25 Mai

Côté Châteaux dépasse 1 million 500 000 pages lues

C’est un nouveau cap. Créé il y a un peu plus de 3 ans, le blog Côté Châteaux continue de vous informer, au jour le jour, sur l’actualité de la vigne et du vin. Un nouveau succès, une belle fréquentation qui témoigne de votre intérêt pour ses posts. En direction désormais des 2 millions, Côté Châteaux vous dit « un grand merci ».

Guy Charneau et Jean-Pierre Stahl (Côté Châteaux) © JS

Guy Charneau et Jean-Pierre Stahl (Côté Châteaux) © JS

1 million, c’était l’an dernier, lors de la Fête du Vin à Bordeaux. 1 million 500000, c’est à l’aube de Vinexpo Bordeaux. Bordeaux, toujours Bordeaux, continue de faire rêver, avec les Parisiens qui vont déferler encore plus nombreux dans la Capitale du Vin à partir du 2 juillet, avec Bordeaux à 2 heures de Paris en TGV.

Le blog se veut le reflet des terroirs et de l’actualité, bonne ou mauvaise, comme le très difficile épisode de gel, pour lequel Côté Châteaux a été le premier à vous informer et à consacrer 16 billets dans sa nouvelle rubrique « Vin…tempéries » et reportages sur le terrain. D’où une pointe avec 86000 visiteurs au mois d’avril. C’est aussi de nouvelles tendances sur le bio à Margaux, de l’insolite avec cette Américaine qui réserve une énorme surprise à son mari à la Cité du Vin, des informations exclusives ou de première main que vous partage le blog du vin.

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Côté Châteaux accompagne et relate tous les grands événements de Bordeaux comme Vinexpo du 18 au 21 juin à venir ou encore le Week-End des Grands Crus, ce samedi 20 et dimanche 21 mai. Il y a croisé notamment le célèbre photographe et ami Guy Charneau, auteur du fabuleux livre « 1855 Bordeaux les Grands Crus Classés » qui a gentiment donné ses impressions sur le blog :

Côté Châteaux, je le suis tous les jours. Ce blog est une mine d’informations aussi bien pour les amateurs que pour les professionnels du vin », Guy Charneau journaliste reporter-photographe.

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Stéfaan Ooms, Karla Torres et Côté Châteaux © Guy Charneau

Et ce grand reporter photos d’ajouter : « Grâce à Jean-Pierre, et après ces 1,5 millions de pages lues, nous allons encore avoir plein de choses à découvrir et à goûter. Il y a des choses que l’on fait ensemble (je précise des reportages), d’autres que je fais moi et toi tu en couvres d’autres. Par exemple, je pars pour les 40 ans des Côtes du Roussillon Village avec un dîner à 4 mains avec Franck Seguret et Michel Portos, je suis fan de ces vins… »

Autre fidèle lectrice depuis la création du blog fin décembre 2013, Karla Torres, une Mexicaine installée à Bordeaux depuis 2009, bien connue à l’IPC Vins, croisée aussi lors du Week-End des Grands Crus : « j’aime bien ce blog, il écrit super sur le vin, on peut faire un voyage grâce à lui dans le vignoble. »

Bon, après tout cela, on ne va pas s’arrêter en si bon chemin, Côté Châteaux va continuer de vous informer, car il a cela dans les tripes, et vous donne rendez-vous pour voir un joli magazine, dimanche 28 mai à 19h sur France 3 Aquitaine, et sur le blog d’ici là : « la Cité du Vin fête son 1er anniversaire: 400 000 visiteurs, pari tenu ».

24 Mai

Margaux, une appellation qui tend de plus en plus vers le bio ou la biodynamie

C’est une tendance forte chez les crus classés de Bordeaux, on expérimente de plus en plus des parcelles en bio ou biodynamie. A Margaux, l’appellation depuis 5 ans a pris conscience de l’utilité de la biodiversité dans le vignoble. Ce sont aujourd’hui 180 hectares qui sont conduits en bio ou biodynamie. 

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Gonzague Lurton à la tête du syndicat viticole de Margaux et du château Durfort-Vivens a su lancer une véritable réflexion à Margaux  © JPS

Le château du Tertre, 5e cru classé de Margaux, une propriété de 54 hectares, chargée d’histoire. Tout débute en 1734 avec un dénommé Pierre Mitchell, qui fut le plus gros fabriquant de bouteilles à Bordeaux, et même inventeur du magnum. C’est lui qui a créé le château et a donné la dimension au vignoble. Dans les années 60, la propriété longtemps dans la même famille a changé de mains pour être acheté par la famille Gasqueton, suite au gel de 1956, dans un contexte économique difficile.

