21 Sep

Diffamation contre le FN : la justice confirme définitivement la relaxe du journaliste toulousain Pascal Pallas

La Cour d’appel de Bordeaux a définitivement écarté toute responsabilité du journaliste après une longue procédure.

Pascal Pallas (photo : Laurent Dubois)

Pascal Pallas (photo : Laurent Dubois)

Après 4 ans de procédure, le journaliste toulousain Pascal Pallas est enfin totalement blanchi dans l’affaire de la plainte pour diffamation du Front National.

Le FN 31 avait porté plainte en diffamation après la publication dans Voix du Midi d’un reportage où Nadia et Thierry Portheault, anciens militants du Front National, dénonçaient les propos racistes de certains cadres du FN de Haute-Garonne. La plainte avaient été déposée contre les époux Portheault mais c’est la justice qui avait décidé de poursuivre également l’auteur de l’article. Une affaire que nous avions suivi sur ce blog.

Relaxé en première instance, puis en appel, Pascal Pallas a du attendre un nouvel arrêt de la Cour d’appel, cette fois de Bordeaux, après la décision de la Cour de Cassation, saisie par le FN, de casser l’arrêt toulousain !

Cette fois, l’affaire est close.

« Dans cette affaire, complètement dominée par une volonté de communication politique, explique le journaliste, je n’ai jamais été véritablement inquiet pour mon sort, ayant respecté au cordeau les règles de base de notre métier de journaliste. Mais il est évident que c’est toujours mieux lorsque c’est écrit noir sur blanc sur une décision de justice, après presque 4 ans de procédure »

Au-delà de son cas personnel, celui qui est désormais délégué régional Occitanie du groupe Publihebdos, voit dans cet arrêt de la Cour d’appel de Bordeaux, une satisfaction pour la profession de journaliste : « Elle confirme la liberté d’expression du journaliste dès lors que celui-ci respecte le cadre de la loi de 1881 sur la liberté de la presse, cumulant notamment les quatre critères de bonne foi examiné en cas d’attaque en diffamation : le but légitime de l’article, l’absence d’animosité personnelle, le sérieux de l’enquête, la prudence et la mesure dans l’expression. Cet arrêt est tout aussi préventif pour la profession de journaliste, hélas parfois pas tout à fait exempte de toute reproche. En ce sens, une piqûre de rappel des grands principes de la loi de 1881 ne peut pas faire de mal ».

FV (@fabvalery)

13 Sep

La tournée des popotes toulousaines du président du CSA Olivier Schrameck

Discret, peu médiatique, le président du Conseil supérieur de l’Audiovisuel (CSA) Olivier Schrameck est à Toulouse les 14 et 15 septembre pour rencontrer notamment Jean-Luc Moudenc et Carole Delga.

Olivier Schrameck (Photo : Christophe Morin / MaxPPP)

Olivier Schrameck (Photo : Christophe Morin / MaxPPP)

 

Olivier Schrameck, président du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) est en visite « officiellement » pendant deux jours à Toulouse jeudi 14 et vendredi 15 septembre. Le patron de l’instance de régulation et de contrôle des chaînes de télé et des radios se rend peu sur le terrain. Il arrive à Toulouse 15 jours avant le lancement des émissions de Vià Occitanie, nouveau nom de TV Sud. C’est le CSA qui lui a accordé fin 2016 la fréquence locale de Toulouse, laissée libre par la disparition de TLT en juillet 2015.

A Toulouse, Olivier Schrameck va surtout faire la tournée des popotes politiques : il aura un entretien le jeudi matin avec Carole Delga, la présidente PS du Conseil régional d’Occitanie, et le vendredi matin avec Jean-Luc Moudenc le maire LR et président de la Métropole de Toulouse.

