11 Mar

Les Saint-Elites : 9 vignerons créent leur groupe en tant que satellites de Saint Emilion

Ce sont bien souvent des petits vins fins et bien faits, souvent soulignés par l’ami Jacques Dupont. Quelques vignerons des satellites de Saint-Emilion ont décidé de s’organiser et de créer une association originale les Saint-Elites. 

© Les Saint-Elites, une nouvelle reconnaissance, une nouvelle révélation proche de Saint-Emilion

© Les Saint-Elites, une nouvelle reconnaissance, une nouvelle révélation proche de Saint-Emilion

Inutile de reparler de Saint-Emilion, de son vignoble classé à l’Unesco, de sa Cité Millénaire, de ses 800 vignerons, ils sont mondialement connus. En revanche, à la périphérie, il y a tous ces vins qui ne demandent qu’à l’être sur des terroirs quasi-identiques. On les appelle les satellites de Saint-Emilion.

Eh bien, ces pépites sont aussi des crus d’exception dont le maître-mot mis en avant est « L’équilibre ». C’est le seul dogme dans lequel neuf viticulteurs, de Lussac Saint-Emilion, Montagne Saint-Emilion, Puisseguin Saint-Emilion et Saint-Georges Saint-Emilion, ont foi. Parce qu’ils bénéficient de la même géologie et du même climat que leur illustre voisin, ils revendiquent tous une ambition : faire des vins qui laissent parler le terroir et le cépage.

« Refusant la standardisation à laquelle conduit la hiérarchie des vins de Bordeaux, fiers de leur travail, lassés que seuls les crus de forte notoriété aient droit à la lumière et animés par la même philosophie, ils ont créé les Saint Elites. Des calcaires profonds aux argiles fines, des coteaux aux plateaux, leurs terroirs sont leur richesse. »

Ce qui les motivent, c’est de mettre en avant leur « authenticité de leurs traditions » et enfin d’être reconnus pour ce travail depuis parfois plusieurs générations.

En bio, bio-dynamie ou agriculture raisonnée, leur leitmotiv est le respect de ce que la nature leur a donné. « Préserver le fruit, affiner les tanins, élever les vins afin que l’équilibre naisse : voilà leur signature commune. »

Les Saint-Elites sont pour l’heure : château Bel-Air, château Clarisse, château de Môle, château Guibot la Fourvielle, château la Mauriane, château La Rose Perrière, château Tour Bayard, château Vieux Bonneau, Clos Albertus.

10 Mar

Des bouteilles de Bordeaux à moins d’un euro, le monde du vin déplore cette image

Réactions du monde viticole suite à l’opération spéciale d’une enseigne de la grande distribution qui a fait un « coup » en commercialisant du Bordeaux à 0,96€, avec le principe des cagnottes recréditées sur la carte du client.

Image d'illustration - DR

Image d’illustration – DR

« C’est un beau coup de publicité pour l’enseigne mais en aucun cas une bonne image pour les vins de Bordeaux ». En une phrase que me confie ce soir Bernard Farges, tout est dit. Ancien président et actuel vice-président du Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux, Bernard Farges vient de résumer cette opération spéciale réalisée le week-end dernier où les clients d’une grande enseigne pouvaient toucher du Bordeaux à 0,96 € !

En définitive, il ne s’agissait pas du véritable prix qui était 4,80€ pour Le Comte de Talem, il s’agit « d’un dispositif légal selon le système de cagnotte qui consiste à restituer une cagnotte avec des marges faites sur d’autres produits, en massacrant le prix d’un produit ». Autrement dit ce rabais n’est valable que pour les clients porteurs de la carte de la grande surface et est recrédité pour inciter le client à revenir consommer…

« Généralement ils le font avec une marque connue, c’est une animation de magasin, c’est légal. Une autre fois ce sera sur un textile par exemple. Mais la le vin est affiché à 4,80€, un prix tout-à-fait normal, avec ensuite l’opération de remise sur la carte de fidélité. Ce n’est pas rare, mais ce n’est pas bon. Le consommateur n’est pas dupe. Il ne faut pas non plus « en faire un plat », néanmoins on doit mener des opérations plus intelligentes que celle-là. »

Sur France Bleu, Hervé Grandeau, président de la Fédération des Grands Vins de Bordeaux et viticulteur à Tresses, commentait :   « moins d’un euro pour une bouteille de Bordeaux, c’est tout à fait inadmissible et certainement pas justifié ».