Le château du Tertre bati au début du XVIIIe à Arsac © JPS

Le château du Tertre bâti au début du XVIIIe à Arsac © JPS

Une famille qui a redonné vie et a replanté 6300 pieds à l’hectare, 1/3 de mrlot, 1/3 de cabernet sauvignon et 1/3 de cabernet franc. Un domaine racheté en 1997 par Eric Albada-Jelgersma, un homme d’affaire hollandais également propriétaire du château Giscours. Celui-ci a trouvé le château dans un piteux état, il s’est atelé avec ses équipes techniques à complanter, replanter plus densément à 10000 pieds par hectare.

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Aujourd’hui ce vignoble est conduit pour moitié en bio et l’autre moitié en biodynamie. Les sols sont travaillés sans herbicides, on croit ici en la confusion sexuelle en guise de protection insectide, on laisse aussi s’installer quelques mauvaises herbes, avant de les arracher, mais en tout cas on n’utilise pas de pesticides.

Frédéric Ardouin, directeur technique du château du Tertre © JPS

Frédéric Ardouin, directeur technique du château du Tertre © JPS

« On est arrivé à la biodynamie par conviction, ce n’est pas par croyance, pour moi c’est quelque chose de très très différent, »explique Frédéric Ardouin directeur technique du château du Tertre . « Conviction qu’il fallait faire quelque chose pour l’environnement, quelque chose pour les hommes qui travaillent avec nous, pour les protéger, pour protéger leur santé, et puis également pour protéger le consommateur également, c’est-à-dire obtenir un vin hautement qualitatif sans résidus de pesticides. »

De quoi faire de bonnes tisanes : presle, ortie, osier au château du Tertre pour une culture en biodynamie © JPS

De quoi faire de bonnes tisanes : prêle, ortie, osier au château du Tertre pour une culture en biodynamie © JPS

Prêle, ortie, osier, toutes ces plantes vont servir de tisane pour soigner la vigne ou prévenir des maladies. « Ce sont des plantes qui ont chacune des vertus différentes. Et en fonction du millésime, du climat, de la pression des maladies, on va utiliser ces tisanes en complément de l’apport de cuivre et de soufre, » complète Frédéric Ardouin.

Sur l’appellation Margaux, on compte 65 récoltants, dont 21 crus classés. Dans une conscience collective et pour répondre aussi à la demande de plus en plus grande du consommateur, 20% des surfaces sont conduites en bio ou biodynamie.

Au château Durfort-Vivens, on a été parmi les premiers dans le Médoc après Pontet-Canet © JPS

Au château Durfort-Vivens, on a été parmi les premiers dans le Médoc après Pontet-Canet © JPS

Pour Gonzague Lurton, le président du syndicat viticole de Margaux : « Moi j’ai été surpris, il y a quelques années, quand pour la 1ère fois, alors que je présentais mon vin, on m’a dit « est-ce qu’il y a des pesticides dans votre vin », alors que je n’avais jamais réfléchi au vin de cette manière là. Et on s’est rendu compte que c’était devenu une inquiétude sociale. Il fallait y répondre, c’est pour cela qu’à Margaux tout le monde en est conscient, c’est pour cela qu’on est parti dans cette démarche syndicale. »

Gonzague Lurton à la tête du syndicat viticole de Margaux et du château Durfort-Vivens a su donner une impulsion à tous © JPS

Parmi les grands crus classés de Margaux, on compte Durfort-Vivens (2e cc), mais aussi château Palmer (3e cc) qui a expérimenté en 2008 la biodynamie et y est passé totalement en 2013. Il y a aussi château Ferrière, (3e cc),  propriété de Claire Villars, qui a été certifié en bio en 2015, une démarche qui s’inscrit aussi dans le respect de la vigne et des hommes…

Le château Ferrière est certifié bio depuis 2015 © JPS

Le château Ferrière est certifié bio depuis 2015 © JPS

« On arrive à reconstituer ce terroir grâce à cette fraîcheur, cette tension, cette minéralité, on garde plus les qualités du sol qui vont s’exprimer après dans le vin », explique Gérard Fenouillet, directeur technique de château Ferrière.

