21 Oct

Metronews à Toulouse, c’est (vraiment) fini

Sans faire de bruit, dans la torpeur de l’été passé, la présence du quotidien gratuit Metronews à Toulouse (comme dans les autres villes de province où il était distribué) s’est brusquement arrêtée. Même sur le web. Plusieurs emplois de journalistes et de commerciaux ont été supprimés. 

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On vous avait dit ici que le quotidien gratuit (groupe TF1) avait prévu un plan social drastique (60 emplois supprimés sur 96) et surtout annoncé la fin du « print », l’édition papier distribuée chaque matin notamment près des bouches de métro. Le 3 juillet (le même jour que la fin de la télé locale TLT), le quotidien a disparu des présentoirs et des mains des distributeurs, principalement des étudiants qui ont perdu là un petit job.

Mais la volonté de TF1 de faire de Metronews un média uniquement sur le web, abandonnant la coûteuse édition papier, a aussi conduit à la suppression des postes dans les différentes « locales » dont ceux de Toulouse : un poste de journaliste titulaire, deux commerciaux et quatre pigistes.

L’aventure Métro (puis Metronews) à Toulouse est vraiment terminée. Les rares articles toulousains publiés sur le site internet sont désormais écrits… depuis Paris. Et le pluralisme local ne s’en porte pas mieux !

FV

15 Oct

Les élections régionales, Dominique Reynié et le « Dépêche bashing »

Dominique Reynié (Photo : MaxPPP)

Dominique Reynié (Photo : MaxPPP)

La Dépêche du Midi n’a pas aimé, mais alors pas du tout, que Dominique Reynié, le candidat des Républicains à la présidence de la future grande région, mette en place un baromètre pour surveiller les journaux du groupe Dépêche du Midi et le nombre d’articles consacrés à chacun des candidats. Dominique Reynié s’estime lésé de la part de journaux appartenant à Jean-Michel Baylet, qui est aussi le président du PRG partenaire de la socialiste Carole Delga. Il s’était exprimé sur ce sujet il y a quelques jours sur notre blog consacré aux élections régionales.

Ce jeudi 15 octobre, La Dépêche du Midi publie donc en complément de son sondage sur les régionales, un édito de son rédacteur en chef Jean-Claude Soulery, sous le titre « Dépêche bashing ». 

« Depuis quelques jours, écrit-il, nous assistons avec étonnement à une espèce de «Dépêche bashing», notamment sur les réseaux sociaux Facebook et Twitter, de la part du candidat des Républicains Dominique Reynié et de ses partisans. Selon eux, notre journal ignorerait la campagne du candidat et favoriserait celle de ses adversaires. Si, par le nombre d’articles parus, la candidate PS arrive en tête, c’est aussi parce que nous rendons compte par ailleurs de ses activités d’élue ».

« Voilà en quelque sorte notre journal placé «sous surveillance» par un candidat, poursuit-il. Du jamais vu ».

Mais l’éditorialiste va plus loin en indiquant que ces méthodes étaient jusqu’ici celles de l’extrême-droite : « Cette «victimisation» à l’encontre des médias était jusqu’ici l’apanage du Front national – désormais Dominique Reynié s’estime à son tour victime d’un ostracisme qui n’existe que dans son esprit ».

Entre juillet et septembre, « l’observatoire » de Dominique Reynié avait relevé dans La Dépêche du Midi 74 articles sur Carole Delga, 25 sur Philippe Saurel, 19 sur Dominique Reynié et 9 sur Louis Aliot. 

FV

14 Oct

« Boudu », le nouveau magazine de société toulousain

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Un an après la disparition de Toulouse Mag (groupe Dépêche du Midi), une petite équipe indépendante va lancer en novembre un nouveau magazine à Toulouse, opportunément dénommé Boudu. Une opération de crowdfunding est lancée pour financer ce projet.

