18 Mai

C’est aujourd’hui la sortie du guide de Jacques Dupont, l’occasion de reparler de ce fabuleux 2016 et de sa mise sur le marché

« Bordeaux, le millésime 2016 » vient de sortir dans les kiosques. Le guide de Jacques Dupont consacre 50 pages d’analyses très poussées au terme de 4 semaines de dégustations à Bordeaux. 818 vins ont été sélectionnés avec une note globale à souligner de 19 pour les rouges. Retour sur ce millésime grandiose avec propriétaire, maître de chai, courtier, négociant et bien sûr Jacques Dupont, interviewé par Côté Châteaux.

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Pascal Bosq et son maître de chai, Samuel Gavan, au château Liouner ont obtenu un 15/20 et un coup de coeur par Jacques Dupont © Jean-Pierre Stahl

Vigneron à Listrac,  Pascal Bosq vient de décrocher une bonne note de 15 sur 20 par le Point, une consécration pour ce viticulteur et son maître de chai australien Samuel Gavan. Ce 2016 va compenser en partie les lourdes pertes car ses vignes ont gelé à 70% il y a 3 semaines.

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« C’est vrai qu’on était parti sur quelque chose de magnifique, on était parti sur une récolte 2017 qui s’annonçait belle en quantité mais malheureusement il y a quelques jours en arrière on a gelé et on a beaucoup perdu 100% par endroits, 50% à d’autres », témoigne Pascal Bosq du château Liouner :

2016, ça va faire passer ce 2017 certes, nous on en est ravi, aujourd’hui on voit qu’on a été bien noté par différent journalistes, notamment dans le Point  on en est ravi que les gens voient que Liouner augmente petit à petit dans sa qualité, dans sa démarche et cela nous fait très plaisir », Pascal Bosq château Liouner.

Et de compléter :« Ce 2016, qui était sur le fruité, il a fallu préserver ce fruité et mettre en avant ce millésime là, sur le fruité mais aussi sur le côté tanique qu’il a, mais surtout sur le fruité. » L’expertise de son maître de chai y a été pour quelque chose, ce dernier a fait prendre au château Liouner différentes barriques pour élever ce fabuleux nectar avec des chauffes moyennes ou pas trop fortes, et en 500 litres s’il vous plaît.

Jacques Dupont et Olivier Bompas, les journalistes du Point ont dégusté durant 4 semaines à Bordeaux © Jean-Pierre Stahl

Jacques Dupont et Olivier Bompas, les journalistes du Point ont dégusté durant 4 semaines à Bordeaux © Jean-Pierre Stahl

Mis sur le grill par Côté Châteaux, Jacques Dupont et son compère Olivier Bompas du Point, ont sillonné durant 4 semaines le vignobles de Bordeaux pour déguster ce millésime 2016, globalement ils attribuent une note de 19 pour les rouges, c’est dire si le millésime est grandiose, 14 pour les blancs secs et 16 pour les liquoreux.IMG_5341

Je dirais que c’est un millésime de fraîcheur, il y a à la fois de la densité et à la fois de la fraîcheur, c’est vraiment un très très beau millésime à Bordeaux, cela fait très longtemps qu’on n’a pas eu un millésime de ce type là, Jacques Dupont journaliste du Point.

Basile Tesseron : coup de coeur et 16,5-17 © JPS

Basile Tesseron : coup de coeur et 16,5-17 © JPS

Et de compléter : « on avait eu des millésimes de chaleur avec beaucoup d’alcool finalement, et là on a de nouveau un vin frais avec de l’acidité, il ne faut pas oublier que le vin c’est une boisson acide au départ. Ce qui fait aussi que les grands Bordeaux se gardent, c’est la fraîcheur qu’il y a à l’intérieur, l’acidité et on renoue avec cela et cela fait très plaisir ».

La soirée du Point au Bistrot du Sommelier ce jeudi soir pour ce millésime grandiose © JPS

La soirée du Point au Bistrot du Sommelier ce jeudi soir pour ce millésime grandiose © JPS

Pour ces journalistes du Point, les appellations au top sont Saint-Estèphe, les crus bourgeois ou assimilés du Médoc, Blaye, Bourg et les Bordeaux Supérieurs. Et de donner un tuyau : « en grande année, il faut acheter dans les appellations peu chères » Dans leur nouveau guide sorti ce jeudi, ils ont sélectionné 818 vins dont 181 à moins de 10 euros.

Le château Doyac, en Haut-Médoc, avec Max et Astrid de Pourtales, a obtenu un coup de coeur et 15 par Jacques Dupont © JPS

Le château Doyac, en Haut-Médoc, avec Max et Astrid de Pourtales, a obtenu un coup de coeur et 15 par Jacques Dupont © JPS

« Bordeaux a eu deux chances : 1, un rendez-vous avec la météo tout au long de l’année impeccable, c’est même miraculeux car on a eu très peur tout au long de l’année, il a plu énormément, et puis tout-à-coup pour la floraison on a eu une petite semaine d’éclaircies, après il y a cette canicule de l’été, cette sécheresse terrible et à la fin la pluie qui arrive juste en sauveur, en zorro qui arrive au dernier moment et puis après un été indien formidable, tout cela a fait une très belle maturité sur les rouges

Hugo et Adrien Bernard, du Domaine de Chevalier, avec une note de 17 pour le 2016 et avec autre bon millésime de Bordeaux le 1986 © JPS

2, et puis il y a un deuxième phénomène qui se passe à Bordeaux, c’est que c’est la fin de la période Parker et des vins qui voulaient en démontrer beaucoup plus qui étaient tout en apparence, tout en chromes…des vins pour plaire au marché international. Mais cette époque là est finie, on renoue avec les vais Bordeaux et cela me fait très plaisir.

