19 Nov

Pas de programmes locaux sur NRJ, Chérie FM et Nostalgie à Toulouse en raison de « menaces »

Les personnels des stations locales du groupe NRJ (NRJ, Chérie FM, Nostalgie) ont été priés de rester chez eux jeudi, à la demande de la direction, suite à des « menaces » contre le groupe, selon un courriel interne dont l’AFP a obtenu copie. Les antennes locales de Toulouse des trois radios émettaient ce jeudi un programme national et n’étaient pas joignables.

© Facebook NRJ Toulouse

© Facebook NRJ Toulouse

Interrogée par l’AFP, la direction de NRJ n’a pas souhaité commenter cette décision, intervenue quelques jours après les attentats de Paris. « Nous avons saisi comme vous le savez les autorités judiciaires », « concernant les menaces à l’encontre du groupe NRJ, qui ont circulé sur les réseaux sociaux pour la journée du 19 novembre », indique la direction dans ce courriel envoyé mercredi à tous les salariés du groupe.
« Il semblerait qu’il s’agisse d’une plaisanterie de très mauvais goût. Néanmoins, nous avons pris la décision de dispenser d’activité et donc de présence dans les locaux, l’ensemble des collaborateurs », travaillant dans les antennes locales, indique le groupe dans son courriel.

« La musique peut être diffusée depuis Paris, mais il n’y aura pas de décrochage régional, d’information le matin ou d’émissions l’après-midi », a précisé à l’AFP l’animateur d’une station, sous couvert de l’anonymat.

A Toulouse, les trois antennes locales des radios du groupe sont hébergés dans les même locaux, allées Jean Jaurès.

FV (avec AFP)

13 Nov

Disparition de Philippe Bardou, fondateur du site Ariègenews

Philippe Bardou (© Ariègenews)

Philippe Bardou (© Ariègenews)

Le fondateur et directeur de la publication d’Ariègenews, Philippe Bardou, est décédé indique ce 13 novembre le site d’information ariégeois. Philippe Bardou avait créé Ariégenews en 2005. Il n’était pas Ariégeois d’origine mais d’adoption et avait imposé sa marque de fabrique dans le monde des médias numériques.

Selon le site, Ariègenews, exemple unique en France de pure-player départemental qui mêle textes, photos et vidéos, réunit chaque mois plus de 400.000 visiteurs uniques.

En signe de deuil, la rédaction d’Ariègenews a suspendu provisoirement ses activités. La rédaction de France 3 Midi-Pyrénées s’associe à sa douleur et à celle de la famille de Philippe Bardou.

FV

 

09 Nov

Une motion de défiance votée par les journalistes de La Dépêche du Midi

FRANCE-MEDIAS-PRESS-LA DEPECHE

Réunis en assemblée générale à Toulouse samedi 7 novembre, les journalistes des quotidiens de La Dépêche du Midi ont voté trois motions dont une motion de défiance concernant Bernard Maffre, le directeur général du groupe qui est aussi Pdg de Midi Libre depuis le rachat des Journaux du Midi par La Dépêche.

Un audit sur l’emploi

Au-delà de la défiance envers la direction, la rédaction, en plein questionnement après l’annonce de 350 suppressions de postes dans les titres du groupe, s’interroge aussi sur la situation de l’entreprise et sur la stratégie menée par La Dépêche. Ainsi, les journalistes demandent-ils qu’un audit, mené par un organisme extérieur et indépendant, sur la rédaction puisse faire le point de la situation de l’emploi. « La situation est alarmante, explique un délégué syndical. Chaque mois, un à deux journalistes quittent l’entreprise sans être remplacé. Nous estimons à 45 le nombre de postes perdus ainsi depuis 2010. Nous réclamons donc rapidement un audit, avec un moratoire sur l’emploi durant cette période d’analyse ». 

Nous estimons à 45 le nombre de postes perdus depuis 2010″ Un délégué syndical

L’ouverture de négociations ?

Les journalistes demandent aussi une concertation sur les projets multimédia, le rattachement du site internet La Dépêche.fr à la rédaction, celui aussi des journalistes qui travaillent sur le flash vidéo, etc. L’ouverture enfin de négociations sur la réalisation de vidéos par les reporters sur le terrain.

La mutualisation et les droits d’auteurs en question

En filigrane de toutes ses questions, c’est la manière dont La Dépêche va s’organiser dans son nouveau périmètre après le rachat des Journaux du Midi. Bernard Maffre, dans une récente interview à La Lettre M, expliquait : « On réfléchit à une organisation intelligente qui permette de maintenir la diversité de l’information dans l’ADN de chacun des titres. Mais pour la diffusion, on va fusionner tout ça. Je n’ai pas besoin de deux chefs des ventes, de deux logisticiens, de deux responsables de la promotion. On va donc faire de l’optimisation, dans les zones de concurrence, des moyens logistiques, tout en maintenant une organisation qui permette de maintenir une identité et une initiative rédactionnelle »

On va faire de l’optimisation » Bernard Maffre (in La Lettre M)

Mais les journalistes s’inquiètent pour le maintien de cette « identité » par titre, notamment dans les départements où plusieurs titres du groupe sont en concurrence (Aveyron et Aude) mais pas seulement.