Gérard Grenouillet et Claire Villars-Lurton © JPS

Gérard Grenouillet et Claire Villars-Lurton © JPS

Et Claire Villars-Lurton de compléter : « C’est des vins qui ont plein de vie, mais en plus on gagne en qualité « tendu », on a un vin qui reste super tendu, super concentré, mais avec une très belle définition, un très beau soyeux. »

Ces vignes tenues en bio ou biodynamie nécessitent souvent plus d’attention et de passage. Toutefois la technologie va permettre avec des drones de cibler au mieux les traitements. Tous reconnaissent malgré tout qu’il y a un risque, notamment quand il y a une grosse attaque de mildiou, comme en 2016 au château Dufort-Vivens, où la récolte a été moins importante avec 35 hectos à l’hectare, là où les autres en ont eu 50.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Marc Lasbarrères, Cécile Lagaüzère, Eric Delwarde et Emmanuel Cremèse :

22 Mai

Audrey Bourolleau, ancienne déléguée générale de « Vin & Société » devient conseillère auprès du Président Emmanuel Macron

Audrey Bourolleau, déléguée générale de Vin & Société depuis novembre 2012, a quitté le 2 mai dernier ses fonctions. Elle devient « conseillère agriculture, pêche, forêt et développement rural » à l’Elysée, auprès du Président Macron. Elle avait par ailleurs occupé le poste de directrice des Côtes de Bordeaux de 2010 à 2012.

Audrey Bourolleau de Vin et Société, Yann Schÿler négociant et propriétaire de château Kirwan, et Yann Le Goaster de la Fédération des Grands Vins de Bordeaux © JPS

Audrey Bourolleau de Vin et Société, Yann Schÿler négociant et propriétaire de château Kirwan, et Yann Le Goaster de la Fédération des Grands Vins de Bordeaux lors de Vinexpo 2015 © JPS

C’est un visage bien connu de la place de Bordeaux puisqu‘il y a moins de 7 ans, Audrey Bourolleau était encore directrice de l’Union des Côtes de Bordeaux, succédant à Christophe Château, aujourd’hui directeur communication au Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux.

Audrey Bourolleau, avait rejoint Vin & Société en tant que Déléguée Générale, afin de mettre en oeuvre les actions sociétales et politiques de la filière viticole, une filière forte de plus de 500000 emplois en France.

Aujourd’hui Vin et Société rend hommage au travail qu’elle a accompli par la voix de Joël Fargeau, Président de Vin & Société : « Audrey Bourolleau a conçu et mis en oeuvre le volet consommation responsable, éducation et oenotourisme de Vin & Société. Elle a en particulier lancé le portail de la prévention en ligne, piloté la 1ère campagne d’information sur les repères de consommation en décembre 2015 et impulsé le programme 1 Minute, 1 Vignoble. »

Et de poursuivre : « A mes côtés Audrey Bourolleau a oeuvré avec talent, faisant de Vin & Société un véritable acteur de référence au service des 500000 acteurs de la vigne et du vin. Je lui souhaite plein de succès pour sa nouvelle mission. »

Durant la campagne présidentielle, Audrey Bourolleau était aux côtés d’Emmanuel Macron pour tous ses déplacements sur le thème de l’agriculture, elle était devenue la référente agricole pour le mouvement En Marche, un instant il se murmurait qu’elle aurait pu occuper le poste de Ministre de l’Agriculture. Le programme agricole a été élaboré par le président élu avec sa conseillère mais aussi « construit avec 3000 agriculteurs, en prise avec les réalités du terrain. Les deux sujets principaux de nos agriculteurs sont le prix et les normes, le changement de méthode est de co-construire avec les gens de terrain » précisait-elle à l’aube de la victoire d’Emmanuel Macron.

Côté châteaux lui souhaite bonne chance pour ce poste qui ne sera pas de tout repos avec un monde agricole toujours en crise. Toutefois le savoir-faire français avec ses IGP, AOC ou AOP et autres labels rouges reste l’un des meilleurs au monde. Nul doute que le monde de la viticulture très éprouvé ces dernières semaines à cause du gel sera au coeur de ses préoccupations et de celles du Président de la République : « il faudra qu’on travaille sur les mesures d’accompagnement de crise sur les aléas climatiques et d’avoir la capacité à se projeter : la négociation d’une assurance climatique devient essentielle et urgente » confiait-elle à AgriTV à l’aube de l’élection d’Emmanuel Macron et après le terrible épisode de gel fin avril pour lequel elle avait adressé un « message de solidarité » avec les agriculteurs et viticulteurs frappés par le gel.

11 Mai

Un rendez-vous pour « oenogeek » : le Vinocamp Bordeaux, c’est ce vendredi à Darwin

C’est demain le lancement de la 26e édition du Vinocamp de Bordeaux, dans les halles de Darwin Ecosystème, en partenariat avec le CIVB. Au coeur des échanges et débats, le développement durable. « Consommer, produire, vendre et communiquer : quels enjeux et possibilités ? »

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Il va y avoir de l’effervescence demain côté rive droite de la Garonne. C’est en effet dans les halles de Darwin Ecosystème que va se tenir la 26e édition du Vinocamp.