Le poids des élus sur les médias

Les dossiers audiovisuels sont (toujours) très politiques. Localement comme nationalement, les élus aiment croire qu’ils peuvent avoir la mainmise ou pour le moins une influence sur les médias. La télé particulièrement. Ce média fascine ou repousse. Concernant TV Sud (pardon, Vià Occitanie), échaudé par l’expérience de TLT dont la métropole était devenu le principal pourvoyeur de fonds, Jean-Luc Moudenc n’a pas souhaité entrer dans le capital voire signer un Contrat d’objectifs et de moyens. La ville de Toulouse sera donc spectatrice mais pourrait tout de même, selon nos informations, « sponsoriser » certaines émissions de la nouvelle chaîne ou acheter des espaces publicitaires.

Il faut dire que le projet est à l’opposé de ce qu’était TLT. Les dirigeants de Médias du Sud vont lancer le 28 septembre une chaîne régionale, avec une grille commune aux antennes actuelles de Montpellier, Nîmes et Perpignan et à la nouvelle de Toulouse. Vià Occitanie conservera des décrochages locaux mais sera avant tout une chaîne aux contours proches de celle de la nouvelle région Occitanie. D’ailleurs, peu après son élection, Carole Delga appelait de ses vœux une chaîne régionale de plein exercice qui parle du nouveau territoire à ses habitants. Le conseil régional, déjà partenaire de Médias du Sud en ex-Languedoc-Roussillon a accordé 1,5 million d’euros sur trois ans à la chaîne au titre de son arrivée à Toulouse. 

L’énigme du CTA

Olivier Schrameck rencontrera aussi les membres du comité territorial de l’audiovisuel (CTA). Cette instance est inconnue du grand public. Il s’agit pourtant de la représentation locale du CSA en région. Ils sont au nombre de 12 et ont un vrai pouvoir : « ils assurent, comme l’indique le CSA sur son site, l’instruction des demandes d’autorisation pour la diffusion des services de radio par voie hertzienne terrestre et l’observation de l’exécution des obligations qu’elles contiennent. Ils peuvent, à la demande de l’assemblée plénière du Conseil, participer à l’instruction des demandes d’autorisation concernant des services de télévision locale et participer à l’observation de l’exécution des obligations contenues dans les autorisations ».

Celui de Toulouse a une particularité : il compte parmi ses membres un élu du conseil régional et président de la commission culture et audiovisuel de la Région. Serge Regourd est un spécialiste de l’audiovisuel, certes, mais, comme nous le faisions remarquer sur ce blog en 2016, qui a fait le choix d’entrer en politique. Il a donc une double casquette surprenante. En septembre 2016, le CSA nous indiquait que l’intéressé se mettrait « en retrait » du CTA quand les dossiers télés seraient discutés. Serge Regourd nous avait répondu qu’on surestimait son pouvoir et qu’il n’était alors question d’aucun retrait.

Une « tempête dans un verre d’eau » concluait-il. Il faut bien reconnaître que face à l’océan des problèmes des Français (emploi, santé, éducation, urgence climatique, etc), le dossier de l’audiovisuel ne pèse pas plus qu’une goutte. Même pas un verre.

FV (@fabvalery)

12 Sep

Sébastien Dupuis (ex-Canal +) : « Pourquoi je rejoins Vià Occitanie-TV Sud »

INFO LE BLOG MEDIAS D’ICI – L’ancien commentateur du foot sur Canal + et Toulousain d’origine Sébastien Dupuis rejoint TV Sud (qui devient Vià Occitanie) en tant que directeur des sports. A quelques jours du démarrage de l’antenne sur Toulouse.

Sébastien Dupuis

Sébastien Dupuis

C’est officiel et c’est une info exclusive du blog Médias d’ici : comme nous vous l’annoncions avant l’été, les contacts avancés entre la direction de TV Sud (qu’il faut désormais appeler Vià Occitanie) et l’ex-commentateur foot sur Canal + Sébastien Dupuis viennent de déboucher sur le recrutement du journaliste d’origine toulousaine comme directeur des sports de la chaîne locale qui va devenir régionale lors du démarrage de sa fréquence à Toulouse le 28 septembre prochain.

