le sport que s’ils ont un sens en matière de faits de société ». Pour son lancement Dis-leur ! propose par exemple des articles sur la chocolatine, sur les difficultés de circuler en train dans la région, ou encore une interview de Cécile Bois, la comédienne de la série Candice Renoir qui se déroule à Sète (dont sont originaires les deux créateurs du site).

En projet : des longs dossiers, des enquêtes, des échanges avec des blogueurs, l’apport de chroniqueurs et même une interactivité avec les lecteurs. « Régulièrement nous proposerons des sujets d’articles ou de dossiers et ce sont les lecteurs qui choisiront ceux que nous réaliserons. Ils pourront même proposer des idées d’articles ».

FV (@fabvalery)

14 Fév

Le journal tarnais « La Montagne Noire » renaît grâce notamment à Laurent Cabrol et Wendy Bouchard

Des Mazamétains ne se sont pas satisfaits de la disparition en décembre du journal fondé en 1904. Réunis en association avec à leur tête le dessinateur et animateur Claude Ferran, ils vont faire reparaître le journal début mars avec notamment les coups de main de Wendy Bouchard et Laurent Cabrol.

La future une de La Montagne Noire nouvelle formule (Photo : E. Wat / France 3)

La future une de La Montagne Noire nouvelle formule (Photo : E. Wat / France 3)

« La Montagne Noire » n’est pas morte. Elle bouge encore. Le journal bi-hebdomadaire du pays mazamétain, fondé en 1904, avait mis la clé sous la porte en décembre dernier. Une liquidation judiciaire qui entraînait la disparition du titre, successeur du « Petit Cévennol » et ancien « plus petit quotidien de France ».

Sous l’impulsion du dessinateur (de l’Almanach Vermot notamment) et animateur (Radio 100 % et ex-Sud Radio) Claude Ferran, qui préside l’association, huit personnalités de Mazamet ont décidé de faire revivre le titre.

Le journal ne changera pas »

« Nous avons tous mis de notre poche, explique Claude Ferran, mais notre association est sans but lucratif. Le seul objectif est de refaire vivre le journal. Nous nous y employons chaque jour depuis un mois ».

L’objectif est de faire reparaître « La Montagne Noire » début mars. Avec de sérieux coups de pouce : l’animateur météo d’Europe 1, le Mazamétain Laurent Cabrol (qui préside déjà le club de rugby le Sporting Club Mazamétain) participera bénévolement ainsi que sa collègue Wendy Bouchard également co-animatrice de l’émission « Même le Dimanche » avec Dave sur France 3.

Wendy Bouchard (photo : MaxPPP)

Wendy Bouchard (photo : MaxPPP)

« Je serai une sorte de rédactrice en chef adjointe bénévole, a expliqué la Tarnaise d’adoption, et j’enverrai au journal des petits articles parisiens ».

Si tout se passe comme prévu « La Montagne Noire » n’aura donc connu que deux mois d’interruption. Les Mazamétains vont enfin retrouver leur journal. « Il ne changera pas » assure Claude Ferran.

FV (@fabvalery)

13 Fév

Inondée, la radio Campus FM Toulouse ne peut plus émettre

Les locaux de la radio étudiante, situés dans le centre-ville de Toulouse, ont été totalement inondés ce lundi matin après la rupture d’une canalisation sur un chantier.

(Photo : Campus FM)

(Photo : Campus FM)

Campus FM Toulouse se souviendra longtemps de ce lundi 13 février, journée mondiale… de la radio !  Après une inondation accidentelle de ses locaux situés rue des Lois, dans le centre-ville de Toulouse, la radio universitaire toulousaine est contrainte au silence.

Ce lundi matin, un engin de chantier a percé une canalisation et les locaux de la radio qui émet sur 94 Mhz, situés en sous-sol, ont été totalement dévastés.

En début d’après-midi, les pompiers ont pompé l’eau situé dans les locaux de la radio. Plusieurs auditeurs se sont proposés sur les réseaux sociaux pour donner un coup de main. Mais une partie du matériel a été endommagé. La radio ne peut pas encore précisé quand elle reprendra ses émissions. Elle est à la recherche de nouveaux locaux.

