25 Avr

L’Oxygène : ami ou ennemi du Vin ?

Pour aérer et révéler les arômes du vin, Olivier Caste et Michaël Paetzold ont imaginé OptiWine. C’est une carafe de poche qui apporte une quantité d’oxygène juste nécessaire pour réveiller le vin. Par ailleurs d’autres procédés ont prouvé aussi leur efficacité pour éviter ou limiter l’oxydation rapide d’une bouteille de vin, une fois ouverte : en avant les « Coravin », « VacuVin » et autre « Enomatic ». C’est le dossier de Côté Châteaux.

La Carafe de Poche OptiWine créée par Olivier Caste et Michaêl Paotzold © JPS

La Carafe de Poche OptiWine créée par Olivier Caste et Michaël Paetzold © JPS

Olivier Caste est un empêcheur de tourner en rond. En septembre 2016, il a lancé officiellement © OptiWineAvec son ami Michaël Paetzold, oenologue et spécialiste des process oeno-techniques, ils ont mis au point un procédé révolutionnaire: la Carafe de Poche baptisée Optiwine, le tout breveté et déposé. C’est en fait un procédé novateur de nano-aération qui apporte au vin « la juste quantité » d’oxygène  pour libérer et réveiller de manière optimale les arômes enfouis dans la bouteille de vin.

Olivier Caste et sa vision révolutionnaire © JPS

Olivier Caste et sa vision révolutionnaire © JPS

Nous nous sommes aperçus qu’apporter une très faible quantité d’oxygène à l’ouverture de la bouteille, ce fameux réveil en douceur, allait tout simplement permettre aux molécules aromatiques de beaucoup mieux s’exprimer, en tout cas d’amener plus rapidement le vin dans le verre à son plus haut potentiel », Olivier Caste – Optiwine

Une fois OptiWine inserré dans le goulot , il est nécessaire d'incliner 3 fois la bouteilles pour aérer le vin

Une fois OptiWine inserré dans le goulot , il est nécessaire d’incliner 3 fois la bouteilles pour aérer le vin

C’est en fait un aérateur de vin, en résine surlyn, cela ressemble à un bouchon mais c’est beaucoup plus subtil. OptiWine est réalisé avec 16 facettes et une embase plus étroite qui permettent de laisser passer le vin quand la bouteille est inclinée pour donner un « volume d’oxygène maîtrisé ». Une opération à réaliser trois fois avec la bouteille placée le long de l’avant-bras et avec deux doigts pour maintenir Optiwine. Puis vient le temps de la magie, où le vin va reposer 10 minutes et se révéler. Il y a désormais une différence nette entre le verre de vin « optiwiné » et le verre témoin.

David Liorit et Olivier Caste en pleine dégustation du vin "optiwiné" © JPS

David Liorit et Olivier Caste en pleine dégustation du vin « optiwiné » © JPS

Depuis un an et demi, de nombreux châteaux de la place de Bordeaux le suivent, plus d’une trentaine actuellement. Parmi les premiers, il y a eu la Fleur de Boüard, en Lalande-de-Pomerol,et château Petit Val, en Saint-Emilion Grand Cru, mais aussi un célèbre caviste la Vinothèque de Bordeaux. Olivier Caste a commencé à démarcher le marché espagnol et a déjà des touches.

Manifestement, il y a une explosion aromatique, de suite, des éléments qu’on n’avait pas, qui étaient plus discrets, sur le verre témoin, qui se sont révélés », David Liorit manager du château Petit Val.

Et de compléter :« Au niveau de la dégustation, il y a des arômes qui sont un peu plus expressifs que sur le témoin, mais c’est surtout l’oxygène qui vient nous révéler cette minéralité ».

L’oxygène, ami ou ennemi du Vin ? C’est bien sûr en laboratoire, et notamment chez Oenoteam à Libourne, que l’on va tenter de nous éclairer. Car nous sommes bien sûr dans le domaine de la chimie, l’oxygène a forcément une interaction, un impact tant dans la vinification que dans l’élevage.

Stéphane Toutoundji dans son laboratoire Oenoteam à Libourne © JPS

Stéphane Toutoundji dans son laboratoire Oenoteam à Libourne © JPS

Il ne faut pas trop d’oxygène dans les vins blancs parce que l’on perd des arômes primaires et secondaires et dans les vins rouges il faut amener juste ce qu’il faut d’oxygène pour les combinaisons tanins – antocyanes pour stabiliser par exemple la couleur, pour polisser les tanins, et si on amène trop d’oxygène on a des couleurs qui dérivent et on perd beaucoup d’arômes », commente Stéphane Toutoundji d’Oenoteam.

Dans les restaurants ou bars à vins, comme au Point Rouge à Bordeaux, depuis plusieurs années se sont généralisées les machines Oenomatic de distribution de vin au verre. Des machines où les bouteilles de vin sont placées sous azote et permetent de conserver plusieurs jours ces bouteilles ouvertes.

Alexandre Morin, chef sommelier au Point Rouge devant la machine Oenomatic © JPS

Alexandre Morin, chef sommelier au Point Rouge devant la machine Enomatic © JPS

Alexandre Morin, chef sommelier, au Point Rouge à Bordeaux explique : « Au lieu de garder une bouteille pendant 2 jours grand maximum, avant que le phénomène d’oxydation ne se ressente réellement, l’Enomatic va nous permettre de garder nos vins pendant au moins 10 jours et les garder propres avec des arômes précis et des structures en bouche correctes. »

Alexandre Morin dévoilant le système Coravin © JPS

Alexandre Morin dévoilant le système Coravin © JPS

Pour des flacons d’exception, un américain Greg Lambrecht a inventé Coravin , un sytème qui permet de goûter du vin sans ouvrir la bouteille grâce à une aiguille qui perce le bouchon en liège, sans altérer l’étanchéité : « de là, on va faire basculer l’ensemble de la bouteille et du système, appuyer sur le bouton poussoir et du vin va sortir de la bouteille. Maintenant l’argon est dans la bouteille et va créer une couche protectrice entre la surface du vin et le bouchon » commente Alexandre Morin.

Nicolas Blaiset de Vignobles&Châteaux à Saint-Emilion avec la pompe Vacuvin © jps

Nicolas Blaiset de Vignobles&Châteaux à Saint-Emilion avec la pompe à vide d’aire Vacuvin © JPS

Tous ces procédés d’aération ou de protection contre l’oxydation sont aujourd’hui utilisés par les sommeliers, les cavistes, châteaux et même les particuliers. L’un des plus simples et plus abordable est ce système de pompe qui aspire l’air de la bouteille par Vacuvin pour conserver une bouteille plusieurs jours, comme le montre Nicolas Blaiset de Vignobles & Châteaux et le résultat est aussi étonnant.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Pascal Lécuyer, Christophe Varone et Jean-Marc Ceccaldi :

16 Fév

Les Vignerons de Tutiac : la belle aventure de la coopérative dans le nord Gironde

Focus sur les vignerons de Tutiac. Des vignerons qui vivent en communauté au sein d’une coopérative depuis 1974. D’une quarantaine de membres à l’origine, ils sont aujourd’hui près de 500 à dynamiser leurs vignobles du Nord-Gironde et visent un développement important dans les années qui viennent.

