17 Fév

TV Sud Toulouse émettra sur le canal 31 de la TNT

La nouvelle chaîne qui va remplacer TLT (disparue en juillet 2015) s’est vue attribuer le canal 31 (comme le numéro du département de la Haute-Garonne) sur la TNT.

(Photo : MaxPPP)

(Photo : MaxPPP)

Les dirigeants de TV Sud ne veulent surtout pas mettre leur pas dans ceux de feue TLT et promettent que leur chaîne proposera des prgrammes et un concept très différents de l’ex-Télé Toulouse (pas de plateau-studio à Toulouse, mutualisation des moyens et des programmes avec les chaînes existantes de Nîmes, Montpellier et Perpignan, etc).

Il y a pourtant un sujet qui les réjouit : ils ont obtenu le même numéro de fréquence sur la TNT. Le 31, comme le numéro de la Haute-Garonne, moyen mémotechnique pour se souvenir du numéro de la chaîne. Toujours utile dans le vaste paysage des chaînes gratuites. Rappelons qu’avant l’arrivée de la TNT, Télé Toulouse a joui d’une place de choix sur les télécommandes (la 7).

TV Sud, dont la convention signée avec le Conseil supérieur de l’audivisuel (CSA) a été publiée ce vendredi 17 février au Journal Officiel, veut démarrer ses programmes toulousains le 31 mai. Début février, la future chaîne toulousaine a reçu le soutien financier du Conseil Régional d’Occitanie à hauteur de 1,5 million d’euros sur 3 ans.

FV (@fabvalery)

03 Fév

La future chaîne TV Sud Toulouse va recevoir 1,5 million d’euros de la Région

La commission permanente du Conseil régional d’Occitanie a approuvé vendredi 3 février le contrat d’objectifs et de moyens (COM) avec TV Sud qui lance une nouvelle antenne locale à Toulouse le 31 mai. 1,5 millions d’euros seront versés sur l’exercice 2017-2019.

La régie de TV Sud à Montpellier (Photo : MaxPPP)

La régie de TV Sud à Montpellier (Photo : MaxPPP)

De longues semaines qu’il attend ça. Le patron de Médias du Sud, maison-mère de TV Sud, Christophe Musset, a reçu ce vendredi un feu vert financier du Conseil régional d’Occitanie qui s’est engagé à verser 1,5 millions d’euros entre 2017 et 2019. Le Contrat d’Objectifs et de Moyens (COM) entre la chaîne locale et la Région a été approuvé ce vendredi par la Commission permanente du Conseil régional.

Bonne semaine pour TV Sud qui a aussi reçu le feu vert officiel du CSA pour la fréquence de Toulouse, laissée libre par la disparition de TLT en juillet 2015. Les « sages » de l’audiovisuel ont ratifié le projet de convention entre les deux parties.

Sans surprise, puisque que le CSA avait déjà fait connaître son choix en octobre dernier. Un choix pas très difficile à faire, TV Sud étant seule candidate après le retrait de BFM TV, qui avait préféré entré au capital du projet de son adversaire ! Mais il restait à obtenir l’argent de la région !

De longues discussions

Pendant des semaines, d’après nos informations, les dirigeants de TV Sud ont négocié avec le Conseil régional la signature du Contrat d’objectifs et de moyens (COM) et ses termes financiers et d’engagement en matière de programmes. Un financement impératif pour que le CSA accepte de signer la convention. Et d’après nos informations, ces négociations n’ont pas été faciles.

Au sein même de la majorité du Conseil Régional d’Occitanie, les points de vue divergeaient autour du versement de sommes importantes à une chaîne privée. Certains élus, qui auraient bien vu un rapprochement avec France 3, renaclaient à signer le chèque. TV Sud et ses antennes de Nîmes, Montpellier et Perpignan étaient déjà sous contrat avec l’ex-région Languedoc-Roussillon. Il fallait donc intégrer le projet toulousain dans les négociations.

500 000 euros par an

Finalement, l’accord a été décroché et la Région versera 500 000 euros par an à TV Sud Toulouse, soit un peu moins de 50 % de son budget prévisionnel (1,2 millions en 2017) ! Cette somme correspond à ce que l’ancien conseil régional Midi-Pyrénées avait versé à feue TLT (avec trois versements de 500 000 euros sur les 3 derniers exercices de la chaîne avant sa disparition en juillet 2015). En comparaison, la Région verse 200 000 euros par an à TV Perpignan.

