21 Juin

TV Sud à Toulouse le 28 septembre en mode chaîne info régionale et avec un « gros » casting

EXCLUSIF – Prévu fin mai et reporté une première fois, le lancement de la télé locale de Toulouse n’aura lieu que fin septembre. Surtout, le modèle des 4 chaînes de Médias du Sud en Occitanie va changer. Et de grands noms sont annoncés sur l’antenne. Révélations et explications.

TELEVISION

C’est un peu reculer pour mieux sauter. Prévu le 31 mai, le lancement de la nouvelle chaîne locale de Toulouse reportée une première fois avant l’été (pour des raisons techniques) est finalement de nouveau repoussé, cette fois, selon nos informations, au 28 septembre. Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) devrait valider la demande de report présentée par la chaîne. TV Sud aurait sans doute pu démarrer à Toulouse au coeur de l’été mais a préféré attendre la rentrée, d’autant que cet événement va servir de point d’ancrage à une révolution dans le mode de fonctionnement des 4 chaînes locale du groupe.

Une seule grille pour une chaîne d’info régionale

Comme nous vous l’avions expliqué à de nombreuses reprises sur ce blog, le rêve de Christophe Musset, patron de Médias du Sud, est de fédérer les chaînes locales en réseau sur le principe du « on est plus forts ensemble que chacun de son côté ». Ce rêve va d’abord se réaliser régionalement dès septembre : dès le 28 septembre, d’après nos informations, ce ne sont pas 4 grilles locales différentes (Nîmes, Montpellier, Perpignan et Toulouse) mais une seule grille de programmes avec un décrochage local d’une heure.

Et surtout c’est l’ADN de TV Sud qui va changer : désormais il s’agira d’une chaîne info régionale, avec des journaux récurrents tout au long de la journée et des « breaking news » en cas de forte actualité. Mais les dirigeants de TV Sud ne veulent pas de voir coller une étiquette « BFM TV » (même si BFM fait partie du capital de la future chaîne à Toulouse) : le modèle serait plutôt celui de la chaîne d’info publique FranceInfo (informer, expliquer, contextualiser).

Une chaîne régionale, qui informe sur les enjeux de l’Occitanie tout en faisant découvrir « la vie des gens au quotidien », comme le disent les dirigeants de TV Sud, cela ne petu pas déplaire à la présidente PS de la Région Carole Delga, qui a déjà apporté son soutien financier à Médias du Sud. 

Un casting en cours de constitution

Pour ce projet, TV Sud est en discussion avec plusieurs noms, selon nos infos : Rachid Arhab, ancien présentateur de France 2 et ancien membre du CSA, pourrait reprendre du service à la télé. TV Sud veut être très présente sur la culture, l’économie et le sport et dans ce dernier domaine les noms qui circulent sont ceux de Judith Soula (ex-Canal + et L’Equipe TV et actuellement sur Sud Radio, qui est en plein bouleversement) pour le rugby et du Toulousain Sébastien Dupuis (Canal +) pour le foot !

C’est Ludovic Brimboeuf (ex-M6) qui dirigera la partie toulousaine de la rédaction en tant que rédacteur en chef adjoint. Le documentariste toulousain Vincent Barthe a également été recruté pour s’occuper des documentaires et du spectacle vivant, car même en mode chaîne info, TV Sud doit respecter ses obligations de diffusion de documentaires de 52 minutes. A  noter que Vincent Barthe a été à la pointe, fin 2016, de la bataille livrée par les professionnels locaux de l’audiovisuel contre le projet que portait à l’époque BFM TV à Toulouse.

Les journalistes qui constitueront l’équipe de « city-reporters » à Toulouse sont en cours de recrutement.

Un projet beaucoup plus large avec… David Pujadas ?

Mais ce nouveau projet centré autour de la chaîne toulousaine n’est que le premier étage d’une fusée dont Christophe Musset espère lancer le second étage avec l’appui de son nouvel associé, le milliardaire Bruno Ledoux : un réseau de 25 chaînes de télévision locales qui pourrait voir le jour dès le mois de juin 2018.

D’après nos informations, TV Sud qui est tête de pont de ce projet national serait même en discussion avec David Pujadas, qui vient de quitter la présentation du 20 heures de France 2. Rien n’est encore fait mais c’est bien d’Occitanie que semble se jouer l’avenir des télés locales privées en France.

FV (@fabvalery)

17 Mai

TV Sud reporte son démarrage à Toulouse pour « raisons techniques »

Coup dur pour la future télé locale privée de Toulouse : alors que ses dirigeants avaient fixé au 31 mai prochain son démarrage, ils ont été contraints de le reporter. Explications.

