10 Oct

France 3 Occitanie maintient finalement ses éditions locales jusqu’à nouvel ordre

La direction régionale de France 3 a indiqué dans un courrier notamment adressé aux parlementaires de la région que la réflexion sur l’avenir des éditions locales (Quercy-Rouergue, Pays Catalan, Tarn et Pays Gardois) était repoussée de plusieurs mois.

(Photo : Eric Piermont / AFP)

(Photo : Eric Piermont / AFP)

Les éditions locales de Rodez, Albi, Nîmes et Perpignan continueront leur diffusion après le 1er janvier 2018. Le directeur régional de France 3 Occitanie, Carlos Bélinchon, vient d’en informer des élus, notamment les parlementaires, dans un courrier daté du 6 octobre.

Une réflexion avait été engagée pour une nouvelle exposition des informations locales, notamment en raison des problèmes de réception de ces éditions (journaux de 7 minutes diffusés à 19h17 après le journal régional du lundi au vendredi) : avec la multiplication des box et des antennes satellites, seul environ un téléspectateur sur deux est aujourd’hui en capacité de voir ces éditions.

Cette réflexion devait conduire à la fermeture des éditions locales en janvier prochain avec maintien sur places des équipes et des implantations. Les reportages auraient alors été exposés dans les éditions régionales.

Mais « devant l’émotion suscitée par cette démarche, écrit le directeur régional, France 3 Occitanie a décidé d’y sursoir. Les éditions locales d’Occitanie sont donc maintenues ». 

La réflexion sur l’avenir des éditions locales reprendra dans quelques mois, indique la direction de France 3.

FV (@fabvalery)

26 Sep

Pourquoi (et comment) TV Sud devient Vià Occitanie jeudi

Le groupe Médias du Sud profite du lancement jeudi de sa diffusion à Toulouse pour changer de nom. Mais pas seulement. La grille des quatre antennes (Nîmes, Montpellier, Perpignan et Toulouse) se régionalise en attendant la création du réseau Vià national.

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Grand chambardement en vue pour TV Sud. A compter de ce jeudi 28 septembre à 19 heures, la chaîne connue des téléspectateurs de l’ex-Languedoc-Roussillon sous cette identité change de nom et devient Vià Occitanie. Ce sera en revanche une découverte totale pour les Toulousains, car ce changement de nom coïncide avec le lancement de l’antenne toulousaine (qui avait été reporté avant l’été).

TV Sud, associée à BFM TV, a décroché en 2016 auprès du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) la fréquence locale de Toulouse laissée libre par la disparition de TLT en juillet 2015. D’emblée, le groupe Médias du Sud (propriétaire de TV Sud) s’est lancé dans le projet d’une télé à fort accent régional et non plus d’une télé locale version ancien modèle comme l’ont connu les Toulousains pendant des années avec Télé Toulouse.

La fréquence hertzienne toulousaine permet en effet au groupe de boucler un maillage régional en touchant la capitale d’Occitanie pile au moment où Carole Delga, présidente PS de la Région, appelle de ses vœux « un média régional qui redonne du lien pour faire connaître les initiatives et les talents sur tout le territoire »  estimant publiquement que « France 3 ne remplit pas ce rôle actuellement ».

Une future chaîne nationale

Surtout, Christophe Musset, le patron de Médias du Sud, s’est associé avec un homme qui lui a ouvert beaucoup de portes et (un peu) son volumineux porte-monnaie : Bruno Ledoux croit en un nouvel avenir pour les télés locales françaises, souvent déficitaires, parfois confidentielles. Cet avenir passe par une fédération, un réseau des télés locales privées (bien que souvent financées à près de 50 % par de l’argent public, comme c’est le cas pour TV Sud). Ce sera Vià. Avec une grosse ambition.

Il s’agit là, véritablement, de la construction d’une nouvelle grande chaîne de télévision nationale par agrégation de l’ensemble des chaînes locales de France » (Bruno Ledoux)

Bruno Ledoux est le maître d’oeuvre de ce réseau dont les têtes de pont sont Vià Grand Paris (ex-Télif), qui démarre également ce 29 septembre en région parisienne et Vià Occitanie. Les premiers maillons d’un réseau national que Christophe Musset et Bruno Ledoux espèrent voir s’étoffer dès 2018 avec « la quasi totalité des chaînes locales existantes ». 

Objectifs : mutualiser les programmes, les modes de diffusion, les écrans publicitaires, les partenariats, monétiser les contenus sur le numérique et travailler au niveau national sur des logiques régionales.