Le patron du groupe Médias du Sud (qui est aussi associé dans le projet à La Dépêche du Midi, minoritaire) Christophe Musset précise qu’il lui faudra trouver d’autres financement, l’objectif étant de passer à 2 millions d’euros de budget en 2018.

Les élus régionaux ont en quelque sorte « payer pour voir », charge pour TV Sud d’être à la hauteur des espérances de la Région, notamment en matière de promotion du nouveau territoire régional, pour revenir à la table des négociations pour les années suivantes.

L’équipe de TV Sud peut maintenant continuer son travail pour l’installation de la nouvelle chaîne toulousaine, avec le recrutement de journalistes, une dizaine de « city-reporters » qui vont sillonner Toulouse et réaliser chaque jour un journal d’une dizaine de minutes diffusé à 19h30.

Une chaîne régionale privée, avec des fonds publics

Située dans la capitale de la région, TV Sud Toulouse devrait rapidement devenir le « navire-amiral » de TV Sud, qui exploite déjà les chaînes locales de Nîmes, Perpignan et Montpellier. Une mutualisation des moyens, y compris de diffusion, est prévue dès le lancement. Quant aux programmes, ils devraient également être rapidement mis en commun pour que les 4 chaînes de TV en Occitanie forment une nouvelle télé régionale. Répondant ainsi au voeu de Carole Delga qui avait appelé de ses voeux un média audiovisuel à l’échelle de la région, capable de promouvoir le nouveau périmètre régional. Quant à la mairie de Toulouse, elle est, contrairement à TLT, totalement absente du projet. Un souhait de Jean-Luc Moudenc qui a laissé le champ libre à Carole Delga.

Lancement attendu de TV Sud Toulouse le 31 mai, juste avant les élections législatives.

FV (@fabvalery)

08 Déc

Une pétition pour que les « petits » candidats à la présidentielle accèdent aux médias

Les candidats indépendants ou citoyens se sentent invisibles dans les médias. Ils veulent saisir le CSA. Parmi eux, 4 « petits » candidats de la région relayent une pétition qui demande plus de visibilité médiatique.

Sébastien Nadot, Toulousain candidat à la présidentielle

Sébastien Nadot, Toulousain candidat à la présidentielle

Connaissez-vous Sébastien Nadot, David Saforcada, Robert Baud ou encore Gérard Privat ? Sans doute non et la raison en est, il faut bien l’avouer, qu’ils sont invisibles dans les grands médias. Et pourtant, ils sont tous candidats « citoyens » à l’élection présidentielle de 2017 et issus de la société civile.

Une pétition nationale a été lancée en ligne pour demander au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) ainsi qu’aux dirigeants des grands groupes audiovisuels français d’assurer une place sur les antennes à ces « petits » candidats à la présidentielle. Une pétition relayée par les 4 candidats citoyens de notre région.

Toulousain, il est invité sur les plateaux télés parisiens… une heure avant !

Le prof de sport toulousain Sébastien Nadot, candidat du Mouvement des progressistes de Robert Hue, est en campagne depuis plusieurs mois. Il reconnaît que parfois, c’est sa situation qui pose problème aux médias : « Il m’est arrivé d’être contacté par une chaîne de télé à Paris vers 11h30 pour être sur leur plateau à midi et demie, a-t-il notamment raconté à des étudiants en journalisme de Sciences-Po Toulouse, alors que je me trouvai à Toulouse en survêtement avec mes élèves ! »

Couleurs politiques différentes, mais même traitement médiatique

Trois autres candidats « citoyens » de la région sont en course pour la présidentielle :

  • le Toulousain Robert Baud, qui avait déjà tenté l’aventure en 2007 et 2012 sans obtenir les 500 signatures, et veut représenter les écologistes de la société civile.
  • le Bonapartiste toulousain David Saforcada
  • le Tarnais « utopiste solidaire », humaniste et anti-libéral Gérard Privat. 

Ils ont donc des divergences politiques parfois très importantes, mais un même élan qui les rassemble : demander à être entendu sur leurs propositions par les médias. Au point de signer un communiqué commun fin novembre et même d’envisager une conférence de presse commune !

Les primaires occupent l’espace médiatique

Problème pour les « petits » candidats citoyens ou indépendants : la primaire de la droite qui vient de se terminer et celle de la gauche qui commence occupent tout l’espace médiatique. A tel point que certains médias audiovisuels se voient obligé de multiplier ensuite les invitations à des élus d’autres partis représentés au Parlement (dont le Front National) pour rééquilibrer les temps de parole.

