26 Oct

Plainte en diffamation du maire de Rodez : la relaxe du site Aligorchie confirmée en appel

La cour d’appel de Montpellier a confirmé mardi 25 octobre la relaxe des auteurs du site internet satirique poursuivis en diffamation par le maire PS de Rodez Christian Teyssèdre, qui pourrait se pourvoir en cassation.

Le responsable du blog et son avocat lors du premier procès à Rodez (Photo : L. Tazelmati / France 3)

Le responsable du blog et son avocat lors du premier procès à Rodez (Photo : L. Tazelmati / France 3)

« Il n’y a pas eu diffamation contre Christian Teyssèdre et la liberté de la presse est respectée » a affirmé l’avocat du site Aligorchie après la décision de la cour d’appel de Montpellier qui a relaxé les auteurs du site, comme en première instance. Ils étaient poursuivis pour diffamation par le maire de Rodez. La Cour d’appel a également débouté les parties civiles des dommages et intérêts.

Christian Teyssèdre, interrogé par France 3, s’estime toujours « bafoué » et pourrait se pourvoir en cassation. 

En décembre 2014, ce blog qui caricature l’actualité aveyronnaise et particulièrement ruthénoise publie un article sur Christian Teyssèdre (« De Jacques à Saint-Jacques« ). Une fable dont la compréhension n’est pas à la portée du premier venu mais que le maire de Rodez a jugé diffamant.

Quant au site internet lui-même, les auteurs y ont mis fin en mars dernier, non pas pour des raisons judiciaires mais par manque de temps et de bras !

Fabrice Valéry et Luc Tazelmati

 

13 Oct

La ville de Toulouse, grande absente de la nouvelle télé locale

Plus d’un an après la disparition de TLT, le CSA a attribué la fréquence disponible à Toulouse à TV Sud. Le tour de table du nouvel opérateur et son plan de financement sont quasiment bouclés. Et la métropole toulousaine en est la grande absente. Explications.

Lors d'une manifestation des salariés de TLT en 2008.

Lors d’une manifestation des salariés de TLT en 2008.

C’est un choix politique. Malgré les sollicitations, pendant des mois, de membres de son entourage qui lui répétaient que, comme au poker, il faut payer pour voir, Jean-Luc Moudenc, maire LR de Toulouse et président de Toulouse Métropole, n’a pas changé de position : pas question de faire entrer la Métropole au capital de la future chaîne locale, pas question non plus de signer un contrat d’objectifs et de moyens (COM). 

Le douloureux passif de TLT

Jean-Luc Moudenc garde en travers de la gorge la fin de TLT. Les salariés, à bout, lui avait fait porté le chapeau. « Moudenc m’a tué » avaient-ils écrit sur une banderole ; une manière de cibler le maire qui n’avait pas voulu, une fois de plus renflouer les caisses. Selon les calculs du Capitole, 17 millions d’euros d’argent publics ont pourtant été engloutis dans TLT durant les presque 30 ans de vie de la chaîne.

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Une chaîne qui, de péripéties en changements d’actionnaires, n’a jamais trouvé d’équilibre financier et dont la Métropole, via la société CTV, était finalement devenue l’actionnaire principal. Pas question pour Jean-Luc Moudenc de recommencer : prendre 5 ou 10 % du capital, symboliquement, puis, par défaillance de l’actionnaire majoritaire ou tout autre fait, monter à 20 %, 30 %…  Scénario inimaginable pour le maire de Toulouse.

La région plutôt que la Métropole

L’autre scénario envisageable et tout aussi écarté d’un revers de la main par le maire, celui d’un Contrat d’Objectifs et de Moyens (COM). En gros, la collectivité signe un contrat à durée déterminée avec la chaîne : moyennant versement d’argent, la chaîne s’engage à plus ou moins réaliser des programmes qui mettent en valeur la ville. Pas de COM pour TV Sud avec la métropole. Là aussi, Jean-Luc Moudenc a dit non. Tout au plus, la Métropole et la ville achèteront des espaces publicitaires pour soutenir le nouveau média local.

