15 Mai

Un faussaire russe condamné à de la prison ferme pour avoir contrefait des bouteilles de Romanée-Conti

Le tribunal correctionnel de Dijon a condamné ce lundi un Russe à quatre ans de prison, dont deux fermes, pour  avoir vendu de fausses bouteilles du prestigieux domaine bourguignon de la Romanée-Conti.

Le Domaine de la Romanée Conti © France 3

Le Domaine de la Romanée Conti © France 3

Encore une affaire de piquette vendue pour l’un des plus prestigieux vin au monde… A Dijon, un Russe a été condamné à 4 ans de prison dont deux fermes et 150 000 euros d’amende pour utilisation frauduleuse d’une appellation d’origine contrôlée. Il doit par ailleurs verser plus de 550 000 euros de dommages et intérêts, dont quelque 300 000 pour la société civile de la Romanée-Conti. Cette dernière avait réclamé 500 000 €.

Les faits remontent entre 2012 et 2014, plus de 400 bouteilles avec des étiquettes contrefaites du célèbre domaine de la Romanée Conti ont ainsi été écoulées.

A ses côtés 2 prévenus Italiens, un père et son fils, pour lesquels le tribunal correctionnel a estimé qu’il ne pouvait être jugés dans la mesure où ils avaient déjà été condamnés en Suisse, en mars 2015, pour les mêmes faits. Lors de l’audience, le 27 janvier, des peines de trois ans de prison, dont deux ferme, et d’un an avec sursis, avaient été respectivement requises à l’encontre du Russe et des deux Italiens.

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« C’est une prise en considération de l’atteinte à l’image du domaine », a commenté Marina Cousté, avocate de la Romanée-Conti. « C’est d’autant plus satisfaisant que c’est le cru le plus prestigieux mondialement parlant », a-t-elle ajouté.

Sur une parcelle de moins de deux hectares, le domaine de la Romanée-Conti produit chaque année entre 5 000 et 6 000 bouteilles. «Il faut savoir que le romanée-conti est déjà un vin particulièrement touché par la spéculation: une bouteille d’un millésime 2009, vendu 1672 euros au domaine, coûtera plus de 8000 euros, rien qu’en ayant franchi les grilles», affirme Marina Cousté. «Cette spéculation cause un tort considérable à l’image du domaine». Les contrefacteurs revendaient la bouteille entre 11.000 et 25.000 euros. Le préjudice commercial s’établit ainsi à 1,5 million d’euros. écoulées par un réseau de distributeurs exclusifs et revendues à des prix pouvant dépasser 10 000 euros la bouteille.

Lors du procès, le russe, qui comparaissait libre après avoir effectué 18 mois de détention provisoire, avait assuré ignorer qu’il s’agissait de fausses bouteilles, niant aussi tout lien avec les prévenus italiens.

Le tribunal « couvre la détention provisoire, que nous jugeons abusive », a asséné son avocat Me Julien Dami Le Coz, dénonçant « l’exigence de la justice dijonnaise de satisfaire la partie civile principale ».

Qualifiant le dossier de « plus que branlant », Me Dami Le Coz a ajouté que son client n’avait pas exclu de faire appel, mais que la décision n’était pas prise.

Les prévenus italiens, qui ne s’étaient pas présentés devant le tribunal dijonnais, avaient écopé devant la justice suisse de 24 mois de prison avec sursis et 5.000 francs suisse d’amende chacun (environ 4.700 euros), ainsi que de 400.000 euros de dommages et intérêts pour le domaine de la Romanée-Conti.

Avec AFP et Reuters.


04 Mai

La presse étrangère souligne « le plus dur épisode de gel de ce quart de siècle »

Pour le Wine Spectator « bon nombre de régions viticoles françaises ont subi le pire épisode de gel jamais connu » , Decanter parle d’un « jeudi noir » à Bordeaux qui va affecter la campagne des primeurs 2016.

