20 Juin

Vinexpo à l’heure des bodegas : « E Viva Espana »

L’Espagne est cette année le pays invité d’honneur de ce 19e Vinexpo. L’occasion de faire le point sur l’Espagne, toujours parmi les 3 pays plus gros producteurs de vin, qui a nettement amélioré la qualité de ses produits. L’occasion aussi de faire la fête au Palais de la Bourse où 110 bodegas faisaient déguster leurs vins avec des tapas. Invité également la star des fourneaux en Espagne Ferran Adrià, qui a quasiment provoqué une émeute.

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L’ESPAGNE EN FORCE SUR LES STANDS DE VINEXPO : QUE CALOR

En ce lundi 19 juin, la température semblait remonter de Séville ou presque, avec près de 39° à l’ombre .Dans les travées du hall 1 où se trouvaient l’Espagne, des dégustations fort heureusement étaient rafraîchies par la climatisation au top le matin, mais en fin d’après-midi, on ne pouvait cacher sous le tapis cette chaleur qui au final commençait à rentrer dans le salon, avec à l’extérieur un soleil de plomb. Bref une ambiance sévillane.

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L’Espagne, avec  la France, mais aussi avec l’Italie, figure depuis des décennies parmi les pays les plus gros producteurs de vins au monde et cela se voit à travers les stands, avec 2000 m2 de surface occupée, soit le 3e pays par le nombre d’exposants après la France et l’Italie. Un gigantisme avec des vins à déguster au verre avec un « tasting flight » qui réunit 112 vins mais aussi sur les stands.

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La famille Duprat, entreprise grossiste en boissons sur Biarritz, vient à chaque Vinexpo rencontrer ses fournisseurs et notamment ces Espagnols qui au fil des années ont amélioré la qualité de leurs vins : « on les distribue chez nous au Pays-Basque depuis une trentaine d’années, ce sont des vins qui se sont améliorés au fil des années, qui sont devenus très très souples, et pour lesquels il y a un vrai rapport qualité-prix » explique Lionel Duprat de PGLS Boissons.

Et ce représentant de bodega de confirmer : « les vins de la Rioja , ce sont les vins les meilleurs et les plus connus de l’Espagne, et ce sont des vins très compétitifs. »

Pour mieux comprendre ces parts de marchés que l’Espagne grapille au fil des ans :« On a aussi travaillé sur les vignes, les vignes au sud de l’Espagne sont aujourd’hui mieux entretenues et cela a amélioré la qualité », complète Javier Martinez de Salinas de Grupo Bodegas Olarra.

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GROS SUCCES POUR A TASTE OF SPAIN PLACE DE LA BOURSE

Comme la température avait du mal à baisser, c’est qu’il devait y avoir une fiesta dans l’air ambiant, du côté de la place de la bourse. Bingo ! Pas moins de 110 bodegas enflammaient le Palais de la Bourse en faisant déguster les plus grands vins espanols parmi lesquels on pouvait trouver Tempos Vega Sicilia ou encore Pingus…les stars montantes espagnoles.

IMG_6440   La folie espagnole était aussi dans la fréquentation, près de 1200 personnes, professionnels du vin du monde entier, étaient venus déguster ces vins mais aussi des tapas pour accorder avec ceux-ci.

Parmi les chefs, des stars des fourneaux :  les chefs Ferran Adrià et José Andrés qui ont bien voulu répondre présent pour « A Taste of Spain », l’une des plus grandes expériences gastronomiques espagnoles jamais organisées en dehors de l’Espagne. La présence exceptionnelle de ces chefs à Bordeaux était à elle-seule The Event of the soirée.

IMG_6427Il fallait voir comment ça se bousculait autour de Ferran Adrià, le chef triplement étoilé, tant pour des interviews des télés espagnoles et françaises que pour des selfies et autres photos pour lequel le chef voulait bien se plier toutes les trente secondes.  Ferran Adrià est considéré comme l’un des plus grands chefs au monde grâce notamment à ses créations pour son restaurant elBulli classé meilleur restaurant du Monde par le Magazine Restaurant en 2002, 2006, 2007, 2008 et 2009.

C’est jour de fête  où il y a ensemble des cuisiniers et tout le monde du vin, on est très content d’être à Bordeaux, la capitale mondiale du vin »Ferran Adrià, chef étoilé espagnol.

IMG_6453« Chaque bouteille de vin raconte une histoire, et la meilleure d’entre-elles offrira un véritable voyage aux plus chanceux – vers le terroir, le vignoble, la cave d’où il provient. Ce sont ces histoires que j’ai hâte de raconter à Vinexpo Bordeaux », explique  José Andrés.

