25 Mar

La lenga nòstra, la vòstra lenga.

Clément en plein tournage

Ce dimanche dans Viure al Pais, c’est une émission originale que nous vous proposons. Originale et inédite puisque nous n’avons jamais consacré d’émission entière à la langue occitane, et rien qu’elle. Nous remonterons la source historique de l’occitan, d’où vient cette langue ? La lenga d’òc : une langue et non pas un patois. La différence est essentielle et c’est un linguiste, Pierre Salles qui nous expliquera pourquoi. L’émission aura aussi pour vocation de vous ouvrir les écoutilles. L’occitan est une langue dont les accents donnent 5 grandes familles de « parlers » : le gascon, le limousin, l’auvergnat, le languedocien et le provençal. Un peu comme 5 doigts d’une même main. Et ce n’est pas Alain Rey, le grand linguiste français qui va dire le contraire. Le temps d’un reportage, il nous a ouvert les portes de son univers et nous a donné sa vision, son regard sur cette langue occitane, qu’il connaît bien mieux que de nombreux occitanistes.

Langue transmise ou langue apprise, l’occitan n’est pas seulement la langue des vieux ou des paysans. C’est aussi la langue des Rois en Béarn, la langue administrative dès le 10ème siècle, la langue des troubadours, celle qui a donné au français le mot AMOUR, une langue qui change, qui se ré-invente, une langue vivante, qui séduit aussi ceux qui n’ont pas grandi en Occitanie.

Clément Alet

21 Mar

La douche froide

François Hollande - Photo : Fred Dufour AFP

Si le mois de mars est annoncé par tous les observateurs comme le mois plus difficile à vivre pour le gouvernement et le Président de la République, il en est tout autant concernant le monde occitan et plus largement les défenseurs des langues régionales en France. A qui la faute?  A ce gouvernement et son Président François Hollande qui semble avoir tout bonnement oublié sa 56ème promesse de campagne : celle où il annonçait qu’il « ferait ratifier la Charte européenne des Langues Régionales et Minoritaires ». Une position claire, forte, qui avait d’un coup d’un seul, permis de récupérer les voix des électeurs pro langues régionales. La campagne électorale avait été claire, pour une fois, entre les candidats sur la question. Nicolas Sarkozy s’était largement démarqué de son adversaire en affirmant que « quand on aime la France, on ne propose pas de ratifier la charte des langues régionales et minoritaires ».

Mais l’espoir suscité par Hollande auprès des Occitans tout autant que des Bretons vient de voler en éclat. Le 13 mars dernier, le Conseil des Ministres s’est notamment réuni pour discuter de la prochaine réforme constitutionnelle. Au menu des festivités, un certains nombre de dossiers dont celui de la fameuse Charte qui n’arrivera au final, jamais sur la table du Conseil. L’executif a renoncé à s’engager dans une modification de la Constitution, préalable à la ratification. Una brava recuolada comme on dit en oc, un large pas en arrière qui permet au gouvernement d’aller se cacher derrière d’avis négatif du Conseil d’Etat pour augmenter son choix. Ce retour à la case départ intervient au moment même où un « comité consultatif national sur les langues régionales et la pluralité linguistique interne » a été crée par la Ministre de la culture, Aurélie Filippetti et dont le rôle est de préparer la ratification de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires. Ce comité réuni 10 membres, dont le conseiller régional occitan David Grosclaude et s’est tenu pour la première fois le… 6 mars dernier, soit 7 jours avant sa mort programmée. Ce mois de mars est décidément long et compliqué.

Clément Alet