Ça cale mal, mais ça se lit bien »

Une scop (« Editions 31 ») a été fondée par quatre associés, des journalistes qui se sont rencontrés il y a une quinzaine d’année à l’Ecole de Journalisme de Toulouse. Parmi les fondateurs, leurs associés et leur équipe, on retrouve des anciens de Toulouse Mag. Mais l’esprit est nouveau. L’équipe veut insufler au magazine tout ce que véhicule son nom : « Dans le midi toulousain, Boudu est une expression que l’on prononce sans même s’en rendre compte, à tout âge. C’est de la surprise, de l’émotion, de la stupéfaction. »

A l’image de ce court message vidéo de lancement et du slogan qui l’accompagne : « Ça cale mal mais ça se lit bien ! ».

Surprise, émotion et stupéfaction devraient donc être au menu de ce mensuel, attendu dans les kiosques début novembre. A l’heure d’internet et des formats courts et rapides, l’équipe du magazine prend le pari des formats longs, « des interviews fleuves », du travail d’enquête…

Pour assurer son indépendance et son développement (campagne de publicité, site internet, etc), le magazine lance une opération de financement participatif sur internet.

En ces temps difficiles pour la presse et particulièrement à Toulouse, nous souhaitons la bienvenue et surtout longue vie à Boudu !

FV

MISE A JOUR DU 16 OCTOBRE : après seulement trois jours de mise en ligne, l’équipe de Boudu a déjà atteint le premier palier de son appel de fonds auprès des internautes (8000 euros et plus de 120 participants). Mais l’opération de crowfunding continue pendant plus d’un mois avec de nouveaux paliers à atteindre qui permettront à l’équipe de ce nouveau magazine de se développer plus rapidement.

12 Oct

40 ans d’histoire et de militantisme pour le journal « Gardarem lo Larzac »

© Rémy Gabalda / AFP

© Rémy Gabalda / AFP

40 ans que ça dure. Tous les deux mois, les 1300 abonnés à travers le monde reçoivent leur exemplaire de « Gardarem lo Larzac », le journal militant des luttes écologistes et pacifistes sur le plateau du Larzac. Huit à douze pages pliées à la main.

40 ans réunis sur les étagères du local du journal, dans un maison du hameau de Montredon, aux confins de l’Aveyron et de l’Hérault : cela représente 324 numéros d’un journal né en 1975, quatre ans après que le ministre de la Défense Michel Debré ait annoncé, en octobre 1971, l’extension du camp militaire de La Cavalerie.

« Souvent, on était mécontent de ce que disait la grande presse du Larzac », se souvient Léon Maillé, militant historique, qui raconte avoir été nommé premier directeur du journal car son casier judiciaire était encore vierge. « Après, ça a changé », sourit-il. Le journal compte rapidement « 3-4.000 abonnés », notamment au sein des comités de soutien qui se créent alors à travers la France. « C’était un journal que l’on faisait après la traite et avant de rentrer les foins », résume M. Maillé. « Ça servait à populariser le Larzac. A l’époque, il n’y avait pas internet, pas de mails. »

Le journal connaît son heure de gloire à la fin des années 80 mais quand François Mitterand est élu à l’Elysée et annonce l’abandon du projet d’extension du camp, les abonnements diminuent et les responsables du journal, dans les années 90, se posent la question d’arrêter. Mensuel, le journal devient bimestriel en 1995.

Mais d’autres événements redonnent ensuite un souffle aux abonnements : l’affaire du MacDonald’s de Millau, la lutte contre les OGM et les gaz de schiste, mais aussi « leur » film « Tous au Larzac »« Nous n’avons pas les problèmes d’un groupe de presse. Notre but n’est pas de faire de l’argent, mais d’arriver à l’équilibre financier », souligne Chantal Alvergnas, membre du secrétariat, qui précise que l’équipe est bénévole « hormis le maquettiste, l’imprimerie et les envois ».

© Rémy Gabalda / AFP

© Rémy Gabalda / AFP

Aujourd’hui, les 18 euros « et plus si affinités » de l’abonnement annuel sont payés par des lecteurs de l’Aveyron, de Paris ou de Lyon, mais aussi d’Argentine, du Canada, d’Allemagne, d’Espagne ou de Suisse.

