30 Juin

Marie-Sophie Lacarrau au 13 heures de France 2 : « une grande fierté »

La journaliste toulousaine a été choisie par France 2 pour succéder à Elise Lucet aux commandes du journal de 13 heures de la chaîne publique. Marie-Sophie Lacarrau va assurer la présentation du JT pendant l’été en alternance avec Nathanaël de Rincquesen qui deviendra ensuite son « joker » et s’installera définitivement au « 13 heures », dans une formule renouvelée dès la rentrée.

En exclusivité pour le blog Médias d’ici, Marie-Sophie Lacarrau s’exprime pour la première fois depuis sa nomination. Celle qui incarne désormais avec David Pujadas (20 heures) et Laurent Delahousse (week-end) les éditions d’informations de France 2, dit sa fierté et n’oublie pas d’où elle vient.

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Médias d’ici : Marie-Sophie, comment avez-vous accueilli la nouvelle de votre nomination au 13 heures de France 2 ?

Marie-Sophie Lacarrau : Bien-sûr je m’y attendais un peu mais sans être sûre de rien. Quand Michel Field, le directeur de l’information de France Télévisions m’a appelée, je me suis dit que ça y est dans les 15 secondes je vais savoir. J’étais évidemment ravie de son annonce d’autant qu’il a argumenté son choix et ce qu’il m’a dit m’a vraiment fait plaisir. C’est une grande fierté. Donc, je suis vraiment très heureuse et en même temps je sais que je bascule dans un autre monde. Sur le plan personnel, c’est un changement de vie radical avec aussi d’immenses responsabilités professionnelles.

Comment vivez-vous le fait qu’une journaliste de région soit choisie ?

Je trouve que c’est un super message envoyé à toutes les personnes qui travaillent dans les antennes régionales de France 3 et qui ont parfois l’impression d’être mal considérées, regardées par Paris d’un mauvais oeil, dénigrées. C’est la preuve qu’il n’y a pas de barrière. Que l’on peut se faire remarquer, même en travaillant en région. Et ça aussi c’est une grande fierté de se dire que France 2 a choisi une journaliste de région. 

Je suis la preuve aujourd’hui que l’on peut y arriver »

Ces 15 années à France 3 Midi-Pyrénées ont été très formatrices ?

Forcément. Je dis souvent que je n’ai pas fait d’école de journalisme, que j’ai été formée sur le terrain. Sur les routes de la Région Midi-Pyrénées avec des reportages qu’il fallait sortir dans l’urgence, parfois avec peu de moyens. Quand j’ai dit dans ma famille que je voulais être journaliste, on m’a dit que je n’y arriverai jamais, que je n’avais pas de relations dans ce milieu. Je suis la preuve aujourd’hui que l’on peut y arriver et je dois beaucoup à tous mes collègues, aux cadres, avec lesquels j’ai travaillé à Toulouse.

Quelles différences entre la présentation des JT de France 3 Midi-Pyrénées et le 13 heures de France 2 ?

A Toulouse, j’ai toujours eu l’impression de m’adresser à des gens que je connais, à ma famille, à des gens qui ont la même vie que moi. A France 2, le sentiment est différent. On parle évidemment à beaucoup plus de monde, avec un public d’une plus grande diversité. Mais cette disparité de la population est gommée par notre souhait de traiter l’actualité qui concerne le plus de monde. 

Elise Lucet a salué votre nomination sur Twitter. C’est un bel encouragement ?

Je ne suis pas sur Twitter, et non pas encore, mais quand je l’ai découvert, d’ailleurs sur votre blog, ça m’a beaucoup touchée qu’elle affiche en public ce que l’on s’était dit en privé. On va dire « oui elle se sent obligée de dire du bien parce qu’elle lui succède », mais j’ai sincèrement beaucoup d’admiration pour Elise qui est une grande professionnelle et avec laquelle j’ai de très bons rapports depuis deux ans que je la remplace pendant les vacances.