Jeudi, les téléspectateurs d’Occitanie découvriront une nouvelle chaîne avec une grille de programmes commune aux quatre antennes (avec décrochage « local » le soir entre 18h30 et 19h30). Vià Occitanie (sous-titrée « la chaîne avec un accent ») se positionne sur quatre créneaux : les initiatives, le sport (avec le recrutement d’un ancien de Canal +, le Toulousain Sébastien Dupuis), l’économie et la culture. Une « chaîne régionale d’info en continu » annoncent ses dirigeants, intégrant ainsi les documentaires et programmes dans la case de l’info.

La chaîne sera diffusée sur le canal 30 sur les box et sur le canal 31 de la TNT à Toulouse (ouverture prévue des émetteurs sans doute dans la journée du 29 septembre).

Au CSA, qui ne dit mot consent ?

Du côté de la Tour Mirabeau, siège du Conseil supérieur de l’audiovisuel, le gendarme des médias télé et radio, le silence sur ce projet est… assourdissant mais plein de sens. Pas de réactions du président Olivier Schrameck, même lors de son passage à Toulouse courant septembre, ou de la conseillère en charge des dossiers des télés locales, Nathalie Sonnac.

Le CSA accompagne cette importante mutation en silence : il autorise les chaînes à émettre, en désignant les opérateurs, et en validant des projets de télés « locales »… qui se transforment aussitôt en média régional voire en réseau national. Le projet de Christophe Musset en Occitanie, d’une chaîne régionale diffusée dans quatre villes, ou même celui du réseau Vià, peuvent apparaître comme un « détournement » des objectifs locaux des chaînes fixés et autorisés par le CSA.

Mais il y a des éléments auxquels le CSA ne peut s’opposer. Juridiquement d’abord, chaque entité dans le réseau Vià conservant sa structure juridique indépendante. Economiquement ensuite : comment reprocher à ces télés locales de chercher à s’associer pour se renforcer économiquement quand on sait que depuis 30 ans, les télés locales sont soit en déficit, soit sous perfusion d’argent public, soit les deux ? 

Finalement, Christophe Musset et Bruno Ledoux, s’ils parviennent à créer ce réseau national, auront plutôt bien joué le coup : imposant leur concept, sans froisser totalement les membres du CSA. Qui n’auront pas été à la manœuvre mais ne s’y seront pas opposés.

La parole, maintenant, est au téléspectateur. A lui de se faire un avis sur les programmes proposés.

FV (@fabvalery)

France 3 va cesser la diffusion de ses éditions locales

Les éditions locales (Tarn, Pays Catalan, Pays Gardois et Quercy-Rouergue pour ce qui concerne l’Occitanie) cesseront leur diffusion hertzienne en 2018. Les équipes sont maintenues sur place et l’info locale sera désormais disponible dans les éditions régionales et sur le site internet de France 3 Occitanie.

(Photo : Eric Piermont / AFP)

(Photo : Eric Piermont / AFP)

France 3 ne diffusera plus à compter de 2018 ses éditions locales. La confirmation de cette information par la direction de la chaîne publique est imminente. La vingtaine de « locales » réparties sur l’ensemble du territoire national cessera ses émissions courant premier semestre 2018.

En Occitanie, cela concerne les éditions de 7 minutes actuellement diffusées à 19h17 sur le Tarn, le Pays Catalan, le Pays Gardois et Quercy-Rouergue (Lot et Aveyron).

Concernant l’édition locale de Toulouse, elle avait déjà connu une grande évolution lorsqu’elle était passée il y a déjà plusieurs années d’une édition à part entière à une page métropole animée par le présentateur du 19/20 régional, dans la foulée de ce journal, et fabriquée par les équipes rédactionnelles et techniques régionales, basées à Toulouse.

« Un foyer sur deux ne les reçoit pas »

France 3 a compté jusqu’à plus d’une quarantaine de « locales » avant d’en fermer ou remanier certaines ces dernières années. La plupart étaient diffusées sur des bassins de population à forte identité ou sur des « pays », départements ou grandes villes. Avec l’arrivée des émetteurs de la TNT, la multiplication des « box » et des antennes satellites, les éditions locales ont perdu au fil des ans une grande partie de leur public.

Selon la direction de France 3, les éditions locales aujourd’hui ne touchent qu’entre 40 % au pire et 60 % au mieux de la population de leur bassin. Le personnel de ces éditions et les syndicats rétorquent que France 3 aurait pu faire l’effort financier de faire « monter » les locales sur box et satellite, comme le sont les 24 éditions régionales. Un choix coûteux qui n’a pas été opéré.