Thierry Decré, le PDG de LD Vins © JPS

Thierry Decré, le PDG de LD Vins © JPS

Ce millésime grandiose s’arrache déjà dans les maisons de négoce, commercialisé en primeur depuis 3 semaines, comme ici chez LD Vins, l’une des plus importantes et plus fameuses maisons de négoce de Bordeaux: 

 « On a beaucoup de demandes, on a pour l’instant des augmentations raisonnables, elles sont entre 10 et 15 %, on va peut-être maximiser jusqu’à 20 sur un grand millésime  et je pense qu’encore une fois on va pouvoir vendre nos vins dans le monde entier, on a une vraie demande sans exception de tous les pays du monde. » Thierry Decré PDG de LD Vins.

Un très joli début de campagne de primeurs 2016 chez LD Vins © JPS

Un très joli début de campagne de primeurs 2016 chez LD Vins © JPS

Yann Gestin, courtier de grands crus de Bordeaux pour Oenomedia confirme :  « le début de campagne a très bien commencé, les négociants ont envie d’acheter, de revendre et de se constituer du stock » car il faut reconnaître que « le 2016 s’est super bien goûté durant les primeurs, plein de fruit, très mûr, avec une bonne tension en bouche ».

Bordeaux revient dans la course, sur les grands vins, le 2016 arrive après deux autres grands millésimes 2014 et 2015, le marché est en train de redémarrer », Yann Jestin courtier en vins.

Yann Gestin, courtier en vins Oenomedia © JPS

Yann Gestin, courtier en vins Oenomedia © JPS

Quant à savoir si le gel aura une incidence ? « L’épisode de gel a un petit peu freiné les propriétaires, certains gardent un petit stock, compte tenu que la récolte 2017 sera faible mais les baisses de volumes de mise en marché seront assez faibles et de l’ordre de 10 à 15 % »

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Fort heureusement la production du millésime 2016 a été importante à Bordeaux avec 5,8 millions d’hectolitres, de quoi rassurer et contenter tout le monde.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Sébastien Delalot et Corinne Berge :

25 Déc

Et une petite vendange tardive en Jurançon pour bien terminer l’année

Ce sont des vendanges tardives qui se sont déroulées cette semaine en Jurançon au château de Navailles. Un travail méticuleux de ramassage de ces grains chargés en sucre pour obtenir un divin nectar.

De belles vendanges tardives en Jurançon à Aubertin © France 3 Aquitaine

De belles vendanges tardives en Jurançon à Aubertin © France 3 Aquitaine

Nous sommes à Aubertin, dans les rangs de vignes du château de Navailles. Progressivement, on retire les filets de protection contre les oiseaux. Derrière apparaissent enfin ces grappes de raisin qui vont donner ce vin très apprécié en ces fêtes de fin d’année :

« La belle grappe, c’est celle-là, vous voyez les raisins ils sont bien passeriés. « Il y a très peu de jus, mais ça a le goût de nèfle, de figue, c’est le top de la grappe, ça fait un très bon jus après » « , précise Pierre Pommé, le Chef de Culture de la Cave de Jurançon.

Le vignoble de Jurançon est un des rares en France à mener de telles vendanges tardives. Un production, certes marginale pour la cave de Jurançon, avec environ 1% de la production et 50000 bouteilles, mais importante en terme d’image.

C’est la preuve d’un réel savoir-faire de ces vins très riches et très puissants.

Regardez le reportage réalisé en début de semaine par Eric Poussard et Elie Gonzalez, montage Rémi Grillot :

23 Nov

Bordeaux s’attend à un millésime 2016 remarquable, voire exceptionnel

Attention, à Bordeaux le 2016 s’annonce très très bon ! Tous les viticulteurs sont heureux des quantités rentrées dans leurs chais, aussi importantes que pour le 2009. La qualité est déjà là, mais une fois l’élevage fait et les assemblages réalisés, le millésime 2016 pourrait affoler le marché. Rendez-vous à la campagne des primeurs…

Benoît-Manuel Trocard du château Barbey à Saillans en Gironde © JPS

Benoît-Manuel Trocard du château Barbey à Saillans en Gironde © JPS

Dans les chais de Fronsac, le millésime 2016 poursuit doucement son élevage… Mais déjà, Benoît-Manuel Trocard, du château Barbey à Saillans, peut avancer que cette cuvée sera d’un bon niveau et très fruitée :

cuves inox et fronsac 060 » en juillet et août, nous étions très inquiets car nous n’avions quasiment que des raisins de Corinthe par manque de pluie, et puis on a eu beaucoup de chance, c’est-à-dire que presque un mois avant les vendanges, il a commencé à pleuvoir un petit peu, on a reçu 40 millimètres en deux fois. Du coup, cela a fait gonfler les baies de raisins… »

cuves inox et fronsac 068On se retrouve avec des vins très équilibrés, très puissants et très marqués par ces notes de fruits rouges« , Benoît-Manuel Trocard du château Barbey.

