21 Juin

Licencié par Radio-France, le Toulousain Joël Collado gagne aux prud’hommes

Le prévisionniste à la voix si reconnaissable avait été remercié fin 2015 après 21 ans de services sur les antennes de Radio-France. Les prud’hommes viennent de requalifier son contrat en CDI et de déclarer son licenciement « sans cause réelle et sérieuse ».

Joel Collado (Photo : Th. Bordas / MaxPPP)

Joel Collado (Photo : Th. Bordas / MaxPPP)

Joël Collado, remercié fin 2015 après avoir présenté durant 21 ans les bulletins météo sur France Inter et France Info, a obtenu la requalification en CDI de son contrat avec Radio France et le versement d’environ 36.000 euros, a-t-on appris mercredi.

Le prévisionniste de Météo France, âgé de 68 ans, avait présenté le 27 décembre 2015 son dernier bulletin sur les antennes du groupe public, après avoir indiqué sur France 3 Midi Pyrénées qu’il avait été remercié « pour des raisons mystérieuses ».

Ses employeurs, Météo France et Radio France, avaient invoqué à l’époque la volonté du groupe radiophonique de faire « évoluer le format » de la météo en faisant appel à une voix féminine, et à une prévisionniste installée en région parisienne, alors que Joël Collado présentait ses bulletins depuis Toulouse.

Saisi par l’ex-présentateur, qui avait signé en tout 215 contrats de travail avec le groupe public de radio depuis janvier 1995, le conseil des prud’hommes de Paris a requalifié cette relation de travail « en contrat à durée indéterminée » et considéré qu’il avait fait l’objet d’un « licenciement sans cause réelle et sérieuse », selon le jugement prononcé fin avril, et dont l’AFP s’est procuré une copie.

Les prud’hommes ont condamné Radio France à lui verser en tout environ 36.000 euros, notamment sous la forme d’une indemnité de licenciement conventionnelle, d’une indemnité de licenciement sans cause réelle et sérieuse, de dommages et intérêts pour préjudice moral, et de frais de procédure. Joël Collado, qui était resté salarié de Météo France, demandait plus de 100.000 euros au total.

« M. Collado a été renvoyé de façon cavalière, du jour au lendemain », et même s’il n’a pas obtenu toutes les sommes qu’il réclamait, « il était important pour lui d’obtenir satisfaction, justice a été rendue », a déclaré à l’AFP son avocat, Maître Gilles-William Goldnadel. Son client n’a pas l’intention d’interjeter appel du jugement, a-t-il précisé.
Interrogé par l’AFP, Radio France n’a pas fait de commentaires dans l’immédiat.

(AFP)

19 Juin

Ces journalistes qui passent à la politique, une « tradition » en Midi-Pyrénées

Deux des nouveaux députés élus dimanche en Midi-Pyrénées, Sandrine Mörch et Jean-François Portarrieu, sont journaliste et ex-journaliste. Ils sont loin d’être les premiers dans l’ex-région Midi-Pyrénées. Petit rappel, sans doute pas exhaustif.

Sandrine Morch, journaliste et nouvelle députée de la Haute-Garonne (Photo : Eric Cabanis / AFP)

Sandrine Morch, journaliste et nouvelle députée de la Haute-Garonne (Photo : Eric Cabanis / AFP)

Peut-on être journaliste et faire de la politique ? Si on se place sur le terrain de la morale ou de l’éthique, les réponses varient en fonction de la manière dont on aborde ce métier. Sur le plan « technique », en revanche, la réponse est simple : le journalisme semble être une excellente passerelle pour accéder à des fonctions électives. Le dernier scrutin des élections législatives est encore là pour le prouver.

