27 Fév

Emmanuel Macron veut stimuler les exportations de vin, « l’âme française »

Quand la campagne présidentielle s’invite dans le monde du vin : Emmanuel Macron souhaite renforcer la capacité de la France à promouvoir à l’export le vin, qu’il qualifie d’ « âme française », selon une interview accordée à Terre de Vins.

Emmanuel Macron en 2014 alors au © Ministère de l'Economie

Emmanuel Macron en 2014 alors au © Ministère de l’Economie

Emmanuel Macron, s’il est élu président de la République, souhaite renforcer la capacité de la France à promouvoir à l’export le vin, « l’âme française », et encourager une viticulture plus respectueuse de l’environnement, affirme-t-il dans un entretien au magazine Terre de vins.

Au cours de cet entretien au magazine édité par le groupe du quotidien Sud-Ouest, réalisé le 14 décembre, dont des extraits ont été publiés lundi, Emmanuel Macron déclare vouloir stimuler l’export avec « des conditions tarifaires beaucoup plus favorables ».

Il cite en exemple ce que « les Chiliens ont obtenu avec la Chine: la fin des droits de douanes ». Un accord de libre-échange entre les deux pays permet aux vins chiliens d’être exemptés de droits de douane depuis 2015 tandis que ceux des produits de l’Union européenne demeurent importants.

Concernant l’environnement, cet amateur de vin estime que le développement du secteur du vin biologique est « indispensable » car « les pesticides soulèvent de réelles questions et les agriculteurs en sont les premières victimes ». « Mais la réponse aux pesticides ne passe pas uniquement par le bio mais aussi
par l’innovation » et par l’évolution des méthodes de production, déclare-t-il, annonçant vouloir « créer une aide à l’innovation pour accélérer la transition vers une viticulture durable ».

Conscient qu' »il faut aussi accompagner les viticulteurs dans cette transition », le candidat du mouvement En marche! cite notamment le développement de cépages résistants ou encore des changements de pratiques pour « limiter l’utilisation de produits phytosanitaires ».

Dans cet entretien au bimensuel, Emmanuel Macron revient notamment sur l’assouplissement de la loi Evin, qui encadre la publicité pour les vins et les spiritueux. Le Parlement avait voté en novembre 2015 un amendement qui permet de différencier publicité et information. L’ancien ministre de l’Economie, qui avait dans un premier temps tenté d’inscrire cette distinction dans sa loi Macron, y est favorable car cela facilite la promotion de l’oenotourisme, qu’il veut « encourager en France ».

« Ce qui a été modifié dans la loi Évin n’en modifie ni la philosophie ni l’objectif. Mais cette évolution a permis de faire reconnaître la place de l’oenotourisme et donc la capacité laissée aux professionnels de diversifier leur activité et d’en faire la publicité », souligne Emmanuel Macron, pour qui le vin, « c’est l’âme française ».

Avec AFP.

25 Fév

Ils l’ont fait, ils ont osé, les Vignerons de Buzet sont pionniers dans le vin végétalien

On connaissait la Mégane voici le Végan. Rien à voir, sauf que c’est une affaire qui roule et risque d’être bancable pour les Vignerons de Buzet, qui ont toujours un train d’avance. Ils risquent de toucher les vrais de vrais, végétariens et vegétaliens. Une histoire qui colle, non ?

Vincent Leyre, Serge Lhérisson et David Bidegaray des Vignerons de Buzet © Jean-Pierre Stahl

Vincent Leyre, Serge Lhérisson et David Bidegaray des Vignerons de Buzet © Jean-Pierre Stahl

Les Vignerons de Buzet s’orientent vers l’élaboration de vins végétaliens, grâce à l’utilisation de « colles » d’origine végétale.

Le Domaine de Michelet des Vignerons de Buzet, vin biologique et sans sulfites ajoutés, appose le logo végan. La certification « végan » de ce vin garantit qu’aucun ingrédient d’origine animale n’entre dans son processus d’élaboration.

depuis la récolte 2016, tous les vins des Vignerons de Buzet correspondent aux principes de consommation des végétaliens.

Depuis la récolte 2016, nous avons substitué l’ensemble des colles classiquement utilisées par des colles 100% d’origine végétale »   Stéphane Chauvet, oenologue des Vignerons de Buzet.