Le journal de 13 heures va évoluer sur la forme et sur le fond »

Votre arrivée au 13 heures de France 2 va s’accompagner d’une nouvelle formule de ce journal de la mi-journée ?

Oui, il y aura une nouvelle formule à la rentrée sur laquelle on travaille actuellement. On en est à jeter pleins d’idées sur la table pour trouver une formule différente, pour une édition qui doit évoluer. Dans le même temps, il existe des marques associées au 13 heures, des rubriques, que les téléspectateurs ne veulent pas perdre et que nous conserverons. Mais oui le journal va évoluer sur la forme et sur le fond.

Avec toujours, en face, la difficile concurrence du 13 heures de TF1, dominateur. Vous avez des objectifs d’audience ?

On ne me fixe aucun objectif d’audience mais avec toute l’équipe on espère réduire l’écart, qui est d’ailleurs de moins en moins important. J’ai découvert le fonctionnement de cette édition à l’été 2014 lorsque j’ai commencé à faire les remplacements d’Elise Lucet. Et j’ai vraiment eu un coup de coeur pour cette édition, pour l’équipe et pour la rédaction de France 2. 

Propos recueillis par Fabrice Valéry (@fabvalery).

28 Juin

Des photographes molestés par les forces de l’ordre pendant une manif à Toulouse

La manifestation contre la loi Travail de ce mardi 28 juin à Toulouse s’était déroulée dans le calme mais en fin de cortège plusieurs photographes ont été la cible des forces de l’ordre.

Le matraquage du photographe Pablo Turpin (Copyright : Pyrros.fr)

Le matraquage du photographe Pablo Tupin (Copyright : Pyrros.fr)

L’un d’eux témoigne sur son blog, habituellement destiné aux amoureux de la photo. Loïc Tripier, alias « Pyrros » raconte qu’en fin de manifestation, il a été le témoin du matraquage en règle d’un d’autre photographe, Pablo Tupin, par des policiers qui lui reprochaient semble-t-il de s’être trop approché lors de l’interpellation d’un manifestant.

Il reçoit de nombreux coups de matraque dans le dos et sur les épaules. Je déclenche en pensant au matériel qu’il abrite dans son sac à dos. Les coups pleuvent dans son dos et je ne pense qu’à l’état dans lequel on va retrouver le photographe », témoigne son collègue sur son blog.

Quelques minutes plus tard, c’est Loïc Tripier lui-même qui reçoit un grand coup de matraque, fracturant l’objectif de son appareil photo : « j’ai juste le temps d’apercevoir le canon du Cougar (utilisé pour lancer les grenades lacrymogènes) que celui s’abat vers mon optique le Canon 10-22mm. Le policier à volontairement dirigé le canon de son arme en direction de mon optique ». 

Deux autres photographes ont été frappés ou menacés par la police. C’est la première fois que de tels incidents se produisent à Toulouse depuis ceux du 31 mars dernierplusieurs journalistes ou photographes avaient été également ciblés par les forces de l’ordre.

A l’époque, la préfecture avait regretté ces incidents mais relevait qu’il était parfois difficile pour les policiers, dans la confusion, de faire la différence entre des photo-reporters ou journalistes et les manifestants eux-mêmes souvent équipés d’appareils de prise de vue, parfois professionnels.

Depuis, de nombreux photographes ou caméramans ont été molestés par des policiers, notamment dans les manifestations parisiennes. Il ne faudrait pas que cette habitude gagne également les policiers toulousains.

FV (@fabvalery)

27 Juin

« Oh putain je me casse ! » : en direct de Toulouse, un journaliste belge pète les plombs

Que s’est-il passé dimanche soir après la victoire de la Belgique au Stadium de Toulouse contre la Hongrie (4-0) ? Un journaliste de la chaîne belge RTL-TVI a arrêté son direct, importuné par des supporters. Avant de s’excuser pour son vocabulaire.

