05 Avr

Le mensuel toulousain Boudu inaugure une nouvelle formule

18 mois après son lancement, le magazine sort en kiosques son numéro d’avril 2017 dans une nouvelle mise en page. « Le même esprit avec des habits neufs » explique l’équipe du journal.

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Nouvelles rubirques, nouvelles signatures, « un peu plus d’actu au début, un peu plus relax à la fin », comme l’indique le magazine Boudu sur sa page facebook. Ce 5 avril, le magazine de société toulousain Boudu, lancé en novembre 2015, inaugure de nouveaux habits avec une mise en page remaniée.

Notre ADN ne change pas : être toujours là où il faut être et jamais là où on nous attend (éditorial) »

Dés le premier coup d’oeil, le magazine fait effectivement peau neuve : une mise en page plus moderne, plus aérée. Des choix plus news magazine « branché » pour séduire un public urbain.

 

Alors changer juste pour changer ? Dans l’éditorial de ce numéro 17, intitulé « Rester Boudu », le rédacteur en chef Jean Couderc s’explique : « On peut lancer une nouvelle formule sans pour autant renier ni regretter ses options initiales. Il n’en reste pas moins que nous avons ressenti le besoin de prendre en compte les nombreux avis qui se sont exprimés depuis le lancement de Boudu il y a un an et demi ».

Le lancement de cette nouvelle formule s’accompagne du rafraîchissement du site internet du magazine : certaines pages du numéro d’avril sont d’ailleurs consultable en ligne. Un conseil : c’est LA bonne occasion de découvrir ou de redécouvrir Boudu. Un magazine innovant et indépendant à Toulouse, c’est assez rare.

FV (@fabvalery)

14 Mar

Média de solutions, « JT » (ex-Journal Toulousain) lance une nouvelle formule

Trois ans après sa reprise par des salariés et des associés en Scop, le Journal Toulousain lance le 30 mars une nouvelle formule, accompagnée d’une nouvelle maquette et d’une identité rafraîchie.

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« JT » c’est le nouveau nom contracté du Journal Toulousain, précédemment baptisé « le JT ». Cette fois, l’hebdomadaire franchit carrément le Rubicon : le projet d’en faire un « média de solution » était jusqu’à présent au milieu du gué. Désormais, le journal se fixe pour objectif d’offrir à ses lecteurs des infos « consctructives », en portant son regard sur les initiatives qui permettent d’améliorer la vie quotidienne, le monde du travail, notre cadre de vie… De trouver des solutions aux problèmes plutôt que de simplement les constater.

« Sociétal, social, environnemental, explique Rémi Demersseman-Pradel, nouveau gérant de la Scop et directeur de la publication du journal, JT doit être le média de solutions par excellence, d’abord au niveau local puis, via le web, au niveau national ».

La ligne éditoriale de JT a donc été recentrée sur cet objectif et la maquette toilettée (exemple d’une Une factice ci-dessus). Elle sera lancée le 30 mars prochain avec la sortie en kiosques de la nouvelle formule.

La rédaction (3 journalistes titulaires et plusieurs pigistes) travaille donc en ce sens, accompagnée par l’équipe commerciale. Installé dans les locaux du Lab’Oïkos, rue Riquet à Toulouse près de la place Saint-Aubin, le journal lancera dans quelques mois, après la nouvelle formule du print, un nouveau site internet, à vocation nationale.

La nouvelle formule d’un média qui a traversé de rudes épreuves ces dernières années est soutenue par une campagne de financement participatif.

Comme d’autres médias locaux, JT veut aussi créer des événements dans la cité. La soirée de lancement de la nouvelle formule le 30 mars sera donc aussi l’occasion de remettre les « trophées des solutions« . Une quinzaine d’entrepreneurs ou d’associations sont nominées.

FV (@fabvalery)

23 Fév

Le D’Oc, le nouveau média montpelliérain qui veut prendre du recul sur l’actualité

Le D’Oc, un nouveau média numérique (avec un magazine papier gratuit trimestriel) a vu le jour mercredi 22 février sur le grand Montpellier. Il veut proposer un autre regard sur l’actualité.

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« Le nom est un double clin d’oeil, explique Benjamin Téoule, le journaliste porteur de ce projet. Le D’Oc, parce que comme un médecin nous voulons ausculter l’info. Le D’Oc, comme le documentaire car nous voulons la traiter en profondeur ».