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Lire l’article du Wine Spectator par James Molesworth et Suzan Mustatich

CaptureLire l’article de Decanter par Jane Anson 

decanterLire l’article de Yohan Castaing – Photo de Jean-Bernard Nadeau

03 Mai

Conséquences du #gel : moins de main d’oeuvre actuellement dans les vignes du bordelais

Première conséquence directe, les châteaux sévèrement touchés par le gel ont appelé les prestataires de service pour leur dire de ne pas venir pour le moment. De nombreux ouvriers viticoles appelés habituellement pour l’épamprage vont devoir attendre. Pourtant, il va y avoir du travail dès que la vigne va repousser…

Quelques ouvriers viticoles ce jours dans les vignes de Saint-Emilion, employés par Banton et Lauret © JPS

Quelques ouvriers viticoles ce jours dans les vignes de Saint-Emilion, employés par Banton et Lauret © JPS

UNE VOILURE REDUITE CHEZ LES PRESTATAIRES

« Aujourd’hui, on n’a pas la capacité d’employer tous les gens qu’on emploie habituellement » commente Benjamin Banton, gérant de la plus grosse entreprise prestataire de services pour les châteaux, avec 182 employés en CDI. – Banton & Lauret à Vignonet, non loin de Saint-Emilion.

Benjamin Banton, gérant du plus grand prestataire de travaux viticoles à Vignonet © JPS

Benjamin Banton, gérant du plus grand prestataire de travaux viticoles à Vignonet © JPS

On a entre 600 et 800 pendant cette période, et là sur le mois de mai, on va tourner entre 50 et 80 personnes », Benjamin Banton de Banton & Lauret.

Danny, chef d'équipe chez Banton et Lauret © JPS

Danny, chef d’équipe chez Banton et Lauret © JPS

Et d’ajouter : »Aujourd’hui, on a beaucoup de clients qui nous disent on avait prévu de faire les travaux avec vous, mais ne venez pas pour l’instant, ce n’est pas la peine… » Fort heureusement, tous les châteaux n’ont pas été touchés, il y a donc quelques travaux d’épamprage et de dédoublage dans la vigne épargnée, que l’on peut apercevoir, comme une note d’espoir et de nature qui va aussi reprendre ses droits.

A gauche une branche fructifère pas impactée, à droite un peu touchée par le gel © JPS

A gauche une branche fructifère pas impactée, à droite un peu touchée par le gel © JPS

« LES TRAVAILLEURS DES VIGNES, LES PREMIERES VICTIMES » 

Marilys Bibeyran, ouvrière viticole, se désole en voyant l’immensité des parcelles touchées par le gel :

Les travailleurs des vignes sont les premières victimes du gel. La passion et la douleur chevillées au corps, c’est le fruit de leur labeur qu’ils ont vu disparaître. « 

Pour Marie-Lys Bibeyran

Pour Marie-Lys Bibeyran : « Les travailleurs des vignes sont les premières victimes du gel » © JPS.

Et de dénoncer l’attitude de certains châteaux du bordelais qui pour l’heure donnent moins de travail ou prévoient moins de primes :

« je pense que c’est une solution de facilité d’amputer d’ores et déjà les travailleurs ou de leurs revenus -en les mettant au chômage technique- ou de leurs primes, primes saisonnières et primes de vendanges, il y a déjà des domaines viticoles qui ont averti leurs personnels que ces suppléments de salaires seraient déjà supprimé au moins pour l’année à venir, voire pour l’année prochaine ».

Une fois passé le cap des 15 prochains jours, et d’un mois de mai difficile, la vigne devrait repousser en buisson, et donner quelques grappes, mais de là à connaître exactement sa réaction : « personne n’est capable de dire, si on va avoir du raisin », ajoute Benjamin Banton. A l’été, il y aura sans doute des travaux d’effeuillage et de vendanges « en vert », normaux pour les vignes non touchées, mais très réduits pour les vignes impactées car les domaines ne vont certainement pas faire tomber le peu de grappes qui viendront à repousser.

A suivre…

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl et Nicolas Pressigout sur les conséquences sur les sous-traitants :

Gel à Bordeaux : la Chambre d’Agriculture considère que plus de la moitié du vignoble a été sévèrement touché.

La Chambre d’Agriculture de la Gironde et ses équipes de terrain sont fortement mobilisées depuis les épisodes de gel à recenser les parcelles touchées et venir en aide aux viticulteurs. Ce mercredi, ils sont une fois de plus sur le terrain et ils ont mis en place un numéro d’appel pour toute question des viticulteurs.

Les dégâts du gel dans le blayais © Jean-Pierre Stahl

Les dégâts du gel dans le blayais © Jean-Pierre Stahl

> Accompagner les viticulteurs

Une mission d’évaluation se rendra demain, mercredi, sur le terrain.

