31 Mai

La CSA lance l’appel d’offres pour une télé locale à Toulouse

Info France 3 Midi-Pyrénées – Selon nos informations, les sages du CSA (Conseil supérieur de l’Audiovisuel), réunis en collège mi-mai, ont acté le principe du lancement d’un appel d’offres pour une télévision locale à Toulouse, pour réattribuer la fréquence hertzienne numérique de TLT, disparue des écrans en juillet 2015. L’appel d’offres était encore en rédaction ces derniers jours et sera publié de manière imminente par le CSA.

TELEVISION LOCALE LA CHAINE TLM

Le calendrier devrait être le suivant : publication de l’appel d’offres en juin, liste des candidats à la rentrée, audition des candidats à l’automne et décision du CSA à la fin de l’année 2016. La télé locale pourrait commencer à émettre à Toulouse en janvier ou février 2017.

La mairie de Toulouse voulait attendre

Ce calendrier et la décision du CSA ne vont pas vraiment dans le sens de la mairie de Toulouse. Jean-Luc Moudenc et son équipe souhaitaient prendre du temps, notamment pour réfléchir à un nouveau modèle économique de télévision locale : TLT était l’une des plus anciennes télés locales de France mais elle fut aussi un gouffre financier pour les collectivités locales notamment la mairie de Toulouse. La défaillance les uns après les autres des actionnaires privés avait même conduit CTV (la société d’économie mixte gestionnaire de la participation de Toulouse dans TLT) à devenir actionnaire principal de la chaîne. Si l’on y ajoute les participations du Conseil Régional (1,5 millions d’euros sur 3 ans via un contrat d’objectifs et de moyens), la télé locale n’avait plus grand chose de privée, fonctionnant surtout avec de l’argent public. 

Échaudée par cette expérience malheureuse, la mairie de Toulouse a fait savoir qu’elle ne voulait pas participer au tour de table du futur projet, ni en tant qu’actionnaire, ni même en tant que partenaire via un contrat d’objectifs et de moyens (COM). Tout au plus Jean-Luc Moudenc était-il prêt à faire acheter des espaces publicitaires par la ville et la métropole pour soutenir la nouvelle chaîne.

Mais la décision du CSA et l’entrée dans la danse du Conseil régional pourraient l’inciter à changer de chanson.

Télé locale ou télé régionale ?

Christophe Musset, patron de Médias du Sud qui possède les chaînes locales TV Sud à Montpellier, Nîmes et Perpignan, a été le premier à déclarer son intérêt pour la reprise de la fréquence de TLT. Son projet consisterait à fédérer ses différentes chaînes, diminuant les coûts, en partageant les grilles de programmes et en créant ainsi un réseau à l’échelle… d’une télé régionale ! Il emploie même depuis plusieurs mois un journaliste pigiste pour couvrir l’actualité toulousaine et montrer aux élus son intérêt pour la capitale régionale.

Un intérêt qui, très récemment, a dépassé les murs du Capitole et atteint ceux du Conseil régional. Juste après son élection en décembre dernier, entre le nom de la région, les assises du rail, le plan Marshall pour le BTP et la gestion d’une majorité complexe et d’une opposition remuante, la nouvelle présidente PS de la Région Carole Delga avait d’autres chats à fouetter. Mais, sous la pression de certains élus de sa majorité, le dossier est remonté sur le dessus de la pile. Carole Delga veut « un média régional qui redonne du lien pour faire connaître les initiatives et les talents sur tout le territoire » et estime publiquement que « France 3 ne remplit pas ce rôle actuellement ».

La candidature TV Sud et la perspective d’y trouver une télé régionale intéresse désormais beaucoup l’hôtel de région. Prise de participation ? COM ? Comment l’aide financière de la région pourrait-elle se matérialiser ? Il est encore trop tôt pour le savoir.

Cette perspective pourrait faire bouger les lignes à la mairie. Dans l’entourage de Jean-Luc Moudenc, on se méfie d’un projet inféodé au Conseil régional. Quitte à avoir une télé privée à Toulouse, autant qu’elle parle de Toulouse plutôt que de la région, se dit-on au Capitole. Le principe de la non-participation financière de la ville et de la métropole au projet pourrait donc être sacrifié. On pèse davantage sur les orientations lorsque l’on met de l’argent sur la table !

