10 Oct

France 3 Occitanie maintient finalement ses éditions locales jusqu’à nouvel ordre

La direction régionale de France 3 a indiqué dans un courrier notamment adressé aux parlementaires de la région que la réflexion sur l’avenir des éditions locales (Quercy-Rouergue, Pays Catalan, Tarn et Pays Gardois) était repoussée de plusieurs mois.

(Photo : Eric Piermont / AFP)

(Photo : Eric Piermont / AFP)

Les éditions locales de Rodez, Albi, Nîmes et Perpignan continueront leur diffusion après le 1er janvier 2018. Le directeur régional de France 3 Occitanie, Carlos Bélinchon, vient d’en informer des élus, notamment les parlementaires, dans un courrier daté du 6 octobre.

Une réflexion avait été engagée pour une nouvelle exposition des informations locales, notamment en raison des problèmes de réception de ces éditions (journaux de 7 minutes diffusés à 19h17 après le journal régional du lundi au vendredi) : avec la multiplication des box et des antennes satellites, seul environ un téléspectateur sur deux est aujourd’hui en capacité de voir ces éditions.

Cette réflexion devait conduire à la fermeture des éditions locales en janvier prochain avec maintien sur places des équipes et des implantations. Les reportages auraient alors été exposés dans les éditions régionales.

Mais « devant l’émotion suscitée par cette démarche, écrit le directeur régional, France 3 Occitanie a décidé d’y sursoir. Les éditions locales d’Occitanie sont donc maintenues ». 

La réflexion sur l’avenir des éditions locales reprendra dans quelques mois, indique la direction de France 3.

FV (@fabvalery)

26 Sep

Pourquoi (et comment) TV Sud devient Vià Occitanie jeudi

Le groupe Médias du Sud profite du lancement jeudi de sa diffusion à Toulouse pour changer de nom. Mais pas seulement. La grille des quatre antennes (Nîmes, Montpellier, Perpignan et Toulouse) se régionalise en attendant la création du réseau Vià national.

via

Grand chambardement en vue pour TV Sud. A compter de ce jeudi 28 septembre à 19 heures, la chaîne connue des téléspectateurs de l’ex-Languedoc-Roussillon sous cette identité change de nom et devient Vià Occitanie. Ce sera en revanche une découverte totale pour les Toulousains, car ce changement de nom coïncide avec le lancement de l’antenne toulousaine (qui avait été reporté avant l’été).

TV Sud, associée à BFM TV, a décroché en 2016 auprès du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) la fréquence locale de Toulouse laissée libre par la disparition de TLT en juillet 2015. D’emblée, le groupe Médias du Sud (propriétaire de TV Sud) s’est lancé dans le projet d’une télé à fort accent régional et non plus d’une télé locale version ancien modèle comme l’ont connu les Toulousains pendant des années avec Télé Toulouse.

La fréquence hertzienne toulousaine permet en effet au groupe de boucler un maillage régional en touchant la capitale d’Occitanie pile au moment où Carole Delga, présidente PS de la Région, appelle de ses vœux « un média régional qui redonne du lien pour faire connaître les initiatives et les talents sur tout le territoire »  estimant publiquement que « France 3 ne remplit pas ce rôle actuellement ».

Une future chaîne nationale

Surtout, Christophe Musset, le patron de Médias du Sud, s’est associé avec un homme qui lui a ouvert beaucoup de portes et (un peu) son volumineux porte-monnaie : Bruno Ledoux croit en un nouvel avenir pour les télés locales françaises, souvent déficitaires, parfois confidentielles. Cet avenir passe par une fédération, un réseau des télés locales privées (bien que souvent financées à près de 50 % par de l’argent public, comme c’est le cas pour TV Sud). Ce sera Vià. Avec une grosse ambition.

