11 Sep

Ce mois-ci je ne chôme pas !

Affiche Albi Mail

Si on m’avait dit il y a 50 ans que mes photos des sixties intéresseraient autant de gens aujourd’hui, je n’en n’aurais pas cru un mot. Dans les années 60 les photos n’avaient aucune valeur marchande, elles étaient destinées à être affichées sur les murs des chambres des adolescents et j’en étais ravi.Désormais, tant à la Maison de la photo de Villeneuve que partout ailleurs, mes expositions attirent un monde fou dont au moins 30% de la génération actuelle, ce qui m’étonne un peu. Que des gens de mon âge aiment à se souvenir de leur jeunesse, je comprends, mais rencontrer des jeunes gens qui ont la nostalgie d’une époque qu’ils n’ont pas connu est beaucoup plus surprenant. Lorsque j’avais 20 ans je ne rêvais pas de Mistinguett. C’est dire si ma génération des « baby-boomers » a été gâtée.

Moi, en plus, j’ai eu la chance de m’en rendre compte à l’époque, jamais je ne dirai: « Si j’avais su ! ». Je faisais partie des vernis, ce que je vivais était très exceptionnel et je m’en rendais compte. Mais s’il est vrai que les choses étaient plus légères pour certains, il y avaient quand même beaucoup de gens dont l’existence n’était pas rose. Alors qu’est-ce qui a changé ?

À mon avis, deux choses: D’abord, lorsque je suis né on était une milliard et demie d’humains sur la planète, aujourd’hui on est sept milliards. ( Merci les religions ) Et l’hégémonie des médias n’existait pas. Mis à part les évidents changements climatiques, il se passaient autant de choses dans le monde, mais on ne nous le rabâchait pas à longueur de journée et comme seules les mauvaises nouvelles font vendre du papier…

Et maintenant voilà que mes photos des couturiers des années 90 intéressent aussi le public. Donc j’expose aussi ces images-là un peu partout dans le monde.

Ce mois-ci j’ai trois expositions ( Albi, Londres et Moscou) et en plus je sors un livre dont je vous parlerai en octobre. Donc la retraite, ça attendra !

Jean-Marie Périer

Londres

 

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25 Août

Des gens bien

Art et galetsPhoto Jean-Marie Périer

Comme chacun sait, Septembre est le meilleur mois pour partir en vacances. C’est également la période bénie où l’on peut retrouver ses habitudes à la télévision et à la radio.

On sous-estime souvent le choc émotionnel que représente les programmes d’été pour les vieux cons dans mon genre.

Certes ce chamboulement quasi-métaphysique donne une chance à des nouveaux journalistes ou à des artistes inconnus pour sortir la tête de l’eau. Du reste, il est prudent de bien les regarder, ils risquent de représenter les visages de nos futures obsessions médiatiques. Si j’en vois un doué d’un talent certain, bien sûr mon cœur balance, je suis à deux doigts de l’attachement, donc perturbé.

Moi vous comprenez, je suis comme les bébés, je ne veux pas qu’on change mes habitudes, j’aime qu’on me raconte toujours les mêmes histoires. « Les grandes gueules de RMC », « le journal de FR3 » (suivi de celui de France 2), « C dans l’air » (Calvi m’a lâchement laissé tomber) etc. Rendez-moi Ruquier sans replay, Télématin avec Leymergie, je veux mes biberons, mes doudous et qu’on laisse la lumière dans le couloir sans fermer la porte ! Et d’ailleurs où est donc passé la grande messe du film du dimanche soir de TF1 ?

Quel aveu ! Car là mes amis, je viens de vous donner la preuve que, malgré mon étiquette d’éternel adolescent des sixties, malgré des années d’études devant le miroir, « à moi la ride véloce » comme le chantait Juliette Gréco. Le siège Stannah me sourit, la couche-culotte me guette, bref je m’apprête à courber l’échine sous le statut de « Sénior », cette horreur de la syntaxe moderne. « Oh ! mais vous ne faites pas votre âge ! » (quand on vous dit que vous êtes encore jeune, ça va, dès qu’on lance que vous êtes « toujours jeune », ça y est, vous êtes vieux )

Car soyons clair, que nous reste-t-il lorsque l’heure des frasques nous laisse tomber pour les joies de la sieste ? Rien ? Heureusement il y a, la bouffe, la tortore, les pieds sous la table et peut-être plus rare, Dieu merci, la bonne restauration.