Une réunion de crise se tiendra, vendredi 5 mai, à la Chambre d’Agriculture, avec tous les acteurs concernés afin de dresser un bilan plus complet des dégâts et appréhender les mesures à mettre en œuvre pour venir en aide aux viticulteurs et agriculteurs.

La Chambre d’Agriculture invite les agriculteurs du département à déclarer les dégâts subis directement en lignesur www.gironde.chambagri.fr afin d’évaluer de façon précise l’étendue du sinistre. Un numéro d’appel a également été ouvert pour répondre à leurs questions : 0800 002 220 (coût d’un appel local).

> Un premier bilan

  • Médoc : la moitié des surfaces est touchée de façon significative. Les zones intérieures sont très touchées alors que les parcelles de bord de Gironde ont été plus épargnées. Le Sud Médoc est tout particulièrement atteint ; sur de nombreuses zones, les dégâts atteignent les 80 voire 100%.
  • Haute-Gironde (Bourg-Blaye) : ces secteurs, cumulant les dégâts dus aux 2 épisodes successifs, sont particulièrement atteints.
  • Libournais : sur l’ensemble de la zone, nombre de parcelles sont touchées de 80 à 100%. Les zones situées autour des communes de Montagne et Saint-Christophe des Bardes ont cependant été épargnées.
  • Entre-Deux-Mers : de gros dégâts sont à déplorer dans la plaine de la Dordogne et de nombreuses parcelles sont très touchées dans l’ensemble de l’Entre-Deux-Mers.
  • Graves-Sauternais : de nombreuses parcelles sont détruites dans le Sauternais. Dans le reste de la vallée de la Garonne, un grand nombre est atteint à plus de 50%. Pour la plupart, la totalité de la récolte est perdue.

Avec chambre d’agriculture.

02 Mai

Bordeaux panse ses plaies : paroles de vignerons touchés par le gel

4 jours après les épisodes de gel à Bordeaux, Côté Châteaux a rencontré les vignerons des appellations de Blaye-Côtes de Bordeaux et de Fronsac Canon-Fronsac, deux appellations pas mal touchées, comme d’autres, par le gel. Tour d’horizon et notes d’espoirs.

Freddy et Benoît Latouche du château Camille Gaucheraud © Jean-Pierre Stahl

Freddy et Benoît Latouche du château Camille Gaucheraud © Jean-Pierre Stahl

Tout n’est pas rose en ce moment chez nos amis viticulteurs, surtout chez ceux qui en quelques jours ont vu leurs parcelles passer du vert au marron.C’est en effet quelques paysages de désolation, quasi-lunaires, qui s’offrent à vous quand vous sillonnez les différentes appellations de Bordeaux. Mais pour être tout-à-fait juste, vous alternez souvent de zones très vertes, vertes, ou encore moyennement vertes à des zones souvent marrons ou même grises, comme si l’automne était déjà là.

A Saint-Vivien-de-Blaye, au château des Graves, 80 à 90 % des vignes ont gelé © JPS

A Saint-Vivien-de-Blaye, au château des Graves, 80 à 90 % des vignes ont gelé © JPS

A Saint-Vivien de Blaye, au château les Graves, Jean-Pierre Pauvif est l’un des viticulteurs les plus durement touchés avec 80 à 90 % impactés par le gel, cela s’est passé en 3 matinées pour lui, et malheureusement il n’est pas assuré :

Sur 18 hectares, il reste 2 hectares intacts, le reste est touché entre 80 et 100 % », Jean-Pierre Pauvif vigneron en Blaye – Côtes de Bordeaux.

Michaël Rouyer, directeur du syndicat de Blaye et Jean-Pierre Paivif du château des Graves © JPS

Michaël Rouyer, directeur du syndicat de Blaye et Jean-Pierre Paivif du château des Graves © JPS

« Le vin, il n’est pas là, la récolte 2017 elle ne sera pas là, on est sur une propriété qui a gelé ici à 80 % », commente Michaël Rouyer, directeur du syndicat viticole de Blaye en Côtes de Bordeaux.; « c’est dramatique, on est très inquiet et on va tout faire, nous inter-profession et syndicats viticoles, pour soutenir nos vignerons. »

Sur les 430 vignerons de l’appellations, 50 ont fait la démarche de se signaler gelés au syndicat, mais ces chiffres ne sont pas définitifs, c’est surtout la chambre d’agriculture qui est chargée de remonter ces informations qui seront transmises au CIVB d’ici vendredi pour l’ensemble des 60 appellations de Bordeaux.