Il s’agit là, véritablement, de la construction d’une nouvelle grande chaîne de télévision nationale par agrégation de l’ensemble des chaînes locales de France » (Bruno Ledoux)

Bruno Ledoux est le maître d’oeuvre de ce réseau dont les têtes de pont sont Vià Grand Paris (ex-Télif), qui démarre également ce 29 septembre en région parisienne et Vià Occitanie. Les premiers maillons d’un réseau national que Christophe Musset et Bruno Ledoux espèrent voir s’étoffer dès 2018 avec « la quasi totalité des chaînes locales existantes ». 

Objectifs : mutualiser les programmes, les modes de diffusion, les écrans publicitaires, les partenariats, monétiser les contenus sur le numérique et travailler au niveau national sur des logiques régionales.

Jeudi, les téléspectateurs d’Occitanie découvriront une nouvelle chaîne avec une grille de programmes commune aux quatre antennes (avec décrochage « local » le soir entre 18h30 et 19h30). Vià Occitanie (sous-titrée « la chaîne avec un accent ») se positionne sur quatre créneaux : les initiatives, le sport (avec le recrutement d’un ancien de Canal +, le Toulousain Sébastien Dupuis), l’économie et la culture. Une « chaîne régionale d’info en continu » annoncent ses dirigeants, intégrant ainsi les documentaires et programmes dans la case de l’info.

La chaîne sera diffusée sur le canal 30 sur les box et sur le canal 31 de la TNT à Toulouse (ouverture prévue des émetteurs sans doute dans la journée du 29 septembre).

Au CSA, qui ne dit mot consent ?

Du côté de la Tour Mirabeau, siège du Conseil supérieur de l’audiovisuel, le gendarme des médias télé et radio, le silence sur ce projet est… assourdissant mais plein de sens. Pas de réactions du président Olivier Schrameck, même lors de son passage à Toulouse courant septembre, ou de la conseillère en charge des dossiers des télés locales, Nathalie Sonnac.

Le CSA accompagne cette importante mutation en silence : il autorise les chaînes à émettre, en désignant les opérateurs, et en validant des projets de télés « locales »… qui se transforment aussitôt en média régional voire en réseau national. Le projet de Christophe Musset en Occitanie, d’une chaîne régionale diffusée dans quatre villes, ou même celui du réseau Vià, peuvent apparaître comme un « détournement » des objectifs locaux des chaînes fixés et autorisés par le CSA.

Mais il y a des éléments auxquels le CSA ne peut s’opposer. Juridiquement d’abord, chaque entité dans le réseau Vià conservant sa structure juridique indépendante. Economiquement ensuite : comment reprocher à ces télés locales de chercher à s’associer pour se renforcer économiquement quand on sait que depuis 30 ans, les télés locales sont soit en déficit, soit sous perfusion d’argent public, soit les deux ? 

Finalement, Christophe Musset et Bruno Ledoux, s’ils parviennent à créer ce réseau national, auront plutôt bien joué le coup : imposant leur concept, sans froisser totalement les membres du CSA. Qui n’auront pas été à la manœuvre mais ne s’y seront pas opposés.

La parole, maintenant, est au téléspectateur. A lui de se faire un avis sur les programmes proposés.

FV (@fabvalery)

France 3 va cesser la diffusion de ses éditions locales

Les éditions locales (Tarn, Pays Catalan, Pays Gardois et Quercy-Rouergue pour ce qui concerne l’Occitanie) cesseront leur diffusion hertzienne en 2018. Les équipes sont maintenues sur place et l’info locale sera désormais disponible dans les éditions régionales et sur le site internet de France 3 Occitanie.

(Photo : Eric Piermont / AFP)

(Photo : Eric Piermont / AFP)

France 3 ne diffusera plus à compter de 2018 ses éditions locales. La confirmation de cette information par la direction de la chaîne publique est imminente. La vingtaine de « locales » réparties sur l’ensemble du territoire national cessera ses émissions courant premier semestre 2018.

En Occitanie, cela concerne les éditions de 7 minutes actuellement diffusées à 19h17 sur le Tarn, le Pays Catalan, le Pays Gardois et Quercy-Rouergue (Lot et Aveyron).

