17 Juil

Un édito du « Journal d’ici » de Castres déclenche la colère des Harkis

Des associations de Harkis ont manifesté ce lundi 17 juillet devant les locaux du Journal d’Ici à Castres pour protester contre un éditorial de l’hebdomadaire local qui faisait le parallèle entre les élus de droite qui choisissent de soutenir Macron et… les Harkis (qui avait choisi la France plutôt que l’Algérie).

Les Harkis devant le siège du Journal d'Ici. (Photo : M. Brisse / France 3)

Les Harkis devant le siège du Journal d’Ici. (Photo : M. Brisse / France 3)

« Purgée de ses harkis, la droite pourra envisager sa propre refondation ». Ces mots, signés par Pierre Archet, directeur du Journal d’Ici, l’hebdomadaire de Castres, le 22 juin dernier dans un éditorial consacré à l’état de la droite après les législatives, ont fait bondir les associations de Harkis, nombreux dans le Tarn.

Ils se sont sentis comparés à des traîtres et n’ont pas goûté aux mots de l’hebdomadaire fondé en 2003 par Pierre Fabre. Plusieurs d’entre-eux se sont regroupés ce lundi 17 juillet devant les locaux du journal à Castres.

Pourtant, face aux réactions, la rédaction avait publié un autre article le 6 juillet. Sous le titre « Harkis : méprisable méprise », le Journal d’Ici répondait aux réactions suscitées par le premier éditorial : « Certains, pas toujours bien intentionnés et manifestement disposés à souffler sans vergogne sur les braises d’une sujet resté très sensible, ont voulu y voir une façon de qualifier les députés « constructifs » de traître à leur camp politique : nous les renvoyons à leur dictionnaire préféré. Et à leur irresponsabilité. Pour leur part, nos compatriotes rapatriés musulmans ne se sont pas laissés abuser par cette méprisable méprise ».

Apparemment, au vu de la manifestation de ce jour, la méprise n’est pas du côté que l’on croit.

FV (@fabvalery)

13 Juil

France Inter va fermer son bureau à Toulouse

L’annonce a été faite lundi 10 juillet par le PDG de Radio-France, Mathieu Gallet, en visite à Toulouse. Quatre journalistes sont concernés.

Photo : AFP

Photo : AFP

Mathieu Gallet, le patron de Radio-France, n’a pas fait le voyage pour rien. Lundi, il était à Toulouse officiellement pour le concert inaugural du festival Radio France Occitanie Montpellier de Pibrac. Le concert s’appelait « voyage en polyphonie ». Mais quelques instants plus tôt, rencontrant les personnels de Radio-France à Toulouse et affublé, Mathieu Gallet et ses principaux lieutenants, dont Laurent Guimier, le nouveau directeur des antennes et des contenus, ont parlé d’une seule voix. Et le message était limpide.

Mathieu Gallet a annoncé la fermeture prochaine des bureaux de France Inter-France Info à Toulouse, Lyon et Marseille. Il s’agit des trois derniers bureaux de correspondants des chaînes nationales en région. Une radio locale de Radio France doit ouvrir prochainement à Lyon, où pourrait être intégrés les journalistes déjà présents.

A Toulouse, 4 journalistes assurent, pour l’ensemble de l’ex-région Midi-Pyrénées (et souvent au-delà), la correspondance pour les chaînes nationales. Un bureau créé en 1997, au moment de l’installation de la radio le Mouv’ à Toulouse.

Alors que vont devenir ces quatre journalistes ? Mathieu Gallet a simplement indiqué, selon nos informations, que des postes leur seront proposés. Sans préciser lesquels, ni même à quelle échéance.

Cette fermeture est en fait une nouvelle étape dans la stratégie de Radio-France. Après avoir recréer une antenne locale, France Bleu Toulouse, en 2011, le groupe public veut désormais la transformer en radio « régionale ». Comme nous l’indiquions sur ce blog en février dernier, Radio France a obtenu des fréquences dans 12 villes de l’ex-région Midi-Pyrénées (à Albi, Rodez, Montauban, etc) et compte, rapidement (échéance 2018 ?) modifier son organisation et sa grille.