L'emblème des Vignerons de Tutiac: ce vieux tube Citroën aux couleurs du rosé carrelet de Tutiac © JPS

L’emblème des Vignerons de Tutiac: ce vieux tube Citroën aux couleurs du rosé Carrelet d’Estuaire de Tutiac © JPS

Ce matin-là, à Saint-Palais en Gironde, résonne le bruit des sécateurs électriques. Loïc et Alain Giraudot sont en pleine taille de la vigne. Ils reçoivent aussi la visite de Flavie Grenon, chargée du foncier au sein de la coopérative des vignerons de Tutiac : « Tu a s anticipé un peu la transmission ? »  Alain Giraudot fait partie des viticulteurs girondins de plus de 55 ans qui vont ou ont déjà cédé leur propriété : « Moi, je n’avais rien anticipé du tout, mais quand j’ai su que Loïc était intéressé à reprendre l’exploitation, on a fait en sorte qu’il fasse les études nécessaires », répond Alain Giraudot installé depuis 1980.

Loïc et Alain Giraudot, vignerons à Saint-Palais © JPS

Loïc et Alain Giraudot, vignerons à Saint-Palais © JPS

De 12 hectares en 1980, les Giraudot sont passés à 32 hectares, mais en tout cas ils ont toujours adhéré à la coopérative : « il n’y avait pas de chai à la maison, c’était une exploitation en élevage au départ J’ai repris la vigne derrière mon père et n’ayant pas de chai sur l’exploitation, je me suis mis à la cave ».

C’est en fait la vieille chapelle de Tutiac qui a donné son nom à la coopérative. Celle-ci compte aujourd’hui 4000 hectares de vignes et près de 500 vignerons, sur une zone qui s’étend de Saint-André-de-Cubzac à la limite des Charentes.

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Ces vignerons ont fait le choix de se regrouper pour mettre en commun leur force, des outils de technologiques et déléguer la partie vinification. C’est ainsi que l’on découvre un immense cuvier, à l’année ce sont 220 000 hectolitres de vins qui sont produits à Marcillac, en AOP Blaye Côtes de Bordeaux, Bordeaux, Bordeaux Supérieur et Côtes de Bourg.

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Eric Hénaud, le dg, dans l’immense cuvier en inox © JPS

Aujourd’hui le groupe emploie 130 personnes et commercialise l’équivalent de 30 millions de bouteilles produites par nos viticulteurs au nord de Bordeaux », Eric Hénaux directeur général des Vignerons de Tutiac.

« La force essentielle de notre coopérative repose sur le fait que nous avons une seule et unique entité présidée par Stéphane Héraud, viticulteur lui-même, et nous avons la chance de maîtriser dans notre groupe à la fois la sélection parcellaire, la conduite du vignoble, la vinification, l’élevage des vins, la mise en bouteille et la commercialisation », poursuit Eric Hénaux. « C’est-à-dire que notre groupe, sous une seule entité, maîtrise toutes les étapes de la production et de la mise en marché de nos vins. »

3000 barriques et bientôt davantage © JPS

3000 barriques et bientôt davantage © JPS

Paul Oui est depuis 5 ans l’oenologue des Vignerons de Tutiac. Il a un peu parcouru la planète, bossant ici pour Constellation au Québec, là en Amérique du Sud ou encore en Australie. « Il a amené une expertise et une expérience variée », commente le directeur. « Nous avions perdu notre oenologue, c’était un drame, tous les viticulteurs étaients super inquiets », il a apporté une nouvelle approche et « une efficacité ».

Aujourd’hui, la part d’élevage en barrique, même au sein de cette coopérative, est de plus en plus importante :

Paul Oui, oenologue depuis 5 ans chez les Vignerons de Tutiac © JPS

Paul Oui, oenologue depuis 5 ans chez les Vignerons de Tutiac © JPS

Nous avons 3000 barriques actuellement et c’est en forte progression. Nous avons comme projet d’agrandir le site de stockage de 3000 m2 en plus » Paul Oui oenologue.

« Depuis plusieurs années, on fait beaucoup de sélections terroirs (des vins de lieux dits). On a beaucoup travaillé pour le négoce bordelais, maintenant on développe beaucoup les marques Tutiac, avec des sélections de parcelles plus spécifiques, avec des vinifications appropriées et des élevages longs en barriques. Sur les blancs, on fait 1000 hectolitres vinifiés en barriques, la fermentation alcoolique se fait en barriques, les vins seront soutirés au printemps. Sur les rouges, il y a plusieurs types d’élevages : des élevages courts de 10 mois, ou des élevages plus longs pour nos lieux-dits par exemple qui peuvent durer jusqu’à 18 mois. »

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Cette cave coopérative bénéficie en outre d’une immense boutique où les amateurs seront reçus par Sabrina Hartmann et Karin Sautiran, responsables respectivement de la boutique et de l’oenotourisme.

« L’avantage, c’est qu’on peut toucher tous les consommateurs, tous les porte-feuilles, on va partir d’un vin coeur de marché à 4 € et puis on va monter en gamme à 6 ou 7 €, pour finir à 12€95 avec ce lieu-dit qu’on est en train de goûter… »  explique Christophe Villier, responsable commercial.

La coopérative se fixe comme objectif 25 millions de bouteilles d'ici 5 ans © JPS

La coopérative se fixe comme objectif 25 millions de bouteilles d’ici 5 ans © JPS

Le groupe emploie 130 personnes. Une ligne d’embouteillage et une autre de  bag in box sont à l’oeuvre, jusqu’à 9000 flacons sortent chaque heure et 800000 bag-in-box à l’année.

Ce sont 15 millions de bouteilles qui sortent de cette chaîne à l’année, avec un objectif affiché de 20 à 25 millions d’ici 5 ans.

Les Vignerons de Tutiac essaient de se diversifier, travaillant avec le négoce bordelais, mais aussi de plus en plus avec les particuliers et les restaurateurs. Ils souhaitent développer particulièrement l’export qui ne représente actuellement que 12 % de leurs ventes.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Sébastien Delalot, Eric Delwarde, Xavier Granger et Xavier Mansion : 

18 Jan

Les tonnelleries de Gironde : un savoir-faire reconnu

Les tonnelleries de Gironde, comme d’autres en France, affichent une bonne santé. Certains châteaux possèdent leur propre tonnelier, d’autres commandent leurs barriques chez ces tonneliers artisanaux ou plus gros, qui, depuis dès années, montrent un savoir-faire reconnu. Tour d’horizon à Smith Haut-Lafitte, à la tonnellerie Bordelaise à Martillac et chez Nadalié à Ludon-Médoc.

Le temps de chauffe varie selon les voeux des châteaux © JPS

Le temps de chauffe varie selon les voeux des châteaux © Jean-Pierre Stahl

Tonnelier, un savoir-faire vieux de plus de 2000 ans. Smith Haut-Lafitte est l’un des 3 châteaux du Bordelais avec Lafite et Margaux à avoir son propre tonnelier depuis 1995, avec Didier Fezil, comme premier tonnelier. Jean-Luc Itey a pris la suite en 2001 et fabrique ici 550 barriques à l’année. Il choisit d’abord son chêne, qui provient pour environ 55 à 60% de chêne de la forêt de Tronçais dans l’Allier, le reste provenant d’autres forêts de chêne en région parisienne ou dans le centre de la France.

