06 Avr

Coup de coeur : « Anthologie du rock français de 1956 à 2017 », de Dominique Grandfils !

Présentation de l’éditeur :

À n’en pas douter, non content de régner dans l’Hexagone depuis des décennies mais aussi de s’exporter avec bonheur, le rock français méritait qu’on lui rendît un juste hommage. Chose faite avec cet ouvrage au contenu quasi encyclopédique. Plus de 920 groupes ou artistes répertoriés et plus de 5000 techniciens cités s’invitent dans ces pages. L’amateur de rock français y trouvera ses artistes préférés et y croisera inévitablement certains qu’il ne connaît pas ou aurait oubliés. Cette anthologie prend pied dans les fifties et nous emporte dans la vertigineuse spirale des décennies suivantes jusqu’à nos jours. À lire ou à consulter au gré de chacun mais à détenir très certainement. Le livre de référence du rock français.

Coup de coeur : « Alive » du dessinateur Luz !

Présentation de l’éditeur :

Pendant près de vingt ans, Luz a pris ses crayons pour raconter toute la musique qu’il aime. Que cela soit pour Charlie Hebdo, les Inrockuptibles, Tsugi ou pour ses propres fanzines, il a multiplié les dessins d’humour, les bandes dessinées et les reportages musicaux. Cette anthologie propose une rétrospective de ces travaux le plus souvent restés inédits en livre. Une belle occasion de vibrer et/ou de rire avec Peter Doherty, Motorhead, Gorillaz, Franz Ferdinand, Iggy Pop, Bashung… pour n’en citer que quelques-uns. Fort également de ses connaissances musicales et de son expérience de D.J., Luz nous explique également comment fonctionne l’industrie du téléchargement illégal et celle des sonneries de téléphones. Et pour ne pas passer pour un ringard, il nous fait partager son dico de la hype. Loin d’être une simple succession de dessins, l’auteur a également dessiné des nouvelles planches inédites où il explique aux générations futures ce qu’était la musique rock au début du XXIe siècle.

22 Mar

Virtuose ! Armelle Carbonel bouscule les codes du polar avec son « Majestic Murder » !

Présentation de l’éditeur :

Une écorchée vive qui rêve de brûler les planches. Un squat à fuir, un homme secret et tourmenté. Et une audition menée par une troupe étrange dans un théâtre abandonné… Le Majestic. Serez-vous prêts pour la première ? Après un « Criminal Loft » encensé par la critique, « Majestic Murder » est un thriller sombre et original, asseyant définitivement son auteure parmi les plumes majeures de la littérature noire.

Notre avis :

Avec un talent éblouissant, Armelle Carbonel bouscule une fois de plus les codes du polar en écrivant une intrigue totalement hors norme. Outre l’écriture, puissante et évocatrice comme des scènes de films de David Lynch, Armelle nous transporte dans un univers où tout est possible, et explore l’âme humaine comme personne ne l’a fait avant elle. Un bijou littéraire qui devrait rafler quelques prestigieux prix du polar !! A ne surtout pas rater.

11 Jan

Michel Vaillant vous présente ses meilleurs voeux pour 2017 !

Bonne année

© Jean Graton/Graton Éditeur/Dupuis 2017

Cette belle vignette mérite quelques explications…

Le dernier sujet de « Lire délivre » était consacré à la nouvelle série de BD « Michel Vaillant ». A la suite de quoi, nous avons contacté Philippe Graton pour lui demander s’il serait d’accord pour que nous réutilisions une vignette issue d’une aventure de Michel Vaillant (extraite de l’album « Le 8e pilote », planche 5/page 7, case 1).

La réponse n’a pas tardé : non seulement, Philippe Graton (ainsi que Jean Graton, Graton Editeur et Dupuis) étaient d’accord, mais en plus, ils nous ont donné une version redessinée et enrichie par rapport à la vignette de l’album.

Vraiment la grande classe ce Michel Vaillant !

Et un grand merci aux auteurs et éditeurs !!

30 Nov

« Vin gloire et bonté », Isabelle Bunisset et Giuseppe Liotti, Ed. Glénat

Présentation de l’éditeur

Annabelle est drôle, jolie, névrosée, très psychanalysée, et… en instance de divorce. Parisienne jusqu’au bout des ongles, elle est aussi journaliste pour un très gros hebdomadaire français. Alors qu’elle n’y connait absolument rien en matière de vin, son patron (qui est également son père) lui commande un dossier de 50 pages sur le vignoble bordelais. Ni une, ni deux, Annabelle fourgue ses deux ados à son ex-mari avant de se catapulter, valise sous le bras, sur le quai de la gare Montparnasse. Direction la capitale girondine : Bordeaux ! Au cours de son séjour (trois mois d’immersion totale dans le milieu viticole locale), rien ne lui sera épargné…

Isabelle Bunisset écrit un ouvrage piquant à souhait sur l’univers très élitiste du vin, illustré par le trait expressif de Giuseppe Liotti. Un moyen de découvrir avec humour et dérision le microcosme de « la noblesse du bouchon », ainsi que l’a qualifiée François Mauriac.