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Emiliano Bonfigli n’a pas résisté à la « pression » de supporters à l’issue du 8ème de finale de l’Euro 2016 à Toulouse. Gêné par des supporters près du Stadium à l’issue du match, l’envoyé spécial de RTL-TVI pour suivre la Belgique à Toulouse a interrompu son direct d’un spontané « putain, je me casse » qui n’est pas passé inaperçu sur les réseaux sociaux, notamment en Belgique.

Lundi, le journaliste s’est expliqué sur la chaîne belge dans le journal de 13 heures. Il a indiqué avoir été importuné, non pas par des supporters belges, mais par des personnes « plus agressives » qui ont renversé le matériel de la chaîne et s’en serait prises au caméraman. Cependant, Emiliano Bonfigli a regretté ses propos.

Lors des grandes compétitions internationales, notamment de football, les journalistes qui sont en direct sont souvent les « cibles » de supporters potaches. Mais généralement, ils parviennent à garder leur calme ou bien leur chaîne coupent le direct si les choses dégénèrent. Là, le journaliste belge est effectivement, comme il l’a dit, « sorti du cadre, au propre comme au figuré ». 

Fabrice Valéry (@fabvalery)

France Bleu Toulouse en grève contre les restrictions budgétaires

Les programmes habituels de France Bleu Toulouse ne sont pas assurés ce lundi 27 juin, pour raison sociale. Le personnel de la radio locale publique suit un mouvement de grève national contre les restrictions budgétaires qui frappent les locales de Radio France.

France Bleu Toulouse (Facebook)

France Bleu Toulouse (Facebook)

Ce lundi, c’est donc antenne blanche avec la mobilisation du personnel contre les restrictions qui frappent notamment les effectifs et conduisent à des suppression d’émissions ou de journaux locaux.

Sur les réseaux sociaux, les grévistes ont publié un message d’explication destiné aux auditeurs pour expliquer ce mouvement d’humeur :

Ce lundi 27 juin, votre radio est en grève, parce que des restrictions budgétaires à répétition sont imposées, alors qu’il n’y a plus rien à économiser. Nous sommes obligés de supprimer des émissions et journaux locaux, les absents sont de moins en moins remplacés, les journées de travail s’allongent pour tous et l’avenir des salariés précaires se complique encore un peu plus. Nous voulons avoir les moyens de faire de la radio en direct, vous accueillir pour échanger et jouer, vous offrir un véritable service. France Bleu doit retrouver les moyens de ses ambitions. Toutes les organisations syndicales de Radio France appellent donc les personnels à cesser le travail, aujourd’hui ».

France Bleu Toulouse a fait sa réapparition sur les ondes locales en 2011. La station locale de Radio France a fêté ses 5 ans en février dernier.

FV (@fabvalery)

23 Juin

Décès de Jean-Jacques Rouch, journaliste et conseiller municipal de Toulouse

Jean-Jacques Rouch (Photo : MaxPPP)

Jean-Jacques Rouch (Photo : MaxPPP)

Journaliste de 1974 à 2010 à La Dépêche du Midi, élu conseiller municipal d’opposition à Toulouse sur la liste de Pierre Cohen en 2014 et membre du groupe PRG, Jean-Jacques Rouch est décédé à l’âge de 65 ans a-t-on appris ce 23 juin.

Il avait pris sa retraite de journaliste le 1er janvier 2011 mais continuait depuis d’avoir plusieurs activités. Auteur de nombreux ouvrages, féru d’histoire et d’une immense culture, cet homme de gauche était aussi un grand connaisseur de Jean Jaurès.

De nombreux hommages lui ont été rendus. Le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, a salué l’homme érudit.

De son côté, l’ancien maire PS  Pierre Cohen, président du groupe socialiste au Conseil municipal, a salué la mémoire d’un ami :

C’était plus qu’un collègue, c’était un ami. C’était une personne incontournable et aimée à Toulouse qui dégageait une chaleur et un sentiment d’amitié »

 

FV

21 Juin

Marie-Sophie Lacarrau prend les rênes du 13 heures de France 2

La Toulousaine, présentatrice des journaux de France 3 Midi-Pyrénées, a été choisie pour succéder à Elise Lucet, désormais patronne d’Envoyé Spécial et de Complément d’Enquête.