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« C’est la pression des cercles qui fait en partie l’étanchéité, il y a aussi le fait que le bois est fendu dans le sens du fil, et après il y a une part de gonflement par rapport au vin, qui fait que la barrique est étanche », explique Jean-Luc Itey tonnelier.

tonnellerie 134La qualité des bois et la maîtrise de la chauffe expliquent ce choix d’une tonnellerie au château, comme le précise Fabien Teitgen, directeur technique de Smith Haut-Lafitte :

Le marquage à l'ancienne, au fer rouge, avec le blason de Smith Haut Lafitte © JPS

Le marquage à l’ancienne, au fer rouge, avec le blason de Smith Haut Lafitte © JPS

« si on sous-chauffe la barrique, on va apporter des éléments négatifs au niveau arômatique, et si on la surchauffe on va donner des notes de fumé, de grillé, de taosté, et comme dans les graves comme à Smith Haut Lafitte, le terroir donne déjà des notes de fumé, d’âtre, de silex, on va plutôt travailler sur des chauffes très douces, très soft à l’intérieur pour donner des compléments de type caramel doux, des notes d’épices, plutôt que de renforcer le côté fumé. »

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Didier Fesil, MOF en tonnellerie, et patron de la tonnellerie bordelaise © JPS

A l’heure du gravage laser sur les barriques, et de la mécanisation pour le cerclage, la tonnellerie Bordelaise reste malgré ces avancées, une tonnellerie artisanale. Fondée en 2001 par Didier Fesil, meilleur ouvrier de France, elle emploie 13 personnes dont 10 tonneliers. Avec cette passion chevillée au corps, Didier Fesil aime transmettre son savoir-faire : ainsi a-t-il permis à Anthony un jeune tonnelier d’être meilleur apprenti de France. Une transmission qui s’opère aussi avec l’Ecole de Tonnellerie ouverte récemment à Blanquefort : 4 tonneliers et un professeur de viticulture et d’onologie sont à l’origine de ce projet.

A la Tonnellerie Bordelaise, Didier Fesil aime transmettre sa passion © JPS

A la Tonnellerie Bordelaise, une passion et un art de la tonnellerie © JPS

Dans son atelier à Martillac, ce sont 5000 fûts qui sont réalisés à l’année, essentiellement des bordelaises de 225 litres mais aussi de plus en plus de barriques plus volumineuses ou encore des cuves tronconniques ou des foudres :

« On va vers des 400 et des 500 litres, pourquoi ? Parce que le rapport bois-vin n’est pas le même dans 400 litres que dans une barrique de 225 litres, » commente Didier Fezil. « Et puis, il y a aussi l’aspect économique, aujourd’hui les vins passés en barriques de 400 litres, par exemple, reviennent moins chers à la bouteille que dans des barriques de 225 litres. »

30000 barriques réalisées chaque année chez Nadalié à Ludon-Médoc © JPS

30000 barriques réalisées chaque année chez Nadalié à Ludon-Médoc © JPS

Fondée en 1902 par Auguste Nadalié, la tonnellerie Nadalié à Ludon-Médoc est aujourd’hui l’une des plus importantes de Gironde. 30000 barriques y sont réalisées à l’année, mais si l’on compte ses autres structures en Charente, Belgique, au Chili et aux USA, ce sont 70000 barriques produites par 180 tonneliers dans le monde (240 personnes employées au total).

Stéphane Nadalié, 5e génération de tonnelier © JPS

Stéphane Nadalié, 5e génération de tonnelier © JPS

« Il faut savoir qu’il y a seulement 2% des vins faits dans le monde qui sont élevés dans du bois, donc on se dit toujours, tiens, ça va être porteur parce qu’il y a de la marge. Toutefois, on est vraiment tributaire de la récolte, si jamais la récolte est bonne en quantité et en qualité, on fera un  peu plus de barriques, on a eu de belles années comme 2009, 2010 avec un superbe millésime et la tonnellerie se portait bien, » explique Stéphane Nadalié 5e génération à la tête de l’entreprise.

Avec Margaux et Lafite, le château Smith Haut Lafitte est l'un des rares châteaux a avoir son propre tonnelier © JPS

Avec Margaux et Lafite, le château Smith Haut Lafitte est l’un des rares châteaux a avoir son propre tonnelier © JPS

Après la mode des vins boisés dans les années 80-90, les châteaux aujourd’hui reviennent à une présence et une chauffe de la barrique moins marquées, comme l’explique Fabien Teitgen du château Smith Haut Lafitte:

Fabien Teitgen, directeur technique à Smith Haut Lafitte donne ses directives au tonnelier pour avoir des vins pas trop marqués par l'aspect boisé © JPS

Fabien Teitgen, directeur technique à Smith Haut Lafitte donne ses directives au tonnelier pour avoir des vins pas trop marqués par l’aspect boisé © JPS

« C’est toute la subtile alchimie de la tonnellerie et de la barrique, c’est que la barrique doit arriver en support du vin mais ne doit pas arriver au-dessus du vin. »

La fédération des tonneliers de France a enregistré une augmentation en volume de +8% de l’activité en 2015, avec une production annuelle au total de 592000 fûts. Preuve que les tonnelleries ont encore de beaux jours devant elles…

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl et de Pascal Lécuyer :

14 Déc

Les fêtes de fin d’année en ligne de mire : des vins à offrir ou à partager sur de jolies tables

Vous êtes de plus en plus nombreux à chercher des cadeaux originaux. Une « bonne bouteille de vin, ça fait toujours plaisir » pour la garder ou encore la déguster ensemble lors de réveillons de Noël et de Nouvel An. Petit tour d’horizon à l’Intendant à Bordeaux et chez Cash Vin à Mérignac.

C'est déjà Noël à l'Intendant, cette institution bordelaise dont la cave est circulaire © JPS

C’est déjà Noël à l’Intendant, cette institution bordelaise dont la cave est circulaire © JPS

En ce moment, les cavistes sont dans les starting-blocs. La période de Noël est propice à de grosses ventes, aussi ont-ils refait leur stock !

Angélus, Cheval Blanc ou la Mission Haut-Brion des châteaux mythiques de Bordeaux © JPS

Angélus, Cheval Blanc ou la Mission Haut-Brion des châteaux mythiques de Bordeaux © JPS

En effet, à l’occasion des fêtes, de plus en plus d’amateurs de vins et même de novices cherchent à offrir la belle bouteille, le coffret bois ou le flacon marquant (en qualité ou en volume) en guise de cadeau de Noël :

Laure,nt Dumesny, directeur de l'Intendant depuis 8 ans © JPS

Laurent Dumesny, directeur de l’Intendant depuis 8 ans © JPS

C’est un beau format pour le vieillissement si l’on veut garder la bouteille par exemple pour un cadeau, et puis sur une table ça fait toujours de l’effet un joli magnum », Laurent Dumesny directeur de l’Intendant.

Comptez de 35 € à plusieurs centaines d’euros, pour un ou des magnums qui vont donner le sourire à celui qui va le ou les recevoir…

A l’Intendant, sur les Allées de Tourny à Bordeaux, on trouve de quoi satisfaire tout le monde à tous les budgets, des plus serrés aux plus grosses bourses, et ce dans toutes les appellations de Bordeaux : sur un joli millésime 2006 ou 2008 à boire maintenant, à partir de 40 ou 50 €, on peut avoir de belles bouteilles, comme château Lagrange, Branaire-Ducru, Léoville-Barton, Léoville Poyferré… Dans cette tour climatisée aux 15000 bouteilles, le client va pouvoir trouver son bonheur.