C’EST QUOI UN VINOCAMP ?

Ce sont des évènements communautaires autour du vin et du web. Ils se tiennent tous les 3 mois en région. C’est une journée d’ateliers et une journée dans les vignes pour se rencontrer et avancer ensemble. On y trouve des start-ups, des créateurs,des entrepreneurs innovants. Le but, finalement est de faciliter les échanges pour la filière vin. . Né de l’émergence des réseaux sociaux, les problématiques qui y sont soulevées touchent au marketing, la technologie, le web, le commerce… et imaginent la place du vin de demain.

DEMANDEZ LE PROGRAMME :

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05 Mai

Elan de solidarité : la maison de négoce Jean-Pierre Moueix annonce une hausse de 100 € du tonneau pour soutenir les petits vignerons

Christian Moueix, Edouard Moueix et Laurent Navarre, négociants à Libourne, ont envoyé une lettre à leurs fournisseurs leur annonçant une bonne surprise : une hausse de 100 € des prix du vin en vrac de la récolte 2016, pour les accompagner dans l’épreuve difficile du gel, qui vient de les toucher de plein fouet. Interview de Christian Moueix, consacré « vigneron du mois » par Côté Châteaux.

A gauche une branche fructifère pas impactée, à droite un peu touchée par le gel © JPS

A gauche une branche fructifère pas impactée, à droite une autre touchée par le gel, qui va dépérir © JPS à Saint-Emilion

Quand la nature s’arrête, l’être humain s’arrête aussi…Le vigneron se prend la tête entre ses mains, comme pour se dire, ce n’est pas possible…un genou à terre…à regarder le désastre.

Le négociant, lui est aussi touché, car au fil des années, il est l’accompagnateur, le revendeur de ce produit de la terre, et il sait, oui il sait combien cela risque d’être une mauvaise passe pour le vigneron. Alors, lui aussi s’arrête, et dans cette lueur d’intelligence, il se dit que pourrais-je faire pour aider mon compagnon vigneron, sans qui je ne serais finalement pas là ?

Cette homme qui a eu cette vision d’aider, d’augmenter quelque peu le prix du tonneau, c’est Christian Moueix, négociant à Libourne, mais avant tout vigneron lui-même. « J’ai fait un grand tour de la région durant le wek-end du 1er mai et cela m’a révélé un désastre ».

« Je suis vigneron dans l’âme, avant d’être négociant, et je peux vous dire que

C’était triste à pleurer de voir ces vignes dévastées et en particulier dans la plaine de Saint-Emilion », Christian Moueix

Christian Moueix et son fils Edouard Moueix © château La Fleur Pétrus

Christian Moueix et son fils Edouard Moueix © château La Fleur Pétrus

« Vous savez, mon père est arrivé à Saint-Emilion, il y a 80 ans, et depuis on achète beaucoup de vins de Saint-Emilion, notre maison s’appelait d’ailleurs la maison de négoce des vins de Saint-Emilion, et cette région est sinistrée… On n’est pas insensible à leur malheur… »

Aussi Laurent Navarre, Edouard Moueix et Christian Moueix, respectivement directeur général,  directeur général délégué et président des Etablissements Jean-Pierre Moueix ont co-signé une lettre, datée du 2 mai, et qui s’assimile à un bel élan de solidarité, un geste du coeur, un geste humain, dont voici la teneur :

« Vous êtes tous plus ou moins sévèrement touchés, et la perte financière se double de sentiments de désespoir et d’injustice. »

« En tant que négociants en vins, nous avons eu le privilège d’acheter en vrac tout ou partie de votre bonne récolte 2016, aux prix du début de cette campagne.

« La seule conséquence positive de ce gel sinistre sera un raffermissement des cours, dont vous ne pourrez pas même bénéficier. En conséquence, il nous semble juste de rectifier les bordereaux vrac des vins de la récolte 2016 -enlevés ou non enlevés – en ajustant le prix initial pour tenir compte de cette hausse accidentelle. Nous souhaitons donc -en accord avec  votre courtier et quelque soit l’appellation concernée- majorer de 100 € le prix de chaque tonneau déjà acheté »  

Une lettre relayée dès le lendemain sur les réseaux sociaux et notamment par  le château Grand Tuilliac Elegance qui commente : « Je ne reviendrais pas sur les situations plus ou moins dramatiques que nous allons devoir affronter, mais plutôt sur l’attitude HUMAINE, RESPECTUEUSE, PROFESSIONNELLE et GENEREUSE, d’un de nos Négociant local: Les Etablissements JEAN PIERRE MOUEIX ».