« La volonté nationale de France 3 aujourd’hui, explique Carlos Bélinchon, directeur régional de France 3 Occitanie, c’est de faire en sorte que le travail des équipes de ces implantations soit visible. Un foyer sur deux ne reçoit plus ces éditions locales ». 

L’info locale intégrée dans les éditions régionales

Tout n’est pas encore tranché concernant l’exposition des reportages effectués sur place mais pour le directeur de France 3 en Occitanie « on va réintégrer dans les éditions régionales le même volume d’infos ». Les reportages effectués par les équipes de ces implantations locales pourront être vus dans les journaux régionaux (12/13 et 19/20), dans les magazines de la chaîne, dans l’émission matinale « 9h50 le matin » ou encore sur le site internet de France 3.

« La proximité est dans notre ADN, explique Carlos Bélinchon. Nous réaffirmons notre attachement à l’ultra-proximité et on ne touche pas aux implantations, on ne touche pas à l’emploi ». En Occitanie, ces implantations locales emploient entre 10 et 15 personnes environ sur chaque site (journalistes, monteurs, assistantes).

Grève et pétitions

Les organisations syndicales ont vivement réagi à ces annonces. « Nous demandons à la direction de revenir sur sa décision, précise Chantal Frémy, déléguée syndicale CGT à Toulouse. La direction doit définir un projet pour les locales et le présenter aux instances représentatives avant toute prise de décision ». Pour la CGT, la fermeture des éditions locales est un premier pas vers des suppressions de postes à France Télévisions, visant l’Etat actionnaire qui a décidé de réduire de 50 millions d’euros ses dotations à France Télévisions en 2018. « Une saignée budgétaire », selon le syndicat.

De son côté, le Syndicat National des Journalistes (SNJ) dénonce aussi l’absence totale de projet pour les équipes locales. « On nous dit que l’info locale sera davantage visible sur le web, explique François Ollier, délégué syndical SNJ à Toulouse, qu’il y aura des tournages de sujets magazines, mais en fait on s’aperçoit qu’il n’y a pas le début d’un projet pour mobiliser les équipes sur une évolution du mode de traitement de l’info locale. Pourtant, sur place, les équipes sont prêtes à évoluer ».

Un préavis de grève a été déposé pour ce mercredi 27 septembre, jour du Comité Central d’Entreprise (CCE) qui doit notamment évoquer le sujet. Enfin, des pétitions ont été mises en ligne pour demander le maintien des éditions locales, notamment à Rodez ou Perpignan.

FV (@fabvalery)

15 Sep

Le président du CSA, Olivier Schrameck, favorable au rapprochement entre France Télévisions et Radio France

En visite à Toulouse, Olivier Schrameck, le patron du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, a dit se réjouir du projet de rapprochement entre les entreprises de l’audiovisuel public. Une idée issue du… programme présidentiel d’Emmanuel Macron.

Olivier Schrameck dans les studios de France Bleu Toulouse (Photo : Alban Forlot)

Olivier Schrameck dans les studios de France Bleu Toulouse (Photo : Alban Forlot)

Interrogé ce vendredi matin sur l’antenne de France Bleu Toulouse, Olivier Schrameck, qui a effectué une tournée de deux jours à Toulouse, a répondu à la question du rapprochement entre France Télévisions et Radio France.

Je crois profondément que l’avenir de l’audiovisuel va vers ce que l’on appelle parfois le pluri-média (…) Et pour trouver un bon équilibre économique et culturel, il faut pouvoir jouer de l’ensemble de la gamme des moyens d’information. (…) Effectivement, je me réjouis que ce thème puisse être prochainement à l’ordre du jour de l’Assemblée Nationale et du Sénat »

Olivier Schrameck a aussi lié la question du rapprochement des sociétés de l’audiovisuel public aux contraintes budgétaires imposées par l’Etat, leur actionnaire, citant notamment l’exemple de FranceInfo, site d’info et chaîne de télé communs aux entreprises publiques.

Voici l’intégralité de l’interview d’Olivier Schrameck, par Stéphanie Mora :

C’est un point passé presque inaperçu pendant la campagne présidentielle : Emmanuel Macron souhaitait une grande réforme de l’audiovisuel public, avec un rapprochement voire une fusion entre les entreprises publiques dont Radio France et France Télévisions. Depuis son élection, ce sujet n’est pas (encore) revenu sur la table.