Des coffrets thématiques chez Cash Vin © JPS

Des coffrets thématiques chez Cash Vin © JPS

Au pied du sapin, il y en aura pour tous et tous les goûts : ainsi chez Cash Vin, à Mérignac, on a misé sur des coffrets thématiques de 3 bouteilles, allant de 22 € à de 170€.

On a essayé de faire une offre la plus claire possible, avec de thématiques différentes », Arnaud Pastres de Cash Vin.

Arnaud Pastres, le directeur de Cash Vin Mérignac © JPS

Arnaud Pastres, le directeur de Cash Vin Mérignac © JPS

Et de les détailler : « jeune avec « apéro tapas », pour les femmes avec « girly time », dans un autre registre « la chasse », des coffrets rugby avec de vins sectionnés par les joueurs de l’UBB, foot et spécial surfeurs « J-Bay » avec 3 vins du monde « Californie, Australie, Afrique du Sud », précise Arnaud Pastres de Cash Vin.

Des coffrets "sport" avec le rugby et l'UBB, le surf ou le foot © JPS

Des coffrets « sport » avec le rugby et l’UBB, le surf ou le foot © JPS

Des vins à offrir mais aussi des bouteilles qui vont se déguster sur les tables de fêtes. « On souhaite offrir des bouteilles qu’on essaie de choisir au mieux, comme on ne sait jamais les mets qu’on va avoir à déguster le midi ou le soir. », explique Florent Augot.

Laurent Dumény propose de grands liquoreux de Sauternes à partir de 35 € © JPS

Laurent Dumény propose de grands liquoreux de Sauternes à partir de 35 € © JPS

Reste à bien marier les vins : les rouges avec par exemple du gibier ou la traditionnelle dinde de Noël. Quant aux liquoreux, c’est vraiment la période de l’année où il s’en vend le plus : « ce sont vraiment des vins que les gens plébiscitent pour les fêtes de fin d’année », selon le directeur de l’Intendant, « ce sont des vins qu’on peut accorder classiquement sur des foie gras ou sur des accords un peu plus osés comme des volailles farcies… »

On peut faire de beaux accords mets et vins sur des liquoreux », Laurent Dumesny de l’Intendant.

Et pour rêver davantage, il y a aussi ces impériales et double-magnums, pour ceux qui voudraient exploser leur budget ou ceux qui en ont les moyens…

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Pascal Lécuyer et Rémi Grillot :

(L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération).

17 Nov

Comment conserver ses vins : armoire à vins réfrigérée ou cave à vins enterrée ?

Une idée de cadeau (de beau cadeau) pour Noël ? Une cave enterrée ou une armoire réfrigérée pour conserver ses vins. Certes, c’est un investissement, c’est utile, mais c’est aussi parfois un vrai plaisir des yeux.

Daniel Mazeiraud s'est fait construire une très belle cave © JPS

Daniel Mazeiraud s’est fait construire une très belle cave © JPS

Comme par magie, c’est une nouvelle pièce qui s’ouvre… Daniel Mazeiraud, un Girondin, en rêvait, il a fait construire dans son salon cette cave enterrée, avec une température qui ne bouge pas trop tout au long de l’année entre 15 et 17°C et 80% d’hygrométrie naturelle.

Pour Daniel Mazeiraud : « C’est un rêve d’une quinzaine d’années environ ». Ce Girondin qui a franchi le cap et a décidé de se faire plaisir en construisant sa cave à vins enterrée. « Nous connaissions le procédé, mais quand nous avions réhabilité notre maison, avec mon épouse nous n’avions pas les moyens de le faire et c’est vrai que cette année, on a sauté le pas. C’est désormais un grand plaisir d’avoir une cave et d’avoir nos bouteilles à portée de la main. »

Caves 146Il a décidé de se faire construire au beau milieu de son salon une cave ronde de 2 mètres de diamètre, 2 m 25 de profondeur : « on n’a pas forcément de beaux millésimes mais on sait qu’on peut les conserver dans des conditions optimales, avec une température qui reste constante entre 15 et 17° (tout au long de l’année), avec une hygrométrie naturelle de 80 % ».

Elodie Boulan, le gérante de Cavélite, qui propose ces caves enterrées © Jean-Pierre Stahl

Elodie Boulan, le gérante de Cavélite, qui propose ces caves enterrées © Jean-Pierre Stahl

Mais sa cave élaborée par Hélicave est aussi de toute beauté avec un plafond vitré et un verre sécurit de 28 millimètres d’épaisseur, un cadre tout en ixox et un moteur électrique encastré qui permet à la vitre de s’ouvrir en demie-lune. C’est véritablement un élément décoratif, Daniel Mazeiraud a d’ailleurs fait la surprise à ses amis, en leur dévoilant un soir son petit bijou, en l’allumant. Effet « whaou » assuré !

Une armoire made in France par Eurocave à placer dans un cellier, une cave pour la conservation optimale © JPS

Une armoire made in France par Eurocave à placer dans un cellier, une cave pour la conservation optimale © JPS

L’option la plus courante ou classique est l’armoire à vins réfrigérée. Il en existe à tous les prix et de toutes les qualités possibles. Comptez entre 200 et  5000 euros de budget. 150 euros pour les plus petites caves de service en supermarché, dans les 500-600 euros en caves de conservation plus importantes…  et puis il y a le créneau du made in France avec Eurocave et de la qualité.

Un système de rangement unique avec pour chaque modèle de bouteille une "main du sommelier" spécifique © JPS

Un système de rangement unique avec pour chaque modèle de bouteille une « main du sommelier » spécifique © JPS

Présent à Bordeaux depuis 40 ans, ce fabriquant propose toute une gamme depuis la cave 40-50 bouteilles à encastrer dans une cuisine, jusqu’aux caves plus importantes de 100-150 bouteilles et 200-250 bouteilles. Des caves qui peuvent être totalement opaques pour être installées dans un garage, dans une cave, un cellier, ou vitrées pour garnir un salon ou une cuisine.

C’est la seule armoire au monde qui vous permet de mélanger tous les formats de bouteilles avec un vrai confort d’utilisation » Stéphane Lenain d’Eurocave.

Un aperçu de l'intérieur d'une armoire avec présentation inclinée des bouteilles © JPS

Un aperçu de l’intérieur d’une armoire avec présentation inclinée des bouteilles © JPS

Une température entre 12 et 15°, une hygrométrie qui va être stabilisée et uniforme dans toute l’armoire aux alentours de 70%, un sytème d’aération par filtre à charbon, un système anti-vibration, … » bref du high-tech de l’armoire avec des finitions à la demande avec des clayettes en bois de hêtre, des portes vitrées qui en font des objets de décoration.

Christine Dupart dans sa cave enterrée © JPS

Christine Dupart dans sa cave enterrée © JPS

Ces caves s’adressent à des particuliers mais aussi à de plus en plus de professionnels. Christine Dupart, gérante de la Cave des Délices à Villenave d’Ornon, cherchait depuis 3 ans à gagner de la place dans son magasin :

« Je n’avais pas de capacité de stockage, donc quand j’ai cherché une solution qui était sécurisée, car je suis sous alarme video, climatisée et pas loin de ma cave, il n’y avait qu’une seule solution, c’était la cave enterrée. »

Quant au budget de ces caves enterrées, il faut compter entre 10000 et 40000 euros.