À ce sujet laissez-moi vous présenter un très bon restaurant, et figurez-vous qu’il se trouve à Villeneuve. Ça vous surprend ? Moi aussi. Les instances supérieures de cette commune n’étant pas connues pour leur passion du changement et de la modernité.

Son nom est « Art et Galets ». C’est de la belle cuisine, raffinée mais sans chichi. Ces jeunes gens-là se donnent du mal. La preuve, si vous passez devant leur établissement un lundi, vous risquez de les voir en cuisine en train d’essayer des recettes. Un lundi ? Oui, ce jour amorphe, petit frère du 1er Mai, jour où toute activité française cesse naturellement puisque c’est « la fête du travail ».

Avec mon ami Daniel Delpech, nous avons décoré leur restaurant de mes photos des grands couturiers. Car ceux qui cherchent à faire mieux me donnent toujours envie de les aider.

En salle vous retrouverez Mathilde Sartori et Myriam Nicolas, en cuisine Tom Lacout Juliana Mafra, le tout géré par Gaelle Camboulives et Nicolas Moreu.

Vous pouvez y aller. Ce sont des gens bien !

 

PS: Article paru dans « Le Villefranchois »

 

 

 

 

 

27 Juil

Les Discrets.

Lindon:jmp,DutroncVincent Lindon, Jean-Marie Périer et Jacques Dutronc.

Bon d’accord, le déjeuner avait été un peu arrosé, et nous devions faire des photos. Là-dessus Jacques me colle une perruque sur la tête en disant : « Oui mais d’abord on en fait une avec toi ». Et voilà comment on ruine des années d’étude devant le miroir juste pour faire marrer un pote.

Ces deux-là m’ont toujours plu car contrairement à la faune dite artistique, ils sont enclins à la discrétion. Qualité très rare dans le microcosme parisien où vous ne pouvez pas croiser quelqu’un sans qu’il vous détaille le film qu’il est en train de monter ou le livre qu’il s’apprête à sortir. À peine assis, il vous éclabousse de sa vie, son œuvre et ses passions, convaincu sans doute que votre existence n’a aucun intérêt.

En revanche, vous ne verrez jamais Vincent étaler ses émois dans les gazettes ou autres cirques médiatiques, quant à Jacques, il est de notoriété publique qu’il est pratiquement impossible de lui faire dire trois mots sur sa vie privée.

Vous vous souvenez de cet acteur très sympathique nommé Claude Dauphin ? Il était un des rares français à avoir réussi à faire carrière aux Etats-Unis, interprétant des seconds rôles en pagaille dans les années 50-70. Je l’avais croisé quelque fois du temps où je vivais à Los Angeles.

Rentré en France, il habitait un très bel appartement à Paris dans lequel il donnait des fêtes ressemblant étrangement à celles d’Hollywood. C’est-à-dire au moins cent personnes parlant très fort tout en se donnant de grandes tapes bruyantes dans le dos, exactement comme à Beverly Hills. Et ce, à deux pas de la Madeleine.

Un soir qu’il m’avait gentiment invité, j’aperçois, assis un peu à l’écart, un homme d’une soixantaine d’années d’une rare élégance. Costume de bonne facture juste un peu froissé comme il faut, bottines de chez Lobb, un émule de Fred Astaire. Je m’assois donc à côté de lui afin de faire connaissance. Au bout d’une heure et demie, je réalise qu’il m’a posé mille questions sur la France, mon travail, la vie à Paris, sans avoir une seule fois évoqué sa vie. N’osant pas lui demander son nom, j’allai voir Claude Dauphin afin qu’il m’éclaire sur ce personnage si courtois.

« C’est Arthur Penn ! » me dit-il. Rendez vous compte. Cet homme était un des plus grands metteurs en scène américain.  « Le gaucher » avec Paul Newman , « Bonnie and Clide » avec Warren Beatty et Faye Dunaway, « Little big man » avec Dustin Hofmann, et pas une fois il n’avait parlé de lui ni évoqué un de ses films ni son incroyable parcours. J’en connais plus d’un à Saint-Germain des Prés qui devraient en prendre de la graine.

Bon, en même temps, quand je vois ma tronche sur cette photo, je me demande si je suis bien placé pour parler d’élégance…

Jean-Marie Périer

18 Mai

Stop au déclinisme !

Étoile copie

Permettez-moi de vous présenter ma nouvelle protégée. Mon voisin me l’a confié, elle s’appelle « Étoile ». Il faut que je lui trouve de la compagnie. Une ânesse ne peut pas rester seule.