Ecrasés par ces mastodontes primaires qui tendent vers un bipartisme à l’américaine, les petits candidats sont invisibles à la télé et inaudibles à la radio.

La barrière des 500 signatures

Début septembre, France Info avait recensé 82 candidats à l’élection présidentielle ! Les primaires (droite, écologiste, gauche) ont permis d’écrémer un certain nombre de candidats mais de nouvelles candidatures apparaissent presque chaque jour.

Le problème c’est que bien peu franchiront le cap des 500 signatures de maires permettant de déposer sa candidature. En 2007, seuls 12 candidats étaient présents au premier tour. 10 en 2012.

La machine médiatique, cette injustice !

Mais pour les « petits » candidats, c’est l’histoire de la poule et de l’oeuf ! Les médias ne s’intéressent pas à eux car ils ont peu de chance de réunir les 500 signatures et d’être finalement candidats. Eux estiment que s’ils avaient plus de présence médiatique, ils auraient plus de chance de séduire des maires !

De toute façon, la logique médiatique est parfois très injuste. Un autre candidat d’Occitanie n’a eu besoin que d’une déclaration de candidature vidéo d’une vingtaine de secondes pour susciter des dizaines d’articles dans la presse nationale. Le « candidat » Sylvain Durif, alias le « Christ cosmique de Bugarach » (Aude), aura eu plus de retombées médiatiques en quelques heures que l’ensemble des autres petits candidats en plusieurs mois !

FV (@fabvalery)

25 Nov

Nouvel émetteur TNT : la grande solitude des téléspectateurs toulousains

Depuis le changement d’émetteur de Lafilaire à Pech David en début de semaine à Toulouse, beaucoup de téléspectateurs ont perdu les chaînes gratuites de la TNT. Il leur faut alors faire appel à un antenniste. A leurs frais.

Photo : MaxPPP

Photo : MaxPPP

Pour regarder les émissions et les journaux régionaux de France 3, les programmes de France 2 mais aussi de TF1, France 5, M6, Arte, W9, etc, il faut maintenant que les antennes râteaux des Toulousains soient tournées vers l’émetteur de la colline de Pech David, qui distribuait déjà les chaînes payantes de la TNT.

Depuis mardi 22 novembre, bon nombre de téléspectateurs toulousains ne captent plus les chaînes concernées et pas des moindres (TF1, France 2, France 3, France 5, M6, ARTE, W9, TMC, NT1, NRJ 12, LCP/PUBLIC SENAT, France 4, France O, 6ter, France info) ou les captent mal avec des messages du type « signal inexistant ou faible ». 

Cette grande pagaille a un coût

Il faut alors intervenir sur l’antenne râteau (évidemment ce problème en concerne pas ceux qui captent la TNT par satellite, par le câble ou la fibre optique) et c’est là que ça se corse.

La seule solution : faire appel à un professionnel. On l’a déjà dit, ne prenez pas le risque de monter sur votre toit. Mais pour que votre télé retrouve ses chaînes, il faut déjà réussir à joindre un antenniste : depuis mardi, ils sont débordés par les appels des Toulousains. Et les interventions sont payantes : 80 ou 100 euros minimum.

Les chaînes ne sont pas responsables de cette situation

Depuis mardi, les médias concernés, dont France 3 Midi-Pyrénées, reçoivent de nombreux appels de téléspectateurs désarmés. Et pourtant les chaînes ne sont pas responsables de cette situation. C’est TowerCast, opérateur de diffusion (Groupe NRJ, deuxième opérateur français derrière TDF) qui a gagné le marché de diffusion de ses chaînes sur Toulouse pour 5 ans et dont les équipements sont installés à Pech David.

« Il y avait aussi la question des émetteurs proches du centre-ville que la mairie de Toulouse voulait voir déménager pour les installer à la périphérie« , explique-t-on chez TowerCast qui indique que les téléspectateurs ne pourront pas bénéficier d’aides financières pour fdaire modifier leur installation « mais ont la garantie qu’ensuite rien ne bougera pour les 5 ans qui viennent ».

En cas de problème, vous pouvez joindre l’Agence nationale des fréquences (ANFR) ou bien directement l’opérateur TowerCast sur son site internet ou par téléphone au 01 40 71 40 71.