Concernant l’édition locale de Toulouse, elle avait déjà connu une grande évolution lorsqu’elle était passée il y a déjà plusieurs années d’une édition à part entière à une page métropole animée par le présentateur du 19/20 régional, dans la foulée de ce journal, et fabriquée par les équipes rédactionnelles et techniques régionales, basées à Toulouse.

« Un foyer sur deux ne les reçoit pas »

France 3 a compté jusqu’à plus d’une quarantaine de « locales » avant d’en fermer ou remanier certaines ces dernières années. La plupart étaient diffusées sur des bassins de population à forte identité ou sur des « pays », départements ou grandes villes. Avec l’arrivée des émetteurs de la TNT, la multiplication des « box » et des antennes satellites, les éditions locales ont perdu au fil des ans une grande partie de leur public.

Selon la direction de France 3, les éditions locales aujourd’hui ne touchent qu’entre 40 % au pire et 60 % au mieux de la population de leur bassin. Le personnel de ces éditions et les syndicats rétorquent que France 3 aurait pu faire l’effort financier de faire « monter » les locales sur box et satellite, comme le sont les 24 éditions régionales. Un choix coûteux qui n’a pas été opéré.

« La volonté nationale de France 3 aujourd’hui, explique Carlos Bélinchon, directeur régional de France 3 Occitanie, c’est de faire en sorte que le travail des équipes de ces implantations soit visible. Un foyer sur deux ne reçoit plus ces éditions locales ». 

L’info locale intégrée dans les éditions régionales

Tout n’est pas encore tranché concernant l’exposition des reportages effectués sur place mais pour le directeur de France 3 en Occitanie « on va réintégrer dans les éditions régionales le même volume d’infos ». Les reportages effectués par les équipes de ces implantations locales pourront être vus dans les journaux régionaux (12/13 et 19/20), dans les magazines de la chaîne, dans l’émission matinale « 9h50 le matin » ou encore sur le site internet de France 3.

« La proximité est dans notre ADN, explique Carlos Bélinchon. Nous réaffirmons notre attachement à l’ultra-proximité et on ne touche pas aux implantations, on ne touche pas à l’emploi ». En Occitanie, ces implantations locales emploient entre 10 et 15 personnes environ sur chaque site (journalistes, monteurs, assistantes).

Grève et pétitions

Les organisations syndicales ont vivement réagi à ces annonces. « Nous demandons à la direction de revenir sur sa décision, précise Chantal Frémy, déléguée syndicale CGT à Toulouse. La direction doit définir un projet pour les locales et le présenter aux instances représentatives avant toute prise de décision ». Pour la CGT, la fermeture des éditions locales est un premier pas vers des suppressions de postes à France Télévisions, visant l’Etat actionnaire qui a décidé de réduire de 50 millions d’euros ses dotations à France Télévisions en 2018. « Une saignée budgétaire », selon le syndicat.

De son côté, le Syndicat National des Journalistes (SNJ) dénonce aussi l’absence totale de projet pour les équipes locales. « On nous dit que l’info locale sera davantage visible sur le web, explique François Ollier, délégué syndical SNJ à Toulouse, qu’il y aura des tournages de sujets magazines, mais en fait on s’aperçoit qu’il n’y a pas le début d’un projet pour mobiliser les équipes sur une évolution du mode de traitement de l’info locale. Pourtant, sur place, les équipes sont prêtes à évoluer ».

Un préavis de grève a été déposé pour ce mercredi 27 septembre, jour du Comité Central d’Entreprise (CCE) qui doit notamment évoquer le sujet. Enfin, des pétitions ont été mises en ligne pour demander le maintien des éditions locales, notamment à Rodez ou Perpignan.

FV (@fabvalery)

21 Sep

Diffamation contre le FN : la justice confirme définitivement la relaxe du journaliste toulousain Pascal Pallas

La Cour d’appel de Bordeaux a définitivement écarté toute responsabilité du journaliste après une longue procédure.

Pascal Pallas (photo : Laurent Dubois)

Pascal Pallas (photo : Laurent Dubois)

Après 4 ans de procédure, le journaliste toulousain Pascal Pallas est enfin totalement blanchi dans l’affaire de la plainte pour diffamation du Front National.

