08 Mar

Portrait croisé de viticultrices à l’occasion de la journée internationale de la femme

Léa Rodrigues-Lalande est jeune mais gère déjà à 25 ans le château de Castres. Stella Puel est une femme plus mature mais elle s’est aussi retrouvée très tôt obligée de prendre les rênes du château Bardins, une propriété en Pessac-Léognan qu’elle dirige depuis 20 ans.

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A 25 ans, Léa Rodrigues-Lalande est très certainement l’une des plus jeunes gérante de domaine dans les Graves. Co-gérante du château de Castres en Gironde, elle travaille aux côté de son père José Rodrigues-Lalande et s’occupe de toute la partie internationale.

C’est un challenge, oui et non. Parfois on entend beaucoup de choses sur les femmes mais dans mon milieu il y a beaucoup de femmes qui travaillent, des oenologues femmes très brillantes, comme des oenologues hommes également, donc il n’y a pas vraiment ce côté homme-femme, on travaille tous ensemble au quotidien. » Léa Rodriges-Lalande

Stella Puel avec sa responsable oenotourisme à Bardins, Pascale Larroche © JPS

Stella Puel avec sa responsable oenotourisme à Bardins, Pascale Larroche © JPS

Stella Puel est aujourd’hui l’une des ambassadrices de Pessac-Léognan. Elle est arrivé à la tête de la propriété familiale le château de Bardins par le fait des circonstances. Ce château appartenait à son père, qui le détenait de ses grands-parents : Camille de Sigoyer né en 1870 à la Réunion était venu s’installer à Bordeaux où il épousa Marie Vincent , une femme déjà, propriétaire du château Bardins.

Stella Puel dans son salon du château Bardins © JPS

Stella Puel dans son salon du château Bardins © JPS

Le père de Stella Yves de Sigoyer a malheureusement eu un accident sur sa propriété, c’est ainsi que Stella s’est retrouvée en responsabilité : « Fin 1990, mon papa est tombé du haut d’une cuve et s’est fait un grave traumatisme crânien, il a passé un mois dans le coma…et la question s’est très vite posée de savoir ce que l’on allait faire de Bardins, comment on allait continuer. On s’est vite rendu compte que sans personne à la tête c’était très compliqué et qu’il fallait que quelqu’un s’occupe de toutes les choses à faire, du vignoble et du vin. Moi, j’étais jeune maman, j’avais 3 enfants en bas-âge, je me suis dit que je voulais que mes enfants grandissent ici. On s’est dit que vite on allait faire un 4e enfant car je voulais une grande famille et qu’après j’allais m’occuper de Bardins. »

fevrier-mars 2017 247Toutes deux ont entrepris des études dans la viticulture et l’oenologie, Léa à l’Institut Supérieur de la Vigne et du Vin de Villenave d’Ornon après un BTS de comptabilité, Stella au Lycée Viticole de Blanquefort, après des études de lettres classiques. Stella Puel est depuis 1997 à la tête de Bardins, un château qu’elle a réussi à faire évoluer et qui est devenu au fil des années une valeur sûre de Pessac-Léognan : « il fallait qu’on fasse avancer la propriété, qu’on se mette à jour et notamment qu’on prenne le train de Pessac-Léognan en route. »

José et sa fille Léa Rodrigues-Lalande devant le chateau de Castres © JPS

José et sa fille Léa Rodrigues-Lalande devant le chateau de Castres © JPS

Aujourd’hui Léa s’occupe de la comptabilité des 4 domaines familiaux Castres, Beau-Site dans les Graves, Roche-Lalande t Pont-Saint-Martin en Pessac Léognan. Une sacré responsabilité à laquelle s’ajoute celle de s’occuper de toute la partie export et de participer à des salons en France et à l’International. « Je pars souvent au Japon, en Chine, aux Etats-Unis, je fais le lien aussi avec nos instances comme le CIVB, on fait beaucoup d’événements. La semaine dernière, j’étais à Paris ».

cc

Ce sont 400000 bouteilles qui sont produites par les 4 domaines co-gérés par Léa Rodrigues-Lalande, 60% commercialisées à l’étranger avec notamment un joli contrat signé avec Japan Airlines début 2016 (de 38000 bouteilles du château Beau-Site en capsules à vis) et 40% en France avec des cavistes, des restaurants et 10000 clients particuliers.

Quand les gens l’ont au téléphone, sa voix ne laisse pas transparaître sa jeunesse, une fois à la propriété, les clients cherchent parfois le responsable au château de Castres, mais c’est elle. Une tête bien faite et bien pleine qui de plus s’occupe du suivi du vignoble et de la partie assemblage en accord avec son père.

Château Bardins est de plus en plus tourné vers l'oenotourisme avec des ateliers de dégustation et des balades à vélo © JPS

Château Bardins est de plus en plus tourné vers l’oenotourisme avec des ateliers de dégustation et des balades à vélo © JPS

De son côté Stella Puel est en pleine préparation d’une commande qui doit partir à la Réunion, la terre de son ancêtre, où son frère Christol s’est installé et y commercialise notamment le vin de Bardins. La production du château Bardins est aujourd’hui de 450 hectolitres de vin rouge et 14 hectolitres de vin blanc. Sur le domaine ce sont 3 femmes et un homme qui y travaillent.

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Quand à savoir s’il y a une empreinte féminine ? Stella Puel répond : »Ce qui est sûr c’est que je fais à ma manière, mais je n’ai pas l’impression de faire quelque chose de particulier. Et peut-être que c’est une chance aussi de se dire qu’en 2017 quand on est une femme on peut s’occuper d’un vignoble à Bordeaux, alors que toutes les femmes d’autres pays, d’autres régions ou d’autre univers n’ont pas forcément cette liberté-là ».

Et le mot de la fin reviendra aussi à Stella :« mon rôle de femme à la tête d’une entreprise comme celle-là, c’est de montrer que c’est possible, ça n’a rien d’extraordinaire et que ce que je fais un homme peut très bien le faire ! »

Pour en savoir plus : retrouvez ces propriétés sur la Route des Vins de Bordeaux en Graves et Sauternes

Regardez le reportage de Jean-Pierre Stahl, Pascal Lécuyer, Sarah Paulin et Xavier Mansion

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