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Pour Vinexpo, ces deux personnalités de la cuisine ibérique ont sélectionné et guidé 12 chefs, chacun originaire d’une région viticole espagnole, pour représenter leur terroir en cuisinant un plat en direct. Ont été choisis : Ignacio Echapresto, Diego Gallegos, Andreu Genestra, Pablo Loureiro, Miguel Angel Mayor, Aurelio Morales, Marcos Morán, Javier Olleros, Juan Carlos Padrón, Albert Raurich, Rubén Sánchez Camacho et Ignacio Solana Pérez.

IMG_6465 Ces 12 chefs ont cuisiné des mets inédits qui ont accompagné la dégustation de 110 vins exceptionnels, sélectionnés par le célèbre magazine américain Wine Spectator, partenaire officiel de Vinexpo. Une soirée chaude et haute en couleurs, celles de l’Espagne bien sûr, le rouge et le jaune !

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Jean-Michel Litvine, Eric Delwarde, Charles Rabréaud et Christian Arliguié :

07 Juin

Marie-Lys Bibeyran devant la Cour d’Appel de Bordeaux pour faire reconnaître la maladie professionnelle de son frère, une maladie liée « aux produits de la vigne »

C’est le combat de sa vie, un combat du pot de terre contre le pot de fer. Pourtant elle ne lache rien. Depuis le décès de son frère Denis, ouvrier viticole, Marie-Lys Bibeyran se bat pour faire reconnaître que le cancer qui l’a emporté était du aux traitements récurrents dans la vigne, des traitements avec des pesticides.

Marie-Lys Bibeyran annonce que son frère aurait eu 55 ans aujourd'hui © JPS

Marie-Lys Bibeyran annonce que son frère aurait eu 55 ans aujourd’hui © JPS

Ce matin, dès 8 heures, ils étaient une vingtaine de personnes à venir soutenir Marie-Lys Bibeyran devant la Cour d’Appel de Bordeaux. Son frère, Denis Bibeyran a déclaré un cancer des voies biliaires intra hépatiques (cholangiocarcinome) en novembre 2008. Il travaillait dans les vignes depuis plus de 30 ans, et y effectuait des traitements de pesticides depuis plus de 20 ans.

Il décéda finalement en octobre 2009, sans avoir eu de réponse à sa question de savoir si sa maladie était liée aux « produits de la vigne ». Sa sœur Marie-Lys Bibeyran, a repris le combat et engagea en juin 2011 une procédure en reconnaissance post mortem de maladie professionnelle.

Mon frère est né le 7 juin 1962, on est le 7 juin 2017, il aurait eu 55 ans aujourd’hui, le fait que cette audience se tienne le 7 juin, ce n’est pas un hasard, aujourd’hui mon frère a rendez-vous avec son statut et cette reconnaissance de victime, ainsi que l’ensemble des victimes des pesticides », Marie-Lys Bibeyran.

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Autour de Marie-Lys Bibeyran, des responsables d’Europe Ecologie les Verts, dont Pierre Hurmic célèbre avocat bordelais, mais également d’autres militants de Générations Futures, ou d’Alerte aux Toxiques comme Valérie Murat, qui a perdu son père également atteint d’un cancer à cause de l’utilisation de pesticides :

Il faudrait une obligation légale déjà et bannir les pesticides les plus dangereux, ça ce n’est même plus moi qui le dit aujourd’hui c’est le rapport de l’ONU, qui est sorti e début d’année, et qui est un rapport accablant sur l’agro-industrie et l’utilisation des pesticides, qui est solution qui ne peut pas être viable à long terme », Valérie Murat parole de l’association Alerte aux toxiques.

Après la confirmation par le Tribunal des Affaires de Sécurité Sociale des décisions de rejet des deux Comités Régionaux de Reconnaissance de Maladie Professionnelle, Marie-Ly Bibeyran a poursuivi son combat devant Cour d’Appel de Bordeaux. Celle-ci  a ordonné par une décision du 16 avril 2015, une expertise sur pièces. Une expertise qui va être examinée scrupuleusement par la Chambre Sociale de la Cour d’Appel de Bordeaux.

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L’audience qui s’est tenue en fin de matinée en environ une demie-heure n’a pas permis de dire quelle sera la position de la Cour, chacun des avocats a évoqué leur axe d’attaque et de défense, mais la Cour va répondre au fond à chaque argumentaire des conclusions déposées fin mai par les deux parties.