Le château de la Rivière en AOC Fronsac © JPS

Le château de la Rivière en AOC Fronsac © JPS

Au château de la Rivière, Xavier Buffo, son directeur général, n’avait pas vu autant de quantité et de qualité réunies depuis fort longtemps. Il trouve avec les anciens que, de ce point de vue (quantité + qualité), ce millésime se rapproche du 1990.

cuves inox et fronsac 081« C’est un millésime en quantité très intéressant et en qualité aussi, les jus écoulés sont deja très riches, très colorés, très puissants aromatiquement et on a des tanins qui laissent présager une qualité  d’élevage très forte car les tanins sont déjà très agréables, très élégants… », selon Xavier Buffo.

Xavier Buffo, directeur général du château de la Rivière © JPS

Xavier Buffo, directeur général du château de la Rivière © JPS

Des raisins concentrés, avec des degrés en alcool soutenus, et ce qu’il faut d’acidité. Les rendements conséquents donnent le sourire à l’ensemble des viticulteurs du bordelais: ca fait beaucoup de bien sur la place de Bordeaux, explique Allan Sichel, le Président du Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux.

cuves inox et fronsac 050Cela fait depuis le millésime 2009, qu’on n’a pas eu des rendements aussi importants« , Allan Sichel président du CIVB.

Allan Sichel et les 60 AOC de Bordeaux © JPS

Allan Sichel et les 60 AOC de Bordeaux © JPS

Le CIVB estime d’ores et déjà que la production cette année devrait être de 5,7 millions d’hectolitres, mais il faudra attendre le 10 décembre au moins pour affiner ces chiffres, car les exploitants ont jusqu’à cette date pour faire leur déclaration de (bonne) récolte pour 2016.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Thierry Julien, Olivier Pallas et Vincent Issenhuth :

07 Oct

Angélus s’attend à un millésime 2016 « rayonnant »

« Le Rayonnant » c’est ainsi qu’a été baptisé le millésime 2016 alors même que les vendanges ont débuté, paisibles, à la carte, permettant d’espérer et d’attendre un nouveau grand millésime à Angélus.

L'équipe d'Angélus avec au centre Sophie de Boüard-Rivoal et Hubert de Boûard © Angtélus

L’équipe d’Angélus avec au centre Stéphanie de Boüard-Rivoal et Hubert de Boüard © Angtélus

« Rayonnant à l’image du soleil qui a régné quasiment sans partage sur les vignes durant les trois mois d’été. Rayonnant comme un millésime qui s’annonce d’ores et déjà surprenant et exceptionnel.

Trois mois d’été sans eau : de mémoire de vigneron, on n’avait jamais vu ça à Saint-Emilion ! Si la floraison s’est bien passée malgré une pluviométrie très abondante (environ 750 mm, ce qui correspond au cumul de pluie dans une année sèche à Bordeaux), le beau temps s’est installé dès la dernière semaine de juin, et, fait rarissime, n’a plus cessé jusqu’aux vendanges.

Le mois de juillet fut ensoleillé mais plutôt frais avec des nuits froides. A la fin du mois de juillet, la température de l’océan était très inférieure aux températures habituelles à cette période. Et pas une goutte d’eau.

Août a vu les températures grimper avec quelques jours de canicule, au-delà de 35 degrés. Cependant, l’amplitude nuit/jour était de 1 pour 2 durant tout le mois, ce qui est très favorable à l’expression aromatique des raisins du vignoble et au maintien de la fraîcheur du fruit. A cela s’ajoute une quasi absence de pluie, 5 à 8 mm, ce qui n’est rien ou le strict minimum pour permettre à la plante de s’hydrater. C’est alors que les très jeunes vignes commencent à souffrir. Les vignes plus anciennes, particulièrement sur les sols argileux et/ou calcaires, résistent, elles, magnifiquement bien (le calcaire et l’argile se comportent comme une éponge qui s’engorge en période humide et redistribue l’eau pendant les périodes sèches).  

En plus de 35 ans, c’est aussi la première année sans orages les 14 juillet et 15 août !

En septembre, l’été a continué et avec lui la chaleur : des températures de 28, 30 degrés au quotidien. Si, à la mi-septembre, un gros orage est annoncé faisant trembler toute la famille et les équipes, les gros nuages blancs et gris menaçants se transforment finalement en une pluie bienfaitrice. 19 puis  4 mm. Cette eau tombée du ciel vient redonner énergie, force et respiration au vignoble. Puis, le beau temps revient très vite. La maturation des tanins s’effectue lentement et les premières vendanges débutent maintenant pour les grands vins. Les fraîcheurs des nuits d’été ont préservé les arômes et l’acidité.

Les perspectives climatiques des deux prochaines semaines laissent envisager des vendanges paisibles et à la carte pour un millésime 2016 grand, inattendu et rayonnant à l’image de cet été incroyable qui a décidé de son destin et façonné son identité ».

Selon Angélus.

06 Oct

18e vendanges de l’aéroport de Bordeaux-Mérignac : sous les meilleures auspices

Ce sont 50 chefs d’entreprises qui cette année encore ont retroussé leurs manches pour récolter les grappes de raisin des 18e vendanges de l’aéroport. Un vignoble entretenu par Olivier Bernard et ses hommes du Domaine de Chevalier.

Les chefs d'entreprises vendangeurs hier pour les 18e vendanges © Florence Rico-Faya

Les chefs d’entreprises vendangeurs hier pour les 18e vendanges © Florence Rico-Fayad

C’est la seule parcelle au monde plantée à l’entrée d’un aéroport. Et quelle parcelle, sans doute l’une des plus petites au monde avec ses 15 ares mais qui produit énormément de bouteilles… C’est ça la magie des vendanges de l’aéroport : des chefs parmi les chefs d’entreprises qui produisent chaque année le meilleur des millésimes sous le nom « la Croix de Guyenne ».