Les « petits nouveaux »

Sandrine Mörch a été élue dimanche, députée de la 9ème circonscription de la Haute-Garonne. Cette femme de 55 ans, était jusqu’à la campagne électorale, journaliste à France 3 Midi-Pyrénées à Toulouse. Elle a aussi réalisé plusieurs documentaires. Est-ce ce profil de journaliste qui a attiré l’œil de la Commission nationale d’investiture (CNI) d’En Marche ! ou est-ce son profil d’engagée associative ? Difficile de le dire. Un peu des deux sans doute. Toujours est-il qu’elle a été parmi les tout premiers investis par le mouvement d’Emmanuel Macron. Le temps du mandat, elle va quitter son poste de journaliste à France 3.

Lui n’est plus journaliste depuis plusieurs années. Jean-François Portarrieu, 51 ans, a été élu député En Marche! de la 5ème circonscription de la Haute-Garonne. Le passage entre politique et journalisme (ou inversement), il l’a vécu en 2008, après une douzaine d’années comme journaliste à La Dépêche du Midi. Il en dirigeait alors le pôle magazine. Il a choisi à ce moment-là de rejoindre Pierre Cohen (PS) qui venait de remporter la mairie de Toulouse. Directeur de la communication puis directeur adjoint du cabinet, il a quitté Toulouse en 2014, après la victoire de Jean-Luc Moudenc, pour rejoindre l’Aude voisine où il dirigeait jusqu’à présent le cabinet du président de l’agglomération du Grand Narbonne.

Pas tout à fait nouveau (il était déjà député PS du Finistère en 2012), Richard Ferrand, membre du gouvernement d’Edouard Philippe et très proche d’Emmanuel Macron, est Aveyronnais d’origine et c’est dans le journalisme qu’il a débuté, notamment à Centre-Presse Aveyron.

Les « grands anciens »

Sans remonter à Jean Jaurès, député du Tarn et auteur de nombreux articles notamment dans le journal qu’il avait fondé, L’Humanité, et dans La Dépêche du Midi, le plus célèbre journaliste de Midi-Pyrénées à avoir franchi le cap vers la politique est Dominique Baudis. L’ex-présentateur de JT et reporter de guerre est devenu maire de Toulouse en 1983 succédant à son père Pierre Baudis, puis député, président du Conseil régional.

Martin Malvy, ancien ministre, ancien président de la région lui aussi, ex-député est également un ancien journaliste pendant presque une vingtaine d’années, entre les années 60 et 70, principalement à La Dépêche du Midi.

Issu aussi du groupe La Dépêche du Midi, où il a notamment été rédacteur en chef de Midi-Olympique, Henri Nayrou a été plusieurs fois député de l’Ariège et préside actuellement le conseil départemental de ce département.

On peut aussi ajouter à cette catégorie, Jean-Luc Moudenc. Le maire LR de Toulouse aime à rappeler aux journalistes qu’il croise qu’il a débuté à La Croix du Midi avant de rejoindre rapidement le monde politique. Ou encore Bertrand Delanoë, ex-maire de Paris, qui lors de ses jeunes années ruthénoises a travaillé à l’agence de Rodez de La Dépêche.

Ceux qui sont régulièrement candidats

Souvent les journalistes quittent leur métier quand ils sont élus maire ou député. Mais pour les mandats locaux, le plus souvent, l’élu continue d’exercer sa profession, le journaliste comme les autres. Il bénéficie d’aménagements d’horaires pour exercer son mandat. Et parfois, les élections créent des situations cocasses dans certaines rédactions. En 2014, par exemple, lors des élections municipales à Toulouse, Michel Pech figurait sur la liste du maire PS sortant Pierre Cohen (il était d’ailleurs conseiller municipal délégué dans l’équipe sortante) et Thierry Sentous sur celle du candidat LR Jean-Luc Moudenc. Les deux sont journalistes… à France 3 Midi-Pyrénées !

Ceux qui dirigent des journaux

On peut aussi être élu et exercer dans la presse des fonctions de direction. Le meilleur exemple dans notre région est évidemment celui de Jean-Michel Baylet, propriétaire du groupe La Dépêche du Midi. Il a été député, sénateur, plusieurs fois ministre, président du Conseil départemental du Tarn-et-Garonne, etc. D’après nos informations, il disposait depuis 1977 et jusqu’en 2016 (année de son retour au gouvernement) d’une carte de directeur de presse. Mais cette carte n’a pas été renouvelée en 2017, sans doute du fait que c’est son ex-épouse Marie-France Marchand-Baylet qui lui a succédé à la tête du groupe.

