25 Jan

LibéToulouse.fr : vie et mort d’un fake

Certains d’entre-vous sont peut-être tombés par hasard ces derniers jours sur le nouveau site internet « LibeToulouse.fr ». Ceux qui ont suivi pendant des années le blog des journalistes correspondants de Libération à Toulouse, Gilbert Laval (aujourd’hui retraité) et Jean-Manuel Escarnot, blog auquel Libé a mis fin en 2013, se sont sans doute dit « chouette, vive le pluralisme et le retour sur le net des plumes de Libé à Toulouse ! ». 

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Et bien ceux-là se sont tristement trompés mais qu’ils se rassurent tout à été fait… pour les tromper !

De quoi parle-t-on ? En tapant « LibéToulouse » dans un moteur de recherche, vous pointez vers le site www.libetoulouse.fr qui se présente comme le site de « l’actualité de Toulouse et ses environs ». Belle ambition, même si le paysage médiatique toulousain est un peu saturé sur le web côté actualité !

On trouve sur ce site une trentaine d’articles qui reprennent pèle-mêle des infos picorées dans la presse régionale, sans citer les sources. Leur écriture est un peu « olé-olé » mais ne critiquons pas sur le fond, l’essentiel est ailleurs.

« Un ancien média de Libération »

Car si le nom LibéToulouse.fr renvoie implicitement au média national Libération, c’est de manière beaucoup plus explicite que le journaliste censé être l’auteur des articles se présente. Christophe Ganish, c’est son nom, résume sa carrière et son ambition de la manière suivante : « journaliste à Toulouse depuis 8 ans, j’ai souhaité partager ma passion de l’actualité sur LibeToulouse, qui est un ancien média de Libération. Vous pouvez donc suivre l’actualité toulousaine, ainsi que celle de sa région environnante ».

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Arrêtons nous quelques secondes sur ce journaliste, qui travaillerait depuis 8 ans à Toulouse. Christophe Ganish ? Le nom ne me dit rien mais… ce visage. C’est sûr, je le connais. L’aurais-je croisé lors d’une conférence de presse à Toulouse ? Lors d’une rencontre entre journalistes ? Non, c’est autre chose…. En y réfléchissant bien, je me dit « mais oui c’est ça, c’est lui ! ».

La photo de Christophe… Barratier !

Une simple recherche dans Google Images confirmera : la photo n’est pas celle du pseudo-journaliste Christophe Ganish mais… du producteur et réalisateur de films Christophe Barratier, auteur notamment des « Choristes« , de « Faubourg 36 » et de « La Nouvelle Guerre des Boutons ». Il sera sans doute ravi d’apprendre qu’il a une deuxième vie, celle de journaliste à Toulouse !

Sans doute les « créateurs » de LibéToulouse.fr ont-ils trouvé « sympa » la photo un peu « barroudeur » de Christophe Barratier pêchée sur le web ! Pas de bol, ils ne sont pas tombés sur un inconnu !

« Si ça pose problème à Libération, on arrêtera »

N’écoutant que notre courage, nous avons donc essayé de contacter ledit journaliste. Seul un contact par mail est possible via le site. Pas de nouvelle de l’intéressé, mais, en quelques minutes, une brève réponse d’un certain Marc De Zordo :

Bonjour. Il n’y a aucun lien avec Libération, c’est un média indépendant. Cordialement ».

Ah, petit problème ! Le nom et la « bio » du journaliste renvoient vers Libé mais selon ce monsieur, il n’y aurait aucun lien. Marc de Zordo nous écrit d’un mail dont le nom de domaine se termine par diginov.fr. Diginov serait une entreprise « digitale » parisienne de conseil aux PME dans l’e-marketing. Quant à Marc de Zordo, son CV est consultable sur le net : il se présente comme consultant et chef de projet digital freelance, avec une jolie photo (s’il s’agit bien de lui !).

Notre site n’a pas de valeur journalistique particulière »

Contacté par téléphone cette fois, il reconnaît avoir acheté le nom de domaine mais s’empresse de préciser que « si ça pose un problème à Libération, on arrêtera ! ». Avant de lâcher cette phrase : « Nous ne sommes pas journalistes. Notre site n’a pas de valeur journalistique particulière ».

Libé a entamé une procédure

A Libération, justement, Guillaume Launay, le rédacteur en chef des éditions numériques, confirme qu’une procédure est en cours pour faire cesser l’usage du nom de Libé. 

Alors dans quel but ? Dans la presse digitale, les « fake » se développent souvent dans le sillage de sites internet porteurs ou rencontrant du succès. On peut alors tromper le lecteur-internaute et l’attirer aussi vers des articles qui relèvent de la publicité déguisée comme c’est le cas sur LibéToulouse.fr avec cet article sur…  le référencement internet des PME !

Et surtout en matière de référencement, publier des articles sous des noms de domaines référencés comme sérieux permet de se retrouver dans les requêtes google et de vendre sur le site des espaces à des annonceurs publicitaires.

