16 Oct

Mieux vaut tard que jamais

© Jean-Marie Périer

© Jean-Marie Périer

Voilà c’est parti. Bientôt soixante-seize ans et je fais mes quatre premières représentations sur scène au théâtre de la Michodière à Paris, ensuite je compte bien aller partout en France, jusqu’au fin fond des campagnes, là où comme chez moi dans l’Aveyron, certains doivent faire cinquante kilomètres pour voir un spectacle. Depuis le début c’est mon but, je rode à Paris, puis je vais en province. Sur ma tombe on pourra marquer : ci-git le roi de la décentralisation.

Car je ne vous ai pas dit, mais ma maison de la photo, ouverte le 13 juillet de cette année, a déjà reçu plus de 10.000 personnes venus voir ma belle exposition s’étalant sur sept salles dans la bastide du 14ème siècle sise au milieu du village de Villeneuve d’Aveyron. Ça fait beaucoup de monde venu profiter de la région, ce qui m’enchante, car je rêvais de pouvoir renvoyer l’ascenseur aux Aveyronnais qui m’avaient accepté il y a de ça vingt ans.

Pendant ce temps, le monde continue de tourner, auréolé de son habituelle absurdité. J’ai entendu dire qu’on voulait apprendre le maniement des armes à feu à des enfants dans les écoles françaises. Déjà supprimer le service militaire fut certainement une des plus grandes bêtises faite par l’État, offrant ainsi aux adolescents du pays l’occasion de passer à côté des règles indispensables de l’ordre, la politesse, la discipline, la camaraderie et un sens du devoir désormais vénéré par les vieux cons dans mon genre qui, sans en avoir la nostalgie, ne regrettent en tout cas pas les 28 mois de leur vie consacrés à l’armée française. Moi qui venait pourtant des beaux quartiers, ça m’a fait un bien fou de voir qu’il y avait d’autres mondes que le mien, même si je me serais bien passé du spectacle de cette guerre qu’on préférait appeler « événements d’Algérie ».

Désormais, inutile de rétablir le service puisque les bambins de dix ans aborderont gaiement la puberté en connaissant les bases nécessaires à l’utilisation des bons vieux fusils Lebel français, qu’ils trouveront du reste vite démodés, s’empressant de passer aux Kalachnikov, un des plus beaux fleurons de la mondialisation.

Tant qu’à faire, on pourrait aussi leur apprendre comment saucissonner les vieux, ça leur ferait gagner du temps pour se faire un peu d’argent de poche.

À la semaine prochaine.

Jean-Marie Périer

12 Juin

Du pain sur la planche

Pardon pour mon silence mais j’ai été un peu occupé comme vous pourrez le constater en voyant ce que je vous propose dans un avenir proche.

1) D’abord le 2 juillet va sortir un album de «Reporters sans frontières» consacré à 100 de mes photos des années 60. Elles seront accompagnées de textes d’écrivains de mes amis. Il sera en kiosque et en librairie.

2) Ensuite, malgré mon âge avancé et mes différentes activités depuis cinquante ans, on ne me parle que des années 60 et des gens que j’y ai rencontrés. Il semblerait donc que ce soit mon karma et parce que les questions que l’on me pose sont toujours les mêmes, j’ai décidé de réaliser un spectacle sur scène en racontant ce que j’ai vécu avec ces jeunes chanteurs et musiciens de l’époque, aidé d’un grand écran montrant 350 photos illustrées des musiques adéquates. Si ça fonctionne, j’irai partout en France en 2016.

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Première représentation le samedi 4 juillet au théâtre Quintaou à Anglet (05 59 58 73 00)Également à la la ville d’Anglet La Galerie Pompidou, qui jouxte le théâtre, propose une exposition de 150 tirages de mes photos des années 60 (du 3 juillet à fin aout)

Ensuite, 4 représentations les lundi 12, 19, 26 octobre et 2 novembre 2015 au Théâtre de la Michodière à Paris (Réservations au 01 47 42 95 22)

Voici un extrait du dossier de presse du spectacle :

