12 Sep

Léon Mortreux tué le 12 septembre 1916 dans « l’enfer » de la Bataille de la Somme

Terrible journée pour la famille Mortreux ce 12 septembre 1916. Léon Mortreux est tué à le Forest près de Maurepas lors de la Bataille de la Somme en Picardie. Il avait 31 ans.

Après Pierre Mortreux 25 ans, tué en janvier 1915 en Alsace, Jules Mortreux 32 ans disparu en mars 1915 en Lorraine, Léon est tué à son tour sur le front de la Somme, frappé par un éclat d’obus. En 1 an, les 3 frères Mortreux meurent à la guerre.

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Ce 12 septembre 1916, l’attaque du régiment de Léon Mortreux est fixée à 12h30. Le matin, tous les ordres, les détails des opérations préparatoires à l’attaque, sont donnés aux troupes.

L’objectif de l’armée française sur ce secteur du Front de la Somme est d’enlever « la Ferme de l’Hôpital » tenu par les troupes allemandes et de prendre les tranchées de l’ennemi.

Le journal de marche du 3è Régiment de Zouaves sous les ordres du Lieutenant-Colonel Claude Trapet, retrace le plan d’attaque.

A midi 30 le Colonel se porte en tête du 1er Bataillon qui en formation de combat diluée traverse la zone de terrain conduisant à la tranchée de la Cranière.

L’armée allemande riposte par de très violents bombardements, tirs de barrages. Grenades et obus provoquent de nombreuses pertes dans les lignes françaises.

Le bilan de la journée est lourd : 19 tués, 53 blessés et 1 disparu.

Parmi les 19 tués, Léon Mortreux.

Le récit du décès de Léon Mortreux par son Caporal Yves

La famille apprendra la terrible nouvelle une semaine plus tard, le 20 septembre 1916 par une lettre portant le cachet du secteur de Léon.

La lettre est envoyée par un certain Caporal Yves Sergent. Quelques jours après, fin septembre ce même caporal se présente à Paris, au domicile de Georges Mortreux, le père de Léon. 

Ce jour-là, le caporal Yves Sergent explique à Georges Mortreux et à Berthe, la soeur de Léon, les circonstances de la mort du Sergent Léon Mortreux.

Le caporal Yves était sous les ordres de Léon. Ce 12 septembre 1916, il était à ses côtés dans l’attaque de « la Ferme de l’Hôpital ». 

 Léon a été frappé d’un éclat d’obus dans la région du coeur, qui a perforé le poumon gauche. Cela se passait le 12, vers midi et demi.

Comme chef de pièce, Léon rectifiait le tir au canon de 37 en examinant avec une jumelle les positions ennemies.

L’on gagnait du terrain et le canon sur roues était poussé de l’avant en rase campagne, par conséquent sans aucun abri. Ces pièces de 37 développent beaucoup de fumée que l’ennemi repère facilement.

Sur les 9 servants du canon, Léon fût le seul tué, mais d’autres furent en même temps grièvement blessés.

La pièce mise hors d’usage fut abandonnée

Léon a survécu encore quelques instants et tout en respirant avec de grandes difficultés il a dit à son caporal  

« je suis atteint, j’étouffe, fais ce que je t’ai recommandé ».

Ce furent ces dernières paroles.

On l’emporta sur un brancard, sans aller jusqu’au poste de secours, jugeant que tous les soins étaient inutiles. La nature de la blessure ne laissait aucun espoir.

D’une assez grande dimension, l’éclat d’obus était resté dans la plaie d’où il faisait saillie.

On l’inhuma à 2 heures à l’endroit appelé « Passe de la ferme de l’Hôpital », à la hauteur des tranchées de 3ème ligne à gauche du village de Maurepas.

Sur sa tombe une croix de bois avec plaque d’identité et sa chéchia.

Le caporal était lui bien ému en nous donnant tous ces renseignements, il s’est mis à notre disposition pour nous conduire un jour à l’endroit où mon pauvre frère dort son dernier sommeil.

 

La lettre de décès de Léon Mortreux envoyée à la famille

Le témoignage du caporal Yves a été noté par Berthe Mortreux dans une longue lettre envoyée le 27 décembre 1916 à Fernard Bar.

Cette lettre de décès entourée d’un bord noir raconte les propos du Caporal Yves.

Voilà les principales pages.

Après la mort de Léon Mortreux la famille est « anéantie ». Pierre, Jules, aujourd’hui Léon. En un an, Georges Mortreux perd ses 3 fils.

La famille apprendra la terrible nouvelle du décès de Léon une semaine plus tard.

Après cette très violente et sanglante bataille de Leforest, Léon espérait obtenir une permission à l’approche des fêtes de la Toussaint.

Léon Mortreux est mort dans « l’enfer » de la Bataille de la Somme.