11 Juil

Télé locale à Toulouse : les professionnels de l’audiovisuel s’inquiètent du retard

Ils sont producteurs, réalisateurs ou techniciens de l’audiovisuel et n’ont pas tardé à réagir à l’annonce du report de la date limite de candidature pour la fréquence TNT locale de Toulouse. Ils ont écrit au CSA pour dire leur inquiétude.

(Photo : MaxPPP)

(Photo : MaxPPP)

Les professionnels de l’audiovisuel ne comprennent pas les raisons pour lesquelles le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a reporté au 25 août prochain (au lieu du 13 juillet initialement) la date limite de dépôt des candidatures pour la fréquence d’une télé locale à Toulouse. En moins de 24 heures après cette annonce, ils se sont organisés et ont signé une lettre ouverte (voir ci-dessous la liste des premiers signataires) qu’ils ont adressé au président du CSA Olivier Schrameck.

« Nous craignons très fortement que ce retard n’en entraîne d’autres, écrivent-ils, par l’effet d’une mécanique administrative, et que finalement il n’y aura toujours pas de télévision locale à Toulouse en 2017. (…) Cela fait depuis trois ans que les professionnels de l’audiovisuel souffrent durement. En effet, avant qu’elle ne disparaisse, dès 2013 TLT moribonde avait mis un terme aux coproductions qu’elle faisait avec les entreprises locales. Une quinzaine d’entreprises locales est impactée, 150 artistes et techniciens n’ont plus cette perspective locale et régionale. Cela fait un an que tout le monde sait qu’une fréquence s’est libérée à Toulouse. Cela fait donc un an que d’éventuels prétendants ont pu concevoir et bâtir un projet. Nous ne pouvons donc comprendre ce nouveau retard. Permettre à un nouveau prétendant de fourbir une candidature ? Cette dernière serait alors quelque peu hors-sol et sans aucun contact ou partenariat avec le tissu local de production elle n’augurerait donc rien de bon ».

Ils réclament que la fréquence soit attribuée dès le mois d’octobre afin que cette nouvelle télé locale puisse émettre en janvier 2017. Ce calendrier est impossible à tenir. Après la fin du dépôt des candidatures, le CSA examinera d’abord les dossiers et cela devrait prendre environ deux mois. Ce n’est donc pas avant la fin octobre que les candidats seront auditionnés. Il faudra alors un nouveau délai aux sages du CSA pour délibérer et choisir le diffuseur (à moins que l’appel d’offres ne soient déclaré infructueux). Si tout se passe bien, on devrait donc connaître le nouvel exploitant de la télé toulousaine à Noël ou début janvier. Car courant janvier une partie du collège des sages du CSA sera renouvelée et la décision devrait être logiquement prise avant. Le temps de choisir les locaux, de recruter les équipes et de mettre en place la grille, on ne peut pas espérer voir les premières émissions avant le printemps 2017. Et cela inquiète grandement les professionnels de l’audiovisuel en région Occitanie qui souffrent économiquement dans un contexte difficile depuis plusieurs années.

FV (@fabvalery)

La liste des premiers signataires :

Vincent Barthe
Amic Bedel – Réalisateur – Piget Films
Francis Fourcou Réalisateur et Producteur
Dzu Le Lieu – Présidente Association Portraits Crachés
Gil Corre – Réalisateur
Thierry Maisonnave – France THM Productions
Chantal Teyssier
Annie Serres – Productrice
Vladimir Kozlov – Auteur Réalisateur – Prodigima
Christophe Vindis – Réalisateur
Elizabeth Germa – Réalisatrice – Le petit cowboy / le gros indien
Isabelle Millé – Réalisatrice
Pierre Mathiote – Producteur – Cinérgie Productions
Alexandre Croizier de Lacquvivier – Gérant – Antea
Pascal Bonnet – Producteur – Les Films du Sud
l’APIAMP – Association des producteurs Midi-Pyrénées
Pierre Mathiote – Producteur – Cinérgie Productions
Guy Chapouillé – Cinéaste
Jacques Mitsch – Réalisateur
Fabien Daguerre – Chef monteur
Sonia Paramo – gérante et productrice – Les Films Figures Libres
Dominique Henry – Cadreur – Réalisateur
Carole Giardino – Productrice – Argane Productions
Laurent Aït Benalla – Réalisateur
Franck Flies – Ingénieur du son
François Grandjacques – Réalisateur
Marc Faget – Comédien
Gilbert Kelner scénariste, réalisateur et metteur en scène de théâtre
Mathias Touzeris – Chef opérateur
Luc Reder, Chuck Productions.
Philippe Gracia, réalisateur et journaliste
Isabelle Dario – Chef Monteuse et Réalisatrice
Jean-Marc Pedoussaut – Ingénieur du son
Philippe Lignières – Réalisateur et OPS
MIDIFILM Techniciens et réalisateurs de Midi-Pyrénées
Gilles Pedoussaut – Monteur et Réalisateur
Frédéric Rascol – Distributeur de films documentaires
Yves Ardourel

 

 

08 Juil

Jean-Luc Moudenc n’engagera pas Toulouse dans une nouvelle télé locale

Le maire LR de Toulouse l’a affirmé ce vendredi devant la presse : le futur exploitant de la fréquence TNT laissée libre par la disparition de TLT ne pourra pas compter sur le soutien de la ville et de la métropole autrement que par des achats d’espaces.