De leurs côtés, les Vignerons Indépendants sont montés au créneau pour dénoncer cette opération, Cédric Coubris le président girondin a en effet envoyé ce communiqué aux rédactions où ils se disent « choqués et en colère »:

« Dans un contexte où l’agriculture est en difficulté, où des négociations accord/prix sont en cours concernant l’ensemble de la filière, Carrefour nous fait des pirouettes pour appliquer des prix de vente indécents, et soi-disant indéfendables.

Comment peut-on vendre des bouteilles de Bordeaux à 0,96€ TTC, sachant que rien que la matière première coûte déjà autant voir plus ?

Comment, alors que la filière entre la coopération, la production et le négoce des accords de prix minimum sont discutés, la grande distribution casse l’image des vins de Bordeaux et le respect du travail du vigneron ?

Il est certain que si la Fédération des Grands Vins de Bordeaux saisit le tribunal ou la DGCCRF, nous les accompagnerons et nous porterons partie civile si besoin.

Il est impossible de défendre et de montrer la qualité de notre travail, de valoriser le rapport qualité/prix et en même temps de se faire enterrer par des méthodes commerciales peu scrupuleuses « .

Selon Rayon-Boissons (le magazine des boissons en grande distribution), ce n’est pas une première, le site qui a dévoilé cette nouvelle offre écrit en effet : « pour l’instant, Intermarché reste devant. Avec son vin vendu à 0,89 € la bouteille en novembre dernier, l’enseigne de supermarchés conserve son « titre » de la promotion la plus agressive. Sauf que les Mousquetaires avaient proposé un vin de cépage espagnol quand Carrefour a ce week-end misé sur un vin d’appellation ».

09 Mar

1ère édition de Jur’An Gliss les 10, 11 et 12 mars à Gourette avec les étudiants de Kedge et les Vins de Jurançon

La Wine & Spirits Academy de KEDGE, la Route des Vins du Jurançon et la station de ski de Gourette lancent la 1ère édition de Jur’an Gliss les 10, 11 et 12 mars 2017. Attention, ça va glisser…

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L’opération est née d’un partenariat entre les étudiants en Vins & Spiritueux de KEDGE, les vignerons du Jurançon et les professionnels de l’Altitude de Gourette. Plusieurs milliers de personnes sont attendues pour découvrir les vins des 10 domaines viticoles présentés lors de la Foire au vin organisée par les étudiants qui se tiendra au restaurant d’altitude Le Cairn, samedi 11 mars de 11h à 16h.

Plus de 60 étudiants de KEDGE spécialisés en management des vins & spiritueux seront sur le pont pour faire découvrir, selon le concepte d’un binôme étudiant-vigneron, ces dix domaines viticoles participant à l’opération : 
Domaine Castéra, Monein – Domaine Cauhapé, Monein – Le Bois Sacré – Lucq de Bearn – Clos Lapeyre – Vins de Jurançon, Jurançon – Clos Labrée Jurançon, Jurançon – Domaine Bellegarde, Jurancon, Monein – Domaine NABA, Estialescq – Chateau Jolys, Gan – Camin Larredya, Jurançon – Domaine du Cinquau, Artiguelouve

Le programme de Jur’An Gliss s’articule autour de trois temps : visites des vignobles et partages d’expériences le vendredi 10 mars, Foire aux Vins en altitude (1600m) sur la terrasse du Cairn à Gourette le samedi 11 mars, et glisse libre le dimanche 12 mars.

Avec Kedge

08 Mar

Portrait croisé de viticultrices à l’occasion de la journée internationale de la femme

Léa Rodrigues-Lalande est jeune mais gère déjà à 25 ans le château de Castres. Stella Puel est une femme plus mature mais elle s’est aussi retrouvée très tôt obligée de prendre les rênes du château Bardins, une propriété en Pessac-Léognan qu’elle dirige depuis 20 ans.

