19 Oct

La production européenne de vin devrait être en baisse de 14% cette année…

La production européenne de vin, affectée par des aléas climatiques, va baisser de 14% en 2017 par rapport à la récolte précédente, a-t-on appris jeudi auprès de FranceAgriMer, qui se base sur des chiffres de la Commission européenne. Les 3 grands pays producteurs sont affectés.

Les dégâts du gel dans le blayais © Jean-Pierre Stahl

Les dégâts du gel dans le blayais © Jean-Pierre Stahl

Ce recul, qui aboutit à une production historiquement basse, est principalement le fait des trois plus gros bassins de production: Italie (-21%), France (-19%) et Espagne (-15%), selon l’organisme public.

La Commission estime à 145 millions d’hectolitres la production globale de vin dans l’Union européenne des 28, en baisse de 14% également par rapport à la moyenne
des cinq dernières années.

Avec 40 millions d’hectolitres, l’Italie reste le premier producteur du continent, devant la France à 36,9 millions et l’Espagne à 36,8 millions. L’Allemagne, à 8 millions d’hectolitres, subit également une petite baisse, alors que des pays comme le Portugal (6,6 millions), la Roumanie (5,3), l’Autriche (2,4) et la Bulgarie (1,4) connaissent, eux, une légère progression de leur volume de production.

Alors que cette baisse fait d’ores et déjà de ce millésime européen, comme en France, le plus faible volume de l’après-guerre, « les professionnels, eux, pensent que ces estimations sont encore supérieures à ce que va être le résultat définitif », a indiqué Anne Haller, déléguée pour les filières viticole et cidricole à FranceAgriMer. Des « ajustements » qui pourraient se traduire par « encore 2 ou 3 millions d’hectolitres de moins pour la récolte européenne », a-t-elle indiqué.

AFP

Face aux conséquences du gel, les vignerons de l’Aude réclament des mesures exceptionnelles de la part du gouvernement

Entre 1.200 viticulteurs selon la police et 3.000 selon les organisateurs ont manifesté mercredi à Carcassonne pour tirer la sonnette d’alarme sur leur situation et réclamer des aides au gouvernement. La récolte dans l’Aude n devrait s’élever qu’à 3 millions d’hectolitres et 10 en Languedoc-Roussillon alors qu’on était à 13 il y a deux ans.

2000 manifestants selon nos confrères de © France 3 Occitanie - Olivier Lecreurer

2000 manifestants selon nos confrères de © France 3 Occitanie – Olivier Lecreurer

DES MESURES EXCEPTIONNELLES RECLAMEES AU GOUVERNEMENT

Les manifestants se sont réunis à l’appel du Syndicat des vignerons de l’Aude devant une porte donnant accès à la cité médiévale avant de partir vers 16h00 en cortège vers le centre-ville, qu’ils ont rejoint dans le calme. Lors d’une prise de parole avant le défilé, le président du syndicat, Frédéric Rouanet, a décrit une situation qui « n’est plus tenable ». Après « la plus petite récolte que l’Aude et l’Occitanie aient connue, l’année va être compliquée », Frédéric Rouanet président du Syndicat des vignerons de l’Aude

Si nous n’obtenons pas des mesures exceptionnelles, des vignerons vont abandonner le métier »Frédéric Rouanet président du Syndicat des vignerons de l’Aude

Le président s’est plaint par ailleurs qu' »aucune annonce de soutien n’ait été faite par le gouvernement » alors que la situation est « catastrophique » pour de nombreux vignerons après les gelées du printemps dernier.

« Le gouvernement est nouveau, on l’interpelle pour la première fois, on espère que les choses vont bouger », avait-il dit à l’AFP au début du rassemblement.

Selon M. Rouanet, la récolte devrait s’élever cette année à 3 millions d’hectolitres dans le département, et à 10,4 millions d’hectolitres dans le secteur Languedoc-Roussillon, alors qu' »on était à 13 millions d’hectolitres il y a deux ans ».