La nature (mais aussi les médias et la politique) ayant horreur du vide, c’est… le Conseil régional qui devrait signer un COM avec TV Sud. L’ex-région Midi-Pyrénées s’était déjà engagée à hauteur d’1,5 millions d’euros sur 3 ans avec TLT. Et l’ex-Languedoc Roussillon a aussi signé un COM avec TV Sud à Montpellier.

TV Sud a présenté au Conseil supérieur de l’Audiovisuel (CSA), lors de son audition le 5 octobre, un projet de COM avec la Région Occitanie. Il prévoit un versement de 300 000 euros la première année (sachant que le démarrage de la chaîne pourrait intervenir au mieux fin mars au pire en juin 2017). Mais pour le moment rien n’est signé. Le COM doit être rédigé et validé par l’assemblée régionale.

N’empêche, la ville et la métropole laissant la place, Carole Delga, la présidente PS de la Région, va sauter sur l’occasion de la création de la nouvelle télé locale de Toulouse pour financer le projet de rapprochement régional de toutes les chaînes de TV Sud. Une télé régionale privée financée en partie par l’argent public de la région.

Moudenc se félicite, la gauche le prend aux mots

Jean-Luc Moudenc s’est félicité de l’annonce du CSA d’attribuer la fréquence à TV Sud. « L’arrivée d’une nouvelle chaîne locale à Toulouse est une bonne nouvelle, dit-il. C’est même à mes yeux un gage de pluralisme pour le spectateur. Ce sera mon premier point de vigilance. Ce choix est aussi un signal positif pour la filière de production audiovisuelle, très présente à Toulouse, qui doit être partie prenante de cette chaîne. Ce sera mon deuxième point de vigilance. Une histoire particulière lie les télévisions locales et la Ville de Toulouse : il y a 30 ans, Toulouse était pionnière dans ce qui était « l’aventure des télévisions locales ». A nouveau, Toulouse se retrouve en première ligne pour la définition des contours de cette nouvelle génération de télévisions locales en France« .

Mais dans son opposition, on ironise sur l’écart entre ce message positif et l’absence de la métropole dans l’économie de la nouvelle chaîne. « Nous partageons cette analyse, réagit François Briançon, conseiller municipal et communautaire PS et ancien adjoint au maire. C’est pourquoi nous lui demandons de mettre ses actes en conformité avec ses souhaits et ses paroles et d’engager notre métropole, dans un soutien actif, à notre nouvelle télévision locale. Il serait incompréhensible que Toulouse Métropole reste à l’écart de cette bonne nouvelle ».

Un dossier politique

Nous n’avons cessé de l’écrire sur ce blog : à Toulouse, plus qu’ailleurs, le lien entre certains médias et le monde politique est fort. Certains acteurs du monde des médias, pourtant avec de l’expérience dans d’autres villes, en ont été surpris pendant l’instruction par le CSA de l’appel d’offres pour la nouvelle chaîne. La volonté de Jean-Luc Moudenc de ne pas mettre un doigt dans l’engrenage financier de TV Sud est une posture défendable. Mais des observateurs pensent déjà que c’est une erreur de laisser la main au Conseil régional avec le risque de voir, à terme, la fréquence locale transformée en chaîne régionale.

Fabrice Valéry (@fabvalery)

12 Oct

La télé locale de Toulouse attribuée à TV Sud

Sans surprise, le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) a sélectionné ce mercredi le dossier de TV Sud pour exploiter la fréquence TNT locale disponible à Toulouse depuis la disparition de TLT en juillet 2015. La chaîne compte BFM TV comme associée.

La régie de TV Sud à Montpellier (Photo : MaxPPP)

La régie de TV Sud à Montpellier (Photo : MaxPPP)

Le pseudo-suspens n’aura pas duré bien longtemps. TV Sud a été « sélectionnée » ce jour par le CSA pour monter sa version toulousaine de chaîne de télé locale. Une semaine après l’audition des patrons de la chaîne devant les sages de la tour Mirabeau, la décision est tombée.