Bon. À part ça, n’allez pas me gâcher la bonne nouvelle. Un type de trente-neuf ans qui invente un mouvement en douze mois et qui file un grand coup de balai dans une classe politique exsangue ? Bravo ! Voilà quarante ans que j’attends qu’on en finisse avec cette obsession de la droite et de la gauche. Vive le centre !

Je m’insurge contre ce diktat qui oblige à choisir un camp, à se retrouver asservi à un dogme.

 

Et pourquoi en France y a-t-il une telle haine du succès, de la réussite et des riches ? Pourquoi vouloir gagner de l’argent serait-il sale ? Que l’on s’insurge contre le trop grand écart entre les nantis et les plus démunis: tout à fait d’accord ! Y remédier est effectivement indispensable. Mais la théorie selon laquelle ce sont les riches qui fabriquent les pauvres m’est toujours apparue aussi absurde que mensongère. Sans riches, pas d’emplois, pas d’usines, pas de commerce, pas d’envie de croissance (Cela dit, mettre un frein à la croissance serait bienvenu. Quand je suis né, nous étions un milliard et demie sur la planète. Aujourd’hui on est bientôt sept. Cherchez l’erreur).

Bref, un pays sans riches c’est un pays de pauvres. Vous avez envie de ça vous ? Pas moi. Et si les français détestent à ce point l’argent, alors expliquez-moi pourquoi y en a-t-il autant qui jouent au Loto ?

Vous trouvez peut-être que je tiens un discours de nanti ? Je n’ai pas honte d’avoir eu de la chance et d’être un petit bourgeois de Neuilly, j’ai gagné ma vie, et je n’ai rien volé. De toute façon maintenant je suis aveyronnais. Et jamais je ne tenterais de me déguiser en prolo révolutionnaire, avec poing levé et Che Guevara sur le tee-shirt. Désolé je ne crois pas aux extrêmes, et les discours recyclés issus de régimes qui n’ont marché nulle part, non merci. Mai 68 ? J’ai déjà vu le film.

Alors adieu au négativisme systématique ! Stop au déclinisme ! Halte aux phrases assassines proférés contre le nouveau président par les mauvais perdants.

Ce petit jeu les amuse ? Pas moi, parce que pendant ce temps-là, la France coule.  Ce type-là, j’y crois. Et qu’on ne m’accuse pas d’opportunisme, j’ai adhéré à son mouvement en septembre 2016. Il a cinq ans devant lui, c’est très court, alors je vais tout faire pour l’aider !

 

Jean-Marie Périer

PS : Texte publié dans le « Le Villefranchois »

13 Avr

En attendant, Daffy s’en fout !

Daffy 2

Dans quinze jours, avec un peu de chance, le rouleau compresseur médiatico-politique nous lâchera la grappe avec les rengaines sans imagination des élections. Fini (provisoirement) le supplice chinois des « éléments de langage ».

Adieu l’insupportable « rassemblement », mot dont la répétition excessive a désormais autant de charme à mes oreilles que la fraise du dentiste. N’y aurait-il donc pas d’autre expressions dans la langue française pour désigner cette quête pathétique d’être élu ? Réunion, regroupement, convergence, ralliement, union, mobilisation, que sais-je ? Par pitié, changez le disque et mettez aussi fin au spectacle affligeant de ces journalistes atteint du syndrome « Elkabbach » qui croient s’offrir une personnalité en coupant la parole à leurs invités.

Au revoir les « Ma ville, ma cité, ma région », ces termes redondants utilisés par des élus oubliant que leur situation précaire n’est qu’une charge prêtée et non un titre de propriété.

Adieu le manège de ces affaires issues des cabinets noirs, accessoire systématique à toute « réal-politique », que ce beau monde feint de découvrir alors qu’ils existaient déjà du temps des Romains.

Stop à cette affirmation grotesque comme quoi pour gouverner n’existeraient que la gauche ou la droite, alors que rien dans nos vies n’est noir ou blanc, tout étant compromis et dégradés de gris, d’ailleurs de Gaulle, celui auquel ils se réfèrent tous, lui dirigeait au centre.

Assez de ces dirigeants français se gargarisant de l’illusion d’être à la tête de la « cinquième puissance mondiale » dans une planète dirigée par un Ubu Roi style Disneyland prénommé Donald en train de jouer à « c’est moi qui ait la plus grosse » avec un Robocop moscovite au sourire grimaçant sous l’œil aussi attentif que bridé du « péril jaune ».

Tout cela sous l’égide des religions ( sans aucune exception ) principales responsables de tous les ennuis de la planète.