« Pour la cave ici on a fait le trou, installé la poche étanche, les éléments qui vont servir de casiers et de murs, puis la trappe et on a refait tout le sol et l’électricité en 15 jours », explique Elodie Boulan gérante de Cavélite.

Stéphane Lenain, gérant d'Eurocave, devant ses magnifiques armoirées réfrigérées © Jean-Pierre Stahl

Stéphane Lenain, gérant d’Eurocave, devant ses magnifiques armoires réfrigérées © Jean-Pierre Stahl

La tendance pour certains particuliers ou certains châteaux du Bordelais est aussi de réaliser des armoires à vins réfrigérées qui vont se fondre dans une pièce et occuper tout un pan de mur.

« Il faut compter un budget de 15000 à 17000 € pour deux cents bouteilles, là on est sur un concept de présentation, d’achat plaisir, mais la plupart du temps, ce sont des bouteilles qui méritent d’avoir un bel écrin, » selon Stéphane Lenain d’Eurocave Bordeaux.

Et pour être dans le coup, ces nouvelles générations d’armoires peuvent être connectées aux smartphones, histoire de bien gérer sa cave et d’avoir les informations nécessaires sur les bouteilles conservées.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Sébastien Delalot, Christophe Varone et Christian Arligué :

15 Oct

La vie de château à Monbazillac : ces liquoreux fêtent les 80 ans de leur appellation !

A Monbazillac, c’est un sentiment de zénitude et de plénitude. Les 150 vignerons sont fiers de produire leur célèbre vin liquoreux, à la sucrosité plus ou moins accentuée. Non seulement ils bénéficient de l’image porteuse du château de Monbazillac, mais ils en sont aussi les propriétaires. Une vivacité dans la tradition pour une appellation qui célèbre ses 80 ans.

Le syndicat des vins de Monbazillac en 1934, avec à droite René Roche l'oncle de Christian Roche, prorpriétaire du Domaine de l'Ancienne Cure © JPS

Le syndicat des vins de Monbazillac en 1934, juste avant la création de l’AOC Monbazillac, avec à droite René Roche l’oncle de Christian Roche, prorpriétaire du Domaine de l’Ancienne Cure © JPS

Le coup d’envoi des premiers tris a été donné depuis le 10 octobre au Domaine de l’Ancienne Cure. Un domaine particulier car c’est à la fois l’ancien presbytère du village et un domaine viticole de 49 ha aujourd’hui. Ce sont les grands parents de l’actuel propriétaire, Lydie et Amédée Roche, qui ont créé ce vignoble dans les années 40, « à l’époque il n’y avait que 12 ha en polyculture, on y faisait aussi des avec des laitières et des céréales », précise Christian Roche.

Christian Roche et son épouse devant le Domaine de l'Ancienne Cure © Jean-Pierre Stahl

Christian Roche et son épouse devant le Domaine de l’Ancienne Cure © Jean-Pierre Stahl

Aujourd’hui, ce vignoble est planté pour 2/3 en blanc (sémillon, sauvignons blanc et gris, muscadelle, chenin et ondenc) et 1/3 en rouge (cabernets franc et sauvignon, merlot). « On ne fait plus que de la vigne. Ce sont 200 000 à  250 000 bouteilles qui sont produites dont 75 000 de Monbazillac ».

"L'extase" produit par Christian Roche © JPS

« L’extase » produit par Christian Roche © JPS

Christian Roche explique : « Ce qu’on recherche ce sont des raisins surmaturés sous deux formes : la pourriture noble amenée par le champignon botrytis cinerea et le passerillage, qui concentre mais conserve l’acidité sur le raisin. Ce n’est pas négligeable car un liquoreux doit avoir du sucre résiduel, mais doit aussi garder de l’acidité pour encourager les gens à en boire un deuxième verre ».

Monbazillac 049Pour la 5e fois, ce domaine vient de gagner avec son millésime 2015 le concours des vins de Monbazillac qui était organisé à la Cité du Vin de Bordeaux « ça fait toujours plaisir, notamment pour les 80 ans de l’appellation » précise Christian Roche, « surtout que le niveau était élevé. »

La pourriture noble, le botrytis cinéréa, a commencé à se déclencher, mais ce n’est pas une poussée excessive, car effectivement il y a eu cette sécheresse et peu de pluies, quant aux matinées si elles sont trop froides elles ne favorisent pas trop son développement.

Le célèbre château de Monbazillac avec Marie-Pierre Tamagnon des Vins de Bergerac et Sylvie Alem de la Cave Coopérative de Monbazillac © JPS

Le célèbre château de Monbazillac avec Marie-Pierre Tamagnon des Vins de Bergerac et Sylvie Alem de la Cave Coopérative de Monbazillac © JPS

Le château de Monbazillac, c’est le fleuron de l’appellation ! Ce magnifique château du XVIe siècle à mi-chemin entre le château fort et le château d’agrément, appartient depuis 1960 aux vignerons de Monbazillac. Une quinzaine de viticulteurs ont voté pour l’achat de ce domaine, et de sa cave coopérative en fermage, le 5 mai 1960, après les terribles gelées meurtrières de 1956. Cette décision devait à jamais sceller un destin assez particulier car les vignerons continuent de gérer ce domaine d’une manière assez exemplaire, ayant fait ravalé la façade récemment et changer l’ensemble des fenêtres pour 300 000 €.

Sylvie Alem, la présidente de la Cave Coopérative © JPS

Sylvie Alem, la présidente de la Cave Coopérative © JPS

Un château qui tire son histoire dans un passé très riche et ancien puisqu’ « on estime que ces vins de Monbazillac ont été découvert au XIIe siècle par des moines qui habitaient sur cet emplacement. Ca devait être des vendanges précoces et le jour où ils sont allé voir leurs vignes, le botrytis s’était installé. Et pour ne pas perdre la récolte, ils ont décidé de presser le vin et c’est comme cela qu’est né le Monbazillac et le liquoreux », explique Sylvie Alem, la présidente de la Cave Coopérative. « C’est une période où le vin s’exportait déjà car les terres étaient anglaises et on se servait de la Dordogne pour descendre en gabare les barriques, qui partaient après en Angleterre ». « Et puis au XVIIe siècle, le vin de Bergerac s’est exporté aussi en Hollande car la Dordogne était un terre protestante et les vignerons de Monbazillac étaient protestants. A la révocation de l’Edit de Nantes, où le culte protestant était interdit, ils sont partis s’installer en Hollande où ils se faisaient livrer les gabares chargées de barriques de vins de Monbazillac ».

Botrytis et passeriage sont recherchés lors des différents tris successifs © JPS

Botrytis et passeriage sont recherchés lors des différents tris successifs © JPS

« Il y a 80 ans on était la 1ère appellation de liquoreux à avoir cette AOC, c’était surtout pour réglementer la production et dire on va bien faire à Montbazillac ! Et on se donner un cahier des charges, avec un respect de normes pour faire de la qualité » A Monbazillac, vous avez au moins 4000 pieds par hectare, mais vous pouvez avoir aussi 5500 pieds/ha, mais ce qui est particulier, c’est la façon de ramasser notre raisin : par tris successifs, on passe plusieurs fois sur la même parcelle pour ne prélever que le raisin atteint de pourriture noble. On a limité la production aujourd’hui à 30 hectos/ha, mais on ne produit que ce que la nature nous donne. » Zen quoi.

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Ce sont ainsi 150 vignerons qui produisent entre 50000 et 60000 hectolitres de vins de Monbazillac sur un peu plus de 2000 hectares.