Le dossier de TV Sud Toulouse a donc été « sélectionné » par les membres du CSA à la vitesse de l’éclair. Il faut dire qu’il n’y avait plus… qu’un seul candidat, BFM TV ayant retiré son propre dossier à la faveur d’une association dans celui de TV Sud à hauteur de 19,9 %  (via sa maison-mère le groupe d’Alain Weill, Next RadioTV). Un mariage de raison, dont nous avions expliqué ici même le déroulement, qui, d’après nos informations, avait été en partie soufflé aux deux concurrents par le CSA lui-même, pas mécontent de trouver un projet local soutenu par un groupe national. Le pire scénario aurait été de déclarer l’appel d’offres infructueux ou d’accorder l’autorisation à une chaîne aux reins financiers peu solides. Là, finalement, tout était décidé d’avance. Il ne restait plus qu’à conclure la procédure.

La procédure suit donc son cours, désormais sur un volet plus administratif : TV Sud doit fournir au CSA dans les semaines qui viennent des documents importants comme le contrat d’objectifs et de moyens (COM) avec le Conseil régional ou encore les termes de l’accord avec le financier des médias Bruno Ledoux ou de celui avec BFM TV. Dans la foulée, il faudra rédiger la convention d’autorisation d’exploitation de la fréquence signée entre le CSA et la chaîne.

TV Sud Toulouse va donc pouvoir passer à la phase active de son installation. Le patron Christophe Musset et son directeur de la rédaction et des programmes Jean Brun prévoient de recruter une quinzaine de personnes, majoritairement des journalistes. La grille sera en grande partie mutualisée, comme les services supports, avec les autres chaînes du groupe. TV Sud espère démarrer son antenne toulousaine au printemps 2017.

Sur le plan éditorial, Christophe Musset a affirmé devant le CSA que BFM TV n’aurait pas d’influence sur la ligne éditoriale de la chaîne. 

Fabrice Valéry (@fabvalery)

06 Oct

L’histoire secrète du « mariage » entre TV Sud et BFM TV

Qui a œuvré en coulisses pour aboutir au rapprochement des deux anciens concurrents à la fréquence de la télé locale de Toulouse ? A qui profite ce coup de théâtre ? Eléments de réponse.

Les membres du CSA avec au centre Olivier Schrameck, le président. (Photo : F. Valery / France 3)

Les membres du CSA avec au centre Olivier Schrameck, le président. (Photo : F. Valéry / France 3)

Ça se passe comme ça à Las Vegas ! On décide dans la journée de se marier, on trouve une chapelle et contre une poignée de dollars, on vous passe la bague au doigt. Vite fait, bien fait, sans avoir à publier les bans.

Un mariage de raison

C’est un peu ce qui s’est passé entre TV Sud et BFM TV à quelques différences près. La chapelle était en fait les salons de réception feutrés du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et le révérend, appelé à bénir cette union, s’appelle Olivier Schrameck, président du CSA. Quant aux tourtereaux, c’est davantage un mariage de raison qu’un mariage d’amour !

Dans l’intérêt de tout le monde

Car ce qui n’est pas dit dans l’annonce de la « fusion » entre TV Sud et BFM TV, anciens concurrents à la fréquence locale TNT de Toulouse aujourd’hui partenaires, c’est qu’on a un peu forcé la main aux deux prétendants et ça, ça arrange un peu tout le monde. Dans les semaines qui ont suivi l’annonce des candidatures et surtout celle, surprise, de BFM TV, des « éminences grises » (ou roses si l’on considère que l’on est à Toulouse) ont œuvré dans l’ombre au rapprochement des deux concurrents. Les choses se sont faites finalement assez rapidement. Et surtout, on a bien fait comprendre à l’un et à l’autre, que c’était dans l’intérêt de tout de monde de s’unir.

L’économique et l’éditorial

Après la faillite de TLT, le CSA ne pouvait pas se permettre de remettre sur les rails une chaîne dont la stabilité économique était chancelante. TV Sud a montré en Languedoc-Roussillon qu’elle sait faire de la télé mais Toulouse c’est une autre histoire (dans tous les sens du terme) et il fallait dans la capitale régionale un groupe aux reins financiers solides. Sur l’argument économique, BFM TV partait favori : le groupe d’Alain Weill est énorme et vient de s’associer à Patrick Drahi, le milliardaire des médias, de la téléphonie et du câble. Avantage BFM TV.