Vous ne pourrez donc plus dire que vous avez vu le nouveau site internet de Libé à Toulouse, car CQFD, il n’existe pas !

FV (@fabvalery)

Merci à Kévin Figuier.

MISE A JOUR DU 26 JANVIER : Moins de 24 heures après la parution de cet article, LibéToulouse.fr a disparu des écrans radars ! Le compte twitter et la page facebook ont été purement et simplement supprimés. Le site lui-même est encore accessible ce mardi à 17 heures mais les contenus ont été semble-t-il retiré. Vie et mort d’un fake !

20 Jan

La journaliste Marie-Sophie Lacarrau devient… un personnage de BD

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Alors que le salon de la BD d’Angoulème doit s’ouvrir à la fin du mois, des auteurs de bande dessinée ont réservé une belle surprise à la journaliste toulousaine Marie Sophie Lacarrau. 

La présentatrice des journaux de France 3 Midi-Pyrénées, du nouveau magazine national économique de France 3 « In Situ » et joker d’Elise Lucet pour le 13 heures de France 2 est en effet l’un des personnages du dernier tome de la série « Les Rugbymens » (éditions Bamboo).

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Les deux scénaristes (Ariégeois) de cette série qui en est à son 14ème tome (« On a déboulé à Marcatraz ! ») et le dessinateur Poupard se sont en effet inspirés d’elle pour le personnage d’une présentatrice de journal. « On est de fidèles téléspectateurs, expliquent-ils, que ce soit sur la 2 ou sur la 3 et on a voulu lui faire un petit clin d’oeil ! »

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Qu’en pense la principale intéressée ? « C’est très flatteur, a réagi Marie-Sophie Lacarrau, et même assez ressemblant ! Mais c’est surtout une grande surprise. Jamais ne je n’aurai imaginé me retrouver un jour dans une bande-dessinée. En plus, le personnage que Poupard a dessiné me plaît beaucoup ».

FV

19 Jan

Le député PS du Tarn Jacques Valax agresse (encore) verbalement un journaliste

Jacques Valax (Photo : MaxPPP)

Jacques Valax (Photo : MaxPPP)

Le bouillant député socialiste du Tarn Jacques Valax a décidément du mal avec la liberté de la presse. Selon nos confrères du Tarn Libre, il s’en est pris à l’un de leurs journalistes avec un vocabulaire fleuri, l’agressant verbalement devant témoins.

Notre confrère raconte la scène :

« Tu as dit à une journaliste d’Antenne 2 (sic) que je n’étais pas allé à Sivens » Puis : « Tu es un salopard, un minable, je te dis ça là, il  y a deux ans après, je t’aurais pigné, cassé la gueule, t’as de la chance ». Interloqué, ce n’est que quelques instants après que nous lui avons dit que « de tels propos sont indignes de la fonction » de député. Devant Christophe Ramond et Eva Géraud, conseillers départementaux, Jacques Valax réitérait : « Tu es un minable, un vicieux, un salopard ».

En avril 2014, alors que tout le monde attendait le président de la République à Carmaux, le même Jacques Valax s’en était pris violemment au politologue et journaliste de France 3 Midi-Pyrénées Laurent Dubois, le traitant de « traître » et de « délateur » et le menaçant s’il ne « dégageait » pas.

Décidément Jacques Valax a plus de respect pour les intimidations et les noms d’oiseaux que pour le travail des journalistes.

FV

18 Jan

Après 5 ans d’existence, « Friture Mag » s’arrête

arton1926-05648Encore une mauvaise nouvelle sur le front de la presse régionale. « Friture Mag, c’est fini ». C’est avec ces mots que Philippe Gagnebet, la cheville ouvrière de Friture Mag (qui est aussi le correspondant du Monde à Toulouse), vient d’annoncer sur le site internet du magazine qu’il ne paraîtra pas en 2016. 

Après 5 ans d’existence, le « magazine des possibles » s’arrête donc, faute de moyens notamment.

« Après avoir connu des pointes à près de 700 abonné-e-s, 30 000 visites par mois sur le site, écrit Philippe Gagnebet, des ventes au numéro avoisinant parfois les 2000 exemplaires, les journalistes et les membres du CA ne peuvent que constater un épuisement général, une baisse de motivation, et surtout un manque cruel de moyens financiers. Malgré un équilibre presque atteint en 2016, mais avec un léger déficit que nous comblerons en cours d’année, nous avons décidé de mettre un terme à l’aventure et à nos publications. Faute de moyens – tous les journalistes, photographes et illustrateurs étaient rémunérés – et surtout faute de sang neuf dans l’équipe rédactionnelle et administrative. Il n’y aura donc pas de nouveau numéro papier ce printemps et le site va continuer à tourner au ralenti. »

Le site internet du magazine était passé au payant et « Friture » avait également sorti un album collector pour ses 5 ans. Mais le magazine n’aura donc pas survécu à son 5ème anniversaire.