Me François Lafforgue, pour la famille Bibeyran, a regretté que la maladie ne figure pas parmi la liste des maladies déjà reconnues, tout en soutenant que son cancer soit de la même famille que l’un de ceux visés par le tableau. Son argumentaire vise dès lors à prouver « un lien de causalité direct et essentiel » :

  • « un lien essentiel », en prouvant d’abord que « Denis Bibeyran, n’était pas exposé à un facteur de risque extra-professionnel, ne fumant pas, et n’étant pas alcoolique, devenant malade à seulement 46 ans alors que ce type de pathologie apparaît d’habitude à 60 ou 70 ans. »
  • « un lien direct » : « oDenis Bibeyran était-il exposé aux pesticides, oui assurément ! L’étude lancée par Générations Futures révèle une enquête accablante : les salariés viticulteurs étaient particulièrement exposés aux pesticides, 11 fois plus que les riverains », selon les analyses qui ont été faites de traces dans leurs cheveux et « + de 45%d ces pesticides trouvés dans les  cheveux sont cancérogènes. »
Me François Lafforgue, l'avocat de la famille Bibeyran © JPS

Me François Lafforgue, l’avocat de la famille Bibeyran © JPS

Me Lafforgue a regretté que l’une des propriétés où Denis Bibeyran n’ait pas donné la liste des produits qu’il avait utilisé avant les années 2000, toutefois il a précisé que l’activité de traitement dans le bordelais était entre 11 et 15 traitements par an, donc bien évidemment il a utilisé des pesticides. Il n’était pas non plus dans une cabine fermée, il a travaillé dans des « bobards » en diffusant ces pesticides. »

L’avocate de la Mutualité Sociale Agricole, Me Françoise Pillet, n’a pas souhaité répondre à nos questions. A l’audience, elle a rappelé que : « la maladie de Mr Bibeyran ne figurait pas au tableau des maladies professionnelles, par deux fois les Comités Régionaux de Reconnaissance des maladies Professionnelles ont statué pour dire que cela n’était pas reconnu comme maladie professionnelle ». « Par ailleurs, les analyses des calendriers de traitements de 2000 à 2008 ne mettent pas en évidence qu’il était soumis aux pesticides organo-chlorés. » L’avocate a demandé la confirmation du jugement du TASS.

Si  la reconnaissance à titre post mortem du statut de victime à Denis Bibeyran, intervenait, il s’agirait d’une décision qui pourrait faire jurisprudence. La Cour d’Appel rendra son arrêt le 21 septembre prochain.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl et Sylvie Tuscq-Mounet, montage Christophe Varone :

04 Juin

La réaction de Jane Anson, journaliste anglaise, face aux attentats de Londres : « c’est horrible ! Londres, Paris, Berlin, les pays en Europe doivent faire face ensemble à ce problème »

Jane Anson est une consoeur britannique, journaliste et correspondante pour Decanter à Bordeaux . Forcément très marquée par ces nouveaux attentats à Londres hier soir qui ont fait 7 morts et 48 blessés, les 3e en quelques semaines au Royaume-Uni, elle a bien voulu réagir aux questions de Côté Châteaux, solidaire des Londoniens dans cette terrible épreuve.

Le © Daily Miror sur Tweeter annonce une 7e personne décédée

Le © Daily Mirror sur Tweeter annonce une 7e personne décédée dans l’attaque du London Bridge

Jean-Pierre Stahl : « Bonjour Jane, désolé de ce qui arrive à nos amis Britanniques, vous êtes vous-même Londonienne, je crois. Comment avez-vous appris cela ? »

Jane Anson* : « J’ai vécu à Londres avant de déménager ici, mais je ne suis pas de Londres, c’est mon mari qui est originaire de Londres. J’y étais la semaine dernière. Je croise les doigts pour les victimes. C’est encore un attentat, c’est horrible. Londres, Paris, Berlin, tous les pays en Europe doivent faire face ensemble à ce problème… »

JPS : « Aujourd’hui, la sécurité est-elle maximale à cet endroit comme le London Bridge ? »

Jane Anson : « Apparemment, il s’est passé 8 minutes après le 1er appel, une intervention de 8 minutes de la police pour neutraliser les terroristes, c’est impressionnant. »

JPS : « London Bridge, c’est un nouveau symbole ? »

Jane Anson : « London Bridge, et Westminster Bridge il y a environ un peu plus de 8 semaines… D’un point de vue logistique, c’est surtout un endroit où il y a pas mal de personnes. C’est horrible pour la Grande-Bretagne d’avoir 3 attentats dans un petit espace de temps. Ce n’est pas contre un pays en particulier mais contre une façon de vivre. »

JPS : « Culturellement en Grande-Bretagne, les policiers n’avaient pas tous des armes, est-ce que cela change ? »

Jane Anson : « On avait librement fait le choix de ne pas avoir mis en place une police avec des « guns » (armes), et c’est aujourd’hui un grand changement, heureusement, qui fait qu’il y a une très bonne réponse dans cette situation horrible. Mais cela intervient 5 jours avant une élection générale, je ne sais pas très bien, mais c’est  peut-être voulu. »

JPS : « Tout autre chose, Jane, vous allez animer une conférence lors de Vinexpo sur le Brexit, c’est un thème important… »

Jane Anson : « Je l’ai déjà dit, je suis à 100% contre le Brexit, je suis triste. A titre personnel, je trouve stupide le Brexit. On doit rester en commun, ensemble, on doit trouver une solution. Toutefois, pour cette conférence, on va rester pratique et apporter des solutions. »

Côté Châteaux exprime ici toute sa solidarité aux familles de victimes et au Peuple Britannique touché par ces nouveaux attentats, ainsi qu’aux Français également blessés hier. 7 de nos compatriotes ont été blessés dont 4 dans un état grave. Un Français est décédé a-t-on appris en début de soirée par le quai d’Orsay.