Les amis belges d'Anvers à la Maison du Tourisme et du Vin avec Mélanie Cany © JPS

Les amis belges d’Anvers à la Maison du Tourisme et du Vin avec Mélanie Cany © JPS

A la Maison du Tourisme et du Vin, Mélanie Cany accueille des Belges Flamands en séjour dans la région. Elle leur fait déguster la palette assez large de vins de Monbazillac : « on trouve ici des vins différents, produits par 27 vignerons indépendants mais réunis en association, on a donc des degrés de sucrosité différents, des élevages différents, des vins bios ou pas, des sélections grains nobles ou autres, et on essaie de répondre un maximum à la demande. »

Pour Christel et Peter Proost d’Anvers : « ça me plaît, mais normalement nous buvons du vin rouge ou du vin blanc sec, mais c’est très agréable. »

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Quant à savoir s’il y a une évolution sur le goût des Monbazillac : »Oui, il y a une tendance à aller vers des choses un petit peu plus légères, avec un petit peu plus d’équilibre, qui s’accompagnent mieux tout au long du repas », commente Mélanie Canie. « Le Monbazillac reste typiquement un vin d’apéritif, et dans la tête des gens, un accompagnement de foie gras et de dessert…mais on essaie de faire découvrir le Monbazillac tout au long du repas et les gens le préfèrent un petit peu plus léger, mais on arrive encore à vendre des Monbazillacs de tradition, car c’est aussi cela que les gens attendent quand ils viennent ici à Monbazillac. »

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Pascal Lécuyer, Charles Rabréaud et Thierry Culnaert :

07 Sep

Vendanges à Bordeaux : comment obtenir de grands vins blancs secs ?

Qui n’a pas rêvé d’avoir la recette magique pour faire un grand vin ? Rencontre avec ces vignerons et oenologues de Bordeaux qui vous dévoilent l’alchimie pour réaliser ces vins blancs « friands et gourmands » d’Entre-Deux-Mers et ces grands blancs complexes de Pessac-Léognan. Entre les châteaux La Motte du Barry, Carbonnieux et Larrivet Haut-Brion, voici leurs petits secrets de fabrication.

Encore quelques jours pour une meilleure maturité © JPS

L’expertise de Bruno Lemoine, l’onologue et directeur du château Larrivet Haut-Brion :encore quelques jours pour une meilleure maturité © JPS

Bruno Lemoine, oenologue et  directeur général  du Château Larrivet Haut-Brion,  arpente au quotidien ses 10 hectares de vignes de sauvignons et sémillons. Pour lui l’heure de la récolte n’a pas encore sonné car l’alchimie ne s’est pas encore faite tout-à-fait. Avec ces matinées fraîches, ces belles et chaudes après-midis, ce n’est que du plus pour obtenir le meilleur, bref du cousu main : « C’est fondamental, on goûte nos raisins pour essayer de percevoir la maturité la plus optimum ».

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« On est sur des vignes assez âgées, à enracinement profond, qui ont bien supporté la sécheresse de cet été, mais au goût on trouve que nos raisins manquent un petit peu de maturité, les peaux sont encore un petit peu élastiques, ça manque de finesse aromatique et donc nous avons décidé d’attendre et  de ne pas commencer tout de suite nos vendanges de blancs ».

Bruno Lemoine arpente ses vignes du château Larrivet Haut-Brion © JPS

Bruno Lemoine arpente tous les jours les vignes du château Larrivet Haut-Brion © JPS

Des raisins bien mûrs donnent toujours des raisins plus riches, plus gras, plus aromatiques, bref des grands vins! » , Bruno Lemoine directeur du château Larrivet Haut-Brion.

Les vendanges de sauvignon blanc au château Carbonnieux, démarrées mardi © Jean-Pierre Stahl

Les vendanges de sauvignon blanc au château Carbonnieux, démarrées mardi © Jean-Pierre Stahl

Au château Carbonnieux, on a donné ce mardi le coup d’envoi des vendanges pour ce plus gros producteur de vins blancs avec 45 ha en Pessac-Léognan. 

Eric Perric, propriétaire du château Carbonnieux © JPS

Eric Perric, propriétaire du château Carbonnieux © JPS

Durant l’été, les ouvriers viticoles ont effectué un gros travail à la vigne pour avoir la récolte la plus qualitative comme le souligne Eric Perrin, propriétaire du château :« On a essayé d’avoir pas plus de 8 à maximum 10 grappes par pied, de façon à ce qu’aujourd’hui on ait des raisins entre 12,5 à 13 ° de degrés potentiels et même si les chaleurs de l’été ont été importantes, on se retrouve avec de futurs vins avec pas mal d’acidité. »

La table de tri vibrante au chai du château Carbonnieux © JPS

La table de tri vibrante au chai du château Carbonnieux © JPS

Acidité, fraîcheur, arômes, tous ces éléments doivent être conservés entre la vigne et le chai. Si l’on récolte le matin, par des températures plutôt fraîches, pour préserver la vendange, on refroidit de la même manière, une fois pressé, le jus par un système d’échangeur tubulaire pour éviter l’oxydation enzymatique.

On refroidit avec cet échangeur tubulaire qui fait gagner près de 10° © JPS

On refroidit avec cet échangeur tubulaire qui fait gagner près de 10° © JPS

« A partir du pressurage, on est équipé maintenant de nouvelles technologies d’inertage avec l’azote, pour éviter le contact de l’oxygène avec tous les arômes du sauvignon qui sont sensibles à cette oxydation », précise Romain Racher, oenologue et maître de chai du château Carbonnieux.

Romain Racher maître de chai et Eric Perrin du château Carbonieux © JPS

Romain Racher maître de chai et Eric Perrin du château Carbonieux © JPS

Après une première étape de macération pelliculaire à froid, de pressurage, de collecte des jus, de clarification , d’ensemencement, la fermentation va se faire dans un premier temps en cuve inox avant de continuer en barrique d’ici 5 jours, un élevage en barriques sur lies avec bâtonnage, selon la méthode préconisée par Denis Dubourdieu.

Dans l'Entre-Deux-Mers, Joël Duffau produit des vins blancs gourmands © JPS

Dans l’Entre-Deux-Mers, à Moulon, Joël Duffau produit des vins blancs gourmands © JPS

En Bordeaux blancs, il n’y a pas que les Graves ou Pessac-Léognan, il y a aussi Blaye et l’Entre-Deux-Mers, et d’autres encore comme ces expériences heureuses avec ce chardonnay « Dubreuil » de Saint-Emilion… sans oublier ces Sauternes qui font du blanc comme le G de Guiraud ou Y d’Yquem !

French Kiss 2015 élaboré par Joël Duffau avec le concours de Pascal Poussevin © jps

La « Cuvée French Kiss » 2015 élaborée par le château La Mothe du Barry © JPS

On essaie de faire des vins de copains, des vins friands, gourmands, on essaie d’aller chercher surtout du fruit, du fruit exotique , des agrumes avec une belle acidité qui vous ouvrent les papilles », Joël Duffau château La Mothe du Barry.