Un choix d’envie et d’ambition »

Passer de Canal + (où Sébastien Dupuis a œuvré pendant 14 ans et était 2ème ou 3ème commentateur football) à une chaîne régionale en Occitanie, est-ce vraiment un défi ? « Absolument, répond l’intéressé. Ce n’est pas un renoncement professionnel, mais un choix d’envie et d’ambition. Le projet m’a touché parce qu’il est régional, dans ma région d’origine. Parce que je veux participer à la renaissance d’une télé à Toulouse et puis parce qu’il s’agit de faire un journalisme de qualité mais aussi une info positive, or le sport est un vecteur de rassemblement« . 

« Il s’agit sans doute du dernier challenge pour les télés locales, poursuit Sébastien Dupuis, et la région Occitanie va être un laboratoire. C’est très excitant ».

Le lancement le 28 septembre de la diffusion de Vià Occitanie (ex-TV Sud) à Toulouse coïncide avec la régionalisation de la grille de la chaîne qui émet déjà à Montpellier, Nîmes et Perpignan et qui s’est vu attribuer la fréquence locale de Toulouse par le CSA fin 2016, après la disparition de TLT.

Christophe Musset, le patron du groupe Médias du Sud, s’est adossé au richissime Bruno Ledoux : le projet c’est de bâtir dès 2018 un réseau national de télés locales sous l’étiquette Vià. Les « petites » télés locales, fédérées, seraient ainsi plus fortes pour échanger des programmes, monnayer les vidéos sur le web, voire négocier des droits sportifs…

Nous allons jouer sur notre proximité avec les clubs locaux dans tous les sports

L’arrivée de Sébastien Dupuis, qui compte une longue expérience à Canal +, n’est donc pas un hasard. « Je sais bien que face à Canal ou BeIN, nous ne pourrons pas lutter sur les droits sportifs. Mais dans un premier temps nous allons jouer sur notre proximité avec les clubs locaux dans tous les sports. Pour les grands événements, nous saurons éditorialiser notre propos, avant et après l’événement ».

Le nouveau directeur des sports de Vià Occitanie veut à la fois parler et montrer du sport sur l’antenne de son nouvel employeur. Il ne cache pas son enthousiasme dans un nouveau défi qui mêle « envie personnelle et projet professionnel ».

Le recrutement sport de Vià Occitanie n’est pas encore terminé. D’après nos informations, Judith Soula (ex-L’Equipe TV, France Télévisions, Canal + et Sud Radio) devrait rapidement rejoindre l’équipe désormais dirigée par Sébastien Dupuis.

FV (@fabvalery)

08 Sep

Trois journalistes de Rugbyrama.fr licenciés par La Dépêche… pour avoir demandé leur carte de presse

La Dépêche Interactive, gestionnaire du site Rugbyrama.fr, a décidé de licencier trois responsables éditoriaux du site spécialisé dans le rugby, qui demandaient une revue de leur statut et venaient d’obtenir leur carte de presse. L’intersyndicale crie aux méthodes brutales et expéditives.

Capture d'écran du site Rugbyrama.fr

Capture d’écran du site Rugbyrama.fr

Trois journalistes, travaillant pour l’un depuis 3 ans et les deux autres depuis 5 ans sur le site spécialisé Rugbyrama.fr, ont reçu le 1er septembre dernier leur lettre de licenciement de la part de leur employeur, La Dépêche Interactive, filiale numérique de La Dépêche.

D’après les organisations syndicales, ces trois responsables éditoriaux ont demandé en début d’été un réexamen de leur situation et de leur statut au sein de l’entreprise et sollicité un entretien à la DRH. Mais cette demande serait la justification de leur licenciement pour « cause réelle et sérieuse ».

On leur reproche d’avoir demandé (et obtenu) leur carte de presse

Les trois salariés se seraient vus reprocher leur obtention récente de la carte de presse. D’après nos informations, ce fait serait mentionné sur leur lettre de licenciement. Obtenir sa carte de presse sans l’aval de La Dépêche, crime de lèse-majesté !