Parallèlement, faire de la télé locale à Toulouse, c’est aussi (et surtout) proposer des programmes locaux ou régionaux pour attirer le public et offrir un regard local sur l’actualité et les grands sujets toulousains. Alors que sur ce sujet les intentions de BFM TV sont restées secrètes jusqu’au bout, la présence de la chaîne info parmi les candidats a déclenché une vive opposition, notamment chez les professionnels de l’audiovisuel. Accusée de tous les maux, de vouloir faire à Toulouse une chaîne de faits-divers, BFM TV a été clouée au pilori avant d’avoir bougé une oreille. Sur les programmes, l’avantage allait à TV Sud.

Mais au final, une télé locale n’est pas un canard à une patte : économique et éditorial vont de pair. Le risque était donc que le CSA déclare l’appel d’offres infructueux.

Les dernières heures décisives

Le mariage s’est donc joué dans les tous derniers jours précédant l’audition des candidats devant le CSA et même dans les toutes dernières heures, le tour de table n’étant bouclé que mardi soir, alors que le CSA attendait les candidats le lendemain. BFM TV prend donc 19,9 % du capital de la future TV Sud Toulouse dont les 80,1 % seront détenus par TV Sud Languedoc-Roussillon, elle-même détenue à 90 % par la holding Médias du Sud, les 10 % restants ayant été apportés au groupe La Dépêche du Midi par le rachat des Journaux du Midi (Midi Libre et consorts).

Le petit absorbe le gros

En d’autres termes, la petite « PME » du Languedoc, TV Sud, « absorbe » le projet du mastodonte BFM TV qui lui apporte, aux yeux du CSA une garantie de stabilité financière. Aux yeux du monde de l’audiovisuel, la présence de BFM TV reste très minoritaire, donc supportable, Christophe Musset, le patron de TV Sud, rappelant que « BFM TV n’aura pas d’influence éditoriale » sur la future chaîne. Ainsi, tout le monde est content.

Une solution très politiquement correct

Sur le plan politique (car à Toulouse tout est politique, sans doute plus qu’ailleurs, et les médias n’échappent pas à la règle), cette union un peu forcée fait aussi plaisir à Toulouse.

Au Conseil régional, déjà partenaire de TV Sud en Languedoc-Roussillon, on attend de la nouvelle chaîne qu’elle mette en valeur le nouveau territoire d’Occitanie. Ça tombe bien, Christophe Musset a parlé devant le CSA d’un projet « qui aide à la compréhension du nouveau territoire » !

Au Capitole, où l’on ne prend officiellement pas position, Jean-Luc Moudenc, échaudé par l’expérience TLT, ayant refusé d’entrer au capital de la chaîne où même de signer un contrat d’objectifs et de moyens (COM), des conseillers du maire se sont quand même activés dans l’ombre. Le nouveau tour de table semble d’ailleurs convenir à la mairie car l’entrée de BFM TV dans la chaîne a deux avantages : il permet de diluer l’influence de La Dépêche du Midi avec laquelle les rapports de la mairie sont toujours tendus mais aussi de relativiser celle du Conseil régional, qui devrait être le plus important pourvoyeur de fonds de la future télé.

Au travail !

Le CSA devrait, sans surprise, accorder son autorisation à TV Sud Toulouse. Sans doute avant la fin de l’année. Il faudra ensuite trouver des locaux, recruter le personnel. Démarrage de la chaîne au printemps 2017.

Une fois à l’écran, cette nouvelle télé locale aura à faire ses preuves pour conquérir le public toulousain. Mais entre la fin de TLT en juillet 2015 et cette nouvelle télé, la période aura été quelque peu mouvementée. De coups de théâtre en mariage de raison, d’influences politiques en tour de table ciselé, l’accouchement aura été long.

Fabrice Valéry (@fabvalery)

05 Oct

Associée à BFM, TV Sud veut une télé du « bien vivre ensemble » à Toulouse

Après le coup de théâtre du retrait du dossier de BFM TV qui entre finalement au capital de son ex-concurrent (à hauteur de 19,9 %), on en sait un peu plus sur l’unique projet de chaîne de télé locale pour Toulouse.