FV (@fabvalery)

13 Oct

La ville de Toulouse, grande absente de la nouvelle télé locale

Plus d’un an après la disparition de TLT, le CSA a attribué la fréquence disponible à Toulouse à TV Sud. Le tour de table du nouvel opérateur et son plan de financement sont quasiment bouclés. Et la métropole toulousaine en est la grande absente. Explications.

Lors d'une manifestation des salariés de TLT en 2008.

Lors d’une manifestation des salariés de TLT en 2008.

C’est un choix politique. Malgré les sollicitations, pendant des mois, de membres de son entourage qui lui répétaient que, comme au poker, il faut payer pour voir, Jean-Luc Moudenc, maire LR de Toulouse et président de Toulouse Métropole, n’a pas changé de position : pas question de faire entrer la Métropole au capital de la future chaîne locale, pas question non plus de signer un contrat d’objectifs et de moyens (COM). 

Le douloureux passif de TLT

Jean-Luc Moudenc garde en travers de la gorge la fin de TLT. Les salariés, à bout, lui avait fait porté le chapeau. « Moudenc m’a tué » avaient-ils écrit sur une banderole ; une manière de cibler le maire qui n’avait pas voulu, une fois de plus renflouer les caisses. Selon les calculs du Capitole, 17 millions d’euros d’argent publics ont pourtant été engloutis dans TLT durant les presque 30 ans de vie de la chaîne.

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Une chaîne qui, de péripéties en changements d’actionnaires, n’a jamais trouvé d’équilibre financier et dont la Métropole, via la société CTV, était finalement devenue l’actionnaire principal. Pas question pour Jean-Luc Moudenc de recommencer : prendre 5 ou 10 % du capital, symboliquement, puis, par défaillance de l’actionnaire majoritaire ou tout autre fait, monter à 20 %, 30 %…  Scénario inimaginable pour le maire de Toulouse.

La région plutôt que la Métropole

L’autre scénario envisageable et tout aussi écarté d’un revers de la main par le maire, celui d’un Contrat d’Objectifs et de Moyens (COM). En gros, la collectivité signe un contrat à durée déterminée avec la chaîne : moyennant versement d’argent, la chaîne s’engage à plus ou moins réaliser des programmes qui mettent en valeur la ville. Pas de COM pour TV Sud avec la métropole. Là aussi, Jean-Luc Moudenc a dit non. Tout au plus, la Métropole et la ville achèteront des espaces publicitaires pour soutenir le nouveau média local.

La nature (mais aussi les médias et la politique) ayant horreur du vide, c’est… le Conseil régional qui devrait signer un COM avec TV Sud. L’ex-région Midi-Pyrénées s’était déjà engagée à hauteur d’1,5 millions d’euros sur 3 ans avec TLT. Et l’ex-Languedoc Roussillon a aussi signé un COM avec TV Sud à Montpellier.

TV Sud a présenté au Conseil supérieur de l’Audiovisuel (CSA), lors de son audition le 5 octobre, un projet de COM avec la Région Occitanie. Il prévoit un versement de 300 000 euros la première année (sachant que le démarrage de la chaîne pourrait intervenir au mieux fin mars au pire en juin 2017). Mais pour le moment rien n’est signé. Le COM doit être rédigé et validé par l’assemblée régionale.

N’empêche, la ville et la métropole laissant la place, Carole Delga, la présidente PS de la Région, va sauter sur l’occasion de la création de la nouvelle télé locale de Toulouse pour financer le projet de rapprochement régional de toutes les chaînes de TV Sud. Une télé régionale privée financée en partie par l’argent public de la région.

Moudenc se félicite, la gauche le prend aux mots

Jean-Luc Moudenc s’est félicité de l’annonce du CSA d’attribuer la fréquence à TV Sud. « L’arrivée d’une nouvelle chaîne locale à Toulouse est une bonne nouvelle, dit-il. C’est même à mes yeux un gage de pluralisme pour le spectateur. Ce sera mon premier point de vigilance. Ce choix est aussi un signal positif pour la filière de production audiovisuelle, très présente à Toulouse, qui doit être partie prenante de cette chaîne. Ce sera mon deuxième point de vigilance. Une histoire particulière lie les télévisions locales et la Ville de Toulouse : il y a 30 ans, Toulouse était pionnière dans ce qui était « l’aventure des télévisions locales ». A nouveau, Toulouse se retrouve en première ligne pour la définition des contours de cette nouvelle génération de télévisions locales en France« .

