27 Fév

Nadau, 43 ans de chansons et toujours des projets

Dire que c’est un phénomène serait un euphémisme. Nadau est un curieux groupe qui voit son public rajeunir au fur et à mesure qu’il vieillit. Elles sont rares les formations occitanes qui peuvent remplir des grandes salles comme le Zénith de Pau les 17 et 18 février derniers, aller plusieurs fois à l’Olympia, avoir un calendrier de concerts quasi plein en début d’année… Nadau traverse le temps, dépasse l’occitanisme et prépare d’autres événements. Avèm sonat lo Jan per ne saupre mai.

Zénith 2017 Photo :  François Leteuil

Zénith 2017 Photo : François Leteuil

Dos Zeniths complèts en lèu en DVD-CD

Mine de rien, Nadau n’avait pas chanté au Zenith de Pau depuis 2002! Le manque commençait à se faire sentir. 2 dates ont été choisies, les 17 et 18 février. 3 200 personnes chaque soir et plus de places depuis novembre. « On nous avait proposé un soir ou 2 de plus mais j’ai refusé ». Nadau aurait largement rempli 2 jours supplémentaires mais la fatigue et le stress se seraient aussi invités.

En bonus et en avant première : l’Encantada filmée au Zénith de Pau en février 2017. Réalisation Amic Bedel. Son : Radio France. C’est la version « brute » et non définitive quant au son et à la réalisation.

Les textes des chansons avaient été distribués en même temps que les places, le Zenith s’est donc transformé en Cantèra géante. Bien sûr l’Immortèla, évidemment l’Encantada amis aussi une troisième chanson qui devient elle aussi un véritable phénomène : « Mon Dieu que j’en suis à mon aise ». Plus d’un millions de vues sur You Tube version Olympia, et sans doute la chanson la plus chantée lors des concerts. Pourquoi ? « Parce qu’elle est en français sans doute. Il n’y a plus la barrière de la langue. Ce qui est très surprenant, c’est que tous les rugbymen la connaissent! Mon ami Henri Broncan m’a dit qu’elle était chantée et devenue l’hymne de plusieurs clubs… L’autre jour au journal de TF1 au salon de l’agriculture, elle était chantée par des ingénieurs agronomes ! » Sacré Yan ! Il a fait la mélodie de cette chanson et repris le texte d’un auteur anonyme. Le plus fort aussi c’est que le texte ne parle absolument pas de rugby mais plutôt d’amour… ! Une chanson certainement ramenée par les conscrits de Napoléon, et que l’on entend et apprend … dans les casernes.

Zénith 2017 Photo :  François Leteuil

Zénith 2017 Photo : François Leteuil

Les 2 concerts ont été filmés par Amic Bedel, avec 9 caméras d’un excellente qualité technique. Le son a été pris par Radio France, avec 17 micros dans la salle rien que pour entendre le public chanter. Le DVD et le CD sortiront avant l’été.

Un grand bal gascon lo 15 d’agost e autras causas en Comenge

Les concerts du Zéniths n’étaient pas des concerts d’adieu. D’ici la fin 2017, le groupe a déjà une cinquantaine de dates. Elle n’est pas sur leur site mais les organisateurs de l’Estivada leur ont confié l’ouverture de l’édition 2017, avec le chanteur Cali le jeudi 20 juillet. Jan n’en sait pas plus sur les attentes des organisateurs et sur ce qu’il pourrait proposer.

Zénith 2017 Photo :  François Leteuil

Zénith 2017 Photo : François Leteuil

A l’instar de la chanson « Mon Dieu que j’en suis à mon aise », Jan développe aussi des projets personnels. Cette année, il n’y a pas eu de Pastorala de Nadau qui remportait un franc succès en Comminges. Mais le chanteur ne compte pas laisser les terres Commingeoises pour autant. Avec l’association locale, ils veulent organiser un grand bal gascon le 15 août à Luchon, en plein air, devant les thermes. « Il y aura une vingtaine de musiciens dont Pierre Rouch, Mathieu Barès et d’autres du Comminges. On veut faire un bal différent avec tambours et harmonies. Quelque chose en grand où pour une fois, le bal gascon ne sera pas à l’étroit ! »

Ensuite fin 2018, la même équipe travaille sur un concert symphonique avec toujours des musiciens locaux et des chansons de femmes de la montagne entr’autres. Quicòm de popular coma per las pastoralas. »

Pas de CD en préparation pour l’instant mais une chanson sur l’histoire de Norbert Aspa, torturé par les Allemands le 11 août 1944. « Soi estat tocat per l’istòria e ne vòli far una balada per Norbèrt. » On peu d’ores et déjà lui prédire le même destin que ses autres chansons. Nadau passe le temps, les saisons, les âges, les critiques. Un vrai phénomène.

Lo Benaset @Benoit1Roux