CONCURRENCE DES VINS ESPAGNOLS ET DEMANDE DE REGULATION

Le Syndicat des vignerons de l’Aude dénonce aussi la concurrence des vins espagnols et réclame des mesures de régulation du marché au niveau de l’Europe.

Enfin, le président du syndicat et celui des Jeunes agriculteurs (JA) se sont élevés contre une campagne nationale contre le cancer et la consommation d’alcool illustrée par un tire-bouchon.  « Encore une fois c’est le vin qui est stigmatisé », se sont plaints Frédéric Rouanet et Arnaud Aribaud, le président des JA de l’Aude. « C’est l’avenir du territoire qui est en jeu », a assuré ce dernier. « C’est l’agriculture qui fait vivre ce département; le laisser tomber, c’est laisser tomber l’avenir de notre territoire », a-t-il déclaré.

Avec cette « plus petite récolte depuis 1945, on se fait énormément de soucis, on ne va pas pouvoir fournir tous les marchés » Arnaud Aribaud président des Jeunes agriculteurs

« Normalement, ça devrait faire monter les prix, mais si les négociants s’entendent pour acheter à un prix bas, les prix resteront bas », s’est inquiété M. Aribaud. « Moi je ne sais pas si je pourrai tenir », a témoigné Lucie Pagot, viticultrice à Bizanet, qui a repris l’exploitation de ses parents il y a trois ans. « Il nous faudrait davantage d’aides, de soutien, sinon on va mourir », a-t-elle poursuivi.
Bastien Roux a participé à la manifestation en signe de solidarité avec les viticulteurs, après avoir lui-même quitté l’exploitation de ses parents, en appellation Corbières, « par nécessité », car il n’y avait « pas assez de revenus ». Il travaille dorénavant dans le privé.

Avec AFP et France 3 Occitanie.

Regardez le reportage de mes confrères de France 3 Occitanie :  A.Grellier et F.Guibal

13 Oct

De violents incendies ravagent la Californie, quelques vignobles sont impactés

De nombreuses habitations en ruine, des wineries touchées, et quelques vignobles endommagés… La région est sérieusement touchée par de violents incendies, déclenchés en partie dus à une sécheresse de près de 6 mois.

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Au milieu des ruines encore fumantes, des tonneaux carbonisés gisent et une odeur mêlée de brûlé et d’alcool s’élève près d’une dizaine de cuves encore debout. Un peu plus loin, la salle de dégustation dite « Le Chateau », n’est plus qu’un amas de gravats noircis.

Paradise Ridge, perchée sur une colline de Santa Rosa, est l’une des exploitations viticoles du nord de la Californie dévorées par les violents incendies qui ravagent la région depuis dimanche.

Nombre de vignobles, parfois centenaires, ont été endommagés et une partie des vendanges est menacée.

« Je travaille dans la région depuis 25 ans mais je n’ai jamais rien vu de la sorte », affirme Christian Butzke, professeur d’oenologie à l’école agricole de Purdue. « Les gens sont sous le choc de la vitesse à laquelle le feu a progressé », ajoute-t-il, se désolant pour les « personnes qui ont perdu la vie ». Elle sont au moins quinze à ce stade mais 200 personnes sont encore portées disparues.

Ray Johnson, directeur de l’Institut du commerce viticole à l’université de Sonoma, parle d’impact majeur des feux sur l’industrie du vin de la Côte nord » de Californie, dans un email à l’AFP.

La célèbre propriété Stag’s Leap Cellars, qui avait acquis une renommée mondiale en 1976 en surclassant de grands crus français dans un concours, le fameux « Jugement de Paris », a dû être évacuée. L’ampleur des dégâts n’avait pas été précisée mardi soir mais le site compte rouvrir samedi.