Pourtant la Commission de la Carte d’Identité des Journalistes Professionnels (CCIJP) a bien vu dans leur travail celui de journalistes : 17 000 articles web publiés par les trois salariés. Elle leur a donc accordé le précieux sésame. De quoi, pour ces journalistes dont le contrat de travail stipulait qu’ils étaient webmasters, réclamer une revue de leur statut. La direction a préféré les licencier, se séparant ainsi de… la totalité de l’équipe de Rugbyrama.fr !

Une « méthode inacceptable » pour l’intersyndicale

L’intersyndicale (CGT, SNJ, CFR-CGC, SNE-CFDT) dénonce dans un tract « une méthode inacceptable ».

Comment trois salariés qui demandent une entrevue au DRH, pour discuter de leur mission et de leur statut peuvent-ils, en retour, sans avoir été entendus, être convoqués à un entretien préalable, en plein mois d’août et licenciés de façon expéditive au motif de « cause réelle et sérieuse » ? » (intersyndicale)

Les syndicats du groupe La Dépêche du Midi (dont Jean-Michel Baylet a repris la présidence cet été) demandent la réintégration des trois journalistes licenciés.

Nous avons sollicité Mickaël Bourguignon, pdg de La Dépêche Interactive, pour connaître la position de la direction sur ces trois licenciements mais à l’heure où nous publions cet article nous n’avons pas reçu de réponse.

Rugbyrama.fr est le site référent en matière d’informations sur le rugby. Il est géré par le groupe La Dépêche et est également le portail rugby d’Eurosport.

FV (@fabvalery)

Toulouse : un atelier de journalisme pour les jeunes de quartiers

C’est le Tactikollectif qui lance cette initiative : une dizaine de jeunes de 17 à 25 ans issus des quartiers défavorisés de Toulouse vont pouvoir bénéficier pendant un an d’une formation en atelier au journalisme avec des publications en ligne.

Une vue du quartier du Mirail à Toulouse (Photo : Pascal Pavani / AFP)

Une vue du quartier du Mirail à Toulouse (Photo : Pascal Pavani / AFP)

Le Tactikollectif, qui travaille depuis des années notamment sur l’accès à la culture des populations vivant dans les quartiers défavorisés de Toulouse, lance pour la première fois l’AJT, l’atelier de journalisme de Toulouse.

Cet atelier est exclusivement réservé aux jeunes (17 à 25 ans), filles ou garçons, vivants dans les quartiers populaires de Toulouse. L’appel à candidature vient d’être lancé et les premiers entretiens pour le « casting » seront retenus. Les ateliers démarreront en novembre et se dérouleront aux Minimes.

Il faut pour candidater avoir déjà un vrai intérêt pour les médias, l’information en général et avoir envie d’écrire. 10 candidats seront retenus et l’atelier devrait démarrer en novembre au rythme de trois heures hebdomadaires, encadrées par un journaliste professionnel, un référent du Tactikollectif et des intervenants extérieurs travaillant dans le monde des médias.

« Nous voulons à la fois aider ces jeunes à comprendre les mécanismes des médias dans un contexte de foisonnement de l’information, explique-t-on chez Tactikollectif, et permettre à ces populations d’avoir un espace de paroles, le droit et la possibilité de s’exprimer ». 

Une chouette initiative qui pourrait aussi permettre de dénicher de jeunes talents. Chez les initiateurs du projet, on estime que l’objectif de ce premier atelier n’est pas forcément de faire de ces jeunes des journalistes professionnels mais que si cet atelier permet à certains jeunes d’envisager de devenir journaliste ce ne sera que du bonus.

Un beau projet, dont nous vous reparlerons ici lorsqu’il aura démarré.

FV (@fabvalery)

30 Août

Des journalistes menacés par un homme armé lors d’un reportage dans le Lot

Travaillant sur les dégâts causés sur un troupeau et imputés au loup, deux journalistes de France 3 Midi-Pyrénées ont été menacés par un éleveur armé d’un fusil de chasse.