Le D’Oc, nouveau média qui traite d’infos autour du Grand Montpellier, du Pic Saint-Loup et du Pays de l’Or, est en ligne depuis mercredi 22 février. Dans l’équipe, des photographes, des journalistes, réunis autour de Benjamin Téoule, ex de L’Agglorieuse et correspondant local de L’Express.

Cet ancien élève de l’Ecole de Journalisme de Toulouse (EJT) avait depuis longtemps « l’envie de créer quelque chose« . Voilà chose faite avec ce projet, désormais concrétisé : un site internet qui ne fait pas du flux (environ une publication par jour) car il veut avant tout se détâcher de l’actualité « chaude » pour proposer aux lecteurs des « outils complémentaires aux médias de l’instantanéité ». « Ce n’est pas du tout un média contre un autre, explique Benjamin Téoule, mais nous souhaitons redonner leur place à des formes journalistiques actuellement moins utilisées localement : le reportage, l’enquête, l’interview ».

Le site (payant, environ 3,90 euros par mois selon la formule) et le trimestriel papier (gratuit) ne recevront aucune subvention des pouvoirs publics pour garder leur indépendance. Seule la publicité ouverte aux annonceurs privés sera présente.

Pour l’instant, ce nouveau média va prendre le temps de s’installer. Mais, il n’est pas exclu qu’il étende son territoire au reste de l’Occitanie. Son nom est d’ailleurs presque prédestiné.

En tout cas, c’est encore un pas vers plus de pluralisme dans la région. Dernièrement, c’est le site « Dis-leur ! » créé par deux anciens journalistes de Midi Libre qui a fait son apparition, avec là aussi le souhait d’offrir aux lecteurs d’autres champs que l’actualité pure et dure.

FV (@fabvalery)

14 Fév

Le journal tarnais « La Montagne Noire » renaît grâce notamment à Laurent Cabrol et Wendy Bouchard

Des Mazamétains ne se sont pas satisfaits de la disparition en décembre du journal fondé en 1904. Réunis en association avec à leur tête le dessinateur et animateur Claude Ferran, ils vont faire reparaître le journal début mars avec notamment les coups de main de Wendy Bouchard et Laurent Cabrol.

La future une de La Montagne Noire nouvelle formule (Photo : E. Wat / France 3)

La future une de La Montagne Noire nouvelle formule (Photo : E. Wat / France 3)

« La Montagne Noire » n’est pas morte. Elle bouge encore. Le journal bi-hebdomadaire du pays mazamétain, fondé en 1904, avait mis la clé sous la porte en décembre dernier. Une liquidation judiciaire qui entraînait la disparition du titre, successeur du « Petit Cévennol » et ancien « plus petit quotidien de France ».

Sous l’impulsion du dessinateur (de l’Almanach Vermot notamment) et animateur (Radio 100 % et ex-Sud Radio) Claude Ferran, qui préside l’association, huit personnalités de Mazamet ont décidé de faire revivre le titre.

Le journal ne changera pas »

« Nous avons tous mis de notre poche, explique Claude Ferran, mais notre association est sans but lucratif. Le seul objectif est de refaire vivre le journal. Nous nous y employons chaque jour depuis un mois ».

L’objectif est de faire reparaître « La Montagne Noire » début mars. Avec de sérieux coups de pouce : l’animateur météo d’Europe 1, le Mazamétain Laurent Cabrol (qui préside déjà le club de rugby le Sporting Club Mazamétain) participera bénévolement ainsi que sa collègue Wendy Bouchard également co-animatrice de l’émission « Même le Dimanche » avec Dave sur France 3.

Wendy Bouchard (photo : MaxPPP)

Wendy Bouchard (photo : MaxPPP)

« Je serai une sorte de rédactrice en chef adjointe bénévole, a expliqué la Tarnaise d’adoption, et j’enverrai au journal des petits articles parisiens ».

Si tout se passe comme prévu « La Montagne Noire » n’aura donc connu que deux mois d’interruption. Les Mazamétains vont enfin retrouver leur journal. « Il ne changera pas » assure Claude Ferran.

FV (@fabvalery)

31 Jan

Aides à la presse : qui a touché les 3,7 millions distribués en 2015 en Occitanie ?