En revanche, le vignoble Signorello Estate a été réduit en cendres. Ray Signorello Jr, son directeur a indiqué sur Facebook que le personnel avait tenté dans la nuit de dimanche à lundi de lutter contre le brasier mais « a dû battre en retraite quand le bâtiment a été atteint ».

L’exploitation de vins biologiques Frey a aussi été dévorée par les flammes. « On dirait le site d’un bombardement », a constaté, amer, le vigneron Joe Nielsen de l’exploitation Donelan, dans le San Francisco Chronicle à propos des environs. « Il n’y a que des cheminées et des carcasses de voitures brûlées et des arbres carbonisés ». Cushing Donelan, dont la famille gère ce vignoble, a indiqué à l’AFP que leurs « vignes sont épargnées pour le moment mais nous sommes au milieu de la zone d’évacuation, le feu n’est pas du tout maîtrisé et le vent se lève, il n’y a aucune manière de savoir si nous sommes hors de danger ».

« Des gens ont tout perdu, des vignobles avec une histoire ont été balayés par les flammes. (…) En face de chez nous, des quartiers où vivent nos amis et voisins ont été réduits en cendres », a-t-il décrit, impuissant à protéger le domaine car eau et électricité ont été coupées. Le Beltane Ranch, auberge et vignoble datant de 1900, a également été évacué à la hâte -y compris vaches et chevaux- mais les bâtiments historiques ont été préservés grâce à « des efforts incroyables », ont écrit ses dirigeants sur les réseaux sociaux.

Le cauchemar n’était pas terminé mardi soir pour les habitants ou exploitants de cette région bucolique aux collines tapissées de vignes, parmi les plus touristiques du pays. Les incendies faisaient encore rage, les évacuations se poursuivaient. Plus de 2.000 habitations et structures ont déjà été détruites.

DES ANNEES POUR REPLANTER

« Il y aura clairement des pertes » et il faudra des années pour replanter les arpents détruits, souligne M. Butzke. A cette époque de l’année, la grande majorité des vendanges sont faites mais, explique-t-il, les meilleurs cépages de Cabernet et de Merlot –ceux qui donnent les vins les plus réputés et chers– sont traditionnellement récoltés tardivement et ne le sont à ce stade qu’à 50%.
« Ils pourraient avoir été endommagés par la fumée » qui peut pénétrer le raisin et le rendre inutilisable, ce qui diminuerait la production et peut-être engendrer une hausse des prix pendant deux ou trois ans, ajoute le professeur de Purdue.

Il anticipe toutefois un impact globalement réduit sur l’ensemble des 60.000 hectares de vignobles de la Côte nord californienne. La viticulture génère 46.000 emplois locaux, plus de 13 milliards de dollars de revenus dans le seul comté de Napa –50 milliards aux Etats-Unis– et attire 3,5 millions de touristes dans la région chaque année. « La Californie est si innovante et si rapide à rebâtir » que, d’après M. Butzke, le tourisme devrait bien résister.

Avec AFP

12 Oct

Après les vendanges, Bordeaux estime sa perte de récolte entre 40 et 50%. L’un des épisodes de gel les plus douloureux de l’après-guerre

C’était redouté dès ce fameux gel intense du 27 avril et annoncé par la Fédération des Grands Vins de Bordeaux et Côté Châteaux. Cet épisode de gel est très certainement l’un des plus marquants depuis 70 ans, après ceux de 1991 et de 1956 à Bordeaux. Le point aux châteaux de France et au château Larrivet-Haut-Brion, tous deux ont perdu 70% de la récole, en Pessac-Léognan. Les pertes pour la filière pourraient aller jusqu’à 2 milliards d’euros.