*Jane Anson est journaliste pour Decanter, elle a par ailleurs écrit un beau livre sur Angelus et l’histoire de la famille de Boüard à la tête de ce château depuis 8 générations. Elle a par ailleurs écit un autre bel ouvrage sur Bordeaux Legends en anglais ou en français Elixirs  Premiers crus classés 1855, avec Isabelle Rozenbaum, Préface de Francis Ford Coppola, un livre qui a reçu le prix Baron Philippe de Rothschild 2014, et Best Wine Photography in the Gourmand Awards 2013.

24 Mai

Des vignerons en colère perturbent la circulation dans le Sud-Ouest : ils protestent contre des importations de vins espagnols

Quelque 200 vignerons en colère se sont rassemblés mardi matin au péage du Perthus, au Boulou dans les Pyrénées-Orientales, à la frontière avec l’Espagne, pour dénoncer la concurrence du vin espagnol. Ils ont aussi bloqué temporairement un autre segment de l’autoroute A9 dans l’Aude, à la mi-journée.

Un face à face tendu entre CRS et vignerons de l'Aude au péage du Boulou ©

Un face à face tendu entre CRS et vignerons de l’Aude au péage du Boulou © Frédéric Guibal

« Si l’Etat français ne nous protège pas (…) la régulation de marché, nous la ferons nous-mêmes sur le terrain », avait scandé devant la foule Frédéric Rouanet, président du syndicat des vignerons de l’Aude.

Le péage du Perthus a été bloqué pendant une heure et demie, entraînant la coupure de l’A9 dans le sens France-Espagne et un bouchon de 7 km de poids lourds et véhicules légers, selon un communiqué de Vinci Autoroutes.  Les manifestants, venus au Boulou (Pyrénées-Orientales) en convoi depuis Narbonne (Aude) où ils s’étaient réunis tôt pour une action surprise, ont interpellé par l’intermédiaire du sous-préfet présent Gilles Giuliani, le nouveau ministre de l’Agriculture, Jacques Mézard. « Un hélicoptère, des camions de CRS, voilà la réponse que l’on nous fait à la question des importations de vin, qu’il soit espagnol ou italien. C’est malheureux », a déploré M. Rouanet, sous un soleil éclatant.

Frédéric Rouannet, représentant des vignerons de l'Aude face au sous-préfet de Céret © Frédéric Guibal

Frédéric Rouanet, représentant des vignerons de l’Aude face au sous-préfet de Céret © Frédéric Guibal

« Nous ne sommes pas contre les importations à condition qu’elle soient régulées. Quand les importations de vin étaient à 6 millions d’hecto, il n’y avait aucun problème sur le marché français. Mais depuis qu’elles ont augmenté, nous avons été livrés à des spéculateurs et des profiteurs comme aux heures les plus noires de notre histoire », a-t-il ajouté.

Rassemblés en groupe face à un cordon de CRS, les viticulteurs ont enflammé des pneus et installé quelques tables, alors que leur porte-parole échangeait avec le sous-préfet. Ils ont levé le camp peu avant 11H00, après des sommations des CRS et un face-à-face tendu avec les forces de l’ordre.

Les vignerons de l'Aude bloquent le péage du Boulou © Alexandre Grellier

Les vignerons de l’Aude bloquent le péage du Boulou © Alexandre Grellier

Une partie d’entre eux est ensuite repartie dans l’Aude, où ils ont mené une opération escargot puis un barrage filtrant sur l’A9 au niveau de La Palme pendant près de 2 heures, entrainant une paralysie du trafic sur 6 km, selon Bison Futé. Le barrage a été levé vers 14H30 après que le syndicat a obtenu l’assurance d’une rencontre avec le ministre « en personne », après les législatives, a affirmé à l’AFP M. Rouanet. Le sous-préfet de Céret avait, dans la matinée, proposé une rencontre lundi au ministère, mais le syndicat revendiquait une entrevue avec le ministère lui-même.

Lundi, c’est finalement une réunion « préparatoire » qui doit avoir lieu à la préfecture de l’Aude avec les « principaux acteurs de la filière et les services de l’Etat, a-t-on indiqué à la préfecture.

AFP.