Le ministère de la Culture et de la Communication a publié la liste des 326 titres de presse écrite qui ont touché des aides publiques en 2015. Au total, 77 millions d’euros dont 3,7 millions d’euros en Occitanie dont, du fait du rachat de Midi Libre et consorts, 96 % ont été versés au groupe Dépêche du Midi.

(Photo : MaxPPP)

(Photo : MaxPPP)

Après son rachat des Journaux du Midi, le groupe La Dépêche du Midi truste 96 % des aides publiques à la presse en Occitanie selon les chiffres 2015 publiés en janvier 2017 par le ministère de la Culture et de la Communication. Le groupe a en effet touché 3 593 977 euros cette année-là sur les 3 743 314 euros distribués par l’Etat dans la région (il est ici pris en compte la totalité des aides de l’année 2015, le rachat des journaux du midi par le groupe Dépêche étant effectif en juin 2015).

Les aides publiques aux différents titres du groupe Dépêche du Midi se décomposent de la manière suivante :

  • La Dépêche du Midi est le 8ème titre le plus aidé en France avec 1 656 519 euros versés en 2015 (821 050 au titre de l’aide au portage et 835 469 euros pour l’aide à la modernisation sociale, un doux euphémisme concernant la prise en charge financière des salariés relevant des conventions collectives et cessant leur activité). Cela représente selon les calculs de l’Etat une aide de 0,03 euro par exemplaire (un peu plus de 150 000 exemplaires/jour). En comparaison, l’aide de l’Etat au numéro est de 0,02 euro pour Ouest-France et 1 centime pour le quotidien régional Sud-Ouest. 
  • Midi-Libre a reçu 609 837 euros soit 1 centime à l’exemplaire.
  • Centre-Presse Aveyron a touché 590 092 euros dont 84 000 euros au titre du pluralisme soit 10 centimes du numéro.
  • La Nouvelle République des Pyrénées a reçu 348 669 euros (11 centimes l’exemplaire)
  • L’Indépendant : 140 737 euros soit 1 centime au numéro
  • Il faut ajouter Le Petit Bleu d’Agen et du Lot-et-Garonne, propriété du groupe mais édité hors région Occitanie : 248 123 euros soit 10 centimes par exemplaire.

18 autres titres de notre région sont aidés par l’Etat, mais à eux tous ils n’ont donc reçu que 149 337 euros en 2015 (soit une moyenne de 8 300 euros environ). Les titres aidés sont les suivants ; il s’agit principalement de petites publications locales ou départementales qui touchent donc des aides au titre du pluralisme :

  • Le Petit Journal (Tarn et Garonne, Ariège, PO etc) : 37 467 euros dont 29 416 au titre du pluralisme.
  • La Gazette de Montpellier : 23 246 euros au titre du pluralisme
  • Le Tarn Libre : 9 634 euros au titre du pluralisme
  • La Lozère nouvelle : 9451 euros au titre du pluralisme
  • La Gazette de Nîmes : 8082 euros au titre du pluralisme
  • Le Journal de Millau : 7691 euros au titre du pluralisme
  • La semaine des Pyrénées : 6791 euros au titre du pluralisme
  • La Croix du Midi/ Voix du Gers (etc) : 6382 euros au titre du pluralisme
  • La Gazette Ariégeoise : 5028 euros au titre du pluralisme
  • L’Opinion indépendante : 4501 euros au titre du pluralisme
  • Le Réveil du Midi : 4 458 euros au titre du pluralisme
  • L’Essor Bigourdan : 4140 euros au titre du pluralisme
  • Le Républicain d’Uzès et du Gard : 3830 euros au titre du pluralisme
  • L’Hebdo (Rodez) : 3674 euros au titre du pluralisme
  • L’Hebdo de l’Ardèche : 3674 euros au titre du pluralisme
  • Le Journal Toulousain : 3674 euros au titre du pluralisme
  • Le progrès Saint-Affricain : 3674 euros au titre du pluralisme
  • La semaine du Minervois : 3674 euros au titre du pluralisme
  • Le Bulletin d’Espalion : 2940 euros au titre du pluralisme

A noter qu’en 2016, le gouvernement a adopté la réforme des aides à la presse avec notamment la création  d’un fonds de soutien à l’émergence et à l’innovation dans la presse.