Le tablier de ce nectar La Croix de Guyenne à la croisée des chemins et du 45e parralèle  © Florence Rico-Fayad

Le tablier de ce nectar La Croix de Guyenne à la croisée des chemins et du 45e parralèle © Florence Rico-Fayad

Ils étaient une cinquantaine de dirigeants d’entreprises hier à s’équiper de sécateurs, paniers et tabliers pour récolter ce fameux 2016; un moment convivial car quelque soit l’année, le temps, les intempéries,… ce sont 1200 bouteilles qui seront produites par ce vignoble envié du monde entier. Un moment de partage aussi où l’on pouvait déguster le millésime 2012, avec un bout de pain et de saucisson.

Pour cette année, le monde de l’entreprise a été de nouveau mis à l’honneur avec la participation Clubs d’entreprise ou associations de commerçants lauréats de «Challenges» et «Initiatives», deux concours qui récompensent des projets innovants pour les territoires. 

Et voici les vendanges vues du ciel, quoi de plus normal à l'aéroport ! © ccib/agence appa

Et voici les vendanges vues du ciel, quoi de plus normal à l’aéroport ! © ccib/agence appa

Ce vignoble planté à 10 000 pieds à l’hectare est tenu de main de maître par le Domaine de Chevalier et son célèbre propriétaire Olivier Bernard, qui tout au long de l’année s’occupe de tout : taille, ébourgeonnage, pliage, épamprage, levage, dédoublage, vendange verte, effeuillage et bien sûr vendange manuelle.

Les deux parcelles de vigne sont plantées à l’instar des plus grands crus du bordelais (densité de plantation la plus élevée) à 40 % de cabernet sauvignon et à 60 % de merlot. Son terroir est constitué de sable noir et de fines graves blanches reposant sur un sous-sol de graves argileuses qui assure une alimentation hydrique d’une grande qualité, de quoi donner de très grands vins.

03 Oct

Des vendanges de plus en plus féminines en Médoc

Le château du Taillan, comme le château de la Lagune, ont écrit une page récente de leur histoire au féminin. A la tête de chacun des deux domaines, des propriétaires, mais aussi des responsables techniques et maîtres de chais femmes qui toutes démontrent un savoir-faire et une expertise extraordinaires.

Armelle Cruse, co-propriétaire du château du Taillan avec

Armelle Cruse, co-propriétaire du château du Taillan avec Noëlle Bellido, conductrice de la machine à vendanger © JPS

Au château du Taillan, on vit cette année des vendanges presque quasi féminines. Et pour cause, c’est Noëlle Bellido qui conduit la machine à vendanger, en tant que prestataire de services de la société Pascal Romain à Lussac.

VENDANGES AU FEMININ EN MEDOC 055« C’est assez bien perçu, une fois qu’on nous a vu travailler, je dirais, car ils s’aperçoivent qu’on est assez douce, on fait attention, on respecte la vigne », selon Noëlle Bellido.

Armelle Cruse, oenologue, gérante et co-propriétaire du château du Taillan © JPS

Armelle Cruse, oenologue, gérante et co-propriétaire du château du Taillan © JPS

Avoir recours à une femme conductrice d’engin ne fait pas peur à Armelle Cruse, oenologue et gérante du château du Taillan. Elle-même a été très tôt, à 27 ans, en responsabilités, avec ses 4 soeurs, héritant du domaine de leur père disparu trop rapidement.

Le château du Taillan avec la vue sur ses vignes © JPS

Le château du Taillan avec la vue sur ses vignes © JPS

Armelle Cruse commente : « Ca me tient à coeur de leur donner leur chance, parce que pour moi par exemple, il a fallu que je me batte pour avoir la place que j’ai, et donc dans le monde du vin, c’est vrai que ce n’est pas toujours évident pour les femmes. »

Des journalistes chinois venus ce matin au château du Taillan © JPS

Des journalistes chinois venus ce matin au château du Taillan © JPS

Armelle Cruse a été à l’origine de la création de l’association des Médocaines, des femmes-propriétaires de châteaux du Médoc qui depuis 2005 ont fait parlé d’elles et ont réussi à se faire une place dans ce monde quelque peu macho à la base.

VENDANGES AU FEMININ EN MEDOC 078Depuis 4 mois, Armelle Cruse vient de lancer également une étoile montante et de l’embaucher comme responsable technique : Joséphine Duffau-Lagarrosse (dont le père Vicent tient le domaine familial à Saint-Emilion), elle est oenologue titulaire d’un DNO mais aussi ingénieur agronome de l’ancien Enita, sans parler de son master de commerce international de l’ESC Dijon. Derrière elle, elle a une expérience en Nouvelle-Zélande, au Mexique et en Californie… On comprend pourquoi Armelle s’est précipité à lui donner sa chance.

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Joséphine Duffau-Lagarrosse, responsable technique du château du Taillan © JPS

« On travaille comme n’importe quel viticulteur, que ce soit un homme ou une femme, après ma différence, ce n’est pas que je sois une femme mais le fait que je soit jeune. »

Caroline Frey, depuis 2004 et l'âge de 26 ans à la tête de La Lagune © JPS

Caroline Frey, depuis 2004 et l’âge de 26 ans à la tête de La Lagune © JPS

A la tête du château La Lagune, depuis l’âge de 26 ans, Caroline Frey, oenologue, a été aussi l’une des plus jeunes à manager des équipes et à changer doucement mais sûrement le mode de culture du domaine : « il y a une sensibilité qui est la mienne…et j’ai réussi à la faire passer à toute l’équipe.