La régie de TV Sud à Montpellier (Photo : MaxPPP)

La régie de TV Sud à Montpellier (Photo : MaxPPP)

Le canal 31 de la TNT à Toulouse va rester orphelin pendant encore quelques temps. Alors que TV Sud avait annoncé son démarrage dans la ville rose le 31 mai prochain, on a appris auprès de la direction que la chaîne reportait son lancement pour une durée indéterminée.

Le dossier de TV Sud a pourtant été mené tambour battant depuis la disparition de TLT en juillet 2015 : dès les jours suivants le PDG de Médias du Sud Christophe Musset, qui exploite déjà les télés locales de Nîmes, Montpellier et Perpignan montrait son intérêt pour la fréquence laissée libre à Toulouse. Contre l’avis de la mairie de Toulouse, refroidie par les dernières années difficiles de TLT, le dossier a continué à avancer. D’autant que Christophe Musset a pu s’appuyer sur le soutien du Conseil Régional : alors que se constituait la nouvelle grande région Occitanie, Médias du Sud a rapidement compris qu’un réseau de télés locales, basé sur le navire amiral toulousain, pourrait avoir les faveurs de la Région. Bingo, début 2017, après le feu vert obtenu devant le CSA, le conseil régional s’est engagé à verser 1,5 million d’euros sur 3 ans à TV Sud Toulouse.

Durant la procédure, tous les obstacles s’étaient effacés un à un devant le projet de TV Sud : notamment la concurrence. Dans un scénario incroyable, BFM TV qui avait déposé un dossier de reprise de la fréquence toulousaine l’a finalement retiré… la veille des auditions au CSA pour finalement entrer dans le projet de TV Sud en tant qu’actionnaire minoritaire !

Sans surprise, le 12 octobre 2016, le CSA a donné son feu vert au projet avant de le valider définitivement début 2017. Moins de 18 mois s’étaient donc écoulés entre la fin de TLT et l’obtention de la fréquence toulousaine par TV Sud.

Les dirigeants voulaient absolument démarrer à Toulouse avant les élections législatives du mois de juin : le mois de mars avait été évoqué ; finalement le délai était trop court. La date du 31 mai avait alors été officialisée. Mais il restait beaucoup à faire notamment sur le plan technique : car à Toulouse il n’y aura qu’une dizaine de journalistes et des commerciaux. Toute la partie technique de la diffusion se fera depuis le siège de TV Sud à Gallargues-le-Montueux près de Nîmes. 

« Nous avons de très gros besoins techniques de transmission par internet, explique Jean Brun, directeur des rédactions et des antennes. On doit pouvoir par exemple piloter des caméras à distance depuis notre régie centrale à Gallargues. Ces besoins sont inhabituels pour les prestataires techniques et cela prend plus de temps que prévu ». 

TV Sud ne s’engage pas à donner une nouvelle date pour le démarrage de son antenne toulousaine. Jean Brun a tout de même « l’espoir » de démarrer avant l’été. En attendant, la chaîne entend tout de même couvrir les élections législatives en Haute-Garonne avec « un débat et une soirée électorale » diffusés sur les canaux des chaînes existantes à Montpellier, Nîmes et Perpignan et sur internet.

FV (@fabvalery)

09 Mai

« Presse à caniveau » : quand le ministre Baylet s’en prend à France 3

DOCUMENT SONORE – Il a beau être patron de presse, le ministre Jean-Michel Baylet a une idée très personnelle du journalisme. Quand le travail d’un média ne lui plaît pas, il n’hésite pas à le traîner dans la boue. Une certaine idée de la liberté d’informer et du pluralisme, illustrée par des propos récents du ministre.

Photo : PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP

Photo : PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP

Il pourrait avoir, en raison de son statut de ministre de la République (pour quelques jours encore), un devoir de réserve vis-à-vis de la presse et des journalistes. Il pourrait aussi, parce qu’il est lui-même propriétaire d’un groupe de presse, avoir du respect pour la liberté de la presse et le travail des autres médias.

Mais Jean-Michel Baylet a une autre vision du travail des journalistes, surtout quand ce travail le concerne.

Dernier exemple en date, lors d’une réunion la semaine dernière à Castelsarrasin (Tarn-et-Garonne) du conseil syndical du PETR (pôle d’équilibre territorial et rural) Garonne-Quercy-Gascogne qu’il préside.

« Chagriné » par deux articles publiés sur le blog politique de France 3 Midi-Pyrénées sur le statut « fictif » de son collaborateur Max Courrègelongue, ex-directeur général des services du Conseil Général, et véritable dirigeant sans statut du PETR, Jean-Michel Baylet s’en est pris au média régional.