Arnaud Thomassin dans le cuvier du château de France © JPS

Arnaud Thomassin dans le cuvier du château de France © JPS

27, 28 et 29 avril, 3 nuits de gel intense, et c’est sans parler du premier épisode du 21 avril…

Au château de France, à Léognan, on a eu beau lutter sérieusement avec de nombreuses chauffrettes et un système d’éolienne, rien n’y a fait, le gel était trop important et très tôt dans la nuit, dès minuit…Arnaud Thomassin, le propriétaire, se souvient de cet épisode douloureux : « je pense qu’on est descendu à -6 ou -7 dans les points les plus bas de la propriété. Les appareils sont efficaces mais plus il fait froid, plus le périmètre d’action est faible et cette année, c’était particulièrement intense;

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  1. En terme de volume, je pense que c’est certainement la récolte la plus faible qu’on a faite, moi ça fait plus de 20 ans que je suis là et  je n’ai jamais ramassé aussi peu de vin, Arnaud Thomassin propriétaire du château
Au château de France ce matin ©JPS

Au château de France ce matin ©JPS

Depuis le 29 septembre, l’ensemble de la récolte (précoce à cause de juin très chaud et d’un mois de septembre en partie pluvieux) est aujourd’hui rentrée ici. La perte est estimée à 70% : « on peut estimer qu’on va récupérer, entre les rouges et les blancs, de l’ordre de 500 hectolitres. L’an dernier on avait fait le double. » 1200 hectos, alors même que c’était déjà une petite récolte, déjà à cause du gel, car le château de France avait perdu 30% de sa récole en 2016. Le sort s’acharne et Arnaud Thomassin espère que 2018 sera bien plus clément. Pour lui une année normale, c’est en 2014 où la production était de l’ordre de 1700 à 1800 hectolitres.

IMG_0577Au château Larrivet-Haut Brion, même constat, 70 % de pertes au global, un peu plus sur les blancs que sur les rouges:

Sur les blancs, on est à 6 hectos à l’hectare, des rendements extrêmement faibles, avec de la qualité, j’ai 54 hectolitres de vins blancs pour 9 hectares, même en 91 on avait fait un peu plus ! « Bruno Lemoine directeur général de Larrivet Haut-Brion

Ce sont surtout les parcelles les moins qualitatives qui ont été impactées, des parcelles de seconds vins, ou tout ce qui se trouvait en contre-bas de propriétés, dans des combes ou en plaine.

Il y a des grands vins, il y a des vins un petit peu plus légers, il y a des propriétés qui ont fait de belles récoltes et d’autres qui ont tout perdu, et cela depuis 6 mois » Frédéric Massy Derenoncourt Consultants.

IMG_0583La production sera plus faible qu’en 2013 mais plus importante qu’en 1991 l’autre grande année du gel à Bordeaux, comme devrait nous le confirmer cet après-midi le CIVB au cours d’un point presse à 15h. La récolte est estimée avec 40 à 50% de perte pour ce millésime 2017 dont les effets vont se faire ressentir pendant quelques années.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Pascal Lécuyer et Robin Nouvelle :

08 Oct

A Listrac, 200 personnes ont participé à la marche blanche contre les pesticides

9 associations avaient appelé à la mobilisation contre l’utilisation de pesticides dans les vignes. Une mobilisation moins importante qu’à Bordeaux en février 2016 mais une première dans le Médoc.

La marche blanche contre les pesticides en plein coeur de Listrac-Médoc © Sébastien Delalot - France 3

La marche blanche contre les pesticides en plein coeur de Listrac-Médoc © Sébastien Delalot – France 3

« L’avenir, c’est nous, pas vos pesticides ! », pouvait-on lire sur les pancartes des marcheurs, ou encore « Je veux grandir dans un Médoc sans pesticides. » 

La manifestation s’est élancée depuis le centre de Listrac à 14h30. Une manifestation à l’appel du Collectif Info Médoc Pesticides, d’Alerte aux Toxiques ! Gironde, de La Confédération Paysane, de l’Union Locale CGT de Pauillac, d’ Eva Pour la Vie, de Générations Futures, d’Alerte des Médecins sur les Pesticides, de Vigilence OGM 33, ou encore d’Alerte Pesticides Haute-Gironde.

