24 Fév

Un journaliste pris pour cible par un policier lors de la manifestation des zadistes à Toulouse

Lors de la manifestation de samedi 21 février à Toulouse en soutien aux zadistes et contre les violences policières, un photo-reporter a été la cible d’un policier qui a frappé sur son boîtier photo avec son flashball. 

Christian Bellavia, photographe freelance qui travaillait ce jour-là pour le journal Libération, raconte : « C’était en fin de manifestation, près du palais de justice, quand les choses se sont dégradées. Les policiers intervenaient par petits groupes isolant les manifestants les plus violents pour les interpeller. Je ne portais pas encore mon brassard de presse mais j’avais mon boîtier photo très visible. Tout à coup un policier a frappé violemment sur le boîtier avec son flashball et a regagné un groupe de ses collègues. J’ai été surpris et j’ai eu assez mal car j’avais la main posée sur l’appareil photo à ce moment-là et c’est elle qui a amorti le choc ».

Le photographe s’avance alors vers un policier gradé pour demander des explications mais il n’obtient qu’un « calmez-vous, calmez-vous ! ». Il demande à voir un officier de police judiciaire mais on lui répond qu’il n’y en a pas sur place.

« J’ai bien vu que le coup porté par le policier était délibéré, poursuit Christian Bellavia, et qu’il avait bien identifié que j’étais photographe et pas manifestant. D’autant qu’à ce moment-là, il ne se passait rien. Il n’y avait pas de courses dans tous les sens ou de gaz lacrymogène. C’était un acte gratuit ! ».

Copyright Christian Bellavia

Copyright Christian Bellavia

Christian Bellavia, qui a raconté son histoire sur sa page facebook (avec une photo prise pendant la manifestation au même endroit, que nous reproduisons ci-dessus), relativise : il n’a pas été blessé, son appareil photo fonctionne. Mais il fait aussi le parallèle avec les événements de Nantes, où, le même jour et pour le même type de manif, un jeune journaliste a été forcé de vider la carte-mémoire de son appareil-photo par des policiers.

Il indique aussi qu’à Toulouse, un autre journaliste photoreporter a eu droit samedi à un « croche-pied » d’un policier, alors que là aussi, il était identifiable comme journaliste et pas comme manifestant.

A Nantes, la police a diffusé depuis sur son compte Twitter une photo montrant des journalistes habillés comme des manifestants avec la mention « reconnaissez que la distinction est parfois bien délicate » :

Il faut bien reconnaître que les journalistes sont, quand les manifestations dégénèrent, obligés de se protéger de coups et de projectiles (le plus souvent avec un casque de moto sur la tête) et des jets de gaz lacrymogène (avec une écharpe ou un foulard sur le visage). Mais il reste cependant assez facile pour tout le monde de faire la différence entre un casseur et un journaliste qui fait son métier, affublé d’une caméra ou d’un appareil-photo, même si les manifestants ont aussi leur propre « reporters » photo et vidéos.

Ce type de manifestation est toujours un grand moment de tension. L’acte gratuit et délibéré (mais aussi individuel) de ce policier sur le photographe toulousain reste heureusement isolé.

FV