Les aides publiques à la presse sont régulièrement sous le feu des critiques en France, les journaux indépendants reprochant à l’Etat « d’arroser » les plus gros. En 2015, les 10 titres qui ont touché le plus d’aides au niveau national sont :

  1. Aujourd’hui en France/Le Parisien : 7,7 millions d’euros (0,15 euros par exemplaire)
  2. Libération : 6,5 millions (23 centimes par exemplaire)
  3. Le Figaro : 6,5 millions (7 centimes)
  4. Le Monde : 5,4 millions (6 centimes)
  5. La Croix : 4,4 millions (14 centimes)
  6. Ouest-France : 4,1 millions (2 centimes)
  7. L’Humanité : 3,6 millions (36 centimes, un record)
  8. La Dépêche du Midi (voir plus haut)
  9. Les Echos : 1,6 million (5 centimes)
  10. Le Progrès : 1,6 millions (2 centimes)

FV (@fabvalery)

30 Jan

La Dépêche du Midi a-t-elle basculé du côté d’Emmanuel Macron ?

Dès le lendemain de la primaire de la gauche, le journal régional, propriété de la famille Baylet, s’affiche Macron-compatible. Comme le PRG ?

La une de La Dépêche du Midi de ce 30 janvier.

La une de La Dépêche du Midi de ce 30 janvier.

Le gros titre « Géant » barre ce lundi matin la une de La Dépêche du Midi sur une photo qui prend presque toute la largeur de la une. De qui parle donc ainsi La Dépêche du Midi ? Du score de Benoît Hamon large vainqueur de la primaire de la gauche ? Non, il s’agit de… handball et du sixième titre de champion du monde de l’équipe de France.

Sur la une du journal, le résultat de la primaire est repoussé dans la manchette… à droite ! Etonnant pour un journal historiquement engagé à gauche.

Valls plus que Hamon…

C’est en pages intérieures que l’on comprend mieux : la primaire s’étale bien sur les 4 premières pages mais c’est le traitement de cette information qui tranche. « Manuel Valls avait la lourde tâche d’endosser le bilan de François Hollande » ; selon le journal l’ancien premier ministre n’est pas sur la touche après sa défaite mais va « recomposer la gauche » ; d’ailleurs « en Occitanie, Valls résiste mieux à Hamon ».

Toujours proche de la gauche et des différents candidats socialistes à la présidentielle (Mitterrand pendant des décennies, Jospin, Hollande), le journal ne se range clairement pas cette fois derrière Benoît Hamon.

Il faut dire que le propriétaire de La Dépêche du Midi, Jean-Michel Baylet, ministre du gouvernement Cazeneuve nommé par François Hollande l’an passé dans l’équipe de Manuel Valls, avait choisi de le soutenir, tout comme Sylvia Pinel, qui lui a succédé à la tête du PRG et s’est rangée derrière Manuel Valls au soir du premier tour de la primaire.

…et Macron plutôt que « l’utopie »

Valls éliminé, Hamon trop à gauche, La Dépêche du Midi semble avoir choisi « le trublion qui monte » : Emmanuel Macron ! Il faut pour comprendre cela lire l’éditorial de Jean-Claude Souléry. Intitulé « Regardez ailleurs ? »

A bien y regarder, il arrive qu’un bel utopiste ressemble de bonne foi à un sacré illusionniste (…) Que nous promet en effet le candidat socialiste ? Bientôt la fin du travail et le revenu pour tous ! Bientôt la distribution générale dans un monde contemplatif où, à la sueur des robots, l’homme n’aurait plus qu’à cueillir les fruits de son non-travail ! Ce n’est pas exactement le propos de Benoît Hamon. Mais presque.

L’éditorialiste indique que « dans un contexte aussi défavorable à la gauche, Manuel Valls aurait limité la casse (…) Du coup, le PS s’en va camper résolument à gauche, beaucoup plus à gauche que son électorat réel ».

Le journal suggère donc de « regarder ailleurs » : « Ceux qui, désormais, veulent se tourner vers le « progressisme » d’Emmanuel Macron expriment en quelque sorte le fameux « désirs d’avenir » cher à Ségolène Royal ».

Car, franchement -et ce n’est pas leur faire offense-, ni Benoît Hamon ni Jean-Luc Mélenchon ne peuvent aujourd’hui rêver de victoire finale. Alors, demain, Macron ?