Les 4 journalistes de France Inter devrait donc se voir proposer des postes dans le cadre de cette réorganisation. Mathieu Gallet, lundi à Toulouse, aurait, selon nos informations, annoncé la création de trois RER (rédacteur en résidence) à Montauban, Castres et… Pamiers !

Quant au personnel de France Bleu Toulouse, il attend toujours des précisions sur les contours de cette réorganisation. Des questions ont été posées au PDG, sans toujours trouver de réponses. Quid par exemple d’un éventuel rapprochement avec France 3 ? Il faut dire que dans le programme électoral d’Emmanuel Macron figurait le projet de création d’un grand audiovisuel public regroupant France Télévisions, Radio-France, l’INA, France Médias Monde, etc.

FV (@fabvalery)

05 Juil

Samuel Forey et Tristan Waleckx, deux Prix Albert Londres passés par Midi Libre à Rodez

Les deux journalistes qui ont été récompensés mardi par la plus haute distinction journalistique en France ont tous les deux débutés à l’agence ruthénoise de Midi-Libre.

Samuel Forey (à gauche) et Tristan Waleckx (2ème en partant de la droite) lors de la remise du prix (Photo : Eric Fefenberg / AFP)

Samuel Forey (à gauche) et Tristan Waleckx (2ème en partant de la droite) lors de la remise du prix (Photo : Eric Fefenberg / AFP)

La presse quotidienne régionale, une école pour les journalistes. Deux des 4 journalistes récompensés mardi par le prestigieux prix Albert Londres ont débuté leur carrière à Midi Libre Rodez en Aveyron, comme le rappelle Centre Presse Aveyron.

Samuel Forey, a été distingué pour ses reportages publiés dans Le Figaro sur la bataille de Mossoul en Irak, où il a été légèrement blessé dans une explosion qui a tué ses confrères Véronique Robert, Stephan Villeneuve et Bakhtiyar Haddad.
« Je reçois ce prix prestigieux avec une immense fierté, une immense joie, assombrie par la mort brutale de trois confrères, trois camarades, trois amis », a réagi le journaliste indépendant de 36 ans installé en Irak. Centre-Presse Aveyron rappelle qu’il a travaillé à l’agence de Rodez de Midi Libre en 2009 et qu’il conserve des attaches dans le département.

De son côté, Tristan Waleckx, né à Montpellier comme le rappelle Dis Leur, a lui été récompensé pour le documentaire « Vincent Bolloré, un ami qui vous veut du bien ? » diffusé dans Complément d’enquête sur France 2 et co-réalisé avec Matthieu Rénier. Pour sa part, il avait effectué un remplacement d’été à Midi-Libre en 2006 lorsqu’il était étudiant à l’école de journalisme de Lille. 

Fondé en 1933, en hommage au père du journalisme moderne Albert Londres, le prix récompense chaque année le travail de journalistes de moins de 40 ans. Une dotation de 3000 euros y est associée.

FV @fabvalery)

 

04 Juil

Armagnacnews.com et Gascogne Côté Gers : il y a du nouveau dans la presse gersoise

Un site spécialisé (avec modération) dans l’Armagnac et un nouveau magazine aux couleurs de la Gascogne. Découverte de deux nouveaux médias gersois.

(Photo : Gascogne Côté Gers)

(Photo : Gascogne Côté Gers)

C’est le seul pure player (qui plus est gratuit) consacré à l’Armagnac. Armagnacnews.com a été créé par le journaliste Philippe Campa (ex-Sud Ouest et L’Indépendant) et e photographe et dirigeant de l’entreprise Plandecom. Il y est question de tout ce qui touche de près ou de loin à l’actualité de l’armagnac. Ce site d’information spécialisé espère se décliner rapidement en version papier.