Et Christian Moueix de continuer à m’expliquer : « quand on a acheté du 2016, il était au prix de l’époque, on ne savais pas qu’il n’y aurait pas de récolte pour certains en 2017 et peut-être moins en 2018,

Je trouve normal d’avoir eu ce geste symbolique, ce geste de solidarité », Christian Moueix.

« Depuis les prix du 2016 ont commencé à augmenter quelque peu de 10 à 20 %. Et de continuer à dépeindre le vignoble de Saint-Emilion, aujourd’hui, une semaine après le gel : « le plateau de Saint-Emilion est particulièrement indemne, et quand on regarde en bas de Saint-Emilion, c’est morne plaine, c’est dur de voir ce coup du sort sélectif. On n’est pas du tout insensible à ce qui s’est passé. »

Bravo pour cette belle initiative que Côté Châteaux se devait aussi de souligner.

03 Mai

Gel à Bordeaux : la Chambre d’Agriculture considère que plus de la moitié du vignoble a été sévèrement touché.

La Chambre d’Agriculture de la Gironde et ses équipes de terrain sont fortement mobilisées depuis les épisodes de gel à recenser les parcelles touchées et venir en aide aux viticulteurs. Ce mercredi, ils sont une fois de plus sur le terrain et ils ont mis en place un numéro d’appel pour toute question des viticulteurs.

Les dégâts du gel dans le blayais © Jean-Pierre Stahl

Les dégâts du gel dans le blayais © Jean-Pierre Stahl

> Accompagner les viticulteurs

Une mission d’évaluation se rendra demain, mercredi, sur le terrain.

Une réunion de crise se tiendra, vendredi 5 mai, à la Chambre d’Agriculture, avec tous les acteurs concernés afin de dresser un bilan plus complet des dégâts et appréhender les mesures à mettre en œuvre pour venir en aide aux viticulteurs et agriculteurs.

La Chambre d’Agriculture invite les agriculteurs du département à déclarer les dégâts subis directement en lignesur www.gironde.chambagri.fr afin d’évaluer de façon précise l’étendue du sinistre. Un numéro d’appel a également été ouvert pour répondre à leurs questions : 0800 002 220 (coût d’un appel local).

> Un premier bilan

  • Médoc : la moitié des surfaces est touchée de façon significative. Les zones intérieures sont très touchées alors que les parcelles de bord de Gironde ont été plus épargnées. Le Sud Médoc est tout particulièrement atteint ; sur de nombreuses zones, les dégâts atteignent les 80 voire 100%.
  • Haute-Gironde (Bourg-Blaye) : ces secteurs, cumulant les dégâts dus aux 2 épisodes successifs, sont particulièrement atteints.
  • Libournais : sur l’ensemble de la zone, nombre de parcelles sont touchées de 80 à 100%. Les zones situées autour des communes de Montagne et Saint-Christophe des Bardes ont cependant été épargnées.
  • Entre-Deux-Mers : de gros dégâts sont à déplorer dans la plaine de la Dordogne et de nombreuses parcelles sont très touchées dans l’ensemble de l’Entre-Deux-Mers.
  • Graves-Sauternais : de nombreuses parcelles sont détruites dans le Sauternais. Dans le reste de la vallée de la Garonne, un grand nombre est atteint à plus de 50%. Pour la plupart, la totalité de la récolte est perdue.

Avec chambre d’agriculture.

02 Mai

Bordeaux panse ses plaies : paroles de vignerons touchés par le gel

4 jours après les épisodes de gel à Bordeaux, Côté Châteaux a rencontré les vignerons des appellations de Blaye-Côtes de Bordeaux et de Fronsac Canon-Fronsac, deux appellations pas mal touchées, comme d’autres, par le gel. Tour d’horizon et notes d’espoirs.

Freddy et Benoît Latouche du château Camille Gaucheraud © Jean-Pierre Stahl

Freddy et Benoît Latouche du château Camille Gaucheraud © Jean-Pierre Stahl

Tout n’est pas rose en ce moment chez nos amis viticulteurs, surtout chez ceux qui en quelques jours ont vu leurs parcelles passer du vert au marron.C’est en effet quelques paysages de désolation, quasi-lunaires, qui s’offrent à vous quand vous sillonnez les différentes appellations de Bordeaux. Mais pour être tout-à-fait juste, vous alternez souvent de zones très vertes, vertes, ou encore moyennement vertes à des zones souvent marrons ou même grises, comme si l’automne était déjà là.