Mais dans son opposition, on ironise sur l’écart entre ce message positif et l’absence de la métropole dans l’économie de la nouvelle chaîne. « Nous partageons cette analyse, réagit François Briançon, conseiller municipal et communautaire PS et ancien adjoint au maire. C’est pourquoi nous lui demandons de mettre ses actes en conformité avec ses souhaits et ses paroles et d’engager notre métropole, dans un soutien actif, à notre nouvelle télévision locale. Il serait incompréhensible que Toulouse Métropole reste à l’écart de cette bonne nouvelle ».

Un dossier politique

Nous n’avons cessé de l’écrire sur ce blog : à Toulouse, plus qu’ailleurs, le lien entre certains médias et le monde politique est fort. Certains acteurs du monde des médias, pourtant avec de l’expérience dans d’autres villes, en ont été surpris pendant l’instruction par le CSA de l’appel d’offres pour la nouvelle chaîne. La volonté de Jean-Luc Moudenc de ne pas mettre un doigt dans l’engrenage financier de TV Sud est une posture défendable. Mais des observateurs pensent déjà que c’est une erreur de laisser la main au Conseil régional avec le risque de voir, à terme, la fréquence locale transformée en chaîne régionale.

Fabrice Valéry (@fabvalery)

12 Oct

La télé locale de Toulouse attribuée à TV Sud

Sans surprise, le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) a sélectionné ce mercredi le dossier de TV Sud pour exploiter la fréquence TNT locale disponible à Toulouse depuis la disparition de TLT en juillet 2015. La chaîne compte BFM TV comme associée.

La régie de TV Sud à Montpellier (Photo : MaxPPP)

La régie de TV Sud à Montpellier (Photo : MaxPPP)

Le pseudo-suspens n’aura pas duré bien longtemps. TV Sud a été « sélectionnée » ce jour par le CSA pour monter sa version toulousaine de chaîne de télé locale. Une semaine après l’audition des patrons de la chaîne devant les sages de la tour Mirabeau, la décision est tombée.

Le dossier de TV Sud Toulouse a donc été « sélectionné » par les membres du CSA à la vitesse de l’éclair. Il faut dire qu’il n’y avait plus… qu’un seul candidat, BFM TV ayant retiré son propre dossier à la faveur d’une association dans celui de TV Sud à hauteur de 19,9 %  (via sa maison-mère le groupe d’Alain Weill, Next RadioTV). Un mariage de raison, dont nous avions expliqué ici même le déroulement, qui, d’après nos informations, avait été en partie soufflé aux deux concurrents par le CSA lui-même, pas mécontent de trouver un projet local soutenu par un groupe national. Le pire scénario aurait été de déclarer l’appel d’offres infructueux ou d’accorder l’autorisation à une chaîne aux reins financiers peu solides. Là, finalement, tout était décidé d’avance. Il ne restait plus qu’à conclure la procédure.

La procédure suit donc son cours, désormais sur un volet plus administratif : TV Sud doit fournir au CSA dans les semaines qui viennent des documents importants comme le contrat d’objectifs et de moyens (COM) avec le Conseil régional ou encore les termes de l’accord avec le financier des médias Bruno Ledoux ou de celui avec BFM TV. Dans la foulée, il faudra rédiger la convention d’autorisation d’exploitation de la fréquence signée entre le CSA et la chaîne.

TV Sud Toulouse va donc pouvoir passer à la phase active de son installation. Le patron Christophe Musset et son directeur de la rédaction et des programmes Jean Brun prévoient de recruter une quinzaine de personnes, majoritairement des journalistes. La grille sera en grande partie mutualisée, comme les services supports, avec les autres chaînes du groupe. TV Sud espère démarrer son antenne toulousaine au printemps 2017.

Sur le plan éditorial, Christophe Musset a affirmé devant le CSA que BFM TV n’aurait pas d’influence sur la ligne éditoriale de la chaîne. 

Fabrice Valéry (@fabvalery)

06 Oct

L’histoire secrète du « mariage » entre TV Sud et BFM TV

Qui a œuvré en coulisses pour aboutir au rapprochement des deux anciens concurrents à la fréquence de la télé locale de Toulouse ? A qui profite ce coup de théâtre ? Eléments de réponse.