Jean-Marie Belin, référent de François Fillon durant la présidentielle en Haute-Garonne et plusieurs fois candidat à des élections, a occupé plusieurs postes de direction à France Télévisions.

Paul Quilès, ancien député PS du Tarn et ancien ministre, a dirigé un temps feu Le Matin de Paris, un quotidien très proche du Parti Socialiste, qui s’est arrêté de paraître en 1987.

Enfin, il y a aussi ces responsables ou élus engagés politiques et qui dirigent des journaux comme Serban Iclanzan, conseiller départemental LR en Haute-Garonne et directeur de La Gazette du Midi ou Rémi Demersseman, gérant de la Scop qui édite le JT (ex-Journal Toulousain) et membre du secrétariat national du PS.

Les journalistes, de « bons candidats »

Pour Olivier Baisnée, chercheur et enseignant spécialisé dans le monde des médias à Institut d’Etudes Politiques (IEP) de Toulouse, « les journalistes font de bons candidats : ils ont fait des études supérieures, ils ont de la culture générale, l’habitude de s’exprimer, de croiser des gens de pouvoirs et sont au fait des sujets politiques ».

Pour lui, le phénomène n’est pas très développé en France comparativement au Royaume-Uni, où la presse tabloïd fournit régulièrement des élus, et à l’Italie. « En Italie, explique-t-il, ce ne sont pas uniquement les directeurs de chaînes de télé qui sautent après les élections mais aussi les journalistes, qui sont beaucoup plus politisés qu’en France ». 

Mais finalement, le journalisme qui mène à la politique, est-ce problématique ? « Elu et journaliste cela peut paraître un problème, mais franchement il y a plein de journalistes qui font de la politique, à travers des éditos ou certains plateaux télé, sans pour autant avoir de carte d’un parti ou avoir tenté d’être élu, explique Olivier Baisnée. Ce qui choque davantage c’est le patron de presse, comme Baylet ou Dassault, qui exerce des mandats politiques tout en dirigeant des titres et qui a beaucoup plus de pouvoir médiatique que le simple journaliste ».

Le chemin inverse est impossible »

« Le vrai souci, conclut le chercheur à Sciences Po, c’est le soupçon rétrospectif qui peut se poser sur le journaliste une fois qu’il est élu. On peut se demander si ce qu’il a fait avant n’a pas en quelques sortes servi à son élection. Et puis, il y a la question du retour : quand on quitte la politique pour redevenir journaliste. Ce chemin inverse est impossible ».

FV (@fabvalery)

20 Mar

Presse à l’école : quand lycéens et collégiens d’Occitanie s’essayent au reportage télé

Dans le cadre de la semaine de la presse et des médias à l’école (20 au 25 mars 2017), plusieurs établissements de la région ont été invités à se questionner en vidéo sur la nouvelle région Occitanie. Voici leurs reportages.

MaxPPP

Photo d’illustration – MaxPPP

Eduquer aux médias, au journalisme, faire découvrir ses métiers, sa technique, développer l’esprit critique des jeunes, ce sont quelques uns des objectifs de la traditionnelle semaine de la presse et des médias à l’école.

Dans ce cadre, France 3 Occitanie et le rectorat de Toulouse travaillent, grâce à une convention, à encourager les élèves à developper le média vidéo dans les établissements et à s’essayer au reportage télé. Des visites des studios de France 3 à Toulouse sont aussi organisées.

Cette année, plusieurs établissements de l’ex-région Midi-Pyrénées ont planché sur la question de la nouvelle région « Occitanie ». Voici leurs vidéos.