On ne sait pas encore quelle forme pourrait prendre ce rapprochement mais il pourrait avoir des déclinaisons en région. Radio France est par exemple en pleine réorganisation en Occitanie. Absente de la plupart des départements de l’ex-région Midi-Pyrénées, France Bleu va voir s’étendre ses émissions avec 12 nouveaux émetteurs accordés par le CSA à France Bleu Toulouse, faisant ainsi de la radio locale-départementale une antenne régionale.

Parallèlement, Mathieu Gallet, le président de Radio France, a annoncé récemment la fermeture du bureau de France Info et France Inter à Toulouse et les correspondants de ces radios nationales pourraient se voir proposer des postes dans la région pour travailler… pour France Bleu !

Autant d’annonces, qui poussent certains journalistes ou techniques de la radio en Occitanie à penser qu’il s’agit de l’amorce d’un rapprochement… entre France Bleu et France 3.

L’Occitanie, un futur laboratoire pour l’audiovisuel public ?

FV (@fabvalery)

13 Sep

La tournée des popotes toulousaines du président du CSA Olivier Schrameck

Discret, peu médiatique, le président du Conseil supérieur de l’Audiovisuel (CSA) Olivier Schrameck est à Toulouse les 14 et 15 septembre pour rencontrer notamment Jean-Luc Moudenc et Carole Delga.

Olivier Schrameck (Photo : Christophe Morin / MaxPPP)

Olivier Schrameck (Photo : Christophe Morin / MaxPPP)

 

Olivier Schrameck, président du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) est en visite « officiellement » pendant deux jours à Toulouse jeudi 14 et vendredi 15 septembre. Le patron de l’instance de régulation et de contrôle des chaînes de télé et des radios se rend peu sur le terrain. Il arrive à Toulouse 15 jours avant le lancement des émissions de Vià Occitanie, nouveau nom de TV Sud. C’est le CSA qui lui a accordé fin 2016 la fréquence locale de Toulouse, laissée libre par la disparition de TLT en juillet 2015.

A Toulouse, Olivier Schrameck va surtout faire la tournée des popotes politiques : il aura un entretien le jeudi matin avec Carole Delga, la présidente PS du Conseil régional d’Occitanie, et le vendredi matin avec Jean-Luc Moudenc le maire LR et président de la Métropole de Toulouse.

Le poids des élus sur les médias

Les dossiers audiovisuels sont (toujours) très politiques. Localement comme nationalement, les élus aiment croire qu’ils peuvent avoir la mainmise ou pour le moins une influence sur les médias. La télé particulièrement. Ce média fascine ou repousse. Concernant TV Sud (pardon, Vià Occitanie), échaudé par l’expérience de TLT dont la métropole était devenu le principal pourvoyeur de fonds, Jean-Luc Moudenc n’a pas souhaité entrer dans le capital voire signer un Contrat d’objectifs et de moyens. La ville de Toulouse sera donc spectatrice mais pourrait tout de même, selon nos informations, « sponsoriser » certaines émissions de la nouvelle chaîne ou acheter des espaces publicitaires.

Il faut dire que le projet est à l’opposé de ce qu’était TLT. Les dirigeants de Médias du Sud vont lancer le 28 septembre une chaîne régionale, avec une grille commune aux antennes actuelles de Montpellier, Nîmes et Perpignan et à la nouvelle de Toulouse. Vià Occitanie conservera des décrochages locaux mais sera avant tout une chaîne aux contours proches de celle de la nouvelle région Occitanie. D’ailleurs, peu après son élection, Carole Delga appelait de ses vœux une chaîne régionale de plein exercice qui parle du nouveau territoire à ses habitants. Le conseil régional, déjà partenaire de Médias du Sud en ex-Languedoc-Roussillon a accordé 1,5 million d’euros sur trois ans à la chaîne au titre de son arrivée à Toulouse. 

L’énigme du CTA

Olivier Schrameck rencontrera aussi les membres du comité territorial de l’audiovisuel (CTA). Cette instance est inconnue du grand public. Il s’agit pourtant de la représentation locale du CSA en région. Ils sont au nombre de 12 et ont un vrai pouvoir : « ils assurent, comme l’indique le CSA sur son site, l’instruction des demandes d’autorisation pour la diffusion des services de radio par voie hertzienne terrestre et l’observation de l’exécution des obligations qu’elles contiennent. Ils peuvent, à la demande de l’assemblée plénière du Conseil, participer à l’instruction des demandes d’autorisation concernant des services de télévision locale et participer à l’observation de l’exécution des obligations contenues dans les autorisations ».