« Les Beatles, Johnny Hallyday, Les Rolling Stones, Alain Delon, Françoise Hardy, Jacques Dutronc, Sylvie Vartan, Miles Davis, James Brown… Entre autres. Jean-Marie Périer nous raconte les rencontres, les anecdotes, les aventures, et surtout celles, personnelles, que l’on ne connaissait pas… Plus que raconter les années 60, il vous raconte ce qu’il y a vécu. Avec humour, le photographe fétiche de « Salut les copains » revisite des décennies de voyages, d’amitié et d’amour, et nous plonge avec émotion dans sa vie, aux côtés des plus grandes célébrités de ces années d’or, qu’il nous décrit avant tout comme des jeunes hommes et des jeunes femmes simples, propulsés du jour au lendemain aux firmaments de la célébrité. Une manière intime de (re)découvrir ces artistes que l’on a aimés et repartir en les connaissant un peu plus… »

3) Enfin, le 13 juillet aura lieu le vernissage de l’exposition permanente que je ferai à la Maison de la photo du village qui est le mien depuis vingt ans à savoir Villeneuve d’Aveyron.

JMP Villeneuve

Là encore, un extrait du dossier de presse :

« Pierre Coste, le maire de Villeneuve d’Aveyron, a confié à Jean-Marie Périer la bastide du 14ème siècle située au centre de son village pour qu’il y ouvre une maison dédiée à la photographie. Le photographe, qui vit dans cette région depuis vingt ans, y a installé une exposition de ses photos des années 60. Dans un avenir proche, l’association dirigée par Gérard Colonges ouvrira une salle destinée à accueillir des expositions temporaires d’autres photographes, qu’ils soient célèbres ou inconnus ».

Depuis que je suis né j’entends parler de la décentralisation, alors oublions le dédain des gens de la capitale pour la province, et décentralisons.

Il se trouve que, par chance, les photos que je faisais il y a cinquante ans des artistes des années 60 sont toujours d’actualité. Est-ce parce que les adolescents qui punaisaient mes images sur les murs de leurs chambrettes sont aujourd’hui les mêmes touchés par la nostalgie de leur jeunesse ? Toujours est-il que depuis vingt ans partout où j’organise une exposition, c’est un succès. Celle-là est certainement la plus belle que je ferai jamais de mes photos de cette époque.

Villeneuve d’Aveyron est au centre d’une belle campagne et je crois que l’ouverture de cette maison de la photo pourra profiter à toute la région.

Je vois donc là l’opportunité de renvoyer l’ascenseur à ce village devenu le mien depuis que ses habitants me firent la gentillesse de m’accepter.

Jean-Marie Périer

 

20 Déc

Les religions

Copyright Jean-Marie Périer

Copyright Jean-Marie Périer

Joyeux Noël, oui oui d’accord, je sais ! En attendant plus j’écoute les nouvelles plus je suis au regret de constater que beaucoup des ennuis de la planète nous viennent d’abord des religions… Les massacres, les guerres, à la source ça vient toujours de là…

Remarquez c’est bien foutu les religions…
Par exemple, regardez le nouveau Pape, il est archi-sympa ce type.
Il roule en voiture moche, il prend des bains de foule, il plaisante avec la presse, c’est le Belmondo des Papes.
Pourtant il ne me rassure pas vraiment.

Parce qu’il a beau être très sympathique, vouloir faire avancer les choses, pour l’instant il ne veut quand même pas entendre parler des préservatifs, ni de l’avortement pour les africaines, et les prêtres, j’ai peur qu’ils doivent encore attendre avant de goûter aux joies du mariage, du divorce et de la pension alimentaire…

En plus on n’explique mal les choses, c’est quand même bourré d’incohérences : La vierge Marie qui est vierge, Joseph, lui ça ne l’étonne même pas, les rois mages et leurs étoiles GPS, tout ça. …

C’est comme Jésus, c’était un type formidable Jésus, il a pas triché lui, il est allé jusqu’au bout. Mais faudrait quand même être plus précis… Il marche sur l’eau, il multiplie les pains, il ressuscite, il fait même du pinard avec de l’eau, ça ressemble plutôt à des symboles non ?

Je ne peux pas croire que ça soit arrivé EN VRAI.

Je les envie moi les croyants, ça doit être bien d’avoir la foi.
J’ai été élevé dans la religion catholique et j’en ai gardé plein de très jolis souvenirs… Belles musiques, belles histoires, le bruit des pas dans la neige pour aller à la messe de minuit, avec les cloches et tout…

Vous savez, être athée : CE N’EST PAS SIMPLE.