Au lycée professionnel et technologique de l’Arrouza à Lourdes (Hautes-Pyrénées), les élèves de seconde en bac pro cuisine sont allés dans la rue à la rencontre des Lourdais. Ils ont posé des questions, parfois pièges, sur la nouvelle région. « Si je vous dis Occitanie, vous me dites quoi ? » C’est le titre de leur vidéo. Où, bac pro cuisine oblige, la question du cassoulet n’est pas oubliée :

« C’est quoi l’Occitanie ? » C’est aussi la question qu’ont posé les élèves du collège Jean-Jaurès de Maubourguet (Hautes-Pyrénées) :

Les élèves du lycée Saint-Exupéry de Blagnac sont aussi descendus dans la rue pour questionner les passants. Avec dans leur montage vidéo, des séquences verticales de type snapchat :

Enfin, c’est un autre choix qu’ont fait les élèves de la section bilingue occitan du collège Bellevue d’Albi. Assis autour d’une table, ils débattent entre eux (et en Occitan) sur les contours de la région Occitanie :

A noter enfin que dans le cadre de cette semaine de la presse à l’école, le journal local de France 3 Tarn se fera vendredi 24 mars avec les élèves de CM1/CM2 de l’école du village de Saliès.

FV (@fabvalery)

13 Mar

On peut tous s’offrir la Une de La Dépêche… sauf Jean-Michel Baylet !

Le groupe Dépêche du Midi vient de lancer un service pour personnaliser la une de ses journaux et permettre ainsi de l’offrir à des proches, pour un anniversaire ou un départ à la retraite. Mais on ne peut pas y mettre tous les noms.

Capture

On a testé pour vous ! Ma-une.fr est un nouveau site lancé par le groupe Dépêche du Midi. Comme c’est déjà le cas pour bon nombre de journaux régionaux ou nationaux, vous pouvez sur ce site personnaliser à outrance la une pour en faire un objet offert à vos amis, vos proches, votre famille à n’importe quelle occasion.

Un cadeau personnalisé…

Il suffit pour cela de choisir de quel journal vous voulez reproduire et personnaliser la une, d’entrer le nom, le prénom, la date de naissance, les centres d’intérêts et la photo de la personne ou du groupe concerné. En quelques secondes vous recevez votre « Une » (gratuitement) par email et vous pouvez aussi la recevoir imprimée par les soins du journal !

…sauf pour Jean-Michel **** !

Mais, à La Dépêche du Midi, tout n’est pas possible ! Nous avons essayé de faire une une non pas à la gloire d’un ami ou d’un collègue de travail mais de… Jean-Michel Baylet, le ministre propriétaire du groupe La Dépêche.

Et là, surprise, notre une est censurée ! Impossible de faire apparaître son nom sur le site mis en place par le journal : à la place, quatre petites étoiles.

Un petit exercice de censure fait maison, sans doute pour éviter que des petits plaisantins ne composent des une gênantes pour des personnalités en vue ? Alors nous avons essayé d’autres noms :

  • François Hollande ? OK
  • François Fillon ? ça fonctionne
  • Emmanuel Macron ? c’est bon
  • Donald Trump ? It’s OK !

En revanche, ça ne fonctionne pas pour… Jean-Nicolas et Jean-Benoît Baylet, les deux fils du ministre, respectivement directeur général et directeur délégué du groupe.

Une censure qui ne s’applique donc pas aux personnalités publiques mais… juste à la famille propriétaire du journal !

FV (@fabvalery)

09 Mar

Tournoi de foot des écoles de journalisme : l’EJT remet son titre en jeu ce week-end à Toulouse

Vainqueur l’an passé du tournoi (et du blaireau surnommé « Typhus » qui fait office de trophée), l’Ecole de Journalisme de Toulouse remet son titre en jeu ce week-end à domicile. Avec une préparation quasi-professionnelle !

EJT

Ce n’est pas tous les jours qu’un club de foot toulousain remporte un trophée. Alors quand l’an passé l’équipe de l’EJT a ramené de Lille le « Blaireau » attribué au vainqueur du tournoi de foot annuel des écoles de journalisme, une première, l’événement a eu un retentissement majeur !