Une route encore longue… dans un dossier très politique

Le lancement de l’appel d’offres n’est donc qu’un premier pas vers le retour d’une chaîne locale à Toulouse. Les négociations seront longues. Même au sein de la majorité de Carole Delga à la région, certains, en l’occurrence les écologistes, souhaitent un rapprochement entre France 3 et le futur opérateur.

Outre TV Sud, TVPI a aussi fait connaître son intérêt. La publication de l’appel d’offres aura l’avantage de faire sortir tous les concurrents du bois. Et de comparer : projet contre projet et surtout modèle économique contre modèle économique.

Car l’enjeu est surtout là. Les collectivités locales ont eu leur part de responsabilités dans la disparition de TLT. Il est donc primordial de mettre en place et de soutenir une entreprise viable. A l’heure où la consommation de médias se fait de plus en plus en « picorant » des contenus sur les réseaux sociaux via leur smartphone ou leur tablette, les contribuables, qui ne sont plus des téléspectateurs captifs assis dans leur canapé devant la télé, auraient sans doute du mal à comprendre que des millions d’euros d’argent public soient de nouveau engloutis dans un projet de télé à la sauce 1990 !

FV (@fabvalery)

« Politic Région », le nouveau média régional qui veut mettre en valeur la politique

Le numéro 1 de Politic Région (photo : F. Valéry/ France 3)

Le numéro 1 de Politic Région (photo : F. Valéry/ France 3)

Le décor est planté. Un salon d’un hôtel de luxe du centre de Toulouse, à deux pas du Capitole. Trois associés y présentent un nouveau média régional sur papier glacé en Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées : Politic Région. Une revue mensuelle de 80 pages (en kiosques le 3 juin) et un site internet qui s’adressent principalement aux hommes et femmes politiques de la région et leur offrent même une large tribune car, l’objectif est clair, « valoriser la politique, lui rendre sa noblesse, car il n’y a pas que les affaires en politique et offrir aux citoyens un regard optimiste sur la politique«  expliquent les fondateurs.

« La politique est noble »

Politic Région ne sera donc pas le Canard Enchaîné ou le Satiricon (pour prendre une ancienne référence éditoriale toulousaine), de la presse politique en Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénnées et ne se place pas non plus sur le même créneau que le blog politique de France 3 Midi-Pyrénées, devenu référence en la matière.

Ses concepteurs veulent s’adresser aux élus en mettant en avant « la noblesse de la politique : ces milliers d’élus locaux dévoués qui travaillent pendant des heures sans recherche de retour et dans l’ingratitude« . Promis, tous les partis politiques auront ainsi « droit à la parole » de l’extrême-gauche à l’extrême-droite. « On tiendra un tableau Excel pour assurer une parfaite égalité », plaisantent les trois associés.

Trois associés : entrepreneur, journaliste et communicant

De qui parle-t-on ? L’idée est venue de Thomas Simonian, ex-rédacteur en chef du Journal Toulousain du temps de Mike Layani (tombé ensuite dans l’affaire dite de la « crevette brésilienne ») puis à la tête du journal dans sa nouvelle formule en Scop avant de le quitter il y a quelques mois.

Il a pris contact avec Armand Partouche, qui a créé différents entreprises et a présidé la radio locale Kol Aviv. Emballé par le projet, il a dit banco.

Jean-Christophe Giesbert, l’ancien directeur de la rédaction de La Dépêche du Midi et fondateur en 2009 d’une agence de communication institutionnelle les a rejoints comme associé « minoritaire ».

Les trois associés lors de la présentation de Politic Région.

Les trois associés lors de la présentation de Politic Région (Photo : F. Valéry / France 3)

A la frontière entre journalisme et communication

« On a reçu un accueil incroyable de la part des élus », s’exclame Jean-Christophe Giesbert. Il faut dire que la couleur annoncée avait toutes les chances de les enthousiasmer : valoriser leur travail et leur donner la parole ! Mais les associés l’assurent : l’indépendance éditoriale de Politic Région sera totale. « Pas de soumission, à quiconque« , martèle Armand Partouche.

Pourtant, le créneau sur lequel ce nouveau média régional se place est à la frontière entre journalisme et communication politique : d’un côté donner la parole à des élus, leur offrir même la possibilité d’écrire des tribunes ou éditoriaux dans le magazine ou sur le site internet et valoriser leur travail et de l’autre faire de ces mêmes élus des clients, annonceurs, abonnés au site ou au journal, membres du futur « réseau social » d’échange d’expériences entre élus ou même « stagiaires » du futur centre de formation que les associés veulent créer. Politic Région veut aussi organiser des événements autour de la politique. Mais se défend de vouloir mélanger les genres. Une gymnastique compliquée.