Côté magazine, justement, Plandecom édite en ce début juillet le premier numéro de « Gascogne Côté Gers », un « lifestyle magazine » sur l’art de vivre, le tourisme et la culture dans le département du Gers. Au sommaire du premier numéro : le peintre Jean-Paul Chambas, André Daguin, etc. Tiré à 20 000 exemplaires, le magazine est gratuit. Son numéro 2 est attendu pour novembre 2017.

FV (@fabvalery)

 

03 Juil

Expo : l’illustrateur Pierre Samson dynamite l’histoire du Canal du Midi

Le journaliste-dessinateur et illustrateur a eu carte blanche pour réécrire l’histoire du canal. Une expo qui vient de s’installer au Musée du Canal du Midi à Revel (Haute-Garonne). A voir jusqu’en mars 2018.

La sédentarisation des peuples palafittiques du chenal (© Pierre Samson)

La sédentarisation des peuples palafittiques du chenal (© Pierre Samson)

Un visiteur qui n’aurait pas été prévenu pourrait être surpris. Un historien classique y perdrait son latin. Attention : humour et sarcasmes se mêlent à l’histoire, la vraie, créant des espaces de vraisemblances qui peuvent être troublants. Mais infiniment drôle !

Pierre Samson (célèbre dessinateur toulousain à la tête notamment du regretté Satiricon) reconnaît lui-même avoir « monté une brouillade d’images en mixant semi-vérités et vraisemblance, savoir historiques approximatifs et réalités géologiques décalées ».

Tout part de la découverte, lors de la vidange du lac de Saint-Ferréol, de la pseudo-découverte d’une espèce fossile inconnue baptisée Pillilupusambrax, mi-phoque mi-loup de mer, témoin d’une faille géologique entre Atlantique et Méditerranée : le canal du Midi, construit au XVIIème siècle par Pierre-Paul Riquet ne serait alors que l’aménagement d’un chenal naturel !

Pierre Samson triture habituellement l’actualité avec ses dessins. Cette fois, c’est l’Histoire qui prend cher avec ses photomontages !

Qu’est-ce qui est vrai ? Qu’est-ce qui est faux ? Au-delà de l’humour, c’est une vraie réflexion sur l’image, sa manipulation (assumée ou dissimulée) et sur, ce que nous appellerons « ce que l’on croit parce qu’on le voit ». Pas inutile à l’époque des fake news.

Pour cette exposition, Pierre Samson s’est entouré de quelques complices dont des journalistes (Stéphane Blanc, Pierre Nicolas), d’un scénographe (Vincent Sablong), d’un mouleur (Rémi Trotereau), etc.

« La folle histoire du Canal du Midi » (ou) la fin de l’imposture Riquet, jusqu’au 4 mars 2018 au Musée du Canal du Midi à Revel (Haute-Garonne).

FV (@fabvalery)

30 Juin

Mécontent d’un article, le député LREM Mickaël Nogal traite le journaliste de « m… » puis s’excuse

Le député de Haute-Garonne a adressé un message à ses soutiens après la publication d’un article qui lui déplaît. Il y traite le journaliste auteur de l’article, de « merde ». Avant de s’excuser.

Mickaël Nogal (Photo : Pascal Pavani / AFP)

Mickaël Nogal (Photo : Pascal Pavani / AFP)

Les journalistes sont prévenus : le quinquennat qui s’est ouvert sera peut-être celui de l’hyper-communication, pas forcément celui du respect de la liberté de la presse. Coup de fil de l’ex-ministre Bayrou à Radio-France, interdiction des photographes à la photo officielle du gouvernement, etc. Les exemples se multiplient. Dernier en date : le député (La République en Marche) de la Haute-Garonne Mickaël Nogal qui n’a pas apprécié un article du blog politique de France 3 Midi-Pyrénées a traité, dans un message adressé à ses soutiens (que nous nous sommes procuré) de… « merde » l’auteur de l’article.