Interrogé par un élu sur ces révélations parues dans la presse régionale, Jean-Michel Baylet s’emporte contre France 3 Midi-Pyrénées :

Ce n’est pas dans la presse régionale que vous avez lu tout cela, c’est dans une certaine presse de ragots et de caniveau

« Presse de ragots et de caniveau », « presse à caniveau » (SIC), par deux fois le ministre fustige les journalistes de France 3. Ce passage de la discussion, ou plutôt du monologue du ministre, a été enregistré. Un document sonore que nous reproduisons ci-dessous dans le but d’accréditer les informations que nous publions ici et la véracité des propos tenus :

Donc pour un ministre de la République, un média (qui plus est de service public) qui ne va pas dans son sens ou qui révèle des petites manoeuvres entre amis mérite d’être mis… au « caniveau ».

Sur la forme, c’est désolant. Le ministre, propriétaire du groupe La Dépêche du Midi qu’il a dirigé jusqu’à son entrée au gouvernement en 2016, devrait se souvenir que son journal a été mis en cause dans son traitement de l’une des pires affaires de calomnie des 50 dernières années, l’affaire Alègre-Baudis. Traiter donc ainsi un média régional de « presse à caniveau » révèle au mieux une amnésie sélective, au pire un aveuglement sur ses propres erreurs.

Sur le fond, le ministre ne se rend certainement pas compte que ce qu’il dit (et que l’on entend dans l’enregistrement ci-dessus) accrédite les infos publiées sur le blog de France 3. Selon lui (et c’est ce qu’écrivait France 3), Max Courrègelongue exerce des fonctions rémunérées à la Communauté de communes de deux rives (présidée, elle aussi, par Jean-Michel Baylet) et est bénévole auprès du PETR. Ce serait donc, sur son temps libre, que Max Courrègelongue irait faire tourner cette instance.

Des déclarations contradictoires avec celle du principal intéressé, qui avait indiqué à France 3, être rémunéré pour cette tâche mais avait refusé de dire par qui. Des déclarations, surtout, qui ne répondent pas aux interrogations soulevées par des élus et des journalistes : quel statut ? Quelle convention de mise à disposition du collaborateur d’une entité à l’autre ? Comment peut-on rémunérer un collaborateur qui a dépassé la limite d’âge (il a 71 ans) ?

Sur toutes ces questions, le ministre ne répond pas. Il préfère s’en prendre aux journalistes qui n’ont fait qu’écrire… la vérité.

Une attitude de « médias bashing » qui se répand dans la classe politique. Quand elle est endossée par un ministre, ce n’est déjà pas banal. Mais quand le ministre en question est propriétaire d’un groupe de presse, c’est un comble. 

FV (@fabvalery)

27 Mar

TV Sud confirme l’entrée à son capital de Bruno Ledoux

Le riche investisseur entre au capital de Médias du Sud, qui s’apprête à ouvrir une nouvelle télé locale à Toulouse, avec comme objectif de créer un réseau de télés locales privées en France.

Bruno Ledoux (Photo : AFP)

Bruno Ledoux (Photo : AFP)

Comme nous l’avions révélé sur ce blog en septembre dernier, alors que TV Sud était encore en concurrence avec BFM pour décrocher la fréquence locale de Toulouse (post-TLT), Bruno Ledoux vient de s’associer au groupe Médias du Sud. La letter of intention de Bruno Ledoux, richissime investisseur, s’est transformée en une entrée au capital du groupe gestionnaire de TV Sud, selon un communiqué du groupe de télés locales (Montpellier, Nîmes, Perpignan et bientôt Toulouse).

Sauveur de Libé

Issu d’une famille de riches industriels, Bruno Ledoux, à la tête d’une fortune personnelle considérable, est plutôt du genre discret. En 2014, il a été considéré comme le sauveur du journal Libération, alors en faillite. Actionnaire de référence du journal, il s’en est ensuite éloigné à la faveur d’un échange d’action avec SFR Presse, émanation d’Altice Média, détenue par le magnat Patrick Drahi.

Nous révélions donc ici en septembre 2016, qu’il était devenu la « botte secrète » de Christophe Musset, le PDG de Médias du Sud dans la course qu’il menait pour décrocher la fréquence de télé locale de Toulouse, laissée libre après la disparition de TLT en juillet 2015. Face à eux à cette époque, BFM TV… du groupe Altice Média. Finalement, à la veille du passage du grand oral devant le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, à la surprise générale, BFM retire sa candidature et s’assoce au projet de TV Sud !