Cette manifestation voulait souligner le déni de la dangerosité des pesticides et la non reconnaissance de maladies professionnelles liées à leur usage, suite notamment à l’arrêt récent de la Cour d’Appel de Bordeaux du 21 septembre qui a refusé la reconnaissance post mortem de maladie professionnelle dans l’affaire Bibeyran, ou encore du non-lieu rendu dans l’affaire de Villeneuve sur Blaye où un épandage de pesticides avait provoqué des malaises parmi des élèves scolarisés dans l’école jouxtant les vignes traitées.

Une façon d’apporter ainsi un soutien à Marie-Lys Bibeyran, partie civile dans l’affaire en reconnaissance de maladie post mortem. Son frère Denis est décédé en 2009 d’un cancer des voies biliaires.

Marie-Lys Bibeyran a annoncé qu’elle allait se pourvoir en cassation contre cet arrêt de la Cour d’appel de Bordeaux, qui a rejeté en septembre le lien entre l’utilisation de pesticides et le cancer de son frère. La Cour avait estimé que la famille Bibeyran n’avait pas « rapporté la preuve d’éléments établissant la réalité d’un lien de causalité entre l’exposition aux pesticides » et le cancer, un cholangiocarcinome.

Au-delà du cas de son frère, ce pourvoi « est un devoir pour tous les travailleurs des vignes, pour qui la reconnaissance de maladie professionnelle est un droit, et ne doit pas devenir une faveur », a déclaré Mme Bibeyran à l’AFP.
« Le dossier ne peut pas se refermer comme ça », a-t-elle affirmé, assurant qu’en dépit du revers judiciaire récent, la prise de conscience anti-pesticides s’accroît dans le vignoble et dans le public, qui en a « marre de ce déni, de cette omerta ».

Dominique Techer, représentant de la Confédération paysanne, associée à la marche de Listrac, a affirmé que « les mentalités dans le monde agricole ont beaucoup évolué ».
« Depuis un an et demi, deux ans, de plus en plus d’agriculteurs, même en non-bio,
veulent faire des programmes sans (substances) cancerogènes, mutagènes ou toxiques ».
« Il y a aussi une réelle inquiétude sur l’exposition, le sort des enfants, inquiétude palpable au sein des couples d’agriculteurs », selon Dominique Techer.

Avec AFP

Regardez le reportage de Gladys Cuadrat et Sébastien Delalot, montage Alain Guinchard

 

29 Sep

Peine d’amende pour une cave coopérative après la mort d’une saisonnière

Une amende de 25.000 euros a été infligée à la cave coopérative Agamy à Bully (Rhône) après la mort par asphyxie, en 2015, d’une saisonnière de 22 ans qui nettoyait une cuve à vin. La famille de la victime devrait toucher 30000 de dommages et intérêts. Dérisoire par rapport à la perte d’un être cher.

L'entrée du Palais de Justice de Lyon © France 3 Lyon

L’entrée du Palais de Justice de Lyon © France 3 Lyon

Dans son délibéré rendu mardi, le tribunal correctionnel de Lyon a également condamné la coopérative viticole à verser 30.000 euros de dommages et intérêts à la famille
de Laure Dumont.

A l’audience, le 15 septembre, le ministère public avait requis 30.000 euros d’amende.

« Le tribunal a tenu compte de l’attitude de la coopérative qui a immédiatement reconnu sa responsabilité et pris toutes les mesures possibles pour que ça ne se reproduise pas », a souligné auprès de l’AFP l’avocat de la cave, Me Jean-Félix Luciani.

Le 19 août 2015, la jeune saisonnière avait été retrouvée inanimée dans une cuve de stockage avant mise en bouteille qu’elle était chargée de nettoyer au jet. L’enquête a révélé qu’elle avait succombé à une intoxication à l’azote, un gaz utilisé pour empêcher l’oxydation du vin.