Notre avis

Beaucoup d’humour et de rythme dans cette BD qui nous fait découvrir l’univers du vin à travers le regard néophyte (mais pas dupe) de la belle Annabelle.

Le dessin de Giuseppe Liotti se marie à la perfection au scénario d’Isabelle Bunisset et ajoute au rythme et à l’espièglerie de l’héroïne. Une réussite !

Bob Garcia

« Aliénor, la légende noire », Mogavino/Delalande et Gomez, Ed. Delcourt

Présentation de l’éditeur

« Aliénor, la légende noire », MOGAVINO Simona, DELALANDE Arnaud (scénario) et GOMEZ Carlos (dessin), Delcourt
1137. Aliénor, duchesse d’Aquitaine, âgée d’une quinzaine d’années, devient reine de France. Humiliée en public par sa belle-mère, traitée comme une enfant par le conseiller du roi, tenue à l’écart des affaires du royaume, la jeune femme fait le serment de prendre la place qui lui revient. Femme politique, intrigante, amoureuse perfide ou sublime, elle décidera du cours de l’Histoire.

 

Notre avis

Gros coup de coup pour ce travail époustouflant, tant au niveau du scénario co-signé par Simona Mogavino et Arnaud Delalande, qu’au niveau du dessin de Carlos Gomez, qui a restitué avec talent l’époque d’Aliénor, et que des coloristes qui ont su trouver le ton parfait. Au final, une fresque somptueuse et passionnante. Ne passez pas à côté de cette pépite du 9ème art !

Bob Garcia

 

« Le loup peint », Jacques Saussey, Ed. Toucan noir

Présentation de l’éditeur

Vincent Galtier est vétérinaire dans une petite ville de l’Yonne, près d’Auxerre. Depuis la mort de son fils, son couple est exsangue. Seule, Marion, sa maîtresse, parvient avec peine à lui faire vivre quelques rares moments d’oubli au creux de son lit. Une nuit, alors qu’il vient de la quitter et traverse une forêt isolée pour rentrer chez lui, les passagers d’une voiture inconnue lui tirent dessus et tentent de le précipiter dans un ravin. Lorsque Vincent parvient enfin à son domicile, après leur avoir échappé de justesse, c’est pour y découvrir une scène de massacre. Mais ce n’est pas la seule qui l’attend. Le cauchemar ne fait que commencer…

 

Notre avis

Coup de coeur pour ce thriller particulièrement bien mené. Jacques Saussey casse les conventions du genre : il nous dévoile l’assassin dès le début du récit. Pourtant cela ne retire rien au rythme et au suspense. Les rebondissements ne manquent pas et la fin est inattendue. Un bel exercice qui enchantera les amateurs du genre !

Bob Garcia

« Rêver », Franck Thilliez, Ed. Fleuve noir

Présentation de l’éditeur

Si ce n’étaient ses cicatrices et les photos étranges qui tapissent les murs de son bureau, on pourrait dire d’Abigaël qu’elle est une femme comme les autres.
Si ce n’étaient ces moments où elle chute au pays des rêves, on pourrait jurer qu’Abigaël dit vrai.
Abigaël a beau être cette psychologue qu’on s’arrache sur les affaires criminelles difficiles, sa maladie survient toujours comme une invitée non désirée. Une narcolepsie sévère qui la coupe du monde plusieurs fois par jour et l’emmène dans une dimension où le rêve empiète sur la réalité. Pour les distinguer l’un de l’autre, elle n’a pas trouvé mieux que la douleur.

Comment Abigaël est-elle sortie indemne de l’accident qui lui a ravi son père et sa fille ? Par quel miracle a-t-on pu la retrouver à côté de la voiture, véritable confetti de tôle, le visage à peine touché par quelques bris de verre ? Quel secret cachait son père qui tenait tant, ce matin de décembre, à s’exiler pour deux jours en famille ? Elle qui suait sang et eau sur une affaire de disparitions depuis quelques mois va devoir mener l’enquête la plus cruciale de sa vie. Dans cette enquête, il y a une proie et un prédateur : elle-même.

Notre avis

Franck Thilliez mène deux oeuvres de front : d’une part, la série d’enquêtes et péripéties de son couple de policiers fétiche (Franck Sharko et Lucie Hennebelle), et d’autre part ses « one shot », qui se lisent indépendamment les uns des autres et traitent à chaque fois d’un sujet différent. Son thriller « Rêver » se situe dans cette deuxième catégorie. Avec beaucoup de maîtrise et d’intelligence, Thilliez nous entraîne dans l’univers complexe de la narcolepsie, entre le rêve et la réalité, entre le vrai et le faux, entre la logique et la folie… Comme pour perdre un peu plus le lecteur dans les méandres de la pensée de l’héroïne, les chapitres ne sont pas présentés dans l’ordre chronologique de la réalité. Mais grâce à un petit graphique en tête de chaque chapitre, on peut en situer l’action sur l’échelle du temps. A la manière d’un puzzle temporel (justement, c’est le titre d’un autre de ses livres), le lecteur reconstitue peu à peu, en même temps que l’héroïne, la chronologie et la réalité des faits. Le tout est servi par une écriture vive, précise et sans concession. Jamais de cliché facile, de poncif ni de redite dans le travail d’écriture de Thilliez. Et comme toujours, la chute est à la hauteur de l’intrigue.