A Saint-Vivien-de-Blaye, au château des Graves, 80 à 90 % des vignes ont gelé © JPS

A Saint-Vivien-de-Blaye, au château des Graves, 80 à 90 % des vignes ont gelé © JPS

A Saint-Vivien de Blaye, au château les Graves, Jean-Pierre Pauvif est l’un des viticulteurs les plus durement touchés avec 80 à 90 % impactés par le gel, cela s’est passé en 3 matinées pour lui, et malheureusement il n’est pas assuré :

Sur 18 hectares, il reste 2 hectares intacts, le reste est touché entre 80 et 100 % », Jean-Pierre Pauvif vigneron en Blaye – Côtes de Bordeaux.

Michaël Rouyer, directeur du syndicat de Blaye et Jean-Pierre Paivif du château des Graves © JPS

Michaël Rouyer, directeur du syndicat de Blaye et Jean-Pierre Paivif du château des Graves © JPS

« Le vin, il n’est pas là, la récolte 2017 elle ne sera pas là, on est sur une propriété qui a gelé ici à 80 % », commente Michaël Rouyer, directeur du syndicat viticole de Blaye en Côtes de Bordeaux.; « c’est dramatique, on est très inquiet et on va tout faire, nous inter-profession et syndicats viticoles, pour soutenir nos vignerons. »

Sur les 430 vignerons de l’appellations, 50 ont fait la démarche de se signaler gelés au syndicat, mais ces chiffres ne sont pas définitifs, c’est surtout la chambre d’agriculture qui est chargée de remonter ces informations qui seront transmises au CIVB d’ici vendredi pour l’ensemble des 60 appellations de Bordeaux.

Dans les Côtes de Bordeaux, Stéphane Héraud confirme que 50 à 80 % des surfaces des 5 appellations sont touchées par le gel.

A Laruscade, 90% touchés ici © JPS

A Laruscade, 90% touchés ici au château Camille Gaucheraud © JPS

A Laruscade, au château Camille Gaucheraud, c’est le même topo, 90 % ont été gelé à cause des ces -3,1°C enregistrés jeudi au petit matin. Les frères Latouche, Benoît et Freddy, avaient eux pris une assurance en cas de coup dur. Celui-ci est arrivé la semaine dernière, ils nous montrent l’impact sur le raisin dont les grappes étaient déjà en formation (à l’état de mini-grappes bien sûr). Comme tous ces vignerons, ils espèrent une repousse et que la nature reprenne ses droits, même s’ils savent qu’ils ne pourront compter que sur très très peu de volume.

« Normalement cela doit tomber tout seul, ça a déjà commencé, cela doit tomber tout seul » affirme Freddy Latouche, et son frère, Benoït, d’ajouter : « on va laisser faire la nature, on pourrait faire passer des gens, mais cela a un coup supplémentaire, vu ce qui nous arrive. »

Xavier Buffo constate les dégâts sur les jeunes plants de blancs du château de la Rivière © JPS

Xavier Buffo constate les dégâts sur les jeunes plants de blancs du château de la Rivière © JPS

En AOC Fronsac, si les coteaux du châteaux de la Rivière ont été épargnés, les 2 hectares de jeunes plants de blancs en contrebas ont été meurtris comme le constate Xavier Buffo, directeur général du château de la Rivière:

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« On avait laissé deux bourgeons qui auraient fait la prochaine latte, ces bourgeons visiblement sont morts, et il faudra espérer que le pied, probablement reparte de la base, on aura perdu une année, Xavier Buffo du château la Rivière »

Benoît Manuel Trocard devant ses vignes éprouvées par le gel : allez ça va repartir © JPS

Benoît Manuel Trocard devant ses vignes éprouvées par le gel : allez ça va repartir © JPS

Ce sont ainsi 80 % des surfaces à Bordeaux qui ont été plus ou moins touchées (de 5% à 100%), ce qui en fait le plus gros épisode de gel depuis 1991; Benoît Manuel Trocard, qui gère château Couraze pour un groupe danois a vu les 95 % de ces 2 hectares de vignes gelés. Il espère malgré tout pouvoir faire 10-15 hectos si la nature est généreuse.

Je savais pertinemment que cela pouvait nous arriver tot ou tard, mon père a eu le gel de 91, il le connaît bien, il a mis 2 ou 3 ans pour s’en remettre, mais à Bordeaux on s’en est toujours remis. » Benoît-Manuel Trocard  château Couraze.

