26 Sep

Pourquoi (et comment) TV Sud devient Vià Occitanie jeudi

Le groupe Médias du Sud profite du lancement jeudi de sa diffusion à Toulouse pour changer de nom. Mais pas seulement. La grille des quatre antennes (Nîmes, Montpellier, Perpignan et Toulouse) se régionalise en attendant la création du réseau Vià national.

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Grand chambardement en vue pour TV Sud. A compter de ce jeudi 28 septembre à 19 heures, la chaîne connue des téléspectateurs de l’ex-Languedoc-Roussillon sous cette identité change de nom et devient Vià Occitanie. Ce sera en revanche une découverte totale pour les Toulousains, car ce changement de nom coïncide avec le lancement de l’antenne toulousaine (qui avait été reporté avant l’été).

TV Sud, associée à BFM TV, a décroché en 2016 auprès du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) la fréquence locale de Toulouse laissée libre par la disparition de TLT en juillet 2015. D’emblée, le groupe Médias du Sud (propriétaire de TV Sud) s’est lancé dans le projet d’une télé à fort accent régional et non plus d’une télé locale version ancien modèle comme l’ont connu les Toulousains pendant des années avec Télé Toulouse.

La fréquence hertzienne toulousaine permet en effet au groupe de boucler un maillage régional en touchant la capitale d’Occitanie pile au moment où Carole Delga, présidente PS de la Région, appelle de ses vœux « un média régional qui redonne du lien pour faire connaître les initiatives et les talents sur tout le territoire »  estimant publiquement que « France 3 ne remplit pas ce rôle actuellement ».

Une future chaîne nationale

Surtout, Christophe Musset, le patron de Médias du Sud, s’est associé avec un homme qui lui a ouvert beaucoup de portes et (un peu) son volumineux porte-monnaie : Bruno Ledoux croit en un nouvel avenir pour les télés locales françaises, souvent déficitaires, parfois confidentielles. Cet avenir passe par une fédération, un réseau des télés locales privées (bien que souvent financées à près de 50 % par de l’argent public, comme c’est le cas pour TV Sud). Ce sera Vià. Avec une grosse ambition.

Il s’agit là, véritablement, de la construction d’une nouvelle grande chaîne de télévision nationale par agrégation de l’ensemble des chaînes locales de France » (Bruno Ledoux)

Bruno Ledoux est le maître d’oeuvre de ce réseau dont les têtes de pont sont Vià Grand Paris (ex-Télif), qui démarre également ce 29 septembre en région parisienne et Vià Occitanie. Les premiers maillons d’un réseau national que Christophe Musset et Bruno Ledoux espèrent voir s’étoffer dès 2018 avec « la quasi totalité des chaînes locales existantes ». 

Objectifs : mutualiser les programmes, les modes de diffusion, les écrans publicitaires, les partenariats, monétiser les contenus sur le numérique et travailler au niveau national sur des logiques régionales.

Jeudi, les téléspectateurs d’Occitanie découvriront une nouvelle chaîne avec une grille de programmes commune aux quatre antennes (avec décrochage « local » le soir entre 18h30 et 19h30). Vià Occitanie (sous-titrée « la chaîne avec un accent ») se positionne sur quatre créneaux : les initiatives, le sport (avec le recrutement d’un ancien de Canal +, le Toulousain Sébastien Dupuis), l’économie et la culture. Une « chaîne régionale d’info en continu » annoncent ses dirigeants, intégrant ainsi les documentaires et programmes dans la case de l’info.

La chaîne sera diffusée sur le canal 30 sur les box et sur le canal 31 de la TNT à Toulouse (ouverture prévue des émetteurs sans doute dans la journée du 29 septembre).

Au CSA, qui ne dit mot consent ?

Du côté de la Tour Mirabeau, siège du Conseil supérieur de l’audiovisuel, le gendarme des médias télé et radio, le silence sur ce projet est… assourdissant mais plein de sens. Pas de réactions du président Olivier Schrameck, même lors de son passage à Toulouse courant septembre, ou de la conseillère en charge des dossiers des télés locales, Nathalie Sonnac.

Le CSA accompagne cette importante mutation en silence : il autorise les chaînes à émettre, en désignant les opérateurs, et en validant des projets de télés « locales »… qui se transforment aussitôt en média régional voire en réseau national. Le projet de Christophe Musset en Occitanie, d’une chaîne régionale diffusée dans quatre villes, ou même celui du réseau Vià, peuvent apparaître comme un « détournement » des objectifs locaux des chaînes fixés et autorisés par le CSA.

Mais il y a des éléments auxquels le CSA ne peut s’opposer. Juridiquement d’abord, chaque entité dans le réseau Vià conservant sa structure juridique indépendante. Economiquement ensuite : comment reprocher à ces télés locales de chercher à s’associer pour se renforcer économiquement quand on sait que depuis 30 ans, les télés locales sont soit en déficit, soit sous perfusion d’argent public, soit les deux ? 

Finalement, Christophe Musset et Bruno Ledoux, s’ils parviennent à créer ce réseau national, auront plutôt bien joué le coup : imposant leur concept, sans froisser totalement les membres du CSA. Qui n’auront pas été à la manœuvre mais ne s’y seront pas opposés.

La parole, maintenant, est au téléspectateur. A lui de se faire un avis sur les programmes proposés.

FV (@fabvalery)

  • https://twitter.com/guepier92 <span class="author">guepier92</span>

    Bof, l’accent c le sud et le sud c l’accent, alors Via Occitanie ça veut plus rien dire, TV sud au moins on sait ce que c’est.

    Thierry

  • <span class="author">kikidou13</span>

    la retransmission des courses de taureaux vont elle continuée au moin