Et d’ajouter : « Nous les utilisons uniquement lorsqu’elles sont nécessaires. En effet nous cherchons à réduire les intrants à toutes les étapes de l’élaboration de nos vins. »

 

Domaine de Michelet rouge vegan sans sulfites bio

Les Vignerons de Buzet ont commencé à utiliser des colles d’origine végétale depuis 2012 sur une partie de la production. Ce qui leur a permis de constater que cette substitution n’altérait en rien les qualités gustatives du vin.

Pour David Bidegaray, responsable marketing. « Le végétalisme est une pratique alimentaire très présente en Amérique du Nord et Europe du Nord, et en croissance en France. Ces consommateurs nous ont amenés à nous interroger et à proposer un vin correspondant à leur style d’alimentation » .


Les Vignerons de Buzet, précurseurs sur les questions sociétales liées au vin, de la vigne au verre, poursuivent donc là dans une logique à l’écoute des amateurs de vin et des évolutions sociétales.

La démarche a été initiée sur le millésime 2014 duDomaine de Michelet : un vin rouge labellisé végan et agriculture biologique et est sans sulfites ajoutés.

Avec Vignerons de Buzet.

Relire l’article focus sur les Vignerons de Buzet : « C’est à Buzet ! Ils s’engagent autrement…Les Vignerons de Buzet concilient depuis 10 ans viticulture et environnement »l

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Didier Bonnet et Eric Delwarde, réalisé en mars 2015 sur les vignerons de Buzet, montage Boris Chague :

14 Fév

Ségolène Royal présente des mesures : objectif « zéro pesticide »

La ministre de l’Environnement a annoncé mardi 14 février un ensemble de nouvelles mesures, visant à atteindre l’élimination totale de pesticides sur les exploitations agricoles, viticoles et horticoles. 

Ségolène Royale, la ministre de l'Environnement © gouvernement.fr

Ségolène Royale, la ministre de l’Environnement © gouvernement.fr

Nous lançons aujourd’hui une campagne nationale d’information intitulée « Zéro pesticide: c’est mille fois mieux pour ma santé et pour notre planète », Ségolène Royal 

Ségolène Royal en a profité pour dévoiler un « guide des solutions » à destination des communes. Celles-ci ne doivent plus utiliser de produits chimiques pour l’entretien de leurs espaces verts et de leur voirie, tout comme l’État et les établissements publics, depuis le 1er janvier 2017.

« Pour la première fois, la France a enregistré une baisse de 14 % des doses de pesticides utilisés par les collectivités et les jardiniers amateurs durant l’année 2015 », a annoncé Ségolène Royal. L’usage agricole de produits phytosanitaires a reculé aussi de 2,7 % sur la même période. L’objectif demeure : une réduction de 50% d’ici 2025 par rapport à 2008. 

Le ministère prépare deux autres arrêtés:

  • sur l’interdiction du bisphénol A dans les jouets
  • sur l’obligation de mentionner la présence de nanoparticules dans les produits de consommation.

Ségolène Royal s’est également engagée à agir pour que le prochain arrêté qui sera pris sur les épandages comprenne une distance minimale à respecter avec les riverains des zones agricoles, à la grande satisfaction des ONG, dont Générations futures.

Avec AFP

01 Fév

Salon Millésime Bio de Marseille : davantage de jobs avec les exploitations en bio

Selon une étude présentée au 25e millésime bio, le plus grand salon de vins bio du monde qui se tient pour la première fois à Marseille, une exploitation viticole biologique crée 1,5 fois plus d’emplois qu’une exploitation non bio.

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Ces emplois sont aussi plus stables que pour la viticulture non biologique : 34,6% des exploitations bio emploient un ou plusieurs salariés permanents contre 21,6% pour les exploitations non bio, selon l’enquête « le bio c’est bon pour l’emploi » réalisée par l’UMR Moisa (Supagro Montpellier/Inra). 71,49% des emplois sont à temps complet dans les exploitations bio contre 66,83% dans le non bio.

Les emplois sont aussi plus qualifiés.

Le bio demande 50% de main-d’oeuvre en plus, des personnes plus qualifiées et plus jeunes » que dans les exploitations traditionnelles, Patrick Guiraud, président de l’association
Sudvinbio.