D’autant que l’un des actionnaires, Jean-Christophe Giesbert (qui écrit aussi des éditos dans le mensuel) est en affaire, par l’intermédiaire de sa société de communication, avec de nombreuses collectivités, comme le Conseil régional, Toulouse Métropole (jusqu’en 2014), Auch, Cahors, le Conseil départemental du Tarn, etc.  Et donc avec les élus qui les dirigent !

Un modèle économique à « dupliquer »

Les trois associés ne lèvent pas le voile sur leur modèle économique, ni sur l’investissement de départ « assez lourd ». A peine sait-on qu’une douzaine de « partenaires » font partie du projet. L’objectif pour ce nouveau média est de développer les abonnements. 4000 exemplaires du numéro 1 ont été envoyés à tous les maires de la grande région. Le grand public n’est finalement pas tellement concerné.

Côté annonceurs, la régie publicitaire vise ouvertement « les collectivités et les entreprises qui répondent aux appels d’offres des collectivités ». 

Et si l’expérience fonctionne en Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées, l’équipe veut rapidement « dupliquer » le modèle dans d’autres régions, notamment la nouvelle grande Aquitaine.

FV (@fabvalery)

30 Mai

Pour son 5ème numéro, la revue Gibraltar lance un financement participatif

eba81880187907467a6e3352764d46Pour financer la réalisation de son 5ème numéro, la revue Gibraltar, qui jette un pont entre les deux rives de la Méditerranée, a décidé de faire appel au financement participatif.

Revue de qualité, mélangeant avec talent les genres éditoriaux, Gibraltar a été fondée en 2013 à Toulouse par le journaliste et écrivain Santiago Mendieta, qui en est le directeur et rédacteur en chef.

Il appelle, pour la parution de numéro 5, avec notamment des reportage en Israël et en Palestine ou encore sur les lieux de tournage des films de Pagnol à Aubagne, à pré-acheter la revue via la plateforme de financement participatif Ullule.

Environ 20 % de la somme nécessaire avait été collectée ce 30 mai. Il reste encore un peu plus d’un mois pour adhérer au projet.

FV

19 Mai

La Tribune Toulouse (ex-Objectif News) passe au format journal tabloïd

couvon42La formule magazine de La Tribune Toulouse (ex-Objectif News) c’est terminé. La Tribune a annoncé ce jeudi 19 mai que ses éditions « métropoles » de Bordeaux et Toulouse abandonnent la formule news magazine en adoptant un format tabloïd sur papier journal à compter de ce 19 mai pour La Tribune Bordeaux (ex Objectif News Aquitaine) et du 16 juin pour La Tribune Toulouse (dont la marque d’origine Objectif news va disparaître).

Depuis qu’il a racheté le journal économique La Tribune, le Toulousain Christophe Tortora, fondateur du titre Objectif News, n’a eu de cesse de rapprocher ces médias, avec l’objectif de développer l’actualité économique en région, particulièrement dans les métropoles françaises. C’est en ce sens qu’il a ouvert en mars dernier, La Tribune Marseille-PACA.

La nouvelle formule de La Tribune Toulouse sera donc désormais sur papier journal, sur 24 à 32 pages, en parution trimestrielle.

Fabrice Valéry

13 Mai

Boudu, le nouveau mensuel toulousain, cherche encore son public

Après 6 mois d’existence, retour sur le démarrage du nouveau magazine de société toulousain dont la diffusion en kiosque est en deçà des espoirs de l’équipe qui a fondé Boudu. Une levée de fonds devrait avoir lieu au second semestre 2016 pour développer l’entreprise et booster la communication.

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Boudu vient déjà de sortir début mai son 7ème numéro. Ce nouveau mensuel toulousain est arrivé sur la place en novembre 2015, avec l’ambition de devenir LE magazine des Toulousains. Six mois après, le bilan est mitigé. « Concernant les ventes en kiosques, reconnaît le rédacteur en chef Jean Couderc, on est en deçà de ce que l’on espérait. Le démarrage est plus lent que prévu même si on est sur la pente ascendante. Mais il faut que ça s’accélère. Heureusement, nous avons une communauté d’abonnés croissante et fidèle ».