FV (@fabvalery)

08 Fév

Le livre du journaliste Stéphane Thépot sur les paysans de l’Aveyron : un hymne à la résistance

Le journaliste toulousain publie le livre « Racines choisies, les paysans résistent ». « Non, les paysans ne sont pas morts. En Aveyron, comme ailleurs, ils (se) bougent encore » écrit l’auteur.

Le marché aux bestiaux de Laissac (Photo : MaxPPP)

Le marché aux bestiaux de Laissac (Photo : MaxPPP)

C’est un petit bouquin qui se lit comme on suivrait un reportage. Les déambulations d’un journaliste, bottes en plastique aux pieds, qui du Larzac à l’Aubrac, « laboure » les terres du Rouergue à la rencontre des paysans, croisant José Bové ou la veuve du syndicaliste agricole Raymond Lacombe, frappant sur la croupe des vaches Aubrac ou discutant avec les agriculteurs, les coudes posés sur la table. Ça sent le pain de campagne, l’étable et la sincérité. 

N’imaginez pas Stéphane Thépot, journaliste toulousain (qui travaille ou a travaillé pour Le Monde, Le Point, L’Express, La Croix...), comme un urbain lâché dans la campagne, un peu dégoûté de salir ses souliers ! Non, l’auteur a débuté sa carrière de journaliste dans les années 80 à La Volonté Paysanne, l’hebdomadaire agricole de l’Aveyron. Dans ces terres parfois hostiles et toujours résistantes, il a alors croisé le jeune José Bové (qui n’avait pas encore démonté le McDo de Millau), le puissant Raymond Lacombe et toute une cohorte de paysans aveyronnais qui, pour certains, s’interrogeaient (déjà) sur l’avenir du monde rural et de la paysannerie.

9791031200804_1_75Trente ans plus tard, les questions se posent toujours. Les urbains rejettent la mal-bouffe, redemandent des produits de qualité, de proximité. Mais les paysans sont moins nombreux, plus âgés, fatigués.

Stéphane Thépot part à la rencontre de ces figures, des anonymes, des jeunes, des vieux, des femmes et les interrogent sur le monde qui les entoure, leurs échecs, leurs espoirs. Son livre-reportage se lit finalement comme un roman. Avec des personnages aux faces burinés, aux idées bien arrêtées. Des paysans. Des vrais.

FV (@fabvalery)

« Racines choisies, les paysans résistent »

par Stéphane Thépot

Atelier Henry Dougier (collection Le changement est dans l’R) 12 euros. 

 

07 Fév

Le site d’investigation « Médiacités » débarque en mai à Toulouse

En constante mutation depuis plusieurs années, le paysage médiatique toulousain va s’enrichir d’un nouveau venu. Comme nous vous l’annoncions sur ce blog dès septembre dernier, « Médiacités », le nouveau site d’infos exclusivement consacré à l’enquête et à l’investigation s’installe à Toulouse en mai 2017.

L'équipe de Médiacités lors du lancement à Lille.

L’équipe de Médiacités lors du lancement à Lille.

Une enquête fouillée, une révélation chaque semaine c’est l’ambition de « Médiacités », le nouveau média d’investigation lancé en région par une équipe de 7 co-fondateurs, pour la plupart des anciens de L’Express-L’Expansion. Le site, qui a vu le jour le 1er décembre à Lille, est en cours de développement dans plusieurs grandes métropoles : Lyon (en avril), Toulouse (en mai) et Nantes (en mai ou juin).

Mi-2017, les lecteurs toulousains vont donc pouvoir découvrir ce nouveau média qui veut revaloriser le travail d’enquête journalistique en région à travers « les coulisses, l’envers de la ville dans laquelle vivent nos lecteurs », explique Jacques Trentesaux, l’un des fondateurs.

A Toulouse, « la machine est enclenchée »

A Toulouse, comme ailleurs, Médiacités, surnommé sur ce blog « le médiapart local », veut, en toute indépendance, publier au moins une enquête par semaine. Tous les sujets sont concernés : politique, sport, économie, culture, etc. Pour cela, l’équipe a commencé à constituer à Toulouse une escouade de 12 à 15 pigistes, journalistes aguerris, connaissant bien le terrain, parfois spécialistes de l’enquête. « Ce sont des journalistes que nous sélectionnons pour leurs qualités d’enquêteurs, explique l’un des co-fondateurs Sylvain Morvan, mais nous n’excluons pas non plus de travailler en partenariat avec d’autres médias. Ce qui nous intéresse c’est d’enquêter au coeur des pouvoirs locaux. A Toulouse, ça y est, la machine est lancée ». 