« Ce sont souvent des bac + 2 », les cadres et techniciens y représentent 17,81 % contre 11,6% selon l’étude. La viticulture biologique attire aussi les femmes. « Beaucoup s’intéressent au bio et deviennent productrices », précise M. Guiraud.

« Le bio c’est être d’avantage à l’écoute de la plante », résume M. Guiraud, lui-même à la tête d’une exploitation viticole d’une centaine d’hectares dans le Gard où il cultive bio depuis 25 ans. Si la filière bio ne représente encore que 9,9% du vignoble français, elle a connu une expansion importante : de 2005 à 2015, la surface des vignobles bio a été multipliée par 3,5.

Sur 70.000 hectares cultivés en bio en France :

  1.  l’Occitanie arrive en tête avec 24.000 hectares en bio,
  2. suivie de la région Paca avec 16.000 hectares 
  3. l’Aquitaine avec 8.000 hectares.

Le salon du vin bio, organisé par Sudvinbio depuis 1993, réunit, du 30 janvier au 1er février, 902 exposants. « 40% de la production nationale y est présentée en volume », précise son organisateur. 16 pays sont représentés, avec, en tête l’Italie suivie de l’Espagne et de l’Autriche mais aussi des Chiliens et des Américains. Tous sont certifiés bio et sont contrôlés sur place par un organisme de certification. 5.000 visiteurs sont attendus. Cavistes, magasins spécialisés dans le bio, restaurateurs, les acheteurs viennent du monde entier.

L’enquête a été réalisée à partir du recensement agricole de 2010 sur 3.615 exploitations viticoles réparties dans toute la France (soit 70 % du nombre total d’exploitations en viticulture bio).

Avec AFP

Pour en savoir plus sur le salon Millésime Bio de Marseille

27 Déc

Réchauffement climatique: les cépages ancestraux au secours de la vigne

Sécheresse et chaleur: le réchauffement climatique brûle la vigne. Mais l’avenir pourrait bien se trouver dans le passé: les vignerons découvrent que les cépages ancestraux, sacrifiés sur l’autel du rendement, sont en fait plus résistants.

© Producteurs de Plaimont

© Producteurs de Plaimont

Sur une petite parcelle nichée entre châteaux et villages gersois, au milieu des champs de blé au chaume grillé par le soleil, quelques rangées de vignes hautes abritent 37 cépages. « Plant de Cauzette », « N°5 », « tardif », etc. Certains portent des noms qui tutoient le Moyen-Age. D’autres, estampillés « inconnus », n’ont pour l’instant qu’un numéro.

Ils ont été découverts lors de prospections débutées dès les années 90, puis amenés à Loussous-Débat (Gers), dans un conservatoire détenu par la coopérative Plaimont, qui produit 40 millions de bouteilles par an. C’est dans ce musée vivant de la vigne, le plus grand de France à fonds privé, que s’invente l’avenir du vin. On y teste des cépages qui sont autant de trésors oubliés, certains retrouvés dans des vignes datant d’avant la crise du phylloxera, qui a décimé la viticulture au XIXe siècle.

« Avant le phylloxera, il y avait beaucoup plus de cépages. Puis on a voulu faire du volume, alors on a favorisé quelques variétés à fort rendement, abandonnant les autres », explique André Dubosc, fondateur de Plaimont et vigneron depuis trois générations. « Mais aujourd’hui, c’est le retour du boomerang ». « Prenons l’exemple du manseng noir », explique Nadine Raymond, directrice Recherche et Développement chez Plaimont, en soupesant une grappe de raisin quasi-mûre. « Des archives de 1783 parlent de lui comme « celui qui fait le bon vin » mais, après le phylloxéra, on avait besoin de volume. Le tannat a donc remplacé le manseng noir ».

Aujourd’hui, c’est une véritable résurrection. « On en a retrouvé quelques pieds et on a découvert qu’il s’adapte au réchauffement climatique », explique la chercheuse de Plaimont, qui produit 98% de l’appellation Saint-Mont et 48% des Madiran.

2,5 degrés en plus depuis 1984

Le manseng noir fait « moins d’alcool », explique Mme Raymond. Alors que le tannat, cépage dominant des vins gersois, « peut atteindre parfois 16 degrés », soit un taux déjà maximal, précise André Dubosc. Or le réchauffement a déjà fait augmenter le taux d’alcool de 2,5 points entre 1984 et 2015, selon une étude du laboratoire Dubernet réalisée sur un échantillon de vins du Languedoc-Roussillon.