Regardez le reportage de mes confrères de France 3 Occitanie Alexandre Grellier et Frédéric Guibal :


Les vignerons de l’Aude font la chasse aux importations illicites de vin espagnol
Intervenants : Philippe Tailhan, viticulteur // Baptiste Cabal, Viticulteur // Frédéric Rouanet, Président du Syndicat des Vignerons de l’Aude –  Alexandre Grellier, Frédéric Guibal

15 Mai

Un faussaire russe condamné à de la prison ferme pour avoir contrefait des bouteilles de Romanée-Conti

Le tribunal correctionnel de Dijon a condamné ce lundi un Russe à quatre ans de prison, dont deux fermes, pour  avoir vendu de fausses bouteilles du prestigieux domaine bourguignon de la Romanée-Conti.

Le Domaine de la Romanée Conti © France 3

Le Domaine de la Romanée Conti © France 3

Encore une affaire de piquette vendue pour l’un des plus prestigieux vin au monde… A Dijon, un Russe a été condamné à 4 ans de prison dont deux fermes et 150 000 euros d’amende pour utilisation frauduleuse d’une appellation d’origine contrôlée. Il doit par ailleurs verser plus de 550 000 euros de dommages et intérêts, dont quelque 300 000 pour la société civile de la Romanée-Conti. Cette dernière avait réclamé 500 000 €.

Les faits remontent entre 2012 et 2014, plus de 400 bouteilles avec des étiquettes contrefaites du célèbre domaine de la Romanée Conti ont ainsi été écoulées.

A ses côtés 2 prévenus Italiens, un père et son fils, pour lesquels le tribunal correctionnel a estimé qu’il ne pouvait être jugés dans la mesure où ils avaient déjà été condamnés en Suisse, en mars 2015, pour les mêmes faits. Lors de l’audience, le 27 janvier, des peines de trois ans de prison, dont deux ferme, et d’un an avec sursis, avaient été respectivement requises à l’encontre du Russe et des deux Italiens.

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« C’est une prise en considération de l’atteinte à l’image du domaine », a commenté Marina Cousté, avocate de la Romanée-Conti. « C’est d’autant plus satisfaisant que c’est le cru le plus prestigieux mondialement parlant », a-t-elle ajouté.

Sur une parcelle de moins de deux hectares, le domaine de la Romanée-Conti produit chaque année entre 5 000 et 6 000 bouteilles. «Il faut savoir que le romanée-conti est déjà un vin particulièrement touché par la spéculation: une bouteille d’un millésime 2009, vendu 1672 euros au domaine, coûtera plus de 8000 euros, rien qu’en ayant franchi les grilles», affirme Marina Cousté. «Cette spéculation cause un tort considérable à l’image du domaine». Les contrefacteurs revendaient la bouteille entre 11.000 et 25.000 euros. Le préjudice commercial s’établit ainsi à 1,5 million d’euros. écoulées par un réseau de distributeurs exclusifs et revendues à des prix pouvant dépasser 10 000 euros la bouteille.

Lors du procès, le russe, qui comparaissait libre après avoir effectué 18 mois de détention provisoire, avait assuré ignorer qu’il s’agissait de fausses bouteilles, niant aussi tout lien avec les prévenus italiens.

Le tribunal « couvre la détention provisoire, que nous jugeons abusive », a asséné son avocat Me Julien Dami Le Coz, dénonçant « l’exigence de la justice dijonnaise de satisfaire la partie civile principale ».

Qualifiant le dossier de « plus que branlant », Me Dami Le Coz a ajouté que son client n’avait pas exclu de faire appel, mais que la décision n’était pas prise.

Les prévenus italiens, qui ne s’étaient pas présentés devant le tribunal dijonnais, avaient écopé devant la justice suisse de 24 mois de prison avec sursis et 5.000 francs suisse d’amende chacun (environ 4.700 euros), ainsi que de 400.000 euros de dommages et intérêts pour le domaine de la Romanée-Conti.

Avec AFP et Reuters.


04 Mai

La presse étrangère souligne « le plus dur épisode de gel de ce quart de siècle »

Pour le Wine Spectator « bon nombre de régions viticoles françaises ont subi le pire épisode de gel jamais connu » , Decanter parle d’un « jeudi noir » à Bordeaux qui va affecter la campagne des primeurs 2016.

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Lire l’article du Wine Spectator par James Molesworth et Suzan Mustatich

CaptureLire l’article de Decanter par Jane Anson 

decanterLire l’article de Yohan Castaing – Photo de Jean-Bernard Nadeau

03 Mai

Conséquences du #gel : moins de main d’oeuvre actuellement dans les vignes du bordelais

Première conséquence directe, les châteaux sévèrement touchés par le gel ont appelé les prestataires de service pour leur dire de ne pas venir pour le moment. De nombreux ouvriers viticoles appelés habituellement pour l’épamprage vont devoir attendre. Pourtant, il va y avoir du travail dès que la vigne va repousser…

Quelques ouvriers viticoles ce jours dans les vignes de Saint-Emilion, employés par Banton et Lauret © JPS

Quelques ouvriers viticoles ce jours dans les vignes de Saint-Emilion, employés par Banton et Lauret © JPS

UNE VOILURE REDUITE CHEZ LES PRESTATAIRES

« Aujourd’hui, on n’a pas la capacité d’employer tous les gens qu’on emploie habituellement » commente Benjamin Banton, gérant de la plus grosse entreprise prestataire de services pour les châteaux, avec 182 employés en CDI. – Banton & Lauret à Vignonet, non loin de Saint-Emilion.