Les membres du CSA avec au centre Olivier Schrameck, le président. (Photo : F. Valery / France 3)

Les membres du CSA avec au centre Olivier Schrameck, le président. (Photo : F. Valéry / France 3)

Ça se passe comme ça à Las Vegas ! On décide dans la journée de se marier, on trouve une chapelle et contre une poignée de dollars, on vous passe la bague au doigt. Vite fait, bien fait, sans avoir à publier les bans.

Un mariage de raison

C’est un peu ce qui s’est passé entre TV Sud et BFM TV à quelques différences près. La chapelle était en fait les salons de réception feutrés du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et le révérend, appelé à bénir cette union, s’appelle Olivier Schrameck, président du CSA. Quant aux tourtereaux, c’est davantage un mariage de raison qu’un mariage d’amour !

Dans l’intérêt de tout le monde

Car ce qui n’est pas dit dans l’annonce de la « fusion » entre TV Sud et BFM TV, anciens concurrents à la fréquence locale TNT de Toulouse aujourd’hui partenaires, c’est qu’on a un peu forcé la main aux deux prétendants et ça, ça arrange un peu tout le monde. Dans les semaines qui ont suivi l’annonce des candidatures et surtout celle, surprise, de BFM TV, des « éminences grises » (ou roses si l’on considère que l’on est à Toulouse) ont œuvré dans l’ombre au rapprochement des deux concurrents. Les choses se sont faites finalement assez rapidement. Et surtout, on a bien fait comprendre à l’un et à l’autre, que c’était dans l’intérêt de tout de monde de s’unir.

L’économique et l’éditorial

Après la faillite de TLT, le CSA ne pouvait pas se permettre de remettre sur les rails une chaîne dont la stabilité économique était chancelante. TV Sud a montré en Languedoc-Roussillon qu’elle sait faire de la télé mais Toulouse c’est une autre histoire (dans tous les sens du terme) et il fallait dans la capitale régionale un groupe aux reins financiers solides. Sur l’argument économique, BFM TV partait favori : le groupe d’Alain Weill est énorme et vient de s’associer à Patrick Drahi, le milliardaire des médias, de la téléphonie et du câble. Avantage BFM TV.

Parallèlement, faire de la télé locale à Toulouse, c’est aussi (et surtout) proposer des programmes locaux ou régionaux pour attirer le public et offrir un regard local sur l’actualité et les grands sujets toulousains. Alors que sur ce sujet les intentions de BFM TV sont restées secrètes jusqu’au bout, la présence de la chaîne info parmi les candidats a déclenché une vive opposition, notamment chez les professionnels de l’audiovisuel. Accusée de tous les maux, de vouloir faire à Toulouse une chaîne de faits-divers, BFM TV a été clouée au pilori avant d’avoir bougé une oreille. Sur les programmes, l’avantage allait à TV Sud.

Mais au final, une télé locale n’est pas un canard à une patte : économique et éditorial vont de pair. Le risque était donc que le CSA déclare l’appel d’offres infructueux.

Les dernières heures décisives

Le mariage s’est donc joué dans les tous derniers jours précédant l’audition des candidats devant le CSA et même dans les toutes dernières heures, le tour de table n’étant bouclé que mardi soir, alors que le CSA attendait les candidats le lendemain. BFM TV prend donc 19,9 % du capital de la future TV Sud Toulouse dont les 80,1 % seront détenus par TV Sud Languedoc-Roussillon, elle-même détenue à 90 % par la holding Médias du Sud, les 10 % restants ayant été apportés au groupe La Dépêche du Midi par le rachat des Journaux du Midi (Midi Libre et consorts).

Le petit absorbe le gros

En d’autres termes, la petite « PME » du Languedoc, TV Sud, « absorbe » le projet du mastodonte BFM TV qui lui apporte, aux yeux du CSA une garantie de stabilité financière. Aux yeux du monde de l’audiovisuel, la présence de BFM TV reste très minoritaire, donc supportable, Christophe Musset, le patron de TV Sud, rappelant que « BFM TV n’aura pas d’influence éditoriale » sur la future chaîne. Ainsi, tout le monde est content.

Une solution très politiquement correct

Sur le plan politique (car à Toulouse tout est politique, sans doute plus qu’ailleurs, et les médias n’échappent pas à la règle), cette union un peu forcée fait aussi plaisir à Toulouse.

Au Conseil régional, déjà partenaire de TV Sud en Languedoc-Roussillon, on attend de la nouvelle chaîne qu’elle mette en valeur le nouveau territoire d’Occitanie. Ça tombe bien, Christophe Musset a parlé devant le CSA d’un projet « qui aide à la compréhension du nouveau territoire » !

