30 Juil

Léon, Jules et Pierre, une famille de Béthune dans la Grande Guerre

Léon, Jules et Pierre sont 3 frères d’une famille originaire de Béthune. Comme des centaines de milliers français les 3 frères Mortreux sont mobilisés en été 1914 pour faire la guerre à l’Allemagne. Pendant ces années de conflit, comme  tous les poilus, Léon, Jules et Pierre racontent leur guerre, ce qu’ils vivent, ce qu’ils voient et ce qu’ils ressentent dans leur correspondance de guerre que nous publions dans ce blog … cent ans après.

En 1914, à la veille de la Grande Guerre, Léon Mortreux 29 ans, a déjà une expérience militaire pour avoir fait ses deux ans de service militaire au 73è régiment d’Infanterie à Béthune. A la fin de la première année, il est nommé sergent. Jules aussi a fait son service militaire à Béthune. Le cadet Pierre suivra la trace de ses deux ainés.

Au début des années 1910, les aînés Jules et Léon, célibataires, voyagent en Grande-Bretagne après leurs études. Jules Mortreux perfectionne son anglais. Léon habite Londres pendant 2 ans, tout en gardant des liens très étroits avec la famille. A son retour de Londres, Léon Mortreux parle et écrit l’anglais couramment.

Jules, Pierre et Léon Mortreux

Jules, Pierre et Léon Mortreux ( de gauche à droite )

Jules Mortreux, né le 21 janvier 1883 à Douai, soldat 2è classe 76è Régiment d’Infanterie

Pierre Mortreux, né le 24 avril 1889 à Paris, adjudant 152è Régiment d’Infanterie

Léon Mortreux, né le 28 mars 1885 à Béthune, sergent 246è Régiment d’Infanterie

 


Jules, Pierre et Léon Mortreux, les 3 frères mobilisés en 1914

Jules, Léon et  Pierre sont nés d’une famille du Nord Pas-de-Calais. La mère, Aglaé Bar, béthunoise, a épousé Georges Mortreux, commissaire-priseur à Douai. Le couple donne naissance à 8 enfants, Flore, Jules, Léon, Berthe, Pierre, Augustine, Marie et Martial. 4 garçons, 4 filles.

Après le décès de leur mère en janvier 1901, les enfants Mortreux grandissent entre Paris où travaille leur père et Béthune, où réside la famille maternelle.

 

A l’âge de 20 ans, Léon effectue son service militaire à Béthune, classe 1905, au 73ème Régiment d’Infanterie. Comme Jules, son frère aîné, classe 1903. En 1909, son frère cadet, Pierre fera lui aussi son service à Béthune.

Quand la guerre est déclarée, été 1914, les 3 frères, Léon, Jules et Pierre sont mobilisés pour partir sur le front et combattre l’armée allemande.

La maison-tannerie de Béthune, le berceau de la famille 

Dans les mois précédants la grande guerre, Béthune vit à son rythme, comme toujours, entre jours de marché et escapades sur la Côte d’Opale. Sur la grande place de Béthune et autour du beffroi, le tramway est l’un des principaux sujets de discussions.

Les élus municipaux et cantonaux béthunois débattent du tramway qui doit relier Béthune à Bruay et à Lens. Parmi ces élus siège Fernand Bar, un des oncles des frères Mortreux.

Léon Mortreux est très proche de l’oncle Fernand Bar, tanneur de profession et figure de la vie associative béthunoise.

Tout en gérant son entreprise en patriarche, Fernand Bar mène une carrière politique jusqu’en 1914.

D’abord conseiller municipal, conseiller général, Fernand Bar est élu en 1906 député de Béthune, réélu en 1910.

Carte-deputé-Bar

 

La carte de député de Fernand Bar, élu de la 4ème circonscription du Pas-de-Calais ( Béthune – Houdain ) signée en 1910. 

La carte est certifiée par le sceau RF République Française.

 

Entre vie politique et vie professionnelle, Fernand Bar dirige la tannerie de Béthune, une affaire de famille depuis plusieurs générations.

Après le décès de son père, en 1894, Fernand Bar a repris l’affaire familiale, une tannerie qu’il gère par la suite avec Martial, le plus jeune des 4 frères Mortreux.

 

Les lettres de guerre à la famille de Béthune

Quand, en août 1914 Léon Mortreux est mobilisé pour rejoindre son régiment à Fontainebleau, il écrit dès les premiers jours. Le Sergent Léon Mortreux envoie des lettres à Fernand Bar, à sa famille, comme de nombreux poilus de 14-18.

Le poilu béthunois commence une correspondance de guerre avec ses frères, Jules et Pierre également mobilisés en 1914 sur le Front.

Cette correspondance de guerre des frères Mortreux, que nous publions dans ce blog à partir d’août 14, cent ans après, va nous emmener dans les mois et les années à venir sur les principaux lieux de guerre.

De « l’enfer de Steinbach » en Alsace à la Bataille de Vauquois près de Verdun, de la bataille de la Marne à la bataille de la Somme … l’histoire de Léon, Jules et Pierre, 3 frères dans la Grande Guerre.