Benjamin Banton, gérant du plus grand prestataire de travaux viticoles à Vignonet © JPS

Benjamin Banton, gérant du plus grand prestataire de travaux viticoles à Vignonet © JPS

On a entre 600 et 800 pendant cette période, et là sur le mois de mai, on va tourner entre 50 et 80 personnes », Benjamin Banton de Banton & Lauret.

Danny, chef d'équipe chez Banton et Lauret © JPS

Danny, chef d’équipe chez Banton et Lauret © JPS

Et d’ajouter : »Aujourd’hui, on a beaucoup de clients qui nous disent on avait prévu de faire les travaux avec vous, mais ne venez pas pour l’instant, ce n’est pas la peine… » Fort heureusement, tous les châteaux n’ont pas été touchés, il y a donc quelques travaux d’épamprage et de dédoublage dans la vigne épargnée, que l’on peut apercevoir, comme une note d’espoir et de nature qui va aussi reprendre ses droits.

A gauche une branche fructifère pas impactée, à droite un peu touchée par le gel © JPS

A gauche une branche fructifère pas impactée, à droite un peu touchée par le gel © JPS

« LES TRAVAILLEURS DES VIGNES, LES PREMIERES VICTIMES » 

Marilys Bibeyran, ouvrière viticole, se désole en voyant l’immensité des parcelles touchées par le gel :

Les travailleurs des vignes sont les premières victimes du gel. La passion et la douleur chevillées au corps, c’est le fruit de leur labeur qu’ils ont vu disparaître. « 

Pour Marie-Lys Bibeyran

Pour Marie-Lys Bibeyran : « Les travailleurs des vignes sont les premières victimes du gel » © JPS.

Et de dénoncer l’attitude de certains châteaux du bordelais qui pour l’heure donnent moins de travail ou prévoient moins de primes :

« je pense que c’est une solution de facilité d’amputer d’ores et déjà les travailleurs ou de leurs revenus -en les mettant au chômage technique- ou de leurs primes, primes saisonnières et primes de vendanges, il y a déjà des domaines viticoles qui ont averti leurs personnels que ces suppléments de salaires seraient déjà supprimé au moins pour l’année à venir, voire pour l’année prochaine ».

Une fois passé le cap des 15 prochains jours, et d’un mois de mai difficile, la vigne devrait repousser en buisson, et donner quelques grappes, mais de là à connaître exactement sa réaction : « personne n’est capable de dire, si on va avoir du raisin », ajoute Benjamin Banton. A l’été, il y aura sans doute des travaux d’effeuillage et de vendanges « en vert », normaux pour les vignes non touchées, mais très réduits pour les vignes impactées car les domaines ne vont certainement pas faire tomber le peu de grappes qui viendront à repousser.

A suivre…

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl et Nicolas Pressigout sur les conséquences sur les sous-traitants :

Gel à Bordeaux : la Chambre d’Agriculture considère que plus de la moitié du vignoble a été sévèrement touché.

La Chambre d’Agriculture de la Gironde et ses équipes de terrain sont fortement mobilisées depuis les épisodes de gel à recenser les parcelles touchées et venir en aide aux viticulteurs. Ce mercredi, ils sont une fois de plus sur le terrain et ils ont mis en place un numéro d’appel pour toute question des viticulteurs.

Les dégâts du gel dans le blayais © Jean-Pierre Stahl

Les dégâts du gel dans le blayais © Jean-Pierre Stahl

> Accompagner les viticulteurs

Une mission d’évaluation se rendra demain, mercredi, sur le terrain.

Une réunion de crise se tiendra, vendredi 5 mai, à la Chambre d’Agriculture, avec tous les acteurs concernés afin de dresser un bilan plus complet des dégâts et appréhender les mesures à mettre en œuvre pour venir en aide aux viticulteurs et agriculteurs.

La Chambre d’Agriculture invite les agriculteurs du département à déclarer les dégâts subis directement en lignesur www.gironde.chambagri.fr afin d’évaluer de façon précise l’étendue du sinistre. Un numéro d’appel a également été ouvert pour répondre à leurs questions : 0800 002 220 (coût d’un appel local).