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C’est donc la journaliste toulousaine Marie-Sophie Lacarrau, jusqu’à présent présentatrice des éditions régionales de France 3 Midi-Pyrénées à Toulouse qui a été choisie par Michel Field, le patron de l’info à France Télévisions pour succéder à Elise Lucet. La présentatrice du 13 heures vient d’être nommée à la tête des magazines d’information du jeudi soir sur France 2, « Envoyé  Spécial » et « Complément d’Enquête ».

Après avoir été le « joker » de Carole Guessler au 19/20 national de France 3, Marie Sophie Lacarrau assurait depuis 2014 l’intérim d’Elise Lucet au 13 heures de France 2, notamment pendant les périodes de congés ou lorsque la présentatrice était mobilisée sur son émission phare « Cash Investigation ». La direction de l’info de la chaîne a pris son temps pour décider de la succession d’Elise Lucet et c’est donc Marie-Sophie Lacarrau, habituée à ce rôle, qui a été sélectionnée. Elle présente également depuis cette année In Situ, le magazine économique des rédactions régionales de France 3.

Sa nomination va s’accompagner d’une refonte du rendez-vous d’info de la mi-journée sur France 2, dont la nouvelle formule sera mise à l’antenne en septembre.

Cette Aveyronnaise d’origine va quitter la rédaction de France 3 Midi-Pyrénées pour rejoindre celle de France 2 où elle a déjà ses habitudes. A Toulouse, ceux qui ont travaillé à ses côtés savent que Marie-Sophie est une professionnelle d’une grande simplicité et d’une infinie rigueur. Chacun se réjouit de cette nomination.

FV

14 Juin

Candidate à la succession de TLT à Toulouse, TVPI veut une télé métropolitaine tournée vers les jeunes

Après TV Sud, nous continuons notre revue des candidats à la reprise de la fréquence de télé locale à Toulouse (le CSA qui a lancé l’appel d’offres attend les candidatures jusqu’au 13 juillet prochain). Parmi ces candidats, TVPI, la télé locale de Bayonne et du Pays Basque. Elle emploie actuellement une dizaine de salariés avec un modèle économique plutôt rare : des recettes uniquement privées, issues d’annonceurs locaux, et aucun contrat d’objectifs et de moyens (COM) avec les collectivités, ni d’argent public dans son capital.

Michel Lamarque, le patron de TVPI, revient pour le blog « Médias d’ici » sur son intérêt pour la fréquence TNT toulousaine.

Michel Lamarque, président de TVPI.

Michel Lamarque, président de TVPI.

Pourquoi vous intéressez-vous à Toulouse ?

Michel Lamarque : Tout entrepreneur a envie de se développer. Toulouse est une belle opportunité pour le sud-ouest. Et puis l’histoire est finalement assez ancienne. Lorsque TLT a commencé vraiment à « tousser » il y a plus d’un an, nous avons proposé un projet de reprise. Ce projet n’a pas été retenu et c’est bien dommage car cela aurait permis de ne pas interrompre la diffusion et de sauver des emplois. Donc, lorsque le CSA a lancé récemment l’appel d’offres pour réattribuer la fréquence, il était normal que nous soyons candidats.

Le vrai patron d’une chaîne locale ce doit être le téléspectateur ».

Pour y mener quel projet ?

Nous sommes en 2016. On ne peut pas monter un projet de télé locale comme dans les années 80, quand il n’y avait que 4 ou 5 chaînes de télé. On a grosso modo une trentaine de chaînes gratuites sur la TNT aujourd’hui. Or, le vrai patron d’une chaîne locale ce doit être le téléspectateur. Et à Toulouse, le téléspectateur est particulier.