Le château Camille

Le château Camille Gaucheraud a fort heureusement un peu de stock et de la réserve Ÿ JPS

Certains vignerons vont pouvoir passer ce mauvais cap, d’autres non. Ceux qui avaient un peu de stock avec les 2015, 2016 voire encore du 2010 comme me l’explique Benoît Latouche vont pouvoir continuer à fournir du vin à leurs clients car c’est tout l’enjeu de conserver des marchés acquis parfois après plusieurs années de démarchage. Il y a aussi la réserve qu’ils ont pu se constituer les années fastes comme en 2015 ou 2016, c’est le surplus autorisé au-dessus du quota établi par le cahier des charges de l’appellation, une réserve qu’il est possible d’utiliser en cas d’année noire comme avec ces événements climatiques : « si la nature a été généreuse, si on a eu 5 hectos de plus (par rapport aux 52 du cahier des charges), on peut les mettre en réserve, et aujourd’hui on est content par rapport à ce coup dur qui vient de nous arriver de dire : c’est déjà ça de vin qu’on va pouvoir vendre. »

Et comme pour exorciser ce malheur ou garder le moral, Nicolas Pons à Lignan-de-Bordeaux a posté sur facebook sa chanson « ma vigne est folle mais j’en suis fou » histoire de traduire la pensée de tous ses confrères : la vigne on l’aime…malgré tout.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Thierry Julien, Boris Chague et Thierry Culnaert: 

Vignoble de Bordeaux : 80% des surfaces ont été touchées par le gel

C’est une semaine cruciale qui s’annonce à Bordeaux, celle du bilan suite aux remontées d’informations. Selon les premières estimations, 80% des surfaces ont été plus ou moins impactées. Certaines plus que d’autres. En volume, la production pourrait être de -35 à -40% sur le millésime 2017.

Jeudi matin une vague de gel intense a considérablement meurti le vignoble à Bordeaux, comme ici à Moulon © S Tuscq Mounet

Jeudi matin une vague de gel intense a considérablement meurti le vignoble à Bordeaux, comme ici à Moulon © S Tuscq Mounet

C’est du jamais vu, depuis 1991. 80 % des plus de 110 000  hectares de vignes à Bordeaux ont été touchés à des degrés divers. Il s’agit là sans doute de l’épisode le plus intense de ces 30 dernières années.

D’après Hervé Grandeau, le président de la Fédération des Grands Vins de Bordeaux :« 80 % des surfaces ont été touchées, plus ou moins, difficile de donner une estimation de la récolte à venir », et comment la deuxième pousse va pouvoir se faire, si elle peut.

Les secteurs les plus touchés ont été Blaye et Bourg, Castillon et Saint-Emilion, Lalande-de-Pomerol, Listrac, une partie des Bordeaux et Bordeaux Sup le long de la Dordogne, impactés à plus de 75%.

Les remontées d’informations sont en cours sous l’égide de la Chambre d’Agriculture, le CIVB aura ce vendredi une réunion de crise à ce sujet, selon Christophe Château du CIVB. Quant aux volumes, Bordeaux produira sans doute une peu plus que la moitié de sa production habituelle, il va falloir voir comment cela repousse, ou autrement dit « au doigt mouillé 35 à 40 % de volume en moins ».

01 Mai

Nicolas Pons, le vigneron qui chante aux pieds de ses vignes gelées : « un moyen pour exorciser le malheur qui s’est posé sur les vignerons de la France entière »

A la tête du Domaine de Sentout, Nicolas Pons a été gelé à 100% à Lignan-de-Bordeaux. Comme pour combattre ce terrible malheur il a ressorti « elle te serre », une chanson dédiée a sa vigne, composée il y a 3 ans, et qui sonne fort juste.

"Elle te serre" par © Nicolas Pons du Domaine de Sentout à Lignan-de-Bordeaux

« Elle te serre » par © Nicolas Pons du Domaine de Sentout à Lignan-de-Bordeaux

D’emblée Nicolas Pons me dresse l’état des lieux de son vignoble : « nous, on a été gelé à 100%. On est sur un plateau en haut de Lignan-de-Bordeaux, et tout est brûlé à 100 %, donc malheureusement, on ne va pas avoir de vin cette année ».

Instant de dégustation au © Domaine de Sentout avec et Nicolas Pons

Instant de dégustation au © Domaine de Sentout avec Karina et Nicolas Pons

« Pour moi, c’est la première fois, mon père avait été gelé en 1991 aussi à 100%, mais pour moi c’est la 1ère fois en tant que vinificateur., et de cette ampleur-là. Dans le Bordelais, on aura un bilan définitif en milieu de semaine prochaine, mais pour moi c’est fini c’est 100%. J’avais une assurance, je pense qu’il ne devrait pas y avoir de problème pour la reconnaissance des dégâts. »

Une pensée à tous les vignerons et vigneronnes touchés par le gel, et qui traversent un moment difficile… comme nous. Heureusement qu’il y a la musique, pour aider le vigneron à surmonter sa tristesse… », Katarina et Nicolas Pons.