J’aurais rêvé d’être catholique, juif, musulman, boudhiste ou même communiste. Ça doit être génial d’avoir quelqu’un là-haut qui pense à vous. Vous n’êtes pas tout seul. Vous vous levez le matin vous savez pourquoi, tandis que nous les athées, tous les jours il faut qu’on réinvente…

En même temps je ne suis pas logique.
C’est vrai, je suis athée mais j’suis superstitieux. Ça n’a pas de sens. Dire qu’on ne croit à rien et avoir peur de passer sous une échelle ce n’est pas cohérent…

Jean-Marie Périer

29 Nov

Filiation

Copyright Jean-Marie Périer

Copyright Jean-Marie Périer

J’aimerais aujourd’hui m’insurger contre les hypocrites qui défilent dans les manifs «contre le mariage pour certains», ceux qui disent qu’ils sont POUR l’union entre homosexuels mais CONTRE leur droit à l’adoption, utilisant PMA et GPA pour cacher le fait qu’ils se bouchent le nez à l’idée d’enfants élevés par d’autres qu’eux.

Ceux-là même qui nous expliquent que pour élever un enfant il faut un papa et une maman parce que «c’est comme ça que ça marche !».

COMME ÇA QUE ÇA MARCHE ? Non, vous vous foutez de moi ?

Vous avez vu le bordel chez nous les hétéros ? Les divorces, les séparations, les familles recomposées, les mômes tiraillés d’un adulte à l’autre ?

Aujourd’hui dans les cours d’école, le mouton noir c’est celui dont les parents vivent ensemble. «Ils ne sont pas divorcés tes vieux ? Oh la vache !»

Le problème pour les homosexuels qui veulent adopter un enfant est exactement le même que celui des hétéros qui ne peuvent pas en avoir. Et de même que les couples infertiles, les homos quand ils veulent un enfant ils le veulent vraiment.

Alors que pour nous les hétéros, c’est facile. On s’allonge, on se mélange et boum neuf mois plus tard : bonjour le paquet-cadeau.

Je suis convaincu qu’une bonne partie des couples hétéros font des gosses sans même savoir pourquoi.

Alors que les «Boutin-Mariton-ex-Frigide Machin» qui défilent en Loden en poussant des landeaux arrêtent d’oser parler au nom des enfants, soi-disant pour prendre leur défense, ils feraient mieux de les écouter.

Parce qu’en réalité les enfants ont beaucoup plus d’imagination que les adultes.

Ce qu’ils veulent c’est qu’on les aime et l’amour ils le prennent là où il y en a. Et je suis bien placé pour vous dire que la famille ce n’est pas les gens qui vous ont fabriqué, c’est ceux qui vous ont choisi et que vous choisissez à votre tour.

En attendant, tout ce que je peux vous dire, c’est que moi, si j’étais un enfant je préfèrerais cent fois être élevé par un Laurent Ruquier sidéré d’être père que par un Hervé Mariton sûr de son bon droit.

Jean-Marie Périer

Chronique écrite pour l’émission «Il n’y en a pas deux comme elle» de Marion Ruggieri sur Europe 1.

11 Nov

Deux femmes

J’aimerais aujourd’hui vous parler de deux femmes. Deux femmes que je ne connais pas, deux femmes au parcours diamétralement opposé et qui n’ont rien en commun à part mon estime.

D’abord Florence Aubenas que j’ai croisé par hasard l’autre jour à Paris. Je ne vous parlerai pas de l’élégance de l’otage aperçue à la descente d’un avion, ni de la femme écrivain capable de s’immerger dans un univers qui n’est pas le sien pour donner la parole à d’autres femmes, celles à qui justement on ne la donne jamais (Je vous conseille néanmoins de lire ses livres, dont le dernier qui vient de sortir : «EN FRANCE»,  aux éditions de l’Olivier.)

Je ne vous parlerai pas non plus de la journaliste, une des rares de notre époque à ne pas se contenter de téter wikipedia pour raconter une histoire, mais qui à l’instar d’un Joseph Kessel peut travailler des semaines sur un sujet avant d’écrire une ligne.

Je ne peux guère vous en dire plus puisque je ne la connais pas.

Maintenant j’ai assez d’heures de vol pour savoir que connaître ne veut rien dire, et que ressentir suffit.

Tout est dans les yeux des gens. Par exemple je me souviens de ceux de Françoise Giroud, ils étaient clairs et perçants mais remplis d’humour. Ou bien ceux de Simone Veil. Ils sont extraordinaires, mais je ne sais pas, peut-être en ont-ils trop vu, ils m’ont toujours impressionnés. Alors que les yeux de Florence Aubenas sont tout simplement beaux, sans une once de cynisme parisien, ils me rassurent.