Les porteurs du projet de TV Sud devant le CSA (Photo : F . Valéry / France 3)

Les porteurs du projet de TV Sud devant le CSA (Photo : F . Valéry / France 3)

« Nous voulons mettre en place une télé du bien vivre ensemble, n’a cessé de marteler Christophe Musset, le patron de TV Sud, devant les sages du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel qui l’auditionnaient ce mercredi 5 octobre. Une chaîne qui aide à la compréhension de ce nouveau territoire qu’est la région Occitanie ». Le patron de TV Sud parle même de « servir ce territoire », des propos qui se rapprochent de ceux de la présidente PS de Région Carole Delga qui appelle de ses voeux une télé qui « mettent en valeur le territoire de la nouvelle région ».

Bruno Ledoux, le soutien de poids

Face au CSA, Christophe Musset était entouré par Jean Brun, le directeur des rédactions de TV Sud, Jean-Nicolas Baylet, le directeur général de La Dépêche du Midi (partenaire à 10 %) et le millionnaire Bruno Ledoux qui s’engage à prendre 25 % de la holding Médias du Sud (MDS) si le groupe remporte la fréquence de Toulouse, pour mettre en place un réseau régional puis national de télés locales.

Les porteurs du projet ont insisté sur le fait que la fréquence de Toulouse est « vitale » pour les autres télés locales du groupe. « Les autres chaînes du groupe ont besoin de Toulouse, et Toulouse aura besoin des autres chaînes ».

BFM n’aura pas d’influence sur l’éditorial

Sur le plan économique, le capital de TV Sud Toulouse sera constitué à 80,1 % par TV Sud Languedoc-Roussillon et 19,9 % par le groupe Next Radio TV (propriétaire de BFM TV) représenté par Alain Weill. L’accord avec BFM a été conclu lundi soir, soit quelques heures seulement avant les auditions publiques devant le CSA. Christophe Musset a indiqué que BFM TV n’aurait « pas d’influence sur l’éditorial ». 

Le groupe Dépêche du Midi reste à hauteur de 10 % du capital de TV Sud Languedoc-Roussillon. La nouvelle chaîne, si elle obtient l’autorisation du CSA, table sur l’apport d’argent public (par l’intermédiaire de Contrat d’objectifs et de moyens notamment avec la Région) à hauteur d’un tiers de ses ressources, au moins la première année.

JT, réactivité et télé-achat de produits régionaux

Quant aux programmes, TV Sud Toulouse prévoit un journal télévisé local de 10 minutes à 19h30 et des émissions locales mais surtout table sur une forte mutualisation de ses moyens et de ses programmes avec les autres chaînes existantes (à Nîmes, Montpellier et Toulouse) pour créer un réseau de télés locales en Occitanie. Elle prévoit aussi de prendre l’antenne à tout moment de la journée en cas d’actualité importante : faits-divers, intempéries, etc. Enfin, il existe un projet d’émission de télé-achat de produits régionaux.

15 personnes recrutées

15 personnes seraient recrutées à Toulouse. C’est moins que TLT avant sa disparition mais TV Sud dispose déjà d’une équipe de direction, de gestion, de diffusion technique, qui sera commune à toutes les chaînes. Il n’est pas exclu non plus de travailler avec les journalistes de La Dépêche du Midi qui fabrique déjà des reportages vidéos.

Après délibération du CSA, qui pourrait prendre entre 2 et 3 mois pour délibérer, et si les « sages » ne déclarent pas l’appel d’offres infructueux, TV Sud Toulouse pourrait démarrer à l’antenne fin mars 2017.

Fabrice Valéry (@fabvalery).

BFM TV renonce à sa télé locale de Toulouse… pour s’associer avec TV Sud

Coup de théâtre dans le petit monde de l’audiovisuel : alors que les deux prétendants à la télé locale de Toulouse étaient attendus ce mercredi 5 octobre en audition publique au Conseil supérieur de l’audiovisuel à Paris, l’un des deux, BFM TV, a finalement jeté l’éponge… pour s’associer avec son concurrent TV Sud !