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A 25 ans, Léa Rodrigues-Lalande est très certainement l’une des plus jeunes gérante de domaine dans les Graves. Co-gérante du château de Castres en Gironde, elle travaille aux côté de son père José Rodrigues-Lalande et s’occupe de toute la partie internationale.

C’est un challenge, oui et non. Parfois on entend beaucoup de choses sur les femmes mais dans mon milieu il y a beaucoup de femmes qui travaillent, des oenologues femmes très brillantes, comme des oenologues hommes également, donc il n’y a pas vraiment ce côté homme-femme, on travaille tous ensemble au quotidien. » Léa Rodriges-Lalande

Stella Puel avec sa responsable oenotourisme à Bardins, Pascale Larroche © JPS

Stella Puel avec sa responsable oenotourisme à Bardins, Pascale Larroche © JPS

Stella Puel est aujourd’hui l’une des ambassadrices de Pessac-Léognan. Elle est arrivé à la tête de la propriété familiale le château de Bardins par le fait des circonstances. Ce château appartenait à son père, qui le détenait de ses grands-parents : Camille de Sigoyer né en 1870 à la Réunion était venu s’installer à Bordeaux où il épousa Marie Vincent , une femme déjà, propriétaire du château Bardins.

Stella Puel dans son salon du château Bardins © JPS

Stella Puel dans son salon du château Bardins © JPS

Le père de Stella Yves de Sigoyer a malheureusement eu un accident sur sa propriété, c’est ainsi que Stella s’est retrouvée en responsabilité : « Fin 1990, mon papa est tombé du haut d’une cuve et s’est fait un grave traumatisme crânien, il a passé un mois dans le coma…et la question s’est très vite posée de savoir ce que l’on allait faire de Bardins, comment on allait continuer. On s’est vite rendu compte que sans personne à la tête c’était très compliqué et qu’il fallait que quelqu’un s’occupe de toutes les choses à faire, du vignoble et du vin. Moi, j’étais jeune maman, j’avais 3 enfants en bas-âge, je me suis dit que je voulais que mes enfants grandissent ici. On s’est dit que vite on allait faire un 4e enfant car je voulais une grande famille et qu’après j’allais m’occuper de Bardins. »

fevrier-mars 2017 247Toutes deux ont entrepris des études dans la viticulture et l’oenologie, Léa à l’Institut Supérieur de la Vigne et du Vin de Villenave d’Ornon après un BTS de comptabilité, Stella au Lycée Viticole de Blanquefort, après des études de lettres classiques. Stella Puel est depuis 1997 à la tête de Bardins, un château qu’elle a réussi à faire évoluer et qui est devenu au fil des années une valeur sûre de Pessac-Léognan : « il fallait qu’on fasse avancer la propriété, qu’on se mette à jour et notamment qu’on prenne le train de Pessac-Léognan en route. »

José et sa fille Léa Rodrigues-Lalande devant le chateau de Castres © JPS

José et sa fille Léa Rodrigues-Lalande devant le chateau de Castres © JPS

Aujourd’hui Léa s’occupe de la comptabilité des 4 domaines familiaux Castres, Beau-Site dans les Graves, Roche-Lalande t Pont-Saint-Martin en Pessac Léognan. Une sacré responsabilité à laquelle s’ajoute celle de s’occuper de toute la partie export et de participer à des salons en France et à l’International. « Je pars souvent au Japon, en Chine, aux Etats-Unis, je fais le lien aussi avec nos instances comme le CIVB, on fait beaucoup d’événements. La semaine dernière, j’étais à Paris ».

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Ce sont 400000 bouteilles qui sont produites par les 4 domaines co-gérés par Léa Rodrigues-Lalande, 60% commercialisées à l’étranger avec notamment un joli contrat signé avec Japan Airlines début 2016 (de 38000 bouteilles du château Beau-Site en capsules à vis) et 40% en France avec des cavistes, des restaurants et 10000 clients particuliers.