VENDANGES AU FEMININ EN MEDOC 120Moi je suis arrivée avec beaucoup d’humilité et de modestie, très respectueuse de ce qui s’était fait par le passé même si j’avais quelques idées déjà, de petites choses à améliorer : on a amorcé tous ces changements très progressivement, il y avait une volonté de ma part de passer en viticulture biologique, mais tout cela s’est fait dans le temps en une dizaine d’années ».

VENDANGES AU FEMININ EN MEDOC 111Depuis cette année 2016, La Lagune est certifiée bio et effectue ses premières vendanges certifiées sur tout le domaine.

VENDANGES AU FEMININ EN MEDOC 137Des vendanges suivies aussi avec une attention particulière par un maître de chai au féminin : Maylis de Laborderie:

Maylis de Laborderis, maître de chai du château de La Lagune © JPS

Maylis de Laborderie, maître de chai du château de La Lagune © JPS

« Un vin différent pas vraiment (par rapport aux hommes), disons qu’on apporte beaucoup plus de précision et de rigueur. La touche féminine, c’est pour moi apporter la précision surtout notamment dans les assemblages. »

Des destins de vigneronnes qui intéressent, outre Côté Châteaux, également la presse spécialisée étrangère : ainsi des journalistes chinois (dont la RVF Chine) sont venus faire un reporatge ce matin sur le château du Taillan, à l’occasion de ce coup d’envoi des vendanges en rouge dans le Médoc.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl et Nicolas Pressigout

30 Sep

Rouge sur rouge, c’est que du bonheur !

Quand le soleil paraît, les vendanges en rouge peuvent commencer… Le roi des astres marié aux matinées fraîches, et après juste ce qu’il fallait de pluie, ce cocktail invraisemblable va donner un résultat à la hauteur de ces images : une bonne année pour le rouge !

Quand Rochemorin s'éveille, c'est que les vendangeurs arrivent... © JPS

Quand Rochemorin s’éveille, c’est que les vendangeurs arrivent… © Jean-Pierre Stahl

« Ca se présente plutôt bien ! Mieux que ce que l’on présageait… », me confie Vincent Cruège des Vignobles André Lurton. « La pluie nous a sauvé et a relancé la maturation dans plusieurs endroits. Là on ramasse des raisins sains (à Cruzeau et Rochemorin en Pessac-Léognan), mais les conditions météos nous permettent de prolonger la maturation.

A Barbe-Blanche à Lussac, pour nous ce sera le démarrage de vendanges le plus tardif qu’on n’ait jamais fait : jeudi prochain, le 6 octobre », Vincent Cruège des Vignobles André Lurton.

Et d’ajouter : « on a ainsi des journées de maturations lentes, on est content, on avance à petits pas. »

A Léognan, les vendanges de merlot sont déjà à mi-chemin. Des vendanges dont le coup d’envoi général a été donné lundi dernier . Et toujours aux environs de 8 heures, à l’heure où le soleil offre ces jolies couleurs rouges, orangées, c’est le même rituel : le chant du sécateur et des grappes de merlot qui tombent dans les paniers. « Ce sera fini mercredi prochain, sauf pour La Louvière, on finira plus tard. »

Lever de soleil sur le château Smith Haut Lafitte © Jean-Pierre Stahl

Lever de soleil sur le château Smith Haut Lafitte © Jean-Pierre Stahl

Au château Smith Haut Lafitte, Fabien Teitgen, le directeur technique commente : « on a commencé les rouges la semaine dernière sur de jeunes vignes, mais on a démarré vraiment hier les merlots à Smith Haut Lafitte et on va continuer la semaine prochaine. »

Le ressenti est un peu comme le temps, ça va de mieux en mieux », Fabien Teitgen du château Smith Haut Lafitte.

« Les raisins se goûtent de mieux en mieux, il y a un goût de pulpe, de fruits, c’est super aromatique, on arrive à de très très belles maturités », continue Fabien Teitgen.  » En fin de semaine prochaine, on aura fini le merlot, on va enchaîner sur le petit verdot et le cabernet sauvignon. Tout cela va nous mener jusqu’à la mi-octobre »

Ca tombe bien, la vigne aura commencé à prendre ses couleurs automnales, pour finalement finir sur le rouge. On est raccord !

27 Sep

Coup d’envoi des vendanges en rouge dans le Bordelais : « au niveau qualitatif, on a de très belles choses »

Depuis le début de semaine, de nombreux domaines ont commencé les vendanges de merlot à l’instar du château de France. En Pessac-Léognan où les terroirs sont plus précoces, le gros des vendanges est lancé, en Saint-Emilion et Pomerol, ça a démarré pour certains, on annonce un démarrage plus important à partir de mercredi. Dans le Médoc, ce sera surtout « branle bas de combat » la semaine prochaine.

Arnaud Thomassin, propriétaire du château de France © Jean-Pierre Stahl

Arnaud Thomassin, propriétaire du château de France, pour ce premier jour de vendanges © Jean-Pierre Stahl

Depuis lundi, de nombreux châteaux de Pessac-Léognan ont lancé leurs vendangeurs dans les rangs de vigne : c’est parti à Haut-Bailly, mais aussi à Latour-Martillac, ça a continué à Haut-Lagrange (lancé mardi et mercredi), à Smith-Haut Lafitte (démarrage jeudi dernier) et au château de France, ce lundi.