La Dépêche du Midi, premier titre de la presse quotidienne régionale à s’engager derrière Emmanuel Macron ?

FV (@fabvalery)

17 Jan

Après Montpellier, « L’agglo-rieuse » étend ses ailes sur Toulouse et l’Aveyron

Occitanie oblige, le journal satirique montpelliérain a décidé de s’attaquer à la capitale régionale, mais aussi au département voisin de l’Aveyron. Attention, ça risque de piquer un peu !

© L'agglorieuse

© L’agglorieuse

C’est un dessin qui résume bien la situation : publié sur le site de « L’agglo-rieuse« , on y voit Christian Teyssèdre, le maire de Rodez, Carole Delga, la présidente de la Région Occitanie et Jean-Luc Moudenc, le maire de Toulouse, se réjouir, au nom de la liberté d’expression, de l’arrivée du journal à Toulouse et dans l’Aveyron. Au premier plan, une mouette (rieuse), symbole du journal, un flingue à la main. Et au second plan, Philippe Saurel, le maire de Montpellier, territoire de chasse habituel du journal, qui a cette phrase : « je leur dis rien, ils découvriront… »

C’est sans doute cela : les élus (et les lecteurs) toulousains et aveyronnais vont « découvrir » L’agglo-rieuse, l’hebdomadaire qui sévit à Montpellier depuis 15 ans. L’équipe a décidé d’étendre son territoire.

« On travaille sur de l’info politique et satirique à la fois, explique Tristan Cuche, le directeur de la publication. Et sans être prétentieux, on ne peut pas dire que cela soit très développé à Toulouse et en Aveyron ». Quelques correspondants locaux travaillent déjà pour le journal, qui continue de recruter des « informateurs du cru«  (l’expression est du journal lui-même).

Depuis début janvier 2017, on peut donc trouver des articles sur Toulouse et l’Aveyron sur le site internet du journal. Pour le moment, ces contenus sont gratuits, le temps de trouver un public. Dans quelques mois, il faudra s’abonner pour y accéder. En tout cas, cette extension de la zone de couverture de la mouette montpelliéraine ne se traduira pas pour l’instant par l’arrivée du journal papier dans les kiosques toulousains et aveyronnais.

« L’agglo-rieuse » est un peu le poil à gratter de la politique montpellièraine. A Toulouse, il y a eu Satiricon, une sorte de Canard Enchaîné local, très consciencieux journalistiquement parlant. « L’agglo-rieuse », elle, prend parfois quelques aises avec les principes journalistiques.

Chacun à sa manière, le succès du blog politique de France 3, l’arrivée de « Politic Région », le déploiement régional du média d’investigations Médiacités (au printemps), et l’atterrissage local de la mouette de « L’agglo-rieuse » sont des petits pas en faveur du pluralisme. Et en ce qui concerne le traitement en région de la politique, cela ne peut pas faire de mal, surtout au lecteur. Bien au contraire.

FV (@fabvalery)

04 Jan

Retard de salaires, arrêt du print : sale temps pour « Politic Région »

Le magazine politique régional créé en mai dernier par trois associés toulousains a cessé sa parution après seulement trois numéros. La direction indique vouloir lancer une nouvelle formule. Des pigistes, qui n’ont pas été payés, ont mis en demeure leur employeur.

© Politic Région/ Facebook

© Politic Région/ Facebook

Après seulement 6 mois d’existence, « Politic Région » est dans une phase difficile. Le magazine lancé en mai 2016 par trois associés, l’homme d’affaires Armand Partouche, le journaliste (ex-Journal Toulousain) Thomas Simonian et le communiquant (ex-directeur de la rédaction de La Dépêche du Midi) Jean-Christophe Giesbert, a brusquement disparu des kiosques après seulement trois numéros, en mai, juillet et septembre. Le numéro 4 qui devait sortir en novembre ne verra pas le jour. Seul le site internet est toujours en fonction.

Un projet multiforme

En mai dernier, l’équipe présentait ce nouveau concept d’infos politiques en grandes pompes à Toulouse. Un magazine sur papier glacé et un site internet alimentés notamment par des pigistes mais aussi des « chroniqueurs » recrutés pour leur appartenance à des partis politiques.