« Depuis ce dramatique accident, la coopérative a mis en place un extracteur d’azote à l’intérieur des cuves et plus personne ne peut désormais y pénétrer », a plaidé Me Luciani.

28 Sep

Vol de 7 tonnes de raisins à Bordeaux : après le gel, la douche du vol, autant dire que la coupe est pleine !

Si ça ce n’est pas lamentable. On avait déjà vu ce procédé s’opérer les années passées, mais cette année c’est d’autant plus douloureux que le moral était en berne à cause du gel. En 10 jours, environ 7 tonnes de raisins ont été dérobés sur pied. Le phénomène aurait pris une certaine ampleur, vu le contexte avec une baisse de 40% de la récolte dans le bordelais.

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Au moins sept tonnes de raisins ont été volées sur pied dans les vignobles du Bordelais en une dizaine de jours, un phénomène récurrent pendant les vendanges mais qui n’avait jamais atteint une telle ampleur, peut-être liée à la faiblesse annoncée de la récolte cette année.

Depuis la mi-septembre, en pleine période de vendanges, au moins trois vols en dix jours ont donné lieu à dépôt de plainte, a annoncé mercredi à l’AFP la gendarmerie.

L’un s’est produit à Pomerol (600 à 700 kilos), l’autre à Montagne, prés de Saint-Emilion (500 pieds de vigne) et un autre à Génissac, en appellation Bordeaux supérieur, où 6,5 tonnes de raisin, l’équivalent de 25.000 à 30.000 grappes sur une parcelle de moins d’un hectare, ont disparu.

A chaque fois, le travail de vendange frauduleuse était « proprement fait », les pieds de vignes n’étaient pas abîmés, a-t-on précisé à la gendarmerie, qui n’a pas confirmé de plainte reçue à ce jour pour un quatrième vol, rapporté par le quotidien Sud-Ouest, à Lalande-de-Pomerol dans l’appellation du même nom. La gendarmerie a dit avoir intensifié patrouilles et vigilance, dans le cadre du service normal.

Les vols de raisins sur pied ne sont en rien un phénomène nouveau et s’observent ponctuellement en période de vendanges et davantage les années de faible production attendue.
C’est le cas cette année, où le gel du printemps laissait présager d’une récolte en baisse de 40% dans le Bordelais, et où « la tentation est grande de se servir chez le voisin », selon les professionnels de différents vignobles.

En Champagne a été instauré il y a quelques années un « plan Champagne », qui prévoit une présence et visibilité renforcée de la gendarmerie dans le domaine viticole.

En Bourgogne, des viticulteurs s’étaient organisés l’an dernier pour des rondes nocturnes dans les jours précédant les vendanges. Cette année, c’est la gendarmerie
de Beaune (Côte d’Or) qui a effectué des rondes.

Regardez le reportage d’Elise Galand et Didier Bonnet :

22 Sep

Un propriétaire de château russe condamné pour utilisation de pesticides interdits

Le propriétaire russe d’un château et son épouse ont été condamnés à trois mois de prison avec sursis et 50.000 euros d’amende pour avoir fait procéder à des épandages de pesticides interdits sur leur propriété à Yvrac en Gironde.

Une affaire jugée jeudi après-mi au tribunal correctionnel de Bordeaux © France 3

Une affaire jugée jeudi après-midi au tribunal correctionnel de Bordeaux © France 3

Dmitry Strokin et sont épouse étaient jugés jeudi pour « détention et utilisation de produits sans autorisation » dans le parc de la propriété qu’ils avaient acquise en 2011 à Yvrac, à une vingtaine de kilomètres de Bordeaux, ainsi que pour « infraction aux conditions d’utilisation » de ces substances.