Celui de Toulouse a une particularité : il compte parmi ses membres un élu du conseil régional et président de la commission culture et audiovisuel de la Région. Serge Regourd est un spécialiste de l’audiovisuel, certes, mais, comme nous le faisions remarquer sur ce blog en 2016, qui a fait le choix d’entrer en politique. Il a donc une double casquette surprenante. En septembre 2016, le CSA nous indiquait que l’intéressé se mettrait « en retrait » du CTA quand les dossiers télés seraient discutés. Serge Regourd nous avait répondu qu’on surestimait son pouvoir et qu’il n’était alors question d’aucun retrait.

Une « tempête dans un verre d’eau » concluait-il. Il faut bien reconnaître que face à l’océan des problèmes des Français (emploi, santé, éducation, urgence climatique, etc), le dossier de l’audiovisuel ne pèse pas plus qu’une goutte. Même pas un verre.

FV (@fabvalery)

12 Sep

Sébastien Dupuis (ex-Canal +) : « Pourquoi je rejoins Vià Occitanie-TV Sud »

INFO LE BLOG MEDIAS D’ICI – L’ancien commentateur du foot sur Canal + et Toulousain d’origine Sébastien Dupuis rejoint TV Sud (qui devient Vià Occitanie) en tant que directeur des sports. A quelques jours du démarrage de l’antenne sur Toulouse.

Sébastien Dupuis

Sébastien Dupuis

C’est officiel et c’est une info exclusive du blog Médias d’ici : comme nous vous l’annoncions avant l’été, les contacts avancés entre la direction de TV Sud (qu’il faut désormais appeler Vià Occitanie) et l’ex-commentateur foot sur Canal + Sébastien Dupuis viennent de déboucher sur le recrutement du journaliste d’origine toulousaine comme directeur des sports de la chaîne locale qui va devenir régionale lors du démarrage de sa fréquence à Toulouse le 28 septembre prochain.

Un choix d’envie et d’ambition »

Passer de Canal + (où Sébastien Dupuis a œuvré pendant 14 ans et était 2ème ou 3ème commentateur football) à une chaîne régionale en Occitanie, est-ce vraiment un défi ? « Absolument, répond l’intéressé. Ce n’est pas un renoncement professionnel, mais un choix d’envie et d’ambition. Le projet m’a touché parce qu’il est régional, dans ma région d’origine. Parce que je veux participer à la renaissance d’une télé à Toulouse et puis parce qu’il s’agit de faire un journalisme de qualité mais aussi une info positive, or le sport est un vecteur de rassemblement« . 

« Il s’agit sans doute du dernier challenge pour les télés locales, poursuit Sébastien Dupuis, et la région Occitanie va être un laboratoire. C’est très excitant ».

Le lancement le 28 septembre de la diffusion de Vià Occitanie (ex-TV Sud) à Toulouse coïncide avec la régionalisation de la grille de la chaîne qui émet déjà à Montpellier, Nîmes et Perpignan et qui s’est vu attribuer la fréquence locale de Toulouse par le CSA fin 2016, après la disparition de TLT.

Christophe Musset, le patron du groupe Médias du Sud, s’est adossé au richissime Bruno Ledoux : le projet c’est de bâtir dès 2018 un réseau national de télés locales sous l’étiquette Vià. Les « petites » télés locales, fédérées, seraient ainsi plus fortes pour échanger des programmes, monnayer les vidéos sur le web, voire négocier des droits sportifs…

Nous allons jouer sur notre proximité avec les clubs locaux dans tous les sports

L’arrivée de Sébastien Dupuis, qui compte une longue expérience à Canal +, n’est donc pas un hasard. « Je sais bien que face à Canal ou BeIN, nous ne pourrons pas lutter sur les droits sportifs. Mais dans un premier temps nous allons jouer sur notre proximité avec les clubs locaux dans tous les sports. Pour les grands événements, nous saurons éditorialiser notre propos, avant et après l’événement ».

Le nouveau directeur des sports de Vià Occitanie veut à la fois parler et montrer du sport sur l’antenne de son nouvel employeur. Il ne cache pas son enthousiasme dans un nouveau défi qui mêle « envie personnelle et projet professionnel ».

Le recrutement sport de Vià Occitanie n’est pas encore terminé. D’après nos informations, Judith Soula (ex-L’Equipe TV, France Télévisions, Canal + et Sud Radio) devrait rapidement rejoindre l’équipe désormais dirigée par Sébastien Dupuis.