Ce qu’on fait en général avec les (émoticone d’un étron) c’est qu’on évite de marcher dessus et de se salir les pompes »

Mais qu’est-ce qui a bien pu pousser le jeune (26 ans) député de la 4ème circonscription de la Haute-Garonne à se lancer ainsi dans une diatribe scatologique ? La cause de ce coup de colère se trouve dans un article publié ce vendredi matin sur le blog politique : un article où la rédaction de France 3 s’interroge sur le fait que ce nouveau député, qui a été pendant plus d’un an lobbyiste pour un groupe de sodas se retrouve désigné vice-président de la commission des affaires économiques de l’Assemblée Nationale. Reconnaissez que ça pose quand même quelques questions !

Mickaël Nogal arguera sans doute qu’il s’agit d’un message « privé », envoyé en fait à des proches ou militants. Il apprendra qu’en politique rien n’est privé : un message envoyé à ses troupes se retrouve toujours dans l’instant sur les réseaux sociaux et sur les portables des journalistes. Mince alors ! Loin de nous cependant l’idée de mettre sa réaction sanguine sur le compte de son inexpérience : à 26 ans, nouveau député, il a déjà été collaborateur d’élu, lobbyiste et consultant… De quoi être « très fier de mon parcours et d’en être arrivé là où je suis ». 

Pour Mickaël Nogal, l’article en question est donc « à charge ». Il aurait sans doute préféré que le blog politique publie in extenso le joli communiqué de presse « prêt à insérer » qu’il a fait parvenir aux rédactions après sa nomination : titre, chapeau, paragraphes, intertitres, photos… Tout était prêt, il suffisait de faire copier/coller.

Le nouveau député n’est évidemment pas le premier (et sans doute pas le dernier) à s’en prendre aux journalistes qui publient des infos, posent des questions, bref font leur boulot. Mécontent, lui aussi, l’ex-ministre Baylet avait récemment qualifié France 3 de « presse à caniveau ».

Contacté par nos soins, pour savoir s’il maintenait ses propos et le qualificatif de « merde », le député LREM n’a pas répondu à nos sollicitations, sans doute trop occupé à chercher de nouvelles émoticônes sur son téléphone portable (ça c’est de l’humour, pas de l’info, précisons-le à Monsieur Le Député, si toutefois il lit cet article).

FV (@fabvalery)

Mise à jour – Finalement, après une demie journée de réflexion, ou parce que de nombreux médias nationaux avaient repris cette information, Mickaël Nogal a publié un texte sur Twitter (lire ci-dessous) dans lequel il s’excuse à plusieurs reprises des propos tenus à l’encontre du journaliste Laurent Dubois et parle de son propre « emportement ». Il revient également sur l’article à l’origine de cet « emportement » estimant qu’il remettait en cause sa probité. Rappelons que ce n’est évidemment pas le fait qu’il a travaillé dans le privé avant de devenir député qui pose questions mais qu’une partie de cette activité professionnelle a consisté à faire du lobbying pour quelqu’un qui, aujourd’hui, doit écrire et voter la loi. Dont acte.

26 Juin

La radio musicale publique FIP pourrait ouvrir un décrochage local à Toulouse et Montpellier

Un mouvement de grève devrait toucher la radio publique mardi contre le projet d’évolution des stations locales : les postes seraient réduits à Bordeaux, Nantes et Strasbourg au profit d’un « agenda local » à Toulouse, Montpellier et Marseille.

Anne Sérode, directrice de Fip (Photo : AFP)

Anne Sérode, directrice de Fip (Photo : AFP)

Les salariés de FIP sont appelés à faire grève mardi contre un projet d’évolution des stations locales de la radio publique, qui fait craindre aux syndicats leur disparition progressive, ce que conteste la direction.

Ce projet, présenté la semaine dernière en comité central d’entreprise, prévoit de réduire la voilure et les effectifs dans les trois antennes locales de Bordeaux, Nantes et Strasbourg, qui diffusent des informations de proximité (culturelles et associatives notamment) chaque jour entre 7 heures et 19 heures, et de créer de nouveaux décrochages locaux dans des villes supplémentaires, sous la forme d' »agendas culturels ».

Dans un communiqué publié lundi, les syndicats CFDT, CFTC, CGT, FO, SNJ, SUD et Unsa ont dénoncé un plan « inacceptable en l’état », et dont le « seul élément clair est l’abandon du service public de proximité (…) au profit d’une radio qui deviendrait progressivement uniquement nationale ».