Aux côtés de TV Sud devant le CSA

D’ailleurs ce jour-là, devant le CSA, Bruno Ledoux, d’habitude presque invisible, est à la table face aux sages de l’audiovisuel. Une victoire pour Christophe Musset qui montre ainsi, avec la lettre d’intention du riche investisseur, que le CSA n’a pas de crainte à avoir concernant la solidité financière du groupe. 

En entrant au capital de Médias du Sud, Bruno Leroux ne sera pas directement opérateur de la future chaîne locale de Toulouse (qui va émettre à partir du 31 mai 2017). La holding, dans laquelle il vient d’entrer, est actionnaire à 90,1 % de la société TV Sud LR (pour « Languedoc Roussillon) associée aux Journaux du Midi (groupe La Dépêche) qui détient les 9,9 % restants. C’est cette société TV Sud LR qui détiendra 80,1 % de TV Sud Toulouse, les 19,9 autres % étant détenus par New Co (alias BFM TV).

Vers un réseau national de télés locales

Ce que recherche Bruno Ledoux, en s’associant avec Christophe Musset, c’est de créer un réseau de télés locales en France. Il est déjà actionnaire de Télif, qui réunit 7 télés locale de la région Île-de-France. Christophe Musset, lui, va créer avec Toulouse, un réseau régional de télés locales privées (bien que financées en partie par de l’argent public) : une sorte de laboratoire régional du projet de réseau national.

L’enjeu est évidemment d’être plus puissant unis qu’isolé, de diminuer les coûts en mutualisant les moyens mais aussi de parvenir à monétiser les vidéos des différentes télés locales sur internet. A ce sujet, TV Sud est en pointe. Bruno Ledoux semble l’avoir compris. Il n’y a pas que de la philantropie dans sa démarche.

FV (@fabvalery)

17 Fév

TV Sud Toulouse émettra sur le canal 31 de la TNT

La nouvelle chaîne qui va remplacer TLT (disparue en juillet 2015) s’est vue attribuer le canal 31 (comme le numéro du département de la Haute-Garonne) sur la TNT.

(Photo : MaxPPP)

(Photo : MaxPPP)

Les dirigeants de TV Sud ne veulent surtout pas mettre leur pas dans ceux de feue TLT et promettent que leur chaîne proposera des prgrammes et un concept très différents de l’ex-Télé Toulouse (pas de plateau-studio à Toulouse, mutualisation des moyens et des programmes avec les chaînes existantes de Nîmes, Montpellier et Perpignan, etc).

Il y a pourtant un sujet qui les réjouit : ils ont obtenu le même numéro de fréquence sur la TNT. Le 31, comme le numéro de la Haute-Garonne, moyen mémotechnique pour se souvenir du numéro de la chaîne. Toujours utile dans le vaste paysage des chaînes gratuites. Rappelons qu’avant l’arrivée de la TNT, Télé Toulouse a joui d’une place de choix sur les télécommandes (la 7).

TV Sud, dont la convention signée avec le Conseil supérieur de l’audivisuel (CSA) a été publiée ce vendredi 17 février au Journal Officiel, veut démarrer ses programmes toulousains le 31 mai. Début février, la future chaîne toulousaine a reçu le soutien financier du Conseil Régional d’Occitanie à hauteur de 1,5 million d’euros sur 3 ans.

FV (@fabvalery)

03 Fév

La future chaîne TV Sud Toulouse va recevoir 1,5 million d’euros de la Région

La commission permanente du Conseil régional d’Occitanie a approuvé vendredi 3 février le contrat d’objectifs et de moyens (COM) avec TV Sud qui lance une nouvelle antenne locale à Toulouse le 31 mai. 1,5 millions d’euros seront versés sur l’exercice 2017-2019.

La régie de TV Sud à Montpellier (Photo : MaxPPP)

La régie de TV Sud à Montpellier (Photo : MaxPPP)

De longues semaines qu’il attend ça. Le patron de Médias du Sud, maison-mère de TV Sud, Christophe Musset, a reçu ce vendredi un feu vert financier du Conseil régional d’Occitanie qui s’est engagé à verser 1,5 millions d’euros entre 2017 et 2019. Le Contrat d’Objectifs et de Moyens (COM) entre la chaîne locale et la Région a été approuvé ce vendredi par la Commission permanente du Conseil régional.

Bonne semaine pour TV Sud qui a aussi reçu le feu vert officiel du CSA pour la fréquence de Toulouse, laissée libre par la disparition de TLT en juillet 2015. Les « sages » de l’audiovisuel ont ratifié le projet de convention entre les deux parties.

Sans surprise, puisque que le CSA avait déjà fait connaître son choix en octobre dernier. Un choix pas très difficile à faire, TV Sud étant seule candidate après le retrait de BFM TV, qui avait préféré entré au capital du projet de son adversaire ! Mais il restait à obtenir l’argent de la région !