FV (@fabvalery)

30 Août

Des journalistes menacés par un homme armé lors d’un reportage dans le Lot

Travaillant sur les dégâts causés sur un troupeau et imputés au loup, deux journalistes de France 3 Midi-Pyrénées ont été menacés par un éleveur armé d’un fusil de chasse.

L'homme armé d'un fusil a été raisonné par un policier des eaux et forêts

L’homme armé d’un fusil a été raisonné par un policier des eaux et forêts

L’incident s’est produit mercredi 30 août près de Gourdon (Lot). Deux journalistes de France 3 Midi-Pyrénées, qui effectuait un reportage dans le Lot après des attaques de canidés sur un troupeau de brebis ont été pris à partie et mis en joue par un homme armé d’un fusil de chasse. 

Les deux journalistes se trouvaient à ce moment-là sur la voie publique, en présence notamment d’un agent assermenté de la police des eaux et forêts. C’est à ce moment-là qu’un éleveur est arrivé. Il a alors épaulé son fusil de chasse et mis en joue les journalistes qui se trouvaient à une trentaine de mètres environ.

S’en est suivi un vif échange avant que l’homme armé ne revienne à la raison, après l’intervention du fonctionnaire.

La scène a été filmée et l’échange enregistré par le caméraman de France 3 :


Personne n’a été blessé durant cet incident. La perte d’une partie d’un troupeau, une attaque que l’éleveur attribue au loup (dont la présence n’est pas avérée dans le Lot), est un traumatisme pour un agriculteur. Pour autant, cette tension n’excuse en rien les menaces portées contre des journalistes qui ne faisaient que leur travail.

FV (@fabvalery)

21 Juin

TV Sud à Toulouse le 28 septembre en mode chaîne info régionale et avec un « gros » casting

EXCLUSIF – Prévu fin mai et reporté une première fois, le lancement de la télé locale de Toulouse n’aura lieu que fin septembre. Surtout, le modèle des 4 chaînes de Médias du Sud en Occitanie va changer. Et de grands noms sont annoncés sur l’antenne. Révélations et explications.

TELEVISION

C’est un peu reculer pour mieux sauter. Prévu le 31 mai, le lancement de la nouvelle chaîne locale de Toulouse reportée une première fois avant l’été (pour des raisons techniques) est finalement de nouveau repoussé, cette fois, selon nos informations, au 28 septembre. Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) devrait valider la demande de report présentée par la chaîne. TV Sud aurait sans doute pu démarrer à Toulouse au coeur de l’été mais a préféré attendre la rentrée, d’autant que cet événement va servir de point d’ancrage à une révolution dans le mode de fonctionnement des 4 chaînes locale du groupe.

Une seule grille pour une chaîne d’info régionale

Comme nous vous l’avions expliqué à de nombreuses reprises sur ce blog, le rêve de Christophe Musset, patron de Médias du Sud, est de fédérer les chaînes locales en réseau sur le principe du « on est plus forts ensemble que chacun de son côté ». Ce rêve va d’abord se réaliser régionalement dès septembre : dès le 28 septembre, d’après nos informations, ce ne sont pas 4 grilles locales différentes (Nîmes, Montpellier, Perpignan et Toulouse) mais une seule grille de programmes avec un décrochage local d’une heure.

Et surtout c’est l’ADN de TV Sud qui va changer : désormais il s’agira d’une chaîne info régionale, avec des journaux récurrents tout au long de la journée et des « breaking news » en cas de forte actualité. Mais les dirigeants de TV Sud ne veulent pas de voir coller une étiquette « BFM TV » (même si BFM fait partie du capital de la future chaîne à Toulouse) : le modèle serait plutôt celui de la chaîne d’info publique FranceInfo (informer, expliquer, contextualiser).

Une chaîne régionale, qui informe sur les enjeux de l’Occitanie tout en faisant découvrir « la vie des gens au quotidien », comme le disent les dirigeants de TV Sud, cela ne petu pas déplaire à la présidente PS de la Région Carole Delga, qui a déjà apporté son soutien financier à Médias du Sud. 

Un casting en cours de constitution

Pour ce projet, TV Sud est en discussion avec plusieurs noms, selon nos infos : Rachid Arhab, ancien présentateur de France 2 et ancien membre du CSA, pourrait reprendre du service à la télé. TV Sud veut être très présente sur la culture, l’économie et le sport et dans ce dernier domaine les noms qui circulent sont ceux de Judith Soula (ex-Canal + et L’Equipe TV et actuellement sur Sud Radio, qui est en plein bouleversement) pour le rugby et du Toulousain Sébastien Dupuis (Canal +) pour le foot !