Le « stress hydrique fort », induit par la sécheresse, « bloque la maturité: le grain se concentre, il y a beaucoup de sucre et donc plus d’alcool », résume Jean-Louis Escudier, ingénieur de recherche INRA à Pech Rouge (Aude).

Il y a urgence: « depuis 2000, il s’évapore plus d’eau qu’il n’en tombe », avertit l’expert, se basant sur les relevés effectués dans son unité expérimentale de 34 hectares de vigne en bord de Méditerranée. Sur cette parcelle, l’ingénieur étudie cinq croisements entre vignes à vin et raisins de table qui avaient été plus ou moins oubliés et « qui mûrissent à environ 11 degrés ».
Au conservatoire de Plaimont, Nadine Raymond a, elle, découvert le « vitis vinifera N°5 », qui ne titre que 10 degrés. Mais elle a également mis la main sur un autre miracle, le bien-nommé « tardif », qui mûrit « une dizaine de jours plus tard » que le tannat. « Il est donc tout à fait idéal » car le réchauffement climatique, qui accélère le mûrissement, a déjà provoqué une avancée de deux à trois semaines des vendanges sur le dernier quart de siècle.

Le potentiel de découvertes ne s’arrête pas au sud-ouest. Sur les 6.000 cépages existants dans le monde (sans compter les hybrides), dont 550 en France, seuls 1.200 sont en production (237 dans l’Hexagone). Ainsi, à l’Inra Vassal (Hérault), dans la plus grande banque génétique mondiale de la vigne où sont plantés plus de 2.700 cépages de 54 pays, « il s’écoule deux mois entre le premier et le dernier qui mûrit », explique Thierry Lacombe, co-responsable scientifique de Vassal et ingénieur de recherche à l’Inra de Montpellier. « Cela laisse une formidable gamme de variabilité, une grande réserve de diversité ».

Avec AFP.

17 Déc

Vins, fromages : les appellations d’origine vont être encouragées à devenir plus vertes

Les producteurs de vins, fromages et autres aliments du terroir porteurs d’un label d’origine ou de qualité, vont être encouragés à suivre des principes de production plus agro-écologiques pour répondre à la demande des consommateurs.

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© france-fromage.com

Leurs noms fleurent bon les régions: du prestigieux Aloxe-Corton en Bourgogne au léger Vouvray de Loire, 98% de la viticulture française est organisée autour de 366 vins AOP/AOC (appellations d’origine protégées ou contrôlées), 74 IGP (Indication géographique protégée), et 54 IG d’alcools (Cognac..), qui lient les appellations
à un territoire délimité et/ou à des techniques de fabrication très précises.

Au total, la France compte plus d’un millier de ces produits, dont une cinquantaine de fromages, sous appellation. Certains sont connus dans le monde entier comme Roquefort ou Beaujolais. Une petite partie d’entre eux ont été pris en compte lors de l’accord commercial entre l’Union européenne et le Canada, CETA, qui prend effet le 1er mars, ce qui les garantit contre les contrefaçons à l’étranger.

A la demande du ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, l’établissement public qui certifie et accorde les labels de tous ces produits, l’INAO, a défini une quarantaine
de mesures agro-environnementales qui vont être proposées aux diverses appellations, afin qu’elles les intègrent à terme dans leurs cahiers des charges. A titre d’exemple, pour la viticulture et l’oléiculture (oliviers à huile), l’enherbement entre les rangées de cépages ou d’arbres, permettant de mieux capter et garder l’eau dans les sols devrait être encouragé.

Pour la production fromagère, c’est surtout le ratio d’alimentation du bétail qui devrait varier, via une augmentation des rations d’herbe ou de foin, et/ou une diminution des rations d’herbe ensilée. Ou la race de vache qui pourrait être unique pour tel ou tel fromage.

La liste des 40 mesures n’est pas publique, devant être validée au cours du premier trimestre 2017 par les différents comités de l’Inao. Certains organismes fromagers ont déjà manifesté l’envie de les intégrer dans leurs cahiers des charges, alors que la filière viticole aurait plutôt tendance à les ressentir comme une contrainte supplémentaire, selon le directeur de l’INAO Jean-Luc Dairien.