> Un premier bilan

  • Médoc : la moitié des surfaces est touchée de façon significative. Les zones intérieures sont très touchées alors que les parcelles de bord de Gironde ont été plus épargnées. Le Sud Médoc est tout particulièrement atteint ; sur de nombreuses zones, les dégâts atteignent les 80 voire 100%.
  • Haute-Gironde (Bourg-Blaye) : ces secteurs, cumulant les dégâts dus aux 2 épisodes successifs, sont particulièrement atteints.
  • Libournais : sur l’ensemble de la zone, nombre de parcelles sont touchées de 80 à 100%. Les zones situées autour des communes de Montagne et Saint-Christophe des Bardes ont cependant été épargnées.
  • Entre-Deux-Mers : de gros dégâts sont à déplorer dans la plaine de la Dordogne et de nombreuses parcelles sont très touchées dans l’ensemble de l’Entre-Deux-Mers.
  • Graves-Sauternais : de nombreuses parcelles sont détruites dans le Sauternais. Dans le reste de la vallée de la Garonne, un grand nombre est atteint à plus de 50%. Pour la plupart, la totalité de la récolte est perdue.

Avec chambre d’agriculture.

02 Mai

Bordeaux panse ses plaies : paroles de vignerons touchés par le gel

4 jours après les épisodes de gel à Bordeaux, Côté Châteaux a rencontré les vignerons des appellations de Blaye-Côtes de Bordeaux et de Fronsac Canon-Fronsac, deux appellations pas mal touchées, comme d’autres, par le gel. Tour d’horizon et notes d’espoirs.

Freddy et Benoît Latouche du château Camille Gaucheraud © Jean-Pierre Stahl

Freddy et Benoît Latouche du château Camille Gaucheraud © Jean-Pierre Stahl

Tout n’est pas rose en ce moment chez nos amis viticulteurs, surtout chez ceux qui en quelques jours ont vu leurs parcelles passer du vert au marron.C’est en effet quelques paysages de désolation, quasi-lunaires, qui s’offrent à vous quand vous sillonnez les différentes appellations de Bordeaux. Mais pour être tout-à-fait juste, vous alternez souvent de zones très vertes, vertes, ou encore moyennement vertes à des zones souvent marrons ou même grises, comme si l’automne était déjà là.

A Saint-Vivien-de-Blaye, au château des Graves, 80 à 90 % des vignes ont gelé © JPS

A Saint-Vivien-de-Blaye, au château des Graves, 80 à 90 % des vignes ont gelé © JPS

A Saint-Vivien de Blaye, au château les Graves, Jean-Pierre Pauvif est l’un des viticulteurs les plus durement touchés avec 80 à 90 % impactés par le gel, cela s’est passé en 3 matinées pour lui, et malheureusement il n’est pas assuré :

Sur 18 hectares, il reste 2 hectares intacts, le reste est touché entre 80 et 100 % », Jean-Pierre Pauvif vigneron en Blaye – Côtes de Bordeaux.

Michaël Rouyer, directeur du syndicat de Blaye et Jean-Pierre Paivif du château des Graves © JPS

Michaël Rouyer, directeur du syndicat de Blaye et Jean-Pierre Paivif du château des Graves © JPS

« Le vin, il n’est pas là, la récolte 2017 elle ne sera pas là, on est sur une propriété qui a gelé ici à 80 % », commente Michaël Rouyer, directeur du syndicat viticole de Blaye en Côtes de Bordeaux.; « c’est dramatique, on est très inquiet et on va tout faire, nous inter-profession et syndicats viticoles, pour soutenir nos vignerons. »

Sur les 430 vignerons de l’appellations, 50 ont fait la démarche de se signaler gelés au syndicat, mais ces chiffres ne sont pas définitifs, c’est surtout la chambre d’agriculture qui est chargée de remonter ces informations qui seront transmises au CIVB d’ici vendredi pour l’ensemble des 60 appellations de Bordeaux.

Dans les Côtes de Bordeaux, Stéphane Héraud confirme que 50 à 80 % des surfaces des 5 appellations sont touchées par le gel.

A Laruscade, 90% touchés ici © JPS

A Laruscade, 90% touchés ici au château Camille Gaucheraud © JPS

A Laruscade, au château Camille Gaucheraud, c’est le même topo, 90 % ont été gelé à cause des ces -3,1°C enregistrés jeudi au petit matin. Les frères Latouche, Benoît et Freddy, avaient eux pris une assurance en cas de coup dur. Celui-ci est arrivé la semaine dernière, ils nous montrent l’impact sur le raisin dont les grappes étaient déjà en formation (à l’état de mini-grappes bien sûr). Comme tous ces vignerons, ils espèrent une repousse et que la nature reprenne ses droits, même s’ils savent qu’ils ne pourront compter que sur très très peu de volume.