Ce sont en effet 25 vendangeurs qui ont donné hier à 8 heures les premiers coups de sécateurs sur une « parcelle historique » du château de France à Léognan, au lieu-dit la Gravette. Ici étaient plantés de très vieux pieds, âgés de plus de 60 ans, ils ont été arrachés en 2010 et voici les nouveaux qui commencent à bien donner sur cette superbe croupe de Graves.

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L’endroit est assez magique, en pente, chose assez rare dans le Bordelais comparé aux coteaux de Bourgogne. Arnaud Thomassin, le propriétaire, est venu voir  son équipe : « c’est une équipe très soudée, les vendangeurs viennent depuis plus de 10 ans ».

A Saint-Emiliion, le mythique Cheval Blanc, 1er cru classé A, a aussi donné le coup d’envoi, l’Union des Producteurs aujourd’hui, et château Fonroque en Saint-Emilion Grand Cru demain.

Au château de France (batisse en fond), on s'attend à un bon millésime © JPS

Au château de France (batisse en fond), on s’attend à un bon millésime © JPS

Même si sur cette parcelle les rendements ne sont pas plétoriques (à cause d’un peu de gel), « c’est très sain, très mûr, ça se présente pas mal commente Arnaud Thomassin. Il faut dire que le domaine repart d’un bon pied après avoir traversé quelques années difficiles : « en 2011, on avait brûlé, l’outil de production est parti en fumée ». Un tracteur avait en effet pris feu et les ateliers et le chai avaient été sérieusement touchés par cet incendie. Fort heureusement « la solidarité vigneronne a joué » et le château Haut-Bailly a pu prendre en compte la récolte des blancs, quant aux rouges ils étaient vinifiés au château Haut-Gardère.

VENDANGES EN ROUGE 106Le propriétaire s’est battu et a pu reconstruire un nouveau chai de vinification, quant au hangard agricole, il est aujourd’hui séparé pour éviter les risques de propagation. La première vendange sous de meilleurs auspices s’est déroulée en 2014, depuis ce ne sont que de bons millésimes qui se succèdent.

VENDANGES EN ROUGE 141Au niveau qualitatif, cela se présente très très bien, les couleurs sont jolies, les pellicules sont mûres, on est sur des tanins bien mûrs aussi, on est plutôt très content, cela envisage de très belles choses », Arnaud Thomassin du château de France.

Quand la magie commence à opérer dans en cuve...© JPS

Quand la magie commence à opérer en cuve…© JPS

« Par rapport à 2015, c’est un millésime différent, encore un millésime un peu inconnu pour nous car cela fait partie des climatologies qu’on n’a pas l’habitude d’avoir, on a eu deux mois et demi très très sec, sans eau, mais les vignes ont plutôt bien supporté, vous pouvez le voir, le feuillage reste vert, les vieilles vignes ont très très bien supporté cette chaleur et pour l’instant, on est sur des équilibres qui sont bien et par rapport à 2015, on est plutôt optimiste. »

Par rapport au 2015 toujours en barrique, jusqu'en janvier,

Par rapport au 2015 toujours en barrique, jusqu’en janvier, « on est plûtôt optimiste » explique Arnaud Thomassin © Jean-Pierre Stahl

Du côté du CIVB, Christophe Châteaux confirme la tendance à la mobilisation générale : « ça va démarrer partout cette semaine, mercredi et jeudi à Pomerol et Saint-Emilion, et dans le Médoc en fin de semaine mais le gros des vendanges en Médoc pour lundi. Les conditions demeurent favorables avec les températures fraîches le matin et agréables l’après-midi et en plus il n’y a pas d’eau annoncé pour les prochains jours. »

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Thierry Julien, Hugues Orduna et Thierry Culnaert diffusé au 19/20 :

21 Sep

Confirmation : le millésime 2016 sera un bon millésime

Malgré le gel et la sécheresse, les vignerons de l’hexagone attendent un bon millésime. Alors que le Ministère de l’Agriculture annonçait fin août une baisse de 10% avec 42,9 millions d’hectolitres, le Bordelais, l’Alsace, le Beaujolais ou encore le Jura devraient tirer leur épingle du jeu, avec des volumes équivalents à ceux de l’année dernière, voire supérieurs.

Des sauvignons blancs très sains avec une belle qualité arômatique © Jean-Pierre Stahl

Des sauvignons blancs très sains avec une belle qualité arômatique récoltés en Gironde début septembre © Jean-Pierre Stahl

Grêle, gel et sécheresse ont fortement endommagé une partie du vignoble français, surtout en Bourgogne, Champagne et dans le Val-de-Loire, provoquant une baisse des volumes, mais le millésime 2016 s’annonce globalement de « grande qualité ».

C’est une année atypique en terme de potentiel de production lié aux aléas climatiques, … en Champagne, Bourgogne, Val-de-Loire, Charentes, Languedoc-Roussillon, une des plus petites récoltes (cf 1993) mais globalement avec des vins de grande qualité », Jérôme Despey, président du conseil spécialisé vin de l’établissement public FranceAgriMer.

Le ministère de l’Agriculture prévoyait fin août une baisse de 10% de la production avec 42,9 millions d’hectolitres. Le Bordelais, l’Alsace, le Beaujolais ou encore le Jura tirent bien leur épingle du jeu, avec des volumes équivalents à l’année dernière, voire supérieurs.
Dans les régions touchées par les aléas climatiques, de fortes disparités existent. En Bourgogne, comme en Champagne, le gel, la grêle, le mildiou ou l’esca (maladie du bois) ont décimé certaines parcelles, alors que « d’autres offrent de belles grappes saines« , selon le Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne (BIVB).