Dans un premier temps, la liste ne sera pas une obligation, ce sont des suggestions qui seront soumises aux organismes gérant les différentes appellations, souligne-t-il.
« Nous n’avons pas voulu mettre en place un dispositif contraignant, mais incitatif, qui pourra être valorisé au plan commercial« , a-t-il ajouté. Ensuite, une fois qu’une ou plusieurs mesures seront retenues dans les cahiers des charges, elles deviendront obligatoires. « Ces mesures répondent à des évolutions inéluctables » estime M. Dairien. « Dans les 20 ans à venir, l’agriculture prendra mieux en compte l’environnement, c’est le consommateur qui le réclame ».
« Les produits sous signe de qualité et d’origine ont un lien avec le terroir, et de protection de ces terroirs, ils ont une obligation d’exemplarité, c’est une condition de crédibilité », a-t-il ajouté. Outre les appellations, l’INAO pilote aussi les Labels rouges, garant d’une certaine qualité, accordés à ce jour à 434 produits.

L’un des derniers nés est un sapin de Noël coupé de type Nordmann ou Epicéa qui répond à certains critères de couleur, symétrie, homogénéité, décrits dans un arrêté d’homologation paru au journal officiel le 20 novembre.

Chaque année, l’INAO accorde appellations géographiques ou labels à une vingtaine de produits: 25 en 2014, 18 en 2015, et 25 en 2016.
Cette année, l’INA0 a octroyé 4 AOC (vin de Cairanne dans le Vaucluse, Kintoa et jambon du Kintoa issu d’une race de porc Pie-noir du Pays Basque, Cidre Cotentin), 1 AOP (abricots rouges du Roussillon), 12 IGP (parmi lesquels le sel Salies de Bearn, ou le jambon d’Auvergne) et 8 nouveaux labels rouges (dont le piment doux, pâté de foie de volailles supérieur, sapin de noël, rillettes de saumon).

AFP.

29 Nov

« Pulvérisons autrement » : les pistes d’amélioration avec des pulvérisateurs confinés à Vinitech-Sifel

Pulvérisons autrement », ce sont 750 m2 de stands consacrés à l’écophyto. L’objectif est de réduire et d’améliorer l’utilisation de produits phytosanitaires dans les parcelles de vignes. De nouveaux pulvérisateurs confinés sont exposés en ce moment au salon mondial des techniques viti-vinicoles, arboricoles et maraichères, ainsi que des protections humaines ad hoc.

Le Confin'Eco avec Laurent Tessier de chez Guyard © JPS

Le Confin’Eco avec Laurent Tessier de chez Guyard © JPS

Voici les dernières générations de pulvérisateurs. Tous comportent des tunnels de confinement. Ce sont des systèmes beaucoup plus étanches avec brosses avant et arrière pour ne cibler avec les buses que la vigne. Ils permettent de diminuer d’environ 30% la pulvérisation de produits.

« On met des tunnels sur les descentes traditionnelles, afin de limiter les embruns et la dispersion vers le haut », explique Laurent Tessier des Etablissements Guyard à Macau en Gironde. « On a équipé le sytème de brosses à l’avant et à l’arrière, pour fermer le passage de courants d’air que l’on avait sur des sytèmes traditionnels et augmenter l’étanchéité au feuillage. »

Patrick Guillory de la société Dagnaud devant le turbipano © JPS

Patrick Guillory de la société Dagnaud devant le turbipano © JPS

Autre innovation ici avec le turbi pano : ce sont des panneaux récupérateurs de produits phytosanitaires qui limitent aussi la dérive dans l’atmosphère.

Patrick Guillory, directeur commercial de la société Dagnaud à Montils (17) : »On voit que sur le bas de l’appareil, nous avons des turbines qui reprennent le produit. Les panneaux sont inclinés de façon à renvoyer le produit vers le haut de la cellule de traitement. Concrêtement le produit est réaspiré, remis en cuve et on retraite des hectares avec ce produit réaspiré. »

Au total, 750 m2 de stands sont consacrés à cette meilleur utilisation de produits phytosanitaires. Une campagne baptisée « pulvérisons autrement ».

« Cette prise de conscience maintenant est générale, on peut dire que les agriculteurs eux-mêmes, les viticulteurs, ont pris cosncience des risques. Ils souhaitent maintenant s’orienter vers de matériels qui protègent à la fois le voisinage et l’environnement », ajoute Philippe Reulet le référant Ecophyto et agro-écologie viticulture au sein de la DRAAF Nouvelle-Aquitaine.