Alors en bon petit français qui a donné vingt-huit mois de sa vie au service militaire, je vais aller voter avec au-dessus de ma tête un grand point d’interrogation en néon clignotant.

Ah, la tentation du vote blanc ! Affirmer la négation à l’aide de l’inutile, acter sans se mouiller en s’offrant le luxe de la conscience tranquille, assumer l’impuissance par la beauté d’un geste mort-né. Cette élégance du superfétatoire pourrait me séduire, mais voter blanc dans ma situation de métis involontaire friserait le mauvais goût.

Finalement, plus j’avance en âge, plus je crois qu’à part faire un enfant et être malade, rien n’a d’importance. Rien.

Chers aveyronnais, je vous laisse, Daffy attend ses croquettes.

Bon courage !

 

Jean-Marie Périer

PS : Texte publié dans le « Le Villefranchois »

19 Mar

Adieu Chuck Berry.

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Chuck Berry par Jean-Marie Périer.

En 1964, j’avais obtenu de partir en tournée avec Chuck Berry. Les conditions étaient assez spéciales car il était plutôt près de ses sous, aussi voyageait-il seul sans manager ni musicien. Je traversai donc le Sud des Etats Unis avec lui dans sa « Cadillac » décapotable, passant de la Géorgie à la Louisiane sous un soleil de plomb.

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Arrivé en ville, il allait dans les bars ou dans une université pour se trouver des musiciens. Parfois l’orchestre qu’il réunissait était passablement hétéroclite, mais il n’en n’avait cure. Il faut dire qu’il faisait pratiquement le spectacle à lui tout seul. Je me souviens qu’il n’acceptait de démarrer le spectacle que lorsqu’il avait été payé, en liquide bien sûr.

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Si les blancs aimaient à venir l’écouter, je ne pense pas qu’ils l’auraient reçu chez eux. La ségrégation sévissait encore sévèrement, surtout dans le Sud. Dans les autobus, malgré la loi passée grâce au courage de Rosa Parks refusant en 1955 de céder sa place à un passager blanc, les noirs étaient quand même priés de rester dans la partie arrière. Chuck Berry fait partie de ces noirs qui ont réussi à imposer leur musique au public blanc, ils n’étaient pas nombreux à l’époque à arriver à ce statut.

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Un de mes plus beaux souvenirs fût lorsqu’arrivant à Saint-Louis, Chuck me déposât devant l’hôtel où j’étais censé avoir une chambre. « Je vais voir si j’ai bien la réservation ! » lui dis-je en descendant. Nous avions traversé une grande partie du Sud et comme on roulait souvent décapoté, j’étais bronzé noir ébène. Lorsqu’ils m’ont vu arriver d’une voiture conduite par un homme « de couleur », comme par hasard je n’avais plus de réservation. Ça reste un des plus beaux jours de ma vie. Il m’avait donc emmené à Wentzville, l’endroit dans lequel il avait acheté une propriété dont il rêvait de faire le « Disneyland » du rock.   Il avait nommé le lieu: le Berry Park. L’endroit était en travaux, il m’avait demandé de ne pas le photographier. On a campé dans un des bâtiments. Ce sont les plans des travaux qu’il tient dans la main.

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C’est la seule photo que j’ai pu faire de l’endroit. Dans sa main il tient les plans de son rêve à venir.

Jean-Marie Périer

11 Mar

Souvenir d’avenir.

JMP162Photo Jean-Marie Périer

 

J’ai passé ma vie dans des avions de toutes sortes, des hydravions déglingués en Guyane, des Boeings vides entre Tokyo et Los Angeles, au jet privé des Rolling Stones en tournée, mais le voyage le plus cocasse reste celui que j’ai fait avec Jacques Dutronc en 1968.

J’avais décidé de l’emmener à Ceylan (désormais Sri-Lanka) dans le but de faire des photos. On passe d’abord deux jours d’escale à Bombay, puis on prend un Boeing de la TWA pour Ceylan. On décolle et je m’endors.

Deux heures plus tard, comme d’habitude, au contact de Jacques tous les passagers sont devenus dingues. Je n’ai jamais su comment il faisait, dès qu’il arrivait quelque part sa présence provoquait un vent de folie. L’avion était rempli d’américains et Jacques ne parlait pas un mot d’anglais, pourtant les gens se marraient, dansaient sur les sièges, le stewart avait son slip sur la tête et le capitaine avait mis sur pilote automatique pour participer à la fête, bref un asile en plein ciel.