De longues discussions

Pendant des semaines, d’après nos informations, les dirigeants de TV Sud ont négocié avec le Conseil régional la signature du Contrat d’objectifs et de moyens (COM) et ses termes financiers et d’engagement en matière de programmes. Un financement impératif pour que le CSA accepte de signer la convention. Et d’après nos informations, ces négociations n’ont pas été faciles.

Au sein même de la majorité du Conseil Régional d’Occitanie, les points de vue divergeaient autour du versement de sommes importantes à une chaîne privée. Certains élus, qui auraient bien vu un rapprochement avec France 3, renaclaient à signer le chèque. TV Sud et ses antennes de Nîmes, Montpellier et Perpignan étaient déjà sous contrat avec l’ex-région Languedoc-Roussillon. Il fallait donc intégrer le projet toulousain dans les négociations.

500 000 euros par an

Finalement, l’accord a été décroché et la Région versera 500 000 euros par an à TV Sud Toulouse, soit un peu moins de 50 % de son budget prévisionnel (1,2 millions en 2017) ! Cette somme correspond à ce que l’ancien conseil régional Midi-Pyrénées avait versé à feue TLT (avec trois versements de 500 000 euros sur les 3 derniers exercices de la chaîne avant sa disparition en juillet 2015). En comparaison, la Région verse 200 000 euros par an à TV Perpignan.

Le patron du groupe Médias du Sud (qui est aussi associé dans le projet à La Dépêche du Midi, minoritaire) Christophe Musset précise qu’il lui faudra trouver d’autres financement, l’objectif étant de passer à 2 millions d’euros de budget en 2018.

Les élus régionaux ont en quelque sorte « payer pour voir », charge pour TV Sud d’être à la hauteur des espérances de la Région, notamment en matière de promotion du nouveau territoire régional, pour revenir à la table des négociations pour les années suivantes.

L’équipe de TV Sud peut maintenant continuer son travail pour l’installation de la nouvelle chaîne toulousaine, avec le recrutement de journalistes, une dizaine de « city-reporters » qui vont sillonner Toulouse et réaliser chaque jour un journal d’une dizaine de minutes diffusé à 19h30.

Une chaîne régionale privée, avec des fonds publics

Située dans la capitale de la région, TV Sud Toulouse devrait rapidement devenir le « navire-amiral » de TV Sud, qui exploite déjà les chaînes locales de Nîmes, Perpignan et Montpellier. Une mutualisation des moyens, y compris de diffusion, est prévue dès le lancement. Quant aux programmes, ils devraient également être rapidement mis en commun pour que les 4 chaînes de TV en Occitanie forment une nouvelle télé régionale. Répondant ainsi au voeu de Carole Delga qui avait appelé de ses voeux un média audiovisuel à l’échelle de la région, capable de promouvoir le nouveau périmètre régional. Quant à la mairie de Toulouse, elle est, contrairement à TLT, totalement absente du projet. Un souhait de Jean-Luc Moudenc qui a laissé le champ libre à Carole Delga.

Lancement attendu de TV Sud Toulouse le 31 mai, juste avant les élections législatives.

FV (@fabvalery)

08 Déc

Une pétition pour que les « petits » candidats à la présidentielle accèdent aux médias

Les candidats indépendants ou citoyens se sentent invisibles dans les médias. Ils veulent saisir le CSA. Parmi eux, 4 « petits » candidats de la région relayent une pétition qui demande plus de visibilité médiatique.

Sébastien Nadot, Toulousain candidat à la présidentielle

Sébastien Nadot, Toulousain candidat à la présidentielle

Connaissez-vous Sébastien Nadot, David Saforcada, Robert Baud ou encore Gérard Privat ? Sans doute non et la raison en est, il faut bien l’avouer, qu’ils sont invisibles dans les grands médias. Et pourtant, ils sont tous candidats « citoyens » à l’élection présidentielle de 2017 et issus de la société civile.

Une pétition nationale a été lancée en ligne pour demander au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) ainsi qu’aux dirigeants des grands groupes audiovisuels français d’assurer une place sur les antennes à ces « petits » candidats à la présidentielle. Une pétition relayée par les 4 candidats citoyens de notre région.

Toulousain, il est invité sur les plateaux télés parisiens… une heure avant !