Au Capitole, où l’on ne prend officiellement pas position, Jean-Luc Moudenc, échaudé par l’expérience TLT, ayant refusé d’entrer au capital de la chaîne où même de signer un contrat d’objectifs et de moyens (COM), des conseillers du maire se sont quand même activés dans l’ombre. Le nouveau tour de table semble d’ailleurs convenir à la mairie car l’entrée de BFM TV dans la chaîne a deux avantages : il permet de diluer l’influence de La Dépêche du Midi avec laquelle les rapports de la mairie sont toujours tendus mais aussi de relativiser celle du Conseil régional, qui devrait être le plus important pourvoyeur de fonds de la future télé.

Au travail !

Le CSA devrait, sans surprise, accorder son autorisation à TV Sud Toulouse. Sans doute avant la fin de l’année. Il faudra ensuite trouver des locaux, recruter le personnel. Démarrage de la chaîne au printemps 2017.

Une fois à l’écran, cette nouvelle télé locale aura à faire ses preuves pour conquérir le public toulousain. Mais entre la fin de TLT en juillet 2015 et cette nouvelle télé, la période aura été quelque peu mouvementée. De coups de théâtre en mariage de raison, d’influences politiques en tour de table ciselé, l’accouchement aura été long.

Fabrice Valéry (@fabvalery)

05 Oct

Associée à BFM, TV Sud veut une télé du « bien vivre ensemble » à Toulouse

Après le coup de théâtre du retrait du dossier de BFM TV qui entre finalement au capital de son ex-concurrent (à hauteur de 19,9 %), on en sait un peu plus sur l’unique projet de chaîne de télé locale pour Toulouse.

Les porteurs du projet de TV Sud devant le CSA (Photo : F . Valéry / France 3)

Les porteurs du projet de TV Sud devant le CSA (Photo : F . Valéry / France 3)

« Nous voulons mettre en place une télé du bien vivre ensemble, n’a cessé de marteler Christophe Musset, le patron de TV Sud, devant les sages du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel qui l’auditionnaient ce mercredi 5 octobre. Une chaîne qui aide à la compréhension de ce nouveau territoire qu’est la région Occitanie ». Le patron de TV Sud parle même de « servir ce territoire », des propos qui se rapprochent de ceux de la présidente PS de Région Carole Delga qui appelle de ses voeux une télé qui « mettent en valeur le territoire de la nouvelle région ».

Bruno Ledoux, le soutien de poids

Face au CSA, Christophe Musset était entouré par Jean Brun, le directeur des rédactions de TV Sud, Jean-Nicolas Baylet, le directeur général de La Dépêche du Midi (partenaire à 10 %) et le millionnaire Bruno Ledoux qui s’engage à prendre 25 % de la holding Médias du Sud (MDS) si le groupe remporte la fréquence de Toulouse, pour mettre en place un réseau régional puis national de télés locales.

Les porteurs du projet ont insisté sur le fait que la fréquence de Toulouse est « vitale » pour les autres télés locales du groupe. « Les autres chaînes du groupe ont besoin de Toulouse, et Toulouse aura besoin des autres chaînes ».

BFM n’aura pas d’influence sur l’éditorial

Sur le plan économique, le capital de TV Sud Toulouse sera constitué à 80,1 % par TV Sud Languedoc-Roussillon et 19,9 % par le groupe Next Radio TV (propriétaire de BFM TV) représenté par Alain Weill. L’accord avec BFM a été conclu lundi soir, soit quelques heures seulement avant les auditions publiques devant le CSA. Christophe Musset a indiqué que BFM TV n’aurait « pas d’influence sur l’éditorial ». 

Le groupe Dépêche du Midi reste à hauteur de 10 % du capital de TV Sud Languedoc-Roussillon. La nouvelle chaîne, si elle obtient l’autorisation du CSA, table sur l’apport d’argent public (par l’intermédiaire de Contrat d’objectifs et de moyens notamment avec la Région) à hauteur d’un tiers de ses ressources, au moins la première année.

