10 Mai

Livre Paris : Stanislas Petrosky présente « Dieu pardonne, lui pas ! »

Nous avions adoré « Je m’appelle Requiem et je t’… » de Stanislas Petrosky dans « 9h50 le matin »

Nous avons rencontré l’auteur au salon Livre Paris, qui nous a parlé de son prochain opus « Dieu pardonne, lui pas ! »

ça promet !

Présentation de l’éditeur :

Estéban Lehydeux, dit Requiem, est de retour. Le curé exorciste débarque cette fois sur le port du Havre.
Il y découvre un docker bien sous tout rapport –  si, si ça existe  –, accusé de meurtre ; une boîte d’import-export d’objets et de matériel pas bien catholiques ; un syndicaliste forcené mais pas mauvais bougre ; des fanas du troisième Reich ; et bien évidemment une accorte jeune femme tellement mal fringuée qu’il s’empresse toujours, dès qu’il la croise, de la déshabiller  !
Entouré de ces drôles de paroissiens notre héros, un Don Camillo carburant à la bière plus qu’à l’eau bénite, va devoir jouer du goupillon et faire quelques entorses aux règles de son ministère pour parvenir à distinguer le bon grain de l’ivraie…
Ce deuxième épisode des aventures de Requiem est basée sur un fait réel  : l’histoire de Jules Durand, qui défraya la ville du Havre en 1910. Cette sorte d’affaire Dreyfus dans le monde ouvrier est encore dans les mémoires de nombreux havrais.

Rencontre avec Tébo lors du vernissage « Mickey by Glénat » à Paris !

Notre avis :

Tébo, de son vrai nom Frédéric Thébault, est un auteur de bande dessinée né à Caen le 15 juin 1972.

Sur un scénario de Zep, il a en particulier dessiné la série « Captain Biceps »

Son humour et son trait sont immédiatement identifiables.

Pour « La jeunesse de Mickey », il signe le scénario et les dessins. Son idée, particulièrement originale sans être iconoclaste, consiste à mettre en scène « pépé Mickey » ! La petite souris de Disney a bien vieilli, et raconte ses aventures à son arrière petit neveu. En cinq récits savoureux ; « La ruée vers l’or », « prisonnier dans le Bayou », « Le messager de la paix », « Hors-la-loi du chocolat » et « la course aux étoiles », Tébo revisite les anciennes aventures de Mickey. Mais avec le temps et avec l’âge avancé du héro, pépé Mickey perd un peu la mémoire, commet quelques approximations, enjolive ou exagère certains passages. Effet comique garanti. Les conclusions de récits sont souvent délirantes et l’arrière petit neveu s’interroge à juste titre, comme à la fin de « La ruée vers l’or » :

«M’ouais, c’est la vérité ?

  • Non… On a été incapables de retrouver cette fichue entrée… Mais au moins j’ai rapporté un beau vase moche.
  • Pépé, ce vase, c’est moi qui te l’ai fait quand j’étais en primaire… merci de le trouver moche. »

On découvre au passage la première rencontre de Mickey et de son ennemi juré Pat Hibulaire.

Un chef d’œuvre d’humour, qui revisite et modernise l’univers de Mickey, sans jamais tomber dans la parodie ! Une réussite !!

« Je m’appelle Requiem et je t’… », Stanislas Petrosky, Ed. Lajouanie

Présentation de l’éditeur

Moi, vous ne me connaissez pas encore, mais ça ne va pas tarder. Je m’appelle Estéban Lehydeux, mais je suis plus connu sous le nom de Requiem. Je suis curé, ça vous en bouche un coin ? Oubliez tout ce que vous savez sur les prêtres classiques, je n’ai rien à voir avec eux, d’autant que j’ai un truc en plus : je suis exorciste. Je chasse les démons. Bon pas tous, parce que je dois d’abord gérer les miens, surtout quand ils font du 95 D, qu’ils dandinent du prose et qu’ils ont des yeux de biche. Chasser le diable et ses comparses n’est pas de tout repos, je ne vous raconte pas. Enfin si, dans ce livre. Ah, un dernier détail : Dieu pardonne, moi pas.
Biographie de l’auteur
L’individu qui se cache derrière le pseudonyme de Stanislas Petrosky est français et vit en Normandie, à quelques kilomètres du Havre. Sa profession, thanatopracteur, n’est probablement pas pour rien dans son goût pour le crime et l’humour… noir. Cet auteur atypique voue un culte immodéré à Frédéric Dard. Sa plume est trempée dans la même encre. Résultat, on se passionne, on se gondole, on frémit, bref on se régale. La preuve c’est Nadine Monfils, la mère de Mémé Cornemuse et d’Evis Cadillac qui signe la préface.

Notre avis

Gros coup de coeur pour ce polar quelque peu atypique ! C’est peu dire que l’écriture de Stanislas Petrosky est habitée par les démons de Frédéric Dard, Michel Audiard, Antoine Blondin et autre Alphonse Boudard… Le bougre a le sens de la formule qui fait mouche et qui parviendrait à décoincer les maxillaires les plus grippées. Sa grande trouvaille : le personnage haut en couleur de Requiem, synthèse assumée de San Antonio et de Don Camillo. Comme Jésus, il distribue les pains, mais pas aux mêmes personnes et pas pour les mêmes raisons… Il lui arrive d’être « excité comme un acarien au salon de la moquette » devant une belle créature, mais ne renie jamais sa foi. Car le roman de Petrosky n’est pas anticlérical. Requiem respecte les bigotes de son église et n’hésite pas à se battre contre les truands pour venir en aide à ceux qu’il aime. On l’aime déjà et on attend avec impatience la suite de ses aventures. Bravo Monsieur Petrosky, quand on tient un « client » comme celui-là, on ne le lâche pas !

Bob Garcia

« Elvis Cadillac, King from Charleroi », Nadine Monfils, Ed. Fleuve noir

Avec sa chienne Priscilla affublée d’une banane rose, Elvis sillonne les routes au volant de sa Cadillac ornée de cornes de vache pour aller donner des concerts. Abandonné à l’âge de 5 ans près des toilettes d’un restoroute, il a été recueilli par un couple d’épiciers fans de Georgette Plana, et est devenu Ze sosie officiel du King ! Invité à chanter pour l’anniversaire d’une vieille châtelaine, sur l’air de  » Blue Moon « , il va se retrouver au cœur d’un crime bien étrange, avec en prime une panoplie de pétés du couvercle, dont le chat Houellebecq qui a des mycoses aux pattes. Yeah !

Notre avis

Au fil des romans, Nadine Monfils nous balade dans son univers unique et quelque peu déjanté. Avec une écriture et un style immédiatement identifiables, une imagination intarissable, elle met en scène les vies de personnages hauts en couleur qui semblent directement sortir de l’émission Strip Tease. Son talent a été maintes fois récompensé. Elle a notamment obtenu le Prix de la ville de Limoges 2010 pour Coco givrée. Si vous avez aimé les aventures de Mémé Cornemuse, vous adorerez celles du « sosie officiel du King » (d’ailleurs inspiré de personnage réel).

Mais le rire devient parfois grinçant. Nadine Monfils dresse aussi un inventaire des tares et des dérives de certains de ses contemporains, qu’ils gravitent dans les hautes sphères de la société ou dans les bas fonds du classement. J’envie sincèrement ceux qui ne connaissent pas encore son oeuvre, car ils ont de sublimes lectures devant eux !

Bob Garcia