Les EPI chez Axe-Environnemnt © JPS

Les EPI chez Axe-Environnemnt © JPS

Outre le voisinage, les ouvriers viticoles sont aussi au centre de la prévention sur ce site, avec la mise en avant d’EPI homologués par le Ministère du Travail avec  ces masques, combinaisons et gants de protection individuelle.

« Aujourd’hui, 18% des utilisateurs se protègent ;  c’est quand même un chiffre qui est très très bas », annonce Jérôme Texier responsable commercial d’Axe-Environnemment. « Avec des disparités importantes en fonction des protections : 85 % se protègent les mains, et aujourd’hui peu de gens se protègent le corps, d’où l’intérêt de développer des choses confortables pour les utilisateurs. »

Quant au coût, il faut compter entre 80€ et 200€ pour ces protections individuelles et 35000€ environ pour ces pulvérisateurs confinés.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Pascal Lécuyer et Stéphanie Plessis :

01 Nov

Affaire d’intoxication à Villeneuve : deux châteaux mis en examen

L’affaire avait fait grand bruit et ému jusqu’au Parlement en mai 2014. 23 élèves et une institutrice avaient été intoxiqués suite à des épandages de produits phytosanitaires, nécessitant une prise en charge par les secours. Suite à l’ouverture d’une information jusdiciaire contre X , voici deux châteaux mis en examen pour « usage inapproprié de produits phytopharmaceutiques. » L’affaire avait été classée dans un premier temps mais la Sepanso avait fait appel, rejointe par Générations Futures.

L'école de Villeneuve-de-Blaye en question © France Aquitaine

L’école de Villeneuve-de-Blaye en question © France Aquitaine

C’était début mai 2014, 23 enfants de d’une école primaire du Nord-Gironde, à Villeneuve de Blaye, étaient pris de picotements à la gorge, d’irritations yeux ou encore de nausées…Idem pour leur institutrice transportée à l’hôpital de Blaye. Un ressenti et des symptômes qui obligèrent le directeur de l’école à confiner les enfants à l’intérieur de l’établissement et alerter le médecin scolaire. Ce jour-là, deux propriétés viticoles étaient en train de traiter leurs vignes sur des parcelles proches de l’école.

Les domaines d’appellation Côtes de Bourg, Château Escalette et Château Castel La Rose, ont été mis en examen le 17 octobre pour « usage inapproprié de produits phytopharmaceutiques », dans le cadre d’une information judiciaire ouverte fin 2015 par le Parquet de Libourne.

« Cette mise en examen qui est une première en Gironde est quelque chose de salutaire et en tout cas indique qu’il y a de sérieux dysfonctionnement dans l’épandage et dans la façon d’utiliser ces produits à risques » commente Daniel Delestre qui a déposé une plainte contre X en tant que Président de la Sepanso.

Daniel Delestre, président de la Sepanso Gironde © JPS

Daniel Delestre, président de la Sepanso Gironde © JPS

 « Cela va constituer pour nous, et on l’espère, un électrochoc qui permettra à l’ensemble de la profession à se sensibiliser à la dangerosité des produits qu’ils utilisent.  Il faut quand même rappeler qu’il y a une vingtaine d’élèves et une institutrice qui ont été intoxiqués, c’est quand même un événement inadmissible, et il faut réagir, la collectivité se doit de réagir. Et la Sepanso dont le but est de protéger la santé et l’environnement se devait de réagir ».

Il n’est pas admissible que de tels événements se reproduisent. En Gironde la viticulture, c’est un élément de richesses, il n’est pas question pour la Sepanso de « flinguer la viticulture », il est question d’amener à des pratiques respectueuses de la santé, de l’environnement et du voisinage » Daniel Delestre Président de la Sepanso.

Mais une enquête administrative avait établi que les produits utilisés ce jour-là étaient autorisés, régulièrement utilisés en viticulture, mais suggérait que l’épandage « à proximité de l’école s’est déroulé dans des conditions inappropriées sans qu’aient été prises toutes les précautions pour le voisinage ». Deux domaines, l’un certifié bio, l’autre conventionnel, avaient traité ce jour-là sur leurs parcelles.