Le FN 31 avait porté plainte en diffamation après la publication dans Voix du Midi d’un reportage où Nadia et Thierry Portheault, anciens militants du Front National, dénonçaient les propos racistes de certains cadres du FN de Haute-Garonne. La plainte avaient été déposée contre les époux Portheault mais c’est la justice qui avait décidé de poursuivre également l’auteur de l’article. Une affaire que nous avions suivi sur ce blog.

Relaxé en première instance, puis en appel, Pascal Pallas a du attendre un nouvel arrêt de la Cour d’appel, cette fois de Bordeaux, après la décision de la Cour de Cassation, saisie par le FN, de casser l’arrêt toulousain !

Cette fois, l’affaire est close.

« Dans cette affaire, complètement dominée par une volonté de communication politique, explique le journaliste, je n’ai jamais été véritablement inquiet pour mon sort, ayant respecté au cordeau les règles de base de notre métier de journaliste. Mais il est évident que c’est toujours mieux lorsque c’est écrit noir sur blanc sur une décision de justice, après presque 4 ans de procédure »

Au-delà de son cas personnel, celui qui est désormais délégué régional Occitanie du groupe Publihebdos, voit dans cet arrêt de la Cour d’appel de Bordeaux, une satisfaction pour la profession de journaliste : « Elle confirme la liberté d’expression du journaliste dès lors que celui-ci respecte le cadre de la loi de 1881 sur la liberté de la presse, cumulant notamment les quatre critères de bonne foi examiné en cas d’attaque en diffamation : le but légitime de l’article, l’absence d’animosité personnelle, le sérieux de l’enquête, la prudence et la mesure dans l’expression. Cet arrêt est tout aussi préventif pour la profession de journaliste, hélas parfois pas tout à fait exempte de toute reproche. En ce sens, une piqûre de rappel des grands principes de la loi de 1881 ne peut pas faire de mal ».

FV (@fabvalery)

18 Sep

HoWhy : le nouveau média vidéo toulousain, futur #DataGueule régional ?

Un jeune journaliste lance le 25 septembre HoWhy, un média de décryptage de l’actualité locale à travers des vidéos de data-visualisation. Explications.

Howhy

HoWhy, c’est la contraction entre How et Why (Comment et Pourquoi en anglais). L’idée vient d’un jeune journaliste fraîchement sorti de l’ISCPA, école de journalisme et de communication à Blagnac. Matthieu Mountels se lance dans la vidéo explicative à base de logos et de data.

« L’idée, explique-t-il, c’est de proposer des vidéos dynamique, rythmées, pas sur l’actualité chaude mais en complément de ce que peuvent faire les grands médias locaux ou régionaux comme La Dépêche du Midi ou France 3. Et d’aller au-delà de la simple info pour expliquer pourquoi et comment ».

Depuis plusieurs années, #DataGueule a inauguré le créneau de la visualisation ludique et pour autant informative. HoWhy démarre avec des moyens beaucoup plus modestes mais l’envie de percer régionalement dans ce domaine.

Une vidéo d’explication du concept a déjà été diffusée sur les réseaux sociaux :

Matthieu Mountels lancera ses premières vidéos, qui s’adressent plutôt à un public jeune, partir du 25 septembre prochain, au rythme de 2 à 3 vidéos par semaine. Elles seront exclusivement diffusées sur Twitter, Facebook et bientôt Instagram.

Cette nouvelle forme de média se veut aussi interactive. Un sondage a été réalisé pour savoir quel premier sujet serait abordé lors du lancement. Ce sera finalement « Comment naissent les fake news ».

Après l’explication de l’actualité, Matthieu Mountels espère pouvoir réaliser des interviews et des mini-reportages, un peu comme le font Konbini ou Brut.

Rendez-vous lundi 25 septembre pour découvrir les premiers HoWhy.