Jean-Luc Moudenc (Photo : AFP)

Jean-Luc Moudenc (Photo : AFP)

La ville de Toulouse et la Métropole ne feront pas partie du tour de table d’actionnaires de la future chaîne de télé locale dont le CSA a lancé la procédure, un an après la disparition de TLT. Pour Jean-Luc Moudenc, il n’est pas question de recommencer à mettre de l’argent dans une télé locale : « Au final, TLT aura coûté 17 millions d’euros à la collectivité, a-t-il expliqué vendredi 8 juillet lors d’une conférence de presse. Je préfère mettre l’argent public dans les écoles et les crèches ».

Deux camps s’affrontaient dans l’entourage de Jean-Luc Moudenc : ceux qui pensaient qu’il faut « payer pour voir », comme au poker, que la ville avait intérêt à mettre de l’argent dans cette télé pour avoir un peu la main sur les contenus, et ceux partisans d’aucune participation. C’est donc cette deuxième tendance qui l’a emporté. Jean-Luc Moudenc n’engagera pas la collectivité dans ce nouveau projet, ni en tant qu’actionnaire, ni avec un contrat d’objectifs et de moyens (COM).

« Nous serons ravis, explique-t-il, d’accueillir un nouveau média et nous travaillerons avec lui par exemple en achat d’espaces (NDLR : publicité ou parrainages) mais nous n’irons pas au-delà ».

Jean-Luc Moudenc ferme donc la porte à l’entrée de Toulouse Métropole dans un tour de table du futur exploitant. Du côté du Conseil régional d’Occitanie, il serait question d’un contrat d’objectifs et de moyens, comme d’ailleurs les Conseils régionaux précédents le faisaient à Toulouse avec feue TLT ou à Montpellier avec TV Sud.

TV Sud sera d’ailleurs l’un des principaux candidats à la reprise de la fréquence toulousaine. Le groupe Médias du Sud de Christophe Musset entend établir un réseau de télés locales en Occitanie en fédérant ses antennes de Montpellier, Nîmes, Perpignan et Toulouse s’il obtient la fréquence. Le projet porté par TVPI, la chaîne de Bayonne, est différent avec une télé métropolitaine qui viserait le public jeune. Le CSA a reporté cette semaine la date limite de dépôt des candidatures, du 13 juillet au 25 août. Cela peut laisser le temps à un troisième candidat de sortir du bois. Mais comme les autres, il ne pourra compter sur le soutien financier de Toulouse Métropole.

FV (@fabvaléry)

07 Juil

Télé locale à Toulouse : le CSA reporte la date limite de dépôt des candidatures

Enième épisode dans le dossier de la succession de TLT, disparue des écrans en juillet dernier à Toulouse. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel a décidé de reporter la date limite pour déposer un dossier de candidature à la reprise de la fréquence TNT locale à Toulouse.

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La date limite était initialement fixée au 13 juillet mais le CSA a décidé de la reporter au 25 août prochain à 17h. Officiellement, on explique au CSA que c’est à la demande de certains « éditeurs » de programmes télé qui pourraient faire acte de candidature que ce délai a été rallongé. La constitution d’un dossier de candidature est une longue marche, technique et précise, et le CSA reconnaît que le délai était un peu court.

Un report de 6 semaines qui laisse donc davantage de temps aux futurs candidats pour préparer leur dossier, voire à de nouveaux candidats la possibilité de sortir du bois. Et aux collectivités locales d’organiser leur éventuelle participation ou aide à cette future chaîne locale.

A Toulouse Métropole, Jean-Luc Moudenc (LR), refroidi par l’expérience TLT, a encore affirmé début juillet ne pas être favorable à une prise de participation ou même à un contrat d’objectifs et de moyens (COM) avec la future chaîne. Mais des membres de son entourage poussent à infléchir cette position sur le credo « si on paye, on a le droit de voir » !

Quant à la région, où la présidente Carole Delga (PS) appelle de ses vœux une télé plus régionale que locale, on ne communique pas officiellement sur la manière dont le Conseil régional pourrait s’adosser financièrement au futur projet mais, selon certaines sources, un COM serait le scénario le plus envisageable.

Ce report aura aussi peut-être des conséquences sur la date éventuelle de retour à l’antenne d’une télé locale à Toulouse. Le choix du futur exploitant devait se faire avant Noël pour une mise à l’antenne dans les premiers mois de 2017. Ce report devrait retarder l’arrivée de la chaîne au mieux au cœur de printemps 2017.