Après avoir initialement classé l’affaire sans suite, la justice avait ouvert une information judiciaire contre X…, après plainte de la Sepanso, cette fédération d’associations de défense de l’environnement du Sud-Ouest, qui s’est constituée partie civile, suivie par l’association Génération Futures, qui lutte contre le recours aux pesticides dans l’agriculture et plus particulièrement dans la viticulture.

Pour le président du Syndicat des Côtes de Bourg, dont font partie ces deux châteaux, Jean-Samuel Eynard : « Au moment de cet incident, il n’y avait pas de restriction d’horaires pour traiter autour des écoles, des établissements de santé et des terrains de sport. S’il y a eu erreurs, elles doivent être sanctionnées, il n’y a aucun problème, par contre aujourd’hui il me paraît souhaitable voire indispensable de respecter la présomption d’innocence »

Et alors que le débat reprenait depuis l’annulation par le Conseil d’Etat de l’arrêté réglementant les conditions d’épandages, Manuel Valls, en visite au château Luchey-Halde, avait indiqué que le futur arrêté en préparation réglementant l’usage de pesticides sera «pour l’essentiel» celui de 2006, avec des « précautions nouvelles. »

Avec AFP

28 Oct

Arrêté sur l’usage des pesticides : le prochain reprendra pour l’essentiel les mesures de 2006 selon Manuel Valls

Le Premier Ministre, Manuel Valls, a assuré jeudi que le futur arrêté réglementant l’usage de pesticides sera « pour l’essentiel » celui de 2006, retoqué par le Conseil d’Etat pour une question de forme, mais avec des portes ouvertes à des précautions nouvelles liées à la technologie, aux pratiques.

Pulvérisation de produits phyto-sanitaires © JPS

Pulvérisation de produits phyto-sanitaires © JPS

POUR L’ESSENTIEL CALQUE SUR 2006

« Le nouvel arrêté, tant dans son architecture que dans les mesures de fond, sera pour l’essentiel le même que celui de 2006 », a déclaré le chef du gouvernement lors d’une rencontre avec des représentants de l’interprofession des vins de Bordeaux et de la Chambre d’agriculture, en marge d’un déplacement en Gironde.

En juillet, le Conseil d’Etat avait annulé l’arrêté ministériel du 12 septembre 2006 encadrant l’utilisation des produits phytosanitaires, au motif qu’il n’avait pas été soumis à la Commission européenne pour avis.

Ce texte, caduc au 7 janvier 2017, stipulait notamment que « des moyens appropriés doivent être mis en oeuvre pour éviter l’entraînement (des pesticides) hors de la parcelle ou de la zone traitée », intégrant de nombreux facteurs comme la force du vent, la proximité d’un cours d’eau ou d’une zone riche en biodiversité, la durée du traitement, etc.

Le futur texte « ne sera pas en recul » par rapport à 2006, a affirmé jeudi Manuel Valls, face à des professionnels de la viticulture, grosse consommatrice de pesticides, notamment inquiets de possibles entraves à leur usage à proximité de toutes zones habitées, indépendamment des précautions.

DE NOUVELLES PRECAUTIONS

Mais le Premier ministre a aussi indiqué que le futur texte devra, si des « mesures consensuelles » se dégagent, intégrer de nouvelles précautions « car la société française toute entière regarde avec plus d’acuité les questions de santé et de protection de la biodiversité ».

Manuel Valls a aussi insisté sur les leviers, autres que réglementaires, qui doivent être actionnés « pour atteindre une meilleure protection des exploitants agricoles eux-mêmes, de leurs ouvriers agricoles, des riverains, des cours d’eau et de la biodiversité »: notamment l’amélioration du matériel d’épandage, le recours à des produits de substitution moins dangereux, auxquels les producteurs de phytosanitaires seront de plus en plus soumis, et des changements de pratiques, plus économes en produits sanitaires.

Le futur arrêté, fruit d’un travail interministériel (Agriculture, Environnement, Santé), doit faire l’objet d’un avis du Comité national sur les pratiques fertilisantes et supports de cultures, attendu en novembre, puis d’une consultation publique avant d’être transmis à la Commission Européenne, rappelle-t-on dans l’entourage ministériel. Et il n’y aura pas de « vide juridique » sur les épandages, le texte de 2006 restant en vigueur jusqu’au prochain arrêté, souligne-t-on de même source.