Et surtout il y avait deux hôtesses, des beautés incroyables. Bien sûr on les branche, elles ont l’oeil qui frise, alors on attaque: « On va passer quelques jours à Ceylan, nous venez avec nous ? » Sans doute touchées par notre accent français elles voudraient bien, mais nous disent-elles, Ceylan n’est pour elles qu’une escale, elles vont à Hong Kong. Nous nous concertons du regard avec Jacques et à Ceylan je descends, j’achète les billets et on décolle pour Hong Kong.

Je mesure aujourd’hui ma chance, ce qu’on a vécu alors valait vraiment le déplacement. J’avais loué une suite à l’hôtel Hilton parce que c’était celui des équipages. À gauche Jacques avait une chambre avec la blonde et à droite j’avais la mienne avec la brune et au milieu il y avait un grand salon au milieu duquel il y avait un buffet rempli de victuailles. Et en compagnie de nos jolies hôtesses, nous avons tenu table ouverte pour tous les équipages de passage.

C’était surréaliste, de la tour de contrôle les types disaient aux pilotes: « Rendez-vous au 307, c’est là que ça se passe ! » Et pendant trois jours et trois nuits les équipages se succédaient dans notre fête improvisée. Je n’ai rien vu de Hong Kong, ensuite on est allé à Ceylan pour se remettre de cette bacchanale.

Oui je sais. Cette histoire n’a plus rien à voir avec l’époque actuelle, nous n’étions pas sérieux et je pense encore aujourd’hui qu’on avait bien raison.

Jean-Marie Périer

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31 Jan

Ma voisine me dit: « Arrête de prendre des somnifères ! »

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Photo Jean-Marie Périer

Il paraît que les français sont les plus grands consommateurs de somnifères.

C’est regrettable, d’abord parce que c’est une très mauvaise solution contre l’insomnie, ensuite c’est un mensonge. Les somnifères ça ne sert pas à faire dormir, ça sert à éviter de culpabiliser de ne pas avoir dormi. Ça vous procure ce qu’on appelle un sommeil froid, un sommeil de serpent. Au réveil vous n’êtes pas content de vous.C’est vrai. Quand on a passé la moitié de la nuit à chercher l’endormissement et qu’on a fini par plonger la main dans la boîte maudite, au matin on se sent un peu coupable. On sait qu’on a triché.

C’est un peu comme le Viagra par rapport au sexe. Je me souviens, quand j’étais encore dans la course je l’avais essayé pour voir. C’était très intéressant. Il y avait mon sexe d’un côté et moi de l’autre, j’avais l’impression d’être coupé en deux. Lui il était debout, la tête vers le firmament, bien vaniteux, on aurait dit le menton de Mussolini, et moi j’étais allongé, abattu par l’ampleur de l’événement, mou comme une méduse égarée sur une plage normande. Mon sexe et moi nous vivions deux histoires différentes.

Remarquez la charmante qui gigotait sur l’objet avait l’air de trouver ça très bien, et moi je regardais la télé. Donc, on ne faisait pas l’amour ensemble, entre sa recherche d’apothéose solitaire et mon ennui de vieux mari, il y avait un monde quoi…

Mais franchement, après le Boogie-boogie on n’était pas très fier, on savait bien qu’on avait fait comme si…Alors j’en ai déduit que le Viagra n’était pas destiné à vous aider à faire l’amour, il était juste là pour vous déculpabiliser de ne pas y arriver.  même, le somnifère n’est pas là pour vous procurer le sommeil, mais seulement pour que le lendemain, vous ne vous en vouliez pas de ne pas avoir dormi. Enfin c’est mon avis…

Jean-Marie Périer

PS: Demain j’ai 77 ans. À cet âge-là, on aime pas les anniversaires.

Ce n’est pas une année de plus, c’est une année de moins !

08 Jan

Mauvaise conscience.

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Photo Jean-Marie Périer

Dieu sait si je ne suis pas un fanatique de la calotte, mais il me semble que l’Abbé Pierre avait vraiment fait du bon boulot. Aussi, voir aujourd’hui le dénommé Cédric Herrou accusé d’aide à l’entrée, à la circulation et au séjour d’étrangers parce qu’il a accueilli 200 migrants, me semble surréaliste.        À quoi sert de chanter en chœur avec les « enfoirés » tous les ans, si c’est pour laisser un type de 37 ans risquer cinq ans d’emprisonnement et 30 000 euros parce qu’il a eu le cœur de tendre la main à des gens. Et je me fous qu’il soit un militant de gauche. J’attends avec impatience ce que va faire « la justice de mon pays » etc…

Passons à autre chose.