Cette année, c’est donc à domicile que l’EJT remet son titre en jeu ce week-end des 11 et 12 mars. Et l’équipe s’est préparée comme jamais. On peut notamment suivre ses aventures sur le fil twitter de l’équipe, l’EJT FC : une préparation toute en auto-dérision !

L’EJT FC vit… dans un monde parallèle à celui du TFC ! Et justement, les étudiants-journalistes/footballeurs-amateurs ont même réussi à persuader le coach du TFC, Pascal Dupraz, de venir refaire pour eux un pastiche de sa célèbre « causerie » avant le match décisif de la saison dernière à Angers, qui a permis d’assurer le maintien en Ligue 1. La vidéo est particulièrement réussie :

Souhaitons donc bonne chance aux joueurs de l’EJT FC dans leur tentative de conserver Typhus à la maison !

FV (@fabvalery)

24 Fév

Expo : l’ex-ZAD de Sivens vue par le reporter photographe Frédéric Scheiber

Le journaliste photographe a parcouru pendant 6 mois la « zone à défendre » autour du projet de barrage de Sivens. Il expose actuellement à Toulouse ses clichés enrichis de diaporamas sonores.

Photo : F. Scheiber

Photo : F. Scheiber

Des coins les plus reculés de la planète au bout de notre rue, les journalistes sont les témoins de l’évolution du monde. En ces périodes où la vidéo est surpuissante, présente partout, envahissant les réseaux sociaux, il est parfois utile de se poser face à une image arrêtée. Non la photographie n’est pas morte, elle « bouge » encore !

Toulouse compte d’ailleurs un grand nombre de très bons photo-reporters, dont Frédéric Scheiber, qui office depuis une vingtaine d’années pour différents organes de presse.

Il propose actuellement (jusqu’au 24 mai à la galerie Photon à Toulouse) une exposition de ses photos prises pendant 6 mois sur la « ZAD » (zone à défendre) du projet de barrage de Sivens dans le Tarn.

L’histoire, à travers des regards, de ce bataille pour la protection d’une zone humide. Le théâtre, aussi, d’un drame : la mort de Rémi Fraisse.

L’expo est accompagnée d’un dispositif multimédia : des QR Code disposés sous 6 photographies qui proposent au visiteur une immersion dans la ZAD à travers des diaporamas sonores.

FV (@fabvalery)

Une journaliste agressée lors de la manif des lycéens à Montpellier

Une journaliste de France Bleu Hérault a été agressée jeudi à Montpellier pendant la manifestation des lycéens en soutien à Théo.

Lors de la manif des lycéens à Montpellier (MaxPPP)

Lors de la manif des lycéens à Montpellier (MaxPPP)

Alors qu’elle était en train de réaliser des interviews de manifestants jeudi matin lors de la manif des lycéens en soutien à Théo, une journaliste de France Bleu Hérault a été agressée par un groupe de jeunes : elle a été frappée à la tête, on lui a tiré les cheveux. La journaliste a réussi à s’extirper seule de cette situation avant qu’elle ne dégénère.

Cet acte a été vivement condamné par la direction de la radio locale. Attaquer une journaliste venu couvrir cet événement, c’est, comme l’écrit sur Twitter le directeur de France Bleu Hérault Vincent Rodriguez,« une balle dans le pied ».

Il n’est jamais bon en démocratie de voir la presse ciblée par des actions violentes, d’où qu’elles viennent. De nombreux journalistes, des élus, ont d’ailleurs condamné cette agression.

6 interpellations ont eu lieu en marge de cette manifestation à Montpellier mais elles ne sont pas en lien avec l’agression de la journaliste qui a d’ailleurs porté plainte ce vendredi matin au commissariat de Montpellier. 