C’est Ludovic Brimboeuf (ex-M6) qui dirigera la partie toulousaine de la rédaction en tant que rédacteur en chef adjoint. Le documentariste toulousain Vincent Barthe a également été recruté pour s’occuper des documentaires et du spectacle vivant, car même en mode chaîne info, TV Sud doit respecter ses obligations de diffusion de documentaires de 52 minutes. A  noter que Vincent Barthe a été à la pointe, fin 2016, de la bataille livrée par les professionnels locaux de l’audiovisuel contre le projet que portait à l’époque BFM TV à Toulouse.

Les journalistes qui constitueront l’équipe de « city-reporters » à Toulouse sont en cours de recrutement.

Un projet beaucoup plus large avec… David Pujadas ?

Mais ce nouveau projet centré autour de la chaîne toulousaine n’est que le premier étage d’une fusée dont Christophe Musset espère lancer le second étage avec l’appui de son nouvel associé, le milliardaire Bruno Ledoux : un réseau de 25 chaînes de télévision locales qui pourrait voir le jour dès le mois de juin 2018.

D’après nos informations, TV Sud qui est tête de pont de ce projet national serait même en discussion avec David Pujadas, qui vient de quitter la présentation du 20 heures de France 2. Rien n’est encore fait mais c’est bien d’Occitanie que semble se jouer l’avenir des télés locales privées en France.

FV (@fabvalery)

17 Mai

TV Sud reporte son démarrage à Toulouse pour « raisons techniques »

Coup dur pour la future télé locale privée de Toulouse : alors que ses dirigeants avaient fixé au 31 mai prochain son démarrage, ils ont été contraints de le reporter. Explications.

La régie de TV Sud à Montpellier (Photo : MaxPPP)

La régie de TV Sud à Montpellier (Photo : MaxPPP)

Le canal 31 de la TNT à Toulouse va rester orphelin pendant encore quelques temps. Alors que TV Sud avait annoncé son démarrage dans la ville rose le 31 mai prochain, on a appris auprès de la direction que la chaîne reportait son lancement pour une durée indéterminée.

Le dossier de TV Sud a pourtant été mené tambour battant depuis la disparition de TLT en juillet 2015 : dès les jours suivants le PDG de Médias du Sud Christophe Musset, qui exploite déjà les télés locales de Nîmes, Montpellier et Perpignan montrait son intérêt pour la fréquence laissée libre à Toulouse. Contre l’avis de la mairie de Toulouse, refroidie par les dernières années difficiles de TLT, le dossier a continué à avancer. D’autant que Christophe Musset a pu s’appuyer sur le soutien du Conseil Régional : alors que se constituait la nouvelle grande région Occitanie, Médias du Sud a rapidement compris qu’un réseau de télés locales, basé sur le navire amiral toulousain, pourrait avoir les faveurs de la Région. Bingo, début 2017, après le feu vert obtenu devant le CSA, le conseil régional s’est engagé à verser 1,5 million d’euros sur 3 ans à TV Sud Toulouse.

Durant la procédure, tous les obstacles s’étaient effacés un à un devant le projet de TV Sud : notamment la concurrence. Dans un scénario incroyable, BFM TV qui avait déposé un dossier de reprise de la fréquence toulousaine l’a finalement retiré… la veille des auditions au CSA pour finalement entrer dans le projet de TV Sud en tant qu’actionnaire minoritaire !

Sans surprise, le 12 octobre 2016, le CSA a donné son feu vert au projet avant de le valider définitivement début 2017. Moins de 18 mois s’étaient donc écoulés entre la fin de TLT et l’obtention de la fréquence toulousaine par TV Sud.

Les dirigeants voulaient absolument démarrer à Toulouse avant les élections législatives du mois de juin : le mois de mars avait été évoqué ; finalement le délai était trop court. La date du 31 mai avait alors été officialisée. Mais il restait beaucoup à faire notamment sur le plan technique : car à Toulouse il n’y aura qu’une dizaine de journalistes et des commerciaux. Toute la partie technique de la diffusion se fera depuis le siège de TV Sud à Gallargues-le-Montueux près de Nîmes. 

« Nous avons de très gros besoins techniques de transmission par internet, explique Jean Brun, directeur des rédactions et des antennes. On doit pouvoir par exemple piloter des caméras à distance depuis notre régie centrale à Gallargues. Ces besoins sont inhabituels pour les prestataires techniques et cela prend plus de temps que prévu ». 