L’autre jour je regardais dans la rue un couple terrifiant. La dame était très grosse et son mari tout chétif, une sorte d’Eric Zemmour mais calme. Elle tenait un cabas rempli de légumes et lui il poussait un landau. On aurait dit un dessin de Dubout (ça c’est une référence pour les vieux). Non mais j’imaginais la vie du gosse. Un héros le môme…

Je ne comprends pas qu’on oblige les enfants à supporter leurs parents. D’abord avant la naissance, on devrait pouvoir les choisir. On va quand même être obligé de passer seize ou dix-huit ans avec eux… . En plus ça vieillit les parents, faut s’en occuper pendant les derniers cent mètres, sans quoi on culpabilise, on peut plus regarder la télé tranquille…

Je verrais bien une sorte de supermarché du parent, moi. Une nurserie pour géniteurs. Vous voyez ? Comme chez les fleuristes, on pourrait faire des croisements intéressants. Par exemple, si on voulait le jouer rassurant, on pourrait choisir un père très musclé et une mère très intelligente.                           Ou bien, je ne sais pas, une championne cycliste et un moine tibétain. Ou bien Hervé Mariton et Cécile Duflot. Niveau conversation, au moins y’aurait du sport.                                                                        Ça ne serait pas interdit d’être créatif. Parce que Angelina Jolie et Brad Pitt, vous comprenez c’est trop facile. Jeune, beaux riches et célèbres, y’a pas d’imagination là-dedans… Et même pas foutus de tenir la longueur en plus.

Et puis on pourrait aussi prendre deux femmes ou deux hommes. Moi par exemple, j’aurais bien aimé être le fils de Sean Penn et de Raphael Enthoven. Vous imaginez l’oiseau ? Ça serait une épée n’empêche…

Et vous ça serait qui ?

Jean-Marie Périer

01 Jan

Emmanuel Macron et les Beatles.

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Emmanuel Macron et les Beatles.

Nouvelle année, oui mais, nouvelles élections. Fillon ? Ce n’est pas lui qui me fait peur, c’est « l’effet Fillon », le retour des Cathos coincés. Mais il a peut-être plus de sagesse que les énervés de la manif pour tous (sauf ceux qui ne pensent pas comme eux). Au moins François Fillon a l’air d’un homme d’État.

Macron, bien sûr, puisqu’il est peut-être le nouvel espoir d’échapper au marteau-pilon que représentent les joutes « GAUCHE-DROITE », ce cirque stérile qui permet d’amuser la galerie en faisant de l’audimat à coups de déclarations quémandant le « RASSEMBLEMENT ». Pendant ce temps-là les gens en bavent et le pays s’enfonce un peu plus chaque année.

 Pour ce qui concerne Emmanuel Macron, je m’étonne que devant les zappings rigolards sur son dernier meeting, aucun journaliste n’ait cherché à comprendre pourquoi il avait élevé la voix à la fin de son discours. Je crois que l’explication est assez simple. Macron et son équipe sont nouveaux dans l’exercice des grandes manifestations. 

Lorsque vous vous trouvez devant dix mille personnes venues pour vous soutenir et que vous tenez un micro, vous avez intérêt à avoir dans l’oreille ce que l’on appelle : un retour. C’est un appareil qui vous permet d’entendre le son de votre voix. Sans quoi, surtout si la foule hurle d’excitation, vous n’avez aucun moyen de savoir s’ils vous entendent. Et alors vous forcez le ton, quitte à friser le ridicule. Tous les chanteurs savent ça. 

Je l’ai vu au début des années 60 avec les Beatles lorsqu’ils étaient en concert. À cause des hurlements du public ils ne s’entendaient pas jouer. Ringo Starr le dit d’ailleurs dans le film qui vient de sortir sur leurs premières années. Normalement il aurait dû être le maître du tempo, mais le batteur étant derrière les musiciens, il tentait de suivre le rythme du groupe en regardant bouger les fesses de Paul McCartney. Et le groupe n’entendait rien des autres instruments.

Pareil pour Macron, comme il ne s’entend pas, il force la voix, et en plus, grossi par les gros plans à la télévision, ça parait ridicule. La prochaine fois, mettez-lui un retour, et même devant une foule en délire il contrôlera mieux le niveau de sa voix.

En attendant, je vous la souhaite bonne.

Jean-Marie Périer

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