Surtout, « Politic Région » avait pour vocation de toucher le personnel politique, les élus de la région Occitanie, à travers des articles mais aussi des offres de services payantes : formation, coaching, média-training, écriture d’articles clés en main, etc. Un « facebook des élus » avait même été annoncé ainsi que la volonté de développer le concept au-delà des frontières de l’Occitanie.

L’objectif affiché était de « remettre en valeur la politique », quitte à rendre poreuses les frontières entre l’éditorial, la communication et le business.

Un contentieux avec des journalistes

Mais la situation a vite dégénérée. Plusieurs pigistes n’ont pas été payés pour leurs travaux, articles ou photos. Après des négociations infructueuses avec la direction, ils ont déposé fin décembre une mise en demeure pour exiger le paiement des salaires dûs. Pour l’un de ces pigistes, la situation s’explique parce que « les actionnaires n’ont apporté que du capital mais pas le cash nécessaire pour faire tourner la boutique ».

« On paiera tout le monde »

Armand Partouche, le principal actionnaire, conteste que l’entreprise soit en difficulté financière. « On paiera tout le monde » affirme-t-il à France 3 Midi-Pyrénées, indiquant que ces sommes ne représentent que « quelques centaines d’euros« . Il précise que les sommes dûes seront toutes rapidement versées et confirme que la version print est bien « suspendue » en attendant des décisions sur une nouvelle périodicité.

« Le projet ne reposait pas sur la version print du magazine, explique-t-il, mais sur la plateforme internet qui continue de fonctionner. Je n’étais personnellement pas favorable à une version imprimée du magazine au départ mais on m’avait convaincu du contraire. Malheureusement, les élus que nous avions contacté, pour des raisons budgétaires, n’ont pas pu tenir leur promesse, en terme d’abonnements et d’achats d’espaces publicitaires. C’est pour cela que nous avons arrêté le print, mais nous avons encore plein de projets ». 

Un recentrage vers des activités de communication ?

L’équipe est en attente du résultat d’un appel d’offres lancé par le conseil régional d’Occitanie auquel « Politic Région » a candidaté. Il s’agit de livrer des infos et des articles prêts à être diffusés. « C’est un marché très important pour nous, explique Armand Partouche. Nous allons constituer un maillage de 13 journalistes dans les 13 départements de la Région pour assurer un suivi et une remontée des infos au service communication de la Région qui en disposera ensuite comme bon lui semble. Cela nous permettra aussi d’assurer la couverture de l’actualité politique au plus près des départements de notre région, grâce à ce maillage ». 

Un projet toujours aux limites de la communication et du journalisme. L’essence-même de « Politic Région » qui ne renonce pas non plus à d’autres projets, dans l’événementiel ou le conseil aux élus. « Il n’y a pas de danger économique pour l’entreprise qui ne manque pas de projets » réaffirme Armand Partouche.

FV (@fabvalery)

03 Jan

Débrayage à Centre-Presse Aveyron, 18 mois après le rachat par La Dépêche

Les journalistes et personnels de Centre-Presse en Aveyron sont inquiets pour l’avenir. Ils ont observé un mouvement de grève de deux heures ce mardi 3 janvier.

Le personnel devant Centre-Presse à Rodez (Photo : L. Tazelmati / France 3)

Le personnel devant Centre-Presse à Rodez (Photo : L. Tazelmati / France 3)

18 mois après le rachat par le groupe Dépêche du Midi des Journaux du Midi (Midi Libre, L’Indépendant et Centre Presse Aveyron), les salariés de Centre Presse, inquiets pour l’avenir de leur titre, ont observé un mouvement de grève de deux heures en début d’après-midi ce mardi.

En question, la présence du titre sur le territoire aveyronnais. « L’agence de Villefranche de Rouergue a été fermée en catimini en octobre, explique Salima Ouirni, représentante du syndicat national des journalistes (SNJ) au CHSCT. Il semble que la direction souhaite aussi fermer celles de Decazeville et Espalion. Alors nous avons décidé de réagir symboliquement par ces deux heures de débrayage ».

Ce que craignent les journalistes c’est qu’à terme, suite au rachat par La Dépêche, les trois journaux présents sur le territoire aveyronnais finissent par proposer les mêmes contenus à leurs lecteurs. « Nous avons déjà un accord de mutualisation avec Midi-Libre, explique Salima Ouirni, mais avec la Dépêche c’est une mutualisation forcée. Avec comme risques : des suppressions d’emplois, le recul de notre présence sur le terrain et la fin du pluralisme dans le département« . 