FV (@fabvalery)

15 Sep

Le président du CSA, Olivier Schrameck, favorable au rapprochement entre France Télévisions et Radio France

En visite à Toulouse, Olivier Schrameck, le patron du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, a dit se réjouir du projet de rapprochement entre les entreprises de l’audiovisuel public. Une idée issue du… programme présidentiel d’Emmanuel Macron.

Olivier Schrameck dans les studios de France Bleu Toulouse (Photo : Alban Forlot)

Olivier Schrameck dans les studios de France Bleu Toulouse (Photo : Alban Forlot)

Interrogé ce vendredi matin sur l’antenne de France Bleu Toulouse, Olivier Schrameck, qui a effectué une tournée de deux jours à Toulouse, a répondu à la question du rapprochement entre France Télévisions et Radio France.

Je crois profondément que l’avenir de l’audiovisuel va vers ce que l’on appelle parfois le pluri-média (…) Et pour trouver un bon équilibre économique et culturel, il faut pouvoir jouer de l’ensemble de la gamme des moyens d’information. (…) Effectivement, je me réjouis que ce thème puisse être prochainement à l’ordre du jour de l’Assemblée Nationale et du Sénat »

Olivier Schrameck a aussi lié la question du rapprochement des sociétés de l’audiovisuel public aux contraintes budgétaires imposées par l’Etat, leur actionnaire, citant notamment l’exemple de FranceInfo, site d’info et chaîne de télé communs aux entreprises publiques.

Voici l’intégralité de l’interview d’Olivier Schrameck, par Stéphanie Mora :

C’est un point passé presque inaperçu pendant la campagne présidentielle : Emmanuel Macron souhaitait une grande réforme de l’audiovisuel public, avec un rapprochement voire une fusion entre les entreprises publiques dont Radio France et France Télévisions. Depuis son élection, ce sujet n’est pas (encore) revenu sur la table.

On ne sait pas encore quelle forme pourrait prendre ce rapprochement mais il pourrait avoir des déclinaisons en région. Radio France est par exemple en pleine réorganisation en Occitanie. Absente de la plupart des départements de l’ex-région Midi-Pyrénées, France Bleu va voir s’étendre ses émissions avec 12 nouveaux émetteurs accordés par le CSA à France Bleu Toulouse, faisant ainsi de la radio locale-départementale une antenne régionale.

Parallèlement, Mathieu Gallet, le président de Radio France, a annoncé récemment la fermeture du bureau de France Info et France Inter à Toulouse et les correspondants de ces radios nationales pourraient se voir proposer des postes dans la région pour travailler… pour France Bleu !

Autant d’annonces, qui poussent certains journalistes ou techniques de la radio en Occitanie à penser qu’il s’agit de l’amorce d’un rapprochement… entre France Bleu et France 3.

L’Occitanie, un futur laboratoire pour l’audiovisuel public ?

FV (@fabvalery)

13 Sep

La tournée des popotes toulousaines du président du CSA Olivier Schrameck

Discret, peu médiatique, le président du Conseil supérieur de l’Audiovisuel (CSA) Olivier Schrameck est à Toulouse les 14 et 15 septembre pour rencontrer notamment Jean-Luc Moudenc et Carole Delga.

Olivier Schrameck (Photo : Christophe Morin / MaxPPP)

Olivier Schrameck (Photo : Christophe Morin / MaxPPP)

 

Olivier Schrameck, président du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) est en visite « officiellement » pendant deux jours à Toulouse jeudi 14 et vendredi 15 septembre. Le patron de l’instance de régulation et de contrôle des chaînes de télé et des radios se rend peu sur le terrain. Il arrive à Toulouse 15 jours avant le lancement des émissions de Vià Occitanie, nouveau nom de TV Sud. C’est le CSA qui lui a accordé fin 2016 la fréquence locale de Toulouse, laissée libre par la disparition de TLT en juillet 2015.

A Toulouse, Olivier Schrameck va surtout faire la tournée des popotes politiques : il aura un entretien le jeudi matin avec Carole Delga, la présidente PS du Conseil régional d’Occitanie, et le vendredi matin avec Jean-Luc Moudenc le maire LR et président de la Métropole de Toulouse.