FV (@fabvalery)

16 Fév

Livre : 10 ans d’enquête sur les milieux djihadistes par le journaliste toulousain Jean-Manuel Escarnot

Le journaliste toulousain Jean-Manuel Escarnot publie ce 16 février le livre « Djihad, c’est arrivé près de chez vous » dans lequel il revient notamment sur les filières toulousaines (Merah, Essid, Clain, etc) et apporte également de nouveaux témoignages, particulièrement en matière de renseignement.

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Des émeutes de banlieue en 2005 jusqu’aux derniers attentats commis en France en 2016, des groupes toulousains constitués autour des frères Merah ou Clain aux témoignages de policiers ou d’infiltrés chargé de surveiller les suspects, Jean-Manuel Escarnot livre dans « Djihad, c’est arrivé près de chez vous » (Editions Robert Laffont) le fruit de 10 ans d’enquête dans les milieux djihadistes.

S’il n’est pas à proprement parlé un spécialiste du djihad, comme il le reconnaît d’ailleurs lui-même dans le livre, le journaliste (correspondant de Libération à Toulouse) a régulièrement enquêté sur ces réseaux depuis plus d’une dizaine d’années.

Il regroupe dans ce livre ses rencontres. Avec un diplomate français en Syrie, qui dès 2006, analyse ainsi la situation des jeunes Français se rendant en Syrie : « Il y a un certain nombre de jeunes issus de l’immigration que la France n’a pas réussi à intégrer et qui sont en même temps rejeter dans leur pays d’origine ».  Avec des familles, désespérées, de jeunes partis en Syrie. Avec aussi un policier, spécialiste du renseignement.

Il reconstitue aussi des conversations entre djihadistes, recueille des témoignages sur la radicalisation en prison. Révèle que certains Français en Syrie sont des « taupes » des services de renseignement !

L’un des moments forts du livre : le témoignage d’un « hacker » qui a travaillé pour le renseignement français. Une longue séquence, très documentée, où « Gabriel » (c’est un pseudo) raconte les comptes facebook ou les emails piratés, les infiltrations de réseaux de candidats au djihad.

« Djihad, c’est arrivé près de chez vous » (Robert Laffont, 18 euros) En librairie le 16 février.

FV (@fabvalery)

08 Fév

Le livre du journaliste Stéphane Thépot sur les paysans de l’Aveyron : un hymne à la résistance

Le journaliste toulousain publie le livre « Racines choisies, les paysans résistent ». « Non, les paysans ne sont pas morts. En Aveyron, comme ailleurs, ils (se) bougent encore » écrit l’auteur.

Le marché aux bestiaux de Laissac (Photo : MaxPPP)

Le marché aux bestiaux de Laissac (Photo : MaxPPP)

C’est un petit bouquin qui se lit comme on suivrait un reportage. Les déambulations d’un journaliste, bottes en plastique aux pieds, qui du Larzac à l’Aubrac, « laboure » les terres du Rouergue à la rencontre des paysans, croisant José Bové ou la veuve du syndicaliste agricole Raymond Lacombe, frappant sur la croupe des vaches Aubrac ou discutant avec les agriculteurs, les coudes posés sur la table. Ça sent le pain de campagne, l’étable et la sincérité. 

N’imaginez pas Stéphane Thépot, journaliste toulousain (qui travaille ou a travaillé pour Le Monde, Le Point, L’Express, La Croix...), comme un urbain lâché dans la campagne, un peu dégoûté de salir ses souliers ! Non, l’auteur a débuté sa carrière de journaliste dans les années 80 à La Volonté Paysanne, l’hebdomadaire agricole de l’Aveyron. Dans ces terres parfois hostiles et toujours résistantes, il a alors croisé le jeune José Bové (qui n’avait pas encore démonté le McDo de Millau), le puissant Raymond Lacombe et toute une cohorte de paysans aveyronnais qui, pour certains, s’interrogeaient (déjà) sur l’avenir du monde rural et de la paysannerie.