Par ailleurs, le contenu du futur arrêté est aussi l’objet de toutes les attentions des opposants aux pesticides, qui craignent un affadissement des mesures de protection, déjà fortement insuffisantes, selon eux, en raison de l’influence tant du groupe de pression viticole, que de l’industrie phyto-sanitaire.

AFP.

17 Oct

Les associations anti-pesticides tirent une nouvelle sonnette d’alarme

Un arrêté de 2006 a été abrogé, il réglementait les règles pour utiliser les pesticides notamment sur la force du vent (pas plus de 19km/h) et sur les délais pour rentrer sur les parcelles (48h). Les associations de lutte contre les pesticides et les jeunes écologistes réclament des mesures plus protectrices pour les professionnels engagés dans les différentes cultures et notamment la vigne, ainsi que pour les riverains et les consommateurs.

Pulvérisation de produits phyto-sanitaires © JPS

Pulvérisation de produits phyto-sanitaires © JPS

L’Association Nationale Pommes Poires (ANPP) a obtenu le 6 juillet 2016 l’abrogation d’un arrêté de 2006 fixant les règles en matière d’utilisation de pesticides avec notamment des articles portant sur les périodes où ces pulvérisations ne peuvent pas se faire (force du vent, délais de rentrées sur les parcelles, zones sans traitement près des cours d’eau)

Pour le Collectif Info Médoc Pesticides, le projet en cours d’élaboration au ministère de l’Agriculture serait un véritable retour en arrière,  eu égard à « la mise en danger de la vie d’autrui« . Car celui-ci propose « une mesure gravissime de réduire le délai de rentrée de 48 h à 6 h sous condition du port d’EPI (Equipement de Protection Individuelle) ». « Cette réduction serait autorisée dans le cas de « circonstances exceptionnelles« .  

Marie-Lys Bibeyran à la tête du Collectif Info Médoc Pesticides © JPS

Marie-Lys Bibeyran à la tête du Collectif Info Médoc Pesticides © JPS

« On ne peut pas aujourd’hui envisager, accepter de rentrer dans une parcelle qui a été traitée depuis 6 heures, équipé d’un équipement de protection individuel, dont on connaît l’inefficacité ou tout du moins l’insuffisance, et cela c’est absolument inacceptable », explique Marie-Lys Bibeyran. Moi,  personnellement, en tant que travailleur agricole, je refuserais de rentrer au bout de 6 heures. Mais combien vont être coincés entre l’obligation de travailler et la protection de leur santé ? »

Pour cette association, « le risque serait  un accroissement des difficultés d’accès à la reconnaissance de maladie professionnelle. Un travailleur agricole malade ne se verrait-il pas oppsoer le fait de ne pas avoir respecté l’obligation légale du port des EPI ?

Cyril Giroud de Générations Futures © JPS

Cyril Giraud de Générations Futures © JPS

Par ailleurs, Générations Futures, le Collectif Alerte Pesticides et les Jeunes Ecologistes de Bordeaux-Aquitaine considèrent qu' »il faut maintenir cette interdiction de pulvériser lorsque le vent est supérieur ou égal à 3 Beaufort. » Et de préconiser la mise en place de manches à air sur les parcelles traitées par exemple.  On se souvient que lors de l’affaire de Villeneuve de Blaye en mai 2014 où une vingtaine d’élèves et leur institutrice avaient été intoxiqués,  la force du vent était mise en cause (supérieur à 3 Beaufort), le dossier est aujourd’hui à l’instruction.

Quant aux conséquences sur les riverains et les promeneurs, une information devrait être partagée pour « alerter par exemple les promeneurs que la parcelle vient ou va êter traitée par des pesticides de synthèse CMR ».

Ils réclament par ailleurs une reconnaissance de zones non traitées (ZNT) pour réduire l’exposition immédiate des populations, fonction de la toxicité des produits et du type de cultures concernées (notamment pour celles à forte dispersion comme les cultures hautes). De même, ce type de zones « ZNT le long des fossés limiterait grandement la contamination des eaux. »

Joint par téléphone, le Ministère de l’Agriculture a confirmé que l’arrêté serait pris avant la fin de l’année, avant un délai de six mois depuis l’abrogation du précédent arrêté, celui pris dix ans plus tôt.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Didier Bonnet, et Sarah Paulin :