Si par chance vous la croisez un jour, regardez-là bien en face, et vous verrez. C’est un drôle de voyage…

 

Alors bien sûr, on change d’univers, mais j’aimerais rendre hommage à la femme de Bernard Tapie. Sur lui tout a été dit, néanmoins il m’a toujours étonné. Toujours en mouvement, les hauts, les bas, rien ne l’arrête…

En plus je vous l’avoue, quand il engueule les gens, moi ça m’enchante.

Seulement pour une épouse, vivre avec un tel homme ne doit pas ressembler à une cure en thalasso.

Or avez-vous remarqué la discrétion de la dame ?

Il chante ? Elle l’écoute.

Il achète, il revend ? Elle ne bouge pas.

Il est ministre ? Elle le seconde sans apparaître.

On met son mari en tôle ? Elle lui apporte des oranges.

Des huissiers se pointent et retirent tous les meubles ? Elle maintient le cap et elle élève les gosses.

Bien sûr, je sais, ce ne sont pas des SDF, mais vous savez, même dans les beaux quartiers, quand ça tangue, il faut la maintenir la barre. Je ne les ai jamais rencontrés ni l’un ni l’autre, mais j’ai la certitude que s’il tient le coup de cette façon depuis toujours, c’est beaucoup grâce à elle.

Et puis, ELLE on ne l’entend jamais, ce n’est pas le genre à publier un livre pour gémir, et s’il y a états d’âme, elle les garde pour elle.

Elle a de la tenue Madame Tapie !

Jean-Marie Périer

Chronique écrite pour l’émission «Il n’y en a pas deux comme elle» de Marion Ruggieri sur Europe 1.

 

12 Oct

Patrick Modiano

Patrick Modiano (copyright Jean-Marie Périer)

Patrick Modiano (copyright Jean-Marie Périer)

En ces temps propices à la morosité, enfin une bonne nouvelle.

Comme vous le savez, Patrick Modiano a obtenu le prix Nobel de littérature.

L’Académie suédoise l’a récompensé pour, ouvrez les guillemets, « l’art de la mémoire avec lequel il a évoqué les destinées humaines les plus insaisissables et dévoilé le monde de l’Occupation ».

C’est merveilleux puisqu’il ne s’agit pas d’un prix pour un livre en particulier mais pour la cohérence de toute son œuvre. Continuer la lecture

05 Sep

Politesse

Madame Trierweiler sort un livre que je ne lirai pas. D’abord parce que devant l’abondance de la rentrée littéraire, il me semblerait dommage de risquer de passer à côté d’un vrai livre. Encore une fois je vous le répète, je n’ai pas voté François Hollande.

Aussi, ne voyez aucune camaraderie machiste dans mes propos, du reste en général, loin de moi l’idée de juger une femme qui aurait souffert de la conduite d’un homme. Mais il se trouve qu’il s’agit du Président de la République, et l’humilier publiquement alors qu’il est encore en exercice, c’est tenter de le rabaisser vis-à-vis du monde, donc c’est salir la France. (Ciel ! Le patriotisme n’est pourtant pas vraiment mon truc !)

Or notre pays étant déjà la risée de la planète à force de s’en croire toujours le centre, choisir cette période pour régler ses problèmes de coeur participe d’un manque de responsabilité des plus infantile, accompagné d’un certain mépris pour le sort des Français. Je ne m’aventurerai pas à mettre en doute l’urgence des pulsions littéraires de cette dame, mais il me semble que la publication de cette «oeuvre» pouvait souffrir quelques mois de retard.

De même que je ne discuterai pas les raisons qui l’ont poussé à ce geste, mais à ce que je sache, elle n’est pas la seule femme à avoir été trahie récemment, il en existe heureusement certaines qui ont de la tenue. Aussi, devant cette regrettable histoire, la seule idée qui me vient à l’esprit c’est : VIVE ANNE SINCLAIR !

Politesse

Petites phrases du récent langage commun qu’il serait de bon ton d’oublier (acte 2 / cliquer ici pour lire l’acte 1) :

  1. C’est «ouf» !
  2. On s’est «frité grave».
  3. C’est quoi ton «06» ?
  4. Vu à la télévision : on est «SUR» une vraie bonne nouvelle pour les gens qui souffrent des gencives…
  5. «Y’a pas d’souçi»

Jean-Marie Périer

27 Août

Ah si seulement j’étais capable de rester vigilant comme ce magnifique chat !