Les droits d’auteurs des journalistes face aux bénéfices de la holding familiale

Lors de l’opération de « groupe » sur la dénomination de la future région, les contenus éditoriaux ont été repris par les différents titres. Dans un tract du 13 octobre, l’intersyndicale expliquait alors que la direction s’était assise sur les droits d’auteurs des journalistes et rapportait les propos de Jean-Nicolas Baylet, le directeur général délégué du groupe, qui aurait indiqué devant le CE que cette question était « scandaleuse ». Opportunément, dans ce tract dont nous avons eu connaissance, les syndicats rappelaient les règles en matière de droits d’auteurs et fustigeait l’attitude de la direction : « Pour ramasser le maximum à son seul profit et sans rien payer, écrivaient-ils, elle tente de culpabiliser les journalistes pour les pousser à renoncer à leurs droits. Pourtant, la direction, elle, ne se prive pas : sans se soucier du déficit de 2014 (NDLR : 1,9 million d’euros) les dirigeants familiaux de la holding financière ont augmenté leurs salaires de 400.000 euros. On peut juger que c’est scandaleux, mais c’est leur droit. Comme c’est le droit des journalistes de se faire payer la reprise (NDLR : par d’autres titres du groupe) de leur travail ».

Jean-Michel Baylet interpellé par les journalistes ?

La rédaction n’est pas la seule à vivre une période de tension. Une grève a eu lieu récemment à la comptabilité où les salariés ont obtenu l’ouverture de négociations sur l’emploi. Les services expédition, abonnements ou même la régie publicitaire sont également sous pression actuellement.  Les représentants du personnel ont obtenu de la rédaction lors de l’assemblée générale, à laquelle assistaient également des délégués de Centre Presse Aveyron, de Midi Libre et de L’Indépendant, qu’ils saisissent le plus vite possible la direction. Samedi 14 novembre, à 11 heures, Jean-Michel Baylet, le Pdg du groupe, doit réunir tous les personnels pour expliquer sa stratégie. Une réunion au cours de laquelle les syndicats de journalistes ont prévu de l’interpeller sur la situation de l’entreprise.

FV

03 Nov

Le N°1 de Boudu, le « magazine de société toulousain », débarque en kiosques

La une du N°1 de Boudu

La une du N°1 de Boudu

Il a failli s’appeler « Saucisse » en référence à la célèbre toulousaine. Mais il se nomme finalement « Boudu » et c’est vraiment mieux ! Le numéro 1 du nouveau magazine de société toulousain, porté par quatre journalistes associés en SCOP, sort en kiosques mercredi 4 novembre. En couverture, Omar Hasan, l’ancien rugbyman du Stade Toulousain devenu chanteur lyrique. Un décalage qui colle bien avec l’esprit du magazine.

« On veut, explique Jean Couderc, le gérant et rédacteur en chef, susciter comme l’expression Boudu de la surprise, de l’étonnement. Être sérieux, sans l’être et proposer quelque chose qui n’existe pas à Toulouse ».

L’équipe de Boudu a choisi une maquette moderne enrichie d’un vrai travail iconographique, que ce soit par des illustrations ou les images concoctées par le rédacteur en chef photo, Matthieu Sartre.

L'équipe fondatrice de Boudu (Photo : F.Valéry)

L’équipe fondatrice de Boudu (Photo : F.Valéry)

« Ce que l’on souhaite, indique Philippe Salvador, l’un des journaliste associés, c’est mettre en avant les contenus ». « Il n’y a pas à Toulouse de magazine qui propose une approche sociétale, renchérit Jean Couderc, et on pense que la sauvegarde de la presse passe par les contenus car les lecteurs sont devenus plus exigeants ». 

Au sommaire du N°1, Omar Hassan donc, mais aussi une longue « conversation » avec le maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc, un récit de ce projet fou de bétonner le canal du Midi qui finalement n’a jamais vu le jour ou un touchant portfolio sur ces pères « à plein temps » ! Pour le reste, surprise, on ne vous dit pas tout, à vous de le découvrir en kiosque ou sur abonnement. En tout, 84 pages dont (seulement) 11 de pub.

Le reportage phot sur les pères à temps plein.

Le reportage photo sur les pères à temps plein.

L’équipe travaille déjà sur le N°2, prévu en décembre, et se donne 6 mois pour voir si la greffe a pris avec le public toulousain et plus largement de la région (tiré à 12.000 exemplaires Boudu est distribué dans 600 points de vente dans l’aire toulousaine mais aussi à Foix, Auch, Carcassonne, Albi, Castres et Montauban).

Boudu ne cherche pas à être comparé à son prédécesseur Toulouse Mag, dont la parution a été stoppée il y a un an par le groupe La Dépêche du Midi. D’ailleurs ses « parents » indiquent avoir réfléchi à ce projet bien avant l’annonce de la fermeture de Toulouse Mag.

Enfin, les fondateurs espèrent mettre sur pied une communauté de lecteurs. L’objectif est de voir les Toulousains s’approprier le magazine. Une version numérique sur tablettes et smartphones ainsi qu‘un site internet avec des versions enrichies du magazine sont lancées conjointement à la version papier. Et puis, il y a le succès de l’opération de financement participatif qui dure encore une vingtaine de jours.

Vendu 4,5 € Boudu a désormais besoin de ses lecteurs pour vivre. En ces temps difficiles pour la presse et particulièrement à Toulouse, la naissance d’un nouveau titre est une bonne nouvelle pour le pluralisme. Longue vie à Boudu !

FV