Là où il y a un peu de récolte, ce sera un beau millésime en préparation avec une bonne teneur en sucre », Christine Monamy, de l’Observatoire du Millésime au BIVB.

Les vignerons prévoient en moyenne une baisse de 20 à 27%. Ainsi à Chablis, près de la moitié du vignoble a été fortement endommagée, entre 70 et 100%, par les différents épisodes de gel et de grêle. Seule « une demi-récolte » est attendue cette année.

Même constat dans le centre de la France, où Chinon connaît jusqu’à 50% de pertes suivant les exploitations, en raison des gelées, et jusqu’à 60% dans le muscadet, entraînant pour de nombreux viticulteurs de graves problèmes de trésorerie. 

La vendange 2016 sera certainement historiquement la plus basse du muscadet de tous les temps »,  François Robin  de la Fédération des vins de Nantes.

Le volume estimé est d’environ 150.000 hectolitres contre 415.000 en 2015 « Par contre, on est très content de ce qu’on va récolter. Nous avons eu un bel été, très sec, donc très peu de foyers de pourriture dans le vignoble. On va vendanger mûr et dans de bonnes conditions ».

La sécheresse cet été, de Nice à Cahors, porte également un coup aux rendements. En Corse, où les vendanges ont dû démarrer une semaine plus tôt mi-août faute de pluie, la récolte sera inférieure de 5 à 8% à l’année dernière, selon les cépages.

Même constat dans le Languedoc-Roussillon: une baisse d’environ 9% a été annoncée fin août. Au stress hydrique se sont ajoutés des orages de grêle dévastateurs dans l’est héraultais et le Pic Saint-Loup avec près de 2.000 hectares impactés.

En Provence, les charges et poids des raisins seront inférieurs à la moyenne des deux dernières années. Mais « la qualité des premiers jus extraits semble très satisfaisante, avec un caractère fruité bien présent, une bonne souplesse et un bel équilibre des moûts, ce qui est de bon augure pour la vinification »,  pour le président du Conseil interprofessionnel des vins de Provence, Alain Baccino.

Même dans le Bordelais, où la Chambre d’agriculture de Gironde s’attend dans l’ensemble à un volume « un peu plus élevé que l’année dernière » et « un très bon millésime », quelques vignobles souffrent d’un manque de pluie, comme à Pomerol. A Saint-Emilion, la sécheresse a cependant permis d’écarter la menace du mildiou au printemps et les pluies du 13 septembre suivies du soleil de donner aux baies un peu plus de volume.
« On attend que les pépins et la peau mûrissent davantage. Nous avons des raisins très sains, aucune crainte que cela pourrisse », a assuré Coraline Moreaud-McAllan, du Château Cormeil-Figeac. « On prend notre temps pour vendanger. Contrairement à l’année dernière, où la pluie avait précipité les récoltes ». Pour elle, comme pour la grande majorité,  la vendange des rouges va commencer la semaine prochaine.

Avec AFP

07 Sep

Vendanges à Bordeaux : comment obtenir de grands vins blancs secs ?

Qui n’a pas rêvé d’avoir la recette magique pour faire un grand vin ? Rencontre avec ces vignerons et oenologues de Bordeaux qui vous dévoilent l’alchimie pour réaliser ces vins blancs « friands et gourmands » d’Entre-Deux-Mers et ces grands blancs complexes de Pessac-Léognan. Entre les châteaux La Motte du Barry, Carbonnieux et Larrivet Haut-Brion, voici leurs petits secrets de fabrication.

Encore quelques jours pour une meilleure maturité © JPS

L’expertise de Bruno Lemoine, l’onologue et directeur du château Larrivet Haut-Brion :encore quelques jours pour une meilleure maturité © JPS

Bruno Lemoine, oenologue et  directeur général  du Château Larrivet Haut-Brion,  arpente au quotidien ses 10 hectares de vignes de sauvignons et sémillons. Pour lui l’heure de la récolte n’a pas encore sonné car l’alchimie ne s’est pas encore faite tout-à-fait. Avec ces matinées fraîches, ces belles et chaudes après-midis, ce n’est que du plus pour obtenir le meilleur, bref du cousu main : « C’est fondamental, on goûte nos raisins pour essayer de percevoir la maturité la plus optimum ».

vendanges blancs 086

« On est sur des vignes assez âgées, à enracinement profond, qui ont bien supporté la sécheresse de cet été, mais au goût on trouve que nos raisins manquent un petit peu de maturité, les peaux sont encore un petit peu élastiques, ça manque de finesse aromatique et donc nous avons décidé d’attendre et  de ne pas commencer tout de suite nos vendanges de blancs ».

Bruno Lemoine arpente ses vignes du château Larrivet Haut-Brion © JPS

Bruno Lemoine arpente tous les jours les vignes du château Larrivet Haut-Brion © JPS

Des raisins bien mûrs donnent toujours des raisins plus riches, plus gras, plus aromatiques, bref des grands vins! » , Bruno Lemoine directeur du château Larrivet Haut-Brion.

Les vendanges de sauvignon blanc au château Carbonnieux, démarrées mardi © Jean-Pierre Stahl

Les vendanges de sauvignon blanc au château Carbonnieux, démarrées mardi © Jean-Pierre Stahl

Au château Carbonnieux, on a donné ce mardi le coup d’envoi des vendanges pour ce plus gros producteur de vins blancs avec 45 ha en Pessac-Léognan. 