Le poids des élus sur les médias

Les dossiers audiovisuels sont (toujours) très politiques. Localement comme nationalement, les élus aiment croire qu’ils peuvent avoir la mainmise ou pour le moins une influence sur les médias. La télé particulièrement. Ce média fascine ou repousse. Concernant TV Sud (pardon, Vià Occitanie), échaudé par l’expérience de TLT dont la métropole était devenu le principal pourvoyeur de fonds, Jean-Luc Moudenc n’a pas souhaité entrer dans le capital voire signer un Contrat d’objectifs et de moyens. La ville de Toulouse sera donc spectatrice mais pourrait tout de même, selon nos informations, « sponsoriser » certaines émissions de la nouvelle chaîne ou acheter des espaces publicitaires.

Il faut dire que le projet est à l’opposé de ce qu’était TLT. Les dirigeants de Médias du Sud vont lancer le 28 septembre une chaîne régionale, avec une grille commune aux antennes actuelles de Montpellier, Nîmes et Perpignan et à la nouvelle de Toulouse. Vià Occitanie conservera des décrochages locaux mais sera avant tout une chaîne aux contours proches de celle de la nouvelle région Occitanie. D’ailleurs, peu après son élection, Carole Delga appelait de ses vœux une chaîne régionale de plein exercice qui parle du nouveau territoire à ses habitants. Le conseil régional, déjà partenaire de Médias du Sud en ex-Languedoc-Roussillon a accordé 1,5 million d’euros sur trois ans à la chaîne au titre de son arrivée à Toulouse. 

L’énigme du CTA

Olivier Schrameck rencontrera aussi les membres du comité territorial de l’audiovisuel (CTA). Cette instance est inconnue du grand public. Il s’agit pourtant de la représentation locale du CSA en région. Ils sont au nombre de 12 et ont un vrai pouvoir : « ils assurent, comme l’indique le CSA sur son site, l’instruction des demandes d’autorisation pour la diffusion des services de radio par voie hertzienne terrestre et l’observation de l’exécution des obligations qu’elles contiennent. Ils peuvent, à la demande de l’assemblée plénière du Conseil, participer à l’instruction des demandes d’autorisation concernant des services de télévision locale et participer à l’observation de l’exécution des obligations contenues dans les autorisations ».

Celui de Toulouse a une particularité : il compte parmi ses membres un élu du conseil régional et président de la commission culture et audiovisuel de la Région. Serge Regourd est un spécialiste de l’audiovisuel, certes, mais, comme nous le faisions remarquer sur ce blog en 2016, qui a fait le choix d’entrer en politique. Il a donc une double casquette surprenante. En septembre 2016, le CSA nous indiquait que l’intéressé se mettrait « en retrait » du CTA quand les dossiers télés seraient discutés. Serge Regourd nous avait répondu qu’on surestimait son pouvoir et qu’il n’était alors question d’aucun retrait.

Une « tempête dans un verre d’eau » concluait-il. Il faut bien reconnaître que face à l’océan des problèmes des Français (emploi, santé, éducation, urgence climatique, etc), le dossier de l’audiovisuel ne pèse pas plus qu’une goutte. Même pas un verre.

FV (@fabvalery)

12 Sep

Sébastien Dupuis (ex-Canal +) : « Pourquoi je rejoins Vià Occitanie-TV Sud »

INFO LE BLOG MEDIAS D’ICI – L’ancien commentateur du foot sur Canal + et Toulousain d’origine Sébastien Dupuis rejoint TV Sud (qui devient Vià Occitanie) en tant que directeur des sports. A quelques jours du démarrage de l’antenne sur Toulouse.

Sébastien Dupuis

Sébastien Dupuis

C’est officiel et c’est une info exclusive du blog Médias d’ici : comme nous vous l’annoncions avant l’été, les contacts avancés entre la direction de TV Sud (qu’il faut désormais appeler Vià Occitanie) et l’ex-commentateur foot sur Canal + Sébastien Dupuis viennent de déboucher sur le recrutement du journaliste d’origine toulousaine comme directeur des sports de la chaîne locale qui va devenir régionale lors du démarrage de sa fréquence à Toulouse le 28 septembre prochain.