Le prof de sport toulousain Sébastien Nadot, candidat du Mouvement des progressistes de Robert Hue, est en campagne depuis plusieurs mois. Il reconnaît que parfois, c’est sa situation qui pose problème aux médias : « Il m’est arrivé d’être contacté par une chaîne de télé à Paris vers 11h30 pour être sur leur plateau à midi et demie, a-t-il notamment raconté à des étudiants en journalisme de Sciences-Po Toulouse, alors que je me trouvai à Toulouse en survêtement avec mes élèves ! »

Couleurs politiques différentes, mais même traitement médiatique

Trois autres candidats « citoyens » de la région sont en course pour la présidentielle :

  • le Toulousain Robert Baud, qui avait déjà tenté l’aventure en 2007 et 2012 sans obtenir les 500 signatures, et veut représenter les écologistes de la société civile.
  • le Bonapartiste toulousain David Saforcada
  • le Tarnais « utopiste solidaire », humaniste et anti-libéral Gérard Privat. 

Ils ont donc des divergences politiques parfois très importantes, mais un même élan qui les rassemble : demander à être entendu sur leurs propositions par les médias. Au point de signer un communiqué commun fin novembre et même d’envisager une conférence de presse commune !

Les primaires occupent l’espace médiatique

Problème pour les « petits » candidats citoyens ou indépendants : la primaire de la droite qui vient de se terminer et celle de la gauche qui commence occupent tout l’espace médiatique. A tel point que certains médias audiovisuels se voient obligé de multiplier ensuite les invitations à des élus d’autres partis représentés au Parlement (dont le Front National) pour rééquilibrer les temps de parole.

Ecrasés par ces mastodontes primaires qui tendent vers un bipartisme à l’américaine, les petits candidats sont invisibles à la télé et inaudibles à la radio.

La barrière des 500 signatures

Début septembre, France Info avait recensé 82 candidats à l’élection présidentielle ! Les primaires (droite, écologiste, gauche) ont permis d’écrémer un certain nombre de candidats mais de nouvelles candidatures apparaissent presque chaque jour.

Le problème c’est que bien peu franchiront le cap des 500 signatures de maires permettant de déposer sa candidature. En 2007, seuls 12 candidats étaient présents au premier tour. 10 en 2012.

La machine médiatique, cette injustice !

Mais pour les « petits » candidats, c’est l’histoire de la poule et de l’oeuf ! Les médias ne s’intéressent pas à eux car ils ont peu de chance de réunir les 500 signatures et d’être finalement candidats. Eux estiment que s’ils avaient plus de présence médiatique, ils auraient plus de chance de séduire des maires !

De toute façon, la logique médiatique est parfois très injuste. Un autre candidat d’Occitanie n’a eu besoin que d’une déclaration de candidature vidéo d’une vingtaine de secondes pour susciter des dizaines d’articles dans la presse nationale. Le « candidat » Sylvain Durif, alias le « Christ cosmique de Bugarach » (Aude), aura eu plus de retombées médiatiques en quelques heures que l’ensemble des autres petits candidats en plusieurs mois !

FV (@fabvalery)

25 Nov

Nouvel émetteur TNT : la grande solitude des téléspectateurs toulousains

Depuis le changement d’émetteur de Lafilaire à Pech David en début de semaine à Toulouse, beaucoup de téléspectateurs ont perdu les chaînes gratuites de la TNT. Il leur faut alors faire appel à un antenniste. A leurs frais.

Photo : MaxPPP

Photo : MaxPPP

Pour regarder les émissions et les journaux régionaux de France 3, les programmes de France 2 mais aussi de TF1, France 5, M6, Arte, W9, etc, il faut maintenant que les antennes râteaux des Toulousains soient tournées vers l’émetteur de la colline de Pech David, qui distribuait déjà les chaînes payantes de la TNT.

Depuis mardi 22 novembre, bon nombre de téléspectateurs toulousains ne captent plus les chaînes concernées et pas des moindres (TF1, France 2, France 3, France 5, M6, ARTE, W9, TMC, NT1, NRJ 12, LCP/PUBLIC SENAT, France 4, France O, 6ter, France info) ou les captent mal avec des messages du type « signal inexistant ou faible ». 

Cette grande pagaille a un coût

Il faut alors intervenir sur l’antenne râteau (évidemment ce problème en concerne pas ceux qui captent la TNT par satellite, par le câble ou la fibre optique) et c’est là que ça se corse.

La seule solution : faire appel à un professionnel. On l’a déjà dit, ne prenez pas le risque de monter sur votre toit. Mais pour que votre télé retrouve ses chaînes, il faut déjà réussir à joindre un antenniste : depuis mardi, ils sont débordés par les appels des Toulousains. Et les interventions sont payantes : 80 ou 100 euros minimum.