Pourquoi cette chanson dans les vignes Nicolas ?  » En fait, j’ai toujours été musicien, et donc c’est un moyen d’exorciser le malheur qui s’est posé sur nous vignerons, et dans la France entière. « Elle te serre », je l’avais composée il y a 3 ans déjà pour d’autres aléas, c’était l’occasion de la partager avec d’autres vignerons touchés. »

Une chanson qui a touché le coeur de Côté Châteaux qui souhaitait aussi vous la partager : « elle te serre » par © Nicolas Pons : à voir sur facebook   « ma vigne est folle, elle me rend fou, ma vigne est folle, et j’en suis fou…là je m’ affole, je suis à bout, c’est mon idole, malgré tout » et dont voici la version originale :

29 Avr

Le blog Côté Châteaux enregistre un record d’audience en donnant la parole aux vignerons sinistrés

Cette semaine vous avez été très nombreux à suivre le dramatique épisode de gel à Bordeaux. Un record d’affluence pour le blog, qui vous a alerté sur l’ampleur du phénomène et qui a aussitôt donné la parole aux vignerons et représentants d’institutions. Côté Châteaux a enregistré 37822 pages lues sur la seule journée de jeudi. Merci pour votre fidélité.

Saint-Emilion en lutte contre le gel du côté du château la Gaffelière © Jean-Bernard Nadeau

Saint-Emilion en lutte contre le gel du côté du château la Gaffelière © Jean-Bernard Nadeau

L’essentiel pour Côté Châteaux est de vous informer, de partager avec vous les événements tristes ou plus gais, tels qu’ils sont vécus par les vignerons et ses connaissances du monde du vin. Bien sûr, il aurait tellement préféré faire de l’audience avec son dossier sur l’oxygène et le vin, qui malgré tout a pas mal été lu, mais ce n’est rien à l’égard du cataclysme qui s’est abattu jeudi matin sur les vignerons, partout en France, et en particulier du Bordelais (32800 pour l’article sur la catastrophe redoutée est arrivée). De nombreux témoignages recueillis p ar Côté Châteaux ont été partagés par France 3 ou l’AFP.

Tellement désolé de se dire que certains vignerons, gelés à 100% ou presque, n’ont plus rien, tellement humble devant les difficultés économiques qui s’annoncent pour eux, certains lui relatant que des banques ont osé prendre des nouvelles le jour même pour mieux leur demander comment ils allaient faire pour leurs remboursements de prêts ! Tellement proche de ces viticulteurs qu’il côtoie tout au long de l’année pour savoir quel est leur combat au quotidien pour vendre leur vin sur un marché aujourd’hui mondialisé. Un marché pas si évident car il faut bien se dire que tous ne sont pas logés à la même enseigne.

La nature, en tout cas, s’est rappelée à tous, petits ou grands. Face à ce gel, les propriétés ont une fois de plus assimilé qu’elles sont dans ce qu’on appelait hier le monde paysan, le monde agricole. A ceci près qu’il y a une grande différence entre le gel de 1991, et pour les plus anciens de 1956, et celui de 2017 : les propriétés se sont agrandies, ont fait de lourds investissements tant au niveau du vignoble que dans les chais pour améliorer la qualité des vins, mais aussi dans les châteaux et dans des cuviers flambant-neufs. Tout cela pour mieux comprendre la pression qui pèse sur les épaules des vignerons ou viticulteurs. Bien sûr il y a ceux qui prévoient, par du stock, par des réserves désormais autorisées, ou encore par des assurances, mais le marché étant ce qu’il est, il ne faut pas oublier que les achats aujourd’hui sont nationaux mais aussi mondiaux et que si la place de Bordeaux manque de 2017, les acheteurs iront se fournir sur d’autres marchés, et là est le risque de les perdre pour quelque temps. Surtout que le millésime 2017 risque de prendre une forte augmentation du fait du peu de volume, comme cela s’était passé dernièrement en Bourgogne à cause du gel et de la grêle.

On va malgré tout essayer de positiver, avec un millésime 2016 mémorable, dont les prix de sortie ont été quelque peu repoussés. Il ne faudrait pas qu’ils sortent trop chers, pour les mêmes raisons exposées ci-dessus. Encore des histoires à suivre prochainement sur Côté Châteaux, qui ne manquera pas de vous informer. Merci encore de le suivre avec passion.

Merci à jean-Bernard Nadeau pour m’avoir confié son super beau cliché, vous pouvez retrouver les autres photos sur facebook de Jean-Bernard Nadeau ici