A Toulouse, nous mettrons l’accent sur la jeunesse »

Il y a les Toulousains mais surtout de très nombreux jeunes, notamment des étudiants venus d’un peu partout. Toulouse est une ville dynamique qui attire beaucoup de jeunes. C’est là-dessus que nous essaierons de mettre l’accent, mais je ne peux pas vous en dire plus car nous réservons nos informations à la procédure mise en place par le CSA. Il faut une chaîne qui plaise au téléspectateur, qui lui parle de chez lui. Tant qu’à être locale, il faut que cette chaîne parle de local et tant qu’à utiliser une fréquence publique, il faut aussi qu’elle rende service à l’intérêt général. Il faut parler sport, culture, actualité mais la jeunesse, c’est important !

Quant au modèle économique, ce sera une chaîne 100 % privée ?

La situation à Toulouse est un peu différente de celle de Bayonne, vu la taille de la ville. Il faut donc une chaîne à tiroirs : ce que l’annonceur local veut et peut payer, il faut être prêt à l’accueillir, et ce qu’éventuellement les collectivités locales veulent financer et bien il ne faut pas s’en passer.

Si la puissance publique a envie de financer il faut qu’elle soit accueillie mais si elle n’a pas envie il ne faut pas qu’on l’y oblige ».

Mais il faut à tout prix que la chaîne puisse vivre honnêtement, en liberté, dans la durée, avec un modèle économique solide. Il ne faut pas dépenser trop d’argent et en même temps être ouvert à tout : si la puissance publique a envie de financer, il faut qu’elle soit accueillie mais si elle n’a pas envie il ne faut pas qu’on l’y oblige.

Vous avez déjà des discussions avec la mairie de Toulouse, la Région ?

On commence à prendre des contacts. Mais qui décide ? C’est le CSA. Il peut être sensible aux enjeux locaux mais son principal critère c’est l’intérêt des téléspectateurs. Ce serait ridicule qu’un candidat se présente avec la mairie dans sa musette et un autre avec la Région ou le département. Quelle que soit la collectivité et quelle que soit la chaîne, chacune doit être capable de travailler avec l’autre, si besoin et si envie. Nous n’avons pas signé de pré-contrat d’objectifs et de moyens avec quiconque. 

Vous employez 10 personnes à Bayonne. Quels pourraient être les effectifs à Toulouse ?

Pour 400 à 500 000 habitants au Pays Basque, nous sommes 10 personnes. A Toulouse, le CSA parle d’1,2 million d’habitants desservis, on ne va pas multiplier par trois mais un effectif de 15 à 20 personnes me paraît nécessaire. Ce ne sont encore que des estimations qui seront affinées quand notre business plan sera terminé. 

Le coeur de notre projet c’est le téléspectateur dans sa proximité »

Ce qui vous distingue du projet de TV Sud, qui souhaite faire de Toulouse un maillon d’un réseau régional de chaînes locales, c’est votre souhait de monter une chaîne purement locale, métropolitaine ?

Je le redis : le patron c’est le téléspectateur. Le local, la proximité ça l’intéresse. A Toulouse, on est sur une diffusion en zone urbaine donc on est dans ce cas sur un échelon métropolitain, pas régional. Cela n’empêche bien évidemment pas de diffuser certains émissions régionales, en accord avec d’autres diffuseurs. Mais le coeur de notre projet c’est le téléspectateur dans sa proximité, son intérêt et si on peut aussi faire passer des messages d’intérêt général autour de cette grande région qui se construit, ce sera avec plaisir. 

Propos recueillis par Fabrice Valéry (@fabvalery)

13 Juin

Télé locale : ce que TV Sud veut faire à Toulouse

Une vingtaine de salariés, un projet de fédération régionale de chaînes locales mutualisant moyens et programmes avec les autres chaînes locales du groupe. Le patron de Médias du Sud, Christophe Musset, qui exploite les télés locales de Montpellier, Nîmes et Perpignan, répond au Blog Médias d’Ici pour présenter son projet de télé à Toulouse.

Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) a lancé l’appel d’offres pour que les candidats se fasse connaître. Christophe Musset était sorti du bois dès l’arrêt de TLT en juillet 2015. Il explique ici son modèle économique, son projet pour Toulouse, ses relations avec les collectivités locales et la presse quotidienne régionale. Interview.

Christophe Musset

Christophe Musset

Quel est votre projet pour Toulouse ?

Christophe Musset : D’abord ce projet il nous paraît naturel car nous avons les télés locales de Nîmes, Montpellier et Perpignan, donc nous sommes les télés du sud. Toulouse étant la capitale régionale de la nouvelle grande région, nous souhaitons obtenir cette fréquence pour créer ce réseau de chaînes locales en Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées.

Toulouse serait donc un maillon d’un réseau régional de chaînes locales ?

Oui TV Sud Toulouse serait un maillon du groupe Médias du Sud mais qui aurait une place prépondérante en raison de la taille de la ville et de la métropole.

Mais le projet prévoit aussi une mutualisation de programmes et de moyens entre toutes vos chaînes ?

C’est un peu le principe de notre modèle. Nous arrivons grâce à la mutualisation à être plus performants ce qui nous permet de faire des économies d’échelles et nous aurons donc des programmes dédiés, spécifiques à Toulouse, et une autre partie des programmes, des émissions régionales, communes aux autres chaînes, qui auront pour but une meilleure compréhension des territoires de la nouvelle région.

Une chaîne locale ne peut pas vivre sans les collectivités mais ne peut pas vivre exclusivement des collectivités ».

Quels rôles jouent les collectivités locales ou régionales dans votre modèle économique ?

A Nîmes et Montpellier, nous sommes sur la base d’un 50/50 : 50 % de notre financement vient du privé, 50 % du public. Une chaîne locale ne peut pas vivre sans les collectivités mais ne peut pas vivre exclusivement des collectivités. Il faut s’appuyer sur les collectivités mais aussi savoir aller chercher des partenaires ailleurs.

Donc il faut conclure des contrats d’objectifs et de moyens (COM) ?

L’appel du CSA vient juste d’être lancé donc nous n’avons pas débuté les discussions avec les collectivités à Toulouse. Mais je peux vous annoncer que nous irons voir l’ensemble des collectivités, la mairie et la métropole de Toulouse, le Conseil régional et aussi le conseil départemental qui ne s’est jamais engagé dans TLT. On sait que pour la ville de Toulouse, l’expérience TLT a été douloureuse. Mais, il ne peut pas ne pas y avoir de télé locale dans la 4ème aire urbaine de France. On espère donc que la ville et la métropole reverront leur position. (NDLR : après l’échec de TLT, gouffre financier, Jean-Luc Moudenc n’est pas favorable à l’entrée dans le capital ou même à un COM avec une nouvelle chaîne mais dans son entourage certains poussent à changer cette position afin de peser dans le choix du nouvel exploitant voire à influer sur la ligne éditoriale de la future chaîne).

Une chaîne loco-régionale ferait vivre l’écosystème audiovisuel autour de Toulouse et dans la région. On souhaite que la Région soit sensible à cet argument »

Votre projet est très « régional ». Vous êtes en contact avec le Conseil régional et sa présidente Carole Delga ?

Nous avons des COM avec la Région pour nos chaînes existantes. Donc nous allons voir avec la Région quelle est sa position pour Toulouse. Je ne m’exprimerai pas au nom de Carole Delga mais nous allons défendre l’idée de cette fédération de télés locales au niveau régional et tant mieux si la Région est réceptive. On considère qu’il y a un alignement des astres, car l’appel d’offres pour la fréquence de Toulouse se fait au moment de la création de la grande région et que cela peut être une belle opportunité pour tout le monde audiovisuel, notamment les producteurs qui ont besoin de diffuseur de qualité. Une chaîne loco-régionale ferait vivre l’écosystème audiovisuel autour de Toulouse et dans la région. On souhaite que la Région soit sensible à cet argument. 