Chat blog

Copyright Jean-Marie Périer

Petites phrases du récent langage commun qu’il serait de bon ton d’oublier :

  1. Je vais «SUR» Paris ( Entendu dans tous les médias et repris par les sommeliers à cause des préceptes déplorables de l’école hôtelière : on va aller «SUR» un Meursault…)
  2. Ridicule «DE CHEZ» ridicule, avec variante : «LE TOP DU TOP» (Plus + Plus = Moins)
  3. «Elle est pas belle la vie ?» (Peut donner des envies de suicide)
  4. Moi je dis ça j’dis rien… (Alors tais-toi)
  5. Les mots du genre «Meuf» ou «keuf», utilisés généralement pas les terrorisés du fauteuil Stanah courant après leur jeunesse (Stanah : objet déprimant permettant de monter des escaliers sur son cul)
  6. On va dire que… (Alors dis-le !)

Liste non-exhaustive qui appelle une suite…

Nouveau gouvernement.

Et allez ! En avant les annonces médiatiques dès le lendemain matin : «Une majorité de Français estime que la politique économique du gouvernement ne sera pas efficace». On voudrait peut-être nous faire croire à un sondage fait dans la nuit ?

Je n’ai pas voté Hollande mais vous ne m’entendrez jamais dire de mal du Président. Les français l’ont voulu, Il a été élu, donc silence. Le brouhaha médiatique ne sert à rien d’autre qu’à faire plonger le pays et un peu d’humilité serait bienvenue de la part de la classe politique. Pourquoi aucun membre de l’opposition n’a-t-il l’élégance de dire: «Laissons lui le temps, je souhaite pour la France qu’il réussisse». Pourquoi ? « C’est le jeu !»  me répond-t-on.

Le jeu avec la vie des gens ? Décidément je ne crois ni à la gauche ni à la droite, je me méfie des extrêmes et de la politique en général, presqu’autant que des religions. Comment peut-on en 2014 se dire gaulliste, socialiste, communiste ? Tout ça sent la poussière et les dogmes destinés à des gens incapables de penser par eux-mêmes. J’appartiens à un des plus grands partis dont on ne parle jamais, celui de ceux qui ont mauvaise conscience, mes capacités politiques s’arrêtent là. Raisonnement de petit bourgeois. Oui et alors ? Je ne vais quand même pas m’excuser d’être un petit bourgeois…

C’est la rentrée, dans les médias je vais retrouver Yves Calvi (qui a l’art de poser les questions que je me pose) et Natacha Pollony (avec laquelle je suis toujours d’accord). Ils sont absents des programmes d’été, alors moi vous comprenez je perds mes marques, ce qui signifie sans doute que je me fais vieux. Dieu merci (il faut que j’arrête avec cette expression qui n’a aucun sens pour un athée). Je ne croirais en Dieu que si j’étais certain qu’il croit en moi. En même temps s’il croyait en moi, je ne le prendrais sûrement pas pour un Dieu.

Jean-Marie Périer

16 Août

Quelle époque formidable !

Une femme a tenté de passer à la douane un kilo et demi de cocaïne planqué dans ses implants mammaires. D’où lui est venue cette idée ? Du sein au lait ? La blanche lui aurait-elle rappelé le lait en poudre ? Si un jour elle accouche, j’espère qu’elle optera pour le biberon.

Aux Etats-Unis, dans une prison du Texas, faute de budget la direction a utilisé un produit moins cher pour administrer une peine de mort. Le condamné a mis deux heures à agoniser dans des souffrances horribles. Donc si j’ai bien compris, on peut relever la tête, la bas aussi il y a la crise.

Au Moyen-Orient, des fous de Dieu enterrent des gens vivants et en crucifient d’autres. Je ne comprends pas pourquoi je me fais engueuler à chaque fois que j’ose dire que tous les ennuis de la planète nous viennent des religions. Et de l’argent bien sûr, (ce qui revient parfois au même).