Une nouvelle fois, le pluralisme en Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées, prend un sacré coup dans les côtes ! Et c’est d’autant plus triste que cela touche un média innovant, privilégiant un regard pointu sur l’actualité et offrant un vrai travail iconographique.

FV (@fabvalery)

14 Jan

« Le Casse-Briques », le mook qui parle autrement de Toulouse

10325689_417632428446290_2126814421375663838_nC’est un nouveau-venu dans la presse toulousaine : Le Casse-Briques est un magazine de 100 pages en vente en ligne depuis ce 14 janvier ainsi que dans plusieurs librairies de Toulouse.

L’histoire de ce mook (contraction de magazine et book) est suffisamment originale pour vous la raconter : l’idée vient des étudiants en journalisme de 5ème année de Sciences-Po Toulouse. Durant leur formation, ils produisent déjà des reportages en télé, radio, sur le web ou en presse écrite et réalisent des journaux.

Mais cette « promo » a voulu d’elle-même aller plus loin : réaliser totalement un magazine digne de ce nom, de la conception à l’écriture en passant par l’iconographie, la mise en page et même la commercialisation !

« On l’a baptisé Le Casse-Briques, explique Manon Poirier, la déléguée de la promotion, parce qu’on a voulu casser les codes et aller au-delà de la brique toulousaine, pour proposer un regard différent sur Toulouse ».

Le petit groupe d’étudiants a reçu le soutien de la direction de Sciences-Po Toulouse, le renfort de leurs collègues de 4ème année et un financement de la Fondation La Dépêche. A l’arrivée le résultat est positivement surprenant : de belles rencontres, des angles originaux, des histoires inédites… Le tout autour de la thématique des mondes souterrains. Une regard sur Toulouse underground au propre comme au figuré.

Le Casse-Briques est en vente (6 euros) sur le site internet de l’IEP de Toulouse et dans plusieurs librairies de la ville. Les étudiants de 4ème année vont maintenant reprendre le flambeau pour continuer à casser des briques et produire un numéro 2 fin 2016.

FV

08 Jan

La Toulousaine Aziliz de Veyrinas rejoint Le Figaro pour y créer un pôle « Events »

662R1sMz_400x400Elle n’est pas journaliste mais gravite dans l’économie de la presse depuis des années. La Toulousaine Aziliz de Veyrinas qui accompagnait jusqu’à présent un autre Toulousain parti à Paris, Jean-Christophe Tortora, dans ses projets de développement du groupe La Tribune, vient de quitter le groupe pour rejoindre Le Figaro. Directrice commerciale adjointe, elle a pris ses fonctions le 15 décembre pour « créer et diriger le pôle Events du groupe ».

« Après le virage du numérique, explique-t-elle, les groupes de presse ont besoin désormais de diversifier leurs revenus, de trouver de nouveaux business models. Au Figaro, nous allons développer les événements autour des grandes verticales du groupe, l’économie, la santé, l’art de vivre… »

L’idée est donc de créer des événements autour de la communauté de lecteurs du Figaro. Le premier devrait avoir lieu en juin 2016 à Paris autour de l’économie et notamment de la manière dont « la grande économie est bousculée aujourd’hui par de nouveaux modèles comme Uber, l’économie familiale, etc ».

Durant la première année, Le Figaro Events (le nom n’est pas encore totalement choisi) organisera ses événements à Paris avant de se tourner vers les grandes métropoles.

Nul doute qu’Aziliz de Veyrinas, qui s’est occupée notamment de la candidature (qui a finalement échoué) de Toulouse au titre de Capitale Européenne de la Culture 2013, ne manquera pas l’occasion de créer un événement dans sa ville. Sur les terres de son ancien employeur, La Tribune-Toulouse (ex-Objectif News) qui y organise régulièrement des forums où happy few et décideurs se bousculent.

FV (@fabvalery)

06 Jan

Dans les kiosques toulousains, pas de ruée sur le numéro anniversaire de Charlie-Hebdo

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Un an après l’attentat contre Charlie Hebdo, le numéro anniversaire publié par la rédaction et tiré à un million d’exemplaires, est arrivé dans les kiosques ce mercredi. Et ce n’est pas la ruée comme cela avait été le cas l’an passé, avec la sortie du numéro des « survivants ». 

Le détaillant de presse de la rue du Poids de l’Huile, près du Capitole à Toulouse, l’un des plus importants de la région, avait reçu 302 exemplaires ce mercredi. A 8h30, deux heures après l’ouverture, il s’en était vendu une quarantaine.

Des acheteurs venaient régulièrement dans la boutique, mais pas de file d’attente, pas de réservation comme l’an passé et pas de restriction à acheter plusieurs exemplaires.

FV (@fabvalery)

En vidéo, le reportage de Christophe Neidhardt et Jack Levé :