L’investigation sans concession

En deux mois d’existence à Lille, le site a déjà révélé plusieurs infos : la centrale nucléaire de Gravelines, le maire de Valenciennes, le Grand Stade de Lille, les #footballleaks à propos du nouveau patron du LOSC (en collaboration avec Médiapart et France 3 Hauts-de-France) sont déjà accrochés à son tableau de chasse !

Pour vous faire une idée du travail de Médiacités, consultez le site, pour l’instant uniquement consacré à des articles sur Lille et sa région : l’abonnement est (pour le moment) gratuit (mais on peut souscrire un abonnement de soutien). Dans quelques semaines, l’abonnement de base devrait fixé autour de 6 euros/mois.

Un média indépendant sur abonnement

Un choix du payant qui est aussi une garantie d’indépendance : pas de pub, pas de subvention de mairies ou d’institutionnels. Le site reçoit uniquement une aide à la presse en ligne délivrée par le ministère de la culture. A Toulouse, comme dans les autres villes, les fondateurs tablent sur 3000 abonnés pour être à l’équilibre et assurer un bon niveau de rémunération des pigistes.

Après le lancement de Lille et avant ceux de Lyon, Toulouse et Nantes, Médiacités va se lancer dans une opération de crowdfunding. « C’est essentiel pour nous de faire savoir que nous existons, souligne Jacques Trentesaux. Aujourd’hui nous vivons sur le bouche à oreille et quelques articles dans la presse. Le 1er mars nous lançons une opération de financement participatif grâce à laquelle nous espérons attirer des lecteurs mais aussi lever des fonds pour lancer notre plan marketing ».

Les Toulousains avides d’enquêtes journalistiques

« Ce sont les Toulousains qui se sont montrés les plus intéressés, explique Sylvain Morvan, quand nous avons lancé notre enquête en ligne dans les 4 villes, pour connaître les attentes des lecteurs. Toulouse est mûre pour ce projet. On sent qu’ici ça piaffe d’impatience ».

Il faudra donc attendre encore un peu. Médiacités Toulouse, c’est pour mai 2017.

FV (@fabvalery)

06 Fév

Auch, Albi, Rodez, Montauban : France Bleu Toulouse va étendre sa zone de diffusion

Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) a donné son feu vert à l’extension du réseau de diffusion de France Bleu Toulouse sur les départements du Tarn, du Lot, du Gers, du Tarn-et-Garonne, de l’Ariège et de l’Aveyron.

(Photo : Christophe ABRAMOWTZ)

(Photo : Christophe ABRAMOWTZ)

Le réseau France Bleu va s’étendre en Occitanie. Le ministère de la culture et de la communication a obtenu en décembre dernier le feu vert du CSA pour étendre les émissions de France Bleu Toulouse à 12 villes de l’ex-région Midi-PyrénéesAlbi, Auch, Cahors, Carmaux, Castres, Figeac, Mazamet, Montauban, Pamiers, Rodez, Saint-Gaudens, Villefranche-de-Rouergue. En outre, c’est France Bleu Béarn qui pourra, c’est aussi une nouveauté, émettre sur Tarbes et Lourdes. Au niveau de la région Occitanie, France Bleu est déjà présente à Montpellier (France Bleu Hérault), Perpignan (France-Bleu Roussillon) et Nîmes/Mende (France Bleu Gard-Lozère).

« Très heureux »

« La seule chose que je peux dire actuellement, c’est que je suis très heureux de cette décision ». Pierre Galibert, directeur de France Bleu Toulouse n’en dira pas plus. Le dossier est géré au plus haut-niveau du groupe Radio-France et surtout, le chantier s’ouvre seulement maintenant.