Sept-cents millions de femmes sont mariées de force dans le monde, et nous on se plaint parce que l’été est pourri…

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Copyright Jean-Marie Périer

Vous voyez l’homme en face de Françoise Hardy sur la photo ? Il s’appelait Jacques Wolfsohn. Il fut dans les années 60 le seul vrai découvreur de talents de la chanson française. Il est au départ de la carrière de Johnny Hallyday qu’il impose dès 1958, alors que les journalistes et autres gens dits «du métier» se rient de ce jeune homme qui veut chanter et danser comme ceux qui, de l’autre côté de l’Atlantique, sont en train d’inventer le rock.

Alors qu’en 1962 les artistes prennent des pseudonymes américains, Wolfsohn lance Françoise, une belle chanteuse un peu triste, ceci en pleine vogue du twist. En 1966 il donne sa chance à son assistant en le faisant enregistrer, c’est Jacques Dutronc. Et on le retrouve même plus tard au début du groupe «Téléphone».

Il est certainement le type le plus étonnant que j’ai rencontré dans le monde du spectacle. Un humour à vif toujours tenté par la contradiction. Si vous lui disiez : «il fait beau», il y avait des chances pour qu’il vous réponde qu’il pleut. J’ai peut-être été son ami, mais je n’en serai jamais sûr, il n’était pas du genre à s’épancher. Nous sommes pas mal à Paris à lui devoir beaucoup.

Il est mort cette semaine, et ça n’a même pas fait une ligne dans les journaux.

Jean-Marie Périer

23 Juin

Quelques questions en passant…

  • Pourquoi en France les gens votent-ils toujours « contre » au lieu de voter « pour » ?
  • Pourquoi le soir des résultats des élections, les politiques expliquent-t-ils qu’ils ont un peu gagné lorsqu’ils ont perdu ?
  • Pourquoi ces derniers parlent-ils toujours de « rassemblement », comme si la langue française n’offrait pas d’autre mots ?
  • Pourquoi assurent-t-ils en remontant leur col que la France est la cinquième puissance mondiale alors que c’est fini depuis trente ans ?
  • Pourquoi affirment-ils qu’un scandale est toujours « sans précédent » ?
  • Pourquoi les gens de gauche détricotent-ils systématiquement ce qu’ont fait les gens de droite et vice-versa ?
  • Pourquoi refusent-ils d’admettre que la France ne peut se diriger qu’au centre ?
  • Pourquoi serait-il impossible d’inventer un parti calme, efficace et serein loin des Mélenchonneries et autres Boutinades ?
  • Pourquoi mes chers amis les paysans Aveyronnais votent-ils pour un parti qui veut fermer les frontières alors que quatre-vingt pour cent d’entre eux ne pourraient survivre sans les subventions de l’Europe ?
  • Pourquoi les Parisiens aiment-ils si peu les chiens alors que ceux-ci apportent un peu d’humanité à leurs trottoirs ?
  • Pourquoi les journalistes politiques de radio et de télévision se croient-ils obligés de couper la parole à leurs invités ?
  • Pourquoi est-il si difficile de retirer de son carnet d’adresses le nom de quelqu’un qui vient de mourir ?
  • Pourquoi lorsqu’ils sont à court d’arguments, les gens finissent souvent par vous accuser d’être populiste ?
  • Pourquoi les deux choses qui m’insupportent le plus dans la vie sont les scènes d’accouchement dans les films et les étiquettes sur les pommes ?
  • Pourquoi même si l’engouement des gens pour le foot me réjouit, les matches me font-ils penser à la guerre ?
  • Pourquoi ne donne-t-on pas la légion d’honneur au plus beau sourire de la mode, à savoir celui d’Isabelle Marant ?
  • Pourquoi fait-on de plus en plus d’enfants puisqu’on sait de moins en moins les élever ?
  • Pourquoi les Français sont-ils aussi peu courtois avec les touristes étrangers qui les font vivre ?
  • Pourquoi n’y a-t-il que Mick Jagger qui ne prenne pas de ventre en vieillissant ?
  • Pourquoi les présentateurs télé continuent-ils à faire la promotion de la drogue pour avoir l’air « dans le coup » sans se soucier du mal qu’ils font ?
  • Pourquoi plus j’avance en âge, la chose dont je suis le plus sûr c’est que je ne suis sûr de rien ?
  • Pourquoi étaler ses « pensées » dans un blog quand on peut planter un arbre ?

Et surtout :

  • Pourquoi Albert Cossery, le grand écrivain, dernier Dandy de Saint Germain des prés, n’est-il plus de ce monde ? (voir photo)
Copyright Jean-Marie Périer

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Jean-Marie Périer

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