18 Mar

« La France devient-elle une terre d’émigration ? » #CSOJ

Mais qu’est-ce que je faisais le 8 mars au soir ? Evidemment, le transfert de « Ce Soir Ou Jamais » sur France 2 ne m’est pas encore naturel. Mais, rater une émission qui pose la question de savoir si « la France est devenue une terre d’émigration ? », c’est « quasi » une faute professionnelle ! Et voilà ! Enfin, bon. Je viens de voir la vidéo du débat… qui ne tient pas tout à fait ses « promesses ». Toujours difficile d’aborder un thème pour la première fois avec un plateau d’invités trop fourni... Vidéo en fin de billet.

Un apéritif social

Un « plateau », c’est une construction intellectuelle. Une dissertation projetée. Une intro « actu », un sondage sur le désir d’ailleurs des diplômés et la ressource de reportages récents de plus en plus nombreux, un leader d’opinion qui a fait le buzz (Félix Marquardt, co-auteur de la tribune « Jeunes, barrez vous !), une remise en perspective historique (l’historien Jean Tulard), un impatrié désenchanté (le blogueur Séb Musset qu’on a connu plus combatif et plus pertinent), un « immigré de souche » fier d’être Français de France comme contre point ( Albert Ali ), une « civilisationiste », Française d’origine ivoirienne, qui a enseigné aux USA (Maboula Soumahoro), un philosophe pour les pas de côté (Pascal Bruckner), une économiste libérale (Agnès Verdier-Molinié) et une sénatrice socialiste (Marie-Noëlle Lienemann) pour opposer des opinions tranchées..

Mais à trop vouloir embrasser, l’oralité réserve toujours des chemins de traverse, on n’obtient une discussion découse et un thème effleuré. Une sorte de sondage, un instantané de l’état de la conversation. Avec des points de vues qui mériteraient tous ou presque d’être développés et approfondis. Que l’on découvre le thème ou qu’on le connaisse déjà, le sentiment qui reste est d’avoir participé à un apéritif…Et on se prend à rêver d’un rendez-vous dédié qui permette d’aborder les questions les unes après les autres et, simplement, de s’informer.

A voir ou à revoir

Toutes ces réserves étant faites, on capte ici et là quelques remarques bien senties. La « French touch » qui ne brille qu’à l’extérieur des frontières, la fierté d’être Français quand on on s’éloigne, le goût du risque, la mobilité initiatique, le retour sur investissement à venir, quelques allusions à ceux qui partent fâchés ou ceux qui reviennent cassés, ceux qui émigrent provisoirement ou ceux qui pensent de plus en plus à un aller simple. Seuls véritables absents, les binationaux qui constituent un peu plus de 40% des effectifs des Français de l’étranger.
Vous pouvez retrouvé ce débat sur le site de l’émission (mais en version intégrale) ou voir l’extrait « calibré » publié sur You Tube

  • <span class="author">Delpy</span>

    Et la réponse à la question est????
    OUI.

    • <span class="author">Pascal Ménigoz</span>

      Bonjour Patrick, évidemment nous sommes d’accord sur le constat. C’est sur l’analyse du phénomène que nous commençons à diverger. Dans nos échanges sur Facebook, vous avez tendance à considérer qu’il s’agit avant tout d’un rejet de tous nos blocages, que tous partent « fâchés ». Je persiste à penser qu’il reste une part de curiosité naturelle dans ce mouvement, que la mobilité s’est démocratisée et que nous ne sommes pas (encore?) dans le cas de l’Espagne où l’exil économique est devenu une nécessité impérieuse pour les jeunes http://fr.globalvoicesonline.org/2013/03/19/141461/
      A bientôt ;^)

  • http://insideamerica.net <span class="author">Jean</span>

    Merci Pascal pour cette pépite oratoire. Si je ne sais pas toujours pourquoi je suis parti, maintenant au moins, je sais pourquoi je ne veux pas revenir 😉

    • <span class="author">Pascal Ménigoz</span>

      Merci Jean, mais que votre désamour pour la France ne vous empêche pas de commenter notre actualité « commune  » malgré tout ;^)

      • http://insideamerica.net <span class="author">Jean</span>

        Pas du désamour. Du dépit, oui.
        La France, on l’aime malgré elle !