Dans les Côtes de Bordeaux, Stéphane Héraud confirme que 50 à 80 % des surfaces des 5 appellations sont touchées par le gel.

A Laruscade, 90% touchés ici © JPS

A Laruscade, 90% touchés ici au château Camille Gaucheraud © JPS

A Laruscade, au château Camille Gaucheraud, c’est le même topo, 90 % ont été gelé à cause des ces -3,1°C enregistrés jeudi au petit matin. Les frères Latouche, Benoît et Freddy, avaient eux pris une assurance en cas de coup dur. Celui-ci est arrivé la semaine dernière, ils nous montrent l’impact sur le raisin dont les grappes étaient déjà en formation (à l’état de mini-grappes bien sûr). Comme tous ces vignerons, ils espèrent une repousse et que la nature reprenne ses droits, même s’ils savent qu’ils ne pourront compter que sur très très peu de volume.

« Normalement cela doit tomber tout seul, ça a déjà commencé, cela doit tomber tout seul » affirme Freddy Latouche, et son frère, Benoït, d’ajouter : « on va laisser faire la nature, on pourrait faire passer des gens, mais cela a un coup supplémentaire, vu ce qui nous arrive. »

Xavier Buffo constate les dégâts sur les jeunes plants de blancs du château de la Rivière © JPS

Xavier Buffo constate les dégâts sur les jeunes plants de blancs du château de la Rivière © JPS

En AOC Fronsac, si les coteaux du châteaux de la Rivière ont été épargnés, les 2 hectares de jeunes plants de blancs en contrebas ont été meurtris comme le constate Xavier Buffo, directeur général du château de la Rivière:

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« On avait laissé deux bourgeons qui auraient fait la prochaine latte, ces bourgeons visiblement sont morts, et il faudra espérer que le pied, probablement reparte de la base, on aura perdu une année, Xavier Buffo du château la Rivière »

Benoît Manuel Trocard devant ses vignes éprouvées par le gel : allez ça va repartir © JPS

Benoît Manuel Trocard devant ses vignes éprouvées par le gel : allez ça va repartir © JPS

Ce sont ainsi 80 % des surfaces à Bordeaux qui ont été plus ou moins touchées (de 5% à 100%), ce qui en fait le plus gros épisode de gel depuis 1991; Benoît Manuel Trocard, qui gère château Couraze pour un groupe danois a vu les 95 % de ces 2 hectares de vignes gelés. Il espère malgré tout pouvoir faire 10-15 hectos si la nature est généreuse.

Je savais pertinemment que cela pouvait nous arriver tot ou tard, mon père a eu le gel de 91, il le connaît bien, il a mis 2 ou 3 ans pour s’en remettre, mais à Bordeaux on s’en est toujours remis. » Benoît-Manuel Trocard  château Couraze.

Le château Camille

Le château Camille Gaucheraud a fort heureusement un peu de stock et de la réserve Ÿ JPS

Certains vignerons vont pouvoir passer ce mauvais cap, d’autres non. Ceux qui avaient un peu de stock avec les 2015, 2016 voire encore du 2010 comme me l’explique Benoît Latouche vont pouvoir continuer à fournir du vin à leurs clients car c’est tout l’enjeu de conserver des marchés acquis parfois après plusieurs années de démarchage. Il y a aussi la réserve qu’ils ont pu se constituer les années fastes comme en 2015 ou 2016, c’est le surplus autorisé au-dessus du quota établi par le cahier des charges de l’appellation, une réserve qu’il est possible d’utiliser en cas d’année noire comme avec ces événements climatiques : « si la nature a été généreuse, si on a eu 5 hectos de plus (par rapport aux 52 du cahier des charges), on peut les mettre en réserve, et aujourd’hui on est content par rapport à ce coup dur qui vient de nous arriver de dire : c’est déjà ça de vin qu’on va pouvoir vendre. »

Et comme pour exorciser ce malheur ou garder le moral, Nicolas Pons à Lignan-de-Bordeaux a posté sur facebook sa chanson « ma vigne est folle mais j’en suis fou » histoire de traduire la pensée de tous ses confrères : la vigne on l’aime…malgré tout.