Les chaînes ne sont pas responsables de cette situation

Depuis mardi, les médias concernés, dont France 3 Midi-Pyrénées, reçoivent de nombreux appels de téléspectateurs désarmés. Et pourtant les chaînes ne sont pas responsables de cette situation. C’est TowerCast, opérateur de diffusion (Groupe NRJ, deuxième opérateur français derrière TDF) qui a gagné le marché de diffusion de ses chaînes sur Toulouse pour 5 ans et dont les équipements sont installés à Pech David.

« Il y avait aussi la question des émetteurs proches du centre-ville que la mairie de Toulouse voulait voir déménager pour les installer à la périphérie« , explique-t-on chez TowerCast qui indique que les téléspectateurs ne pourront pas bénéficier d’aides financières pour fdaire modifier leur installation « mais ont la garantie qu’ensuite rien ne bougera pour les 5 ans qui viennent ».

En cas de problème, vous pouvez joindre l’Agence nationale des fréquences (ANFR) ou bien directement l’opérateur TowerCast sur son site internet ou par téléphone au 01 40 71 40 71.

FV (@fabvalery)

13 Oct

La ville de Toulouse, grande absente de la nouvelle télé locale

Plus d’un an après la disparition de TLT, le CSA a attribué la fréquence disponible à Toulouse à TV Sud. Le tour de table du nouvel opérateur et son plan de financement sont quasiment bouclés. Et la métropole toulousaine en est la grande absente. Explications.

Lors d'une manifestation des salariés de TLT en 2008.

Lors d’une manifestation des salariés de TLT en 2008.

C’est un choix politique. Malgré les sollicitations, pendant des mois, de membres de son entourage qui lui répétaient que, comme au poker, il faut payer pour voir, Jean-Luc Moudenc, maire LR de Toulouse et président de Toulouse Métropole, n’a pas changé de position : pas question de faire entrer la Métropole au capital de la future chaîne locale, pas question non plus de signer un contrat d’objectifs et de moyens (COM). 

Le douloureux passif de TLT

Jean-Luc Moudenc garde en travers de la gorge la fin de TLT. Les salariés, à bout, lui avait fait porté le chapeau. « Moudenc m’a tué » avaient-ils écrit sur une banderole ; une manière de cibler le maire qui n’avait pas voulu, une fois de plus renflouer les caisses. Selon les calculs du Capitole, 17 millions d’euros d’argent publics ont pourtant été engloutis dans TLT durant les presque 30 ans de vie de la chaîne.

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Une chaîne qui, de péripéties en changements d’actionnaires, n’a jamais trouvé d’équilibre financier et dont la Métropole, via la société CTV, était finalement devenue l’actionnaire principal. Pas question pour Jean-Luc Moudenc de recommencer : prendre 5 ou 10 % du capital, symboliquement, puis, par défaillance de l’actionnaire majoritaire ou tout autre fait, monter à 20 %, 30 %…  Scénario inimaginable pour le maire de Toulouse.

La région plutôt que la Métropole

L’autre scénario envisageable et tout aussi écarté d’un revers de la main par le maire, celui d’un Contrat d’Objectifs et de Moyens (COM). En gros, la collectivité signe un contrat à durée déterminée avec la chaîne : moyennant versement d’argent, la chaîne s’engage à plus ou moins réaliser des programmes qui mettent en valeur la ville. Pas de COM pour TV Sud avec la métropole. Là aussi, Jean-Luc Moudenc a dit non. Tout au plus, la Métropole et la ville achèteront des espaces publicitaires pour soutenir le nouveau média local.

La nature (mais aussi les médias et la politique) ayant horreur du vide, c’est… le Conseil régional qui devrait signer un COM avec TV Sud. L’ex-région Midi-Pyrénées s’était déjà engagée à hauteur d’1,5 millions d’euros sur 3 ans avec TLT. Et l’ex-Languedoc Roussillon a aussi signé un COM avec TV Sud à Montpellier.

TV Sud a présenté au Conseil supérieur de l’Audiovisuel (CSA), lors de son audition le 5 octobre, un projet de COM avec la Région Occitanie. Il prévoit un versement de 300 000 euros la première année (sachant que le démarrage de la chaîne pourrait intervenir au mieux fin mars au pire en juin 2017). Mais pour le moment rien n’est signé. Le COM doit être rédigé et validé par l’assemblée régionale.

N’empêche, la ville et la métropole laissant la place, Carole Delga, la présidente PS de la Région, va sauter sur l’occasion de la création de la nouvelle télé locale de Toulouse pour financer le projet de rapprochement régional de toutes les chaînes de TV Sud. Une télé régionale privée financée en partie par l’argent public de la région.