Quand les gens l’ont au téléphone, sa voix ne laisse pas transparaître sa jeunesse, une fois à la propriété, les clients cherchent parfois le responsable au château de Castres, mais c’est elle. Une tête bien faite et bien pleine qui de plus s’occupe du suivi du vignoble et de la partie assemblage en accord avec son père.

Château Bardins est de plus en plus tourné vers l'oenotourisme avec des ateliers de dégustation et des balades à vélo © JPS

Château Bardins est de plus en plus tourné vers l’oenotourisme avec des ateliers de dégustation et des balades à vélo © JPS

De son côté Stella Puel est en pleine préparation d’une commande qui doit partir à la Réunion, la terre de son ancêtre, où son frère Christol s’est installé et y commercialise notamment le vin de Bardins. La production du château Bardins est aujourd’hui de 450 hectolitres de vin rouge et 14 hectolitres de vin blanc. Sur le domaine ce sont 3 femmes et un homme qui y travaillent.

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Quand à savoir s’il y a une empreinte féminine ? Stella Puel répond : »Ce qui est sûr c’est que je fais à ma manière, mais je n’ai pas l’impression de faire quelque chose de particulier. Et peut-être que c’est une chance aussi de se dire qu’en 2017 quand on est une femme on peut s’occuper d’un vignoble à Bordeaux, alors que toutes les femmes d’autres pays, d’autres régions ou d’autre univers n’ont pas forcément cette liberté-là ».

Et le mot de la fin reviendra aussi à Stella :« mon rôle de femme à la tête d’une entreprise comme celle-là, c’est de montrer que c’est possible, ça n’a rien d’extraordinaire et que ce que je fais un homme peut très bien le faire ! »

Pour en savoir plus : retrouvez ces propriétés sur la Route des Vins de Bordeaux en Graves et Sauternes

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Pascal Lécuyer, Sarah Paulin et Xavier Mansion

07 Mar

Hors les vignes 2017 : Le Festival qui invite Vins, Cuisines et Arts

Le 13 Mai 2017 prochain aura lieu la 2e édition du Festival Hors les Vignes au Dock des Suds à Marseille. Une rencontre autour des cuisines, des vins et des arts, organisée à nouveau par Intervins Sud-Est. 

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La première édition avait déjà réuni près de 4000 personnes, Cette année, des chefs prestigieux issus de nos territoires comme  Alexandre Mazzia (AM), Reine et Nadia Sammut (Auberge La Fenière), Lionel Levy (Intercontinental)  ou encore Guillaume Sourrieu (L’Epuisette) ont accepté de se joindre au projet afin de participer à cette expérience unique en France. 
 
Cette journée, proposera des trios inédits entre vignerons, chefs et artistes. Elle sera rythmée de rencontres, de dégustations et de sets créatifs. 
 
Qui sont les vignerons présents?
 
De ces trios, avec à l’origine 9 dénominations de vins à Indication Géographique Protégée du Sud-Est, vont naître 9 expériences qui racontent l’univers des vins, des arts et de la cuisine. Les vins présentés ont été choisis lors d’une dégustation « à l’aveugle » par des jurys composés de personnalités de la gastronomie, de sommeliers et de cavistes. 
Ce sont 9 vins « coup de cœur » qui représentent chacune des 9 dénominations IGP de la famille des Vins Méditerranéens – une famille d’IGP
 
Qui sont les artistes sélectionnés?
 
Un appel à projet a été lancé auprès d’artistes professionnels ou collectifs d’artistes résidant sur le territoire des Vins Méditerranéens – une famille d’IGP – pour la création de 9 projets dans le domaine des arts plastiques, de la création visuelle, des arts vivants et de la musique. 
Le  jury présidé par Jean-François Chougnet, président du MuCEM, et composé de personnalités du monde de la gastronomie, du vin et des médias, a sélectionné 9 projets inédits qui feront l’objet d’une performance lors de la 2ème édition du Festival.

Avec Hors les Vignes.