JT, réactivité et télé-achat de produits régionaux

Quant aux programmes, TV Sud Toulouse prévoit un journal télévisé local de 10 minutes à 19h30 et des émissions locales mais surtout table sur une forte mutualisation de ses moyens et de ses programmes avec les autres chaînes existantes (à Nîmes, Montpellier et Toulouse) pour créer un réseau de télés locales en Occitanie. Elle prévoit aussi de prendre l’antenne à tout moment de la journée en cas d’actualité importante : faits-divers, intempéries, etc. Enfin, il existe un projet d’émission de télé-achat de produits régionaux.

15 personnes recrutées

15 personnes seraient recrutées à Toulouse. C’est moins que TLT avant sa disparition mais TV Sud dispose déjà d’une équipe de direction, de gestion, de diffusion technique, qui sera commune à toutes les chaînes. Il n’est pas exclu non plus de travailler avec les journalistes de La Dépêche du Midi qui fabrique déjà des reportages vidéos.

Après délibération du CSA, qui pourrait prendre entre 2 et 3 mois pour délibérer, et si les « sages » ne déclarent pas l’appel d’offres infructueux, TV Sud Toulouse pourrait démarrer à l’antenne fin mars 2017.

Fabrice Valéry (@fabvalery).

BFM TV renonce à sa télé locale de Toulouse… pour s’associer avec TV Sud

Coup de théâtre dans le petit monde de l’audiovisuel : alors que les deux prétendants à la télé locale de Toulouse étaient attendus ce mercredi 5 octobre en audition publique au Conseil supérieur de l’audiovisuel à Paris, l’un des deux, BFM TV, a finalement jeté l’éponge… pour s’associer avec son concurrent TV Sud !

(Photo : AFP)

(Photo : AFP)

Le groupe Next Radio TV, propriétaire de BFM TV a informé le Conseil supérieur de l’audiovisuel de son changement de stratégie sur le dossier quelques heures seulement avant les auditions de ce 5 octobre. Il a décidé de retirer sa candidature pour finalement s’associer avec son concurrent TV Sud (à hauteur de 19,9 % du capital). 

Depuis l’annonce (révélée par ce blog) de la candidature de BFM TV à la fréquence toulousaine, les oppositions à la chaîne ont été nombreuses notamment chez les producteurs de programmes audiovisuels qui avaient adressé une lettre ouverte au CSA et lancé une pétition en ligne contre la candidature de BFM. Des élus locaux, notamment le groupe communiste au conseil municipal de Toulouse et à la Métropole, avaient pris eux-aussi position contre BFM TV jugée « anxiogène ».

Le retrait de BFM et son association avec Médias du Sud simplifie les choses. Sauf (encore) une énorme surprise (le CSA peut encore décider que l’appel d’offres est infructueux), plus rien ne s’oppose à l’installation du groupe de Christophe Musset à Toulouse dans l’optique d’y créer une télé en réseau avec les chaînes locales déjà exploitées par TV Sud (à Montpellier, Nîmes et Perpignan) à l’échelle de la nouvelle région Occitanie.

Fabrice Valéry (@fabvalery)

26 Sep

Télé locale à Toulouse : Bruno Ledoux, la botte secrète de TV Sud

Depuis que l’on connaît les deux dossiers candidats à la reprise de la fréquence hertzienne locale de Toulouse, TV Sud (groupe Médias du Sud) fait figure de « PME » face à BFM TV porté par le mastodonte Next-Radio/SFR/Numéricable. Mais un atout dans la manche de Christophe Musset change un peu la donne.

Bruno Ledoux (Photo : AFP)

Bruno Ledoux (Photo : AFP)

Dans le dossier remis par TV Sud au Conseil supérieur de l’audiovisuel, figure un courrier qui est loin d’être anodin. Une letter of intention (LOI) qui fait de son signataire, Bruno Ledoux, un partenaire de poids de TV Sud dans la course à la fréquence télé toulousaine.

Un des grands argentiers des médias

Bruno Ledoux est peu connu du grand public. C’est pourtant lui qui a sauvé le journal Libération de la faillite, un journal dont ce jeune quinquagénaire est depuis 2014 le président du conseil de surveillance et surtout l’actionnaire à 50 % (après l’avoir été à 100 %, mais ça on vous l’explique plus bas, ne ratez rien, c’est croustillant !). Bruno Ledoux, richissime industriel, est aussi collectionneur de tableaux et mécène d’artistes, propriétaire du golf de Saint-Tropez ou encore du château d’Ilbarritz au Pays Basque. Il est surtout très impliqué dans les médias (L’Express, L’Expansion, Le Nouvel Economiste, L’Etudiant…). Continuer la lecture