Pascal Poussevin le "vinoelogue" et Joël Duffau © JPS

Pascal Poussevin le « vinoelogue » et Joël Duffau © JPS

Et son oenologue appelé « le Vinoelogue »  renchérit : « ce qui plaît au public, c’est l’authenticité avant tout ; ce sont des vins qui ne sont pas des vins de cépages mais des vins d’assemblages, le tout est de trouver le bon équilibre entre les cépages et de garder une bonne fraîcheur pour que le vin reste plaisant à consommer en toute circonstance ». Et les circonstances ne manquent pas entre l’apéritif entre amis ou encore en début de repas sur des poissons, des crustacés ou une entrée…

François

François Godichon maître de chai et Bruno Lemoine © JPS

L’alchimie se fait aussi lors de l’élevage avec, comme le montre Bruno Lemoine au château Larrivet Haut-Brion, des barriques de chêne neuf en  225 l, des barriques de chêne autrichien (grain plus fin) en 500 litres ou encore ces petites cuves pour obtenir plus ou moins de boisé ; il y a aussi dans cette panoplie de contenants des oeufs en béton pour jouer davantage sur la minéralité.

Des barriques de 225 l, 500 l, oeufs enb béton et cuves en bois au château Larrivet Haut-Brion © JPS

Des barriques de 225 l, 500 l, oeufs enb béton et cuves en bois au château Larrivet Haut-Brion © JPS

« En fait ça va nous donner la possibilité d’avoir un panel de goûts, d’arômes qui vont nous servir pour notre assemblage final, pour faire la recette du chef », explique Bruno Lemoine.

Une savante alchimie depuis la vigne jusqu'à l'élevage pour obtenir un grand blanc © JPS

Une savante alchimie depuis la vigne jusqu’à l’élevage pour obtenir un grand blanc © JPS

Sur ce vignoble à 10 ha, comme dans d’autres plus petits (Malartic par exemple), on fait du cousu main et on échange constamment entre l’oenologue Bruno Lemoine, le maître de chai François Godichon ou encore le nouveau consultant Stéphane Derenoncourt pour améliorer encore la qualité.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Pascal Lécuyer, Xavier Granger, Christian Arliguier

Ecoutez l’éclairage apporté par Frédéric Lot avec Sandrine Papin :

12 Juil

Un nouveau rendez-vous « vigne et vin », dès la rentrée de septembre

Pour la 4e saison, France 3 Aquitaine vous donne rendez-vous une fois par mois le jeudi dans le 12-13 pour un éclairage thématique ou le focus sur une appellation du grand sud-ouest avec vos experts habituels. 

Jean-pierre Stahl-Côté châteaux et Frédéric Lot , chroniqueur en vin

Jean-Pierre Stahl-Côté châteaux et Frédéric Lot , chroniqueur et expert en vin

C’est désormais un rendez-vous mensuel, et ce pour la 4e saison; la rubrique « vigne et vin » ou « vin et vigne » vous est proposée dans le 12-13 par  Jean-Pierre Stahl, journaliste spécialisé viticulture, et Frédéric Lot, expert en vins, qui y apporte un éclairage supplémentaire, avec en plateau les présentatrices Sandrine Papin ou Marie-Pierre d’Abrigeon. Sous forme de dossiers de 2 minutes à 2 minutes 30 et d’un éclairage en complément, vous y apprendrez quelques techniques concernant la culture de la vigne, la vinification, l’élevage ou la commercialisation des vins, vous y découvrez également de nouvelles tendances ou vous ferez connaissance avec des acteurs des appellations du grand sud-ouest. Des reportages exposés également le dimanche soir dans le 19-20.

En avant goût, voici quelques pistes pour la rentrée : « Quelle vendange pour les vins blancs secs ? Comment rechercher et allier acidité, fruité, fraîcheur et équilibre ? », un focus sur Monbazillac l’appellation qui fête ses 80 ans cette année, cave enterrée contre cave réfrigérée, les crémants de Bordeaux et la méthode de fabrication traditionnelle, les vins des rois quels goûts avaient nos célèbres monarques, la bonne santé des tonnelleries, voici déjà quelques idées que vous dévoile en avant-goût Côté Châteaux.

Bien sûr, vous pourrez retrouvez les reportages de Côté Châteaux ainsi que le replay de ces rubriques sur votre blog qui vous garde à température idéale ces chroniques à lire ou (re)découvrir.

Pour retrouver les précédentes chroniques, cliquez ici sur la rubrique « VIGNE & VIN »

A vos tablettes pour les prochaines chroniques :  22 septembre / 20 octobre /17 novembre /15 décembre et 19 janvier. Les dates jusqu’en juin vont suivre.

(l’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération)

16 Juin

Focus sur ces vins de marque… des vins présents à Bordeaux Fête le Vin

On ne présente plus « Baron de Lestac »… Un vin de marque de la Maison Castel qui cartonne dans la grande distribution. Un Bordeaux avec des producteurs sélectionnés par le n°1 Français de la distribution de vins. Il sera présent comme d’autres sur les quais pour Bordeaux Fête le Vin.

Franck Crouzet et © Jean-Pierre Stahl

Franck Crouzet et Isabelle Décup, directeur communication et oenologue de Castel © Jean-Pierre Stahl

Les vins de marque, ce sont ces vins, d’entrée de gamme ou de moyenne gamme, élaborés, mis en bouteille et distribué par les gros producteurs et maisons de négoce. Des vins pour lesquelles une attention particulière est faite, qui se sont améliorés au fil des années.

Baron de Lestac, un 100% Bordeaux véritable réussite de la Maison Castel, passant de 100 000 bouteilles au lancement à 10 millions aujourd'hui © JPS

Baron de Lestac, un 100% Bordeaux véritable réussite de la Maison Castel, passant de 100 000 bouteilles au lancement à 10 millions aujourd’hui © JPS

Castel, le groupe n°1 en France, a développé ce créneau depuis près de 30 ans, avec notamment sa marque 100% bordelaise « Baron de Lestac » (anagramme de Castel). 10 millions de bouteilles vendues essentiellement dans la grande distribution et quelques cavistes

On s’est rendu compte dans les années 80 que le consommateur était prêt à avoir des produits type « château », à savoir avec un élevage en barrique, en fût de chêne et c’est là où on a commencé l’histoire du Baron de Lestac », Franck Crouzet directeur communication Castel.

Franck Crouzet

Franck Crouzet, S ébastien Lachaise et

Près de 300 viticulteurs travaillent avec la Maison Castel comme Sébastien Lachaize, partenaire depuis 4 millésimes. Ce vigneron à Aubié et Espessas vend ainsi l’intégralité de sa production de ses 45 ha de vignes.

Merlot, cabernet franc, cabernet sauvignon, carmenère  petit verdot, ce qui nous permet d’avoir une palette aromatique assez large et de conforter les structures », Sébastien Lachaize vigneron à Aubié et Espessas.

45 ha de vignes pour Lachaize commercialisées avec Castel © JPS

45 ha de vignes pour Lachaize commercialisées avec Castel © JPS

Si le vigneron partenaire s’occupe de la récolte et de la vinification, l’élevage et l’assemblage sont efectués dans les chais de Castel à Blanquefort.

« Castel s’est engagé en amont pour sécuriser la qualité des raisins, la maturité des raisins, le suivi des fermentations. Et puis après, il y a le savoir-faire sur l’assemblage et également le savoir-faire de l’élevage en fûts de chêne. », explique Isabelle Décup, oenologue de Castel.