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Thierry Julien, Boris Chague et Thierry Culnaert: 

Vignoble de Bordeaux : 80% des surfaces ont été touchées par le gel

C’est une semaine cruciale qui s’annonce à Bordeaux, celle du bilan suite aux remontées d’informations. Selon les premières estimations, 80% des surfaces ont été plus ou moins impactées. Certaines plus que d’autres. En volume, la production pourrait être de -35 à -40% sur le millésime 2017.

Jeudi matin une vague de gel intense a considérablement meurti le vignoble à Bordeaux, comme ici à Moulon © S Tuscq Mounet

Jeudi matin une vague de gel intense a considérablement meurti le vignoble à Bordeaux, comme ici à Moulon © S Tuscq Mounet

C’est du jamais vu, depuis 1991. 80 % des plus de 110 000  hectares de vignes à Bordeaux ont été touchés à des degrés divers. Il s’agit là sans doute de l’épisode le plus intense de ces 30 dernières années.

D’après Hervé Grandeau, le président de la Fédération des Grands Vins de Bordeaux :« 80 % des surfaces ont été touchées, plus ou moins, difficile de donner une estimation de la récolte à venir », et comment la deuxième pousse va pouvoir se faire, si elle peut.

Les secteurs les plus touchés ont été Blaye et Bourg, Castillon et Saint-Emilion, Lalande-de-Pomerol, Listrac, une partie des Bordeaux et Bordeaux Sup le long de la Dordogne, impactés à plus de 75%.

Les remontées d’informations sont en cours sous l’égide de la Chambre d’Agriculture, le CIVB aura ce vendredi une réunion de crise à ce sujet, selon Christophe Château du CIVB. Quant aux volumes, Bordeaux produira sans doute une peu plus que la moitié de sa production habituelle, il va falloir voir comment cela repousse, ou autrement dit « au doigt mouillé 35 à 40 % de volume en moins ».

01 Mai

Clairette de Die: jusqu’à 60% de récolte en moins du fait du gel

L’épisode de gel qui a frappé les vignobles de l’appellation Clairette de Die dans la Drôme, entre le 19 et le 22 avril pourrait entraîner une baisse de la récolte de 50% à 60%, selon la profession.

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« Il n’y a aucune commune indemne parmi les trente que compte l’appellation », souligne vendredi Fabien Lombard, vigneron à Suze et président du Syndicat de la Clairette de Die et des vins du Diois.  

Les dégâts sur les parcelles s’élèvent de 20 à 100% ». Seules, « des micro-zones en altitude ne sont pas concernées » Fabien Lombard, vigneron

La région n’avait plus connu un épisode de gel aussi important depuis 1981. M. Lombard espère toutefois un nouveau départ de bourgeons sur certaines parcelles. « L’hypothèse, c’est que nous n’aurons que la moitié de la récolte cette année », souligne-t-il. Les estimations seront affinées après la floraison de la vigne.

Les consommateurs ne risquent toutefois pas de manquer de ce vin effervescent à faible teneur en alcool, le plus souvent produit à partir de raisin muscat, le cépage clairette étant minoritaire dans sa composition.

Ces quatre dernières années, des vins avaient en effet été mis en réserve en cas de mauvaise récolte. « Nous ne pensions pas nous servir aussi rapidement de ces stocks », note Fabien
Lombard. Le président du syndicat juge que cette situation signifiera des problèmes de trésorerie pour les viticulteurs l’an prochain.

Le Syndicat de la Clairette de Die et des vins du Diois doit se réunir avec les pouvoirs publics afin d’étudier toutes les solutions possibles. Le syndicat affirme qu’il sera particulièrement attentif aux jeunes vignerons qui n’ont pas de réserves financières pour passer le cap.

« Il faudra par exemple négocier un échelonnement des charges avec la Mutualité sociale agricole. Nous allons aussi solliciter un dégrèvement de la taxe sur le foncier non bâti pour les parcelles touchées », précise M. Lombard.  En 2015, les 27 caves de l’appellation ont produit 98.855 hectolitres de vin.

Avec AFP

30 Avr

Alerte grêle et vents violents : ça ne va pas encore être la catastrophe !

Les vignerons ont déjà payé un lourd tribu à cause des gelées matinales de ces dernières semaines, il ne vont quand même pas encore être tondus par la grêle et les vents violents. Pourtant une alerte météo concernant 22 départements est actuellement en cours. On croise les doigts.