(Photo : AFP)

(Photo : AFP)

Le groupe Next Radio TV, propriétaire de BFM TV a informé le Conseil supérieur de l’audiovisuel de son changement de stratégie sur le dossier quelques heures seulement avant les auditions de ce 5 octobre. Il a décidé de retirer sa candidature pour finalement s’associer avec son concurrent TV Sud (à hauteur de 19,9 % du capital). 

Depuis l’annonce (révélée par ce blog) de la candidature de BFM TV à la fréquence toulousaine, les oppositions à la chaîne ont été nombreuses notamment chez les producteurs de programmes audiovisuels qui avaient adressé une lettre ouverte au CSA et lancé une pétition en ligne contre la candidature de BFM. Des élus locaux, notamment le groupe communiste au conseil municipal de Toulouse et à la Métropole, avaient pris eux-aussi position contre BFM TV jugée « anxiogène ».

Le retrait de BFM et son association avec Médias du Sud simplifie les choses. Sauf (encore) une énorme surprise (le CSA peut encore décider que l’appel d’offres est infructueux), plus rien ne s’oppose à l’installation du groupe de Christophe Musset à Toulouse dans l’optique d’y créer une télé en réseau avec les chaînes locales déjà exploitées par TV Sud (à Montpellier, Nîmes et Perpignan) à l’échelle de la nouvelle région Occitanie.

Fabrice Valéry (@fabvalery)

01 Oct

Quand le patron des Républicains du Lot s’auto-interviewe dans « La Vie Quercynoise »

Mécontent des questions qui lui étaient posées par l’hebdomadaire lotois, le maire de Labastide-Murat, président des Républicains du Lot et conseiller régional d’Occitanie a rédigé lui-même les questions et les réponses de son interview, que le magazine a accepté de publier.

Aurélien Pradié (Facebook)

Aurélien Pradié (Facebook)

On a d’abord un peu de mal à le croire mais il faut bien se rendre à l’évidence : les questions de l’interview d’Aurélien Pradié que publie cette semaine « La Vie Quercynoise » ont été rédigées par… Aurélien Pradié himself, qui ne se satisfaisait pas des questions que les journalistes lui avaient posées !

L’élu de Labastide-Murat, n’acceptant pas la formulation de nos questions, a lui-même procédé à la rédaction des questions et des réponses, usant du bon vieil adage : « on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même ». C’est au nom de la liberté d’expression, que la Rédaction publie le texte ci-après », explique le journal. 

La Vie Quercynoise (qui appartient à Publi-Hebdos propriété du groupe Ouest-France, comme La Voix du Midi ou le site Côté Toulouse) a donc fait le choix de publier in-extenso l’auto-interview du maire LR de Labastide-Murat.

Passons sur le sujet même de l’interview (le retrait de la commune de Frayssinet de l’intercommunalité) pour explorer plus avant les questions posées par l’intervieweur Aurélien Pradié à l’élu Aurélien Pradié :

La question de la voirie semble très importante. Que pouvez-vous en dire ?

Et la contribution au SDIS ?

Et les finances ? »

Une technique d’interview exemplaire, d’une terrible perspicacité, à montrer dans les écoles de journalisme.

Avec cette auto-interview publiée dans un média traditionnel (et pas une feuille de chou municipale), Aurélien Pradié ouvre une porte dans laquelle bon nombre d’élus pourraient vouloir s’engouffrer.

Ce serait tellement plus simple un monde où l’on pourrait se passer des journalistes pour avoir des articles « dans le bon sens ». Un monde sans « Envoyé Spécial », sans « Cash Investigation », sans cette Elise Lucet qui « harcèle » ces gentils élus ou ces fabuleux grands patrons qui ne veulent simplement pas répondre (« non mais c’est quand même mon droit, laissez-moi tranquille enfin »), sans ces journalistes en région qui font honorablement leur travail, qui révèlent des informations que certains auraient aimé cacher, qui ne se contentent pas d’une réponse laconique et de mots pré-mâchés par des communicants.

Malheureusement, il risque surtout d’y avoir un avant et un après « La Vie Quercynoise ». Demain, quand on sollicitera un élu pour faire un interview, peut-être entendrons-nous : « Vous voulez une vraie interview ou alors on fait une « Pradié » ? »

FV (@fabvalery)