06 Mar

Plaisance en mode deux étoiles : « depuis que Ronan Kervarrec est là, on est passé à un autre cap : avec lui c’est le produit, le produit… »

Ronan Kervarrec a décroché le 9 février 2 étoiles au guide Michelin, au bout de seulement six mois d’exercice. Ce surdoué de la gastronomie française dévoilait ce midi avec la famille Perse la nouvelle Hostellerie de Plaisance, après 3 mois de travaux. Gros plan sur sa cuisine raffinée, axée plus que jamais sur le produit et le service en salle.

Ronan Kervarrec présentant son équipe de cuisiniers, pâtissiers et en salle © JPS

Ronan Kervarrec présentant son équipe de cuisiniers, pâtissiers et de la salle © JPS

A l’Hostellerie de Plaisance, tout semble chamboulé et pourtant rien n’a changé. C’est ça la magie façon Perse.  « On voit qu’on est à Saint-Emilion (par les vieilles pierres, à l’extérieur), tout en étant dans l’air du temps (à l’intérieur) », m’explique Gérard Perse, propriétaire du célèbre château Pavie (1er cru classé A) et avec son épouse Chantal et sa fille Angélique de l’Hostellerie de Plaisance.

La nouvelle salle de restaurant

La nouvelle salle de restaurant

L’Hostellerie de Plaisance a fermé le 6 décembre avant de rouvrir le 16 février. Le nouveau 2 étoiles offre à sa clientèle une nouvelle réception, un nouveau salon-bar et une nouvelle salle à manger :

On est plus aérien, plus léger, avec ces gouttes illuminées qui tombent des nuages » Gerard Perse.

Angélique Perse-Da Costa, Ronan Kervarrec, Chantal et Gérard Perse © JPS

Angélique Da Costa, Ronan Kervarrec, Chantal et Gérard Perse © JPS

« On a sorti la moquette pour mettre un superbe parquet, on a changé toutes les chaises et les tables avec leur nappage jusqu’au sol. Et a l’entrée on a installé une petite oeuvre d’art qui fait partie des éléments de la collection Pinto. » Un nouveau décor avec aussi des serveurs, maîtres d’hôtels et sommeliers relookés par des tailleurs et costumes à la hauteur de ce 2 étoiles.

Benoît, le chef sommelier en poste depuis 14 ans à Plaisance © JPS

Benoît Gelin, l’art de la sommellerie, en poste depuis 14 ans à Plaisance © JPS

Tout avait été décidé bien avant d’obtenir cette récompense : « personne n’était au courant », précise le chef Ronan Kervarrec, en évoquant le Guide Michelin qui a décerné début février ces 2 étoiles avec l’ancienne salle mais le nouveau chef : « quand je suis arrivé la famille Perse avait déjà décidé des travaux, les plans étaient faits, l’architecte retenu, j’ai pu donné un avis sur quelques choix de couleurs, de mobilier, d’agencement. »

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Pour l’Hostellerie de Plaisance, l’histoire sonne comme un nouveau départ. Ce sont les 3e gros travaux engagés par la famille Perse et Ronan Kervarrec y écrit une partition digne d’un vituose.

Ces 2 étoiles sont une belle consécration en seulement 6-7 mois de restauration, Ronan Kervarrec chef de l’Hostellerie de Plaisance.

Dresser les assiettes devant la clientèle, un savoir-faire apprécié par le Guide © JPS

Dresser les assiettes devant la clientèle, un savoir-faire apprécié par le Guide © JPS

Est-ce que la carte a changé depuis ? « Non, on est dans la continuité, on est resté sur les mêmes bases. »

La cave de service du restaurant © JPS

La cave de service du restaurant © JPS

« Je suis plus sur le produit et plus sur le service, c’est à dire que je privilégie le service dans la salle de restaurant avec des petites tables, avec des chariots, avec du « flambage » on met vraiment en valeur le service ».