Ils demandent « le maintien des antennes locales » et de leurs effectifs, et indiquent avoir déposé un préavis de grève pour toute la journée de mardi.

De son côté, la directrice de Fip Anne Sérode (qui va être remplacée en juillet par Bérénice Ravache) a réaffirmé à l’AFP qu’aucune fermeture de stations locales n’était prévue et a défendu ce projet.

Il n’y a pas de fermeture, nous voulons élargir la présence locale dans davantage de villes, donc ouvrir des postes à Toulouse, Montpellier
et Marseille pour créer des agendas locaux et diminuer le nombre de postes à Bordeaux, Nantes et Strasbourg pour pouvoir permettre ce mouvement »

Créée en 1971, FIP, plus petit réseau du groupe Radio France, est une radio à dominante musicale, diffusée en FM dans une dizaine d’agglomérations, mais également sur internet et par satellite.

FV (avec AFP)

21 Juin

Licencié par Radio-France, le Toulousain Joël Collado gagne aux prud’hommes

Le prévisionniste à la voix si reconnaissable avait été remercié fin 2015 après 21 ans de services sur les antennes de Radio-France. Les prud’hommes viennent de requalifier son contrat en CDI et de déclarer son licenciement « sans cause réelle et sérieuse ».

Joel Collado (Photo : Th. Bordas / MaxPPP)

Joel Collado (Photo : Th. Bordas / MaxPPP)

Joël Collado, remercié fin 2015 après avoir présenté durant 21 ans les bulletins météo sur France Inter et France Info, a obtenu la requalification en CDI de son contrat avec Radio France et le versement d’environ 36.000 euros, a-t-on appris mercredi.

Le prévisionniste de Météo France, âgé de 68 ans, avait présenté le 27 décembre 2015 son dernier bulletin sur les antennes du groupe public, après avoir indiqué sur France 3 Midi Pyrénées qu’il avait été remercié « pour des raisons mystérieuses ».

Ses employeurs, Météo France et Radio France, avaient invoqué à l’époque la volonté du groupe radiophonique de faire « évoluer le format » de la météo en faisant appel à une voix féminine, et à une prévisionniste installée en région parisienne, alors que Joël Collado présentait ses bulletins depuis Toulouse.

Saisi par l’ex-présentateur, qui avait signé en tout 215 contrats de travail avec le groupe public de radio depuis janvier 1995, le conseil des prud’hommes de Paris a requalifié cette relation de travail « en contrat à durée indéterminée » et considéré qu’il avait fait l’objet d’un « licenciement sans cause réelle et sérieuse », selon le jugement prononcé fin avril, et dont l’AFP s’est procuré une copie.

Les prud’hommes ont condamné Radio France à lui verser en tout environ 36.000 euros, notamment sous la forme d’une indemnité de licenciement conventionnelle, d’une indemnité de licenciement sans cause réelle et sérieuse, de dommages et intérêts pour préjudice moral, et de frais de procédure. Joël Collado, qui était resté salarié de Météo France, demandait plus de 100.000 euros au total.

« M. Collado a été renvoyé de façon cavalière, du jour au lendemain », et même s’il n’a pas obtenu toutes les sommes qu’il réclamait, « il était important pour lui d’obtenir satisfaction, justice a été rendue », a déclaré à l’AFP son avocat, Maître Gilles-William Goldnadel. Son client n’a pas l’intention d’interjeter appel du jugement, a-t-il précisé.
Interrogé par l’AFP, Radio France n’a pas fait de commentaires dans l’immédiat.

(AFP)

TV Sud à Toulouse le 28 septembre en mode chaîne info régionale et avec un « gros » casting

EXCLUSIF – Prévu fin mai et reporté une première fois, le lancement de la télé locale de Toulouse n’aura lieu que fin septembre. Surtout, le modèle des 4 chaînes de Médias du Sud en Occitanie va changer. Et de grands noms sont annoncés sur l’antenne. Révélations et explications.