TV Sud ne s’engage pas à donner une nouvelle date pour le démarrage de son antenne toulousaine. Jean Brun a tout de même « l’espoir » de démarrer avant l’été. En attendant, la chaîne entend tout de même couvrir les élections législatives en Haute-Garonne avec « un débat et une soirée électorale » diffusés sur les canaux des chaînes existantes à Montpellier, Nîmes et Perpignan et sur internet.

FV (@fabvalery)

09 Mai

« Presse à caniveau » : quand le ministre Baylet s’en prend à France 3

DOCUMENT SONORE – Il a beau être patron de presse, le ministre Jean-Michel Baylet a une idée très personnelle du journalisme. Quand le travail d’un média ne lui plaît pas, il n’hésite pas à le traîner dans la boue. Une certaine idée de la liberté d’informer et du pluralisme, illustrée par des propos récents du ministre.

Photo : PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP

Photo : PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP

Il pourrait avoir, en raison de son statut de ministre de la République (pour quelques jours encore), un devoir de réserve vis-à-vis de la presse et des journalistes. Il pourrait aussi, parce qu’il est lui-même propriétaire d’un groupe de presse, avoir du respect pour la liberté de la presse et le travail des autres médias.

Mais Jean-Michel Baylet a une autre vision du travail des journalistes, surtout quand ce travail le concerne.

Dernier exemple en date, lors d’une réunion la semaine dernière à Castelsarrasin (Tarn-et-Garonne) du conseil syndical du PETR (pôle d’équilibre territorial et rural) Garonne-Quercy-Gascogne qu’il préside.

« Chagriné » par deux articles publiés sur le blog politique de France 3 Midi-Pyrénées sur le statut « fictif » de son collaborateur Max Courrègelongue, ex-directeur général des services du Conseil Général, et véritable dirigeant sans statut du PETR, Jean-Michel Baylet s’en est pris au média régional.

Interrogé par un élu sur ces révélations parues dans la presse régionale, Jean-Michel Baylet s’emporte contre France 3 Midi-Pyrénées :

Ce n’est pas dans la presse régionale que vous avez lu tout cela, c’est dans une certaine presse de ragots et de caniveau

« Presse de ragots et de caniveau », « presse à caniveau » (SIC), par deux fois le ministre fustige les journalistes de France 3. Ce passage de la discussion, ou plutôt du monologue du ministre, a été enregistré. Un document sonore que nous reproduisons ci-dessous dans le but d’accréditer les informations que nous publions ici et la véracité des propos tenus :

Donc pour un ministre de la République, un média (qui plus est de service public) qui ne va pas dans son sens ou qui révèle des petites manoeuvres entre amis mérite d’être mis… au « caniveau ».

Sur la forme, c’est désolant. Le ministre, propriétaire du groupe La Dépêche du Midi qu’il a dirigé jusqu’à son entrée au gouvernement en 2016, devrait se souvenir que son journal a été mis en cause dans son traitement de l’une des pires affaires de calomnie des 50 dernières années, l’affaire Alègre-Baudis. Traiter donc ainsi un média régional de « presse à caniveau » révèle au mieux une amnésie sélective, au pire un aveuglement sur ses propres erreurs.

Sur le fond, le ministre ne se rend certainement pas compte que ce qu’il dit (et que l’on entend dans l’enregistrement ci-dessus) accrédite les infos publiées sur le blog de France 3. Selon lui (et c’est ce qu’écrivait France 3), Max Courrègelongue exerce des fonctions rémunérées à la Communauté de communes de deux rives (présidée, elle aussi, par Jean-Michel Baylet) et est bénévole auprès du PETR. Ce serait donc, sur son temps libre, que Max Courrègelongue irait faire tourner cette instance.

Des déclarations contradictoires avec celle du principal intéressé, qui avait indiqué à France 3, être rémunéré pour cette tâche mais avait refusé de dire par qui. Des déclarations, surtout, qui ne répondent pas aux interrogations soulevées par des élus et des journalistes : quel statut ? Quelle convention de mise à disposition du collaborateur d’une entité à l’autre ? Comment peut-on rémunérer un collaborateur qui a dépassé la limite d’âge (il a 71 ans) ?

Sur toutes ces questions, le ministre ne répond pas. Il préfère s’en prendre aux journalistes qui n’ont fait qu’écrire… la vérité.

Une attitude de « médias bashing » qui se répand dans la classe politique. Quand elle est endossée par un ministre, ce n’est déjà pas banal. Mais quand le ministre en question est propriétaire d’un groupe de presse, c’est un comble. 

FV (@fabvalery)