Et un petit flambage de bananes © JPS

Modeste, le chef est en fait partout : en cuisine avec sa brigade, en salle avec la suite de son orchestre. Le tout virevolte de saveurs, tout en enchantant les yeux. « C’est le chef le plus impressionnant de la Gironde, d’une grande précision et d’une simplicité. Tu sens le bonhomme solide sur ses bases », me confie José Ruiz journaliste de France Bleu Gironde qui anime tous les dimanches « Question de Goût. »

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Céléri rave de chez Luc Alberti, en mille-feuille confit au beurre, avec émincé de truffes des Pépites Noires © JPS

Dans sa manche, de l’inventivité pour révéler, sublimer les produits, et une grosse envie de créativité. En prime de ce nouveau challenge qui s’ouvre avec ses deux étoiles obtenues et que vont découvrir cette saison les touristes du monde entier, Ronan Kervarrec va diriger l’Envers du Décor. La famille Perse a en effet racheté l’établissement de François des Ligneris qui fut le premier à ouvrir un bar à vins à Saint-Emilion. Ronan Kervarrec veut revenir à cet esprit premier de « mettre le vin au centre, ça sera une cuisine de bar à vins, on ne parlera pas de gastronomie, on servira aussi du vin au verre, dans le même esprit de convivialité. »

L'équipe de l'Hostellerie de Plaisance au grand complet avec le chef Ronan Kervarrec au centre © Jean-Pierre Stahl

L’équipe de l’Hostellerie de Plaisance au grand complet avec le chef Ronan Kervarrec au centre © Jean-Pierre Stahl

Des travaux qui s’annoncent pour la fin de l’année ou en début 2018 pour l’Envers du Décor mais pas seulement. La famille Perse pense ouvrir de nouvelles chambres en bas de Saint-Emilion, avec spa dans de vieilles carrières de calcaire. Décidément que d’effervescence au pays du moine Emilion, fondateur de la Cité au VIIIe siècle. Un Breton, lui aussi…

Raisins de la colère et chocolats amers entre Slovénie et Croatie

C’est un raisin noir, qui donne un vin apprécié des connaisseurs. Et qui enflamme les relations entre la Slovénie et la Croatie, deux pays longtemps alliés au sein de l’ex-Yougoslavie mais qui depuis leur indépendance cultivent les querelles de voisinage.

Vins de Slovénie © sloveniainfo

Vins de Slovénie © slovenia.info.fr

Dernier avatar de ce différend: le cépage teran, dont Ljubljana détient l’appellation protégée au sein de l’Union européenne. Label que Zagreb revendique également, quatre ans après son entrée dans l’UE.

Annoncée en janvier, l’intention de la Commission européenne de faire bénéficier la région croate d’Istrie de l’appellation a sonné comme une quasi déclaration de guerre pour la Slovénie.

Attendu jeudi et vendredi en Slovénie, le président de l’exécutif européen, Jean-Claude Juncker, a sans nul doute eu l’occasion de déguster le précieux breuvage. Et de se voir exposer en détail les griefs de Ljubljana.
« La lutte pour le teran est vitale pour nous. Elle incarne le combat pour la place de la Slovénie au sein de l’UE », a prévenu le ministre de l’Agriculture slovène, Dejan Zidan.

Membre de l’UE depuis 2004, la Slovénie, un pays de 2 millions d’habitants, avait conditionné son feu vert à l’adhésion de la Croatie (4,2 millions) à des avancées dans plusieurs dossiers empoisonnant les relations entre les deux voisins depuis leurs indépendances, proclamées de concert en 1991. Le premier d’entre eux concerne un tracé frontalier sur la côte adriatique, en baie de Piran, dont Ljubljana réclame la moitié. La Croatie a accepté en 2009 le principe d’un arbitrage international, avant de dénoncer la procédure à la suite
d’un scandale impliquant un juge slovène, en 2015. En janvier, le chef de la diplomatie slovène Karl Erjavec a prédit « une escalade des tensions » si Zagreb venait à ne pas respecter la décision de la Cour d’arbitrage
de La Haye, attendue cette année.

« Pensez-vous que les touristes viendront massivement dans ce contexte ? », avait-il alors ajouté, dans ce qui a été interprété par Zagreb comme une menace voilée de compliquer le transit des millions d’estivants traversant la Slovénie pour se rendre sur la côte croate. Ce que M. Erjavec a formellement réfuté.

A l’automne, le ministre n’avait pas manqué de servir du teran à son homologue croate Davor Ivo Stier, lors d’une visite officielle. Ce dernier lui a rendu la politesse en lui faisant parvenir pour les fêtes un boîte de chocolats croates arborant la tracé frontalier façon croate. M. Erjavec l’a renvoyée à l’expéditeur.