Moudenc se félicite, la gauche le prend aux mots

Jean-Luc Moudenc s’est félicité de l’annonce du CSA d’attribuer la fréquence à TV Sud. « L’arrivée d’une nouvelle chaîne locale à Toulouse est une bonne nouvelle, dit-il. C’est même à mes yeux un gage de pluralisme pour le spectateur. Ce sera mon premier point de vigilance. Ce choix est aussi un signal positif pour la filière de production audiovisuelle, très présente à Toulouse, qui doit être partie prenante de cette chaîne. Ce sera mon deuxième point de vigilance. Une histoire particulière lie les télévisions locales et la Ville de Toulouse : il y a 30 ans, Toulouse était pionnière dans ce qui était « l’aventure des télévisions locales ». A nouveau, Toulouse se retrouve en première ligne pour la définition des contours de cette nouvelle génération de télévisions locales en France« .

Mais dans son opposition, on ironise sur l’écart entre ce message positif et l’absence de la métropole dans l’économie de la nouvelle chaîne. « Nous partageons cette analyse, réagit François Briançon, conseiller municipal et communautaire PS et ancien adjoint au maire. C’est pourquoi nous lui demandons de mettre ses actes en conformité avec ses souhaits et ses paroles et d’engager notre métropole, dans un soutien actif, à notre nouvelle télévision locale. Il serait incompréhensible que Toulouse Métropole reste à l’écart de cette bonne nouvelle ».

Un dossier politique

Nous n’avons cessé de l’écrire sur ce blog : à Toulouse, plus qu’ailleurs, le lien entre certains médias et le monde politique est fort. Certains acteurs du monde des médias, pourtant avec de l’expérience dans d’autres villes, en ont été surpris pendant l’instruction par le CSA de l’appel d’offres pour la nouvelle chaîne. La volonté de Jean-Luc Moudenc de ne pas mettre un doigt dans l’engrenage financier de TV Sud est une posture défendable. Mais des observateurs pensent déjà que c’est une erreur de laisser la main au Conseil régional avec le risque de voir, à terme, la fréquence locale transformée en chaîne régionale.

Fabrice Valéry (@fabvalery)

12 Oct

La télé locale de Toulouse attribuée à TV Sud

Sans surprise, le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) a sélectionné ce mercredi le dossier de TV Sud pour exploiter la fréquence TNT locale disponible à Toulouse depuis la disparition de TLT en juillet 2015. La chaîne compte BFM TV comme associée.

La régie de TV Sud à Montpellier (Photo : MaxPPP)

La régie de TV Sud à Montpellier (Photo : MaxPPP)

Le pseudo-suspens n’aura pas duré bien longtemps. TV Sud a été « sélectionnée » ce jour par le CSA pour monter sa version toulousaine de chaîne de télé locale. Une semaine après l’audition des patrons de la chaîne devant les sages de la tour Mirabeau, la décision est tombée.

Le dossier de TV Sud Toulouse a donc été « sélectionné » par les membres du CSA à la vitesse de l’éclair. Il faut dire qu’il n’y avait plus… qu’un seul candidat, BFM TV ayant retiré son propre dossier à la faveur d’une association dans celui de TV Sud à hauteur de 19,9 %  (via sa maison-mère le groupe d’Alain Weill, Next RadioTV). Un mariage de raison, dont nous avions expliqué ici même le déroulement, qui, d’après nos informations, avait été en partie soufflé aux deux concurrents par le CSA lui-même, pas mécontent de trouver un projet local soutenu par un groupe national. Le pire scénario aurait été de déclarer l’appel d’offres infructueux ou d’accorder l’autorisation à une chaîne aux reins financiers peu solides. Là, finalement, tout était décidé d’avance. Il ne restait plus qu’à conclure la procédure.

La procédure suit donc son cours, désormais sur un volet plus administratif : TV Sud doit fournir au CSA dans les semaines qui viennent des documents importants comme le contrat d’objectifs et de moyens (COM) avec le Conseil régional ou encore les termes de l’accord avec le financier des médias Bruno Ledoux ou de celui avec BFM TV. Dans la foulée, il faudra rédiger la convention d’autorisation d’exploitation de la fréquence signée entre le CSA et la chaîne.

TV Sud Toulouse va donc pouvoir passer à la phase active de son installation. Le patron Christophe Musset et son directeur de la rédaction et des programmes Jean Brun prévoient de recruter une quinzaine de personnes, majoritairement des journalistes. La grille sera en grande partie mutualisée, comme les services supports, avec les autres chaînes du groupe. TV Sud espère démarrer son antenne toulousaine au printemps 2017.

Sur le plan éditorial, Christophe Musset a affirmé devant le CSA que BFM TV n’aurait pas d’influence sur la ligne éditoriale de la chaîne. 

Fabrice Valéry (@fabvalery)