Un choix d’envie et d’ambition »

Passer de Canal + (où Sébastien Dupuis a œuvré pendant 14 ans et était 2ème ou 3ème commentateur football) à une chaîne régionale en Occitanie, est-ce vraiment un défi ? « Absolument, répond l’intéressé. Ce n’est pas un renoncement professionnel, mais un choix d’envie et d’ambition. Le projet m’a touché parce qu’il est régional, dans ma région d’origine. Parce que je veux participer à la renaissance d’une télé à Toulouse et puis parce qu’il s’agit de faire un journalisme de qualité mais aussi une info positive, or le sport est un vecteur de rassemblement« . 

« Il s’agit sans doute du dernier challenge pour les télés locales, poursuit Sébastien Dupuis, et la région Occitanie va être un laboratoire. C’est très excitant ».

Le lancement le 28 septembre de la diffusion de Vià Occitanie (ex-TV Sud) à Toulouse coïncide avec la régionalisation de la grille de la chaîne qui émet déjà à Montpellier, Nîmes et Perpignan et qui s’est vu attribuer la fréquence locale de Toulouse par le CSA fin 2016, après la disparition de TLT.

Christophe Musset, le patron du groupe Médias du Sud, s’est adossé au richissime Bruno Ledoux : le projet c’est de bâtir dès 2018 un réseau national de télés locales sous l’étiquette Vià. Les « petites » télés locales, fédérées, seraient ainsi plus fortes pour échanger des programmes, monnayer les vidéos sur le web, voire négocier des droits sportifs…

Nous allons jouer sur notre proximité avec les clubs locaux dans tous les sports

L’arrivée de Sébastien Dupuis, qui compte une longue expérience à Canal +, n’est donc pas un hasard. « Je sais bien que face à Canal ou BeIN, nous ne pourrons pas lutter sur les droits sportifs. Mais dans un premier temps nous allons jouer sur notre proximité avec les clubs locaux dans tous les sports. Pour les grands événements, nous saurons éditorialiser notre propos, avant et après l’événement ».

Le nouveau directeur des sports de Vià Occitanie veut à la fois parler et montrer du sport sur l’antenne de son nouvel employeur. Il ne cache pas son enthousiasme dans un nouveau défi qui mêle « envie personnelle et projet professionnel ».

Le recrutement sport de Vià Occitanie n’est pas encore terminé. D’après nos informations, Judith Soula (ex-L’Equipe TV, France Télévisions, Canal + et Sud Radio) devrait rapidement rejoindre l’équipe désormais dirigée par Sébastien Dupuis.

FV (@fabvalery)

08 Sep

Trois journalistes de Rugbyrama.fr licenciés par La Dépêche… pour avoir demandé leur carte de presse

La Dépêche Interactive, gestionnaire du site Rugbyrama.fr, a décidé de licencier trois responsables éditoriaux du site spécialisé dans le rugby, qui demandaient une revue de leur statut et venaient d’obtenir leur carte de presse. L’intersyndicale crie aux méthodes brutales et expéditives.

Capture d'écran du site Rugbyrama.fr

Capture d’écran du site Rugbyrama.fr

Trois journalistes, travaillant pour l’un depuis 3 ans et les deux autres depuis 5 ans sur le site spécialisé Rugbyrama.fr, ont reçu le 1er septembre dernier leur lettre de licenciement de la part de leur employeur, La Dépêche Interactive, filiale numérique de La Dépêche.

D’après les organisations syndicales, ces trois responsables éditoriaux ont demandé en début d’été un réexamen de leur situation et de leur statut au sein de l’entreprise et sollicité un entretien à la DRH. Mais cette demande serait la justification de leur licenciement pour « cause réelle et sérieuse ».