Zagreb a également vu d’un mauvais oeil l’érection il y a un an par la Slovénie d’une clôture anti-migrants sur leur frontière commune. Jusqu’où iront les bisbilles entre Slovènes et Croates, qui historiquement ont
toujours eu de bonnes relations ? « Ce sont deux peuples qui par leur histoire et leur culture ont beaucoup de points communs et d’intrications économiques et humaines », indique à l’AFP l’historien et juriste français Joseph Krulic, spécialiste de l’ex-Yougoslavie.

« Ces querelles un peu pichrocolines permettent aux deux gouvernements de bomber le torse pour montrer qu’ils sont fidèles aux intérêts nationaux. Mais il n’y a aucun risque que cela dégénère, d’autant moins qu’ils sont désormais tous deux membres de l’UE », ajoute-t-il. M. Stier l’a lui-même souligné: « les Slovènes et les Croates sont un rare exemple de deux peuples qui ne se sont jamais affrontés dans l’histoire, et c’est notre
grande richesse commune. »

Mais les revendications croates sur le teran, qui selon Zagreb est cultivé en Istrie depuis des siècles, touchent tout particulièrement l’opinion publique slovène, relève Ales Kuhar, de l’université de Ljubljana.
« Nous pensions que ce dossier était clos. Le teran a une importance symbolique très forte pour la Slovénie, un petit pays qui n’a pas tellement d’éléments forts d’identité nationale », relève ce chercheur.

Pour le quotidien slovène Delo, les deux pays font avant tout preuve d’« immaturité ».
« On est dans le « narcissisme des petites différences », comme disait Freud. « Le fond est très proche, alors les différences s’exacerbent », confirme M. Krulic.

Afp.

04 Mar

LGV Sud Gironde : en route vers le recours devant le Conseil d’Etat

Pierre Hurmic, célèbre avocat bordelais, a déposé cette semaine un nouveau mémoire à propos du  recours qu’il intente contre le prolongement de la LGV au delà de Bordeaux. Un recours qu’il fait au nom de 13 communes de Gironde et d’ associations de défense de l’environnement comme la Sepanso Gironde; la LGV pourrait impacter fortement les zones humides, le micro-climat sur le Sauternais et la formation de brouillards dus au Ciron qui participent à la formation du botrytis.

François Hollande inaugurant mardi la LVG Tours-Bordeaux, avec la nouvelle rame Océane derrière lui © JPS

François Hollande inaugurant mardi la LVG Tours-Bordeaux, avec la nouvelle rame Océane derrière lui © JPS

Pierre Hurmic me le confiait dès mercredi, il allait déposer son nouveau mémoire en réponse à celui déposé par SCNF Réseau, dans le recours déposé en juillet dernier contre la Déclaration d’Utilité Publique : « il y a des fenêtres de tir sérieuses… », me confie-t-il. « En fait, ils ne contestent pas beaucoup notre recours, ils le contestent mollement. Je pense qu‘ils sont lucides et qu’il n’y a pas d’argent pour le financement de cette LGV. »

Mardi, à l’occasion de l’inauguration à Villognon de la LGV Tours-Bordeaux, 304 km de lignes nouvelles, Alain Rousset, le président de la Nouvelle Aquitaine, avait marqué les esprits en souhaitant le prologement vers Toulouse et l’Espagne : « il faut que l’on poursuive, nos amis Espagnols ne nous pardonneraient pas de ne pas aller en Espagne. Les Toulousains ne nous pardonneraient pas de ne pas desservir la 4e ville de France. »

Mais pour Pierre Hurmic : « C’est bête d’éliminer 4830 hectares de zones naturelles pour gagner 8 mn entre Bordeaux et l’Espagne. » : « Nous savons qu’il existe une étude qui consiste à rénover les lignes actuelles pour permettre à des trains de circuler sur ces lignes à 250 km/h et si cela est réalisé cela ne représente qu’un delta de 8 mn par rapport à la LGV à 9 milliards d’euros. »

L’impact sur le Ciron et les espèces qui y vivent est souligné dans le mémoire: « Manifestement, SNCF Réseau minimise l’impact du chantier en affirmant sans le moindre début de preuve que les cistudes (La Cistude d’Europe est une espèce de reptile très longévive attachée à ses zones de ponte auxquelles elle reste fidèle sa vie entière) empêchées de pondre par la destruction de leur site de ponte habituel pourraient utiliser des sites de substitution qui existent plus loin, près du Ciron ou de son affluent le Barthos » précise l’avocat Pierre Hurmic.