TELEVISION

C’est un peu reculer pour mieux sauter. Prévu le 31 mai, le lancement de la nouvelle chaîne locale de Toulouse reportée une première fois avant l’été (pour des raisons techniques) est finalement de nouveau repoussé, cette fois, selon nos informations, au 28 septembre. Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) devrait valider la demande de report présentée par la chaîne. TV Sud aurait sans doute pu démarrer à Toulouse au coeur de l’été mais a préféré attendre la rentrée, d’autant que cet événement va servir de point d’ancrage à une révolution dans le mode de fonctionnement des 4 chaînes locale du groupe.

Une seule grille pour une chaîne d’info régionale

Comme nous vous l’avions expliqué à de nombreuses reprises sur ce blog, le rêve de Christophe Musset, patron de Médias du Sud, est de fédérer les chaînes locales en réseau sur le principe du « on est plus forts ensemble que chacun de son côté ». Ce rêve va d’abord se réaliser régionalement dès septembre : dès le 28 septembre, d’après nos informations, ce ne sont pas 4 grilles locales différentes (Nîmes, Montpellier, Perpignan et Toulouse) mais une seule grille de programmes avec un décrochage local d’une heure.

Et surtout c’est l’ADN de TV Sud qui va changer : désormais il s’agira d’une chaîne info régionale, avec des journaux récurrents tout au long de la journée et des « breaking news » en cas de forte actualité. Mais les dirigeants de TV Sud ne veulent pas de voir coller une étiquette « BFM TV » (même si BFM fait partie du capital de la future chaîne à Toulouse) : le modèle serait plutôt celui de la chaîne d’info publique FranceInfo (informer, expliquer, contextualiser).

Une chaîne régionale, qui informe sur les enjeux de l’Occitanie tout en faisant découvrir « la vie des gens au quotidien », comme le disent les dirigeants de TV Sud, cela ne petu pas déplaire à la présidente PS de la Région Carole Delga, qui a déjà apporté son soutien financier à Médias du Sud. 

Un casting en cours de constitution

Pour ce projet, TV Sud est en discussion avec plusieurs noms, selon nos infos : Rachid Arhab, ancien présentateur de France 2 et ancien membre du CSA, pourrait reprendre du service à la télé. TV Sud veut être très présente sur la culture, l’économie et le sport et dans ce dernier domaine les noms qui circulent sont ceux de Judith Soula (ex-Canal + et L’Equipe TV et actuellement sur Sud Radio, qui est en plein bouleversement) pour le rugby et du Toulousain Sébastien Dupuis (Canal +) pour le foot !

C’est Ludovic Brimboeuf (ex-M6) qui dirigera la partie toulousaine de la rédaction en tant que rédacteur en chef adjoint. Le documentariste toulousain Vincent Barthe a également été recruté pour s’occuper des documentaires et du spectacle vivant, car même en mode chaîne info, TV Sud doit respecter ses obligations de diffusion de documentaires de 52 minutes. A  noter que Vincent Barthe a été à la pointe, fin 2016, de la bataille livrée par les professionnels locaux de l’audiovisuel contre le projet que portait à l’époque BFM TV à Toulouse.

Les journalistes qui constitueront l’équipe de « city-reporters » à Toulouse sont en cours de recrutement.

Un projet beaucoup plus large avec… David Pujadas ?

Mais ce nouveau projet centré autour de la chaîne toulousaine n’est que le premier étage d’une fusée dont Christophe Musset espère lancer le second étage avec l’appui de son nouvel associé, le milliardaire Bruno Ledoux : un réseau de 25 chaînes de télévision locales qui pourrait voir le jour dès le mois de juin 2018.

D’après nos informations, TV Sud qui est tête de pont de ce projet national serait même en discussion avec David Pujadas, qui vient de quitter la présentation du 20 heures de France 2. Rien n’est encore fait mais c’est bien d’Occitanie que semble se jouer l’avenir des télés locales privées en France.