9791031200804_1_75Trente ans plus tard, les questions se posent toujours. Les urbains rejettent la mal-bouffe, redemandent des produits de qualité, de proximité. Mais les paysans sont moins nombreux, plus âgés, fatigués.

Stéphane Thépot part à la rencontre de ces figures, des anonymes, des jeunes, des vieux, des femmes et les interrogent sur le monde qui les entoure, leurs échecs, leurs espoirs. Son livre-reportage se lit finalement comme un roman. Avec des personnages aux faces burinés, aux idées bien arrêtées. Des paysans. Des vrais.

FV (@fabvalery)

« Racines choisies, les paysans résistent »

par Stéphane Thépot

Atelier Henry Dougier (collection Le changement est dans l’R) 12 euros. 

 

09 Jan

Des journalistes s’insurgent contre la « censure en marche » du maire de Rodez

Les journalistes de France 3 Quercy-Rouergue ont fait part dans un communiqué de leur colère contre Christian Teyssèdre qui conditionne l’autorisation de tournage d’un reportage au Musée Soulages à la présence d’un élu parmi les personnes interviewées.

Christian Teyssèdre montrant la presse locale à Emmanuel Macron (Photo : MaxPPP)

Christian Teyssèdre montrant la presse locale à Emmanuel Macron (Photo : MaxPPP)

Un reportage sur une exposition temporaire au Musée Soulages de Rodez devrait être une formalité. Pour la rédaction de France 3 Quercy-Rouergue, c’est pourtant plus compliqué : depuis début décembre, l’équipe ne peut réaliser un reportage sur l’exposition « Tant de Temps » le président du Grand Rodez, l’ex-PS Christian Teyssèdre, imposant la présence d’un élu dans le reportage. Le Musée Soulages appartient à la communauté urbaine « Rodez Agglomération ».

« La censure en marche »

Dans un communiqué, les journalistes, soutenus par le SNJ de France Télévisions, dénoncent donc une « censure en marche » (en référence au soutien que Christian Teyssèdre apporte à Emmanuel Macron). « Nous n’acceptons pas que des hommes politiques s’érigent en journalistes qu’ils ne sont pas et s’arrogent le droit de nous imposer une ligne éditoriale qui n’est pas de leur ressort », écrivent notamment les journalistes rappelant que le maire de Rodez a défilé il y a deux ans sous la bannière « Nous sommes Charlie » pour défendre la liberté de la presse et la liberté d’expression après l’attentat de Charlie Hebdo.

Les journalistes expliquent qu’ils peuvent comprendre qu’un élu soit indispensable dans un reportage expliquant la politique culturelle mais pas quand il s’agit de montrer le travail d’un ou de plusieurs artistes.

Le même cas à Toulouse

Ce n’est pas la première fois que des élus imposent leurs conditions à la réalisation de reportages. A Toulouse, la mairie et la Métropole veulent que l’élu en charge du dossier soit systématiquement interviewé quand un reportage est réalisé. Ainsi, il y a quelques jours, au sujet de l’état de la pelouse du Stadium, aucun employé municipal n’a été autorisé à répondre aux questions de France 3. La rédaction refusant d’interviewer uniquement un élu, la position de Toulouse Métropole a été clairement expliquée dans le reportage lors de sa diffusion. 

De bien mauvaises habitudes

Localement ou régionalement, certains élus ont des relations ambigües avec les médias. Certains les imaginent (ou les souhaitent) serviles, d’autres sont persona non grata dans certains médias, d’autres « s’amusent » même à s’auto-interviewer quand ils ne sont pas contents des questions qui leur sont posées. Certains « achètent » le silence des médias à grand coups de pages de publicité ou de conventions de partenariat. D’autres, enfin, ne se privent pas de se mêler des nominations au sein des rédactions !

Pourtant tous, ou presque, ne manquent jamais de défendre la liberté d’expression. Une notion « pas négociable » comme le rappellent les journalistes de France 3 à Rodez. « Sans presse libre, il n’y a pas de démocratie ».

FV (@fabvalery)