L'homme armé d'un fusil a été raisonné par un policier des eaux et forêts

L’homme armé d’un fusil a été raisonné par un policier des eaux et forêts

L’incident s’est produit mercredi 30 août près de Gourdon (Lot). Deux journalistes de France 3 Midi-Pyrénées, qui effectuait un reportage dans le Lot après des attaques de canidés sur un troupeau de brebis ont été pris à partie et mis en joue par un homme armé d’un fusil de chasse. 

Les deux journalistes se trouvaient à ce moment-là sur la voie publique, en présence notamment d’un agent assermenté de la police des eaux et forêts. C’est à ce moment-là qu’un éleveur est arrivé. Il a alors épaulé son fusil de chasse et mis en joue les journalistes qui se trouvaient à une trentaine de mètres environ.

S’en est suivi un vif échange avant que l’homme armé ne revienne à la raison, après l’intervention du fonctionnaire.

La scène a été filmée et l’échange enregistré par le caméraman de France 3 :


Personne n’a été blessé durant cet incident. La perte d’une partie d’un troupeau, une attaque que l’éleveur attribue au loup (dont la présence n’est pas avérée dans le Lot), est un traumatisme pour un agriculteur. Pour autant, cette tension n’excuse en rien les menaces portées contre des journalistes qui ne faisaient que leur travail.

FV (@fabvalery)

17 Juil

Un édito du « Journal d’ici » de Castres déclenche la colère des Harkis

Des associations de Harkis ont manifesté ce lundi 17 juillet devant les locaux du Journal d’Ici à Castres pour protester contre un éditorial de l’hebdomadaire local qui faisait le parallèle entre les élus de droite qui choisissent de soutenir Macron et… les Harkis (qui avait choisi la France plutôt que l’Algérie).

Les Harkis devant le siège du Journal d'Ici. (Photo : M. Brisse / France 3)

Les Harkis devant le siège du Journal d’Ici. (Photo : M. Brisse / France 3)

« Purgée de ses harkis, la droite pourra envisager sa propre refondation ». Ces mots, signés par Pierre Archet, directeur du Journal d’Ici, l’hebdomadaire de Castres, le 22 juin dernier dans un éditorial consacré à l’état de la droite après les législatives, ont fait bondir les associations de Harkis, nombreux dans le Tarn.

Ils se sont sentis comparés à des traîtres et n’ont pas goûté aux mots de l’hebdomadaire fondé en 2003 par Pierre Fabre. Plusieurs d’entre-eux se sont regroupés ce lundi 17 juillet devant les locaux du journal à Castres.

Pourtant, face aux réactions, la rédaction avait publié un autre article le 6 juillet. Sous le titre « Harkis : méprisable méprise », le Journal d’Ici répondait aux réactions suscitées par le premier éditorial : « Certains, pas toujours bien intentionnés et manifestement disposés à souffler sans vergogne sur les braises d’une sujet resté très sensible, ont voulu y voir une façon de qualifier les députés « constructifs » de traître à leur camp politique : nous les renvoyons à leur dictionnaire préféré. Et à leur irresponsabilité. Pour leur part, nos compatriotes rapatriés musulmans ne se sont pas laissés abuser par cette méprisable méprise ».

Apparemment, au vu de la manifestation de ce jour, la méprise n’est pas du côté que l’on croit.

FV (@fabvalery)

05 Juil

Samuel Forey et Tristan Waleckx, deux Prix Albert Londres passés par Midi Libre à Rodez

Les deux journalistes qui ont été récompensés mardi par la plus haute distinction journalistique en France ont tous les deux débutés à l’agence ruthénoise de Midi-Libre.

Samuel Forey (à gauche) et Tristan Waleckx (2ème en partant de la droite) lors de la remise du prix (Photo : Eric Fefenberg / AFP)

Samuel Forey (à gauche) et Tristan Waleckx (2ème en partant de la droite) lors de la remise du prix (Photo : Eric Fefenberg / AFP)

La presse quotidienne régionale, une école pour les journalistes. Deux des 4 journalistes récompensés mardi par le prestigieux prix Albert Londres ont débuté leur carrière à Midi Libre Rodez en Aveyron, comme le rappelle Centre Presse Aveyron.