FV (@fabvalery)

19 Juin

Ces journalistes qui passent à la politique, une « tradition » en Midi-Pyrénées

Deux des nouveaux députés élus dimanche en Midi-Pyrénées, Sandrine Mörch et Jean-François Portarrieu, sont journaliste et ex-journaliste. Ils sont loin d’être les premiers dans l’ex-région Midi-Pyrénées. Petit rappel, sans doute pas exhaustif.

Sandrine Morch, journaliste et nouvelle députée de la Haute-Garonne (Photo : Eric Cabanis / AFP)

Sandrine Morch, journaliste et nouvelle députée de la Haute-Garonne (Photo : Eric Cabanis / AFP)

Peut-on être journaliste et faire de la politique ? Si on se place sur le terrain de la morale ou de l’éthique, les réponses varient en fonction de la manière dont on aborde ce métier. Sur le plan « technique », en revanche, la réponse est simple : le journalisme semble être une excellente passerelle pour accéder à des fonctions électives. Le dernier scrutin des élections législatives est encore là pour le prouver.

Les « petits nouveaux »

Sandrine Mörch a été élue dimanche, députée de la 9ème circonscription de la Haute-Garonne. Cette femme de 55 ans, était jusqu’à la campagne électorale, journaliste à France 3 Midi-Pyrénées à Toulouse. Elle a aussi réalisé plusieurs documentaires. Est-ce ce profil de journaliste qui a attiré l’œil de la Commission nationale d’investiture (CNI) d’En Marche ! ou est-ce son profil d’engagée associative ? Difficile de le dire. Un peu des deux sans doute. Toujours est-il qu’elle a été parmi les tout premiers investis par le mouvement d’Emmanuel Macron. Le temps du mandat, elle va quitter son poste de journaliste à France 3.

Lui n’est plus journaliste depuis plusieurs années. Jean-François Portarrieu, 51 ans, a été élu député En Marche! de la 5ème circonscription de la Haute-Garonne. Le passage entre politique et journalisme (ou inversement), il l’a vécu en 2008, après une douzaine d’années comme journaliste à La Dépêche du Midi. Il en dirigeait alors le pôle magazine. Il a choisi à ce moment-là de rejoindre Pierre Cohen (PS) qui venait de remporter la mairie de Toulouse. Directeur de la communication puis directeur adjoint du cabinet, il a quitté Toulouse en 2014, après la victoire de Jean-Luc Moudenc, pour rejoindre l’Aude voisine où il dirigeait jusqu’à présent le cabinet du président de l’agglomération du Grand Narbonne.

Pas tout à fait nouveau (il était déjà député PS du Finistère en 2012), Richard Ferrand, membre du gouvernement d’Edouard Philippe et très proche d’Emmanuel Macron, est Aveyronnais d’origine et c’est dans le journalisme qu’il a débuté, notamment à Centre-Presse Aveyron.

Les « grands anciens »

Sans remonter à Jean Jaurès, député du Tarn et auteur de nombreux articles notamment dans le journal qu’il avait fondé, L’Humanité, et dans La Dépêche du Midi, le plus célèbre journaliste de Midi-Pyrénées à avoir franchi le cap vers la politique est Dominique Baudis. L’ex-présentateur de JT et reporter de guerre est devenu maire de Toulouse en 1983 succédant à son père Pierre Baudis, puis député, président du Conseil régional.

Martin Malvy, ancien ministre, ancien président de la région lui aussi, ex-député est également un ancien journaliste pendant presque une vingtaine d’années, entre les années 60 et 70, principalement à La Dépêche du Midi.

Issu aussi du groupe La Dépêche du Midi, où il a notamment été rédacteur en chef de Midi-Olympique, Henri Nayrou a été plusieurs fois député de l’Ariège et préside actuellement le conseil départemental de ce département.

On peut aussi ajouter à cette catégorie, Jean-Luc Moudenc. Le maire LR de Toulouse aime à rappeler aux journalistes qu’il croise qu’il a débuté à La Croix du Midi avant de rejoindre rapidement le monde politique. Ou encore Bertrand Delanoë, ex-maire de Paris, qui lors de ses jeunes années ruthénoises a travaillé à l’agence de Rodez de La Dépêche.