On leur reproche d’avoir demandé (et obtenu) leur carte de presse

Les trois salariés se seraient vus reprocher leur obtention récente de la carte de presse. D’après nos informations, ce fait serait mentionné sur leur lettre de licenciement. Obtenir sa carte de presse sans l’aval de La Dépêche, crime de lèse-majesté !

Pourtant la Commission de la Carte d’Identité des Journalistes Professionnels (CCIJP) a bien vu dans leur travail celui de journalistes : 17 000 articles web publiés par les trois salariés. Elle leur a donc accordé le précieux sésame. De quoi, pour ces journalistes dont le contrat de travail stipulait qu’ils étaient webmasters, réclamer une revue de leur statut. La direction a préféré les licencier, se séparant ainsi de… la totalité de l’équipe de Rugbyrama.fr !

Une « méthode inacceptable » pour l’intersyndicale

L’intersyndicale (CGT, SNJ, CFR-CGC, SNE-CFDT) dénonce dans un tract « une méthode inacceptable ».

Comment trois salariés qui demandent une entrevue au DRH, pour discuter de leur mission et de leur statut peuvent-ils, en retour, sans avoir été entendus, être convoqués à un entretien préalable, en plein mois d’août et licenciés de façon expéditive au motif de « cause réelle et sérieuse » ? » (intersyndicale)

Les syndicats du groupe La Dépêche du Midi (dont Jean-Michel Baylet a repris la présidence cet été) demandent la réintégration des trois journalistes licenciés.

Nous avons sollicité Mickaël Bourguignon, pdg de La Dépêche Interactive, pour connaître la position de la direction sur ces trois licenciements mais à l’heure où nous publions cet article nous n’avons pas reçu de réponse.

Rugbyrama.fr est le site référent en matière d’informations sur le rugby. Il est géré par le groupe La Dépêche et est également le portail rugby d’Eurosport.

FV (@fabvalery)

Toulouse : un atelier de journalisme pour les jeunes de quartiers

C’est le Tactikollectif qui lance cette initiative : une dizaine de jeunes de 17 à 25 ans issus des quartiers défavorisés de Toulouse vont pouvoir bénéficier pendant un an d’une formation en atelier au journalisme avec des publications en ligne.

Une vue du quartier du Mirail à Toulouse (Photo : Pascal Pavani / AFP)

Une vue du quartier du Mirail à Toulouse (Photo : Pascal Pavani / AFP)

Le Tactikollectif, qui travaille depuis des années notamment sur l’accès à la culture des populations vivant dans les quartiers défavorisés de Toulouse, lance pour la première fois l’AJT, l’atelier de journalisme de Toulouse.

Cet atelier est exclusivement réservé aux jeunes (17 à 25 ans), filles ou garçons, vivants dans les quartiers populaires de Toulouse. L’appel à candidature vient d’être lancé et les premiers entretiens pour le « casting » seront retenus. Les ateliers démarreront en novembre et se dérouleront aux Minimes.

Il faut pour candidater avoir déjà un vrai intérêt pour les médias, l’information en général et avoir envie d’écrire. 10 candidats seront retenus et l’atelier devrait démarrer en novembre au rythme de trois heures hebdomadaires, encadrées par un journaliste professionnel, un référent du Tactikollectif et des intervenants extérieurs travaillant dans le monde des médias.

« Nous voulons à la fois aider ces jeunes à comprendre les mécanismes des médias dans un contexte de foisonnement de l’information, explique-t-on chez Tactikollectif, et permettre à ces populations d’avoir un espace de paroles, le droit et la possibilité de s’exprimer ». 

Une chouette initiative qui pourrait aussi permettre de dénicher de jeunes talents. Chez les initiateurs du projet, on estime que l’objectif de ce premier atelier n’est pas forcément de faire de ces jeunes des journalistes professionnels mais que si cet atelier permet à certains jeunes d’envisager de devenir journaliste ce ne sera que du bonus.

Un beau projet, dont nous vous reparlerons ici lorsqu’il aura démarré.

FV (@fabvalery)

RSS