Et pour la partie privée de votre modèle économique ?

Nous avons également su diversifier nos ressources avec la production, avec l’événementiel avec de l’achat publicitaire et puis, sur le digital, nous sommes comme une start-up : nous venons de lever des fonds pour notre plateforme vidéo MyVidéoPlace. Nous sommes une référence dans la monétisation des vidéos sur le digital. Côté charges, nous avons mutualisé plein de métiers dans le groupe : ça va de la présidence du groupe, la direction générale, la direction commerciale, le comptable, l’administratif, ce qui permet d’avoir une structure qui coûte moins cher. On a aussi un système de diffusion des chaînes centralisé qui nous permet de les gérer à distance. Tout cela pour dire que toutes les personnes qui seront dans l’effectif de TV Sud Toulouse seront liées à la production. 

Quels effectifs pour la future chaîne toulousaine si vous êtes choisi par le CSA ?

L’effectif à Toulouse devrait se situer autour de 20 personnes. La différence avec TLT, c’est que ces 20 personnes, comme je viens de vous l’expliquer, seront à 90 % dédiées à la production. Cela permet d’avoir plus de « cityreporters » pour suivre l’actualité toulousaine.

Êtes vous en discussion avec La Dépêche du Midi parmi vos futurs partenaires ?

Le lien avec La Dépêche du Midi vient d’un lien historique : Midi Libre possédait 10 % du capital de TV Sud Languedoc-Roussillon. Donc quand La Dépêche a racheté Midi Libre, mécaniquement, elle est devenue actionnaire de nos chaînes. Ce partenariat nous paraît très équilibré. Nous avons notamment des accords industriels autour de l’utilisation de nos vidéos. 

Nous n’avons aucun marqueur politique »

Des proches de Jean-Luc Moudenc disent qu’un accord du futur exploitant de la télé locale avec La Dépêche serait un casus belli avec la mairie. Pourriez-vous vous passer de l’un ou de l’autre ?

J’entends que les rapports entre La Dépêche et Moudenc sont compliqués. Mais dans le milieu télévisuel, on essaie de ne pas tenir compte de ce genre de situation. Notre offre est équilibrée, nous respectons la pluralité. Donc si La Dépêche entre au capital, cela n’influencera pas nos programmes et notre façon de voir l’actualité toulousaine. Ce que l’on a déjà démontré, c’est que l’on sait travailler avec toutes les collectivités, quelle que soit leur couleur politique. Nous n’avons aucun marqueur politique. 

Vous êtes confiant pour décrocher cette fréquence toulousaine ?

Je suis toujours très triste quand une télé locale s’arrête. Notre projet est cohérent, au niveau régional : le rugby, le sport, la culture, la découverte des territoires dans cette nouvelle région. C’est formidable qu’il puisse y avoir une nouvelle chaîne sur Toulouse, berceau des télés locales. 

Propos recueillis par Fabrice Valéry (@fabvalery)

03 Juin

Télé locale à Toulouse : l’appel aux candidats lancé par le CSA

TELEVISION

Et voilà, c’est parti. Comme nous vous le révélions sur ce blog il y a quelques jours, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a lancé ce vendredi 3 juin l’appel d’offres pour la fréquence d’une chaîne de télé locale à Toulouse libérée par la disparition de TLT en juillet 2015.  Les candidats ont jusqu’au 13 juillet pour se faire connaître.

Le CSA indique dans un communiqué :

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel a décidé, le mercredi 1er juin 2016, de lancer un appel aux candidatures dans la zone de Toulouse, pour l’édition d’un service de télévision à vocation locale en haute définition sur la télévision numérique terrestre (TNT).