A Toulouse, la radio publique est actuellement diffusée sur l’aire urbaine depuis sa (re)naissance en 2011 mais Radio France et son PDG Mathieu Gallet souhaitent éviter les « zones blanches ». France Bleu Toulouse devra donc se réorganiser au niveau de l’antenne et de ses implantations. Ouverture de bureaux locaux dans les départements, changement de ligne éditoriale pour l’info et pour les programmes ? Rien n’est encore officiel même si on se doute que Radio France ne peut pas se contenter de diffuser en Aveyron ou dans le Lot, une radio actuellement très toulousaine et très urbaine.

Longtemps dans l’ombre de Sud Radio

Historiquement, France Bleu, le réseau local de Radio France, n’a jamais été très implantée en Midi-Pyrénées, face, à l’époque, à la toute puissance de Sud Radio, ex-« radio du grand sud ». Mais Sud Radio est aujourd’hui en cours de déménagement de Toulouse à Paris et son propriétaire (le groupe Fiducial Médias) veut en faire une radio nationale. Les auditeurs (comme la nature) ayant horreur du vide (SIC), des réseaux privés se sont développés au fil du temps notamment dans le nord de la région (Radio Totem, 100 % Radio, etc).

France Bleu va donc désormais tenter de reprendre ces territoires et ces parts d’audience en conquérant des auditeurs dans ces « nouveaux » départements. Mais aucune date n’est encore avancée pour cette régionalisation de la radio locale.

FV (@fabvalery)

03 Fév

La future chaîne TV Sud Toulouse va recevoir 1,5 million d’euros de la Région

La commission permanente du Conseil régional d’Occitanie a approuvé vendredi 3 février le contrat d’objectifs et de moyens (COM) avec TV Sud qui lance une nouvelle antenne locale à Toulouse le 31 mai. 1,5 millions d’euros seront versés sur l’exercice 2017-2019.

La régie de TV Sud à Montpellier (Photo : MaxPPP)

La régie de TV Sud à Montpellier (Photo : MaxPPP)

De longues semaines qu’il attend ça. Le patron de Médias du Sud, maison-mère de TV Sud, Christophe Musset, a reçu ce vendredi un feu vert financier du Conseil régional d’Occitanie qui s’est engagé à verser 1,5 millions d’euros entre 2017 et 2019. Le Contrat d’Objectifs et de Moyens (COM) entre la chaîne locale et la Région a été approuvé ce vendredi par la Commission permanente du Conseil régional.

Bonne semaine pour TV Sud qui a aussi reçu le feu vert officiel du CSA pour la fréquence de Toulouse, laissée libre par la disparition de TLT en juillet 2015. Les « sages » de l’audiovisuel ont ratifié le projet de convention entre les deux parties.

Sans surprise, puisque que le CSA avait déjà fait connaître son choix en octobre dernier. Un choix pas très difficile à faire, TV Sud étant seule candidate après le retrait de BFM TV, qui avait préféré entré au capital du projet de son adversaire ! Mais il restait à obtenir l’argent de la région !

De longues discussions

Pendant des semaines, d’après nos informations, les dirigeants de TV Sud ont négocié avec le Conseil régional la signature du Contrat d’objectifs et de moyens (COM) et ses termes financiers et d’engagement en matière de programmes. Un financement impératif pour que le CSA accepte de signer la convention. Et d’après nos informations, ces négociations n’ont pas été faciles.

Au sein même de la majorité du Conseil Régional d’Occitanie, les points de vue divergeaient autour du versement de sommes importantes à une chaîne privée. Certains élus, qui auraient bien vu un rapprochement avec France 3, renaclaient à signer le chèque. TV Sud et ses antennes de Nîmes, Montpellier et Perpignan étaient déjà sous contrat avec l’ex-région Languedoc-Roussillon. Il fallait donc intégrer le projet toulousain dans les négociations.

500 000 euros par an

Finalement, l’accord a été décroché et la Région versera 500 000 euros par an à TV Sud Toulouse, soit un peu moins de 50 % de son budget prévisionnel (1,2 millions en 2017) ! Cette somme correspond à ce que l’ancien conseil régional Midi-Pyrénées avait versé à feue TLT (avec trois versements de 500 000 euros sur les 3 derniers exercices de la chaîne avant sa disparition en juillet 2015). En comparaison, la Région verse 200 000 euros par an à TV Perpignan.