Le maire d’Yvrac, celui de la commune voisine de Montussan, trois riverains, ainsi que l’association de défense de l’environnement Sepanso étaient parties civiles dans ce dossier.
Les produits avaient été saisis après qu’un ancien régisseur de l’exploitation, en conflit avec ses patrons, avait donné l’alerte. Au total, 87 échantillons de produits, tous interdits, avaient été retrouvés, a indiqué à l’AFP Me François Ruffié, avocat des parties civiles.

Les deux époux, qui n’étaient pas à l’audience et n’étaient pas défendus, ont été chacun condamnés à trois mois de prison avec sursis et 50.000 euros d’amende.
La société GT-Trans, dont l’épouse de Dmitry Strokin est la gérante, a été condamnée
à 30.000 euros d’amende. Les parties civiles ont obtenu un total de 17.000 euros de dommages et intérêts, a précisé Me Ruffié.

En 2012, le propriétaire russe avait déjà suscité de vives protestations en détruisant la chartreuse du XVIIIe siècle présente sur le domaine, avant de décider de la reconstruire.
Parallèlement, une autre enquête est en cours concernant les conditions de détachement d’ouvriers polonais sur la propriété. Le maire de Montussan a également déposé plainte pour « vol et dégradation de bien public » après la destruction d’un lampadaire de la commune, remplacé par le propriétaire russe qui ne le trouvait pas à sa convenance.

Les époux ont 10 jours pour faire appel du jugement.

Avec AFP

21 Sep

Affaire Bibeyran : la Cour d’Appel de Bordeaux rejette la demande de reconnaissance de maladie professionnelle

La Cour d’Appel de Bordeaux a finalement rejeté la demande de la famille Bibeyran de reconnaissance en maladie professionnelle pour le cancer qui a emporté Denis Bibeyran en 2009. Ce dernier a traité durant de nombreuses années les vignes avec des pesticides. Sa soeur va poursuivre malgré tout le combat.

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C’est un nouveau coup dur pour Marylis Bibeyran, car non seulement elle souffre d’avoir perdu son frère à l’âge de 46 ans, mais en plus la justice ne veut pas reconnaître de responsabilité des employeurs qui lui ont demandé de traiter leurs vignes avec des produits phytosanitaires, dont certains aujourd’hui sont interdits. « C’est une décision pure et simple de rejet de la demande de reconnaissance post-mortem de maladie professionnelle ».

Bien sûr, je suis déçue, stupéfaite par l’argumentation. C’est inquiétant et même grave » Marylis Bibeyran.

L’arrêt de la Cour d’Appel est en effet défavorable à la famille Bibeyran selon une « argumentation surprenante » pour Marylis Bibeyran. Dans son arrêt, la Cour estime que la famille de Denis Bibeyran n’a pas « rapporté la preuve d’éléments établissant la réalité d’un lien de causalité entre l’exposition aux pesticides » et son cancer.Le plus étonnant pour Marylis Bibeyran est que :« La Cour d’Appel admet que l’arsonic pourrait provoquer des cancers de la peau, mais aurait des effets anti-cancéreux pour certaines tumeurs et ainsi sur des lignées de cellules cholangiocarcinomes ».

Marie-Lys Bibeyran annonce que son frère aurait eu 55 ans aujourd'hui © JPS

Marie-Lys Bibeyran, lors de l’audience en juin dernier  © JPS

Et de dire avec ironie dans la salle des pas perdus de la Cour d’Appel : « donc je vous conseille à tous de vous fournir en arsonic , d’en boire un petit verre tous les matins, puisqu’ apparemment la Cour d’Appel de Bordeaux vient de décrêter que l’arsonic serait un anti-cancéreux… »

Pour elle, la Cour d’Appel s’assoie sur une bibliographie bien établie qui reconnait l’arsonic comme cancérogène, inscrit au tableau des maladies professionnelles de la Mutualité Sociale Agricole en 1955 et des maladies cancérogène par le CIRC (Centre International de Recherche sur le Cancer).