Eric Perric, propriétaire du château Carbonnieux © JPS

Eric Perric, propriétaire du château Carbonnieux © JPS

Durant l’été, les ouvriers viticoles ont effectué un gros travail à la vigne pour avoir la récolte la plus qualitative comme le souligne Eric Perrin, propriétaire du château :« On a essayé d’avoir pas plus de 8 à maximum 10 grappes par pied, de façon à ce qu’aujourd’hui on ait des raisins entre 12,5 à 13 ° de degrés potentiels et même si les chaleurs de l’été ont été importantes, on se retrouve avec de futurs vins avec pas mal d’acidité. »

La table de tri vibrante au chai du château Carbonnieux © JPS

La table de tri vibrante au chai du château Carbonnieux © JPS

Acidité, fraîcheur, arômes, tous ces éléments doivent être conservés entre la vigne et le chai. Si l’on récolte le matin, par des températures plutôt fraîches, pour préserver la vendange, on refroidit de la même manière, une fois pressé, le jus par un système d’échangeur tubulaire pour éviter l’oxydation enzymatique.

On refroidit avec cet échangeur tubulaire qui fait gagner près de 10° © JPS

On refroidit avec cet échangeur tubulaire qui fait gagner près de 10° © JPS

« A partir du pressurage, on est équipé maintenant de nouvelles technologies d’inertage avec l’azote, pour éviter le contact de l’oxygène avec tous les arômes du sauvignon qui sont sensibles à cette oxydation », précise Romain Racher, oenologue et maître de chai du château Carbonnieux.

Romain Racher maître de chai et Eric Perrin du château Carbonieux © JPS

Romain Racher maître de chai et Eric Perrin du château Carbonieux © JPS

Après une première étape de macération pelliculaire à froid, de pressurage, de collecte des jus, de clarification , d’ensemencement, la fermentation va se faire dans un premier temps en cuve inox avant de continuer en barrique d’ici 5 jours, un élevage en barriques sur lies avec bâtonnage, selon la méthode préconisée par Denis Dubourdieu.

Dans l'Entre-Deux-Mers, Joël Duffau produit des vins blancs gourmands © JPS

Dans l’Entre-Deux-Mers, à Moulon, Joël Duffau produit des vins blancs gourmands © JPS

En Bordeaux blancs, il n’y a pas que les Graves ou Pessac-Léognan, il y a aussi Blaye et l’Entre-Deux-Mers, et d’autres encore comme ces expériences heureuses avec ce chardonnay « Dubreuil » de Saint-Emilion… sans oublier ces Sauternes qui font du blanc comme le G de Guiraud ou Y d’Yquem !

French Kiss 2015 élaboré par Joël Duffau avec le concours de Pascal Poussevin © jps

La « Cuvée French Kiss » 2015 élaborée par le château La Mothe du Barry © JPS

On essaie de faire des vins de copains, des vins friands, gourmands, on essaie d’aller chercher surtout du fruit, du fruit exotique , des agrumes avec une belle acidité qui vous ouvrent les papilles », Joël Duffau château La Mothe du Barry.

Pascal Poussevin le "vinoelogue" et Joël Duffau © JPS

Pascal Poussevin le « vinoelogue » et Joël Duffau © JPS

Et son oenologue appelé « le Vinoelogue »  renchérit : « ce qui plaît au public, c’est l’authenticité avant tout ; ce sont des vins qui ne sont pas des vins de cépages mais des vins d’assemblages, le tout est de trouver le bon équilibre entre les cépages et de garder une bonne fraîcheur pour que le vin reste plaisant à consommer en toute circonstance ». Et les circonstances ne manquent pas entre l’apéritif entre amis ou encore en début de repas sur des poissons, des crustacés ou une entrée…

François

François Godichon maître de chai et Bruno Lemoine © JPS

L’alchimie se fait aussi lors de l’élevage avec, comme le montre Bruno Lemoine au château Larrivet Haut-Brion, des barriques de chêne neuf en  225 l, des barriques de chêne autrichien (grain plus fin) en 500 litres ou encore ces petites cuves pour obtenir plus ou moins de boisé ; il y a aussi dans cette panoplie de contenants des oeufs en béton pour jouer davantage sur la minéralité.

Des barriques de 225 l, 500 l, oeufs enb béton et cuves en bois au château Larrivet Haut-Brion © JPS

Des barriques de 225 l, 500 l, oeufs enb béton et cuves en bois au château Larrivet Haut-Brion © JPS

« En fait ça va nous donner la possibilité d’avoir un panel de goûts, d’arômes qui vont nous servir pour notre assemblage final, pour faire la recette du chef », explique Bruno Lemoine.

Une savante alchimie depuis la vigne jusqu'à l'élevage pour obtenir un grand blanc © JPS

Une savante alchimie depuis la vigne jusqu’à l’élevage pour obtenir un grand blanc © JPS

Sur ce vignoble à 10 ha, comme dans d’autres plus petits (Malartic par exemple), on fait du cousu main et on échange constamment entre l’oenologue Bruno Lemoine, le maître de chai François Godichon ou encore le nouveau consultant Stéphane Derenoncourt pour améliorer encore la qualité.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Pascal Lécuyer, Xavier Granger, Christian Arliguier

Ecoutez l’éclairage apporté par Frédéric Lot avec Sandrine Papin :