Samuel Forey, a été distingué pour ses reportages publiés dans Le Figaro sur la bataille de Mossoul en Irak, où il a été légèrement blessé dans une explosion qui a tué ses confrères Véronique Robert, Stephan Villeneuve et Bakhtiyar Haddad.
« Je reçois ce prix prestigieux avec une immense fierté, une immense joie, assombrie par la mort brutale de trois confrères, trois camarades, trois amis », a réagi le journaliste indépendant de 36 ans installé en Irak. Centre-Presse Aveyron rappelle qu’il a travaillé à l’agence de Rodez de Midi Libre en 2009 et qu’il conserve des attaches dans le département.

De son côté, Tristan Waleckx, né à Montpellier comme le rappelle Dis Leur, a lui été récompensé pour le documentaire « Vincent Bolloré, un ami qui vous veut du bien ? » diffusé dans Complément d’enquête sur France 2 et co-réalisé avec Matthieu Rénier. Pour sa part, il avait effectué un remplacement d’été à Midi-Libre en 2006 lorsqu’il était étudiant à l’école de journalisme de Lille. 

Fondé en 1933, en hommage au père du journalisme moderne Albert Londres, le prix récompense chaque année le travail de journalistes de moins de 40 ans. Une dotation de 3000 euros y est associée.

FV @fabvalery)

 

03 Juil

Expo : l’illustrateur Pierre Samson dynamite l’histoire du Canal du Midi

Le journaliste-dessinateur et illustrateur a eu carte blanche pour réécrire l’histoire du canal. Une expo qui vient de s’installer au Musée du Canal du Midi à Revel (Haute-Garonne). A voir jusqu’en mars 2018.

La sédentarisation des peuples palafittiques du chenal (© Pierre Samson)

La sédentarisation des peuples palafittiques du chenal (© Pierre Samson)

Un visiteur qui n’aurait pas été prévenu pourrait être surpris. Un historien classique y perdrait son latin. Attention : humour et sarcasmes se mêlent à l’histoire, la vraie, créant des espaces de vraisemblances qui peuvent être troublants. Mais infiniment drôle !

Pierre Samson (célèbre dessinateur toulousain à la tête notamment du regretté Satiricon) reconnaît lui-même avoir « monté une brouillade d’images en mixant semi-vérités et vraisemblance, savoir historiques approximatifs et réalités géologiques décalées ».

Tout part de la découverte, lors de la vidange du lac de Saint-Ferréol, de la pseudo-découverte d’une espèce fossile inconnue baptisée Pillilupusambrax, mi-phoque mi-loup de mer, témoin d’une faille géologique entre Atlantique et Méditerranée : le canal du Midi, construit au XVIIème siècle par Pierre-Paul Riquet ne serait alors que l’aménagement d’un chenal naturel !

Pierre Samson triture habituellement l’actualité avec ses dessins. Cette fois, c’est l’Histoire qui prend cher avec ses photomontages !

Qu’est-ce qui est vrai ? Qu’est-ce qui est faux ? Au-delà de l’humour, c’est une vraie réflexion sur l’image, sa manipulation (assumée ou dissimulée) et sur, ce que nous appellerons « ce que l’on croit parce qu’on le voit ». Pas inutile à l’époque des fake news.

Pour cette exposition, Pierre Samson s’est entouré de quelques complices dont des journalistes (Stéphane Blanc, Pierre Nicolas), d’un scénographe (Vincent Sablong), d’un mouleur (Rémi Trotereau), etc.

« La folle histoire du Canal du Midi » (ou) la fin de l’imposture Riquet, jusqu’au 4 mars 2018 au Musée du Canal du Midi à Revel (Haute-Garonne).

FV (@fabvalery)

30 Juin

Mécontent d’un article, le député LREM Mickaël Nogal traite le journaliste de « m… » puis s’excuse

Le député de Haute-Garonne a adressé un message à ses soutiens après la publication d’un article qui lui déplaît. Il y traite le journaliste auteur de l’article, de « merde ». Avant de s’excuser.