En format tabloïd, avec une maquette simple, le journal traite de l’actualité locale du Larzac, mais aussi de « luttes » nationales et internationales, reflets de la culture militante qui s’est développée sur le causse. Au fil des décennies, les pages ont tour à tour évoqué le combat des Kanaks de Nouvelle-Calédonie, le projet d’enfouissement nucléaire de Bures, et les « Zad » de Sivens et de Notre-Dame-des-Landes.

En janvier, la rédaction a consacré un numéro spécial aux dessinateurs de Charlie Hebdo, notamment pour rendre hommage à Cabu et Wolinski qui avaient signé des dessins dans ses pages. L’arrivée des légionnaires sur le plateau, qui divise les habitants du Larzac, ne manque pas non plus d’occuper les colonnes. Mais quoique nombreuses sur le plateau, les nouvelles générations lui préfèrent souvent « internet, les réseaux sociaux », souligne Christiane Burguière, au journal depuis 1978.

La diffusion du journal reste aujourd’hui confidentielle, et l’équipe est vieillissante. « C’est un peu le journal des anciens combattants », sourit M. Maillé, le journal « du Larzac canal historique ».

FV (avec AFP)

09 Oct

Naissance de Flyandgo.fr un site d’infos sur les destinations des aéroports de Toulouse et Montpellier

Capture d'écran du site Flyandgo.fr

Capture d’écran du site Flyandgo.fr

La future grande région Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées n’est pas encore née mais déjà bon nombre de médias réfléchissent à des offres communes, voire unique sur l’ensemble du nouveau territoire qui verra le jour le 1er janvier 2016.

Trois journalistes toulousains, Dorisse Pradal, Marc Pouiol et Christian Guillard viennent de créer Flyandgo.fr un site d’infos et de bon plan au départ des aéroports de Toulouse-Blagnac et Montpellier Méditerranée. L’objectif est de proposer des séries d’idées de voyages avec des reportages sur les destinations au départ des deux plateformes aéroportuaires, de tenir un agenda des événements dans les villes desservies et d’interviewer des personnalités sur leurs destinations favorites.

FV

07 Oct

A Toulouse, « La chance aux concours » va préparer gratuitement des étudiants boursiers aux écoles de journalisme

©Philippe Turpin/BENELUXPIX/MAXPPP - The media | Photographes envoyant leurs photos dans la tribune presse d'un stade de foot 27/09/2008 (MaxPPP TagID: maxstockfr065735.jpg) [Photo via MaxPPP]

Si vous êtes étudiant(e) boursier(e) et que votre rêve est de devenir journaliste « La chance aux concours » est faite pour vous. Cette opération qui permet d’aider des étudiants à préparer les concours d’entrée aux écoles de journaliste débarque pour la première fois à Toulouse. En s’adressant uniquement aux étudiants boursiers, elle vise à mettre un peu plus de diversité dans les médias.

Née en 2007 à Paris, cette prépa gratuite aux écoles de journalisme a ainsi déjà formé 200 étudiants, dont les deux-tiers ont intégré une école reconnue. Peu à peu, cette initiative gagne du terrain en province et s’étend donc après Clermont-Ferrand à Toulouse dans le cadre d’une convention avec Radio France et l’Ecole de Journalisme de Toulouse (EJT). La branche toulousaine est coordonnée par Isabelle Delaude, journaliste à France Bleu Toulouse.

Le principe est assez simple : le soir en semaine ou le samedi après-midi, des cours sont organisés (dans les locaux de l’EJT), animés par des journalistes professionnels bénévoles pour préparer au mieux les étudiants boursiers aux concours. Ecriture d’articles, définition d’angles, vérification d’informations, questionnaires d’actualité… Pour les étudiants tout est gratuit (une prépa privée coûte entre 580 et 7500 euros) et même les frais d’inscriptions aux concours des écoles sont pris en charge.

Mais attention il faut faire vite : les inscriptions des étudiants boursiers doivent s’inscrire impérativement avant le 18 octobre 2015 par email à l’adresse inscription-toulouse@lachanceauxconcours.org et les cours débuteront en novembre.

Qu’on se le dise !

FV