22-departements-alerte-meteo-carte-6eeda1-0@1xMétéo France a placé 22 départements du Sud Ouest en alerte orange aux orages. Des averses de grêle et des rafales de vent supérieures à 100 km/h sont attendues. Et bien sûr, on repense à nos amis vignerons qui ont déjà été touchés par le gel, il ne manquerait plus que de la grêle continue d’achever le travail !

22 départements ont été placés en vigilance orange :  Ariège (09), Aude (11), Aveyron (12), Charente (16), Charente-Maritime (17), Corrèze (19), Creuse (23), Dordogne (24), Haute-Garonne (31), Gers (32), Gironde (33), Hérault (34), Landes (40), Lot (46), Lot-et-Garonne (47), Pyrénées-Atlantiques (64), Hautes-Pyrénées (65), Deux-Sèvres (79), Tarn (81), Tarn-et-Garonne (82), Vienne (86) et Haute-Vienne (87).
ALERTE ORANGE FINALEMENT PASSEE POUR LA COTE ATLANTIQUE
Carte actualisée en milieu d'après-midi © Météo France

Carte actualisée à 17H06 © Météo France

Cette alerte a commencé à partir de 14 h et devait se poursuivre jusqu’à 23 h… « avec des rafales de vent avec des valeurs localement supérieures à 100 km/h. Des chutes de grêle significatives sont également possibles par places. »

Mais cette fois-ci pour la Côte Atlantique, pour le bordelais et les vins du Sud-Ouest, nos amis vignerons qui en avaient plein le dos, ont été entendus : l’alerte est passée, ouf !!!

La Région Nouvelle-Aquitaine et le département de la Gironde au chevet de la vigne meurtrie par le gel

Samedi midi, Jean-Luc Gleyze, le président du Conseil départemental de la Gironde, s’est rendu dans le blayais pour constater les dégâts dus au gel. Il a annoncé que des mesures seraient prises en lien avec la Région. La veille la Région Nouvelle-Aquitaine s’est aussi déclarée sloidaire des vignerons sinistrés.

Les dégâts constatés hier par le Présidnt du Conseil Départemental de la Gironde dans le Blayais à

Les dégâts constatés hier par le Président du © Conseil Départemental de la Gironde dans le Blayais à Campugnan

Après ce douloureux épisode de gel qui a meurtri la vigne en deux vagues de froid, la semaine dernière et jeudi-vendredi, la Région Nouvelle-Aquitaine se dit solidaire et est « mobilisée aux côtés des professionnels ». La Nouvelle-Aquitaine a fait le constat qu’elle « vient d’être fortement touchée par un très fort épisode du gel, le plus dévastateur depuis 1991 selon certains. Du Bergeracois au Bordelais en passant par Cognac ou la Corrèze, cet événement dramatique pour les agriculteurs a impacté la plupart des vignes et vergers de la région. Certaines cultures céréalières et légumières n’ont pas non plus étaient épargnées »

J’imagine sans peine le désarroi des producteurs qui voient en une nuit anéanti une partie ou la totalité de leur production. Je tiens à apporter tout mon soutien à nos agriculteurs dans cette épreuve » , Alain Rousset, président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine.

« La Région sera attentive à l’évolution de la situation et participera bien entendu à toutes les discussions qui seront menées en concertation avec l’Etat, mais également les Départements, sur les mesures à mettre en œuvre pour accompagner les agriculteurs dans cette épreuve ».

 

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De son côté, le président du Conseil départemental de la Gironde, Jean-Luc Gleyze, s’est rendu ce samedi midi en Haute Gironde pour constater l’étendue des dégâts et échanger avec des exploitants. Des vignobles sinistrés à des degrés divers, souvent avec plus de 70% de pertes » par endroits. Jean- Luc Gleyze a ainsi sollicité le Président Alain Rousset, pour que la Région, chef de file en la matière, élabore un plan de soutien exceptionnel pour la filière viticole.

« Il faut tout d’abord intervenir auprès d’organismes de charges sociales comme la MSA, auprès des banquiers de manière à obtenir des étalement des dettes ou des charges de manière à soulager les viticulteurs pendant cette période difficile à passer, ensuite il peut y avoir une enveloppe financière qui peut-être débloquée pour accompagner le passage difficile, le temps qu’une récolte nouvelle puisse s’annoncer. »

Jean-Luc Gleyze a assuré au Président Rousset que le Département de la Gironde apporterait son soutien pour permettre aux vignerons et à la filière de traverser ce grave épisode.