6 mois d'élevage en barriques dans les chais de Castel à Blanquefort © JPS

6 mois d’élevage en barriques dans les chais de Castel à Blanquefort © JPS

A 4 € en moyenne la bouteille, le  succès de ces vins de marque est incontestable en France mais aussi à l’international. Leur Baron de Lestac est commercialisé dans 50 pays notamment en Europe et en Asie.

Et pour être complet, Castel, propriété familiale de Castel Frères, emploie à ce jour 240 employés sur le site de Blanquefort en Gironde et 2360 pour la partie vins en France. Le groupe possède 20 domaines dans le bordelais dont château Beychevelle en AOC Saint-Julien et 1400 ha de vignobles en France.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Pascal Lécuyer et Olivier Pallas, suivi de la chronique de Frédéric Lot

15 Mai

Viticulture : petit ou grand, voici deux châteaux qui sont passés en bio et biodynamie…

C’est une tendance qui semble s’accentuer. Depuis 2007 en France, les superficies viticoles en bio ont triplé. En Gironde, les châteaux Bichon Cassignols et Palmer expliquent leur évolution. En Aquitaine, 8 % du vignoble est passé au bio.

du château Bichon-Cassignols à la Brède en Gironde © Jean-Pierre Stahl

Jean-François Lespinasse, du château Bichon-Cassignols à la Brède en Gironde © Jean-Pierre Stahl

L’un est un petit vignoble des Graves à la Brède, l’autre est un 3e cru classé de Margaux dans le Médoc. Tous deux ont franchi le cap. Pourquoi ? C’est ce que Côté Châteaux a essayé de découvrir.

On ne peut pas dire que Jean-François Lespinasse (château Bichon Cassignols) est né de la dernière pluie. Ce vigneron exerce depuis 1981 à la Brède et avec l’aide de son épouse Marie depuis 1982; un vigneron qui pendant des années a mené son exploitation de 12,5 ha de manière conventionnelle, avant de voir de plus en plus d’habitations se construire autour de sa propriété. Une densification due à la proximité de Bordeaux:

Jean-François Lespinasse avec son oienologue Christian

Jean-François Lespinasse, avec son oenologue Christine Chaminade, explique que son vignoble est entouré par 40 maisons © JPS

« Ici on est sur un vignoble qui est sub-urbain, on a plus de 40 maisons qui font le tour…Quand je traitais, il y a quelque temps il y a des enfants qui aimaient bien regarder parce qu’ils aiment beaucoup le tracteur, de même dans les chemins vicinaux sur lesquels parfois des mamans se promènent avec leurs poussettes, et donc c’est un peu le principe de précaution qui s’est imposé », explique-t-il.

Chateaux en bio 028

En 1995, il est d’abord passé en agriculture raisonnée, puis s’est occupé du groupe Terra Vitis à partir de 2002, et il est passé en bio en 2008 : « on s’est aperçu de la spécificité de ces produits au niveau de la santé, c’est un principe de précaution qui nous a poussé à ce passage, en plus du fait que le bio intéressait mon épouse. »  « Au début des années 2000, sont apparues les phrases de risques sur les produits de traitement: notamment les notions de CMR, cancérogène, mutagène et pouvant poser des problèmes à la reproduction ».

« Dans l’environnement, je constate une différence, j’ai conscience d’avoir changé de métier par rapport au conventionnel ou à l’agriculture raisonnée, on s’intéresse à la plante par son rapport au sol. En bio, on est dans une démarche où on vit du sol, cette plante va se nourrir de ce que le sol va pouvoir lui donner. Le sol doit être le plus accueillant possible. Dans les années 90, on a pratiqué l’enherbement naturel et puis on est passé dans les engrais verts avec des céréales et du pois fourrager »; « des engrais qui une fois fauchés forment un tapis, se dégradent lentement et rentrent dans la vie du sol »

Chateaux en bio 032Passer en bio demande toutefois un peu plus de travail comme nous l’explique l’oenologue-conseil du château, Christine Chaminade, présente ce jour-là : « on intervient plus souvent de façon pertinente par rapport au conventionnel et avec des produits tout au plus irritants (bouillie bordelaise), de façon à éviter tous les produits cancérigènes et mutagènes. »

Accompagné par la chambre d’Agriculture et le syndicat des vignerons bio d’Aquitaine, il a donc été certifié au bout de 3 ans, son 2011 est donc son premier millésime entièrement bio. Et il ne le regrette pas car il y a de la demande comme il nous l’explique : « je vends 70% en France (40% aux particuliers et 30% aux cavistes) et 30% à l’export. Mes marchés sont la Suède, les Etats-Unis et la Belgique. Mais le marché qu’on a eu en Suède, c’est justement parce qu’on est en bio. » Un marché en plein essor notamment sur le salon Millésime Bio auquel il participe régulièrement.

Château Palmer à Margaux est passé en biodynamie © Jean-Pierre Stahl

Château Palmer à Margaux est passé en biodynamie © Jean-Pierre Stahl

A Margaux, château Palmer, 3e cru classé, a eu une démarche tout d’abord expérimentale. Son directeur, Thomas Duroux, en poste depuis 12 ans, nous explique qu’en 2008 château Palmer a d’abord expérimenté la biodynamie sur 1 hectare « à l’origine c’est tout simplement de la curiosité et après les vendanges 2008, nous avons eu la volonté de comprendre un peu mieux ce que biodynamie voulait dire et nous avons expérimenté sur 1 ha cette conception un peu différente de l’agriculture telle qu’elle avait été exposée dans les années 20 par Rudolf Steiner. »

Progressivement, château Palmer a augmenté la superficie en biodynamie:« on s’est rendu compte que c’était jouable » et le déclic s’est fait avec le millésime 2013 où 66 % du vignoble était conduit en biodynamie: « la partie bio s’en est aussi bien tirée que la partie conventionnelle » précise Thomas Duroux. La décision a alors été prise de tout passer en biodynamie.

 

L'un des chais à barriques de Château Palmer © JPS

L’un des chais à barriques de Château Palmer © JPS

« Dans biodynamie, il y a deux concepts, il y a bio d’abord c’est-à-dire qu’on utilise que des produits naturels pour s’occuper du vignoble, on arrête tout ce qui est issu de l’agro-chimie et on revient quelque part à une technique un peu plus ancienne, et cela ça nous semble être très important pour la pérennité des sols, pour la santé des opérateurs -les vignerons et vigneronnes qui sont dans la vigne- et puis aussi pour les consommateurs ». 

Thomas Duroux, directeur général du château Palmer explique comment son château est passé en biodynamie © JPS

Thomas Duroux, directeur général du château Palmer explique comment son château est passé en biodynamie © JPS

« Et puis dans biodynamie, il y a aussi l’idée de dynamie, c’est l’idée d’organisme agricole, d’une entité, d’une ferme qui fonctionne en harmonie, où tous les éléments se complètent les uns les autres et où on fait appel le moins possible à ce qui vient de l’extérieur. » Thomas Duroux est convaincu que ce mouvement est désormais lancé et conclue « je peux prendre le pari que dans 5 ans ou peut-être un peu plus l’ensemble des crus classés de Bordeaux sera en bio, parceque c’est faisable, c’est pérein, et puis parce que c’est ce que veulent les consommateurs. »

Mais chacun à son rythme, certains ont besoin de mieux sentire les choses, ce qui compte c’est d’arriver au même résultat. »

L’Aquitaine comptait en 2014: 735 producteurs en bio sur 9752 ha de vignes dont 1668 ha en conversion. Cela représente 8 % du vignoble aquitain.