Une levée de fonds pour développer l’entreprise

L’équipe de Boudu l’affirme : ce démarrage difficile « n’est pas de nature à remettre en cause la vie de Boudu, car nous avions configuré l’entreprise (NDLR : une scop) pour faire face à ce type de situation ». Il faut cependant revoir certaines choses.

« L’enquête qui a été menée par des étudiants de la Toulouse Business School, explique Jean Couderc, auprès d’environ 800 personnes, montre que nous avons un large déficit de notoriété. Mais c’est un élément qui nous rend confiants car cela montre que nous avons une importante marge de progression ».

Se faire connaître des Toulousains, ce sera donc l’objectif de Boudu dans les mois qui viennent. Pour cela, une nouvelle levée de fonds devrait être menée dans le second semestre 2016, pour, cette fois, accroître les moyens notamment en matière de communication ou encore de démarchage d’annonceurs publicitaires. Selon nos informations, cela ne se fera pas, comme lors du lancement, par une opération de financement participatif mais auprès de partenaires financiers.

Coller davantage à l’actualité et être en phase avec la ville

Au fil des numéros, la rédaction de Boudu a fait évoluer très légèrement le projet. L’ambition, elle, reste la même : s’adresser à « une communauté de curieux » avec un magazine « qui réfléchit » au risque parfois de se voir reprocher son élitisme. Et toujours avec une grand soin apporté aux articles et à la politique iconographique.

Les évolutions éditoriales se sont donc faites à la marge. « On a vu qu’il fallait que nous collions davantage à l’actualité, rappelle Jean Couderc. Qu’on se nourrisse de l’actualité pour la mettre en perspective mais sans avoir trop de distance sinon on risquait, comme dans les tous premiers numéros, d’être hors-sol et hors-temps ». L’équipe veut aussi être « plus en phase avec la ville » et remplir son rôle de prescripteur : d’où la création d’une rubrique agenda, toujours à la sauce Boudu, pour tourner davantage le magazine vers l’avenir.

L’interview de Clément Poitrenaud, dans le numéro de mai, qui annonce son départ du Stade Toulousain est en cela un « bon coup ». Une interview où le joueur se livre aussi en profondeur. « C’est un long entretien, précise Jean Couderc, mais cela montre aussi, concernant l’annonce de son départ, qu’il faut compter sur nous parmi les médias toulousains ».

« Nous ne sommes pas le GQ toulousain »

L’équipe entend aussi les critiques qui trouvent le magazine un petit peu trop.. masculin. « On s’adresse au plus grand nombre, dit Jean Couderc, et nous ne voulons pas être le GQ toulousain mais c’est vrai qu’on nous dit parfois que nous avons un côté trop masculin. Il est vrai que nous n’avons pas encore fait de une avec une femme. Mais nous sommes le reflet de notre époque et de notre ville, où les hommes trustent les postes à responsabilité ». L’équipe se refuse à considérer que c’est en traitant des sujets « légers » qu’elle touchera un public plus féminin et rappelle que le dossier de la une sur les cantines scolaires était un sujet « familial ».

Mais c’est promis des efforts seront entrepris contre ce ressenti, bien involontaire. Exemple : le grand entretien du prochain numéro sera… celui d’une femme (vous n’en saurez pas plus, à découvrir en juin !)

« C’est dur mais on se régale »

Alors oui, lancer un nouveau média indépendant, en province, ce n’est pas simple. Les fondateurs de Boudu le savaient et ne tombent pas des nues. Mais ils ont aussi de grandes satisfactions. « Déjà, dit Jean Couderc, on se régale à le faire, même si c’est dur. C’est une aventure formidable et nous recevons plein de messages d’encouragement qui fond chaud au coeur ».

Il y a aussi des projets dont celui d’augmenter progressivement la pagination (actuellement de 84 pages). Pour cela, il faut aussi compter sur les rentrées publicitaires, qui sont encore trop faibles. Chez Boudu, on préfère que les lecteurs lisent tous les articles et restent un peu sur leur faim, plutôt qu’ils se contentent de « survoler » un gros catalogue.

Une politique éditoriale ambitieuse et jusqu’à présent particulièrement réussie qui n’attend plus qu’une chose : rencontrer son public. Ce serait mérité.

Fabrice Valéry (@fabvalery)