Déjà, les articles sur Villefranche qui paraissent dans Centre Presse sont écrits par les deux journalistes de La Dépêche sur place. Dans un communiqué, le SNJ indique que « 8 postes de journalistes en CDI ont déjà été supprimés«  en Aveyron : « 5 pour Centre Presse, 3 pour La Dépêche dont les effectifs sont désormais incompatibles avec une quelconque autonomie (plus que 8 journalistes Dépêche sur l’ensemble du département, dont 3 de 59 ans et plus). Et ce n’est sans doute qu’un début, puisque la direction a généralisé à tous ses titres le principe mortifère en cours depuis 15 ans à La Dépêche : « On ne remplace pas un journaliste qui quitte l’entreprise » ».

En rachetant les Journaux du Midi en 2015, le groupe La Dépêche du Midi a renforcé sa présence sur l’ensemble du territoire de la nouvelle région Occitanie. Mais dans deux départements, l’Aude et l’Aveyron, ces journaux se retrouvent en « concurrence ».

L’autorité de la concurrence avait autorisé ce rachat en 2015 mais avait souligné qu‘il plaçait le groupe en situation de monopole sur ces deux départements et risquait « de conduire à une homogénéisation du contenu des titres, au détriment des lecteurs qui subiraient une réduction de la qualité et de la diversité des journaux de presse quotidienne régionale ». L’autorité avait alors imposé des conditions au groupe Dépêche, que ce dernier s’était engagé à respecter : « ne pas procéder à l’harmonisation des contenus de ses titres, maintenir des rédactions en chef distinctes et dédiées aux différents titres et poursuivre la diffusion de l’ensemble de ses titres de presse quotidienne régionale dans l’Aude et l’Aveyron ».

Mais parallèlement, le groupe poursuit un plan d’économie commun à tous les titres qui prévoit notamment la suppression de plus de 350 emplois.  A La Dépêche, le SNJ avait alerté récemment sur l’état de la rédaction après de nombreux départs. Une rédaction « à l’agonie » avait indiqué le syndicat.

FV (@fabvalery)

EN VIDEO : le reportage de Rouzane Avanissian et Luc Tazelmati


Débrayage à Centre-Presse

02 Jan

L’hebdo « La Libération du Comminges » cesse de paraître après 3 761 numéros

Fondé à la Libération, le petit hebdo local de Saint-Gaudens et du sud de la Haute-Garonne a publié son dernier numéro le 26 décembre après plus de 70 ans d’existence.

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Les temps sont rudes pour la presse ultra-locale et particulièrement en Occitanie où les petites publications, malgré leur ancienneté, ne parviennent pas à survivre. Après le journal tarnais « La Montagne noire », qui a cessé de paraître début décembre après 102 ans d’existence, c’est au tour de « La Libération du Comminges », un hebdomadaire d’information du sud de la Haute-Garonne publié par l’imprimerie Vanin, d’annoncer sa disparition.

Le numéro 3761 du 26 décembre était le dernier. Un encart de quelques lignes, intitulé « Voilà c’est fini… » a été inséré à la une. « Erosion du lectorat, hausse des frais (notamment l’affranchissement postal), perte de l’habilitation à publier des annonces légales basée sur des chiffres de population totalement obsolètes, situation économique du Comminges plus que difficile… ». Ce sont les raisons avancées par l’équipe pour mettre fin au journal, plus de 70 ans après sa création à la fin de la seconde guerre mondiale.

L’hebdomadaire disparaît donc. L’ancien député socialiste Jean-Louis Idiart, prédécesseur de Carole Delga à l’Assemblée Nationale, a regretté sur facebook cette disparition : « Porte parole de la droite commingeoise, écrit-il, il a souvent été excessif notamment dans ses éditoriaux. Il ne nous a pas épargné. Surtout les socialistes de Saint-Gaudens. Je ne l’ai pas été non plus (…) Mais la démocratie, la liberté de la presse priment. Aussi au risque de recevoir quelques remarques de puristes, j’avoue regretter la fin de cette publication ». 

FV (@fabvalery)