Daniel Delestre, Président de la Sepanso Gironde, insiste par ailleurs : « il suffit de constater sur la LGV Tours-Bordeaux la catastrophe environnementale, à tel point que les juges ont condamné Vinci à 40000 € pour violation du droit de l’environnement. ».

Au total 6 recours sont engagés par le monde agricole et viticole, ainsi que les populations concernées, vent debout contre la LGV.

Regardez le reportage de Nathalie Pinard de Puyjoulon et Bertrand Joucla-Parker :

Concurrence des vins espagnols : des agriculteurs du Gard en appellent aux consommateurs

Les Jeunes agriculteurs (JA) gardois ont appelé mercredi les consommateurs français à ne pas se laisser duper par des étiquetages trompeurs. Ceux-ci dissimulent du vin espagnol sous des noms et des codes marketing renvoyant à des vins de pays français.

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Anaïs Amalric, co-présidente des JA du Gard © France 3 Occitanie

« Les consommateurs doivent comprendre qu’ils sont trompés, tout autant que les producteurs » français, Continuer la lecture

03 Mar

10e Part des Anges : un chèque de 265 700 € remis aux Apprentis d’Auteuil

La 10ème édition de la vente aux enchères caritative « La Part des Anges » s’était tenue le 22 septembre 2016 à Cognac. Elle a permis de remettre,ce jeudi 2 mars, un chèque de 265700 € à la fondation Apprentis d’Auteuil.

Nicolas Truelle, Directeur général de la fondation Apprentis d'Auteuil Thierry Campos, Directeur du lycée Victorine Magne, Jean-Bernard de Larquier, Président du Bureau National Interprofessionnel du Cognac Catherine Le Page, Directeur du Bureau National Interprofessionnel du Cognac

Nicolas Truelle, DGde la fondation Apprentis d’Auteuil, Thierry Campos, Directeur du lycée Victorine Magne, Jean-Bernard de Larquier, Pdt du Bureau National Interprofessionnel du Cognac, Catherine Le Page, Directeur du Bureau National Interprofessionnel du Cognac © Apprentis d’Auteuil

Ce sont vingt-quatre flacons de cognacs exceptionnels qui étaient mis aux enchères par la maison Artcurial. Une vente orchestrée par le BNIC à Cognac. De superbes bouteilles offertes par les maisons de cognac, ainsi qu’ une oeuvre d’art et un dîner pour deux personnes à « La Monnaie de Paris » -le restaurant de Guy Savoy sacré « meilleure table du monde ».  Pour l’occasion, la maison Artcurial avait décidé de ne prélever aucun frais de vente aux acheteurs. Une vente qui rassemblait l’ensemble des acteurs de la filière Cognac ainsi que des collectionneurs venus du monde entier.

Ce sont 265 700 € qui ont ainsi été levés au profit des Apprentis d’Auteuil, une fondation reconnue d’utilité publique, qui éduque et forme plus de 25 000 jeunes en difficulté familiale, sociale et scolaire, tout en accompagnant les 6 000 familles dans leur rôle éducatif, au sein de 200 établissements répartis en France. Ces 265 700 € participent au financement du restaurant d’application du Lycée Hôtelier Victorine Magne à Lisieux, permettant ainsi aux apprentis de travailler dans des conditions professionnelles optimisées et proches de la réalité du monde de l’entreprise.

Depuis la création de cet événement en 2006 par l’interprofession du Cognac, la Part des Anges a soutenu une quinzaine de projets caritatifs dans les domaines de l’emploi, de l’éducation, du patrimoine ou encore du social.

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