« Normalement cela doit tomber tout seul, ça a déjà commencé, cela doit tomber tout seul » affirme Freddy Latouche, et son frère, Benoït, d’ajouter : « on va laisser faire la nature, on pourrait faire passer des gens, mais cela a un coup supplémentaire, vu ce qui nous arrive. »

Xavier Buffo constate les dégâts sur les jeunes plants de blancs du château de la Rivière © JPS

Xavier Buffo constate les dégâts sur les jeunes plants de blancs du château de la Rivière © JPS

En AOC Fronsac, si les coteaux du châteaux de la Rivière ont été épargnés, les 2 hectares de jeunes plants de blancs en contrebas ont été meurtris comme le constate Xavier Buffo, directeur général du château de la Rivière:

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« On avait laissé deux bourgeons qui auraient fait la prochaine latte, ces bourgeons visiblement sont morts, et il faudra espérer que le pied, probablement reparte de la base, on aura perdu une année, Xavier Buffo du château la Rivière »

Benoît Manuel Trocard devant ses vignes éprouvées par le gel : allez ça va repartir © JPS

Benoît Manuel Trocard devant ses vignes éprouvées par le gel : allez ça va repartir © JPS

Ce sont ainsi 80 % des surfaces à Bordeaux qui ont été plus ou moins touchées (de 5% à 100%), ce qui en fait le plus gros épisode de gel depuis 1991; Benoît Manuel Trocard, qui gère château Couraze pour un groupe danois a vu les 95 % de ces 2 hectares de vignes gelés. Il espère malgré tout pouvoir faire 10-15 hectos si la nature est généreuse.

Je savais pertinemment que cela pouvait nous arriver tot ou tard, mon père a eu le gel de 91, il le connaît bien, il a mis 2 ou 3 ans pour s’en remettre, mais à Bordeaux on s’en est toujours remis. » Benoît-Manuel Trocard  château Couraze.

Le château Camille

Le château Camille Gaucheraud a fort heureusement un peu de stock et de la réserve Ÿ JPS

Certains vignerons vont pouvoir passer ce mauvais cap, d’autres non. Ceux qui avaient un peu de stock avec les 2015, 2016 voire encore du 2010 comme me l’explique Benoît Latouche vont pouvoir continuer à fournir du vin à leurs clients car c’est tout l’enjeu de conserver des marchés acquis parfois après plusieurs années de démarchage. Il y a aussi la réserve qu’ils ont pu se constituer les années fastes comme en 2015 ou 2016, c’est le surplus autorisé au-dessus du quota établi par le cahier des charges de l’appellation, une réserve qu’il est possible d’utiliser en cas d’année noire comme avec ces événements climatiques : « si la nature a été généreuse, si on a eu 5 hectos de plus (par rapport aux 52 du cahier des charges), on peut les mettre en réserve, et aujourd’hui on est content par rapport à ce coup dur qui vient de nous arriver de dire : c’est déjà ça de vin qu’on va pouvoir vendre. »

Et comme pour exorciser ce malheur ou garder le moral, Nicolas Pons à Lignan-de-Bordeaux a posté sur facebook sa chanson « ma vigne est folle mais j’en suis fou » histoire de traduire la pensée de tous ses confrères : la vigne on l’aime…malgré tout.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Thierry Julien, Boris Chague et Thierry Culnaert: 

Vignoble de Bordeaux : 80% des surfaces ont été touchées par le gel

C’est une semaine cruciale qui s’annonce à Bordeaux, celle du bilan suite aux remontées d’informations. Selon les premières estimations, 80% des surfaces ont été plus ou moins impactées. Certaines plus que d’autres. En volume, la production pourrait être de -35 à -40% sur le millésime 2017.

Jeudi matin une vague de gel intense a considérablement meurti le vignoble à Bordeaux, comme ici à Moulon © S Tuscq Mounet

Jeudi matin une vague de gel intense a considérablement meurti le vignoble à Bordeaux, comme ici à Moulon © S Tuscq Mounet

C’est du jamais vu, depuis 1991. 80 % des plus de 110 000  hectares de vignes à Bordeaux ont été touchés à des degrés divers. Il s’agit là sans doute de l’épisode le plus intense de ces 30 dernières années.

D’après Hervé Grandeau, le président de la Fédération des Grands Vins de Bordeaux :« 80 % des surfaces ont été touchées, plus ou moins, difficile de donner une estimation de la récolte à venir », et comment la deuxième pousse va pouvoir se faire, si elle peut.

Les secteurs les plus touchés ont été Blaye et Bourg, Castillon et Saint-Emilion, Lalande-de-Pomerol, Listrac, une partie des Bordeaux et Bordeaux Sup le long de la Dordogne, impactés à plus de 75%.

Les remontées d’informations sont en cours sous l’égide de la Chambre d’Agriculture, le CIVB aura ce vendredi une réunion de crise à ce sujet, selon Christophe Château du CIVB. Quant aux volumes, Bordeaux produira sans doute une peu plus que la moitié de sa production habituelle, il va falloir voir comment cela repousse, ou autrement dit « au doigt mouillé 35 à 40 % de volume en moins ».