Le patron du groupe Médias du Sud (qui est aussi associé dans le projet à La Dépêche du Midi, minoritaire) Christophe Musset précise qu’il lui faudra trouver d’autres financement, l’objectif étant de passer à 2 millions d’euros de budget en 2018.

Les élus régionaux ont en quelque sorte « payer pour voir », charge pour TV Sud d’être à la hauteur des espérances de la Région, notamment en matière de promotion du nouveau territoire régional, pour revenir à la table des négociations pour les années suivantes.

L’équipe de TV Sud peut maintenant continuer son travail pour l’installation de la nouvelle chaîne toulousaine, avec le recrutement de journalistes, une dizaine de « city-reporters » qui vont sillonner Toulouse et réaliser chaque jour un journal d’une dizaine de minutes diffusé à 19h30.

Une chaîne régionale privée, avec des fonds publics

Située dans la capitale de la région, TV Sud Toulouse devrait rapidement devenir le « navire-amiral » de TV Sud, qui exploite déjà les chaînes locales de Nîmes, Perpignan et Montpellier. Une mutualisation des moyens, y compris de diffusion, est prévue dès le lancement. Quant aux programmes, ils devraient également être rapidement mis en commun pour que les 4 chaînes de TV en Occitanie forment une nouvelle télé régionale. Répondant ainsi au voeu de Carole Delga qui avait appelé de ses voeux un média audiovisuel à l’échelle de la région, capable de promouvoir le nouveau périmètre régional. Quant à la mairie de Toulouse, elle est, contrairement à TLT, totalement absente du projet. Un souhait de Jean-Luc Moudenc qui a laissé le champ libre à Carole Delga.

Lancement attendu de TV Sud Toulouse le 31 mai, juste avant les élections législatives.

FV (@fabvalery)

02 Fév

Quand le « Décodex » du Monde confond deux sites d’infos toulousains

Le fact-cheking est un travail difficile. Le nouveau moteur de vérification des sites d’infos « Décodex » lancé par le journal Le Monde a confondu deux sites d’infos toulousains. Fack-cheking du fact-cheking.

Capture d'écran du Monde.fr

Capture d’écran du Monde.fr

Aïe ! Petit bug pour Décodex. Le tout nouveau moteur de vérification d’infos lancé par Le Monde.fr est tombé dans le piège des sites d’infos toulousains.

En effet, le moteur ne fait pas la différence entre Toulouse Infos, un site journalistique d’informations sur la ville de Toulouse et la métropole, et Infos Toulouse, un site de « réinformation » proche de l’extrême-droite dont nous avions parlé sur ce blog, lancé en 2016 par des auteurs qui ne se revendiquent pas journalistes et réécrivent l’information locale. Même Le Monde en avait parlé dans un article sur les « vrais-faux sites d’infos locales des militants identitaires ».

Or, quand on tape « Infos Toulouse » dans le moteur Décodex du Monde, on aboutit au site www.toulouseinfos.fr référencé par les décodeurs du Monde comme non-fiable avec la mention suivante :

Notre avis :

Ce site diffuse régulièrement de fausses informations ou des articles trompeurs. Restez vigilant et cherchez d’autres sources plus fiables. Si possible, remontez à l’origine de l’information ».

Il s’agit évidemment d’une erreur le site Toulouse Infos diffusant des informations fiables. Mais cela illustre ce que nous écrivions ici il y a quelques mois : en choisissant un nom proche de celui d’un site existant et respecté, les créateurs de Infos Toulouse introduisent de la confusion. Et même les décodeurs du Monde sont tombés dedans ! CQFD.

Après la parution de l’article de ce blog, Le Monde s’est engagé à corriger son Décodex. Ce qui était fait en fin de matinée jeudi.

FV (@fabvalery)

31 Jan

Aides à la presse : qui a touché les 3,7 millions distribués en 2015 en Occitanie ?

Le ministère de la Culture et de la Communication a publié la liste des 326 titres de presse écrite qui ont touché des aides publiques en 2015. Au total, 77 millions d’euros dont 3,7 millions d’euros en Occitanie dont, du fait du rachat de Midi Libre et consorts, 96 % ont été versés au groupe Dépêche du Midi.