Plusieurs candidats se sont déjà fait connaître : TV Sud, déjà présent à Nîmes, Montpellier et Perpignan veut installer une télé locale à Toulouse pour créer un réseau régional à l’échelle de la nouvelle Occitanie et TVPI, installée à Bayonne, souhaite se développer dans le sud de la France et monter à Toulouse une télé tournée vers les jeunes. Un troisième projet local serait dans les startings-blocks. Réponse fin août.

FV (@fabvalery)

04 Juil

Changement de cap au « Journal Toulousain » : média de solution et info positive

C’est une nouvelle étape qui se prépare au Journal Toulousain. Cet hebdomadaire, repris en 2014 par ses salariés et des associés en Scop, va connaître une nouvelle révolution. L’équipe dirigeante veut en faire un média de solution.

Le Journal Toulousain « n’a pas trouvé son public » dans sa formule actuelle de « journal citoyen d’opinions » explique l’équipe. Le « JT », vendu 1 euro en kiosque cette semaine, peine à trouver sa place dans les médias locaux toulousains. « Une déception », ne cache pas Rémi Demersseman-Pradel, l’un des coactionnaires.

jtLa décision a donc été prise de revoir complètement la formule. Si le titre et la périodicité ne changent pas, tout le reste est promis à une refonte. « Nous voulons faire du Journal Toulousain un média de solution, explique Rémi Demersseman-Pradel. Il faut apporter du positif, de la bonne nouvelle. Le but est de parler de ce qui est positif dans l’actualité toulousaine, d’apporter un souffle nouveau, des réponses pour changer le monde !« .

A qui va donc s’adresser ce nouveau « JT » ? « Il restera un média grand public. On vise tous les gens qui ont envie qu’on leur parle de choses positives, pas les râleurs ! »

L’équipe veut décliner ce concept dans le journal papier et en version numérique. Mais ce changement de style et de ligne éditoriale, s’accompagne aussi d’un changement au sein de la petite équipe. Coralie Bombail, rédactrice en chef depuis le départ de Thomas Simonian, quitte à son tour le journal, ainsi qu’une autre journaliste.

Pour mettre sur les rails ce nouveau projet, la journaliste toulousaine Cécile Varin rentre dans l’équipe pilotée par Rémi Demersseman-Pradel, qui décline ainsi sa vision « positive » de la société, après avoir lancé l’Oïkosystème qui vise à « produire, travailler, informer autrement ». Rendez-vous à l’automne pour retrouver cette info positive. 

FV (@fabvalery)

01 Juil

L’inquiétude monte chez les salariés de Sud Radio, transférée à Paris

La colère est montée d’un cran ces derniers jours parmi le personnel, journalistes, animateurs, techniciens et administratif de Sud Radio, qui a appris début juin que la radio installée à Labège près de Toulouse serait transférée rapidement à Paris. Une menace de grève a été déposée pour lundi, finalement levée ce vendredi après une réunion avec Didier Maïsto, le pdg de Fiducial Médias, propriétaire de Sud Radio.

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Beaucoup de questions, peu de réponses

Quand le transfert aura-t-il lieu ? Dans quelles conditions ? Avec qui et pour quel projet éditorial ? Que deviendront les salariés qui vont refuser d’aller à Paris ? Le personnel a actuellement beaucoup de questions et peu de réponses. « On n’est pas contents de la forme que cela prend, explique un journaliste, avec une direction qui ne s’implique pas, qui ne nous parle pas et trop de zones d’ombres ».

Didier Maïsto en pompier de service

Le patron de Fiducial Médias s’est donc rendu en urgence à Toulouse ce vendredi pour rencontrer le personnel, CDI comme CDD ou pigistes. Un déplacement qui n’était pas prévu mais que la situation a imposé : le personnel menaçait de faire grève dès lundi 4 juillet. Devant le risque d’antenne perturbée, Didier Maïsto a fait le voyage à Labège pour éteindre l’incendie. D’après nos informations, le président a semble-t-il compris les raisons de la colère qui montait. Il a convenu qu’il devrait s’impliquer davantage dans le transfert vers Paris et surtout qu’il devait apporter des réponses aux salariés sur les conditions de ce transfert.

Un bureau, un studio et les sports à Toulouse

Toutefois, Didier Maïsto a apporté ce jour peu de réponses concrètes. Seule indication du Pdg : Toulouse conserverait un bureau de correspondants, avec un studio (qui ne serait plus à Labège) et sans doute la rédaction des sports, notamment pour le rugby. Des éléments oraux dont les salariés attendent la confirmation écrite.

Menace de grève levée et ultimatum

Les salariés ont donc levé leur menace de grève pour lundi 4 juillet mais ont donné à la direction un ultimatum : sur les dates du transfert, la grille d’été, les conditions du départ à Paris, l’avenir des CDD et des pigistes, ils veulent des réponses avant le milieu de semaine prochaine. Dans le cas contraire, une nouvelle date sera choisie pour un mouvement de grève. 

FV (@fabvalery)