Ceux qui sont régulièrement candidats

Souvent les journalistes quittent leur métier quand ils sont élus maire ou député. Mais pour les mandats locaux, le plus souvent, l’élu continue d’exercer sa profession, le journaliste comme les autres. Il bénéficie d’aménagements d’horaires pour exercer son mandat. Et parfois, les élections créent des situations cocasses dans certaines rédactions. En 2014, par exemple, lors des élections municipales à Toulouse, Michel Pech figurait sur la liste du maire PS sortant Pierre Cohen (il était d’ailleurs conseiller municipal délégué dans l’équipe sortante) et Thierry Sentous sur celle du candidat LR Jean-Luc Moudenc. Les deux sont journalistes… à France 3 Midi-Pyrénées !

Ceux qui dirigent des journaux

On peut aussi être élu et exercer dans la presse des fonctions de direction. Le meilleur exemple dans notre région est évidemment celui de Jean-Michel Baylet, propriétaire du groupe La Dépêche du Midi. Il a été député, sénateur, plusieurs fois ministre, président du Conseil départemental du Tarn-et-Garonne, etc. D’après nos informations, il disposait depuis 1977 et jusqu’en 2016 (année de son retour au gouvernement) d’une carte de directeur de presse. Mais cette carte n’a pas été renouvelée en 2017, sans doute du fait que c’est son ex-épouse Marie-France Marchand-Baylet qui lui a succédé à la tête du groupe.

Jean-Marie Belin, référent de François Fillon durant la présidentielle en Haute-Garonne et plusieurs fois candidat à des élections, a occupé plusieurs postes de direction à France Télévisions.

Paul Quilès, ancien député PS du Tarn et ancien ministre, a dirigé un temps feu Le Matin de Paris, un quotidien très proche du Parti Socialiste, qui s’est arrêté de paraître en 1987.

Enfin, il y a aussi ces responsables ou élus engagés politiques et qui dirigent des journaux comme Serban Iclanzan, conseiller départemental LR en Haute-Garonne et directeur de La Gazette du Midi ou Rémi Demersseman, gérant de la Scop qui édite le JT (ex-Journal Toulousain) et membre du secrétariat national du PS.

Les journalistes, de « bons candidats »

Pour Olivier Baisnée, chercheur et enseignant spécialisé dans le monde des médias à Institut d’Etudes Politiques (IEP) de Toulouse, « les journalistes font de bons candidats : ils ont fait des études supérieures, ils ont de la culture générale, l’habitude de s’exprimer, de croiser des gens de pouvoirs et sont au fait des sujets politiques ».

Pour lui, le phénomène n’est pas très développé en France comparativement au Royaume-Uni, où la presse tabloïd fournit régulièrement des élus, et à l’Italie. « En Italie, explique-t-il, ce ne sont pas uniquement les directeurs de chaînes de télé qui sautent après les élections mais aussi les journalistes, qui sont beaucoup plus politisés qu’en France ». 

Mais finalement, le journalisme qui mène à la politique, est-ce problématique ? « Elu et journaliste cela peut paraître un problème, mais franchement il y a plein de journalistes qui font de la politique, à travers des éditos ou certains plateaux télé, sans pour autant avoir de carte d’un parti ou avoir tenté d’être élu, explique Olivier Baisnée. Ce qui choque davantage c’est le patron de presse, comme Baylet ou Dassault, qui exerce des mandats politiques tout en dirigeant des titres et qui a beaucoup plus de pouvoir médiatique que le simple journaliste ».

Le chemin inverse est impossible »

« Le vrai souci, conclut le chercheur à Sciences Po, c’est le soupçon rétrospectif qui peut se poser sur le journaliste une fois qu’il est élu. On peut se demander si ce qu’il a fait avant n’a pas en quelques sortes servi à son élection. Et puis, il y a la question du retour : quand on quitte la politique pour redevenir journaliste. Ce chemin inverse est impossible ».

FV (@fabvalery)

RSS