L’action va-t-elle se poursuivre ? « Il faut que j’étudie avec Maître Lafforgue l’éventualité d’un pourvoi en cassation. Mais cela ne change rien, le combat continue avec le Collectif Info Médoc Pesticides. »

Relire : Marie-Lys Bibeyran devant la Cour d’Appel de Bordeaux pour faire reconnaître la maladie professionnelle de son frère, une maladie liée « aux produits de la vigne »

07 Sep

Affaire d’épandages à Villeneuve-de-Blaye : le juge d’instruction conclut à un non-lieu

L’affaire avait fait grand bruit en mai 2014. Le Parlement et le Gouvernement s’en étaient saisis. Suite a l’intoxication d’une vingtaine d’élèves et de leur institutrice, une information contre X avait été ouverte et deux châteaux mis en examen. Finalement, il y a non-lieu selon le juge d’instruction. La Sépanso, partie civile, va faire appel « pour qu’il y ait un vrai débat devant un tribunal ».

L'école de Villeneuve-de-Blaye en question © France Aquitaine

L’école de Villeneuve-de-Blaye en question © France Aquitaine

Les faits étaient pourtant éloquents : 23 élèves et leur institutrice pris de maux de tête, de vomissements, nécessitant l’intervention de secours en ce 5 mai 2014, à l’école primaire bordée de toute part par des vignes.

Ce jour-là deux châteaux l’un en conventionnel, l’autre en bio, traitaient leurs vignes avec des produits phytosanitaires durant la matinée et encore en début d’après-midi. Les faits établis dans un rapport de la Draaf attestaient de traces bleues sur le grillage de l’école… Ce jour-là, la force du vent relevée à Mérignac était supérieure à 3 Beaufort, en théorie une force pour laquelle il est intrdit de procéder à des traitements.

Toutefois dans son ordonnance selon nos confrères de Sud-Ouest, le juge d’instruction estime qu’un doute demeure car aucun relevé spécifique à cette commune n’existe, par ailleurs aucun élément objectif ne permet de faire le lien, les gendarmes n’ayant été avertis que plusieurs jours plus tard.

C’est donc par manque de preuve irréfragable que le non lieu a été prononcé, ce qui fait dire à Daniel Delestre, président de la Sépanso Gironde :« on est déçu. On va se concerter pour savoir si on relève appel ou pas. On ne sent pas bien la volonté d’éclaircir les responsabilités, de faire la lumière. »

L’avocate d’un des vignerons considère au contraire que les investigations ont été poussées et que son client n’a pas eu un comportement irresponsable.

Daniel Delestre, président de la Sepanso Gironde © JPS

Daniel Delestre, président de la Sepanso Gironde © JPS

« Nous n’avons pas d’acharnement contre les viticulteurs, mais cela concerne des dommages ressentis surtout par des élèves et une institutrice. C’est une affaire qui pose problème dans le milieu professionnel. On va voir si on interjette appel… »

Ce qui pourrait étonner, c’est que suite à cette affaire les pouvoirs publics et notamment la préfecture de Gironde avait pris toute une série de mesures à travers un arrêté préfectoral, notamment avec une distance minimale de 50 mètres vis-à-vis des écoles, avec l’implantation de dispositifs de protection notamment la plantation de haies et le recours par les viticulteurs à des matériels limitant la dispersion des produits.

Joint par téléphone cet après-midi au sortir d’une audience à Pau, Me François Ruffié, avocat de la Sepanso, a confié à Côté Châteaux : « on va faire appel, soit cet après-midi, soit demain matin. L’infraction est constituée par deux éléments : trop de vent et l’épandage qui a dépassé la surface de la parcelle. C’est un débat qui aurait du avoir lieu devant un tribunal, ce serait même utile, d’autant que le juge avait mis en examen les deux vignerons. On va faire appel dans l’intérêt des enfants et de l’environnement. »