De leur côté, la chambre d’agriculture et le CIVB attendent le début de semaine prochaine pour communiquer sur l’ampleur des dégâts. Selon toute vraisemblance, la première vague aurait impacté le vignoble bordelais de plus de 110 000 hectares entre 5 et 10 % et la seconde jeudi et vendredi de 30 à 35, voire 40% de plus. Ceci n’est qu’une estimation à confirmer mardi ou mercredi par les remontées des vignerons eux-mêmes.

Regardez l’interview de Jean-Luc Gleize réalisée par E.Eugène-Mormin et M.Lasbarrères 

28 Avr

Xavier Buffo au château de la Rivière sur l’épisode de gel : « je n’avais jamais connu cela »

Grand technicien de la vigne, Xavier Buffo le directeur général de la Rivière en appellation Fronsac est l’invité ce matin de Côté Châteaux pour Parole d’Expert. Il commente l’épisode de gel sur ces 2 matinées consécutives. Le château avait durement été éprouvé en 2013 par le décès de ses propriétaires.

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Xavier Buffo dans la cour du château de la Rivière © Jean-Pierre Stahl

Jean-Pierre Stahl: Salut Xavier, inutile de vous demander comment cela va ? »

Xavier Buffo : « Moyen, moyen, …c’est la merde…Sur le château de la Rivière, on va entre 20 et 30% de touchés, soit 15 hectares sur 65. Tout ce qui est touché, c’est le bas, les palus, des zones moins qualitatives, et le plateau calcaire à 80 mètres…En revanche, le coteau face à la Dordogne est épargné, il n’y a rien et ce matin on n’a pas été touché. »

On est moins touché que les copains de Saint-Emilion, mais je n’avais jamais connu cela. C’est étonnant, il y a des endroits touchés à 100% et juste à côté peu ou pas touché, c’est très jaloux »

Ceux qui ont de petites parcelles et qui sont touchés à presque 100%, c’est pour eux très durs, nous nous avons 65 hectares et c’est ce qui nous sauve.

On a en revanche 6,5 ha avec des pieds de 1 à 3 ans, impactés à 40-50%, et là on repart à zéro.

JPS : « Et à titre personnel, vous avez un peu de vignes ? »

Xavier Buffo : « J’ai en effet 2 hectares de vignes à Fronsac, avec Ad Vitam Aeternam, sur le plateau calcaire.

Avec Ad Vitam Aeternam, je suis touché à plus de 80% », en 2013 on n’avait déjà pas fait grand chose et rebelotte !

20140129_113410_resizedJPS : « Face à ce gel, quelle tâche allez-vous faire, très rapidement ? »

Xavier Buffo : « Il va falloir retravailler les vignes : la semaine prochaine, on va retailler à cot, on pense surtout à 2018, mais il y a des choses qui vont repousser, on va peut-être avoir une ou deux grappes.

Sur des vignes qui ont gelé à 100%, tu ne ramasses que 2-3 hectos.

La vigne a pris un stress énorme, et pendant 15 jours il ne se passe plus rien !

JPS : « Est-ce que le pied peut être sérieusement impacté, à partir de quelle température ? »

Xavier Buffo : « C’est en effet des gels d’hiver à -15°C qui peuvent entamer le pied. Pour ceux qui ont planté cette année, le pied peut mourir, ça peut être vraiment problématique sur de jeunes plants. On ne peut rien faire, il va falloir voir ce qui repousse et attendre. Il va y avoir un gros travail à la vigne d’épamprange et les risques de mildiou sont sévères, il va falloir traiter, ça demande beaucoup de main d’oeuvre, même s’il n’y a pas de récolte. Il n’y a rien à faire, il faut malgré tout travailler toute l’année pour produire zéro à certains endroits. Il faut penser à 2018″

JPS : « Un dernier mot, Xavier ? »

Xavier Buffo : « L’an dernier, c’est la 1ère année qu’on a mis en place sur Fronsac 5 hectolitres de réserve qualitative, en plus du rendement autorisé de 55 hectolitres à l’hectare sur l’appellation de Fronsac, on a fait 5 de mieux, cela tombe à point nommé. Cette année, on va le prendre ! »