Plus que jamais, Thilliez s’impose comme le maître du thriller français.

Brillant et magistral !

Bob Garcia

« Je m’appelle Requiem et je t’… », Stanislas Petrosky, Ed. Lajouanie

Présentation de l’éditeur

Moi, vous ne me connaissez pas encore, mais ça ne va pas tarder. Je m’appelle Estéban Lehydeux, mais je suis plus connu sous le nom de Requiem. Je suis curé, ça vous en bouche un coin ? Oubliez tout ce que vous savez sur les prêtres classiques, je n’ai rien à voir avec eux, d’autant que j’ai un truc en plus : je suis exorciste. Je chasse les démons. Bon pas tous, parce que je dois d’abord gérer les miens, surtout quand ils font du 95 D, qu’ils dandinent du prose et qu’ils ont des yeux de biche. Chasser le diable et ses comparses n’est pas de tout repos, je ne vous raconte pas. Enfin si, dans ce livre. Ah, un dernier détail : Dieu pardonne, moi pas.
Biographie de l’auteur
L’individu qui se cache derrière le pseudonyme de Stanislas Petrosky est français et vit en Normandie, à quelques kilomètres du Havre. Sa profession, thanatopracteur, n’est probablement pas pour rien dans son goût pour le crime et l’humour… noir. Cet auteur atypique voue un culte immodéré à Frédéric Dard. Sa plume est trempée dans la même encre. Résultat, on se passionne, on se gondole, on frémit, bref on se régale. La preuve c’est Nadine Monfils, la mère de Mémé Cornemuse et d’Evis Cadillac qui signe la préface.

Notre avis

Gros coup de coeur pour ce polar quelque peu atypique ! C’est peu dire que l’écriture de Stanislas Petrosky est habitée par les démons de Frédéric Dard, Michel Audiard, Antoine Blondin et autre Alphonse Boudard… Le bougre a le sens de la formule qui fait mouche et qui parviendrait à décoincer les maxillaires les plus grippées. Sa grande trouvaille : le personnage haut en couleur de Requiem, synthèse assumée de San Antonio et de Don Camillo. Comme Jésus, il distribue les pains, mais pas aux mêmes personnes et pas pour les mêmes raisons… Il lui arrive d’être « excité comme un acarien au salon de la moquette » devant une belle créature, mais ne renie jamais sa foi. Car le roman de Petrosky n’est pas anticlérical. Requiem respecte les bigotes de son église et n’hésite pas à se battre contre les truands pour venir en aide à ceux qu’il aime. On l’aime déjà et on attend avec impatience la suite de ses aventures. Bravo Monsieur Petrosky, quand on tient un « client » comme celui-là, on ne le lâche pas !

Bob Garcia

« Elvis Cadillac, King from Charleroi », Nadine Monfils, Ed. Fleuve noir

Présentation de l’éditeur

Avec sa chienne Priscilla affublée d’une banane rose, Elvis sillonne les routes au volant de sa Cadillac ornée de cornes de vache pour aller donner des concerts. Abandonné à l’âge de 5 ans près des toilettes d’un restoroute, il a été recueilli par un couple d’épiciers fans de Georgette Plana, et est devenu Ze sosie officiel du King ! Invité à chanter pour l’anniversaire d’une vieille châtelaine, sur l’air de  » Blue Moon « , il va se retrouver au cœur d’un crime bien étrange, avec en prime une panoplie de pétés du couvercle, dont le chat Houellebecq qui a des mycoses aux pattes. Yeah !

Notre avis

Au fil des romans, Nadine Monfils nous balade dans son univers unique et quelque peu déjanté. Avec une écriture et un style immédiatement identifiables, une imagination intarissable, elle met en scène les vies de personnages hauts en couleur qui semblent directement sortir de l’émission Strip Tease. Son talent a été maintes fois récompensé. Elle a notamment obtenu le Prix de la ville de Limoges 2010 pour Coco givrée. Si vous avez aimé les aventures de Mémé Cornemuse, vous adorerez celles du « sosie officiel du King » (d’ailleurs inspiré de personnage réel).

Mais le rire devient parfois grinçant. Nadine Monfils dresse aussi un inventaire des tares et des dérives de certains de ses contemporains, qu’ils gravitent dans les hautes sphères de la société ou dans les bas fonds du classement. J’envie sincèrement ceux qui ne connaissent pas encore son oeuvre, car ils ont de sublimes lectures devant eux !

Bob Garcia