Mickaël Nogal (Photo : Pascal Pavani / AFP)

Mickaël Nogal (Photo : Pascal Pavani / AFP)

Les journalistes sont prévenus : le quinquennat qui s’est ouvert sera peut-être celui de l’hyper-communication, pas forcément celui du respect de la liberté de la presse. Coup de fil de l’ex-ministre Bayrou à Radio-France, interdiction des photographes à la photo officielle du gouvernement, etc. Les exemples se multiplient. Dernier en date : le député (La République en Marche) de la Haute-Garonne Mickaël Nogal qui n’a pas apprécié un article du blog politique de France 3 Midi-Pyrénées a traité, dans un message adressé à ses soutiens (que nous nous sommes procuré) de… « merde » l’auteur de l’article.

Ce qu’on fait en général avec les (émoticone d’un étron) c’est qu’on évite de marcher dessus et de se salir les pompes »

Mais qu’est-ce qui a bien pu pousser le jeune (26 ans) député de la 4ème circonscription de la Haute-Garonne à se lancer ainsi dans une diatribe scatologique ? La cause de ce coup de colère se trouve dans un article publié ce vendredi matin sur le blog politique : un article où la rédaction de France 3 s’interroge sur le fait que ce nouveau député, qui a été pendant plus d’un an lobbyiste pour un groupe de sodas se retrouve désigné vice-président de la commission des affaires économiques de l’Assemblée Nationale. Reconnaissez que ça pose quand même quelques questions !

Mickaël Nogal arguera sans doute qu’il s’agit d’un message « privé », envoyé en fait à des proches ou militants. Il apprendra qu’en politique rien n’est privé : un message envoyé à ses troupes se retrouve toujours dans l’instant sur les réseaux sociaux et sur les portables des journalistes. Mince alors ! Loin de nous cependant l’idée de mettre sa réaction sanguine sur le compte de son inexpérience : à 26 ans, nouveau député, il a déjà été collaborateur d’élu, lobbyiste et consultant… De quoi être « très fier de mon parcours et d’en être arrivé là où je suis ». 

Pour Mickaël Nogal, l’article en question est donc « à charge ». Il aurait sans doute préféré que le blog politique publie in extenso le joli communiqué de presse « prêt à insérer » qu’il a fait parvenir aux rédactions après sa nomination : titre, chapeau, paragraphes, intertitres, photos… Tout était prêt, il suffisait de faire copier/coller.

Le nouveau député n’est évidemment pas le premier (et sans doute pas le dernier) à s’en prendre aux journalistes qui publient des infos, posent des questions, bref font leur boulot. Mécontent, lui aussi, l’ex-ministre Baylet avait récemment qualifié France 3 de « presse à caniveau ».

Contacté par nos soins, pour savoir s’il maintenait ses propos et le qualificatif de « merde », le député LREM n’a pas répondu à nos sollicitations, sans doute trop occupé à chercher de nouvelles émoticônes sur son téléphone portable (ça c’est de l’humour, pas de l’info, précisons-le à Monsieur Le Député, si toutefois il lit cet article).

FV (@fabvalery)

Mise à jour – Finalement, après une demie journée de réflexion, ou parce que de nombreux médias nationaux avaient repris cette information, Mickaël Nogal a publié un texte sur Twitter (lire ci-dessous) dans lequel il s’excuse à plusieurs reprises des propos tenus à l’encontre du journaliste Laurent Dubois et parle de son propre « emportement ». Il revient également sur l’article à l’origine de cet « emportement » estimant qu’il remettait en cause sa probité. Rappelons que ce n’est évidemment pas le fait qu’il a travaillé dans le privé avant de devenir député qui pose questions mais qu’une partie de cette activité professionnelle a consisté à faire du lobbying pour quelqu’un qui, aujourd’hui, doit écrire et voter la loi. Dont acte.