Les candidats sont invités à déposer leurs dossiers de candidature au plus tard le mercredi 13 juillet 2016 à 17h00 en cinq exemplaires, dont un exemplaire sous forme numérique, au Conseil supérieur de l’audiovisuel, Direction des médias télévisuels, Département Autorisations et plateforme TNT, Tour Mirabeau, 39-43, quai André-Citroën, 75739 Paris Cedex 15.

Les dossiers peuvent être également adressés au Conseil par voie postale, au plus tard le 13 juillet 2016 (le cachet de la poste faisant foi), sous pli recommandé avec avis de réception ».

La course est donc lancée entre les différents candidats déjà déclarés (comme Médias du Sud avec TV Sud ou encore TVPI) et ceux qui vont maintenant sortir du bois.

Selon un spécialiste des procédures au CSA, l’instruction des dossiers devrait durer environ 2 mois, ce qui nous amène mi-septembre. Les candidats retenus seront alors convoqués par le CSA pour un grand oral, sans doute fin septembre-début octobre et on devrait connaître la décision du CSA (si l’appel d’offres n’est pas infructueux) avant Noël. Il faudra alors quelques mois pour mettre en place la nouvelle télé qui pourrait démarrer en février ou mars 2017, soit moins de deux ans après la disparition de TLT.

Ce dossier éminemment politique intéresse en hauts lieux à Toulouse. Le maire LR Jean-Luc Moudenc ne souhaitait pas renouveler la mauvaise expérience financière de TLT, que ce soit en tant qu’actionnaire ou à travers un contrat d’objectifs et de moyens (COM). Mais le soudain intérêt pour ce dossier de la nouvelle présidente PS du Conseil régional, Carole Delga, qui appelle de ses voeux une télé régionale pourrait inciter le Capitole à revoir sa position pour peser dans le choix du candidat.

Déjà présent à Montpellier, Nîmes et Perpignan, TV Sud fait figure de favori pour l’attribution de la fréquence. Mais le jeu est encore très ouvert.

FV (@fabvalery)

02 Juin

Disparition de l’ancien journaliste de Sud Radio François Bousquet

Les hommages se multiplient depuis mercredi dans le monde de la presse toulousaine pour saluer la mémoire de François Bousquet. Le journaliste est décédé mercredi. Il avait fait toute sa carrière à Sud Radio à Toulouse.

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C’était l’homme d’un média, l’homme d’une radio : Sud Radio. Diplômé de l’ESJ Lille, François Bousquet y est entré en 1981 et n’en est ressorti qu’en 2006 pour prendre sa retraite. Sa deuxième famille !

Sa voix et son timbre étaient reconnaissables entre mille. Ceux qui ont écouté Sud Radio pendant 30 ans ne l’ont pas oublié.

Présentateur des éditions du soir ou des week-ends, reporter, il avait une personnalité atypique que ses anciens collègues saluent aujourd’hui : « On savait le matin quand il arrivait à la rédac, s’il avait envie de travailller ou pas, se souvient Jean-Wilfried Forques son ex-collègue à Sud Radio, aujourd’hui correspondant de BFM TV à Toulouse. Mais surtout c’était un homme d’une grande culture, qui s’intéressait à tout et qui avait une sainte horreur des poncifs et des phrases toutes faites qu’emploient les journalistes : « l’église était trop petite » ou « un déluge de fer et de feu », le faisaient bondir ! ».

Ceux qui l’ont connu (dont l’auteur de cet article alors jeune journaliste stagiaire à Sud Radio) se souviennent surtout de cette forte personnalité attachante et généreuse. Son nom est lié à l’histoire de Sud Radio et, ironie du sort, il disparaît au moment où l’on apprend que la radio du grand sud va déménager à Paris !

De 2001 à 2012, François Bousquet avait aussi pris des engagements locaux, en devenant adjoint au maire de L’Isle sur Tarn où il résidait. Ses obsèques seront célébrées vendredi 3 juin à 16 heures à L’Isle-sur-Tarn. Nous adressons nos sincères condoléances à sa famille.

FV (@fabvalery).