(Photo : MaxPPP)

(Photo : MaxPPP)

Après son rachat des Journaux du Midi, le groupe La Dépêche du Midi truste 96 % des aides publiques à la presse en Occitanie selon les chiffres 2015 publiés en janvier 2017 par le ministère de la Culture et de la Communication. Le groupe a en effet touché 3 593 977 euros cette année-là sur les 3 743 314 euros distribués par l’Etat dans la région (il est ici pris en compte la totalité des aides de l’année 2015, le rachat des journaux du midi par le groupe Dépêche étant effectif en juin 2015).

Les aides publiques aux différents titres du groupe Dépêche du Midi se décomposent de la manière suivante :

  • La Dépêche du Midi est le 8ème titre le plus aidé en France avec 1 656 519 euros versés en 2015 (821 050 au titre de l’aide au portage et 835 469 euros pour l’aide à la modernisation sociale, un doux euphémisme concernant la prise en charge financière des salariés relevant des conventions collectives et cessant leur activité). Cela représente selon les calculs de l’Etat une aide de 0,03 euro par exemplaire (un peu plus de 150 000 exemplaires/jour). En comparaison, l’aide de l’Etat au numéro est de 0,02 euro pour Ouest-France et 1 centime pour le quotidien régional Sud-Ouest. 
  • Midi-Libre a reçu 609 837 euros soit 1 centime à l’exemplaire.
  • Centre-Presse Aveyron a touché 590 092 euros dont 84 000 euros au titre du pluralisme soit 10 centimes du numéro.
  • La Nouvelle République des Pyrénées a reçu 348 669 euros (11 centimes l’exemplaire)
  • L’Indépendant : 140 737 euros soit 1 centime au numéro
  • Il faut ajouter Le Petit Bleu d’Agen et du Lot-et-Garonne, propriété du groupe mais édité hors région Occitanie : 248 123 euros soit 10 centimes par exemplaire.

18 autres titres de notre région sont aidés par l’Etat, mais à eux tous ils n’ont donc reçu que 149 337 euros en 2015 (soit une moyenne de 8 300 euros environ). Les titres aidés sont les suivants ; il s’agit principalement de petites publications locales ou départementales qui touchent donc des aides au titre du pluralisme :

  • Le Petit Journal (Tarn et Garonne, Ariège, PO etc) : 37 467 euros dont 29 416 au titre du pluralisme.
  • La Gazette de Montpellier : 23 246 euros au titre du pluralisme
  • Le Tarn Libre : 9 634 euros au titre du pluralisme
  • La Lozère nouvelle : 9451 euros au titre du pluralisme
  • La Gazette de Nîmes : 8082 euros au titre du pluralisme
  • Le Journal de Millau : 7691 euros au titre du pluralisme
  • La semaine des Pyrénées : 6791 euros au titre du pluralisme
  • La Croix du Midi/ Voix du Gers (etc) : 6382 euros au titre du pluralisme
  • La Gazette Ariégeoise : 5028 euros au titre du pluralisme
  • L’Opinion indépendante : 4501 euros au titre du pluralisme
  • Le Réveil du Midi : 4 458 euros au titre du pluralisme
  • L’Essor Bigourdan : 4140 euros au titre du pluralisme
  • Le Républicain d’Uzès et du Gard : 3830 euros au titre du pluralisme
  • L’Hebdo (Rodez) : 3674 euros au titre du pluralisme
  • L’Hebdo de l’Ardèche : 3674 euros au titre du pluralisme
  • Le Journal Toulousain : 3674 euros au titre du pluralisme
  • Le progrès Saint-Affricain : 3674 euros au titre du pluralisme
  • La semaine du Minervois : 3674 euros au titre du pluralisme
  • Le Bulletin d’Espalion : 2940 euros au titre du pluralisme

A noter qu’en 2016, le gouvernement a adopté la réforme des aides à la presse avec notamment la création  d’un fonds de soutien à l’émergence et à l’innovation dans la presse.

Les aides publiques à la presse sont régulièrement sous le feu des critiques en France, les journaux indépendants reprochant à l’Etat « d’arroser » les plus gros. En 2015, les 10 titres qui ont touché le plus d’aides au niveau national sont :

  1. Aujourd’hui en France/Le Parisien : 7,7 millions d’euros (0,15 euros par exemplaire)
  2. Libération : 6,5 millions (23 centimes par exemplaire)
  3. Le Figaro : 6,5 millions (7 centimes)
  4. Le Monde : 5,4 millions (6 centimes)
  5. La Croix : 4,4 millions (14 centimes)
  6. Ouest-France : 4,1 millions (2 centimes)
  7. L’Humanité : 3,6 millions (36 centimes, un record)
  8. La Dépêche du Midi (voir plus haut)
  9. Les Echos : 1,6 million (5 centimes)
  10. Le Progrès : 1,6 millions (2 centimes)

FV (@fabvalery)

30 Jan

La Dépêche du Midi a-t-elle basculé du côté d’Emmanuel Macron ?

Dès le lendemain de la primaire de la gauche, le journal régional, propriété de la famille Baylet, s’affiche Macron-compatible. Comme le PRG ?

La une de La Dépêche du Midi de ce 30 janvier.

La une de La Dépêche du Midi de ce 30 janvier.

Le gros titre « Géant » barre ce lundi matin la une de La Dépêche du Midi sur une photo qui prend presque toute la largeur de la une. De qui parle donc ainsi La Dépêche du Midi ? Du score de Benoît Hamon large vainqueur de la primaire de la gauche ? Non, il s’agit de… handball et du sixième titre de champion du monde de l’équipe de France.

Sur la une du journal, le résultat de la primaire est repoussé dans la manchette… à droite ! Etonnant pour un journal historiquement engagé à gauche.

Valls plus que Hamon…

C’est en pages intérieures que l’on comprend mieux : la primaire s’étale bien sur les 4 premières pages mais c’est le traitement de cette information qui tranche. « Manuel Valls avait la lourde tâche d’endosser le bilan de François Hollande » ; selon le journal l’ancien premier ministre n’est pas sur la touche après sa défaite mais va « recomposer la gauche » ; d’ailleurs « en Occitanie, Valls résiste mieux à Hamon ».

Toujours proche de la gauche et des différents candidats socialistes à la présidentielle (Mitterrand pendant des décennies, Jospin, Hollande), le journal ne se range clairement pas cette fois derrière Benoît Hamon.

Il faut dire que le propriétaire de La Dépêche du Midi, Jean-Michel Baylet, ministre du gouvernement Cazeneuve nommé par François Hollande l’an passé dans l’équipe de Manuel Valls, avait choisi de le soutenir, tout comme Sylvia Pinel, qui lui a succédé à la tête du PRG et s’est rangée derrière Manuel Valls au soir du premier tour de la primaire.

…et Macron plutôt que « l’utopie »

Valls éliminé, Hamon trop à gauche, La Dépêche du Midi semble avoir choisi « le trublion qui monte » : Emmanuel Macron ! Il faut pour comprendre cela lire l’éditorial de Jean-Claude Souléry. Intitulé « Regardez ailleurs ? »

A bien y regarder, il arrive qu’un bel utopiste ressemble de bonne foi à un sacré illusionniste (…) Que nous promet en effet le candidat socialiste ? Bientôt la fin du travail et le revenu pour tous ! Bientôt la distribution générale dans un monde contemplatif où, à la sueur des robots, l’homme n’aurait plus qu’à cueillir les fruits de son non-travail ! Ce n’est pas exactement le propos de Benoît Hamon. Mais presque.

L’éditorialiste indique que « dans un contexte aussi défavorable à la gauche, Manuel Valls aurait limité la casse (…) Du coup, le PS s’en va camper résolument à gauche, beaucoup plus à gauche que son électorat réel ».

Le journal suggère donc de « regarder ailleurs » : « Ceux qui, désormais, veulent se tourner vers le « progressisme » d’Emmanuel Macron expriment en quelque sorte le fameux « désirs d’avenir » cher à Ségolène Royal ».

Car, franchement -et ce n’est pas leur faire offense-, ni Benoît Hamon ni Jean-Luc Mélenchon ne peuvent aujourd’hui rêver de victoire finale. Alors, demain, Macron ?

La Dépêche du Midi, premier titre de la presse quotidienne régionale à s’engager derrière Emmanuel Macron ?

FV (@fabvalery)

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